fm^-^'i, ■'/'^. li :^\ B W^ Sa ''. ^ir»'j m ^^■|Ht«^t^^ m 1 ^^S ^m ;v.'5>7<' ^^?m UBRARY OE THE N£W YORK BOTANia\L GARDEN ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE Comité de rédaction des Annales. Ilédacteur en chef l. GRANDEAU, dii-ecLeur de la Slaliou agronomii[uo de Tlisl. U. Gayon . direcUnir de la Siation ai,'ronoiiiii[ue de Bordeaux. Guinon, dii-iHti'ur de la Slalion agro- nomii|ue île Chàli/auroux. Margottet, dircclour de la Slalion agro- iiiiiui'iue de Dijon. A. Mathieu, sous-diroctcnr el i)rores- seui' honoraire de l'École nationale Ibreslière. J. Risler, prr'paralour à l'Inslitul na- Liunal agronomique. Th. Schlœsing, de l'Inslilul, professeur à l'ln:-litul national agronomique. E.. Risler,. direclour de l'Inslilul na- tional agronomique. A. Girard, professeur à l'InsliUit agro- nnuiicjue. A. Mùntz,. chef des travaux chimii[ues à rinsLitul national agronomiciui'. Ed. Henry, jiroresseur à l'École na- tion;do forestière. P. Fliche, iirofesseur à l'École natio- nale foreslière. Correspondants des Annales pour l'étranger. ALLEMAGNE. l. Ebermayer, professeur à l'Univer- sité de Municli. J. Konig, direclour de la Station agro- nomique de Miinster. Fr. Nobbe, directi'ur de la Station agronomiiiue de Tharaml. Tollens, professeur à l'Université de (■(ilUngen. ANGLETERRE. R. Warington, chimiste du laboratoire de llothamslod. Ed. Kinch, professeur de chimie agri- cole au collège royal d'agriculture de (lireucesler. AUTRICHE-HONGRIE. A. de Seckendorff, directeur de la St.ilion foreblière de Vienne. BELGIQUE. A. Petermann,, directeur de la Station agronomique de Gembloux. ECOSSE. T. Jamieson, dirertcur de la Station agronomique d'Aberdoen. ESPAGNE ET PORTUGAL. R. de Lnna, professeur de chimie à rUniversilé de Madrid. i:TArS-UNIS D AMERIQUE. E. W. Hilgard, professeur à l'Univer- sité de CalifuiTiie. HOLLANDE. A. Mayer, directeur de la Station agro- nomique de "Wageningen. ITALIE. A. Cessa,, professeur de chimie à l'École d'application des ingénieurs, à Turin. ^ORWÈGE ET SUÈDE. Bergstrand,, directeur do la Station ugruiiuniique de Stockholm. SUISSE. E.. Schultze, directeur du laboratoire iigroudinique de l'École iiolylech- nujLie di' Zurich. RUSSIE. Thoms,. directeur de la Station agro- nomique de liiga. Nota. — jToîw les ouvrages adressés U-anco à la lîédaction seront annoncés dans le premier fascicule qui paraîtra après leur arrivée. Il sera, en outre, public s'il y a lieu, une analijse des ouvrages dont la spécialité rentre dans le cadre lies Annales (cliimic, pinjsiquc, géologie, minéralogie, physiologie végétale et animale, agriculture, si/tviculture, technologie, etc.). Toutes les comiiiunica/ions relatives à la rédaction des Annales [manuscrits, mémoires, livres) doivent être adressées franco à M. L. Grandeau, rédacteur en chef des Annales, à Aancy. ANNALES DE LA SCIENCE AGUONOMIOUE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE ORGANE DES STATlOiNS AGRONOMIQUES ET DES LABORATOIRES AGRICOLES PUBLIEES Sous les auspices du Ministère de l'Agriculture PAR Louis QRANDEAU DIRECTEUR DE LA STATION AGRONOMiaUE DE l'eST MEMBRE DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE l'aGRICULTURE VICE-PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'eNCOURAGEMENT A l'aGRICULTURE DOYEN DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE NANCY PROFESSEUR A l'ÉCOLE NATIONALE FORESTIÈRE DEUXIÈME ANNÉE — -18 8 5 Tome II PARI 8 BERGER-LEVilAULT ET G'% LIBRAIRES-ÉDITEURS 5, rue des Beaux-Arts, 5 MÊME MAISON A NANCY 1886 CHIMIE APPLIQUÉE A L'AGRICULTURE TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D^ A. VCELCKER CHIMISTE-OONSEIL DIKECTEUK DU LABORATOIRE DE LA SOCIÉTÉ ROYALE d' AGRICULTURE U'ANOLETERRB Par M. A. RONNA VICE-PKtSIDE.\T DE LA SOClÉTK NATIONALE UE.NCOURAGEM EN l A l'aGRIUU LTUBE LIVRE IIL — L'ENGRAIS Sol, amendement el engrais. — L'étude des sols fait voir qu'entre les deux extrêmes, caractérisés par les terres sablonneuses ou sté- riles et les terres argileuses, riches et fertiles, se rangent toutes les gradations des sols susceptibles de culture. Bien des terres infertiles au début, à force d'amendements et d'engrais, de fourrages et de racines consommés sur place pour l'engraissement des moutons, ou de tourteaux et d'aliments con- sommés dans retable et correspondant à une augmentation de fu- mier, ont pu être amenées à un haut degré de production ; mais, (juoiqu'elles foinnissent de bonnes récoltes de froment, d'orge et de racines, on ne saurait dire (pie leur fertilité a été accrue d'une manière permanente; car, si elles étaient abandonnées à elles-mêmes, elles redeviendraient stériles. Il faut donc renouveler par l'engrais l'apport des matières que les récoltes enlèvent. Par ce motif, sur les terres légères et sablonneuses, la culture 4 ANNALES DIC LA SCIKN'GK AGUONO MIQL'K . intensive à coup crengrnis, loin c.rencuiii'ir le repioilie d'èlro spo- liati'ice, tend ;'i restituer au sol beaucoup plus de matières minérales coûteuses que n'en prélèvent les récoltes. Au contraire, dans les terres argileuses, profondes et riches, qui renferment une provision, pour ainsi dire inépuisable, de potasse, d'acide pliosphorique, de magnésie, de silice, etc., la quantité de substances minérales dont elles sont privées par une série de ré- coltes épuisantes, est absolument insignifiante, par rapporta la masse que représente la couche arable, deoO à 45 centimètres d'épaisseur. Mais pour ces terres, comme pour toutes autres, la fertilité ne dé- pend pas autant de la quantité de nourriture minérale tenue à la disposition de la plante, que de l'élat d'assimilabihté où elle se trouve dans la couche arable. Dans un sol stérile, les procédés de culture mécanique cpii ont une action puissante sur la meilleure préjjaration des matières assimilables, n'ont de valeur (jue s'il a été préalablement amendé sous le rapport physique par la restitution de l'élément ou des élé- ments qui, par défaut ou par inaction, le frappent de stérilité. Que dans une terre sablonneuse ingrate, la chaux, si essentielle pour la culture de tous les produits agricoles, vienne à manquer, il faudra, avant toul, la lui apporter sous forme de marne, de chaux vive, de plâtre, de sables coquilUers, de poudre d'os ou de phos- phates naturels pulvérisés. Qu'un soi argileux, compact, adhésif, soit stérile parce que les éléments fertilisants y sont inactifs, et l'on devra, en premier lieu, outre un drainage profond , l'écroùter pour brûler l'argile de la couche arable, sinon l'écobuer, et seulement alors, le traiter méca- niquement dans le but de l'ameublir. Les amendements, par l'apport de la chaux, de la marne, du pla- ire, de l'argile brûlée, etc., destinés à l'amélioration des terres dans lesquelles ces éléments ne sont pas suffisamment représentés ou de- meurent inerles, ont ainsi un rôle distinct de celui des engrais em- ployés pour modifier chimiquement les matières minérales ou pour mettre des substances nutritives à la disposition de la plante; non pas que les amendements n'exercent aussi, comme on le vei'ra, une action chimicpie i\cs plus efficaces et d'une durée relativement plus TRAVAUX ET EXPÉHIENGES DU d'' A. VOELCKER. 5 longue, mais ils IransfonneiU siirlout pliysi(|iicmciU les earaclèrcs des terres dans lesquelles ils ont été jugés indispensables. Là où l'acide phospliorique, la potasse, la chaux, la magnésie, font défaut, dans les terres légères et sablonneuses, par exemple, l'emploi des engrais anuTioniacaux do.it être évité ; tandis que là où il y a aboudance de ces matières minérales, il y a grand avantage à y recourir. C'est qu'en effet les engrais ammoniacaux augmentent la solubilité des substances minérales et favorisent leur diUiision dans le sol; cependant, ils demeurent sans effet sur certaines récoltes, telles que le trèfle et les fèves. Les expériences de M\L Lawes et Gilbert ont démontré péremp- toirement que, dans un sol ordinaire, les parcelles fumées d'une ma- nière continue à l'aide de matières minérales, accusent une légère augmentation de rendement pour le froment; que dans les parcelles où l'engrais minéral seul a été appliqué tous les deux ans, le rende- mont n'a i)as été notablement augmenté; tandis que dans les par- celles où l'on a appliqué alternativement, une année, des sels ammo- niacaux, et l'année suivante, l'engrais niinéral; de mémo que dans celles que l'on a fumées tous les ans avec des sels ammoniacaux, le rendement de la récolte de froment a été considérablement accrue Au point de vue de l'importance relative des divers engrais, il est donc certain que l'engrais ammoniacal et les nitrates sont des ma- tières très utiles, dont le cultivateur peut tirer un excellent parti, mais dont il peut également abuser. Gomme l'atmosphère et l'eau pluviale renferment invariablement de l'ammoniaque et de l'acide nitrique, et comme toutes les terres arables cultivées contiennent des matières oi'ganiques azotées ([ui, en se décomposant graduelle- ment, fournissent de l'ammoniaque ou de l'acide nitrique, on les deuxà la fois, l'application au sol de nitrates ou de sels ammonia- caux n'a pas cette importance capitale qu'offre la reslitulion de ma- tières minérales aux sols qui en manquent. La cliaux, la magnésie, la silice, l'acide sulfurique, le chlorure de sodium et même la potasse, quand ils ne se trouvent pas en quantité suffisante dans les sols, 1 . Rothannled. — Tnnile anm'cs d'crpcr/cnccs aijr/colcsde MM. f.awrs cl Gilbert, par A. Itonna. Is77, et Vrnditclioii rigr/co/r de lu Fraitvc, par L. Grandoau. ISSi. 6 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. lii'iivciil rlrc rnpporlés et incorporés coiiimo aniendemenls sous la Ibrmc lie marne, irargile brûlée, de plàlie, ou l)ien sous la forme d'engrais spéciaux et de fumier, provenant d'aliments concentrés donnés au bétail. Quoi qu'il en soit, (outes ces matières ont bien moins de valeur que l'acide phospliorique, qui est parcimonieuse- ment disséminé dans le sol, et que les plantes exigent à forte dose. Aussi, l'enlèvement de l'acide pbosphorique du sol amène-t-il plus rapidement son épuisement partiel, surtout si le sol est maigre, que l'enlèvement de toute autre substance constitutive des cendres \ Ilunms. — Ces considérations sur les amendements et les engrais ont besoin d'èlre complétées par celles relatives au rôle de l'bumus, qui est avant tout une excellente matière d'absorption de l'bumidité et, pour ce motif, un des principes utiles, spécialement dans les terres sablonneuses ou naturellement sèches. Vœlcker donne, pour justifier à ce point de vue le rôle de l'humus, l'analyse de deux sols du comté de lîuckingham, conservés dans un endroit sec, à l'état pulvérulent, jusqu'à ce qu'ils aient cessé de perdre ou de gagner en poids. Le premier de ces sols (n" 1) était cultivé en froment; le se- cond (n" 2) en prairie permanente : Composition de deux sols du comté de Buckingham. TERRE en froment, en pâturage. 1. J. Eau i.TO 22. 3j Matière organique et eau combinée r>.'JS 22.01 Oxydes de fer et alumine 10.51 1G.02 Carlionate de chaux 1.32 0.9:> — (le magnésie 0.(S,j 0.43 Acides |iiio.spl)orique et sullurique Traces. Traces. Alcalis, chlore et perte 0.47 O.ÔG Matière siliceuse insoluble (sable, etc.) .... 76.17 37.fiS 100.00 100.00 Le sol à blé n° 1, renfermant environ 6 p. lOO de matières orga- ni(iues qui constituent l'humus, ue retenait, dans l'air modén-ment sec, que 5 p. 100 d'eau, dont on pouvait seulement le débarrasser à la _ i 1. Tlir Chcinical propcriies (Did produd/re poicers of soils ; a ledwe; 8 mai IS03. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 7 température de l'eau bouillante. An contraire, le sol en pâturage, n" 2, renfermant 22 p. 100 d'humus on de matières organiques, retenait, dans les mêmes conditions que le précédent, 22 p. iOO d'eau. L'immus ne retient pas seulement l'humidité, mais l'ammoniaque contenue dans ralmosphère,et cela, en vertu de sa porosité comme de l'affinité que les acides humique et ulmiqueont pour l'ammoniaque. Du reste, comme les matières organiques du sol qui renferment de l'azote donnent lieu par leur décomposition à de l'ammoniaque, les mêmes acides de l'humus formés simultanément, la hxent aussitôt. Les matières organi([nes ne se décomposent qu'au contact de l'air atmosphérique, dont l'oxygène les convertit graduellement en humus brun et noir. Cet humus comprend diverses combinaisons organi- ques, dont le caractère est l'avidité pour l'oxygène qui les résout fina- lement en acide carbonique et les malières organiques devenant ainsi une source continue d'acide carbonique dans le sol, livrent à la plante l'aliment organique dont elle a surtout besoin au début de la végétation, avant que les feuilles soient formées et puisent elles- mêmes directement l'acide carbonique dans l'atmosphère. L'oxydation lente à laquelle sont soumises toutes les matières organiques au contact de l'air, «développe de la chaleur dont la plante tire également profit. De môme, en raison de la couleur sombre que l'humus donne aux sols riches en matières organiques, la chaleur solaire agit plus vivement sur eux. Comme enfin les débris des végétaux renferment, outre des éléments combustibles, des substances minérales intimement associées et que l'eau ne pourrait pas dissoudre dans les végétaux à l'état frais, ces substances, par la décomposition même des parties organiques, sont rendues solubles dans l'humus et profitent à la plante. L'humus est donc, dans la plupart des sols, une condition désirable de fertilité. Les loams à froment, les terres noires dont la fertilité est connue, les terreaux de jardins, riches en matières organiques, justi- fient cette condition ; mais il n'en est pas moins vrai que des terres tourbeuses, des terres en pâturage permanent, chargées de matières organi(iues, sont parfaitement stériles, tandis que d'autres renfer- mant à peine d'humus; comme les argiles, sont des plus productives. « Il était réservé à Liebig de faire admettre d'une manière 8 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. « générale, ce fait, que les matières minérales qui entrenl dans la « composition des plantes ne sont pas accidentelles, mais des élé- K ments essentiels sans lesquels les plantes ne peuvent pas vivre, et « de démontrer d'une manière claire et convaincante la nécessité de « Umv présence dans le sol. Si Liebig n'avait rien fait de plus pour « l'agriculture que de donner le coup de grâce, par ses écrits et « ses arguments irrésistibles, à la lh('orie de l'humus, elle lui « devrait une grande reconnaissance, car tant que cette théorie (( trouva faveur auprès des praticiens, l'importance des matières « minérales, si nécessaires pour toute sorte de produits agricoles, « fut dédaignée. Ce n'est pas exagérer assurément que d'assigner « aux écrits de Liebig l'impulsion toute nouvelle qu'ont reçue « les recherches agricoles, et de lui faire un mérite de la création « d'une nouvelle branche d'industrie, celle des engrais commer- « ciaux. Quoiqu'il n'ait point réussi dans son premier essai de « confection d'engrais minéraux, Liebig a ouvert la voie à leur « fabrication el à leur application sur une grande échelle. « Liebig a pu échouer dans la pratique, mais le principe qu'il a « posé est resté vrai, et il n'y a point à s'étonner qu'un principe « se trouvant mal appliqué, ait pu donner lieu à des erreurs pra- « tiques. S'il est indispensable, dans un sol tout à fait sablonneux « qui ne contient presque que du sable, d'enq»loyer un engrais formé « de tous les éléments minéraux contenus dans les cendres de la « récolte que l'on a en vue, et si le résultat pratique répond entiè- « rement au principe, il n'en est pas de même dans un sol argileux « ou tout autre sol , pourvu en quantité pour ainsi dire inépui- « sable, des matières minérales formant les cendres des plantes, « et pour lequel l'addition d'engrais purement minéraux conduit à ft un échec complet'. » Ce qui est avéré, comme Liebig l'a établi, c'est que le sol doit renfermer toutes les substances minérales essentielles ; autrement, les plantes ne vivent pas ; tandis que les substances organi([ues, si elles manquent dans le sol ou dans l'engrais, peuvent être, dans des cir- constances favorables, empruntées à l'atmosphère. 1. On -pariiig (nul hurnhuj: {\vwmh\'C ISiOl TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d"" A. VOELCKER. 9 Classification des engrais. — Dans le présent livre consacré aux engrais parmi lesquels nons avons rangé les amendements, nous nous sommes départi, pour l'examen des recherches si nombreuses effectuées par Vœlcker, du classement habituel en engrais naturels et en engrais artificiels. La première division eût compris le fumier, l'engrais liquide, les composts préparés avec les matières excrémentielles et les détritus provenant de la ferme; la seconde eût embrassé le guano, la poudre d'os, le nitrate de soude, le sulfate d'ammoniaque, les vidanges , les déchets et résidus d'abattoirs et de fabriques diverses; de même que le superphosphate de chaux, le sang, les mélanges salins, employés en grand par les fabricants pour la confection d'engrais spéciaux destinés au froment, à l'orge, à la pomme de terre, au chanvre, etc. Cette classification aurait eu le tort d'introduire dans la division des engrais artificiels, des matières telles que le guano, les os, le sang, le nitrate de soude, etc., ipii constituent des engrais bien plus naturels que le fumier de ferme, auquel le cultivateur doit donner des soins inteUigents pour en tirer l'effet le plus utile. Il y aurait le même inconvénient à n'admettre comme engrais artificiels que les mélanges salins, ou ceux qui font l'objet de manipulations chimiques. Vœlcker pense que toute confusion peut être évitée en faisant des engrais deux classes : la première, comprenantles engrais de la ferme (home-tnade), préparés à l'aide des matières que le cultivateur est à même de se procurer dans son exploitation; la seconde, les engrais importés, provenant de sources étrangères à celles de la ferme' ; et en réservant le qualificatif artificiel pour tous les produits fertilisants, simples ou composés, qui exigent une manipulation industrielle. Nous avons préféré adopter le classement suivant : i. — Amendements et écobuago. 2. — Engrais organiques. 3. — Engrais inorganiques, salins et phosphatés. i. — Engrais industriels. 1. Manure artificial; Ure's dicfionary of arts, manufactures and mines, editod bv R. Iliint. Limdon, 1SG3. 10 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. T. — Amendements et écoiujage. 1. — Argile brûlée. Une des améliorations qui se recommandent d'ancienne date par leur plein succès dans les terres argileuses tenaces, en dehors du drainage, consiste à brûler la couche arable , dans le double but de modifier son état physique et de développer ses propriétés ferti- lisantes. Le biùlis de l'argile appliqué aux terres glaiseuses, adhésives, des comtés de Suflblk, d'Essex, de Gloucester, et des districts situés sur l'argile d'Oxford, n'a pas cessé de fournir les meilleurs résultats. Les avantages de ce procédé, qui s'est répandu également sur le continent, ont été constatés dans maints mémoires des agricul- teurs les plus compétents, sans qu'ils aient donné des causes de la modification durable, introduite par l'argile à cet état, une explication rationnelle. Toutefois, après les expériences de Cartwright, de Gurwen, de Boyd, de Cray, de Somerville, le général Bealson, par la publication en 1821 d'un livre sur un « nouveau système de culture sans engrais, sans chaux et sans jachère », dans lequel il préconise le brûlis des terres fortes comme étant le meilleur moyen de les améUorer, appela l'attention des agronomes sur la recherche des causes auxquelles sont dus les eflets favorables de l'argile brûlée. Lainpadius poursuivit des essais de culture de 18:26 à 183(1, aux environs do Frciberg, avec un soin et une iiKHhode des plus loua- bles, pour arriver à cette conclusion que l'argile brûlée fournit aux végétaux des humâtes d'alumine et de silice; et que l'ammoniaque, favorable à la végétation, se forme dans l'argile brûlée sous l'in- fluence de l'air humide. Le professeur Kersten, par ses essais analytiques, fut conduit à penser que les matières solubles augmentant dans l'argile brûlée, l'ammoniaque qui se forme dans cette argile, soumise pendant un certain temps à l'action de l'atmosphère, est la cause principale de ses effets fertilisants. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELCKER. 11 Le docteur Sprengel s'atlacha à la conclusion, admise du reste par Liebig, que l'ammoniaque formée par les éléments de l'eau et de l'air atmosphériques, en présence, du protoxyde de fer qui se trouve dans l'argile brûlée, explique l'action de cette dernière. Plus une argile contient de protoxyde de fer après avoir été brûlée, |)lus la quantité d'ammoniaque augmente, et plus son effet est mar- qué sur le développement de la végétation. Si le protoxyde s'est converti en peroxyde, il ne se forme plus d'ammoniaque et la vertu de l'argile brûlée cesse de s'exercer. C'est le professeur Zierl qui, le premier, sans avoir fait aucune expérience à l'appui, indiqua que les éléments accessoires consti- tuant l'argile, tels que la potasse, la soude, la chaux et la magnésie, étant rendus plus solubles par la combustion, il y a lieu de leur attribuer les résultats favorables obtenus par l'emploi de l'argile brûlée. Le professeur Johnston , constatant à son tour que les effets physiques ou mécaniques de l'argile brûlée ne suffisent pas pour expliquer son action utile, a confirmé la plus grande im- porlance des effets chimiques, qui sont tels que «• les éléments de l'argile sont rendus solubles à un plus haut degré dans l'eau et les acides, après qu'elle a été brûlée»; mais, lorsque la tem- pérature a été trop élevée, de nouveaux changements se produisent qui diminuent la solubilité de ces éléments. Vœlcker, dans son étude de la questiop sur laquelle les avis (ju'il rapporte sont ainsi partagés, établit d'abord que les argiles des sols arables sont toujours des mélanges de siUcate d'alumine, ou d'argile pure, avec plus ou moins de sable, des fragments non décomposés (le feldspath et d'autres minéraux, de la chaux, de la magnésie, de l'alumine libre, de l'oxyde de fer, du silicate soluble de potasse et de soude, des traces d'acide phosphorique, de chlore et d'acide sul- furique; que l'état de combinaison de ces divers éléments varie sui- vant les argiles; et il donne à ce sujet l'analyse de trois' argiles de Dumbelton, dans le comté de Gloucester (voir tableau LXXXVij. Tableau. 12 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU LXXXVI. - Composition des argiles de Dumbelton (Gloucester). Eau (le combinnison et matière organique , . Oxydes de 1er Alumine solublc dans les acides — à l'état de silicate Cliaux à l'état de carbonate — — de silicate insoluble Magnésie soluble dans les acides — à l'état de silicate insoluble. . . . Potasse et soude solubles dans les acides . . — — à l'état de silicate insoluble. Silice soluble dans les acides — insoluble dans les acides 1. 7 . CS) S. '24 S . Ui 10.01 1.1-' O.ii 0.C2 0.34 0.73 0.',)'t . ou 61.71 100.00 G.(i2 7.33 lO.G-J 7.oi; 0.70 O.-Jl 0.12 0.39 1 . 0'( 2.70 O.OG G1.S2 100.00 3. 6.G8 .S.G3 9.20 9.GG 0.19 0.24 0.r)G 0.3i 1.13 1.S2 0.08 G1.42 100.00 Comme l'alumine et le silicate d'alumine ne se trouvent pas dans les cendres des plantes cultivées, on ne peut pas dire que cet élément principal des argiles concourt à la nutrition directe des plantes ; il y a donc lieu de chercher, parmi les substances accessoires, celles qui jouent le rôle d'aliments. La chaux, la magnésie, les acides sulfurique et phosphorique et le chloi;e, qui se rencontrent en plus ou moins grande quantité dans les argiles, sont essentiels, il est vrai, pour la croissance des plantes, mais c'est de la proportion de potasse et de soude que dépend principalement la valeur des argiles arables. La potasse qui entre dans la composition des cendres de toutes les plantes est un très puissant engrais; l'argile, dans la plupart des sols, on fournit la plus grande partie. Quand elle provient de la dé- composition des roches feldspathiques et qu'elle renferme des frag- ments de feldspath, c'est-à-dire du silicate de potasse ou de soude et du silicate d'alumine susceptibles de se décomposer sous Faction combinée de l'atmosphère et de l'eau, sa valeur augmente d'autant. C'est ce qui explique les avantages de la jachère par laquelle une partie du sol mis à découvert subit l'influence de l'air et de l'eau pour la mise en liberté de l;i potasse cl de la soude. Or la jachère, TUAVAl X ET EXI'ÉUIKNCICS DU D'' A. VOELCKER. 13 c'est-û-(Jiro le repos du sol, conlraiie ;m\ luis du piugrès agricole niodei'iio, peut èlrc remplacée par une opération bien plus rapide et iKni luuins sûre, quant aux résultais de mise en liberté de la pe- lasse et de la soude conlenucs dans les lerres argileuses, c'est le brûlis de ces terres. Dans le but de démontrer les avantoges de cette opération, Vœlcker a procédé à des essais dont il a rendu un compte spécial \ TABLEAU LXXXVII. — Composition de Targile de Bridgewater suivant divers essais de combustion. Kau, chassée à 100 degrés centigrades . . Matière organique et eau couibince . . . — insoiuiile dans Tacide chlorhydrique faible I. II. m. IV. 5.539 3.G2I 84.100 1.450 3.070 9. IGO 80.2G0 1 . 380 8.245 0.420 0.941 0.33G 0.165 Traces. » 9.200 81.845 1 . 580 G. 092 0.550 0.512 0.314 0.128 Traces. )) 9.300 85.309 1.150 2.970 0.188 0.544 0.104 ladéterniiués Traces. » Madères solubles. Silice soluble Oxvdes de fer et alumine . . . Carbonate de chaux l'otasse Soude Acide phospliorique 0.740 0.2G9 0.220 0.380 Traces. » Chlore et acide sulfurique Magnésie (non déterminée) 99.389 100.907 100.221 99.565 Ces essais ont été exécutés sur l'argile du nouveau grès rouge, provenant des environs de Bridgewater (ferme de Huntstile). Pour étudier les modifications cbimiques qui peuvent résulter de l'appli- cation au sol de l'argile brûlée, quatre écbantillons ont été analysés : N" I, argile à l'état naturel; N" II, argile traitée au louge sombre pendant une deini-lieurc dans un creuset de platine fermé; couleur gris foncé ; 1. The c'ifeds of hund day os a manure. — Jnurn. of hjric. and Trans. nf tite H/ijlilund und Aijric. Soc. oj ScoUand ; mars 1851. 14 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. N" III, argile traitée au rouge vif pendant une demi-heure dans un creuset ouvert et fréquemment l)rassée, dans le but de brûler compb3- tement toute la matière organique et d'assurer la parfaite oxydation du protoxyde de fer; couleur rouge plus vive que celle du sol; N" IV, argile soumise pendant trois heures au rouge vif, dans un creuset ouvert. Après avoir fait bouillir chacun des échantillons ainsi obtenus, pendant une demi-heure, dans de l'eau distillée renfermant un dixième de son volume d'acide chlorhydrique, pour déterminer leur degré de solubilité, on recueillit la partie insoluble sur un filtre, en continuant à laver jusqu'à ce que rien ne se séparât plus. Dans la liqueur filtrée on dosa la sihce soluble, l'oxyde de fer et l'alumine, le carbonate de chaux, la potasse, la soude et l'acide phosphorique. Le tableau LXXXVII reproduit les résultats des analyses et donne lieu aux observations suivantes : 1" L'argile, après combustion, est devenue beaucoup plus soluble que lorsqu'elle était à l'état naturel; 2° La température règle la solubilité de l'argile; et c'est seule- ment lorsqu'elle excède le point où la matière organique est brûlée que la solubilité décroît, comme le prouve la comparaison des résul- lULS OUILIIUS . RAPPORT ENTRE la matière la matière inorganique minérale soluble. insoluble. Argile n" I, naturelle . 6.7iO 8-4.100 — n" II, brûlée légèrement 10.580 80.260 — n" 111, brûlée plus fortement 8.955 81.845 — n" IV, trop brûlée 5.391 85.309 Il est difficile, dans des essais de laboratoire, d'indiquer la tem- pérature exacte à laquelle les argiles doivent être brûlées, pour l'amendement des terres, mais les observations que suggère la pratique en grand, aidées d'analyses des différentes argiles et des brûlis de ces argiles, offriraient un vif intérêt; 3" La composition de la partie soluble varie considérablement . pour chacun des échantillons traités, mais il y a une remarque capitale à faire, c'est que les alcalis et surtout la potasse sont en proportion bien plus grande dans l'argile brûlée que dans la même TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 15 argile à l'élat naturel. Il est vrai que la température règle égalemenl cette teneur, mais dans l'essai de l'argile modérément brûlée, qui rappelle l'opération telle qu'elle s'exécute dans les champs, la pro- portion de potasse soluble est triple de celle contenue dans l'argile naturelle. La soude est également rendue plus soluble par la com- bustion, bien qu'à mi moindre degré que la potasse, et suivant la môme loi, en ce qui regarde l'augmentation de la température. La chaux, dans ses variations, offre plutôt im intérêt théorique que pratique, car si elle se trouve dans l'argile naturelle à l'état de carbonate, elle ne i)cut plus se trouver dans les échantillons II, III et IV (pi'à l'état de chaux vive ou de sihcate. Vœlcker s'attache à démon- trer que c'est à l'état de silicate que la chaux s'y trouve, par suite de l'action à une température élevée du carbonate de chaux sur le sili- cate insoluble de j)Otasse et de soude que renferme l'argile. La dimi- nution de la quantité de chaux et l'augmentation de la potasse dans la partie soluble de l'argile bridée, justifient cette manière de voir. D'ailleurs, le professeur Fuchs, de Munich, avait constaté que non seulement le feldspath, mais d'autres minéraux contenant du silicate de potasse, se décomposent plus facilement après avoir été modéré- ment calcinés, et le professeur Lampadius avait déterminé, dans une série d'expériences culturales, combien la croissance des plantes se développe en calcinant à une chaleur modérée le gneiss, le granit, quelques variétés de roches porphyriques et trappéennes, qui ren- ferment tous du silicate de potasse. Enfin, le professeur Zierl, de Mu- nich, avait suggéré, sans analyses à l'appui, que les effets de l'argile brûlée pourraient bien être dus à une plus grande solubilité des élé- ments accessoires constituant l'argile, et particulièrement des alcalis; ^^ Par suite de la réaction de la chaux sur les silicates de potasse et de soude, qui augmente la proportion des alcahs solubles dans l'argile brûlée, il importe que les argiles soumises au feu contiennent de la chaux, ou qu'elles soient mêlées avec de la chaux avant d'être brûlées, sinon qu'elles soient chaulées après avoir été brûlées; 5° Les propriétés fertilisantes de l'argile brûlée dépendant princi- palement de leur teneur en alcalis, il y a lieu de ne soumettre au feu que les argiles contenant de la potasse et de la soude en (juantité suffisante, ce (iu'indi([uc l'analyse chimique; 16 ANNALES DE LA SCIKNCE AGRONOMIQUE. 6" (Jiiaiid l'ari^ile est trop calcinée, elle acqiiieil la diirelé de la pierre, après avoir perdu sa porosité et elle ne se délite plus à l'air. Comme l'a démontré le professeur Jolinston, les éléments constitu- tifs sont j'endus, par un excès de température, moins solnbles qu'ils ne l'étaient dt'^jà dans l'argile à l'état naturel, et, déplus, l'ai-giletrop brûlée n'absorbe plus autant d'aimuoniaque almospliérique; 7° L'essai des échantillons n"' I et II, au point de vue de leur ca- pacité de retenir Tammoniaque atmosphérique, démontre que l'ar- gile non brûlée, en tenant compte de l'anmioniaque fournie par la matière organi({ue, renferme de l'ammoniaque en plus grande quan- tité que l'argile brûlée; 8° L'essai, dans le même but, de l'échantillon n" IV prouve que le pouvoir de l'argde trop brûlée, quant à la rétention de l'ammoniaque de l'air, est considérablement réduit. Di; fait, l'argile modérément brûlée en absorbe deux fois plus; 9" Si l'on brûle à une température modérée de l'argile (Bridge- water) avec du charbon de bois en poudre dans un creuset fermé, afin de réduire le peroxyde de fer contenu dans l'argile enprotoxyde, et qu'on soumette l'échantillon obtenu, pour moitié à l'air sec et à l'état sec, et pour l'autre moitié à l'état humide dans une atmosphère humide, on constate que la quantité d'ammoniaque absorbée est à très peu près identique. Ainsi, ne se vérifie pas la théorie de Spren- gel, d'après laquelle l'ammoniaque, dans l'argile brûlée, se forme par la décomposition de l'eau sous l'influence du protoxyde de fer et d(î l'air. L'absorption de l'anmioniaque par l'argile brûlée n'ex- plique pas ses effets pour l'amendement des terres ; 10" Les améliorations apportées aux récoltes de racines, de pommes de terre et des fourrages verts par l'emploi de l'argile brûlée, sont dues à la plus grande quantité de potasse mise à leur disposition. 2. — Amendements calcaires. La chaux s'emploie de temps immémorial en agriculture à l'état de chaux grasse, vive ou éteinte, de craie, de mai'iie, de sables co- •piiliier et madréporicpie. TRAVAUX ET EXPERIENCES DU D' A. VOELCKER. 17 BS •3 a o » tt. . '^ V . Xi H P QJ 73 r-' 05 O m u j o o o r: la o ? 3 -• O 5 CO 5^ O o o o -JS "I CO -H -<4 lO TJ ^H r-l ^ bo 'M — ' o o o -s rt o .f .;i o m -3 « a .9 o si .X -3 a ,- o to o i; S J3 ^ a 3 i. c 3 ■«-» 3 o J rt g i ^ < S 2- -/; 3 ■ C - :j •:; o V •- J -r ^ O c^. ,'. aNN. SClliNCE AGHOX. 18 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. oo a Xi o u CD P. O f- CB O o O} u > o s o t. X X 1^ t) «ï! H « Eh N f* CM — o Ol — o o o ^ CJ ■* 'O t^ o « w -r -H i -9 o a , OJ ■^ « a co s a -* o X s a e 3M Cl Cl s S G^ _ o o IM o rH 1,0 c:> fe 5 00 i-( O ~ '^ ^* -t* tji Ci t- (M -n r"! & o -1^ lO o t^ C^ lO « n b- >r5 S S5 ■ OJ CM co O t- CM CO " < s f s o ►J O f = -^ c- O o "^ o C'î co Ci O 1 .^ co o o o ■^ ^J ~~ ~~ ^ h" s f^ -+ Ci Ol — ^ o co -^ < Q " ■^ O ■^î G^I (M -H co OT K 1 g « s a CO (M S S t* S ft ■^ y-i a s a a a o iO CO co -< ' c — iO O o iH d Tl o Ci H ê .? Oi Ci K O ^ o O O O o -0 t.- o o S g . IN « -* >o wo ce t- « J 5 rH (M t- o = S iH a s c^ o a a a a a œ ■^ P S S ^ O O -«' o O o o co Ci >J 3 (i; GO tH Ci d ûj O Q ^ co »o (>• —H o C^l t- o iC t- o o o = ^ 2 ■< c -1 CO 1-1 CM ^4 o a s 00 l-t o < O) '-I o c« S s. o o o c _^ CO r^ o o to T t- oo ce co Cl co w ^ '?! fM CO R 5t R co 2 •rf a a a a a a ^ .-< O O Ci c: ^ O CD co co ►J co o CT' a ( S 1 o (^ C O -•r ^1 o O H 1 o Cï o T.- ï-H '•^ t^ 3 1 2 - (M O -^ o o * a ~ ^ O O d ^ a a a " iH ci B ■=, Ci Ci Ci o -^ ï O ^' o o o o O co r» O •O " ; i2 O .1-5 2 m 1- co cr> O Ci >o l- O C" o ^ o O ft a ■^^ a R 1— 1 o a a a a a a ^ Cl gf o c as Ci O ô o o O o iH r- j? ■=- ^ ■■■■"' ~~ "" '~ -— .^» ~~" ■^"^ ■~ ^-^ ■- o CD ' 3 '^ . c5 H * co CJ u • ' O u CJ S ' *5q 0> o o -« a. - o s fl Cl 1 1 B ^ to V 'C t^ l 1 o fro , '^ 1 - '-< rt — a i ^ ci ■2 1 -a "5 ** a ' o iK î ^ a u a C8 U O ■a O s o H- 1 X ta M PQ ««! 1 à' O O 1-5 es — CO O CO C/3 O ' 3 d -«f TO '.t' (M Cl 'SH o O > • » . = a • . O fi • >^ " iri O CO CO O O o es o « .^ o M o ^ ô g 1 o O en CI CO O o :i 03 ce Cl ce CO 1^ ^-H s • a ft • o a a " TS Ti Si • • c~< o ca Cl •o o Ç3 ^ < — *.^ o o C o ^ E^ a -3 o O o r- lO Cl CO O o CO O -«^ ..o Cl Ç/3 .'^ -«•H 1 ^ o " 1 S ^ ^ r~- O ^ r~ f^ CO O . C) • o o o « { craye deW 8. o '-0 ÏO c a o O -3 2 ■— O CO o S ^^ t^ CO o CO c>» r- O -* rr _ Cl 00 00 — t^ o Sis 5 . co CO Î3 CO C5 o -t Ci -^ o '-0 00 ^ > iî • Ç- ^ a » O c3 " CO CO «r »^ f^ çz o ■•— < -^ ' o rt Cl o .n ^— E^ M &- o -a * s a ^ o *^ ci CO ■ o ^'^ o CO o o • sï • Sï s K s • • « " ^ '."î o -^ o ""^ o ci o lO O _ ^ _ o 2 r~- CI O Cl CO ^-H o a . s s ^ . s . fi a fi iz ^' o -*— t ^■^ Cl O o o r: Ci o ^ >— o QJ h o r^ CO CO o Cl — - CO O t^ o -2 2 ^■H 'CO O ^ CO Cl Cl o O • o o o 0) blau upéri 4. o O O '-5 o o o o O Cl o tO •J^i o tn 1 d 2 i o - LO cr> c ^ r- c» --' CO o « (U o -^ r~ o — o o «?^ o , / « u 3 o. — ' — i/i O o o o — o o p Ul o .^ -■*' o O o «* 00 t/l CO o ï3 _î; r~ CO c ■•— o — • o C2 o s ^ • ft a Si a • O • O O i.O o o o o cï Cl o s s *o s- •^-7* o a >■ fr-i — ci -.-*< r~ "O CO o t- . *.-^ o s o ce c o ^ • o CO -F— 1 o o s • o • o s = s • u ^^ O C3 CI CTJ *-^ c o o o o Cl o :'■-' i- »o o E-H - — . — . — S-H , O CL, V. O « -^ O O o (D 1/1 c r3 o O s o O! 3 'IJ .._, = 1 3 O X! ■H" a S ô 1 ■ri 3 ^ ÏJ o x: 3 ' — . o xj C3 >. s O c/- •u • Cu U3 O s X .= » » » » 2.fi(;8 0.98 » 0.38 1.975 1.0G8 2.215 » )> 100,30 100.000 » » 100.000 100.000 100.000 ■X £ 2.2G7 29.910 3.492 63.067 1.2G4 100.000 100.00 3.51 48.29 3.48 43.27 1.70 )> ladét. S. 1 . 233 12.127 l.GSG 80.08') 1.049 3.176 » 0.314 0.228 99.811 Les sables n"' 3 et 4 de Combe Martin et de Hartland-Ouay élant de qualité tout à fait inférieure, ceux de Bude n"' 1 et 2, de Nortlicote- moutli n" 5, et de Summerliege n° 6, qui renferment 50 p. 100 et au delà de carbonate de cbaux, se recommandent pour l'amende- ment des terres dépourvues de cbaux. Le sable coquillier de Sandy- moutli, n" 7, à 43 p. 100 de carbonate, a également son prix comme amendement. Le meilleur de ces sables, celui de Padstow, n" 8, est le seul où Vœlcker ait pu doser quantitativement l'acide pbospbo- ri((ue et le sulfate de cbaux, tpii ajoutent une valeur sensible au carbonate de cbaux dont la teneur atteint 80 p. 100. E. — kction de la chaux. Le rôle de la cbaux dans le sol l'st iiiécanitiue et cbimitiue; elle rend les terres fortes plus poreuses et plus friables, et elle consolide les terres légères; elle fournit un aliment indispensable pour la vie des plantes. Tous les sols naturellement fertiles contiennent de la chaux; inversement, ceux qui sont naturellement improductifs, en manquent, et c'est à ces derniers surtout co ce o o z " o - s a = a a lO t^ t- o a 1^ 1^ o o « < "'"' •* i-O "^ co o ~oo~ o D i- .a G5 to a CTJ ^-H — o EC ê « a j ci £ — a = a a *oH r^ co o o co o t» r^ o -< ■-^ co co r^ I-- co 1^ o >. es c-< co o es -* o •O » a 00 ^ ^ a a a a co o o co o .o o •y (^ o 05 ce ce co o "o O ce OD - ce t'^ o o ZO ■o C5 02 CO O •^ O o ■^ ^ CI o 9 es o -à t^ ._, 00 et co r- O ■^M ce ^•^ ■'" c- •Y— « •^H o "'"' Ifî o ■^" c C _, •.o o H ^ o ce o co o o ce ,o ._ Ol o S O O -■■^ r~ ^ o c- •v-H o a '^ o a (M o es c ÎT -'T' o o co «^ o *^ O c c l-ri ^^ o w •^ lO c o ■^- c .O o .': ■ O r- r~ ».^ Ol o _'2 ^* *.-l -5* ..-: •.-^ o •y— 1 •^ -^ -^ O o o % •<1> _; ce c ffO ^^ o ^ ce co a C( ~ r^ o M & ""^ -"" o t— o w .• 1 o o o o C75 — O O o "o o c. r^ ce '--' r^ ce oD o tA S t~ ce en ..o oi —1 'ce co o tO o ce -;- o o o -- < d o r^ o a H o _-, u^ C5 _ o ---r ..o c/ "~ o ir( o ■<-> =. CO ■^^ r- •,_■ «c o co — »ra i-' co es o ■i-H ^- a C/} o IM ro *.-H t^ CI 1^ o co -.-' tr-» -r- o o (M iC o t^ o t— a o =£ ce fM IT lO ^ o ce (M Cl -^ co o U es O C-l -^ ^ '- o o C-( o -* t^ co o 1 c:: è ^ c- ira c (M 1- o r>l '-O 1^ et ■— o o 1 ^3 CO lC o ce C' =: ■— ■■— ' H-î — ^ ^ ^-^"^^ U > 0} - "o « ' ii 05 tr D 'c/3 <1. <« c *~2 0. 1Z co ^ êî ce f *c — cï C ce U- ~- G Vj -ï U^ s c -T^ ù r^ 2- (^ ?^ TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d"" A. VOELCKER. 37 chaulé une seule fois en 10 ans ; ce (lui prouverait que l'apport de chaux dans un sol qui en est suffisamment pourvu peut amener l'épui- sement des éléments favorables au grain ; en effet, dans le sol n" 7, l'acide pliosphorique sp(''cialement dosé atteint seulement 0.147 p. 100. Sur les terres argileuses, dans les formations granitiques et schis- teuses qui couvrent le sol de la Gornouailles et du pays de Galles, le chaulage n'est pas moins efficace que dans celles du vieux grès rouge. Le sol n" 8, de Penally, près de Tenby (pays de Galles), renfermant des fragments de schiste et de chaux, ne fournit de moyennes récoltes qu'à force de chaux, appelée, dans une couche arable épaisse seulement de 15 centimètres, à jouer plutôt un rôle de diviseur mécanique. Sous le n° 9, le sol très compact de Lawhaden, près de Narbeth, soumis au chaulage passe pour fertile. Il en est de même du sol n" 10, des environs de Narbeth, qui donne d'excellents pâturages. Le sol n" il, extrait à Llanfalteg, dans le comté de Carmarlhen, avait été chaulé en 185.':^, à raison de 12 tonnes de chaux par hectare ; en 1854, il avait produit 18 hectolitres de froment; en 1855, de l'orge ; en 1856, de l'avoine. L'hiver de 1850, on l'avait fumé à raison de 12,000 kilogr. à l'heclare, pour le cultiver en 1857 en trèfle et avoine. Il n'y a pas lieu par conséquent d'être surpris de son état d'épuisement. Dans les terres nouvellement défrichées, comme dans celles de- puis longtemps en pâturage que l'on convertit en terres arables, la dose de cliaux peut être très forte, depuis 150 hectolitres jusqu'à 250 hectolitres à l'hectare, suivant les conditions auxquelles on peut se procurer l'amendement. Mais dans les terres tourbeuses, qui renferment jusqu'à 50 et GO p. 100 de matière organique, il ne faut pashésiter, pour obtenirune action favorable, décisive, de recourir aux plus fortes doses. Dans le tableau XGII, Vœlckcr donne la composition de trois sols chargés de matière organi(pie, auxquels le chaulage doit s'appliijuer de première nécessité. Le sol n" 1, de Shepton Mallet, est une argile tenace, de couleur foncée, se desséchant en uiottes dures et fournie 38 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. (lo nirincs en voie de décomposition. Le soln°:2, de Claverton, est aussi très tenace; la matière végétale y abonde et la chaux y est. rai-e. Dans lo n" ;», de Kingston Scymoin-, près de Congressbury, le sol marécageux, presque noir, exempt de pieires, se durcit à l'air en emprisonnant la matière végétale ; le défaut de drainage indique que la cliaux ne peut pas améliorer ce terrain d'une manière aussi efficace que les deux autres. La première condition pour que le chaulage ou le marnage réussisse sur de pareilles terres maréca- geuses, c'est qu'elles aient été préalablement drainées à fond et complètement. TABLEAU XCII. — Composition de sols tourbeux et légers propres au chaulauge. AnaUise mécanique. Eau Matière organique et eau combinée. Chaux Sable ; Argile Analyse chimique. Eau. Matière organique et eau combinée. Oxydes de fer et alumine Carbonate de chaux — de magnésie Magnésie et alcalis Maliùre siliceuse insoluble SOLS TOURBEUX. Sheplon Mallet. I. 3.54 1S.96 2.18 23.. 5.3 51.79 100.00 3.54 18.96 13.05 2.18 » 0.52 61.75 100.00 Cla- verton. 2 (Congress- bury. 3. 16.80 0.75 32.66 49.79 2.31 9.52 1.59 35.51 51.07 100.00 16.80 16.08 0.75 1.56 0.45 64.36 100.00 2.31 9.52 12.90 1.59 1.08 72.60 100.00 100.00 SOLS LEGERS SABLEUX. Yalton. 2.47 4.10 1.92 75.45 16.06 100.00 2.47 4.10 5.58 1.92 » 0.73 85.20 (Combe Slierliorn. Mon- tagne. 6. 3.05 5.78 1.48 53.30 35.79 100.00 100.00 5.. 50 2.83 0.40 0.77 90.50 100.00 3.65 5.78 8.01 1.48 1.28 79.80 100.00 Les terres légères, comme les terres fortes et tourbeuses, quand elles manquent de chaux, s'améliorent beaucoup par l'amendement calcaire ; mais à cause de sa propension à gagner le sous-sol, la chaux y est utilement remplacée par la marne et les sables coquil- liers. La marne a l'avantage, en effet, d'apporter non seulement la chaux, mais l'argile cjui fait le plus souvent défaut, et de rester plus longtemps active dans la couche ai-able. TRAVAUX ET EXPERIENCES niJ D' A. VOELCKER. 39 tJO — ci — 1 .o .-^ i-~ C5 CZD î^ Ci ^-^ ce — 1 f- O O , de couleur loiii('o, cliarg(' de matière végétale, cou- TRAVAUX ET EXPÉIUENCES DU D'' A. VOELCKER, 41 tenant des coqnillcs et des petits cailloux calcaires, et recouvert de pâturages à propriétés laxalives pour le bétail, à l'arrière-saison ; le n" 4, de couleur rouge, moins riche en matière végétale que le pré- cédent, après avoir été primitivement chaulé à fond, en pâturage de bonne qualité. Il est certain, d'après cela, que la chaux ne suffit pas pour détruire les elTets laxatifs de certaines terres', puisque dans le sol n° 3, renfermant près de i^ p. 400 de chaux, ces effets se produisent, probablement faute de drainage suffisant ; et qu'il peut y avoir excès de matière organique dans certains sols pourvus abon- damment de chaux. Aucune des quatre terres ci-dessus n'exigeant d'amendement cal- caire, la dépense s'est faite, par conséquent, en pure perte. G. — Emploi du sable coquillier. Le sable coquilhcr est le plus souvent employé avec profit comme amendement, dans les sols appartenant aux formations schisteuses et granitiques qui manquent de chaux, le long de la côte des Cor- nouailles et du Devonshire. Il est clair qu'en l'appliquant à hautes doses et à doses répétées, on n'obtient pas la même action fertili- sante que lors de la première opération, puisque c'est à la chaux pres(iue exclusivement, que le sable doit sa vertu fertihsante, et que la chaux ne lient pas place des autres éléments faisant défaut dans le sol. Vœlcker a examiné à ce point de vue divers échantillons de terres provenant des environs de Bude. Le sol n" 5 (tableau XCIII), extrait à Newhouse, représente la moyenne des terres argileuses du district ; couche arable 0"',30 re- posant sur l'argile jaune. Amendé par le sable depuis 5 ans, il ren- ferme encore environ 5 p. 100 de chaux; une nouveUe opération ne pourrait avoir d'autre objet (jue de diviser le sol mécaniquement. Le sol n" 6, de Halls, est léger, pierreux, et repose sur une roche poreuse; couche arable 0'",15. Il est resté 30 ans en lande d'ajonc, et ne peut qu'être très amélioré par le sable marin. Le sol n" 7, de Well, bien que léger et dépourvu de chaux natu- 1. Voir l :>. Terres laxativcs au Somerset, livre I. 42 ANNALKS DE LA SCTENCr: AOnOXOMIQUE. relie, a été soumis pendant des années, an sablai^e périodi([iic, di; trois en trois ans ; l'accumnlation do. chaux qui résulte de cette pra- tique en condanuie la continuation. Le sol n" 8, provenant de Berry Park et représentant un échan- tillon moyen des terres en bon état de culture du district, repose sur une roche poreuse ; couche arable, 0'",20 ; bien qu'on ne l'ait pas sablé depuis 10 ans, il renferme encore près de 5 p. 100 de carbo- nate de chaux. Cet exemple justifie la durée d'action du sable marin dans les sols bien cultivés. Enfin, le sol n° 9 a été prélevé sur un pâturage qui avait été, cin- quante ans auparavant, irrigué avec succès; la dose de chaux y est devenue très faible, et ramendement par le sable serait suivi de bon effet. On peut aisément conclure de ces analyses que les mêmes prin- cipes doivent guider le cultivateur, qu'il s'agisse d'amender par la chaux, la marne ou le sahle coquillier, en tenant compte spéciale- ment, dans l'emploi du sable, du rôle mécanique qu'il joue pour l'ameublissement du sol. H. — Écobuage. Malgré le succès de l'écobuage usité de date très ancienne dans presque toutes les régions de l'Europe, et depuis près de deux siè- cles, dans divers districts de l'Angleterre, notamment dans celui des Cotswold, cette pratique, non moins que celles du drainage pro- fond, du sous-solage, des engrais phosphatés, etc., a été l'objet de longues et sérieuses discussions de la part des agronomes. D'un côté, les témoignages incontestables des agriculteurs constatent les avantages du brûlis des terres, au point de vue de l'amélioration et de l'enrichissement du sol; de l'autre côté, l'écohuage, envisagé comme une routine, est condamné à cause de la dépense inutile qu'il implique et de son inconsistance avec les principes scientifiques. Les objections principales formulées contre l'écobuage n'ont plus aujourd'hui l'intéièt que Vœlcker leur attribuait avant d'avoir analysé les sols écobués et les cendres résultant de l'opération'. Il importe 1, On paring and bîtrninff. Décembre 1857. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d'' A. VOELCKER. 43 peu, à l'heure actuelle, de savoir (]uc récobuagc esL condamnable parce qu'il délruit en pure perle les matières organiques accumulées dans le sol et à sa surface; qu'il est inutile, puisque après deux ou trois bonnes récoltes obtenues sur les terres écobuécs, l'appauvris- sement est tel qu'il faut dépenser plus d'argent pour les remettre en élat qu'on en a retiré de l'excédent de production; eniin, qu'il y a plus de bénéfice à fumer à l'aide de guano, de superphosphate ou d'autres engrais commerciaux qu'à brûler les terres. Les écrits de Liebig ont depuis lors prouvé que les substances minérales, suivant la composition des sols, peuvent exercer une action bien plus utile que les substances organiques, et que leur absence ou leur rareté équivaut, quand il s'agit de matières minérales essentielles, à la stéri- lité. 11 est hors de doute que dans bien des sols, sablonneux ou dé- pourvus d'argile, Técobuage consistant à détruire l'humus n'a pas de raison d'être; mais dans les terres argileuses, humides ou impei- méables, l'humus est inerte, et c'est en le brûlant qu'on augmente la solubilité d'éléments inorganiques efficaces. Du reste, il n'y a pas que l'humus qui jouisse de la propriété d'absorber l'eau et l'ammoniaque de l'atmosphère. L'argile brûlée possède également celte propriété à un haut degré et sons ce rapport, il importe peu que les matières organiques renfermées dans l'argile naturelle aient disparu pour laisser des cendres solubles. Quant à l'objection qu'après quelques bonnes récoltes dues àl'éco- buage, la terre est épuisée et exige plus de sacritices pour être remise en état qu'il n'y a eu d'avantages recueilhs dans l'opération, elle ne serait valable que si l'écobuage s'appliquait en vue de la cul- ture des céréales dont le grain et la paille s'exportent hors de la ferme. Mais comme, dans la pratique anglaise, il précède le plus souvent une récolte déracines ou de fourrages verts que consomment les moutons sur place, il n'y a aucune perte de substances minérales, et, de plus, les parties organiques des turneps, des raves, du colza, des légumineuses fourragères empruntées à l'atmosphère, retournent au sol par les excréments des animaux, de façon à pourvoir ample- ment aux besoins de la céréale suivante. La dernière objection de la dépense en pure perte, à laquelle en- traîne l'écobuage, est une objection toute pratique à laquelle les 44 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. intéressés ont ninintcs fois répondu en citant les résultats écono- miques qu'ils ont obtenus et qui se poursuivent de longue date, d'une manière constante. L'opinion exprimée par M. Caird, que dans les AVolds les meilleurs fermiers sont ceux qui écobuent le plus souvent, n'a point été contredite. Reste la question que Vœlcker a examinée à fond, touchant l'accord de cette pratique avec la science. L'écobuage exerce une double action : premièrement sur les ma- tières organiques, et deuxièmement sur les matières minérales du sol soumis à la combustion. Matières organiques. — Tous les sols cultivés renferment de la matière organi(|ue, en plus ou moins grande quantité, sous forme de racines, de tiges, de feuilles, d'herbes décomposées, ou en voie de décomposition. Dans les terrains imparfaitement drainés et naturel- lement compacts, les détritus organiques augmentent rapidement chaque année, tandis que dans les terrains légers, perméables ou bien drainés, les débris ne s'accumulent pas au même degré, par suite de l'accès de l'air dans la couche végétale. 11 s'ensuit que dans certaines terres arables à sous-sol imper- méable, tel que l'argile de l'oolithe moyenne et inférieure {oxford ei forest-marble); dans les terres argileuses gazonnées en pâturage permanent ou en prairies artificielles, après deux années de trèfle ou de sainfoin, il y a abondance de matière organique décomposée, et aussi, de racines, de mauvaises herbes, de chiendent, d'orties, etc., qui peuvent être extirpés et ramassés à la surface en quantité suffi- sante pour brûler les mottes ou plaques gazonnées de la croûte du sol, sans addition d'autre combustible. Par la combustion, la partie organique de ees détritus est en grande partie détruite, et les subs- tances minérales ou salines provenant des cendres des végétaux sont mélangées avec l'argile et les matières minérales du sol, plus ou moins modifiées par la chaleur de la combustion. Vœlcker a donné des cendres laissées par les végétaux dans le procédé d'écobuage, deux analyses (tableau XGIV) ; l'une se rappor- tant au chardon rampant {Carduus acaulis) et l'autre au chiendent, (pii infestent tous deux les terres argilo-calcaires et pierreuses des Cotswolds. Le chardon renfermait de 74 à 75 p. iUO d'eau et de 23 à 20 p. 100 de matière sèche, abandonnant 11.00 p. 100 de cendres. TRAVAUX ET E^:I'ÉRIENCES DU D'' A, VOE[.CKEU. 45 Le chiendent a donné une cendre légèremenL colorée en rouge par l'oxyde de fer provenant de l'argile adhérente aux racines. TABLEAU XCIV. — Composition des cendres du chardon et du chiendent. Potasse Chlorure de potassium Soude .... Chlorure de sodium Chaux Magnésie Oxvdcs de fer et alumine. . . . Acide phosphorique Acide sulfuri(|ue Silice soluble Matière siliceuse insoluble (sable). Acide carbonique et perte. . . . CHARDON ( Carduus acaulis.) 27.40 » 0.90 41.i4 4.40 2.0t 5.36 2.92 3.50 'l2.07 CHIENDENT, 100.00 ' 10.02 5. 09 3.34 5.58 0.04 12.40 9.38 5.33 24.92 17.50 5.80 100.00 La chaux forme l'élément principal des cendres du chardon ; ce qui explique la croissance ahondante de ce végétal dans la formation calcaire du comté de Gloucester. Elles renferment en outre une forte dose de sels de potasse et une quantité appréciable d'acide phospho- ri(|ue, outre de l'acide sulfurique et de la silice soluble. Les cendres du chiendent diffèrent par leur composition de celles du chardon, en ce que la silice soluble en forme l'élément princi- pal; ce qui explique sa présence aussi bien dans les sols sablonneux que dans les sols calcaires et argileux où la sihce est à l'état de sili- cates alcalins. La chaux et la potasse y sont en moindre proportion, mais l'acide phosphorique y est largement représenté, et c'est à cet acide des cendres du chiendent que les cultivateurs pratiquant l'éco- huage attribuent la bonne récolte de turneps suivant l'opération. Vœlcker a constaté (ju'en effet une bien phis grande quantité de phospliate de chaux est mise à la disposition des racines par les 46 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. cuudrcs rouges résullaiit de récobuago, (juc par une grosse rumure avec poudre d'os. Quelques différences que piésenle la comj)osilion des cendres des diverses plantes soumises à la combustion sous le rapport du phos- phate de chaux, de la potasse, de la silice, etc., il y a heu de remar- quer que ces cléments fertilisants répandus dans la masse de la cou- che arable, seraient, sans l'écobuage, de ])eu d'utilité pour des ré- colles comme celle des turneps qui demeurent seulement quatre ou cinq mois en terre. Plus la période de végétation est courte, plus il devient nécessaire de fournir à la couche où gravitent les racines, la plus grande masse des substances minérales fertilisantes ; c'est ce qui justifie l'application de la poudre d'os et des phosphates acides, comme aussi des cendres d'écobuage, à la surface des sols argileux ou gazonnés, tourbeux ou humides, dont on veut augmenter la fer- tilité. Si les racines du chiendent, comme celles du trèfle et des autres plantes adventices ou cultivées, étaient laissées dans la couche arable pour y subir lentement la décomposition à lacjuelle sont soumis les organes de tous les végétaux, les résultats ne sauraient être les mêmes, et en tous cas, aussi promptement réalisés qu'avec les cen- dres de ces mêmes racines dans lesquelles les éléments minéraux et salins, amenés à l'état soluble, sont d'une utilisation immédiate. Faut-il ajouter que, dans les terres où la pratique de l'écobuage se poursuit avec succès, l'argile compacte et imperméable, n'ad- mettant pas le hbre accès de l'air, relarde la décomposition des détritus végétaux et par l'accumulation (pii s'opère, la végétation ne tarde pas à souflYir de l'excès de matières organiques. Enlin, le feu qui détruit les insectes, leurs larves et leurs œufs, aussi bien que les graines, les rejetons des plantes parasites, est le meilleur moyen de nettoyer la terre à fond, quand elle est sujette à l'encras- sement |»ar les mauvaises herbes. Matières minérales. — La chaleur développée pai' la combustion des débris organiques du sol superficiel, produit sur les parties mi- nérales des modifications mécaniques et chimiques. Par la chaleur, l'argile onctueuse, adhésive, imperméable, et par cela même froide et d'un travail diflicile, perd en j)arlie ces hicon- TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d' A. VOELCKER. 47 vénienls en acquérant de la friabilité et de la porosité; mais ce changement physique, quoique très important, ne suffit pas, comme on Ta vu au sujet de l'argile brûlée, pour expliquer son action ferti- lisante. La chaleur augmente la solubilité de certains éléments cons- tilulifs de l'argile et notamment de la potasse, qui contribue princi- palement à l'augmentation des récoltes. Vœlckcr a confirmé ses conclusions quant au brûlis de l'argile, sur trois échantillons de sol soumis à l'écobuage, le premier prove- nant de' la ferme de Chesterton, le second des environs de Girenccs- ter, et le troisième de la ferme attenant au collège royal agricole de Cirencester. Les analyses de ces trois sols et des cendres recueil - Ues après l'écobuage sur les deux derniers, en plein champ, figurent dans le tableau XCV. TABLEAU XCV. — Composition de sols propres à l'écobuage et de cendres d'écobuage. Eau Matière organique et eau com- binée Oxydes de fer et alumine . . . Chauv à rétat de carbonate. . — — de sulfate . . . Magnésie à Fétat de carbonate. — — de silicate. . Acide phosphorique Potasse à l'état soluble. . . . — à l'état de silicate. . . Cblorure de potassium . . . . Soude Chlorure de sodium Silice à Tétat soluble — — insoluble. . Perte ARGILE de Ches- terton. 1. .i 2.37 5.38 1!).33 31.38 » 2.01 1..j2 II 0.3.3/ I.29( n o.is II 3G.1G SOL PIERREIX iRCILO-CALCAlIll! de la ferme du collège agricole. Naturel. 2. Ceudres d'écobuage. 3. \ 100.00 r..9si 13.217 12.954 7.578 0.431 1.414 ( Il \ Traces. O.i20 » 0.122 » 57.092 0.G91 100.000 SOI. .UIGILEDX-COMPACT des environ.s de Cirencester. Naturel. i. I.IS 3.32 18.42 8.83 1.15 i 1.7G 0.71 1.08 1.03 I) ti2.52 Cendres d'écobuage 5. 0.93 10.67 \ 13.40 23.90 100.00 \ 1. 10/ ) \ Traces. [ 0. 38 ) 1 0. 13 ) . 49 GG > 100 17 9.12 14. 5G 17.17 1.73 0.40 1.84 1.44 0.32 II . OS 8.70 44.64 1) 100.00 48 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. L'argile de Chesterton, n° 1 , comme la plupart des argiles calcaires des environs de Cirencester, renferme peu de sable. La plus grande l»arlie de la potasse s'y trouve à l'état de silicate, mais comme elle contient beaucoup de chaux, la réaction s'opère à la température voulue, qui met la potasse en bberté et produit du silicate de chaux. A l'état naturel, cette argile dosait O.o5 de potasse solublc dans les acides faibles, et après combustion 0.79 p. 100. La potasse n'est pas seule rendue soluble par le brûlementde l'ar- gile, comme le démontrent les essais suivants : * BRULKE BRULEE ETAT NATUREL. ,nodérément. plus forteineut. 1. 2. 1. Matière insoluble dans les acides faibles. 56.30 55.17 50.90 52.31 46.20 — soluble — 43.70' 44.83 49.10' 47.69 53.80 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 1. Contenant potasse 0.35 » 0.77 » Le degré de chaleur règle la solubilité; mais encore imporle-t-il (pi'il soit suffisant pour (pie la réaction se produise. Si on le dépasse, on diminue la solubilité. Les praticiens ont donc raison de recom- mander une combustion étouffée, au risque de produire un peu de charbon, car elle empêche la température de la flamme d'agir d'une manière intense sur les tas d'argile, et la matière charbonneuse, facile à réduire en poudre, qui en résulte, est plus soluble que si elle avait été obtenue par un feu plus ardent. Le sol argileux de Chesterton, après avoir été longtemps en pâtu- rage de mauvaise (jualité, avait été drainé, puis écobué, et, sans ad- dition d'engrais, il avait fourni une récolte d'avoine, puis une récolte de fèves et trois récoltes de froment. L'avoine et les fèves s'étaient fait l'emanpicr par l'abondance de la paille, et le froment, avec un rendement également abondant en paille, bien (fue se succédant deux années de suite, avait fourni .30 hectolitres de grain à l'hectare. Le sol de la ferme attenant au collège de Cirencester n'est pas moins approprié à l'écobuage ({ue celui de Chesterton. La pièce sur la(pielle récliantillon n" 2 a été prélevé avait été cultivée en sainfoin avec un médiocre résultat; c'est pour(|uoi on s'était décidé à l'éco- buer. TllAVACX KT EXPKUIENCES DU L)'' A. VdKLC K EU. 49 L'épaisseur de la couche arable, réduite entre 8 cL 15 cenliuièlrcs, est encore diminuée par les pierres calcaires dont le sol est par- semé. C'est le type des terrains pierreux (proffre le district des Cotswolds. P)icn (pie passant pour un sol léi^vr, il ne contient pas de sahle, et la pailie pulvérulente consiste en grande partie en aryile. A cause de son imperméabilité, ce sol accumule rapidement les ma- tières organi(jues. L'analyse mécanicpie donne le classement suivant : Grosses piorros 8.8S . l'ierres sui'.tiiiiiis (k' 0"',0I': 3.90 — — (le ,006 28.75 Terre — de ,00:î 24.52 ■■) — — de ,001 G 2G. — — de ,000S 4.90 ~ fine ayant traversé 0"',000S 2.33 100.00 Ce sont les cinq dernières catégories qui, mélangées et pulvérisées, ont servi à l'analyse n°:2. La saison étant favorable pour l'écolniagc, on procéda à l'()[)éra- lioii par tas, suivant la coutume; chaque tas bien couvert a donné en moyenne, après (> ou 8 jours de feu, 110 litres de cendi'cs rouges. A raison de r3G0 tas par hectare, le rendement en ccnilres pouvait s'évaluer entre 85 et 40 tonnes ; ce (pii, en déduisant l'eau dosée immédiatement après l'opération, représentait oU tonnes de cendres sèches à 100" C. L'échantillon de ces cendres, analysé sous le n" o (tableau XGV), avait une couleur i'oiig(,' Ibiicé, sale, due à l'oxyde de léret au cliar- Imiii. La |)i'op()rli()n d'acide plit»sphuri(piey estélevée, eu égard à celle qu(; renfei'ine le sol, et les alcalis, notamment la potasse à l'état soluble, y sont largciiK^nt représentés. La matière siliceuse insoluble, l'oiniée principalement d'argile brûlée, renferme beaucoup de po- tasse insoluble dans l'ea;!, mais connue l'argile brûlée se laisse facilement pénétrer p;ir l'air atmosphérique, une partie de celte potasse doit être rendue assimilable pour les besoins de la végéta- tion. Le '.alciil de l'acide pho.>phori(pic, à raison de 0.71 p. 100 dans AN.N. £CIE.\C ; AGUON. A. 50 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. les cendres, montre (jiic par heclarc les 30 lonncs de cendres ob- tenues l'enfermaient i^OGkilogr. d'acide pliosphoriciue, coirespondaiil, à ii-li kiloyr. de phosphate de chaux, c'est-à-dire autant (jue 7 hec- tolitres de poudre d'os du commerce en contiennent. On s'explique d'après cela l'accroissement du produit des racines et les meilleures récoltes dues à l'écobuage par rapport au fumier ou à tous autres engrais commerciaux. C'est là une fumure de phosphate, sans comp- ter la potasse et les éléments fertihsants accessoires, qu'aucun fer- mier ne songerait à appliquer à un terrain si pauvre, en dépensant 150 fr. par hectare pour de la poudre d'os. La terre analysée sous le n" 4, provenant des environs de Ciren- cester et mieux appropriée encore à l'écobuage, présentait une couche arable bien plus épaisse, exempte de pierres, très adhésive et difficile à cultiver. Le sous-sol appartenant à la glaise oolilhicpie (forest marble) maintenait le sol à l'état humide, bien qu'il fût drainé. Cette terre forte, de môme (jue la terre légère du collège agricole, renferme une proportion plus que moyenne de matière organique et d'argile qui jouit à un haut degré de la propriété d'ab- sorber l'ammoniaque et l'eau atmosphériques. A rencontre des résultats obtenus par l'écobuage du sol sec n" 2, prati({ué en temps sec, et qui a fourni une grande quantité d'argile brûlée, les cendres du sol humide n° 4, écobué par un temps hu- mide, sont bien moins abondantes, mais [)lus riches en principes fertilisants. Ainsi, d'après leur teneur en potasse et en acide pliosphori(pie, les cendres (n° 5, tableau XCV) représentent une valeur plus (jue double d(î celle des cendres n° 3; elles renferment moins d'argile brûlée et, par conséquent, plus d'alcali et de phosphate ; en même temps, plus de carbonate de chaux. Tandis que le produit de l'écobuage du sol n" i2 représente de l'argile brûlée mêlée de cendres végétales, celui du sol n" 4 repré- sente des cendres végétales additionnées d'argile brûlée. Vœlcker résume comme il suit les diverses circonstances dans lesquelles l'écobuage est avantageusement pratiqué : 1. Dans les terres approj)riées à l'écobuage (la j)lupart imper- méables et trop riches en matière végétale inerte), la destruction de 'l'UAVAUX ET EXI'ÈRIKNCES DU D'' A. VOELCKKR. 51 la malièrc ()ri;aiii(|nc n'offre auciininconvéniciilà cause de la grande ffiianlilé d'argile (jui, comme la matière oi'ganique, jouit de la pro- priété d'absorber l'eau et les gaz almospliéri(|ucs. 2. La matière végétale inerte est convertie par l'écobuage en un engrais minéral des plus efficaces pour les turneps et les racines en général. 3. L'écobuage améliore matériellement la condition pliysi(|ue des terres imperméables, en les rendant plus poreuses et pulvérulentes. 4. Il facilite également des modifications très importantes dans la constitution cliinii(|ue du sol. 5. 11 met à portée des racines une niasse de nourriture minérale assimilable par les cendres distribuées de nouveau dans la couclie arable. 6. Les cendres ont d'autant plus d'effet sur les turneps et les four- rages verts qu'elles renferment plus de pliospbate et de potasse. 7. L'écobuage n'est praticable avec succès que sur les terres con^ tenant de l'argile; sur les terres sablonneuses, il est à éviter. 8. L'amélioration apportée par l'écobuage à la culture des cruci- fères est plus manifeste que celle due au guano, au superpbosphate et aux autres engrais du commerce. 9. Sur un sol de mince épaisseur, susceptible de fournir beaucoup de cendres, il faut se garder de fumer avec du fumier, du guano et surtout à l'aide de tous engrais ammoniacaux. 10. L'écobuage fournit le moyen le plus économi({ue d'obtenir une grosse récolte de turneps sur un terrain pauvre. 1i. Loin de constituer une pratique ancienne à abandonner, l'éco- buage est justilié par les données de la chimie dans les avantages (ju'il procure. 11. — Engrais organiques. Les engrais organiques naturels (jui ont fait l'objet des recherches d(î Vœlcker, comprennent le fumier de ferme et les purins, l'en- grais liquide, les eaux d'i'gout (sewayc), les engrais cxlniils du sc- ^vage, les engrais tic vidange on poudretles, les guanos dii Pérou et 52 ANNALKS nii LA SCILXCK AGRONOMIQUE. (raiilics (irovciiauccs, le giumo do ••liauve-.soui'is, etc. Nous décri- rons successivenient les Lravau.x analytiques auxquels ils ont donne lieu. A. — Fionicr de farine. Le fumier de ferme est, par excellence, l'engrais complet et uni- versel. Il est nniversel, parce ((iiil renferme tous les cléments qu'exigent Jius récoltes pour atteindre leur plein développement, et s'adapte à presque toutes les productions liu sol. Sous le rapport des éléments fertilisants inorganiques, il contient de la potasse, de la soude, de la chaux, de la magnésie, de l'oxyde de fer, de la silice, des acides phosphorique, sulfurique, chlorliydrifjue et carbonique ; en somme, tous les corps sans exception qui constituent les cendres des récoltes. Comme substances fertilisantes organiijues, le fumier en renferme de solubles dansTeau, qui sont très azotées, et d'autres insolubles, moins riches en azote; les unes abandonnent facilement leur ammonia(jue et les autres donnent lieu à la formation d'acides inmiiques et autres composés similaiies qui constituent la masse de substances végétales noires, connues sous le nonid'hunms. Le fumier est un engrais complet, car, aussi bien que l'expérience, l'analyse chimique démonlre que les principes fertilisants s'y trouvent à l'état de combinaison le plus favorable au développement des plantes cultivées. Le nombre des composés chimiques est tel, et leur état de combinaison y est si varié, eu égard à celui indiqué par l'ana- lyse, étant donné l'état imparfait de nos connaissances, qu'il est mi- posbible de produire un engrais concentré, universel et complet (pii puisse tenir lieu et place du lumier de ferme. A ne considérer que l'azote, le fumier frais contient des conqîosés ammoniacaux volatils, des sels anmioniacaux, des matières organiques azo- tées, solubles et insolubles, c'est-à-dire l'azote sous (juatre états différents; ce qui fait ([u'une composition aussi complexe n'est pas imitable. Liilin, le inmier exerce une action mi''canique, par la division et ^ameublis^^ement du sol, ce qui ajoute beaucoup à sa valeur fer- tilisante, surtout lorscju'on doit l'applifjuer à des terres argileuses conqjacles. TRAVAUX KT EXPÉHIKNCES DC n'' A. VOELCKER. 03 Dans la recherche des mo(nricali()ns que siihit le fmiiier, suivant qu'on le garde en tas à l'air libre, uu à VaUri, ou répandu on litière dans les cours à découvert de la ferme, nue [)reniière difficulté se pré- sente, celle de se procurei' lui spécimen de fumier assez homogène pour pouvoir servir de type dans les essais ultéiieurs. Dans ce hut, Vœlcker employa deux ouvriers à retourner, pendant une join-née, une masse de fumier frais provenant de la litière donnée aux che- vaux, aux vaches et aux porcs de la ferme de Cirencester, de ku^on à obtenir un mélange aussi parfait que possible de la paille et des déjections. Pour le fumier consommi'' qui séjournait d('[)uis six mois environ dans la fosse, le spécimen-type fut préparé de la même ma- nière; ce fumier, bien fermenté, était de couleur brune foncée, presque à l'état de beurie noir, comme on dit en langage agricole. Les méthodes d'analyses décrites par Vœlckei" dans l'appendice à son Mémoire sur le fumier de ferme', n'offrent rien de spécial; les dosages d'azote ont eu lieu d'après le [)rocédé Peligot, et ceux des cendres, d'après les procédés de Wœldoi- (Manuel d'analyse inorga- ni(pie); nous les avons pourtant résumées à la fm de ce même livre, $\\ ; valeur des engrais. a. — Fumier frais normal. Le fumier de ferme frais, soumis comme type à l'analyse, con- sistait en lilicre de paille ayant absorbé les déjections des animaux ; il comprenait deux tiers d'eau et un tiers de matière sèche. Chai ii('' depuis quatorze jours seulement dans la fosse, le fumier, comme il n'avait pas plu pendant ce temps, ne renfermait comme eau (pic l'urine et l'humidiîé due aux excréments et à la paille. La ipiantité de litière influe nécessaireuKmt sur la composition du fumier «t princij)alement sur son degré d'humidité ; mais Vœlcker pense (ju'eu général le fumier fiais, obtenu à l'aide d'une bonne lilière et con- servé à l'abri de la j)luie, ne contient guèi'e au delà de deux tiers de son poids d'eau. L'examen de l'analyse (tableau XCVI) donne lieu aux remarques suivantes : \.0n the composition of fomnjurd mannrc and /lie chang-s irliich it iindcri/oes . Lonilon, is;jf). 54 ANNALES DR LA SCIENCE AGRONOMIQUE, TABLEAU XCVI. — Composition du fumier de ferme frais et du fumier consommé. l' u M 1 1; K F i: A 1 s. Elat nalurel. 1. Ktat sec Dates des analyses Eux ' Matièrci organi(iue soluble . . Matière inorganique soluhle {cendres). Silico. soluble Phosphate de chaux Chaux Magnésie Potasse Soude Chlorure de sodium Acide hulfurique Acide carbonique et perte. . . - Matière organique insoluble . Matière inorganique insoluble (cendres). Silice soluble Silice insoluble Oxydes de fer, alumine avec phos- phate , Contenant acide phosphorique . Chaux Magnésie Potasse Soude Acide sulfurique ........ Aci do carbonique et perte. . . . 3 novembre 185i CG.17 2.18 0.237 1.51 7.33 25.70 0.967 1 0.561 0.596 (0.178) 1.120 0.143 0.099 0.019 0.061 0.484 4.05 4.5; l' u M I E K C O X S O M M li. Étal naliui,-). 3. Élal sec. 5 décembre 1851 75.42 3.71 100.00 70.15 2.865' 1.659 1.404 (0.538J 3.335 } 11.97 0.424 0.294 0.077 0.210 1.722 KiO.OO 1. Contenant azote . Eo'al à ammoniaque. 2. Contenant azote . Égal à ammoniaque. Azote total . Ammoniaque total. . Ammoniaque à l'état libre. . — — do sois. 0.149 0.494 0.643 0.181 0.599 0.780 0.44 1.40 1.90 0.53 1.77 2.30 0.034 . (188 0.10 0.20 1.424 1.010 0.947 (0.274; 1.667 U.091 0.015 o.o::8 0.003 1.295 1.47 15.00 5.98 12.82 6.58 52.15 5.79 \ 4.11 3.85 (1.11) 6.78 0.37 0.18 0.15 0,29 5.26 20.78 100.00 100.00 0.297 0.360 1.21 0.309 0.375 1.20 0.606 2.47 0.735 1.47 1.53 3.00 0.046 0.1157 0.189 0.232 TRAVAL'X RT EXPÉniEN'CES DU 1)'' A. VOELCKER. DÛ a) La propoi'liou des iiuilicres oryaiiiijiics cl iiiiiiéi'alcs solublos est faible; ce qui expli(|uc l'action lente du fumier fiais, i)ai' rapport nu fumier consommé ; h) La proportion des matières insolubles et notamment des ma- tières organiques est au contraire très élevée; c'est la paille qui en forme la plus grande partie; c) Le fumier frais renferme seulement des traces d'ammoniatpie à l'état volatil, et à peine à l'état de sels ammoniacaux; d) La teneur totale en azote, dans la paitie soluble du fumier frais, est insignifiante. C'est au fur et à mesure de la décomposition du fumier (pie l'azote contenu dans la partie insoluble est mis en liberté ; c) A poids égal, il y a (rois fois plus d'azole dans les matières organiques solubles cpie dans les matières organiques insolubles, ainsi : 100 de inalières organiques solubles renferment 6.01 d'azote. 100 — — insolui)les — 1.92 — /■) Les éléments minéraux du fumier frais représentent sans cxcep- lion ceux qiie l'on trouve dans les cendres des plantes cultivées; [/) La composition des matières minérales solubles et des mômes matières insolubles n'offre pas de différences essentielles sous le rapport qualitatif; mais, comme quantité, les différences sont re- marquables (tableau XCVII); II) Ainsi, au point de vue ([ualitatif, les cendres solubles du fumier frais contiennent principalement de la potasse à l'état de carbonate et de silicate ; /) La forte proportion de silice soluble dans les cendres solubles et insolubles est digne de remarque. Dans la cendre soluble, elle est combinée surtout avec la potasse et, probablement aussi, avec la soude ; dans la cendre insoluble, elle est ou combinée avec la chaux, ou à un état de division tel qu'elle est facilement dissoute par h potasse causti({ue diluée ; j) Le silicate de potasse est rélémenl doniiiiauL dans la cendre soluble du fumier frais ; A) La chaux est l'élément principal île lu cendre insoluble; 56 ANNALES DE LV SCIENCE ACRONONriQUE. TABLEAU XCVII. — Composition pour 100 des cendres du fumier frais et du fumier consommé. Dates des analyses Silice solnble Silice in.-ioliible (sable) Phosphate de chaux O.xydes de fer et aliiiiiine avec pliospliatcs. — contenant acide phosphoiique . . Chaux Magnésie Potasse Soude Chlorure de sodium . . . Acide sulfurique Acide carboui,5 17.31 .. 10.04 5.:j5 " 1> 8.47 .. (3.18) 1.10 20.21 0.20 2.56 10 . 2ti 1.78 0.92 0.38 0.54 )> 0.22 1.27 4.71 10.40 27.55 72.45 185 t. 21.59 10.04 5.35 8.47 (3.18) 21.31 2.7G 12.04 1.30 0.54 1.49 15.11 100.00 CRNL)l£i;S . — Fumier consommé iinriiial. Le fumier de ferme consommé, soumis comme type à l'analvse, était (le même provenance (|iie le fumier fi-ais. .\pn''s six mois de i^ai'dc, sa coiili'iir l'Iail brun fonci', pr(3S(pii' noire ; il a\aiL bien it'V- nii'iili' et <'lail siifïis;iiiiiii('iiicoui'l. TRAVAUX ET EXPÉRIEN'CES DU D'' A. VOELCKEn. 57 Le tableau XCVII met en paiallèlc la compusilion du fumier con- sommé avec celle tlu fumier fiais. Il résulte de la comparaison des deux analyses : xi rs ^ M (M ooooeoooooi -* -1 — ■?in ce .- o •/■ --js (M C-. -T N -^ C -* o « -* ■«)( «fi ^ o^t- o o o o «© - 0.69 2.85 S, 1 'M o u I _: o o Cl » - — ri — * -^ t5 Gt' tn ï— -n -H — OOCÎOOCo ooc'oooooo -< — OOMOCOO^ — o o o -* o t- o •>> o m -i Tj -i c^ao-rc-i'-Mts»-(r;y5 « m co o o o o o o jj co ^ " X ^ (>J "M ~" 7^ t^ O o 1^ ^ ^_ f-C ■M " O -- O -" tr» 'M X cï i.-î « T'^ >-; o w o "^ — ' — * "M rt o ;;■ '.r -• o -H -1* :■ rî '/s X" r^ ■ CV îT r- o '^^ r; b- I -M t: O -M O O O O o o o :3 o o — O) t~ Ci - o o o t~ T) lO -1 lO o o o -" t.* o o î^ — • -^ M o 'M X ^T -r -> "M IC rî r— doôôcôôôosî '.o — ' co X ■>:> :ri -M -^ -M îr> ce (M r* ^ t>. — ' •-(.-; ^ l^ C". t^ QC X w o Ô 71 — O s o u > u X •< U m B S o 02 u •a OT O) SU a O w o 'O o o o o a. S o X! 1—4 u X & < M | 1— 1 ns co CO Ci tD CO «D lO L.O C^ 3 ?> ■^ = . -^-^ - •* c 1 Ci '.0 CO -^ CO 3 „ a - . tr Cl Cl zn « V ^- ^ / ^ _ ^ — rf tr N .^04 '— ■ r- Cl — - t^ (^ 5 C" 1 Cl «* 00 ^- 00 -^ ■■ -.-^ <^ CO' «■HP :::> H CI — < CO — CO C3 c 1 C 1 .0 Cl ^-1 -*-H Cl •,-^ ! —' t/î Q '3 3 2 H •» -.+ cir c« c 1 c 1 Ci Cl CO r c CO T-^ *^ ^ -r- -1 CO . r^i Ci 1^ .^ 3 — - '^ , . . H ^ t" C5 — --H CO CI ■^ - — t^ U 2 s « * "^ ' " ' ^ — ' *^ . ^ H- r3 1—1 <- «M c4 »-0 CO —« lO CO — lO Ci -3 3 :2 '-''="*« = ■ -0 Cl .^ 02 Cl CO i- c 1 - -* Cl 2 Cl , Ci Cl «0 CO c 1 .0 r~ .0 — ■< t "3 co ce- co Cl to »o Ci CO CO .jo -6 Cl i^î Cl r^ 1 Cl -n CO ■— T— « -I—t 'r— I ' -^ Cl A -r~< B ai m _• K w i2 § f— Cl Ci l~- 10 «0 '3 X3 Jlj co _ CO Cl -^-î CO .0 ^ c> t- d !5 i ^ O * ô 5 Ci Cl -^ "^ 'Z^ Cl 1—1 "^ 1 C »o Cl c* i-O CO CO uo --■-< •^ ■3 ? ;2 lo _ «^ = = (M Ci CO CO CO t- •^ w 00 CO CO Cl ■— c 1 Ci r- a !» =« -^ CO -a - «î « C3 "H. s .H* x: 'C Cl» >• .c 0. S _a3 33 Cl. >? 3 3 C3 "3 S Cî 3 c 2 a> 3 S- •S c/3 3 "c XI = -a «2: c: 03 -3 r: s "o A c: T3 CJ c ç> ■5 ^ ta Cl 1 s OJ TS 3 5 ■33 ■^ 'S c^ ryi ~~* ô "^ Clj ^J-i '^ TRAVAUX ET EXPÉRIKNCES DU n'' A. VdRI.CKKR. 63 Le las n" III nefuL pesé et analysé ({uo le oO avril, puis aux mêmes liâtes (pie les j)récédents. Enfin, le tas n° IV, mis (mi place le 5 décembre 1854, fut analysé d'al)ord le 14 février 1855, après un laps de 2 mois et 9 jours, puis Pesé et analysé le 30 avril 1855, après 5 mois et 25 jours ; — — le 23 août — après 8 mois et 18 jours ; — — le 15 novembre — après 11 mois et 10 jours. Tableau XCM II. — Les analyses du fumier frais 1 et II, compa- rées à celle (lu liimier-type donnée précédemment (tableau XCVI), donnent lieu aux observations ci-après : Fumier frais exposé à l'air (I). — Après 3 mois et 11 jours d'ex- position à l'air, il renferme plus d'eau, et malgré cela, la proportion de matières organiques et minérales solubles a augmenté, tandis (|uc celle des matières organiques insolubles a diminué. Les différences sont plus manjuées si on se réfère à l'analyse du fumier calculé à l'état sec. En outre, la (pianlité totale i)our cent des matières orga- niques décroît, tandis que ('elle des matières minérales s'accroît. La teneur en azote total est légèrement plus élevée, et la dose d'ammoniaque à l'état libre et à l'état de sels est à peu près aussi faible. Enfin, l'analyse des cendres (tableau XCIX), comparée à celle donnée précédemment (tableau XCVII), montre (]uc le pbosphate de chaux et la silice ont diminué dans la partie soluble, de même que dans la partie insoluble ; l'acide sulfurique ayant augmenté dans la partie soluble. Fumier frais abr il é {]]). — Après 3 mois et 11 jours de séjour sous un abri, le fumier frais a subi peu de modificalions ([uant à ses éléments organiipies et minéraux; à peine 1 p. 100 de ])lus de ma- tière orgunicpie soluble, et 0.10 p. 100 d'azote en plus dans cette môme matière. Il va eu \)GvIg de matière organique insoluble, [)res- que autant que dans le fumier I exposé à l'air, mais la proportion de cendres insolubles, et dans ces cendres, la proportion de chaux et de matière siliceuse ont augmenté, ce (pii ne saurait être atlilbué (pi'à des impuretés accidentelles, car, trois mois plus tard, l'analyse (lu même tas abrité fournil un chilTrc à peine moindre de matière insoluble. En dehors de cette anomalie, la composition des cendres a vari('' G4 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. insensiblement au bout de trois mois; quoique, par rapport au fumier ï, on constate que le tas II renferme plus de phosphaio de chaux. L'augmentation de l'acide sulfurique, dans les fumiers I et II, s'explique par l'oxydation d'une partie du soufre combiné avec les matièi'cs azotées, qui s'associent à l'élat d'acide sulfurique avec la chaux. Il se forme ainsi du plâtre pendant la fermentation du fu- mier en même temps que des composés ammoniacaux volatils que le plâtre est appelé à fixer. Fumier consommé (IV). — Au bout de 2moiset 9 jours, le fumier consommé malgré le froid de l'hiver a diminué de vokime, non pas tant qu'il ait subi de grandes pertes de matière, mais parce qu'il s'est tassé et consolidé. Une partie des matières organiques solubles a été enlevée par la pluie ou par la neige; d'après le calcul à l'état sec, cette réduction atteint près de ^ p. 100. L'azote qui titrait dans le fumier consommé, au sortir de la fosse, I.^I p. 100 à l'étal de composés solubles, ne litre plus que 0.57 p. 100 dans la matière soluble. Toutefois, l'azote total de l'engrais, après 2 mois et jours, a légèrement augmenté. En ce qui concerne l'ammoniaque libre, elle se réduit à des traces ; ce qui s'explique par le fait constaté dans des expériences directes, que le fumier, maintenu à une basse température, n'émet pas d'am- moniaque, celle-ci se dégage seulement par la fermentation active du las, avec développement de chaleur. Quand à l'intérieur des tas, la chaleur augmentant, l'annuoniaque se forme, la partie extérieure maintenue fraîche par l'air ambiant, la retient mécaniquement; la li- 'tière, les détritus excrémentiels, et, plus tard, l'humus qui résulte de la décomposition, font l'office de filtre pour l'empêcher de se répandre dans l'atmosphère. On en a la preuve quand on retourne les tas a la fourche, il y a dégagement et perte d'ammoniaque ; ce qui fait qu'on doit éviter de retourner le fumier plus que de besoin. C'est le oO avril suivant que les quatre spécimens de fumier ont été de nouveau pesés séparément, remis en place dans des condi- tions identiques et analysés, pour être successivement traités de la même manière les 28 août et 15 novembre de la même année. Pour chacun des spécimens, nous avons groupé dans les tableaux TRAVAUX ET KXl'ÉRIENC.ES DU U' A. VOELCKEU. 05 C et CI les résultats constatés par Vu'lcker ; le premier donne la com- position centésimale du fumier à l'état naturel et calculé à l'état sec, aux diflérentes dalcs, en regard de celle déterminée primitivement; le second fournit la com})osition du las en kilogrammes aux diverses dates, avec les différences en poids et pour 100 à chacune d'elles. Pour le fumier frais répandu (lll) ((ui n'avait pas pu être analysé en février, l'analyse générale au 130 avril, et le dosage des cendres, complètent les deux tableaux dont nous venons d'indi(juer la nature. La réunion des résultats sous forme de tableaux, nous dispensera des redites que suggère leur comparaison aux diverses dates d'essai, tout en nous permetlant de signaler les principales différences qui caractérisent l'ensendjle pour chaque fumier. Fumier frais conservé a l'air libre (I). — Sous le rapport de l'eau, le fumier I renferme 3.5 p. 100 d'eau en plus en février, aj)rès trois mois de séjour à l'air libre ; mais comme il avait à peine j)lu dans les trois mois suivants, il perd celte augmentation, pour re- venir en avril à peu près au même état d'humidité qu'en novembre. Du mois d'îW'ril au mois d'août, la dose d'eau s'accroît notablement, à cause des pluies : de près de 10 p. 100, eu égard à la teneur pri- mitive et demeure stationnaire à 1 p. 100 près, jus((u'en novembre suivant. Il est difficile, d'après cela, de raisonner sur la base de la couq)osition du fumier à l'état naturel ; mais, si l'on se reporte à la composition établie, abstraction faite de l'eau, c'est-à-dire du fumier à l'état sec, on constate (tableaux G et Cl) : a) Que la proportion totale pour 100 de matièi-es urganiijues di- minue progressivement de mois en mois, tandis que celle des ma- tières inorganiques augmente d'autant; b) Que la perle de matières organiques porte surtout sur la partie insoluble de ces matières ; c) Qu'au contraire, les matières organiipies solubles augmentent I)endanl les trois premiers mois, se maintiennent avec une légère diminution pendant les six mois suivants, et, après plus de douze mois, conservent encore une teneur de 3 p. 100 plus élevée qu'en novembre 1854. d) Que les matières minérales solubles suivent à peu près la même progression que les matières organiques solubles; A.NN. SCIENCC AGKON. 5 6Q ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ctf ■73 u > m m U "« > U o o es 1-1 u o C3 $1 o Pi !=! o O Cl, a o -a! H m < J3 S in I 2 O C- (M Ci -M C/:* IC -:!< t- (M b- GO ce (?4 »0 i-l O O rH (M G^ CO O o o o (M co o o iH N tM co 35 •^ (M m o C- 00 •-' C-l o ea C5 i-( co <-> tH O o o T-l '-H iH (M G^ t^ T# CD -H O O ^^ i-* iH iM •O CD ^^ CI O o e ;; m co '-t I>- t^ lO 00 1-1 CM -^ lO o t— o o o o o o co — < cr> en o fO o o o c^ o o iH '-< <^ t- r-( 1-1 C5 CO h- (M iX> »0 1-r (M -^ CD C£> 00 O O O O O O o » -H co o o o ^ CN c:i tr- o o o o o ^ r- OJ l>- h- H< Cj (M CO -* ir: t- ce o o o o o o "O (M T-( lO ■<# o 1-* -+' o co o *t< 00 es o '^^ O) ï-H *-H -rM m c^ r- o o o o o ô co co o o (M lO co m -9 1 -::^ O S 3 '3 c« an a> a ci c3 ce 5 £: a es rt • a o o o a cS S , rt B s cS ci (U es o ^ es a •c3 o -:S i»( o ,_^ , , C) oi o cj oi; bo M bO cS 0) »i M .2 a o O ^ 'H N -'A < --A o TRAVAUX ET EXPERIENCES DU D"^ A, VOELCKER. G1 ^^^™ / • »o Ci '-': t- -f I- »C o o o o - o Cj 00 Tl (M in W 50 1 ° c o -H — r-l ^1 o o m co l — O "^ »o O O 00 ÎO ^ w >o B 1 ■- CO 1-H —1 »H d o o c O O d d ce La y. 11 1 1 1 111 + MM 1 1 1 1 1 + w i es ■"• i ( ■t. ■-0 i.T GO O o o iC o t^ « ÎO Cï O »0 O '^ îo co *-» »o °.^. Cî r- co t- -1 -o -f< co 5 "5 — ^ -^ ■^ 5>1 co Kl o o î^l "îl M (N d d Cl > S o ^1 \ - 1 1 1 111 + MM 1 1 1 1 1 ^- — ' »^ in o lO O uO O -*( t^ t^ ^ o o t- lO to o Ci n lO t^ o d f-H ^ / ^ 1- C-l O O O CO -+< 'X> œ. o - •-. cj m o t- w ;j ■H -H co Cà o —1 ci -3 i.O CJ o O O -H '- c*- TI o o K o Clj io o o r^ "H r-^ d U ^ (M »H d d d d T-i o o o O S s a. 1 1 1 111 + MM 1 1 1 1 1 + 00 g ~ \ ~ H o ® i '% 1 -À 1 "^ ^1 irt 5^ -< O (M ri ÇD O O »0 fM *>i »-i m CO 05 tX c» co 1- •M ^ Q 1 - 1 c — « 1 1 111 + o o s^ <>» MM 1 1 d d 1 1 (M 1 + "* i \ o 1 1 1 1 1 1 1 1 « o w _• -X — o -M 'M r- GO O r^ Oi T-( ■^ -^ (M H* ^r lO t^ ^ O C^ «^ C5 CO CO -M o co :o X) ■^ Ci IS !N H ^ C^l -ï< >c m I- d d 1 O ^^ 2 co es co co 1 — f -x o es H Q f 5 1 a. fM 1-1 o -H o -I d d d d 1 1 1 + + 1 -i + + 1 1 1 1 ! 1 1 + •< o V "^ ÎO — : ^ Cl -i t- o rt C'i t^ t- 1-4 lO co t » 1- co -)l -* -M p- -M C5 O 1- o es — ' Ci 'J2 cr O so CO -M CO in ce CO ci o o Cl s &! ;* e: ~ X »0 co ~1 => -• îg ÎO oi « u- >n o IN m -M Ci co co t^ co cr -f - co Cl ta (- O n GO ^ -M ^ -i* rj -i< -i t! d c- CD O d - co eo DQ O) > 'oo OQ 1^ O c ua m « ' ^ ET c > cr V c o ^ ç Cl C C •s solubl insolu c a Cl S a i 9 II c c 2 © o s o s c ■• c t- a '■ „ - -o " si; c r a 3 t o 1 -■ r't ~^''A ffi'ï <''~ < r^ 68 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. c) Que l'azote des malières organiques solubles, après avoir aug- menté de 0.4.4 à 0.91 p. 100 dans les trois premiers mois, diminue progressivement jusqu'à ne plus titrer que 0.72 p. 100 après plus de douze mois; tandis que l'azote des matières organiques insolubles croît d'une manière continue pendant les neuf premiers mois, et se maintient jusqu'à la fin, avec une légère décroissance. /) Que l'azote total, après avoir presque doublé pendant les trois premiers mois, augmente encore jusqu'à l'expiration des neuf mois et titre encore 0.67 p. 100 de plus en novembre que lors de la mise en essai du fumier frais. Ainsi, la solubilité du fumier frais que l'on recherche par sa con- servation, s'obtient aux dépens d'une forte proportion de matière organique et il n'y a aucun avantage à conserver le fumier au delà d'un certain temps. Dans le cas actuel, après le mois de février, ni les matières organiques, ni les matières minérales solubles n'aug- mentent, et la teneur en azote s'élève très peu, de sorte qu'à tout prendre, le fumier, au mois de février, est tout aussi fertilisant qu'aux mois d'avril et d'août, et supérieur comme qualité à celui de novembre. La perte d'eau, à partir de février, n'est pas due seulement à l'éva- poration et à la déperdition d'éléments inutiles, mais elle correspond à une perte effective d'éléments fertihsants; c'est ce que justifie le tableau CI, où figure la composition en kilogrammes du tas de fumier soumis à l'essai, avec les différences en poids et pour 100 aux di- verses dates d'analyse. Les 1286 kilogr. de fumier renfermaient, en novembre 1884-, 851 kilogr. d'eau et 435 kilogr. de matière sèche ; ils se réduisent en novembre 1885 à 895 kilogr., dont 065 d'eau et 2o0 de matière sèche. Cette perte considérable de matière fertili- sante peut être empêchée, soit en appliquant le fumier plus tôt, suit en le conservant le moins longtemps possible ; mais, de toutes ma- nières, le fumier frais ne saurait remplacer, dans beaucoup de cas, le fumier consommé, dont la préparation bien réglée ne donne heu à aucune dépréciation de valeur fertihsante. Fumier frais conservé à l'abri (11). — L'examen des tableaux Cil et cm suggère les observations suivantes : TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'" A. VOELCKER. G9 fS •a C/} 03 u Xi ce ■0) > Si an o oo a -^ C3 lO 'M V2 ^ 04 irt "T* l™ « -r^ 00 co « :^ 1 — W *-C y" Tl %D ■?! i c 01 t> t- »o d co Tl ^ co rH IM (M M 10 -j m ■" ù •^ n r^ H< 0-1 r- co ' 1 "^ I2 M rs co wï co ÇO 00 îO -^* 'M •M CD M t^ » 1 2 2 • • • • -^ »0 t» »-l (M •- «-I M d 10 -? m ' a !>- >n >o '-' ^' *i o\ 'M d O B rM Oi "^ e- ■a .^ ^ tH Cl r; t~ -"H •^^ t^ - « ii S ^ -f co tO H* Ci b- 10 ■M Vi t~ « 1 § " f- f» '^^ co r* »-t t- « ^ -M m d G^ G^ C^l CO d d •a D rj* r» C CO t~ 10 •^ tD u ? in CA •* ^ ce CO "^ r- -^ '^ ^ CO ►J 1 g " OÔ Ô (N -M* tc to t^ ^ co CO -1 d d «! ^ co 1 s tH M (N (M d O •^■1' "^ ro (U îm Xi CO »ft f- GO "M CO *0 T-t C5 --< CO t^ CD •- -^ —' r^ 1-i rH ai ^ ÇO t-- CO C5 »0 CT tO •-= -J? â> in CO T*t :j3 00 ■M -^ CTi ^ -^ (fa — * -i< ^1 1 1 — 10 -^ r^ -rf< lO CO iTÎ 00 ^ ?■^ lô § 22 •^ iN (N d r-l ^ r^ ^ d eo •« tH ;0 —4 T- CO 70 »0 iH -TT ^ 10 « — eo ^n W ■<* -H CO r^ — ( ^ r-^ t^ -4J -1 f-* -"< 1 1 tn Tji CO «C '^'^ (M CO Ol <>) lO rt ■ ^ - <^ (Ô ^ ^ r-i ïH c j 01 iH _ eo co co r- 10 — ••^ »r> (A co i^o co -^ -^ r- oi oi ^ C7> m 10 « t ^-1 1 C Ofl co iH W -# ? to -^ co >n Ci d « a ' c lO >» T^ *0 "^ ^ W —, -<ît ij^ «£> I^ 01 v^ ô d 3 d d d c a *"• co — rtt S 3 ^ 1 3,51 « ï .?15 3 1 Sa 00 U -a) a ; organiques minérales organiques minérales azote . uiaque. azote . niaque. 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En résumé, le fumier frais conservé à l'abri n'est pas autant modifié sous le rapport de sa composition que le fumier I exposé à l'air. La fermentation ne s'effectue pas aussi complètement, l'eau qui s'éva- pore constamment n'étant pas remplacée par celle de la pluie ; de telle sorte qu'après- une première période active jusqu'en avril, la fermentation cesse, et la composition reste la môme. La matière or- ganique insoluble est réduite de près de 50 p. iOO dans les six pre- miers mois, c'est-à-dire convertie en acide carbonique et autres produits gazeux; et la matière sèche totale a perdu 38 p. 100, sans que la teneur totale en azote ait baissé de S/i p. 100. Fumier frais répandu à l'air (III). — H y a heu de rappeler que le fumier frais répandu dans une cour à l'air libre et soumis à toutes les intempéries, n'a pas pu être analysé en février à cause de la neige qui le recouvrait. L'analyse complète faite le 30 avril seule- ment, figure dans le tableau CIV; et la composition des cendres à la même date, dans le tableau GV. La comparaison avec le fumier frais analysé le 3 novembre, indi- que : a) Qu'après six mois d'épandage en plein air, la matière miné- rale soluble s'ei^t réduite de 27.55 à 13.73 p. 100, et la matière minérale insoluble, de 72.45, s'est accrue jusqu'à 86.27 p. 100. Ainsi, la pluie a pour effet de détériorer rapidement le fumier frais par l'enlèvement de matières salines utiles. h) Que, d'après la composition des cendres, la matière siliceuse insoluble a augmenté, tandis que la potasse et le phosphate de chaux ont notablement diminué. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VŒLCKER. 73 c) Que les cendres du fniiiier analysé en avril renfernient moins de silice soluble, de potasse et de phosphate de chaux, trois éléments également précieux, que n'en tieiment les cendres du fumier nor- mal. TABLEAU CV. — Composition pour 100 des cendres du fumier frais répandu après six mois (III). Silice soluble — insoluble • riiosphate île cbaux Oxydes de fer et alumine avec phosphates. Contenant acide phosphûrique Chaux Magnésie l'otasse Soude Chlorure de sodium Acide sulf'urique Acide carbonique et perte III. CENDUES du fumier frais répandu. Solublcs daus l'eau. 2. 87 » 2.6i » » 0.06 0.11 4.97 O.ôO 0.05 0.50 2.0:3 13.73 I Insolubles daus l'eau. 13.05 14. y 6 » 8.45 (2.41) 26. 6y 1.12 0.75 0.02 > 0.90 20.35 86.27 Total. 15.90 14. 9G 2.64 8.45 (2.41 26.75 1.23 5.72 0.52 0.05 1.40 22. 3S 100.00 Il résulte des chiffres consignés dans le tableau CVI de la compo- sition du fumier III, essayé à diverses dates : a) Qu'à la fin de l'expérience, au lieu de 2.5 p. 100 de matière organique soluble, le fumier n'en renferme plus un demi pour 100; //) Que la matiéi-c organique insoluble a diiiiinué de 25.7 p. 100 9.94; c') Que l'azote des matières organiques solubles a été enlevé à peu près entièrement; il n'en reste plus que 0.03 p. iOO. (/') Que l'azole total s'est réduit de près de moitié. L'examen du tableau suivant CVI bis confirme, par les résultats exprimés en poids, la perte considérable qu'entraîne la conservation du fumier frais répandu en couche peu épaisse et soumis aux intem- 74 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. es •o m >> ai « U ce C3 O o •«H !h P O o a o u > M « E-i ——— ^^H ^^Mi ^^H H^MM / 1 C/V 1-t -f r- t^ co - ^ (M CO G^ C-l Oi ^1 05 -H rH r- C-i 1 rM s • • ■ • rH — co ^H -^ ^0 1 -3; th ■— 00 r^ O- d d Oi rH tH ^ rH co co c — T-H CO c ;.-:; a Tt -r- m ^ -H H( C«1 -1 -H CO E^ o an ci an tO -H CO O) -H t~ tH c- in — ' t» cv 1 ^^ (M 'M tH -:t* co C3 rH -< 1 G-. * iH C^ iC co ^ H o-^ CJ rH rH r-l rH CO CO co ca ■a a «ï "'' { 1 «• < ^ , »o r^ 00 in t- co 'S t- an Uï 00 co t- -M — ( 00 t- 10 C-l — ce >J 1 '0 a • * • ■ ^ >0 (M t- L^ M fM a an s m «O f^ '-' co -o 10 co C'I T-ï 1» CO CO CO co .co ^ -< o OJ J2 CO lO 10 t- co Ot a co iir: -^ 0:1 -H CO ce t~- CO •^ 10 •-T ■ri* >o -^ r- Cj CO rH (?1 an 00 1^1 '^' ÇÛ -H C' co o l- W T-< — 1 rH rH 03 co rH « / ?> V- 1 1 3 ;m t^ -H -^ CO S es CD CO CO co co vO "^ Ci lO C5 es <=> co § s 1 «■• CO ^ CO ^ CO 1 -^ ir^ ci CO ^^. d -H CO C5 01 CO '-' -T* CO cr> C5 n -H CO co -H -H CO CO <; ^ S 1 ■* in ic co t^ ™ ^ 1 2 r^ „ ^ w co (M t^ O 2 co 1-t CD c co c CO 6 rH *W CO <0 rH GJ J3 t- rr -^ to 10 — ' -^ c- co -H T -d en i > o •^* tH rJH t- -Hi ce Ci c- rH r- -# IT -t oc co t- CO OC co i iH »0 rt C> C5 C d <= d c co lO = iH \ ~ Si olubles nsolub w a « a u " ■ fl t/j "* î- ,-. ques aies iques a a Is "? G azote niaqu azoto H ^ij v: -5 organi organ 'l -c3 -^ ^ '-5 1 *a +J c c a rt 1 ! g a â £ a a cl c 3 1 Ê c; . '^ OJ es » J c ' a +-» 'ïi "5 -cs a -c ! s Z i ,_^ ' :2 1 1 _ ^ a °* 1 ! s ' ' « c 1 "; i s • t4 Î!D t 10 Ni 1 â rt ^■-a c-;-;^ ^ <-^ 5 -< B 1 TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D A, VOELr.KER, lO «8 ■O ta ui u > •es ai a> •tu .1-9 rt m o o ta 03 O C a> t.! .03 fa -a s C8 •03 ;h • •-I ta Si a> •f-t B s 03 •a ta rt «.> S a s « u en o C 03 O CL, Q o U > u U pa < ^^^^^ ^^^^^ ^^ ^^ : a 3 = 1- (^' 0,0 ?i o -?< 00 -^ O r- ^ rj — ^ r - M V"l iri *■" a — w '-ii='' o o o o o o o c •M X 1 u 1-t -À z a ci < -H b C. 1 i ; 1 1 1+ 1 1 1 1 1 1 1 . 1 1 1 + — X c» o n m (M o r-^ cj o -^ -^aocsN 1 oo |t;S « ..-: 5^. >« 1 --^ r 1 n ^- •4 QP - H 'c r= ce ri ^ _ _ , « ?i y c c ■^ o -1 s 1 i [ 1 -1 1 ; ! : 1 1 1 + \ i5 "" _• •- r- ce t- vo CO O e rH CN 'M ^ CO -H r- ■ * T- r-2 O - '■" -3 _i -r- C^ r-i •* o -T o d -4 ,- ^^ ' d O 1 -" a §■ ■* t^ s:;s = t; V. M »^ oj p^ oooo' co ^Q o 1 1 1 ■ >0 oi S! 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Fumier consommé, exposé Traces plus nettes qu'eu avril. à l'air }> u Traces nettes < \ Fumier consommé exposé à l'air (IV). — La composition pour 100 du fumier consommé, calculée à l'état sec, indique que les composés solubles sont plus rapidement perdus que dans le fumier frais, traité de la même manière. Pendant la première période de froid, les matières organiques insolubles ne subissent aucune dimi- nution, mais, dans la période suivante, la réduction s'accentue, et les éléments solubles subissent une perte notable. Les analyses démon- trent ainsi (tableaux CVII et GVIIl) : a) Que le fumier gras bien consommé, s'il perd peu pendant les mois de froid non pluvieux, perd au contraire rapidement en poids et en volume pendant les mois plus chauds ; b) Que la perte porte surtout sur les éléments solubles; c) Que tout en diminuant moins en poids que le fumier frais, le fumier consommé perd plus, au point de vue de la valeur intrinsèque, en raison de la plus forte proportion de matières solubles qu'il ren- ferme. Sur 27 kilogr. de matière organique soluble au 5 décembre, il ne reste plus, 11 mois après, que 5'', 2. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D' A, VOELCKER. 77 es u < M 1-3 PQ I = c ■-< — , o n\-î ■« -s! •a O •-t -.D o eo O fT> r- o C5 a « r- o CT -t* o -^ o d o — o o o o M TJ O O 7^ 7J Cï co »o 00 w C5 ^ t- rl Irt C! -M O C5 ^ O o o o o o •3 -r< O -' O O 15 ^ ^ -M 3^ -t* - O Ci »o Ci -^ O t^ o 4-» r> fl q a a rî rt a t: a U ^ r. V si a <8 2 -«J o , o . o o ^ (N 'y 3 V tî "a •os 2. a <-a o H S < 78 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. C8 tS m -a O] o V ;-< ■a> o ■03 a s o !3 o o u 01 C8 Sh O a o C o m o S O u o H ^^^^ ^^"^ / -M -M -^ r- -i* -H 10 Ci -^ -B -H -H 1 ^ '^ 00 i-H CM :^^ rH ■?! in 00 !5 1 ^ 1 3 1 '^ ce 1 1 1 c^ IC M 111 + 0000 1 1 + + 1 1 1 1 ce -^ 1 + ri w Q ; i— 1 tri ^ ■3 1 •»■ co '.a r- co co c:> co in -t^ t- >rï t- lO Cl -H ce co Cl d t- 5 î . in Cl in 0-1 -^ Ir- »0 (M CO ^ t- — co co — ' r>{ ci Cl w 'ô 1 S ! 1 1 111 + 1 1 + + 1 1 1 1 1 + s 1 1 K t^ -* co ?1 t- W CO co 'Ti Ol X) -M in -H -H co rH c^ in ^ "i' 10 ïj lO -* '.ô co o- -^ àO iC ^ Cl --D — co' Ci, ZD *M ^ in Cl Tl co y< 10 ■X) Cl ■^j co 5 I 1 1 1 111 + 1 1 1 1 1 1 1 + 00 D -Kl H Si •a b S / '^ ! 1 1 lî !-5 1 1 t= w CM CO -1 111 + 10 1 1 ce 1 1 Cl Cl t^ C-? 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VOELCKER. 79 d) L'ammoniaque à l'état libre et à l'état de sels, a presque com- plètement disparu, et l'azote total s'est bien plus rapidement détruit (|ue dans le fumiei' Trais. L'essai des quatre fumiers (ï à IV) j)our nitrates a permis de dé- celer seulement des traces d'acide nitrique, comme l'indique le tableau de la page 7G. Dans le fumier frais primitif, de même que dans le fumier consommé prélevé au fond de la fosse, Vœlcker n'a pas constaté la présence de l'acide nitrique. C'est seulement après trois mois d'exposition à l'air que des traces deviennent appréciables ; mais dans le fumier Ili répandu à l'air, elles n'ont pu être (jualita- livement déterminées, sans doute à cause de l'action dissolvante des pluies. Conclusions. — Vœlcker a formulé, comme suit, les conclusions de ces essais prolongés, quant aux points qui intéressent plus spé- cialement les praticiens. 1. Le fumier de ferme parfaitement frais contient à peine d'am- moniaque à l'état libre. 2. L'azote s'y trouve principalement à l'état de matière azotée insoluble. 3. Les matières solubles, organiques et minérales sont d'un effet fertilisant, bien supérieur à celui des matières insolubles; c'est pour- (juoi il importe d'aménager les déjections liquides des animaux, et de tenir les fumiers en fosses étanches, au lieu d'en faire des tas sur les cbamps. 4. Le phosphate de chaux que tient le fumier frais jouit d'une so- lubilité remarquable. 5. Les urines des animaux ne renferment pas de phosphate de chaux en quantité appréciable, mais les liquides du fumier ou purins en contiennent en proportion notable, et, pour ce motif, doivent-ils être précieusement conservés, au lieu de les laisser écouler en pure perte. 6. La meilleure manière d'empêcher la perte des éléments fertili- sants du fumier est de le charroyer, dès que les circonstances le per- mettent, sur les champs à engraisser. 7. Il n'y a pas de perle à craindre en tenant le fiunier répandu sur le sol, du moment où celui-ci renferme de l'argile, car l'épan- dage arrête la fermentation et, ])ar conséquent, le dégagement d'am- 80 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. inoniaqiio et de produits volatils fertilisants; et, en outre, l'argile ab- sorbe et retient les matières salines que la pluie viendrait à dissoudre. Vœlcker n'hésite pas à recommander, pour les terres argileuses, de charrier les fumiers, de les répandre et d'attendre même six mois, s'il le faut, pour les enfouir; non pas que le fumier long, en- foui avant les gelées, n'exerce une action utile en vue de l'ameublis- sement du sol, et qu'il faille renoncer à cette utile pratique, mais mieux vaut de toutes manières garder le fumier répandu sur la terre qu'en tas. Pour les terres sablonneuses, l'apphcation du fumier con- sommé se recommande avant de procéder à l'ensemencement. 8. Le fumier gras consommé renferme peu d'ammoniaque libre, mais beaucoup plus de matières organiques et minérales solublcs que le fumier frais. 0. Il est plus riche en azote, et, poids pour poids, plus efficace que le fumier frais. 10. En fermentant, le fumier perd à l'état d'acide carboni(}ue et d'autres produits gazeux, une portion considérable de matières orga- niques. H. Si toutefois la fermentation est bien réglée, la perte ne s'étend ni à l'azote, ni aux matières sahnes. 12. Pendant la fermentation, des acides organiques tels que l'acide humiquc et l'acide ulmique et du sulfate de chaux se forment, qui fixent l'ammoniaiiuc dégagée par la décomposition des matières azotées. 13. De même, le phosphate de chaux est rendu plus soluble (|ue dans le fumier frais. 14. L'ammoniaque ne s'échappe pas à la surface des tas de fumier convenablement pressés, car les couches extérieures refroidies la retiennent au fur et à mesure qu'elle se forme h l'intérieur du tas ; mais, en retournant les fumiers, on perd l'ammoniaque en quantités appréciables, et il importe de n'y toucher que dans les cas d'absolue nécessité. 15. Il est plus nuisible qu'utile de prolonger la fermentation du fumier au delà du temps nécessaire. 16. Plus le fumier est conservé longtemps entas à l'air libre, plus il se détériore, et la perte est d'autant plus grande ({ue cet état dure plus longtemps. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 81 17. La perte en valeur ferlilisanto du ruinicr conscné en tas ne résulte pas autant de la volatilisation de l'annnoniaquc qu'à rcnlrai- nement des sels ammoniacaux, des matières organiiiues azotées solubles et des substances salines, par les pluies qui arrosent les las. 18. Le fumier gras bien consommé souflVe plus de l'action dété- riorante des pluies que le fumier frais. 19. Au point de vue pratique, tous les éléments essentiels du fu- mier sont conservés par sa mise à couvert; la perte d'ammonia(iuc est très minime, et les matières salines ne subissent aucune déperdition. 20. Lorsque les animaux sont abondamment pourvus de litière, le fumier frais qu'on retire ne renferme pas assez d'eau pour pro- duire une fcrmenlation active, et il devient nécessaire d'arroseï" de temps à autre le tas à l'abri, soit avec de l'eau, soit avec du purin. Si la paille abonde dans le fumier et que l'on ne dispose pas des moyens de l'arroser en temps voulu, il est préférable de ne pas cou- vrir d'un toit la fosse à fumier. Au contraire, dans les exploitations où la litière, à cause de son prix, est rare et insuffisante pour absor- ber les déjections liquides des animaux, il importe de couvrir la fosse. 21. Le plus mauvais procédé de préparation du fumier consiste à maintenir les animaux dnns les cours ouvertes sur la litière, en rai- son de la perte énorme de matières fertilisantes qui s'ensuit : perte en poids et perle en qualité; l'ammoniaque, les substances organi- ques solubles, le pbosphate de cliaux et les sels de polasse étant dis- sous et entraînés. Fumier de mouton conserve. — Les essais de Vœlcker sur les mo- difications subies par le fumier de ferme ont été pour&uivis sur le fumier spécial de mouton \ Ce fumier, fourni j)ar un fermier des environs do Cirencester, avait été gardé en las depuis trois années, dans le but d'en faire un engrais pour turneps. Il était entièrement décomposé, offrant l'aspect d'une masse noire graisseuse, et une odeur plutôt terreuse qu'animale. Le tableau CIX reproduit l'analyse complète du fumier consommé de mouton, et le tableau CX, la composition des cendres. 1. On Farm ijard inaiiurc, the drainings of d}ing hcaps and the absorbimj.pro' peiiies of soils. 1857. ANN. SClliNCE AQUON. G 82 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU CIX. — Composition du fumier de mouton frais et conservé. Kau Matière organique soliible '. . — — insoluble. . Matière inorganique soluble . — ■ — insoluble FUMIER FRAIS. 1. Contenant azote. Égal à ammoniaque Eau Matière organique soluble^ Silice soluble — insoluble Pliosphate do chaux Chaux . . Magnésie • Potasse Soude Chlorure de sodium Acide sulfiirique — carbonique et perte Matière inorganique soluble'. . . . — organique insoluble Silice soluble — insoluble Oxydes de fer et alumine avec phos- phates Contenant acide phosphorique . . . Chaux Magnésie Potasse Soude Acide sulfurique — carbonique et perte Matière inorganique insoluble . . . 2. Contenant azote. Kgal à ammoniaque 3. Contenant azote . Égal à ammoniaque Azote total dans l'engrais. Égal à ammoniaque . . . Ammoniaque à l'état libre et de sels. Etat naturel. 73.13 20. as 6.59 100.00 0.95 1.15 Calculé à l'état sec. 75.47 21.53 100.00 3.53 4.L'9 FUMIER DE TROIS ANS. État naturel Ti.iiG 12.65 13.(39 100.00 0.(!27 0.770 73.66 2.70 0.801 0.422 0.577 0.104 0.1G9 0.376 0.083 0.022 0.076 0.030 1.240 6.927 1.005 (0.543) 0.876 0.317 0.065 0.055 0.130 0.415 2.66 9.95 11.03 100.00 0.157 0.470 0.627 0.190 0.580. 0.770 0.031 Calculé à l'état .sec. 48.03 51.97 100.00 2.380 2.886 10.25 3.097 1.604 2.189 0.405 0.642 1.426 0.317 0.085 0.288 0.040 4.711 26.304 3.819 (2.06) 3.329 1.196 0.247 0.209 0.494 1.557 10.09 37.78 41.88 100.00 0.59 1.79 2.38 0.716 2.170 2.886 0.129 TRAVAUX i:t expériences du d a. voelcker. 1 )•> TABLEAU ex. — Composition pour 100 des cendres d'un fumier de mouton, conservé trois ans. Silipp <;f»liihli'' . . DOSAGE DES C'EN VKKS Total. solubles daus l'eau. insolubles dans l'eau. 5.95 9 . 06 50.61 7.3i (4.07) C.40 2.32 0.47 O.iO » 0.95 3 . 04 15.01 53.69 7.31 (4.07) 4.21 7.16 3 . 60 3.21 1.01 0.16 1.50 3.11 — insoluble . 3.08 » •1.21 0.7G 1.28 2.71 . G 1 0.16 0.55 0.07 Oxydes de l'or et alumine avec i)hosi)li;ites — contenant acide phosphorique Phosnh;itp de chaux. .... Chaux . Magnésie * l'otasse Soude . . . Chlorure de sodium. . Acide sulfuriaue. . . . Acide carl)oni(iue et perte 19.41 80.59 100.00 Comparée à celle du fumiei' de lerme consommé, la coiiij)Osilion du fumier de mouton indique une teneur moindre en phosphate de chaux et surtout en potasse, mais une dose plus forte de silice et de matières terreuses insolubles dans l'eau. Il s'ensuit que, par une conservation prolongée, les plus précieux éléments du fumier de mouton ont été graduellement détruits au détriment de sa vertu fer- tilisante. Ainsi, le fumier de mouton conservé pendant trois années renferme moins de matières organiijues, solublcs et insolubles, (juc le fumier de ferme consommé; il renferme également moins d'azote, et, poids pour poids, représente un engrais moins fertihsanl. Comme, d'autre part, le fumier primitif, réduit à un tiers environ de son poids ini- tial, vaut moins que le fumier frais ; on s'explique difficilement l'uti- lité de la pratique (jui consiste à conserver le fumier. L'analyse du fumier frais, provenant de moutons nourris de racines sur un vieux pâturage, coulirme par com[)araisoii l'absurdité de celle piati(|ue. 84 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. d. ■ — Ammoniaque dans le fiimiei". Il a été démontré que la quantité d'ammoniaque libre, ou mieux de carbonate volatil d'ammoniaque qui se dégage du fumier frais, comme du fumier consommé, est assez insignifiante pour être né- gligée au point de vue pratique, et que ce n'est pas au dégagement d'ammoniaque qu'est due la peile des propriétés fertilisantes du fumier conservé au delà du temps nécessaire. Il n'y a donc pas lieu de recourir à des réactifs tels que l'acide sulfurique dilué, les disso- lutions de vitriol, etc., pour fixer les composés ammoniacaux volatils du fumier. De nombreuses expériences témoignent que le dégage- ment d'ammoniaque qui s'opère lorsque l'on retourne les tas de fu- mier, et que l'on constate au papier de tournesol, cesse lorsque les las se sont consolidés, grâce à l'interposition des couches refroidies à la surface qui retiennent l'ammoniaque provenant de la fermen- tation intérieure. Les analyses précédentes du fumier de ferme mixte et du fumier de mouton révèlent la présence d'une minime quantité d'ammoniaque à l'état libre. Vu^lcker l'a confirmé encore par deux essais sur du fumier de cheval. Le premier essai a été opéré sur un fumier de cheval frais, au sortir de l'écurie, renfermant : Eau 76.60 Matière solide 23. iO 100.00 Par une ébullition prolongée, ce fumier a laissé dégager 0.03o ]). 100 d'ammoniaque, et, après addition de chaux vive, 0.063 p. 100 en plus. La teneur totale en azote atteignait 0.387 p. 100, égal à 0.469 d'ammoniaque, c'est-à-dire que, ramené à l'état sec, le fumier renfermait : Azote 1.6Ô5 p. 100. ligal à ammoniaque 2.019 — Le deuxième essai a été opéré sur du fumier chaud, prélevé au miheu d'un tas de fumier consistant surtout en litière d'écurie. Il TUAVAl'X ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELCKER. 85 exhalait une odeur pénétranic d'aiTimonin([ne et l)leuissait rapide- ment le papier rougi de tournesol. Sa composition a été déterminée comme il suit : Eau 68.74 Matière solide ' . . 31. 2G 100.00 « 1. Contenant azote O.G.V.) l'égal à auiiiioniaque O.SOO Le dosage de l'ammoniaque libre par l'ébullitiou a donné O.OiO et par distillation avec la chaux vive, 0.1103 p. 100 en plus. Ainsi dans le fumier de cheval en fermentation, la quantité d'azote est plus forte que dans le fumier frais, mais encore est-elle si minime qu'il n'y a pas heu de la prendre en considération. Au sujet des réactifs préconisés pour fixer l'ammoniaque des fu- miers, etc., Vo^lcker a examiné la poudre désinfectante Mac Dougall, consistant en sulfite de chaux, en sulfite de magnésie, mélangés ave.î de l'acide phénique et de la chaux. Cette poudre a été mise en essù comparativement avec de la chaux d'épuration du gaz d'éclairage mélangée de goudron, et avec un simple mélange de chaux éteinte et de goudron. Dans un premier essai, sur trois boxes vides, chacune des poudres a fait immédiatement disparaître l'odeur caractéristique de l'étable, mais aucune n'a fixé l'ammoniaque libre. La chaux, au contraire, dans chacun des cas, a causé le dégagement de l'ammoniaque ren- fermée à l'état de sels ammoniacaux dans les déjections sur le sul de l'étable. Dans le second essai, les trois poudres appliquées directement au fumier frais et au fumier consommé, tout en détruisant l'odeur, ou plutôt on la masquant, ont causé le dégagement de rammoniaipie eu faibles (juanlités, parfaitement appréciables. Le troisième essai a été opéré sur des purins de fumier, sans plus de résultats; de telle sorte que Vœlcker a pu conclure expérimenta- lement (jue la poudre Mac Dougall ne fixe pas rammoniaipie, (jue ses effets désinfectants ne sont dus ni au sulfite de chaux, ni au sul- fite de magnésie, mais l)ien aux bases alcalines ; et qu'en raison 86 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. même de la présence de ces bases, l'ammoniaque, loin d'être fixée, est mise en liberté. Il se peut que les sulfites, à cause de leur grande affinité pour l'oxygène, arrêtent la décomposition des matières ani- males traitées par la chaux et agissent efficacement comme désinfec- tants, mais la quantité nécessaire de ces sulfites excéderait de beau- coup celle que comporte un procédé courant économique. e. — Aménagement des fumiers. Dans une conférence traitant spécialement du fumier de ferme', Vœlcker montre sa préférence pour la préparation du fumier en boxes, comme fournissant un produit fertibsant infiniment supérieur à celui obtenu dans les cours ouvertes, et notablement supérieur à celui que fournissent les étables et les cours toiturées. Pour le ser- vice des boxes, la litière est employée en abondance, et comme la paille est coupée en petits brins, l'urine des animaux est bien plus complètement absorbée que dans les étables; c'est pourquoi le fu- mier des boxes est plus riche en azote et en matières solubles. On a prétendu qu'après six mois, la litière dans les boxes d'engraissement était aussi fraîche qu'au début ; c'est une erreur. Le fait est que l'in- corporation des déjections animales avec la paille hachée est bien plus intime, le piétinement opéré par les bêtes consolidant la htière au point de laisser peu d'accès à l'air; mais il y a assez d'air pour que la fermentation lente et uniforme s'établisse sans perte d'ammonia- que et de matières solubles. Là où le système des boxes n'est pas applicable, il convient de produire le fumier en lieu couvert, de ne pas le garder plus long- temps que de besoin et de le charrier le plus tôt possible sur les champs à fumer. Le fumier obtenu dans les cours ouvertes est de qualité inférieure ; les animaux ainsi parqués étant principalement nourris de paille hachée et accidentellement de racines. Une fosse étanche pour rece- voir de pareils fumiers serait inutile, d'autant plus que les bêtes tirent à peine de la nourriture qu'elles reçoivent ce qui est nécessaire 1. On Farm yard manure. Lecture I. Four lectures on agricuttural chemisirj/. LondoHj 1857. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D' A. VOELCKER. 87 pour leur alimnntation et que les déjeclions sont dépourvues des matières azotées et minérales qui résultent d'une nourriture copieuse et rationnelle. C'est de toutes manières une pr,iti([iie condamnable que de garder des vaches laitières et des bètes à l'engrais dans des cours ouvertes. Si le fumier ne peut èti-e préparé et conservé dans les boxes, il importe de le tenir en fosse couverte. Il y a des exceptions à cette règle. Ainsi, à Cirencester, où la litière est abondante, la pluie qui tombe dans l'année n'est pas de trop pour convertir la paille en en- grais et il n'y a pas lieu de mettre la fosse sous toiture ou sous abri. Quoi qu'il en soit, comme il est plus nuisible qu'utile de prolonger la fermentation des fumiers au delà du temps nécessaire, il importe de les charrier dès qu'ils sont à point et de les répandre sur les champs, plutôt que de les mettre en tas, en les laissant soumis à l'ac- tion des pluies. Pour ce qui est de l'époque la plus convenable pour l'enfouisse- ment du fumier, la nature du sol doit avant tout servir de guide. D'une manière générale, l'enfouissement à l'automne est bien préfé- rable à celui qui se fait au printemps, même sur les terres de consis- tance moyenne. Dans les sols argileux compacts, il n'y a pas à hésiter à fumer à l'automne, avant les gelées, car on obtient ainsi le doubl 3 effet de l'action chimique fertilisante et de l'action mécanique, en vue de l'ameublissement de la couche arable. Pour les raisons in- verses, l'application du fumier au printemps dans les terres légères, sablonneuses, est justifiée. /. — Essai et composition des purins de fumier. Les fumiers sont le plus souvent mal aménagés, malgré toutes les recommandations. Dans bien des localités en Angleterre, surtout dans les comtés de Devon et de Gloucester, il est d'usage de dé- poser les fumiers en tas, le long des routes, parfois sur les talus inclinés, et de les y tenir longlemps exposés aux intempéries, avant de les répandre ou de les enfouir. Ailleurs, le fumier demeure dans les cours ouvertes où il est lavé par la pluie. Or, les liquides, de couleur plus ou moins foncée, cpii s'écoulent ainsi avec les eaux plu- 88 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. viales, ont une grande richesse fertilisante, et leur entraînement est une cause de perte appréciable pour le fumier. Que ces liquides soient dilués ou concentrés, leur caractère général est le même, ce dont Vœlcker s'est assuré par des analyses spéciales \ i" Essai. — Le premier liquide examiné par Vœlcker provenait d\m tas de fumier mixte bien consommé (^fumier de cheval et de bètes à l'engrais tenues en boxes, mélangé de fumier de moulons parqués). Il avait été recueilli par un temps pluvieux, c'est-à-dire très dilué. Sa couleur était brun foncé. Il ne contenait ni hydrogène sulfuré, ni ammoniaque à l'état libre, demeurait neutre au papier de tournesol ; mais, par l'ébullition, il laissait dégager de l'ammo- niaque hbre et du gaz aoide carbonique en abondance, résultant en grande partie des bicarbonates. Par l'addition de quelques gouttes d'acide chlorhydrique, le liquide entrait en effervescence avec une odeur des plus fétides, mais sans trace d'hydrogène sulfuré. Chauffé jusqu'à évaporation, le liquide acidifié laissait se déposer une subs- tance floconneuse brune, formée d'un mélange d'acides humide et ulmique qui résultent de la décomposition des matières organiques de la paille et des excréments. Combinés avec la potasse, la soude et rammoniacjue, ces acides constituent des sels de couleur foncée et solubles; combinés avec la chaux, la magnésie, les bases terreuses et métalliques, ils donnent naissance à des sels insolubles dans l'eau. La coloration du jus de fumier fournit ainsi un indice de la présence des trois alcalis combinés avec les acides de l'hurnus. Bien que l'affinité des acides humiques pour l'anunoniaque soit assez puissante pour empêcher que ce composé ne s'échappe à la température ambiante ordinaire, il suffit que la température s'élève faiblement pour que le dégagement s'opère. Le bicarbonate de chaux se décomposant, les acides humiques s'unissent à la chaux du carbonate neutre, en abandonnant l'ammoniaque avec laquelle ils étaient combinés. Un autre point digne d'intérêt en ce qui concerne les jus de fu- mier et qui semble anormal, bien que facile à expliquer, c'est que ces jus, tout en étant parfaitement neutres au papier de tournesol, 1. On Farm yard manure, thc drainings of dtcnj lieaps, etc. Juin ISôl TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D*' A. VOELCKER. 89 peuvent être additionnés d'une certaine dose d'acide, sans devenir pour cela acides. Ainsi, une goutte d'acide chlorhydrique concentré versée dans un demi-lilro d'eau distillée, accuse une réaction acide sensible au papier réactif; mais 50 gouttes du ménie acide, ajoutées à un demi-litre de purin, tout en donnant lieu à une forte efferves- cence avec dégagement de gaz nauséabonds et formation d'un pré- cipité floconneux brun foncé, laissent le lirpiidc surnageant, de cou- leur pâle, absolument neutre au même papier réactif. TABLEAU CXI. Composition en grammes par litre du purin de fumier mixte consommé (1'^'" essai). Matière solide totale Matières minérales (cendres) Composés volatils et combustibles. Ammoniaque expulsée par rébullition — à Fètat de sels décomposés par la chaux Acides humique et ulmique Acide carbonique chassé par ébuliition Autres matières organiques renfermant azote O^^OjI Matières minérales [cendres). Silice soluble Phosphate de chaux avec un peu de phosphate de fer Carbonate de chaux — de magnésie Sulfate de chaux Chlorure de sodium — de potassium Carbonate de potasse Total par litre 1er ESSAI. Purin de fumier mixte consommé. S'-. 0.515 I gi'. gr- 8.91i 5.2G0 0.5G0 1.789 . 1.257 i 2.034 ) .GiO 5.2G0 10.900 En ajoutant 50 autres gouttes d'acide clilorbydrique, la réaction devient acide et le précipité augmente. Recueilli sur un filtre et 90 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. desséché à 100° cenligr., ce précipité représentait par litre 'ls'",79 d'acides humique etulmique. Ces acides organiques insolubles dans l'eau étant combinés dans le purin avec les alcalis, il arrive qne, lorsque l'on ajoute la première quantité d'acide chlorhydrique, cet acide est neutralisé par les alcalis, et les acides humiques mis en liberté, étant insolubles dans l'eau, n'affectent pas le papier réactif. Le tableau CXI reproduit la composition en grammes par litre des composés volatils et combustibles, ainsi que des matières minérales (pie renferme ce purin. Il en résulte : a) One ce purin contient beaucoup d'ammoniaque qu'on ne sau- rait laisser perdre; TABLEAU CXII. — Composition en grammes par litre du purin de fumier mixte frais (3'^ essai). Matières organiques ' Ammoniaque à Tétat d'iiumates et d'uimates Matières minérales (cendres) * Total des matières solides par litre de purin. I. Contenant azote Égal à ammoniaque 2. Matières minérales [cendres). Silice Phosphate de chaux et de fer Carbonate de chaux .... Sulfate de chaux Carbonate de magnésie. . . — de potasse . . . Chlorure de potassium. . . — de sodium .... 3^ ESSAI. Purin (le fumier frais mixte. gr. 0.443 0.537 gr- 10.222 0.216 8.924 19. 3G: 0.136 1.03G 0.849 0.203 0.142 4.2 40 O.SGC 1 . 452 8.924 b) Qu'il contient également du phosphate de chaux, un élément TRAVAUX ET EXPÉniEXCES DU d'' A. VOELCKER. 91 qui ne se trouve pas dans l'urine des animaux; d'où il suit que, par la fermenlation du fumier, une parlie des phosphates devient solublc et peut être lavée par les eaux. c) Qu'il est riche en sels alcalins et surtout en sels de potasse. La perte du purin correspond ainsi à celle de l'ammoniaque, de la matière organique sohible, des phosphates, des sels de potasse et d'autres substances minérales non moinsprécieuses pour les récoltes. 2^" Essai. — Le jus du fumier ayant servi au second essai n'avait pas une couleur aussi foncée que le premier. Tout en étant neutre au papier réactif, il a laissé dégager de l'ammoniaque par l'ébulli- lion et l'addition de chaux vive. L'acide chlorhydrique y causa un précipité brun foncé, floconneux, d'acides humiques moins volu- mineux que dans le premier essai. On détermina seulement la ma- tière solide par litre, à cause du volume insuflîsant de purin; elle fut trouvée de 5''''",040. 5^ Essai. — Le jus soumis au troisième essai provenait d'un mé- lange de fumier de cheval, de vaches et de porcs. Il était beaucoup plus foncé, étant plus concentré que les précédents, et d'une odeur fétide, bien qu'il ne contînt pas d'hydrogène sulfuré. Neutre au pa- pier réactif, il donna par l'ébullilion un dégagement d'ammoniaque plus faible que dans les deux premiers essais. Le tableau CKll reproduit la composition de la matière solide de ce purin, en grammes par litre. On remarquera que le purin analysé renferme non seulement près du double de matière solide par rapport à celui du premier essai, mais que la composition de cette matière diffère par plusieurs points essentiels. Ainsi, malgré le degré de concentration du jus, l'ammo- niaque à l'état de sels ammoniacaux y est à dose moitié moindre que dans le premier jus, ce qui confirme la présence d'une plus forte proporlion d'ammoniaque dans les liquides s'écoulant de fu- miers en déconqiosition, (|ue dans ceux provenant de fumiers frais. En outre, le purin dans le premier essai renferme l'ammoniaque pres- que en totaUté à l'état dcselsanmioniacaux, tandis que pour ce purin, elle est contenue en plus grande partie dans les matières organiques solublc?. Dans les deux cas, l'azote est susceptible ainsi de se perdre par l'entraînement des eaux pluviales. 92 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. L'essai pour acide nitrique en a décelé la présence dans les deux purins. Réduit à de simples traces de nitrate dans le jus du fumier frais, cet acide était en proportion parfaitement dosable dans le jus du fumier consommé. Les rapports entre les matières organiques et inorganiques des deux purins diffèrent notablement, en ce sens que dans le jus du fumier consommé la quantité de matières minérales excède celle des matières organiques, et dans le jus du fumier frais, c'est l'inverse. Il s'ensuivrait que dans la première période de la décomposition du fumier, lorsque la fermentation est active, les éléments tendent de plus en plus à devenir solubles, ce (jui explique l'accroissement des matières organiques solubles dans l'engrais. Dès que la fermen- tation se ralentit et cesse, d'autres profondes modifications se pro- duisent, dues à une oxydation lente mais continue, que Liebig a dé- signée sous le nom d'Eremaccmsis, ou de combustion aboutissant à la destruction. La formation de l'acide nitrique dans ces matières organiques en putréfaction n'a pas été suffisamment étudiée quant aux circonstances où elle a lieu. Les matières minérales sont les mômes dans les jus du fumier frais ou du famier gras ; on y trouve des phosphates solubles, de la silice soluble, des sels alcalins et sui'tout du carbonate de potasse ; plus de 4 grammes par litre. Nous renvoyons au livre premier pour les essais d'absorption par diflerents sols des purins de fumier dont nous avons donné l'ana- lyse. B. — Engrais liquide. L'épandage des engrais liquides fournis par les déjections de l'homme et des animaux domestiques, est pratiqué de temps immé- morial à l'aide de procédés d'une grande simphcité, dans les Flan- dres, en Alsace, en Suisse, en Italie, et avec un succès qui ne s'est pas démenti, surtout sur les sols relativement stériles dont la trans- formation a été complète, aussi bien qu'au point de vue de certaines récoltes et cultures spéciales. Il y a une quarantaine d'années, le système tubulaire, destiné" à TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELGKEU. 93 arroser souteiTaincmciit les terres en culture, a clé soumis pour la distrihuLion des engrais li(juidcs à de nombreux essais, tant en An- gleterre qu'en Ecosse. A la suite dcsinstallalions et des résultats dus à l'application qu'ont faite de ce systèuio (rémincnts agronomes, tels (jue J. Kennedy et Telfer, dans le comté d'Ayr; Thompson, dans le Lancasliire; Ilarvey, à Glasgow; Meclii, à Tiptree-fai'm (Essex), etc., la fumure à l'engrais liquide devint l'objet de l'engouement général. Malheureusement, dans certaines exploitations, les résultats ne furent pas aussi brillants; dans d'autres, l'échec fut absolu, et on dut re- connaître que certaines terres ne tirent aucun profit de l'application de l'engrais liquide. Indépendamment des dépenses qu'entraîne le système tubulaire, comme moteur, comme réservoirs, comme canalisation et qui sont du ressort de l'ingénieur, il appartient au chimiste ag-ricolc de re- chercher les principes sur lesquels se fonde le succès de l'application de l'engrais liquide dans certains cas, et les causes du succès partiel ou de l'insuccès dans d'autres cas déterminés. Est-ce sous la forme liquide que les éléments fertilisants sont plus aptes à assurer le plein développement des récoltes? Est-il démontré que les parties des en- grais qui sont immédiatement solubles dans l'eau sont aussi les plus assimilables pour certaines plantes et pour toutes les plantes, sous tous les climats et dans tous les sols ? C'est le premier point à éluci- der, avant de décider s'il convient de l'amener les engrais de la ferme à l'état liquide et de les répandre par des moyens coûteux comme premier établissement, et fournissant finalement une économie, à cause du bas prix de revient du transport et de la distribution dans le sol des éléments de fertilité, Vœlcker s'est borné à l'examen du premier point, en ce qui con- cerne l'opportunité de l'introduction du système dans une exploita- tion rurale courante. L'engrais li(piide est une appellation vague qui s'applique indis- tinctement aux urines et au mélange des déjections solides humaines (vidanges, engrais flamand, etc.), aux déjections des animaux de la ferme, mélangées et additionnées d'eau (gullo, lizier, etc.), ou en- core aux eaux vannes des villes et des grands établissements. Sa conqjosilion varie beaucoup, naturellement, suivant les matières qui 94 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. le constituent et avec le degré de concentration et de fermentation des liquides en mélange. Sous la dénomination d'engrais liquide, Vœlcker a déterminé la composition des déjections recueillies par écoulement dans diverses fermes, qui se caractérisent également par une odeur pénétrante et fétide, et par une coloration plus ou moins foncée *. 1 . Engrais liquide de la ferme de Westonbirt, près de Tetbury (Gloucester). — Le réservoir contenant cet engrais venait d'être construit, de façon à être parfaitement étanche et abrité contre la pluie et contre l'évaporation. Il recevait régulièrement les écoule- ments des écuries et renfermait peu d'urines en dehors de celles des chevaux. En mettant la pompe en mouvement, on commençait par recueillir une écume blanchâtre; puis venait le liquide brun verdâtre, for- tement odorant, susceptible par l'agitation de se mettre en mousse, avec dégagement d'ammoniaque. A la température de IG^O centigr., l'engrais avait une pesanteur spécifique de 1.006. La composition par htre de la matière solide contenue dans cet engrais est reproduite colonne 1 du tableau GXIII. La composition centésimale de la matière minérale figure également colonne 1, dans le tableau CXIV suivant. On remarquera que la teneur en ammoniaque est très élevée, et qu'on peut s'attendre d'un pareil engrais à une action fertilisante puissante, surtout sur des terres en prairie. Mais le carbonate d'am- moniaque étant caustique et par cela même trop énergique pour la végétation, il y a lieu d'étendre l'engrais de trois ou quatre fois son volume d'eau avant de l'appliquer. La plus grande partie de l'azote qui existait dans l'urine des chevaux à l'état d'urée a été convertie en carbonate d'ammoniaque. L'urée étant formée de deux équivalents de carbone, deux d'oxygène, deux d'azote et quatre d'hydrogène, n'a besoin que des éléments de quatre équivalents d'eau pour se trans- former en deux équivalents de carbonate d'ammoniaque. Gomme le carbonate est volatil et se dégage même des hquides 1. On licjuid manure. Décembre 1856. TRAVAUX ET E,\PERIENCES DU D A. VOELCKER. 95 S «3" « U en S 0) •a a o o a o & M _C; O O o 1 o o 3 O C ? i nr o tH C5 d o o d ■" CB o o b. W .o in -* o ■=r — :s r: M X (M -N | é> C «3 O ■Mt- r-x-rci»^3OO00cio 1 M c t- -^ 01 >»' t£> ..-j •>! d d d îi m « oi o 1 d d — •' — r-( P ce » ■>* o CO « o S] i.' o o ■* o « w o C 1 '^ ci d o o o o — lO o o o o d « d o ta 1 ^ o <: J co^ i^o CO— «cicinîoi^cr 1 î^ c CJ 5 i--. r^-^_. *i-t ^cotH I u: T^ y s — -M >n M ' »n -^ -^ « 7? X t* -^ 1 1 d c > Ci o C-. ce o in o o o o o o o OC' in ^^ S t~ d rJ C5 d o o 1-1 Ci -> CO — « 05 d o a o c C~- O n Ci « 1- o lO t- 'M •>! ts 1 c O «_ o__oiooTiio«>nM 1 t: ui ^ V — ~ »! " ~ o TI in ri d -* N d 1 5'9< o - ~— -1 -^ « o 00 o -il n rN Cl co t- o o o Ci o o W5 C-. o o o 'M C ■- ;^ "o 1 ^ S -• or ) i-H 3 r. •* ,_- - o C ,-^^-^ o -* ift in r* CO CO in ^ — ' ce il :S in o Ci _ _ 1- m o CO ri Ci 00 uî || rico 0~~0W— lO-TJi-^M — d - ^ ^ -H — o o o ^ «. O o a o c r- ç en s Ci d o o 1-t -M Cf d d CO o o o t: c n de ^ ^ ^ -Oi "^ -j r. in i^ r- in CO o ^ o — Ç£ ■* _ «i> _ -. — o o Ci -i m M -^ T T- rH* r-i"oi>riOO :^ e a ::: O) s e %. c ^ œ" ft. "o O •Ta te ,o 1l1 5 1 •«d o> â X ^ O c2-i a C ce •c s- C C Hâ.5 o i. - u o = il .5 "^ •- c C. o i3 ! o a. ."S «9 O 1- «s «> a «- .5 « c "- r ^ 2 >= c '3 _c a o t. C- ce .;:: .» c c 2 4; 2'* o 2 5 ■* £ 2 .= ■= ^ CMC •_ . o CR «s 1 o ~ -a «-.2 1 x; 5)55 ' 2 1 1 C N î- ) o o tt)£— 1 X X ^ o J o ' ' r s<^ a <"^ ^ o-w ^ X o w ;g i. o < ^" ^^ ^" ^™ ^" ■™ 96 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. dilués, il convient de le fixer par l'addition d'acide sulfuiique dans le réservoir, pour obtenir du sulfate d'ammoniaque moins caustique et plus précieux comme fertilisant. D'après l'analyse des cendres, on reconnaît que les matières mi- nérales sont très riches en sels de potasse, bicarbonate, chlorure et sulfate; mais l'acide phosphorique est faiblement représenté, ce qui explique, vu la forte dose d'ammoniaque, les effets de l'engrais liquide qui développe l'herbe et la paille au détriment de la suc- culence et du grain. Aussi, ne doit-il èti-e employé que comme complément d'engrais phosphatés, tels que la poudre d'os et les superphosphates. TABLEAU CXIV. — Composition pour 100 de la matière minérale dans divers engrais liquides. Silice soluble . . . . — insoluble . . . Oxydes de ftM' .... Chaux Magnésie Potasse Chlorure de potassium — de sodium. . Acide phosphorique. . — sulfurique. . . — carbonique. . . FERME de Weston- birt. ]. 0.95 )) 0.27 2.04 1.13 39.51 27.40 6 . 'A 1.03 8.49 12.64 100.00 FERME de Badmin- ton, y 2.76 » 0.19 6. 90 4.24 31.02 21.55 12.72 2.63 10.39 7.54 FERME Dl' COUECK de Cirencester. 1857. .3. 1.5G 17.59 2.24 18.14 10.43 23.34 3.12 4.62 18.96 100.00 100.00 1858. 4. 2.57 12.58 3.15 18.54 3.01 41.21 5.30 4.32 6.32 FERME de Tiptree-Hall. Engrais clair. 100.00 7.84 3.54 » 20.62 8.31 6.11 5.16 25.45 11.01 10.02 1.94 100.00 Engrais trouble. r,. 14.20 33.30 5.18 14.50 3.80 0.77 4.28 10.56 8.17 4.26 0.98 100.00 2. Engrais liquide de la ferme de Badminton (duc de Beaufort). — L'engrais, recueilh depuis quelques années dans le réservoir de lafrirme, avait une couleur beaucoup plus foncée que le précédent et contenait beaucoup plus de matière organique. Il était à peu près TRAVAUX KT KXI'ÉIUKXCES DIJ I)' A. VOELr.KICU. !•< neutre au papier réactif, exhalait une odeur moins nauséabonde (|uc celui de Westonbirt, et dégageait des vapeurs d'amnioniat[ue par l'ébullitiou. Cet engrais provenait des li{piides d'écoulement des éta- bles et des cours de la ferme. Par l'analyse figurant colonne "2 (tableaux GXIll et CXIV), on cons- tate que l'engrais liipiide de Badminton, quoicpie plus riche en matières solides et sui'tout en matièi'e organique, renferijie beau- coup moins d'ammoniaque (jue l'engrais n" 1, ce (pii ne saurait s'ex- pliipier par la dillerence de teneur entre l'urine des vaches et celle des chevaux, mais bien parce ([ue le réservoir, étant à découvert, le carbonate d'ammonia(}ue s'est évaporé. Il eût fallu le fixer par l'acide sulfurique. Du reste, les matières organiipies laissées par l'évaporation et les matières minérales après incinération, offrent les mêmes caractères que dans l'engrais de Westonbirt : teneur élevée comme sels de po- tasse; défaut d'acide })hospliorique. 3 et i. Engrais liquide de la ferme du collêye royal agricole de Cirencesler {iS57 cl iS5S). — La citerne à engrais liquide du collège, située à proximité de la fosse à fumier, re(;oit les jus des fu- miers, les liquides des étables, les eaux vannes du collège, le sang, les issues et les carcasses des animaux tués sur la ferme. L'odeur, notamment en été, est fétide, à cause du dégagement de l'hydi'ogène sulfuré. Les terrains dépendant du collège renfermant beaucoup d'argile, malgré la présence des pierres calcaires et du gravier, n'ont ressenti aucun effet ulih^ de l'application directe de cet engi'ais. Aussi l'em- ploie-t-on de préférence à l'arrosage des lumiers très pailleux, pro- venant de l'exploitation. Comparé aux deux précédents, l'engrais de Cirencester, recueilli en 18l)7 (colonne S des tableaux CXIII et GXIV), renferme beaucoup moins de matièie solide; mais, lualgié sa dilution, la teneur en ammoniaque est plus du double de celle de l'engrais n" 2. L'année suivante, un échantillon du même engrais l'ut analysé, pour juger des variations dans la composition. Les caractères exté- rieurs étaient les mêmes (pfcn 1(S57 ; mais la teneur en matière organique était moitié moindre, bien (]ue la proportion d'azote fût A.N.N. SCIENCE AUllUN. 7 98 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. plus élevée. La quantité de matières minérales, y compris l'acide phosphorique et le chlorure de sodium, est plus forte en 1858. Le chlorure de sodium et la potasse, dont les chiffres sont très considé- rables, ont été dosés à plusieurs reprises, de crainte d'erreur. 11 est difficile d'expliquer la présence du sel à cette dose, autrement que par une cause fortuite, due à des résidus salés jetés dans la citerne. 5 et 6. Engrais liquide de Tiptrec-Hall (Essex). — Dans la ferme de Tiplree-Hall, exploitée parMechi, les déjections solides et liquides sont enlevées des planchers des étables par l'eau qui coule dans le caniveau central. Le liquide, à odeur pénétrante, est très trouble. Vœlcker a examiné séparément la partie limpide de couleur jaune, qui surnage, et la partie trouble et boueuse. Dans les colonnes 5 et 6 (tableaux CXIII et GXIV) sont donnés les résultats de l'analyse de l'engrais liquide, limpide et trouble, et des matières minérales. La caractéristique de cet engrais est indiquée par la teneur en chaux et en acide phosphorique. L'incorporation des excréments solides dans la citerne explique la proportion d'acide phosphorique dont les combinaisons insolubles sont rendues solubles par la fer- mentation. Les urines ne renferment pas cet acide. Malgré cela, l'en- grais liquide (n" 5) renferme si peu de matières fertilisantes et no- tamment d'azote, (ju'on se demande si son application peut avoir le moindre effet utile. M. Meclii n'en a pas moins affirmé que l'effet est remarquable sur les terres de sa ferme. Il reste à savoir si l'irriga- tion ordinaire ne donnerait pas les mêmes résultats. Dans la partie boueuse de l'engrais de Tiptree-Hall (n° 6), la pro- portion des matières organiques et minérales est bien plus élevée que dans la partie liquide, mais sans que cela ajoute sensiblement à sa valeur fertilisante, puisque l'azote total par litre est seulement de 0^'',004. La teneur en acide phosphorique est bien inférieure à celle des engrais 1 , 2 et 4, et la teneur en sels de potasse est insignifiante par rapport à celle des mêmes engrais. Le calcul basé sur la composition de l'engrais liquide de Tiptree- Hall montre que 2:25 mètres cubes de cet engrais ne renferment pas plus d'éléments fertilii-ants que 100 kilogr. de guano du Pérou, à 16 ou 18 p. 100 d'ammoniaque. Or, d'après les calculs de Mechi, TRAVAUX KT EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELGKER. 99 répanrlagc de 225 mètres cubes d'engrais liquide représente une dépense de 4-5 fr., à raison de fr. 20 par mètre cube', tandis que 100 kilogr. de guano pouvaient s'acheter (à cette époque) à raison de 35 fr. Si sur certains sols le coût de lafiinnirc li([uide peut s'élever davantage encore sans inconvénient, (bi inoins, dans un grand nombre de cas, une pareille dépense serait ruineuse. Toutefois, la question de l'application de l'engrais liquide ne doit pas être envisagée uni(juement sous le rapport de la natiu-e et de la (juantité des éléments fertilisants ([ui entrent dans sa composition, mais bien aussi d'autres circonstances qu'il convient d'examiner. Sans revenir sur les détails et les conclusions des essais de Vœl- cker, rapportés dans le livre premier, quant à l'altsorption de l'en- grais liquide par des sols de nature et de composition différentes, nous rappellerons ici que cet engrais produit les meilleurs effets sur des terres légères, profondes et sablonneuses, reposant sur un sous- sol perméable. Quelque pauvres que soient ces terres, et les sables de la Flandre le témoignent d'une façon éclatante, elles sont suscep- tibles, par des applications réitérées de l'engrais liquide, de porter les plus belles récoltes. Plus le sol est pauvre naturellement, le sous- sol étant perméable ou bien drainé, plus les résultats dus à l'engrais liquide sont frappants. Des sols sablonneux comme ceux des environs dcCirencester, que Vœlcker a soumis à l'essai de fdtrage de l'engrais litpiidc, dans les- quels l'acide pliospborique fait à peu près défaut, où la cliaux est à peine représentée et la potasse, la soude et la magnésie s'élèvent ensemble à un demi pour 100, sont avides d'engrais renfermant rela- tivement peu de matières fertilisantes, mais qui, distribués unifor- mément, apportent ces matières à l'état immédiatement assimilable aux racines des plantes, et augmentent ainsi leur stock de nourriture dans le sol. Les divers engrais liquides dont la composition a été déleniiinéc sont, pour la [)lupart, sauf en ce (|ui regarde l'ammoniaque, de mé- diocres fertilisants, inrnp!d)les de produire des résultats appiécinblcs 1. Voir Itcporl on llte lueuiis 0/ deodorising and iddishi/j /li<> scirtn/r 0/ /oinis^ l.y H. Auslin. I.ondon, ISJT-S. 100 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. sur des terres naturellement fertiles; mais sur des sols sablonneux, légers, dépourvus de chaux, de magnésie, d'acide phosphorique, etc., il en Cht autrement. Ces engrais seraient plus concentrés que ne l'in- diqueFanalyse, qu'il n'y aurait pas dans de pareils sols de quoi contre- carrer les elVets nuisibles causés par un excès de nourriture azotée ; c'est pourquoi il importe qu'ils soient étendus d'eau ou dilués, afin qu'ils puissent pénétrer une masse plus grande de sol et le saturer aussi complètement que possible des matières lui faisant défiuit, mais présentes dans l'engrais à l'état immédiatement assimilable. D'ail- leurs, l'état perméable et homogène de ces terres sablonneuses fait que l'humidité variant considérablement suivant la saison, la couche arable se dessèche plus profondément en été, par les temps secs, et reste plus accessible à l'action atmosphérique. Dans les terres argileuses, au contraire, qui sont généralement pourvues des substances minérales contenues dans les cendres des végétaux cultivés, et qui possèdent la propriété d'absorber et de re- tenir l'ammoniaque de l'atmosphère, en même temj^s qu'elles s'en- richissent des détritus organiques des récoltes, c'est-à-dire de subs- tances azotées, ce n'est pas l'apphcation de l'engrais liquide, quelque concentré qu'il sdit, qui peut modifier utilement leur valeur produc- tive. Il est vrai que le fumier de ferme, sur ces mêmes terres, donne de bons résultats; mais, outre que le fumier, contenant des phos- phates sol'ubles et insolubles, est un ferlilisant plus complet que l'en- grais liquide, il agit mécaniquement, par son volume, dans le rayon restreint où s'étendent les racines qui ne peuvent pas, comme dans les terres légères et friables, pivoter aussi profondément. En d'autres termes, dans les terres fortes, pauvres ou riches en matières miné- rales, l'engrais li(piide est perdu pour la plus grande partie, à cause de la texture et de la compacité, aussi bien que de l'humidité natu- relle de la couche arable. Or, l'excès d'eau est autant à éviter par les temps pluvieux, quand la terre est déjà saturée, que i)ar les temps secs, quand les fissures facilitent l'écoulement rapide vers le sous- sol. Si dans certaines exploitations de sols argileux, l'engrais liquide a été utilement appliqué, contrairement aux observations qui vien- nent d'être résumées, c'est qu'ils avaient été drainés à fond, sous- TRAVAUX ET KXPÉRIKNCES DU d'' A, VOELCKER. 101 soles, prorondémenl ciillivi's, ('cobués ou cluiiilûs, c'est-;'i-(lirc Jiliysi- qucmcnt modifiés par la ciilliii-c. M. Smilli, de Lois Weedon, (juoi qu'on pense de son système, a eu du moins le mérite, par ses expé- riences prolongées et son infatigable i)ersévérance, de démontrer que certaines terres argileuses, à l'aide de façons culturales inces- santes, pouvaient (Mre amenées en condition de produire des récoltes de froment pendant une suite d'années avec un r('oI prolK. Aussi, le succès obtenu sur des sols ainsi travaillés déjx'ud-il |)lulnt des amé- liorations mécani(pies que de l'application de l'engrais li(piide. Comme conclusion, Welcker recommande rouq)loi du mélange des déjections licpiides et solides avec un volume d'eau suffisant pour l'arrosage des terres sablonneuses, perméables et naturellement in- fertiles. Si l'eau en abondance peut être facilement obtenue et (jue l'irrigation puisse se pratiquer sans macbines élévatoires etsans ins- tallation de conduites coûteuses, l'engrais liquide fournit un moyen efficace et économique de fumure. ISIais beaucoup d'autres considérations influent sur l'adoption de cette pratique, icljcs (pie le volume d'engrais liquide, dont on dis- pose anniu'llement; le régime d'exploitation ; si les bètcs en slabu- lation sont à l'engrais ou en élevage; si les terres sont labourables ou en pâturage; ^i elles sont fortes ou légères; si la paille est abon- dante pour la litière, ou rare, etc. 11 ne saurait donc y avoir de règle générale pour l'utilisation de l'engrais liquide sous telle ou telle forme. Ulilisalion des enr/rais liquides de la ferme. — En résumé, les déjections liquides des animaux de la ferme, là où l'irrigation n'est pas profitable, peuvent être utilisées : 1° Soit en les faisant complètement absorber parla litière dans le^ boxes; 2" Soit en les réunissant pai'une canalisation desservant les vache- ries, les écuries, les porcheries, dans une citerne à proximité de la fosse couverte à fumier; S° Soit en amenant dans la citerne, également à proximili' de la fosse à fumier, les purins des étables, les eaux vannes des bâtiments d'habitation, les eaux d'écoulement et les détritus animaux de toute nature. 102 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Les citernes, dans ces deux cas, sont munies de pompes permet- tant d'arroser le fumier avec le liquide. C'est la provision disponible de paille qui détermine le choix de l'un des trois modes d'utilisation des déjections li(|uides. Si le fer- mier n'a pas d'animaux en élevage et qu'il dispose de paille en assez grande quantité pour les bêtes à l'engrais et les chevaux de travail, le meilleur mode consiste à utiUser les déjections solides et liquides en mélange dans les boxes. Si le fermier dispose de trop peu de paille pour maintenir la totalité des animaux en boxes, il convien- drait qu'il dirigeât les urines par une canalisation spéciale dans une citerne étanche, située près de la cour à fumier, et abritée par un toit surhaussé, de façon à laisser le vent jouer Hbrement, et à écarter les eaux pluviales. L'urine ainsi concentrée, en mélange avec un peu d'excréments solides, fermenterait rapidement et perdrait son ammoniaque par évaporation si on ne prenait le soin d'y verser de temps en temps une petite (juantité d'acide sulfurique. Le fumier étant gardé ainsi en fosse, dont la sole inclinée communique par une conduite avec la citerne, il sera facile d'arroser de temps à autre le fumier sans qu'il se sature d'eau qui arrêterait la fermentation. Cette disposition est particulièrement importante pour les fermes où, faute de litière abondante, le fumier est très aqueux. Du reste, dans ce cas, la quantité de matières absorbantes peut être accrue à l'aide de cendres de houille, de sciure de bois, et même de terre sèche, en mélange avec le fumier. Quand il y a trop de paille pour pouvoir l'utiliser dans les boxes ou la réaliser en argent, il devient facile de faire absorber les purins et les eaux vannes par l'excès de paille, sans recourir à l'épandage, ni à la mise sous abri des fosses à fumier. C. — Eaux d'écjout (sewage). C'est à la suite des modifications apportées par le Board of health dès 1848, dans la législation sanitaire, que la plupart des villes de l'Angleterre ont changé leur régime d'assainissement, en supprimant les fosses d'aisance pour laisser les matières fécales s'écouler dans les égouts ; en canalisant la surface aussi complètement que possible par un réseau d'égouts ventilés et à pente rapide, enfin, en amenant TRAVAUX ET EXPÉRIRNHES DU D'' A, VOELCKER. 103 l'eau à profusion dans les habitations, et des liabitalious, dans les égouts. Une des conséquences du nouveau régime ([tii imposait le lavage (>t la propreté, au lieu de miasmes à dciiieure et de la stagnation dans les villes, fut ipie les cours d'eau dans lesquels se déchargent les liquides impurs du réseau souteriain, ne lardèrent pas <à être infectés et empoisonnés. De là, une agitation considérable dans le pays, ayant donné naissance à de nombreuses enquêtes publiques et finalement à des lois pour la protection des cours d'eau par les- quelles il est interdit aux villes d'y rejeter les eaux animalisées, sans les avoir épurées par défécation ou par filtrage, à moins qu'elles ne les utilisent par irrigation sur le sol. Nous avons ailleurs retracé les phases de ce mouvement qui a si vivement préoccupé les autorités municipales, les agriculteurs et le Parlement en Angleterre pendant ces trente dernières années \ et décrit les procédés mis en pratique' pour satisfaire aux prescriptions de la loi sous le rapport de la salu- brité, tout en cherchant à réaliser la valeur des matières fertihsantes contenues dans le sewaijc. La détermination de cette valeur, aussi bien que le choix du meil- leur mode d'utilisation des eaux d'égout, ont fait l'objet de nom- breuses recherches d'essais ou d'applications du plus haut intérêt, de la part des chimistes, des hygiénistes et des agronomes de l'Angleterre. Il nous suffira de citer parmi eux le professeur Hoffmann, le D'' Letheby, le D' Vœlcker, Sir .1. 11. Lawes et le D' Gilbert, les ingénieurs Rawlinson, Denison, Bailey Deuton, Baldwin Latham, W. llope, et MM. Frankland et Morton, appelés à formuler leur avis dans la plupart des enquêtes, ou bien chargés des analyses et des expériences relatives à l'emploi en agriculture des eaux vannes et du scwuge des villes. 1. — Irrigation. Pour nous en tenir à la ])art importante que Vœlcker a prise dans la discussion des projets et des résultats de l'application agricole des 1. De l'UaiisaHon des eaux d'egoul en Angleterre, par A. Ronna. Paris, 18GG. — Kijouls et irrigations, id. l'aris, l.S7i. — Irrigation ou épuration chimique, id, Reims, 1878. 104 ANNALES DK LA SCIENCE AGRONOMIQUE. eaux d'égout, itous rappellerons qu'à la suite de ses importantes recherches sur le pouvoir absorbant des sols, il eut pour la première fois à témoigner devant la commission d'enquête parlementaire de 1862, présidée par le D"' Brady \ sur la nécessité de poursuivre des expériences, dans le but d'établir la valeur agricole et le meilleur mode d'utilisation du sewage. Dans sa déposition, conforme à ses conclusions sur l'emploi des purins, Vœlcker maintient que le sewage peut être avantageusement employé en irrigation sur les terres légères et perméables, mais non sur les terres fortes argileuses que la culture n'a pas ameublies. Si l'état du sol par le drainage, le sous-solage ou les labours profonds, n'est pas amené mécanique- ment au point voulu pour assurer le filtrage rapide et l'absorption des principes fertilisants contenus dans le sewage, il n'y a que des pertes à subir dans l'appUcation. TABLEAU CXV. — Composition moyenne du « sewage » de Londres. Matière organique et sels d'ammoniaque .... — contenant ammoniaque. . . . Matières minérales — contenant acide phosphorique. — — potasse — — matières inertes. . Total PAR LITKE d'eau d'égout. » 0.099 » O.Oli O.OiS 0.799 0.-i-28 » 0.S5G 1.284 PAR 1.000 KILOG de mat. sèche. kil. 72.92 » 10.27 30.81 62.51 kil. GC7 1.000 La conférence tenue quelques semaines plus tard par Vœlcker devant la Société royale d'agriculture d'Angleterre', n'est que le développement de sa déposition devant la commission d'enquête parlementaire. Les 200 millions de mètres cubes de liquides que déversent 1. F/rst report J'rorii the sélect commUtee on sewage of iowns, nrdered bij tlie liouse of commons, 10 avril I8G2, p. 58. 2. Lecture on town sewage, 28 mai 1SG2. TRAVAUX ET R.KPKR IKNCES DU D'" A. VOELr.KER. 105 anniiellomeiit les eaux des égoiils de Londres, ont fait l'oltjet de nonihiciix cnlenls au point de vue de l'énorme ricliesse fei'tilisante qui y est contenue, en se guidant d'après les analyses (jui ont été successivement publiées par Th. Way, par IIolTmann et Witt, par Meclii, par le 1)'' Lcthcljy, etc. Si Ton admet (pie la composition moyenne du sewage de Londres est celle qui ligure dans le tableau CXV ei (|u"on applique aux éléments (bï fertilité qui sont contenus dans la matière solide, les prix du marclié d'alors, soit 1 fr. 32 par kilogramme j)our l'ammoniaque ; Ofr. GG pour la potasse et Ofr. ii pour l'acide phos|)borique, le prix des 1,000 kilogr. de guano du Pérou étant de 377 fr., on trouve qu'une tomie d^^" sewage vaudiait 17 centimes. Mais un pareil calcul tliéoriipie est absolument erroné. Il ne snflît pas, en effet, d'estimer la valeur des matières fertilisantes du sewage par rapport à celle du guano, mais bien faut-il tenir compte (bi volume de l'engrais et de son état de combinaison. Le guano offre un engrais transportable susceptible d'être aj)pliqué (juand et où on le veut, de façon à fournir aux récoltes au moment opportim la nourriture nécessaire. La même quantité de guano, si elle était mélangée avec la couche du sol sur 0"',40 d'épaisseur, n'aurait aucune efficacité. De même que nous ne pouvons pas rnodi- lier l'ensemble de la couche labourable au point d<; vue de sa com- position [far un apport d'engrais (juelque considérable qu'il soit, de même nous ne pouvons chiuu(piement détériorer le sol pris dans son ensend)le par les récoltes les plus épuisantes. En réalité, nous n'agissons par la funmre que sur une petite partie du sol, et dans une culture avancée l'art consiste à conserver l'engrais aussi près que possible de la surlace, de manière à subvenir aux besoins des plantes au début de leur croissance. Sauf dans les terres sablonneuses où tout ce que le sewage appoile d'éléments fertilisants est utilisable par la plante, la jtlu- part des sols argileux, renfermant en abondance les matières miné- rales et les matières organiques j)uuvanl donnei' de l'ammoniaque, n'exigent l'application d'un engrais concentré, guano ou superphos- phate, (pi'au point de vue des éléments assimilables au début de la végétation, car l'engrais n'ajoute pas sensiblement à la fertilité géné- rale du sol. 106 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONO NriQUE . Le môme ralcul de la valeur du sewagc, s'il était appliqué au fumier de ferme, ferait voir que l'on paye en réalité de deux à trois fois moins pour le fumier frais et le fuipier consommé, qui sont des engrais volumineux, que ne l'indique le prix vénal des matières fertilisantes contenues dans ces fumiers. Le calcul de la valeur du fumier sur base du prix courant des fertilisants donne : Phosphate de chaux soluble. . — — insoluble. FUMIEK CONSOMME. FUMIER FRAIS. 3^,85 = 2f,50 2>',95 = 2',05 5 ,G6 = I ,25 3 ,85 = ,85 4 ,50 = 3 ,10 5 ,G5 = 3 ,90 7 ,25 =10 « 6 ,80 = 9 ,35 Ammoniaque 16^,85 16f,25 Le volume a donc une influence sur la détermination de la va- leur, non moins importante que la composition même de l'engrais. Vœlcker conclut que, pour tirer profit de l'épandage des eaux d'égout sur les sols sablonneux, il importe d'arroser abondamment à raison de 20,000 à 25,000 mètres cubes à l'hectare, en quatre ou cinq fois, mais en restreignant l'irrigation au ray-grass et aux prairies. L'herbe qui croît rapidement utilise l'engrais dès qu'il lui est servi ; mais il en est autrement des céréales qui ne mûriraient plus qu'acci- dentellement et des cultures maraîchères qui s'encroûtent et ne sont pas toute l'année prêtes à recevoir de grandes masses liquides. Même pour les herbages, l'eau d'égout ne donne pas un produit aussi succulent, bien qu'il soit plus azoté, que celui des prairies na- turelles, sèches, ou irriguées à l'eau pure. Si l'on s'en rapporte aux praticiens qui depuis longtemps em- ploient le sevvage, par exemple, aux fermiers des environs d'Edim- bourg où les prés Craigentinny sont arrosés depuis nombre d'années à l'eau d'égout, on constate qu'ils réahsent en moyenne 1 ,500 fr. par hectare, mais si l'on devait calculer la valeur fertilisante du se- wage d'Ediml)ourg sur la base des analyses publiées, le produit à l'hectare devrait dépasser 4,000 fr. Les praticiens affirment en outre, par expérience, que le rendement augmente en raison du volume de sevsage appliqué. En somme, il ne s'agit pas d'emmagasiner l'engrais licpiide dans TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D*" A. VOELCKEU. 107 le sol qui ne relient pas ses éléments l'erlilisants, mais de s'en servir comme de véhicule pour l'y faire passer rapidement. Les belles expériences de Vndcker, dont nous avons rendu compte (livre premier), sur le degré du jiouvoir absorbant des divers sols pour les liquides étendus renfermant de rammonia(pie, des phos- phates et de la potasse, confirment cette conclusion: ranununia(pie est très faiblement retenue; l'acide [)hosidioii(pic dans le liquide après filtrage à travers le sol a à peine varié, et la dose de potasse augmente par suite de l'abandon fait par le sol. Du reste, à la demande de la conunission du Local govemment Boanl, Vœlcker a analysé le sol des prés de Graigentinny (Edim- bourg) qui reçoivent le sewage du collecteur Foui Burn depuis le commencement du siècle à raison de 30,000 à 40,000 mètres cubes à l'hectare par an\ Sur les 100 hectares de prés, 80 sont en prairie permanente et 20 en ray-grass d'Italie. L'herbe des pn^s vendue aux nourrisseurs de Musselburgh, Portobello, Leith et Edimbourg-, est coupée quatre fois par an et représente environ 1,000 kilogr. à l'hectare. Le ray-grass, qui produit jusqu'à 1,.jOO kilogr. à l'hectare, est fauché cinq fois dans l'année et vendu sur pied à l'enchèi'c. Composition du sol des prés de Graigentinny (Edimbourg) séché à 100 degrés centigrades. Matière organique ' 1.60 Oxydes de fer et alumine 1.01- Acide phosphorique 0.06 — sulfurique Traces. Chaux 0.08 Magnésie 0.25 Potasse 0.08 Soude 0.13 Chlorure de sodium 0.02 Silice (sable tin) 96.80 100.06 1. Contenant azote 0.039 Égal à ammoniaque 0.017 1. Sewage disposai. Report oj a. commitlce lo inquire into the several modes of treating town sewage. Appcndix n" 1. London, 1S76. 108 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Bien que le sol de ccsiiivs ni! nbsorbé i\c^ masses si considérables de sewage d'une raanièie coiiliiitie, on feconuiu'l [lar l'analyse qu'il renferme à peine de chaux, de polasse et d'acid(^ pliosphori([ue, à peu près 1.5 de matière organique formée de fibies végélales cL 07 p. 100 environ de sable. C'est le type d'un sol naturellement stérile, dont la valeui' réside tout entière dans le sewage qui lui est appliqué. Les propriétés puissantes d'oxydation dont jouit l'air condensé dans les pores du sol, et le renouvellement de cet air, permettent la destruction presijue absolue des éléments organiques de licpiides tels que le sewage, passant au travers d'une couche perméable et drainée de un mètre et demi à deux mètres d'épaisseur, et les con- vertissent en composés organiques inolTensits. « La terre convenable- ment préparée et disposée de manière à s'adapter à la filtration intermittente par gravitation des eaux d'égout, peut se comparer à un fourneau rempli de combustible allumé. Connue le feu, dans un fourneau pourvu d'un fort tirage, un sol drainé et bien aéré, brûle, ou pour employer le langage chimique, oxyde complète- ment les matières organiques azotées putrescibles des eaux d'égout et les transforme en nitrates, puis en produits de décomposition animale qui sont sans odeur, sans couleur, et inoffensil's. Mais il est bon de le rappeler, le sol n'a pas le pouvoir d'absorber et de retenir chimiquement les nitrates ainsi formés ; en consé([uence, les liquides entraînés par les drains ou retenus mécani(piement dans la terre sont aussi pauvres les uns ([uc les autres en nitrates et en antres éléments fertilisants, quand des liquides aussi étendus d'eau que le scwage sont déversés sur le sol. Il s'ensuit natu- rellement (pi'une accumulation de nitrates ou d'autres détritus organiques ne peut pas plus se produii-e dans un sol parfaitement pernK'able, et aménagé de manière à donner plein elfet à la fdtra- fion inlei'inittente, (pi'il ne peut se [)ro(liui<' une accumulation de résidus de combustion à moitié brùh's dans la cheminée d'un fourneau à tirage réglé dans lequel les gaz et les matières orga- niques sont décomposés par le feu et l'air'. » 1. Influence of chemiail discoveries, etc. , 1878. TRAVAUX KT EXl'ÉUIENGES DU D'' A. VOELCKEU. 109 La terre profondément drainée et aérée pentindf'liiiirnent exercer la même influence saluliiire, pourvu que sou pouvoir oxydant ne soit pas surmené, c'est-à-dire (pTiin intervalle sufïisanl soil ("lalili entre les arrosages successils à Ibrtes doses. Avec un bon aménagement des liquides, le sol ne s'obstrue jamais par les matières en suspen- sion de façon à perdre sa propriété de désiufeclion et d'épuration. Coiyme le pi'ouve l'exemple de Craigentinny, aucun volume d'eau d'égout passaii! à travers le sol le j)lus poreux, ne peut maté- riellement élever son deg-ré de fertilité permanente, car aiicim sol n'a le pouvoir d'cxlraire des eaux fertilisantes les principes utiles, de les emmagasiner et, de laisser s'échapper les li(iuides privés de ces principes. En d'autres termes, les éléments solubles du sewagc ne peuvent se concentrer dans le sol par voi(,' d'arrosage, et la terre n'est pas plus rendue fertile par le liltrage d'eaux d'égout d'une ville de 1(1,(1(10 habitants sur un hectare, qu'elle ne l'est par le filliage des eaux d'égout de 1,000 habitants sur la même surface. Les récoltes i[\n reçoivent l'arrosage n'en retirent pas d'autre avantage que celui fourni par le li(juide retenu dans le sol, comme dans une é|)onge. Aussi, le ray-grass d'Italie, qui absorbe un fort volume de liquide et demande à être fré(jueunnenl arrosé, est précisément la récolte qui convient le mieux à raj)plication des eaux d'égout. La première condition de l'emploi prolitable du sewage sur les tei'rains j^oreux et convenablement aménagés est donc le volume disponible (pii permette le l'enouvellement fréquent de l'arrosage de toutes les récoltes, l'herbe des prairies peut seule se prêtera un tel régime. Parmi les observations que Vœlcker présente, à la (lu d'une con- férence faite par Mechi devant le Clidj central des fermiers de Londres, sur l'utilisation du sewagc', il exprime son désaccord avec le conférencier sur ce puiiiL (jue l'engrais est le seul dcsidemluin de tous les sols. Or, il y a des sols qui, par suite des façons culturales qu'on leur applique, peuvent se passer d'engrais. En cultivant pro- fondément certaines argiles tenaces où abondent les principes ferti- 1. Fariner' s Mnga-Jnr, t. XXIII. .C série, p. lii:]. ISG;!. 110 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. lisants, on obtienl de bonnes récoltes, alors (|ue le sewage répandu sur ces argiles n'en donnerait pas, voire même les empêcherait. Si l'irrigation à l'eau d'égout a bien réussi dans certains cas déterminés, c'est parce que les terrains étaient appropriés; mais, (pioi fju'il en soit, le sewage constitue pour les villes une nuisance et un em- barras, aussi bien pour l'industriel qui cberche à en tirer parti, sous forme d'un engrais solide commercial, que pour le cultivateur, en- gagé à l'utiliser sur des terres quelconques. 2. — Engrais extraits du « sewage ». A la demande de la commission du Local government Board, Vœlcker fut désigné pour analyser une série de produits obtenus dans diverses localités par filtrage ou précipitation chimique du se- wage, et pour en déterminer la valeur commerciale et agricole. Nous avons réuni ces analyses dans le tableau GXVI. A Bolton-le-Moors (population 93,100 habitants ; maisons habitées 18,249 ; surface occupée 810 hectares), les égoiits reçoivent la plus grande partie des matières fécales, les eaux vannes, indus! riehes et pluviales, et débitent 12,000 mètres cubes de sewage par 24 heures à l'usine où s'appliquait en 1876 le procédé connu sous le nom de M. C. qui sont les initiales des brevetés. Ce procédé consiste à mélanger dans un réservoir de la chaux, des résidus de la fabrica- tion du prussiate de potasse, des cendres, de la soude et du per- chlorure de fer, et à laisser ce mélange s'écouler dans les réservoirs qui reçoivent le sewage. Le précipité obtenu no peut pas se des- sécher naturellement, et ce serait une dépense inutile (jue de re- courir à une dessiccation artificielle pour avuii- du sable et des matières terreuses à transporter à l'état sec. A Bradford (population 173,723 habitants; surface occupée 2,922 liectares), les égouts reçoivent le produit de 4,050 water-closets et 11,500 lieux d'aisance, et débitent en temps sec environ 30,000 mètres cubes de sewage. L'usine pour le traitement du sewage avait été construite dans le but de le liltrer sur du charbon de tourbe, mais ce [irocédé iiyaut échoué, la corporation apj)hf|uait, en 1870, une méthode mixte consistant à laisser décanter dans des TRAVAUX KT EXPÉRIENCES DU D' A. VOELCKER. 111 . 3 O, ci o K 2 1 te 1 O t^ Ci — -1 ~- X' O l~ O •■'3 — ce I- •— — o o o o o -?■ — 1- '^ .-•: o o ~ o C5 o o o l~ o o O o o o c: M OS l-a - es i."5 1^ O — ce O 1^ i'3 O o C/I o o o o C o 2. <« O -.-:< 1^ -r' «O O O -«:* 1^ co (TO ce Cl ..-5 I^ »0 O ce co Ci o o --■:■ O I- O O o o o ^o ce o o o o o o ce O CI .„ C-5 et c* ce . -1 o Cl Cl lUl -* ''^ -^ ~5" -1-H i^ O c-t o^ o^ Cl g 1 < CO es o o t~ Cl ce Cl o — ro Cl o ■ ."5 Cl ■^ C O .-; O o o o 1- O o o o o -^ .-5 O O la O J o o s a Cl O (N Cl c^ r^ 1^ Cl ce O ce o (^ o o o co ce '•"^ t^ ■" ro o_ o^ o Cl o o C-î o — ce ■-; ce es CO Ci -~S> ^-> .,-3 o o I- ce o C-. VD ce o O -^ O o o o o -3 3 s '- ■^ .=1 '''■ o o 3 -^ — F- 2 '^ M S O lu o C/2 ■o en C Cl "O ~ ® ■= — aj _ £5 = C _ O ■" 112 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE, Jtassins d'où l'on extrait la boue, et à précipiter par un lait de chaux le liquide ayant déposé les matières sédiioentaires. Le tableau CXVI donne (colonnes :^ et 5) la conii)osition de la boue après décantation et du j)réçipité obtenu par la chaux. A Goventry (population 40,000 habitants ; maisons habitées 10,-400 ; surface occupée 650 hectares), I(;s é^outs desservent 5,000 water-closets et 800 lieux d'aisance, et débitent par M heures 10,000 mètres cubes de sewage. Une compagnie appliquait au ti-aitement de ce sewage, en 1876, un mélange composé de sulfate d'alumine et de schistes alumineux dans une série de bassins des- servis par des agitateurs, puis, dans une série d'autres bassins, un lait de chaux. Le précipité desséché à l'air, ensuite artificiellement, est réduit en poudre et vendu comme engrais. A Leeds (population 285,000 âmes ; surface occupée 9,000 hec- tares), les égouts, qui desservent 8,000 water-closets, débitent jour- nellement environ 54,000 mètres cubes de sewage. Une compagnie, dite de guano natif, traitait en 1875 ce sewage par le procédé breveté dit ABC, ces lettres étant les initiales des trois matières principales employées pour la précipitation, à savoir : Alinu (alun), Blocnl (sang), et Claij (argile). Vœlcker a consacré à ce procédé un mémoire spécial dont nous rendons compte plus loin. Dans tous ces engrais soumis à l'analyse, la masse représente à l'état naturel des matières qui se trouvent abondamment dans la plu- part des sols, sans valeur commerciale, associées à une dose d'humi- dité (jui fait que les frais de transport à de courtes distances et d'application au sol, à cause du volume, ne sont pas couverts. Ce serait donc à tort (ju'on évaluerait de pareils engiais, comme on évalue les engrais concentrés, tels que le guano, la poudre d'os ou le sulfate d'ammoniaque, dans lesquels on cote commercialement : Le phosphate de cliaux insoluhle à OV-2 Le pliospliate de chaux solublc 0,ii La potasse ,44 L'azote à rétat d'aidiiioniaque 1 ,7() Du moment où le fumier de ferme de bonne (pialité, comparable sous le rapport du volume aux engrais du sewage, des vidanges, TRAVAUX ET EXRÉIUENCES DU I)'' A. VOELCKER. 113 des villes, etc., qui vaudrait, d'après l'analyse sur la base des cours précédents, entre IC et 18 IV. les 1,000 kilogr., se vend effective- ment 6 Ir., et c'est le prix le plus élevé que puisse payer le cultiva- teur pour du bon fumier en ajoutant le coût du trans[)ort, il semble que la valeur des engrais de sewage doive rationnellement s'élablir au tiers de celle qu'indiquent les analyses. D'après cette considéra- tion, Vœlcker a calculé sur la base de ses propres analyses le prix vénal des engrais dont le tableau CXVI donne la composition, à savoir : 1. BoUon-Ie-Moors; engrais MC à rétat naturel A' » k (J' » 2. — — à 15 p. 100 d'eau S ,G5 à 12 ,90 o. Bradtbrd; boue décantée avant traitement par la chaux, à l'état naturel i ,.")0 à G ,75 i. Bradford; bouc décantée avant traitement par la chaux, à 15 p. 100 d'eau 7 ,80 a 11 ,C0 5. Bradford; précipité par la chaux, à l'état naturel 1 ,S0 ii 2 ,75 C. — — — à 15 p. 100 d'eau 8 ,50 à 12 ,20 7. Coventry, engrais précipité G ,G0 à 10,20 S. Leeds; engrais ABC ou guano natif, à l'état naturel 3 ,30 à 5 » 9. — — — ramené à 15 p. 100 d'euu. . G,G0àl0,30 Quelques-uns de ces produits valent beaucoup moins, poids i)Our poids, que le fumier ordinaire, ce (|ui explique pourcjuoi ils ne se vendent pas, même à des prix inférieurs et s'accumulent au préju- dice des usines où l'on traite le sewage. Il y a peu de fermiers qui puissent supporter les frais d'un transport de soi-disant engrais renfermant jusqu'à 70 p. 100 d'eau; en les refusant même à prix gratuit, ils font preuve de jugement. Si l'on tient compte, d'autre part, d'après les renseignements les plus autlientiques, (pie la séparation des matières solides en suspen- sion dans les eaux d'égout, soit par filtrage, soit par des réactifs, en dehors du prix des réactifs, correspond à une dépense de oO fr. environ par tonne de produit sec, transportable, on reconnaît com- bien l'opération est ruineuse sous le rapport commercial. Guano natif. — Parmi les nombreux procédés inventés etapi)li- qués en Angleterre pour l'épuration des eaux d'égout, celui cpi'ex- ploite la compagnie du guano natif, sous le nom de jji'océdé A B G, breveté par Sillar et Wagner, a eu le plus de retentissemeut à cause ANN. SCHi.NCli .\.QUON. 8 114 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. des essais en grand et des inslallations coûteuses auxquelles certaines municipalités ont été entraînées pour le mettre en opération'. La compagnie s'engage par ce procédé, non seulement à purifier le sewage de façon à pouvoir l'écouler sans inconvénient pour la salul)rité dans les cours d'eau, mais à en extraire un engrais artifi- ciel, ayant une valeur commerciale. Sans entrer dans la description du brevet et l'examen des matières nombreuses devant servir à la précipitation, il y a lieu de remarquer que sur les trois réactifs principaux, l'alun, le sang et l'argile, l'alun est connu de temps immémorial comme efficace pour la clarification des eaux, dans les- quelles il précipite plus ou moins complètement les composés azotés et albnminoïdes. On ne s'explique pas dès lors la nécessité d'ajouter du sang, c'est-à-dire une matière que l'alun doit précipiter. De même l'argile, à l'état d'argile, est sans effet, et le sel marin à petite dose n'a aucune action antiseptique. Quoi qu'il en soit, la commission parlemenlaire de -1868 {Rivers Pollution Commission), crut devoir conclure à la suite de bien des essais que, d'après les résultats de l'application du brevet Sillar, le sewage n'était pas assez épuré pour pouvoir être rejeté sans incon- vénient dans les cours d'eau. Vœlcker partage cet avis en ce qui concerne un district très peuplé desservi par un cours d'eau peu important, mais dans le cas de villes moins peuplées ne disposant pas de terrains appropriés à l'irrigation et situées à proximité de rivières d'un débit suffisant, l'épuration du sewage par les procédés Leek ou Anderson qui sont basés sur l'emploi du sulfate d'alumine, ou par le procédé ABC, est assez complète pour que l'écoulement s'opère sans nuire à la salubrité. Quelques soins que l'on apporte dans l'application des réactifs, on précipite les matières en suspension et f on purifie, il est vrai, sous le l'apport de l'odeur et de la couleur, les eaux les plus immondes, mais on y laisse les sels ammoniacaux et les autres sels solubles qui constituent les sept huitièmes de la valeur fertilisante du sewage. De toutes manières, cette clarification, même pour l'irrigation, offre un sérieux intérêt pratique ; mais le produit de l'épuration ne peut 1. Coviposilion and praclical value oj natice guano. Juillet 1870. TRAVAU.Y ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 115 guère s'obtenir à l'état sec et suffisamment concentré sans di^ très grands frais. Aussi bien à Leamington qu'à ïTastings et à Leeds, le précipité résultant du procédé ABC doit être pompé à l'état semi- fluide dans des turbines à dessiccation i)our i)crdre 50 }). 100 d'eau et rester exposé à l'action de l'air et du soleil en couches minces, avant de pouvoir être pulvérisé et mis en sac. L'engrais ainsi obtenu à Leamington, ou guano natif, tel qu'il est livré aux cultivateurs par la compagnie, a été analysé dans diffé- rentes circonstances par Vœlcker. Dans le tableau CXVII figurent les diverses analyses qu'il a faites. TABLEAU CXVII. — Composition du guano natif extrait du « sewage » à Leamington. Eau 1. 2. 3. 4. 5. 7.91 19.40 6.12 22.15 2.81 6.37 3.56 6.59 52.10 12.14 9.04 2.57 4.71 3.32 7.80 60.42 8.84 12.63 4.27 4.91 4.06 9.01 50.28 0.30 14.55 2.48 3.53 5.59 7.30 60.25 AlatiArp nrffanifiiift ' . . l'hosphate de chaux tribasique Carbonate de chaux et sulfate tribasique. Magnésie et sels alcalins Oxydes de fer et alumine Matières siliceuses insolubles 1 Contenant azote . 2.40 20.93 2.92 9.78 37.66 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 0.67 0.81 0.96 1 16 1.92 2.33 0.60 0.73 0.70 0.85 Kiin] à aninioniafiuf . 11 ressort des analyses (pie la composition de l'engrais est très variable sous le rapport de l'ammoniaque et du phosphate de chaux qui sont les deux fertilisants principaux, et que la proportion de matière inerte varie entre 37.5 et GO. 5 p. 100. L'ammoniaque n'y est pas à l'état de sels, mais de matière organique, de façon qu'en tenant compte de l'absence de la potasse dont les sels solubles sont entraînés dans le hquide clarifié, l'engrais de Leamington, dans quatre échantillons sur cinq soumis à l'analyse, ne représente guère plus comme valeur qu'une tonne de fumier ordinaire. La composition IIG ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. donnée précédemment du même engrais fabriqué ùLceds et ramené à 15 p. iOO d'eau, confirme cette conclusion. Utilisalion des eaux d'égout ; conclusions. — Les efforts tentés pour purilier les eaux d'égout au moyen de la précipitation et en extraire les matières fertilisantes n'ont abouti qu'à des fabrications dans lesquelles le coût de la manipulation n'a pas pu même cire couvert par la vente des produits. D'autre part, l'expérience des meilleurs fermiers de terres irriguées avec les eaux d'égout prouve que le filtrage intermittent à travers le sol n'est praticable avec succès qu'autant que les matières solides en suspension dans ces eaux ont été préalablement précipitées en les faisant séjourner dans des réservoirs. A moins, en effet, que les eaux d'égout n'aient été privées des matières en suspension, celles-ci s'accumulant à la sur- face du sol empccbent le filtrage de grandes quantités de liquide de s'effectuer avec rapidité. Beaucoup de sols d'ailleurs ne sont pas propres à l'irrigation con- tinue et même ordinaire, et tous les efforts qu'on pourrait tenter pour les approprier n'aboutiront qu'à des dépenses ruineuses pour les contribuables ou pour les fermiers concessionnaires. Si l'on peut trouvera portée des villes une étendue suffisante de terrains conve- nables, le filtrage intermittent est un excellent moyen d'utilisation; mais que faire des eaux d'égout, on se le demande, dans les loca- fités où le terrain est argileux et imperméable, ou bien situé à une trop grande distance, sinon à un niveau trop élevé de manière à rendre l'irrigation impraticable? Dans ces circonstances, ce qu'il y au- rait de mieux à faire serait de purifier le sewage à la sortie des égouts à l'aide de réactifs chimiques, d'une manière assez complète pour per- mettre l'écoulement dans les cours d'eau, sans crainte de les infecter. L'agent de précipitation le plus économique et de beaucoup le plus efficace, suivant Vœlcker, est le sulfate d'alumine mélangé avec assez de chaux, pour rendre le liquide légèrement alcalin et effectuer la précipitation complète de l'alumine du sulfate brut. Si les eaux d'égout ainsi épurées ne peuvent pas être déversées directement dans les cours d'eau, parce qu'ils n'ont pas un débit suffisant ou qu'ils sont trop éloignés, du moins peuvent-elles être filtrées après précipitation et clarifiées par le sol sans inconvénient. TRAVAUX ET EXPÉniENCES DU D"" A. VOELCKEn. 117 Comme conclusions snr l'utilisation des eaux d'égout on Angle- terre, Vœlcker formule les observations suivanics, dignes de remar- que, étant données sa connaissance intime de la question et sa liante expérience comme chimiste agricole : « 1° A mon avis, le procédé le plus économique de disposer des « eaux d'égout consiste à les conduire, si cela est possible, assez « loin dans la pleine mer, pour détruire toute chance de les voir (( ramener sur le rivage par le flux de la marée. « 2° Si le sewagc ne peut être transporté jusqu'à la mer cl qu'on « ne puisse pas se procurer des terrains assez poreux pour y prati- « quer le filtrage intermittent par gravitation, on peut clarifier les « eaux par précipitation et apjiiiquer le liquide clarifié en partie, en « irrigation ordinaire pour des cultures comme celles du ray-grass « d'Italie, et en partie par filtrage intermittent dans le sol, sans idée « d'utilisation agricole, les fermiers ne pouvant en tirer un parti « profitable. « 3" Quand les terrains convenables ne sont pas à portée, il faut (( recourir purement et simplement à la précipitation au moyen « d'agents chimiques. « 4" En résumé, les eaux d'égout, dans mon opinion, loin d'être « un précieux auxihaire agricole, sont un fléau dont l'agriculture ne « peut user que dans des circonstances exceptionnelles. Il n'y a donc « pas lieu de s'attendre à ce que les agriculteurs paient les frais que « nécessite l'utilisation de ces eaux. Ces frais ne doivent être qu'à la « charge des contribuables habitant les villes et jouissant du bien- « être procuré par le système de heux d'aisance hydrauliques et la « salubrité de leurs maisons \ » D. — Engrais des vidayiges. Dans les centres populeux jouissant d'une distribution d'eau abon- dante et d'une canahsation souterraine bien exécutée, le système du water-closet pour l'enlèvement des matières fécales, est le seul qui réponde aux progrès de la civilisation. Partout où ce système a été 1. Influence of Chemical discoveries on Ihe progress of English agriculture. 1S78. 118 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. installé, il sera maintenu, quelques charges qui en résultent pour les contribuables. Il est non moins avéré que la terre est le réceptacle approprié pour purifier toutes les matières excrémentielles et qu'au- cun agent ne désinfecte les matières animales putrides aussi rapide- ment et aussi complètement que le sol bien aéré. Toutefois, dans les centres à population disséminée, où les res- sources communales sont modiques, le système des tinettes sèches ou humides, pour la réception des matières fécales, a été appliqué avec d'excellents résultats, à la condition d'être strictement réglé et surveillé. S'il était possible, dans ce dernier cas ou même avec les fosses d'aisance, de recueillir les vidanges et les eaux vannes, de les con- server et de les transporter sans nuire à la salubrité, pour les con- vertir finalement en engrais secs, efficaces et faciles à placer, la solu- tion du problème serait plus économique par l'enlèvement que par l'écoulement. Malheureusement, tous les essais faits jusqu'à présent pour convertir en engrais les matières fécales et les détritus et im- mondices des villes, de même que le sewage, ont échoué au point de vue commercial. Les causes de cet échec réitéré ont été exami- nées par Vœlcker, dans un travail spécial présenté pour la discussion à la Société des arts*. Ces causes se rapportent principalement à la composition même des déjections humaines qui, pour la partie solide, renferment seu- lement en moyenne 25 p. 100 de substance sèche dosant 1.5 d'azote et 1 d'acide phosphorique et 75 p. 100 d'eau, et pour la partie li- quide ou l'urine, 3 p. 100 seulement de matière sèche. Ainsi, sans mélange, les matières fécales sohdes doivent, pour pouvoir être uti- lement transportées, perdre 3/4 pour 100 de leur poids d'eau; sinon il faut les mélanger avec un poids de matières sans valeur fertihsante, qui absorbent cette eau. Dans le cas des urines, lorsqu'elles peuvent être recueilhes sans addition d'eau et traitées immédiatement dans les appareils distillatoires pour dégager l'ammoniaque et la fixer à l'état de sulfate; ou bien converties en sels ammoniacaux directe- I. Society of arts. Second annual conférence on the health and sewage of towns, 1877. — 0)1 the value of prcpared night soil manures, by D'' A. Vœlcker, p, 45. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 119 ment, par des procédés, tels que celui du général Scott, il y a profit à en tirer un produit fertilisant d'une valeur délinic. Mais, outre que les urines sont presque toujours additionnées d'eau qui rend ces fabrications peu avantageuses, on ne peut les garder sans qu'elles se décomposent, en donnant naissance à des gaz méphitiques et à un dégagement de carbonate volatil d'ammoniaque, qui appauvrit les urines et l'engrais solide qu'elles contiennent. Les substances qui sont employées pour absorber l'eau des ma- tières fécales, à savoir : les cendres, la tourbe, le charbon de tourbe, les schistes calcinés, les balayures et issues des villes, ne font que diminuer la valeur commerciale et fertilisante des vidanges. Si l'on a recours, au contraire, à des fertihsants comme matières de mé- lange, tels que le superphosphate de chaux, le sulfate d'ammoniaque, etc., dans le but de donner plus de valeur à l'engrais humain, on constate qu'au lieu d'augmenter la valeur intrinsèque des vidanges, on a, par l'addition d'engrais concentrés, diminué la valeur de ces derniers. En réahté, le coût de toute manipulation dont la vidange est l'objet, soit comme transport, soit comme fabrication, excède le prix auquel l'engrais peut être livré sur le marché. En Flandre, en Allemagne, en Italie, où les vidanges sont recueillies et employées à l'état naturel, c'est-à-dire sans mélange de cendres, de terre, etc., . le prix du transport jusque dans la campagne est plus élevé que celui auquel le cultivateur peut payer l'engrais lui-même. C'est seu- lement dans le rayon où les fumiers et les gadoues peuvent se vendre, que les vidanges, sans frais de désinfection ni de solidifica- tion, et par comparaison avec le prix vénal des fumiers, ont chance de trouver un écoulement, sinon profitable, du moins qui n'implique pas une une perte sérieuse à l'habitant. Pûudrette Moule. — C'est en se fondant sur la propriété qu'a la terre sèche et tamisée, surtout si elle est argileuse, d'absorber et de retenir l'ammoniaque, de même que les autres éléments de fertihté, que le Révérend H. Moule, vicaire de Fardington (Dorset) ', a pro- posé et fait adopter l'emploi de cabinets munis de récipients porta- tifs, dans lesquels la terre sèche en petite quantité sert à recouvrir 1. On the composition and agricuUural value of Earth closei manure. 1872. 120 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. les déjcclions, à empocher leur fermentation et le dégagement des gaz nuisibles. Après quelques jours, la masse formée par l'interpo- sition de minces lits de terre entre les déjections, peut être intime- ment mélangée à la bêche ou à l'aide d'un mélangeur spécial et servir encore plusieurs fois de suite comme absorbant et désinfec- tant. Là où il est facile de se procurer de la terre sèche et tamisée, et d'utiliser le compost, le closet Moule répond économiquement aux conditions hygiéniques et agricoles du problème d'utilisation de l'engrais humain. Aussi, dans les villages, les hameaux, les habita- tions et les établissements détachés, le closet Moule a-t-il donné des résultats satisfaisants. Les objections contre son adoption dans les grands centres ont trait aux frais et à la difficulté de s'approvisionner de terre dans les maisons et de transporter assez souvent l'engrais fourni par chaque cabinet. En outre, l'urine n'est fixée et utihsée qu'en faible quantité, de telle sorte que la poudrette, formée pour la plus grande partie de terre, a trop peu de valeur pour couvrir les dépenses d'enlèvement. Comme la question de valeur delà poudrette Moule se présente en dernière analyse pour décider des avantages de l'application du sys- tème, Vœlcker a déterminé la composition d'une série d'échantil- lons, dont quatre provenant des closets du péniteucier de West-Riding, à Wakefield, Cette prison, comprenant 1,450 cellules, est desservie par un nombre à peu près égal de water-closets et declosetsMoule. En 1870, ces derniers, au nombre de 776, fonctionnaient depuis trois ans. La terre ordinaire utilisée comme absorbant était réemployée jusqu'à trois fois consécutivement; elle représentait par tète et par an un poids de 250 kdogr. Avant d'être réemployée, la terre ayant absorbé les matières fécales, séjournait cinq semaines dans des caisses disposées à l'effet de permettre le mélange intime du compost. Dans le tableau CXVIII (colonnes 1 et 2), nous avons groupé les analyses de la terre avant l'emploi, à l'état naturel et desséchée à 100% et de la terre ayant servi successivement une, deux et trois fois, après avoir été chaque fois mélangée et de nouveau tamisée (colonnes 3 à 8). Il est facile de voir qu'après chacune des opérations, la teneur en TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d' A. VOELCKER. 121 m "(3 o •03 • <5 M iJ H 7- o o -^ — iH = -H* O o ^ a 1 ^' ï-t ■?» co 5 CO O a a 1- =. Ci rH H «H •n (N H X5 CO CO o E^ 1 co (M IN o rH o rH U 3 / _ ^ - -~ ^ O \~ O l lO O •S' --0 ^H r^ ^— ' — »o O a ÎD C5 C5 CO CO o 'X> ■O O t- Ol a a a CO CO o 00 o ■-I (N cô d o (N r^ C5 (U "â iO C>4 O o f-* O o o rH \ •m fil _o « (M b- o If» O ^-~ _ w O H a ■ f-( W (N t>- JD C-l UO O Ci -H u H U "9 — i'- m CO CO o «i O r^ d ■* M Ci d ^ u ^ « iH O o c^ o o d M o c: m t- co -^ lO cr» t- ta H' o o -W 05 !>■ -M o T-t lO CD CO Ci o rH Ci M a 2 C^ Ci a ïH 05 a a IN O o in d r1< -d C^ iO I-) in o rH O d •«1 w as "•£) t^ to t* O -H N IN O -W -^ m iO -^ -!• !N CO ÙO rH o CJi t- « ^ c-^ *- a r^ a a a (N « O ri o CO H^ P. T-H «5 d d •^ rH -« . G^ CO -H -* o •* y-t o -w z (M ■^ yO »-) Ci t- O o C-l w ^ s a a a in CO -^ o co (M C^ d M O o rH d o -3J "^ »-( W o d o Ci. Vi ^ '^ -a OJ i"t îO -* ■Hl ce •« O o -^ 00 >o t- ■^ ÛO t- CO Ol o r* CO a a a a -* o b c '"^ co d d d *-1 O o rH d • •< 3 rH t-i fH CD o O o rH ■^" ^^ D CJ îo »-t M< eo t» IM O O O ^ O >o rH ■^ f^ t^ t- CO O O) rH œ — o , a a -* lO S - o o -t< d (>i O O o d O -aj -^ T— ( T-H I>- o d o H tH X ,fl rH B (N ^ b ■H u •H r-» en C5 OO 00 ^ o O I-r in W -c GO i-i H* co OO to -S} o O co HJI a a a tf »< 's ao o G^î d r- O o IN d d O Q •< s ^ i-H CO o rH O HM «î O >C I-» >n CO CO O ■2 à . - o .* f- «H « (M o Ci o r- in O a a CO o a <>5 * a (M a C(D o co -H •Zi "^ iM CO o o d &. X -.-3 rH (a •g a> C5 r- »r5 Cï O CÔ CO O -3 r^ CO ^o rH t- O Ci O Ci >n a a ~ CO c W t- G^ O oi CO O •< 3 ^ rH m O o d rH _ _^ 1 w _* CO lO 00 tH -M O Ci O -2 A 00 C5 iH •M ■* CO Ci O rH t^ J ^ • a a CO 00 a 4 ' ^ o TI Ci (M o 0< ^ tH rH o •a* -^ iH l-r o C o ■^ ^ X .n Si a - 1 -+ CÛ b- t^ ^ O (M CO o t^ S O* 00 O »H O CO C-I CO o o; -n ' ^• a a w CO > c 00 O c- tH rH -i o CO o c d ^ rH -.' • • C3 . *0 fl O 13 S a . cr« o 'cô o o c3 s . 100) en restant exposé à l'air, à la température ordi- naire, ou en séchant dans un courant d'air, à la température de l'eau bouillante ; par conséquent, le sel n'a eu aucune action. Les résultats obtenus par Vœlcker sont consignés dans le tableau GXX. TABLEAU CXX. — Essais sur le mélange de guano et de sel. Eau poui' lOO Aiiiinoniaquc pour 100 chassée avec reuu à 100» C Azole total pour 100 dans le guano à l'état naturel Azote total éyal à ammoniaque . . . Azote total pour 100 dans le guano desséché à 100" C Azote total égal à ammoniaque . . . ATAST D'ÊTRE EÏPOSÉ A L'AIR. Guauo pur. 12.82 O.T.J I i . 1 9 1 7 . 2 i 1G.2S l'.J.77 Mélange de 5o p. 100 guauo et 50. p. 100 scL 11.20 0.40 7.1 y 8.73 S. 10 9. S 3 APRKS ATOIR F,TF. ETPOSF. A l,'»IR pendant 1 mois. Guauo pur. 17.65 0.C9 13.42 16.30 1G.2.J 19.73 JXolango de .50 p. 100 guano et .50 p. 100 srl. 19.69 0.31 6.5i 7.9i 8.14 9.88 TRAVAUX ET EXPÉRIENCES ni; d'' A. VOELCKER. 133 Ce même guano, sans mélange, après avoir été conservé pendant plus d'un an, a été analysé par Vœlcker: Eau 16.593 Matii'Te organique et sols ammoniacaux ' 52.311 l'hospliates de chaux et de magnésie 22.273 Sels alcalins 7. 380 Matière siliceuse insoluble (sable) 1.4 43 100.000 1. Contenant azote 13. GO Égal à ammoniaque 16.52 Azote total [1. 100 dans le guano sec 15.90 Égal à ammoniaque 19.31 Ainsi, après une année, le guano avait perdu 0.38 p. 100 d'ammo- niaque, c'est-à-dire une quantité insignifiante. 11 n'y a donc pas lieu de recourir à aucun réactif pour fixer l'ammoniaque, le sel, aus.si bien que tout autre; il suffit de conserver le guano en lieu sec. Pour le guano humide ou avarié qui est en décomposition, il en est autrement; plus on le garde longtemps et plus il perd d'ammo- niaque. Au bout de 5i heures, le meilleur guano humecté entre en fermentation. L'odeur caractéristique du guano péruvien, que l'on attribue com- munément au dégagement d'ammoniaque, est due à nombre d'acides gras provenant de l'huile de poisson que tiennent les fientes des guanaes. Il est facile de le constater en humectant du guano avec de l'acide sulfurique dilué qui devrait saturer l'alcali volatil et détruire l'odeur, tandis qu'elle subsiste, même si l'on chauffe à 100" C. Quand on n'a pas l'emploi immédiat du guano humide ou avarié, il importe de le sécher en l'étendant en couches minces que l'on recouvre de plâtre ou bien de poussier de cliarbon que l'on a préa- lablement mouillé avec de l'acide sulfuri({ue, étendu d'un volume égal d'eau. On peut également le faire sécher au soleil ou dans un courant d'air, en le retournant fréquemment. Action de l'eau. — Il ressort des observations» faites parles culti- vateurs que le guano du Pérou n'est pas aussi efficace dans une sai- son sèche ou dans les localités où il pleut rarement, que dans une saison humide et dans les contrées soumises aux pluies. De même. IPA ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. oii a romarqné qno le giiano agit avec plus d'énergie (fuaiid il reste en couverliirc assez de temps pour (|iic la pluie l'ait lavé dans le sol. Ainsi, rintervcntioR de l'eau aurait une réelle importance dans la prati([ue pour l'application du guano. C'est pounjuoi Vo'lcker a tenu à étudier l'action de l'eau sur cet engrais, dans une série d'essais dont il a rendu compte. Après avoir fait bouillir pendant quelques minutes 6 grammes environ de chacun des trois échantillons n°' 4, 5 et 6 (tableau CXXI) dans doux décilitres d'eau distillée, puis ajoutant deux décilitres d'eau distillée froide, et abandonnant le liquide au repos pendant 24 heures dans un llacon bouché, on fdtra le liquide pour recueillir la matière solide que l'on sécha au bain-marie et incinéra après pesée. L'analyse de la partie insoluble et de la partie soluble pour chacun des échan- tillons est reproduite dans le tableau CXXI. TABLEAU CXXI. — Composition des guanos traités par l'eau. Partie soluble dans l'ean, comprenaut. . . Eau Phosphate Je chaux tribasiquo Aeide phospliorique Égal à phosphate de chaux tribasique . . . Acide sulfurique Acide oxalique Chlore Potasse Soude Sels ammoniacaux et matières organiques solubles ' Partie insoliihle dans Veau, comprenant . . Phosphates iusolubles Oxalate de chaux Potasse et soude Matière siliceuse insoluble (sable) Matières organiques insolubles- 1. Contenant azote Kgal à ammoniaque . .♦ 2. Contenant azote Kgal à ammoniaque N" 4. 57.01 42.. 09 11.59 3.82 ir>.i\ 15.14 0.60 2.G2 (5.68) 6.29 5.70 1.4S 3.69 1.62 19.87 19.52 0.77 0.63 1.21 20-86 100.00 14.07 4.67 18.74 N" G. 48.92 51.08 9.88 5. 46 1 5 . :i 1 18.42 0.48 2.34 (5.08) 2.88 5.67 1.50 1.91 1.47 14.25 20.92 1.17 0.61 l.ll 27.27 100.00 11.98 6.63 18.61 48.01 51.99 16.56 0.44 2.38 (5.16) 3.30 5.18 1.02 1.71 0.8G 16.56 21.60 1.37 0.77 1.51 26.74 100.00 TRAVAUX ET E.^PEUIENCES DU D A. VOELCKEU. 135 ïl ressort de ces analyses que, si une forte proportion du guano péruvien est solnble dans l'eau, une faible quantité du phosphate tribasique entre en dissolution; que lacide phosphoriquc combiné avec les alcalis est présent à haute dose dans le guano, ainsi que l'acide oxalique qui, en combinaison avec l'ammoniaque, passe dans la solution à l'éîat d'oxalate d'ammoniaque. Il reste peu d'acide oxa- lique et seulement un peu de potasse et de soude dans la partie in- soluble. Enfin, la plus grande partie de l'azote renfermé dans la matière organi(|ue du guano est soluble dans l'eau. TABLEAU CXXII. — Composition du guano à l'état naturel et après épuisement par l'eau. Eau GUANO naturel non traité par l'eau. GO épuisé p ANO a;- l'eau. 15.90 53.73 22.07 7.17 1.13 » » » I) » 11 II » Matière organique et sels ammoniacaux ' Phosphates de chaux et de magnésie Seis alcalins Matière siliceuse insoluble I. Contenant azote 100.00 » 1) 15.74 19.11 » » 1) » » n » » » » u » 74.89 II u « » II u 25 . 1 1 » » II II II » II 1) 15.90 6.91 1.28 14.42 33.46 » 19.82 0.5 G 0.77 1.36 2.G0 Égal à ammoniaaue . Partie soluble dans Veau, comprenant Eau Piiosphate de ciiaux trihasique Sels alcalins Acide phosphoriquc combiné aux alcalis Matière organique soluble (résidu d'évaporation). . . . Matière organique soluble (décomposée pendant Tévapo- ration) Partie insoluble dans l'eau, comprenant Phosphates insolubles Oxalate de chaux Potasse et soude Matière siliceuse insoluble (sable) — organique insoluble 1 100.00 100.00 136 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Les cendres parfaitement blanches, provenant de l'incinération des matières insolubles, se dissolvent dans l'acide chlorhydi'icjue sans la moindre eflervescence. L'acide sult'urique y a beaucoup di- minué. Dans un autre essai pour épuiser à fond le guano, en le faisant bouillir à plusieurs reprises dans de grandes quantités d'eau, et lavant la partie insoluble sur le filtre pendant cinq jours à l'eau dis- tillée, Vœlcker a obtenu les résultats consignés dans le tableau GXXII. On voit que le guano a abandonné finalement à l'eau les trois quarts de son poids; le dernier quart consiste presque exclusivement en matière siliceuse insoluble et en phosphates qui retiennent tou- jours un peu de potasse et de soude par affinité spéciale. TABLEAU CXXIII. — Essais de solubilité des phosphates du guapo fermenté. Matières solubles dans l'eau . — insolubles dans Teau. Eau *. . . Azote Égal à ammoniaque Phosphate de chaux tribasique (dans la solution aqueuse) . . Acide phosphorique tribasique. . Égal à phosphate de chaux tri- basique Phosphate de chaux insoluble. . Oxalatê de chaux APRES épuisement par l'eau. 74.25 25.75 100.00 16.57 15.71 (19.09) 3.13 (G. 78) IS.27 0.85 EPUISE par l'eau après 2 jours d'imbibitiou. 7i.44 25.66 100.00 3.06 (7.94) 17.58 ÉPUISÉ PAR l'eau api'ès 3 semaines d'imbibitiou. Ramené à 10.57 p. 100 eau. 34.84 9.18 (11.51) 1.53 4.04 (8.76) li .10 4.69 16.57 12.13 (14.73) 1.96 5.10 (ll.OG) 18.05 6.00 Sulubilité des pJiospIiales du guano. — Liebig a constaté que le sulfate etl'oxalate d'ammoniaque ont la propriété de rendre solubles les j)hoqihales insolubles. Vœlcker a vérifié cette pro|)riélé des TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'" A. VOELCKER. 137 deux sels que renferme le guano sur la solubilité des phospliales également contenus dans l'engrais. Leur action, très lente, est plus manifeste quand le guano est resté pendant un certain temps imbibé d'eau. Dans le tableau CXXÏII sont réunis les résultats du dosage de l'azote, des phospbates solubles et insolubles et de l'oxalate dans le guano, après épuisement par l'eau ; dans le même guano épuisé par l'eau après deux jours et après trois semaines d'imbibition. Pour rendre plus claires les différences résultant du dernier essai de fer- mentation du guano après trois semaines, les cliifl'res des dosages ont été ramenés par le calcul, pour une même teneur en eau, que dans le guano primitif, soit à 1G.57 p. 100. Pendant la fermentation active causée par l'eau d'imbibition, une partie des éléments organiques s'est convertie en carbonate d'ammo- niaque qui s'est peu à peu dégagé ; en même temps, il s'est produit de l'acide oxalique qui a rendu soluble une partie des phospbates insolubles. Ainsi, dans une courte période de trois semaines, il y a eu perte de 3.58 p. 100 d'azote correspondant à A.M p. 100 d'am- moniaque ; et par la disparition de la matière organique, la dose des phosphates s'est élevée de 25.05 à 31.07 p. 100. C'est dans la solu- tion aqueuse que cette augmentation apparaît, les phosphates inso- lubles deviennent solubles par l'action combinée du sulfate et de l'oxalate d'ammonia(jue, comme le prouve la présence de 6 p. 100 d'oxalate de chaux dans le produit final. Action de l'acide sulftirique. — L'addition d'une faible quantité d'acide sulfurique dans le guano a une action bien plus certaine que la fermentation pour transformer les phosphates insolubles en phosphate solubles, sans qu'il y ait déperdition d'ammoniaque. Cette action est due à la présence de l'oxalate d'ammoniaf[ue et à la for- mation du sulfate qui résulte de sa décomposition. Vo'lcker a re- cherché la dose d'acide la plus convenable à employer pour la trans- formation des phosphates insolubles du guano. Sur un échantillon analysé de guano du Pérou de bonne qualité, il fut prélevé quatre quantités que l'on traita respectivement par 5, 10, 15 et 20 p. 100 d'acide sulfurique (SO'IIO). Chacun des mélang.'S, desséché au-dessus du bain-maric, fut pesé et épuisé par 138 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. l'eau distillée, afin de permettre d'analyser séparément la partie soliible dans l'eau et la partie insoluble. Les résultats de ces essais qui sont présentés (tableau CXXIV) en regard de la composition du guano naturel servant d'écbantillon, indiquent, pour le guano mélangé avec 5 p. 100 d'acide : i° Que la moitié des phuspbates a été rendue soluble dans l'eau; 2° Que la plus grande partie de l'acide oxali(pie reste à l'état d'o:salate de cliaux dans la partie insoluble, tandis qu'une proportion équivalente d'acide pbospborique mise en liberté passe combinée avec l'ammoniaque et la potasse dans la solution ; 3° Que l'azote dans le guano sulfatisé est pour trois quarts à l'état soluble dans l'eau et pour un quart insoluble. En élevant la dose d'acide à 10 p. 100, la solubilité des phosphates s'est accrue, mais cette augmentation n'est pas en rapport avec celle de l'acide. La teneur en biphosphate reste à peu près la même, mais celle en acide phosphorique combiné avec les alcalis est plus grande. Dans les deux essais suivants avec 15 et 20 p. 100 d'acide, la solu- bilité augmente au point de ne plus laisser que 3 p. 100 de phos- phates insolubles dans le résultat final, mais les proportions d'acide phosphorique soluble dans les alcalis et d'oxalate de chaux dans la partie insoluble ne diffèrent pas sensiblement. C'est donc à la dose de 5 p. 100 d'acide qu'il conviendra de s'arrêter, et afin d'opérer le mélange de cette petite quantité avec le guano, Vœlcker recommande d'étendre l'acide de son volume d'eau et d'en saupoudrer de la sciure de bois ou, à défaut, du plâtre fin, ou du sable, afin d'obtenir un mélange intime, indispensable pour les réactions. Emploi du guano du Pérou. — Pour l'emploi du guano en cou- verture, ou au semoir, il est insdispensable de le réduire en poudre fine et de le tamiser, pour éviter que la fine poussière étant en- traînée par le vent, il ne tombe en place que des fragments plus ou moins gros, capables débrider les jeunes plante^. Quand on emploie le guano à l'automne, avant la semaille, cet inconvénient est évité, et il faut s'en tenir à cette pratique pour les terres renfermant de l'argile qui absorbe les éléments fertilisants de l'engrais. TRAVAUX ET EXPERIENCES DU D A, VOELCKER. 130 s S "s m o •a •*^ o u en o o S o u X X o ta <: M m < ■^ -| ^ -" tT) -H -t ■» Cï '-1< O '-S t^ 0? ID .,-5 «SI— Il ^s^ o^ioo »o<><»noc;rMt^ =^ ce; 1 .0 II iO U^ I- o -o -^ TC Cï ï^ "M *H -^ —' ■n '> .ho o =^ . r-i — ' TJ* r- w -M .^ rH 1 - Il ^ t. w ^ " ^^ 1 r^ (^ ç? 5~ W 01 « -* o Cï if: '^ C3 «5 -* co ir cô ?■; > — «^ ^_^ 2* -H ' ' O 1 1^ t^-^ Ht'M'ÎH" -HCOt*e^-OOC«î ■^ co C5 1 t^t^ t^O^ '^•-D5C'>10^-^C<" ■^ 00 -* 1 -«tM ÎO^r* ifît^OQO^I-H-M -f (M r- 1 oc «— ■«113,-^ -< :;2 w 1 ^ » ^^ ^ w 1 < "" -z 2 s a 5 5 a a a a a •— ^ C3 — rt . c — "^ 00 o" « r^ -# •^ '^> 34 '^ SI C3 m -^ C3 r)i >0 00 l^ ej (N ^ ^^ — ' M -^ ^ — ' :j o 1 o 00^ CitsS" lo5r70-«*'«-^'^ t- <0 1 TO II - i oio oci ^iO(N. 0^ ro co eo OJ 3Ï -W -1< rt î'ï >0 CT 05 C-l « K* ^-^ i-( i-< 7-1 fH " ^ ' ■ ^ ^ 1 o CO'-O --IITOO ^r^coot^ootô CO 1'! rs 1 o tOCO 00-H^ CiQCJCOt-«CC.- 00 -# :o 1 -T-H r^-i-x> c-^■^ioD^■^iw^^ « ■>)< 00' 1 ° à. -■ W — - ■* 3 rt rt « w iH >^ — ^ iH '^ :.0 — < >. '3 a 2 ft a 2 s a s a a D « ." C ' r^ -" te ^ -u ^ Oï t>- OC ■* to ç « « -r r^ -^ « 1-^ *- T ^ '^ o . < "5 1^ ce rî ce -*< O O -M eo »r t^^ '-i ;(^ c^ -n* o lO « co c aaaaaaaaaa-aaa a a a 2 3 o >0 X ! o ^ ^ tH o ~ t^ 5) Ci T3 3 .5 « « '5 a n •1-2 3 c 1^ 3 S • J3 4 •§1 d m A a-3 o as r/l rt O J3 X o '^ i: 0) d ■ • S) 3 s B 00 Q 3 • • o 3 rt 2 a-3 u} . — ta -3 5 .- ^ — •« >• 3 *" .:: e ^, 3 C M 2 * . M c! •^s.g| § = « = 2 — C! 05 -J r. — « 2 s £ tt) eô " j: « 2 _ 5 rt ï "^ -S .ï -S g-i -S -i — — . s 3.rf i: •» 3 ■« •;: t '^ a — "S ? « ^ ^. a- 03 s _'-a tI-h K -'S X M iSi ^ ci s ï- c s ^ rJ-K -:-« 140 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. La mise en poudre du guano s'obtient difficilement pai" les meules ou les rouleaux; aussi convient-il de le mélanger préalablement avec quelque autre matière qui empècbc les grumeaux de se former. Ni le plâtre, ni le sel ne donnent de bons résultais; le cb:irbon tamisé, le poussier et les cendres répondent mieux au but, mais le sable fin réussit bien. Si l'on incorpore le sable avec les morceaux qui n'ont pas passé à travers le tamis et qu'on écrase ensuite au rouleau, on obtient une poudre fine qu'il importe alors de mélanger avec du sel pour éviter la poussière quand on sème surtout à la main. Vente du guano du Pérou (ancien). — Bien que la valeur com- merciale du guano du Pérou ait été pendant longtemps réglée par sa teneur en ammoniaque, soit 16 p. 100 d'ammoniaque au mi- nimum, correspondant à 30 ou 60 p. 100 de matière organique, on a dû plus tard tenir compte aussi de sa richesse en phosphate de chaux, 20 à 25 p. 100 ; en sels alcalins, 6 ta 8 p. 100, et de sa pureté eu égard aux matières insolubles ou au sable dont la moyenne ne dépasse guère 2 p. 100. Un bon guano par incinération perd deux tiers de son poids ; et le tiers résidu est formé de cendres absolument blanches qui ne font pas effervescence par les acides. Au contraire, un guano inférieur ou frelaté, donne plus d'un tiers de cendres colorées. Si elles sont blanches, qu'elles ne se laissent pas immédiatement dissoudre par les acides, on reconnaît la présence du phUre ; ou bien qu'elles fassent eflervescence par les acides, on distingue le mélange avec la craie. D'ailleurs, le vrai guano du Pérou pèse de 85 à 90 kilogr. l'hectolitre, et le guano frelaté pèse davantage, à cause de la diffi- culté de le frauder avec des matières de mélang(j de môme densité. Pendant bien des années, la composition du vrai guano a varié si peu, que la garantie donnée par le vendeur qu'il était de la pro- venance Gibbs, était suffisante. MM. Gibbs, qui importaient égale- ment en Angleterre du guano avarié, ne l'introduisaient sur le marché qu'avec les marc[ues D et DD (damaged et double dama rjcd) qui voulaient dire avarié et doublement avarié, et le faisaient vendre aux enchères. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'" A. VUELCK.ER. 141 b. — Guanos nouveaux du Pérou et d'autres provenances. Les vasies gisements des îles Cliincha, après avoir approvisionné depuis 1840 l'agricullure en Europe et en Amérique, ont atteint la période d'épuisement vers 1870. C'est vers cette époque que les agents du gouvernement péruvien, MM. Thomas, Bouar et C'% annoncèi'ent à leur clientèle anglaise que, ne disposant plus de guano Chincha, au prix de 300 fr. la tonne, ils offraient du guano des îles Guanapc et Macabi à un prix plus réduit. En même temps que le guano dé Guanape arrivait sur le marché pour le remplacer, suivi de celui des îles Macabi et Lobos, de nom- breux guanos azotés, découverts sur d'autres points du globe, étaient mis en exploitation et oiferts en concurrence avec le guano nouveau du Pérou. Leur composition, que Vœlcker a eu si souvent à déterminer pour les membres de la Société royale d'agriculture et pour le public agricole, n'offre plus, pour certains guanos complètement épuisés aujourd'hui (Guanape, Macabi, Saldanha, Icliaboc, etc.), qu'un intérêt rétrospectif. Nous avons cru toutefois reproduire quclijucs- unes des analyses avec les observations auxquelles elles ont donné lieu, en regard de celles des guanos plus récents, afin qu'elles ser- vent de terme de comparaison par rapport à l'ancien guano du Pérou. Le guano des îles Guanape, situées à 5 degrés sud de l'équateur, importé en 1869 en Angleterre, a été analysé par Vœlcker (n"' 1 et 2, tableau CXXV) ^ Les deux échantillons essayés indiquent une humidité beaucoup plus grande et une teneur enammoniaijue moitié moindre que celle du guano des îles Chincha. De plus, le guano de Guanape n'est pas homogène, les deux analyses variant entre elles, ce qui indi(|ue qu'il est sujet à l'action des pluies ou des fortes rosées. D'après les essais faits sur des chargements expédiés en 1870, on avait pu constater que le guano de Guanape était beaucoup plus sec que l'année précédente et se rapprochait, comme (pialité, de la 1. Report oj (he consiilling cheinisl Jor ISGO. 1S70. 142 ANNALES DE LA SCIENCE AGllONOMIQUE. ô 1^ ,^__, -* CJ: c- O co o co ■^ t- r~ t— O "^ O I-- 1-0 -r-t .-O 1 ": ce O o ■^ 1.-5 Cl en "'" o o Cl • o Cl -* a ce co co c c: o o Ci o o QJ O r- o co co o L.O C) Ci *^ « a ^ t- J-~ c/:: o ■*-H o Cl ^~, Cl o 'W •^ CI o ■ oi m r^ »^ Oi o ^^ o c .,_ Vi4 o < tS t- o o 'X O o ô ■" o a H a .-• o - i~- C5 .^^ et .^ o c< >o a a J3 *.7^ Cl o ^ > >4 1 o Si <; p. n i-- ■T^ o t~- C5 o o co to •<^ J3 o o Cl Cl Cl o o o c co o Cl o CI •r- 1 -•■+1 o ft es ^ ■4-> a o co o C3 -^ o o c c: pc o Ci o a -1^ o co Ci c o o c *.-H C( lO A S li >* et rji o «D o t^ Cl «^ •O C: Cl ~'~^ -* '"' o o cr 00 X et ce C o o Cl t^ C4 o S > o '-' O i- CO t^ CO o s:; < . "^. to ■ o a> t^ o co Ci Ci co Ci M (N O oo C( lO e-i o • • ~ O Ci co co o t~ ce co o C! ^ es <11 O M , Ci o Cl ai c» o o o o o t^ co •O ^ a iH r~ (M .-O •r-> c^ o o c -^ o a a M 1 "*"* -* C( ■'"' o -T-H o "'^ •»-• «^ ■ f4 » o a, S o 1 "x 3 V > « 13 X u O .2 'S o _3 o ai X! J3 t3 s b/3 u o c es a T3 3 .H" «3 a> o "3. < {A o ■(« "n H (U O) es .a o X Cu O) 3 .2" 3 _4 o (S a. c _2 "o 3 .5" '5 C3 M n 'c c n o biD CA c c c c; (/i Ci. s— c/3 C (/■ es C3 o eu t- .= C3 &. c -c- C .« 'ïï a. 'Qi c o 13 â "S o crt c^ ^3 es fcj 3 cl ■/i x^ '■^ Cl •U3 -< TRAVAUX ET EXPÉIUENCES DU d"' A. VOELCKER. i4;-5 o « > O eu (D U S o u •Ci s -a 3 o 01 o s en a> 13 S O tn O a o > X X u & (S < o -9- < .S o "3 ^ S- »! C72 O O ^o i-- o o o o 1^ o o o o o o o c C3 o 1^ o ."5 CI o o o o Cl Cl V" o CO Cl o o o o C3 Cl o CO o o o o CO C5 C( Ci Cl o o o o o C^( '.o o ■ .o o o CI CO UO o o o o o CTJ o 1^ Cl o o o o C( C3 o C( o 1^ o o o ■rs CO o o -^ ^ .o — o Cl l~ Cl ta Cl o .o .o 'O Cl CO o , _ 1 ,^ Ci CO '- ce v 3 .S" ■^ es 2 S 'B o. es o J= o. o o. a> ■a 144 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. m a> o fl a > o S o ;-■ PU X O) > O s m o ;3 rt S t3> en O) a o O a, a o u > X! X u & PQ < El o •a o o C3 o — < co Cl o C( ce ■-0 C5 o C( C3 o c» C5 n o ■— ^ *j^ C/D C-5 ■ O c, -^ O .-"5 ■" ■ .'5 CO (M f^ .» o C( O o ■^ ^ Cl •^ C5 CI C-5 (M o '.-5 Cl C) r- CO CO co O o o o es c» Cl co o o o C( ers Cl co Cl o o Cl o .-5 r-5 O n o O C5 O C5 Ci O C-5 o o • -5 O O -j- — 1 Ci I- — r-5 CD Ci o o o o r~ o o r^ o Ci «o co co co CI co o ■^^ co C( r- •^•4 co o o Ci o co o co 1^ Ci o • o co co co — co Cl — c< o o o o 1- Ci co CI ■— o co Cl co — co oc co ^^ 1-H CI o o o o 3 . C3 « C3 tu -/y C B O S C3 •ZJ t/> ■O «3 OJ .4^ >^ «J C3 o c: es so c/5 ai o cd x: •OJ o. n J2 o .a •S co >o o co co 1^ ■ o •^- c-5 CO O Ci co co o o o =! en o S cr « T3 o «î JS a. cr p> ■ o a r! -^ o cr .^ 1 1 e S c ■u ci "S, O a. -T3 s o — •;i) Cl s o u o .CB 60 o TilAVAi;\ ET EXPÉRIENCES DU d'' A. VOELCKER. 145 moyenne dos deniièrcs importations de guano péruvien. Mais en i87i, sur 78 ccliantillons de guanos analysés par Vœicker, dont les trois quarts provenant des îles Guanape, la teneur en eau s'élevait de 22 à Î2i p. 10(1; l'ammoniaque ne titrait pas au delà de 11 p. 100 et, dans certains échantillons, au-dessous de 7 p. 100. Les agents du gouvernement péi'uvien persistant à vendre ce guano à un môme prix fixe, sans tenir compte d(>s difierences de composition, la vente s'est abaissée notablement. Les agriculteurs se sont refusés de prendre livraison d'un produit aussi variable, sans garantie dans la teneur, et ont cherché l'équivalent du guano dans d'autres fertili- sants. Le guano de l'île Macabi, située dans le voisinage des îles Guanape, a été inq)orté en 1872; il resscmi)lait par sa composition et ses caractères extérieurs au guano de Guanape qui pouvait être regardé comme renfermant en moyenne 22 p. 100 d'eau, 30 p. 100 de phos- phates et 12 p. 100 d'ammoniaque. S'il y a eu des chargements dont le guano ait dosé jusqu'à 14 p. 100 d'ammoniaque, c'était à titre exceptionnel. Il renfermait, du reste, beaucoup de carbonate d'am- moniaque volatil qui lui donnait son odeur pénétrante et n'était pas sans danger pour les récoltes quand il était enqdoyé en couverture et que le temps se maintenait sec. Enfin, l'état pâteux de ce guano entraînait des frais spéciaux pour sa pulvérisation. Dès 1871, les agents du Gouvernement du Pérou pour la France et rAllemagne ont commencé à introduire à Rotterdam et à Ham- bourg un guano extrait des îles Ballestas, à proximité des îles Chincha. Comme celui de Chincha, ce guano, sec, de couleur jau- nâtre, contenant peu de matière insoluble, dosait en moyenne de 1-4.75 à 16.50 [). 100 d'ammoniofpie. Sur les 17 chargements ayant doimé heu à des prises d'échantillons pour analyse ', nous avons choisi au hasard G analyses qui figurent sous les numéros o à 8 dans le tableau CXXV. Les dépôts de ce guano ont été reconnus comme sufïisants pour approvisionner le marché pendant nombre d'aimées. Le promontoire d'Angamos, sur la côte de Bolivie, fournit un guano de qualité qui a été peu régulièrement importé en Europe, à 1. Animal report J'or 1871. 1S72. A.N.N. SClKNCli AfillO.V. 10 146 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMKJLE. cause des difficnltés que présente son exploitation à liane de rochers. Vo^lcker a délei-rainé la composition de deux échantillons* (col. 9 et 10, tableau CXXV). Ce iiuano, très sec, jaune clair, exhalant une odeur de poisson, est plus riche en azote que celui des îles Chincha, mais en revanche plus pauvre en phosphates de chaux et de ma- gnésie. N'ayant subi aucune décomposition, le yuano d'Angamos avait une réaction acide; mais étant imbibé d'eau et abandonné en lieu chaud, il ne tardait pas à fermenter et, par la production du car- bonate d'ammoniaque, à montrer une réaction alcaline. Les gisements des îles Guanape et Macabi étant épuisés, les agents du gouvernement péruvien ont livré, dès 1875, des guanos du sud du Pérou comme devant pourvoir à l'avenir à la plus grande partie des approvisionnements. Ces guanos qui proviennent de Pabellon de Pica, au sud d'Iquique, de la baie Independencia et des îles Lobos, ont été analysés par Vœlcker. Nous avons rapporté dans le tableau CXXV quelques-unes seulement des compositions qu'il a déterminées ^ Le groupe de Pabellon de Pica comprend trois variétés : Pabellon, Huanillos et Punta de Lobos. De ces variétés, celle de Pabellon est la meilleure ; mais toutes trois sont sèches, en poudre line et supé- rieures aux guanos de Guanape et de Macabi. Les guanos de la baie hidependencia, également très secs, sont presque aussi liches en ammoniaque que ceux de Pabellon, mais plus pauvres en phosphates et contiennent du sable. Quant aux guanos de l'île Lobos, à teneur bien moins élevée en ammoniaque, ils sont particulièrement riches en phosphates, mais de valeur inférieure à celle des précédents guanos. Les trois dépôts qui forment le groupe de Pabellon de Pica, d'après les estimations faites, renfermaient plus de 7 millions et demi de tonnes de guano. Dans les analyses que Vœlcker fut chai'gé de faire en 1874 par le secrétaire d'État aux affaires étrangères'', il avait re- comiu (pie le guano proprement dit de Pabellon, coloré en brun clair, pulvérulent, titrant entre 8 et 13 p. 100 d'ammoniaque et de 1. On plios pliai ic (juanos. ISTC. 2. Annual i-rpnrl for 1S7G. 1877. :j. licporl on llie composition of l'eruviiiu guano sent Oij tlic secrelanj oj the udniiruUy. — Jouni. Uoy. Agric. Soc. Lngland, t. X, lS7i. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d' A. VOELCKEU. 147 1 i"i p. 100 cic sable, appailieiiL à uiie l'ormalioii relaliveiiicnl rc- cenle cl est comparable à rancien guano de Chiuclia. Le giiaiiu de IHmla de Lobos qui tient N p. 100 d'ammoniacpie et une (piantité considérable de sels alcalins, est sec, linement divisé et comparable au guano de Guanapc. Quant au guano de Huanillos dont la teneur en ammoniatiuc varie entre 8 et 10 p. 100, il est également sec, pulvérulent et de couleui' briui clair. Les sels alcalins de ces guanos (pii renferment une proportion notable d'acide pliospliori(pie en combinaison, consistent principalement en cliloriire de sodiiun, en sidfate et pliospliatc de potasse et de soude, et en nitrates. La détermination de l'acide nitrique dans les échantillons con- signés par le Gouvernement a donné comme chiffres : ACIDK NITRIQUK p. 100. .Moyenne de ô échantillons l'abellon O.âijl — de ;j — l'unta de Lobos -i.oUG — de j — Huanillos 1 . iOG La présence de l'acide nitricpie à une dose aussi forte dans ces guanos jette un jour sur la formation des vastes dépôts de nitrate de soude dans la province de Parapean et d'autres localités du Pérou méridional. Le guano de la haie de Saldanba (n" 23, tableau CXXV) est de couleur brun foncé, d'une odeur pénétrante due au carbonate d'am- moniaque volatil, conuiie celui d'ichaboc analysé également (n" 2i), il provient des fientes récentes des oiseaux de mer qui pullulent autour de ces îles. Le fait que la pluie est rare dans ces parages explique la teneur élevée en ammoniaque de ces dépôts qui sont principalement exploités en vue de l'Ecosse, cl donnent lieu à des expéditions nom- breuses au port de Leilli. Le guano d'ichaboc, plus jaune (pie celui de Saldanba, est mélangé le plus souvent avec les plumes et les autres détritus des oiseaux rpii le produisent'. Sous les n"' 25 et 20 figurent les analyses de deux guanos imi)ortés d'Egypte en 186o; bien qu'infi'ricurs au guano du Pérou, ils n'en ont pas moins une valeur réelle, étant particulièrement riches en 1. \nHUuL report J or 1S7G. IS77, 148 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. malière organique et en sels ainiiioniacaux, (jui tiennent plus de 18 p. 100 d'ammoniaque '. Vente des nouveaux guanos du Pérou. — Dans les dernières années du contrat du gouvernement péruvien avec les consigna- taires Tliomas, Bouar et C'% qui prit fin en 1872, les récriminations des agriculteurs anglais contre la qualité et le prix des guanos ne lai'ircnt pas. Le fait de l'abaissement de la teneur en ammo- nia([ue, sans réduction correspondante dans le prix du guano, n'était pas sans gravité pour des cultivateurs habitués à recevoir jusqu'alors un produit sec, coloré en jaune et riche en matière azotée. Si les roches phosphatées, récemment découvertes en amas puissants sur divers points du globe, ne laissaient pas prévoir un épuisement prochain des ressources en acide phosphorique, du moins, pour le guano du Pérou qui avait été la principale source d'ammoniaque, les craintes d'épuisement étaient fondées. D'ailleurs, le vrai guano du Pérou, à cause de son état de siccité, se prêtait sans trop de difficulté à la pulvérisation, tandis qu'avec les guanos des récents arrivages, titrant seulement de 10 à 12 p. 100 d'am- moniaque et de 25 à 30 p. 100 d'eau, entremêlés de nodules pâteux, la mise en poudre créait un véritable embarras pour le cultiva- teur. Dans le tableau GXXVI nous avons réuni, pour rendre })alpable la différence de composition entre les produits expédiés avant et après 1870, les analyses que Vœlcker a données des guanos qu'il a lui- même employés dans ses nombreuses expériences sur la culture des navets de Suède et sur l'application de divers engrais en couverture j)our la culture du froment ^ Il n'est pas difficile de constater que si le guano de 1870, n" 4, est encore originaire de Chincha, il ren- ferme non seulement moins des deux tiers de l'ammoniaque contenue dans les autres échantillons (1 à 3), mais qu'il est UKsIangé de matières inertes, telles que pierres, terre et sablée Quant à l'échantillon n° 5, 1. Annuol rc'porl on uduUerations for 1863; décembre 18G3. 2. Expcrimcnts upoii Swedcs , 1S.J8, 1861. — Expeiimcnts ivilh (op-dressitujs uponwheat; 1800, 1862, 1803. 3. Report of Ihc Chemical commutée for 1870. 1871. TR.A.VAUX KT K.\PÉI\1ENCES DU D'' A. V( lELCKKI! . 149 mis en essais en 1881, sans contenir anlanl. d'impurolt's, il no liliv que 10.8 d'ammoniaque et 10. ^59 d'acide phosphoiùiuc '. Bien que le Gouvernement, eût traité en 187::^ avec MM. Dreyfus frères et C'% pour la vente du guano en France, MM. Schrœder et C.'" étant leurs consignalaires pour la Grande-Bretagne, il fit une convention nouvelle, en 1876, avec la Société dite du guano pé- ruvien (limited) pour la consignation du guano à l'étranger. Cette société annonça, dès ses débuts, que le guano de cliaquc cliarge- ment serait livré par elle d'après une ('clielle de prix basés sur In composition moyenne du chargement; et ce fut le cbimiste-conseil de la Société royale d'agriculture d'Angleterre qu'elle désigna pour les analvses. TABLEAU CXXVI. — Composition de guanos du Pérou mis en expérience à diverses dates. Eau 1858. 1. 1859 et 1860. 2. 1802. .3. 1870. 4. 18S1. 18.50 52.33 21. G6 G. 41 1.10 17.12 51.31 22.55 7.94 1.08 17.03 52.01 19.61 10.55 0.89 11.22 38.89 23.92 7.73 18.24 19.10 36.65 2G.13 13.32 4.80 Matière organique et sels ammoniacaux ' . Phosphate de chaux et de magnésie. . . Sels alcalins* Matière siliceuse insoluble 1 Contenant azote 100.00 100.00 100.12 100.00 100.00 14.16 17.19 14.64 17.77 14.94 18.14 8.75 10.62 8.90 10.81 Éual à ammoniaoue 2. Contenant acide phosphorique. . . . Acide phosphorique total 1.46 1) 1.22 D » 4.42 16.39 C'est assurément une juste garantie, fait observer Vœlcker, (jue celle offerte par l'analyse, mais pour les cultivateurs qui achètent le guano par lots de 1 à 2 tonnes, il serait désirable, étant données les variations qui existent entre les variétés des guanos du Pérou sud 1. Field expcriments on swcdish turnips. 1881, 150 ANNALES DE LA SGIENGK AGRONOMIQUE. ([VA ont reniplncé ceux dos îlos Cliinolia, Gnaiiape, etc., de faire des mélanges aux ports de cliargemeiit. nfiii d'obtenir un produit com- mercial d'une valeur déterminée, La mention de guano véritable du Pérou ne suffit plus à l'agriculteur pour le fixer sur le produit qu'il acbète, ni pour le protéger contre la fraude ' dans la vente au détail. Guano dissous. — C'est par considération pour les diiïlcultés d'une livraison de guano de composition uniforme, également lin et sec, fpie le Gouvernement autorisa en 1874 ses agents en Europe à le trailcr par l'acide sulfurique et à le livrer à l'état de guano dis- sous '^ sec, en poudre fine et d'une composition garantie sur analyse. Dès 1870, et depuis cette année, de vastes usines furent établies par la maison Ohlendorf et G''^ à Hambourg pour fabriquer l'acide sulfurique nécessaire au traitement du guano. Après dessiccation et criblage, le guano était mélangé dans ces usines avec la dose d'acide qu'exige la conversion du carbonate volatil d'ammoniaque en sulfate neutre d'ammoniaque non volatil, et du pbosphate inso- luble en pbospbate soluble dans l'eau. L'engrais résultant du mé- lange avec l'acide sulfurique étant sec, pulvérulent, à l'état con- centré, et réunissant les avantages des superphosphates avec ceux du guano, n'a pas tardé, malgré une augmentation de prix de 1^ fr. 50 c. par 1,000 kilogr. par rapport au guano du Pérou, à trouver grande laveur auprès des agriculteurs allemands. Vœlcker àllirme qu'en 1871 déjà, la vente du guano dissous en Allemagne avait atteint 00,000 tonnes. D'après les analyses que Vœlcker a publiées du guano dissous de llniiiboiirg (i\""\ et 2, tableau GXXVll)'', on remarquera que, tout en dosant de 10.5 à 12 p. 100 d'ammoniaque, le guano dissous rcii- ierme de 20.5 à 22 de phosphate soluble et de 5 à 7 [>. 100 de phos- phates insolubles ; et constitue })ar cela mémo un engrais supérieur au guano brut, pâteux et vendu sans garantie des iles Guanape, etc. Aux docks Victoria, à Londres, les agents du gouvernement péru- vien avaient également installé, en 1(S72, des chambres à acide sulfu- 1. Annual report for 187G. 1877. 2. Annudl report for 187 5. 1875. :{. A)i7iual report of t/ie Consulting chemisi for ISTJ. 1873. THAVAUX ET EXPÉRIENCKS DU 1)'' A. VOF.LC KKIt . 151 riqiio pour lu fabrication du liiiano dissous destini' à la consomma- lion eu Angleterre. TABLEAU CXXVII. — Composition du guano dissous par l'acide sulfurique. Eau Matii're oriranique et eau combinée'. lliphospliate do chaux Égal il pliospliate de chaux trihasique riiosphates insolubles Sulfate de chaux Sels alcalins et magnésie Matière siliceuse insoluble .... 1. Contenant azote Egal à ammoniaque OUANO DISSOUS. Septembre 1872. li.G.J 42.37 13. 8G (Jl.TI) 5 . 09 16. 3G 3.78 3,69 100.00 8.72 10.59 Décfmbro 1872. 10.7.S 41.88 13.2U (20.6,s) 7.19 13.39 4.39 3.17 100.00 8.96 11.88 On a objecté contre le traitement à l'acide sulfurique, que les pliosphatcs du guano étant à l'état voulu d'assimilation pour les besoins des récoltes, il était inutile de les rendre plus solubles. Mais le but principal est, tout en neutralisant le carbonate d'ammoniaque, de produire par l'action de l'acide sur les pliospbates insolubles une certaine quantité de sulfate de cliaux qui, par sa combinaison avec une proportion d'eau déterminée, joue le rôle de dessiccateur et amène l'enivrais final à l'état pulvérulent et homogène. c. — Guano de chauve-souris. La fiente des chauves-souris forme des dépôts considérables de guanos dans certaines grottes de l'Arkansas, du Texas, du midi de l'I'^spagne, de la .Jamaïque et de quelques îles appartenant aux archi- pels de Bahama et de l'Océan Indien. Ces dépôts comprennent non 152 ANNALES DR LA SCIENCE AGRONOMIQUE. seulement les excréments, mais les corps des clmiives-soiiris, des détritus d'insectes et plus ou moins de terre en mélange. Le guano a une couleur variant entre le brun clair et le brun foncé, et senl très faiblement l'ammoniaque. Certains guanos sont légers, pulvéru- lents, odorants et secs; d'autres sont lourds, terreux, pâteux et ino- dores. C'est surtout dans les immenses cavernes rocheuses du Texas et de l'Arkansas qu'on a découvert les plus vastes dépc»ts, jusqu'à 15,000 et "iOjOOO tonnes dans une seule excavation. La composition du guano de chauve-souris varie considérablement, suivant la région dans laquelle vivent les insectes dont les chauves- souris font leur nourriture, et suivant l'état, ancien ou frais, des amas. Le tableau CXXVIII réunit les diverses analyses que Vœlcker a faites des guanos de chauves-souris de plusieurs provenances. Nous faisons suivre ces analyses des observations qu'il a pu- bhées ', Gîianos de l'Arkansas. — Des deux échantillons dosés, le premier, désigné comme venant d'un ancien dépôt (n° 1), était terreux et sec ; le second (n" 2), fourni par un dépôt récent, était très mouillé, en mottes et de couleur foncée. Malgré son état de siccité, le guano n° 1 renferme moitié moins de matière organique et de sels ammoniacaux et beaucoup moins d'acide niti'ique que le n" 2 ; mais il est plus riche en phosphates. Il renferme toutefois tellement de matières siliceuses, de terre et de sable, que l'exploitation du guano dans ces conditions ne saurait être profitable. Le guano frais n° 2, qui contient 8.80 p. 100 d'azote fourni par les matières azotées, les sels ammoniacaux et les nitrates, était rempli de fragments d'aile d'insectes, et ne révélait aucune quantité appréciable de carbonate volatil d'ammoniaque. La présence d'une dose aussi notable de nitrates s'explique par la perméabilité à l'air du dépôt. Un pareil engrais sur le marché vaudrait 250 fr. les 1,000 kilogr. L'examen d'autres échantillons de guanos expédiés du Texas et de 1. On Bals'gxiano ; Jioy. Acjric. Soc. qf Eng/and journal ; vol. XIV, IS7S. TRAVAUX ET EVPEIIIENCES DU D' A. VOELCRER. 153 u ? o m I o > O 03 t3 VI O a « en w ;^ ■o ES O o p. s o u > X X u < m <3 H S r-î § C3 es a a s CO a s r— es cô o ea os o Cl co S'a; 1 - «: co •^ es o o o o os Cl os ■< = 1 •-I »H \ 1 (M œ t- 00 00 ci o o CI es co oc -1* * ri ^ co 00 »c o o o »-4 00 o r-l co / Cl -i< O O os -* o ce o os •-■ r>- CI r* fH e o 0^ O O UO -v r-t o 1 " co co c^ ce es -^ es es co o os o co < 'E t^ r-< o O 00 Ci o o — 2 ^1 CJ Cl cî <-< a a co a ci 'f ?l co co a g / '^ ti: •Z> X -** O co ^ »o o "S fl 2 co ce 3i co o o o o i— co e- 00 = ce Cl iH Cl eo y o o o o s II •^ >-» lO ^1 r- iCi ce es CO o o co c co o o t— t^ t- co t— (N o !- t^ -* co tO M ■<)< ïH o tH T- ' \ IM " iH (M T-( o « H o *M O ce es «O t- c^ ^H o 2; >o CI o o t'- co cr: 00 o co o II ;o o B iH co rH ^ o c c t> »H 0. ■À r>- •ra OJ O co co o S o «o ■* a> oo os o co V. -i; ■? « a a 3 a a CI ir ■^ eo co h! •* t' lO o '< 04 ot co o *"* ^ *"' Cl t— 30 CO "M co >o r- o 05 ce o 00 £ « ^ O co »o o 1^ o o ^ < co »H -* W CJ r-i eo o o 00 c tH 3 < '"' 1 -H Cï lO cr co os o es c- CI UO *" CO o O 1-t o es o 3 _. cr CI -51 ■^ »o co d o -* co o -; co :0 Cl -* t* Cl es o o o oc es *-< CI œ 1 o a >o t= os OD ao rH co -* o "-• o ^i |a| ^' C-3 ^ " ■^ CO Tll oo o o »-4 « o 00 ?5 1 ■? _• •* Cl t^ CO CO *- es O co o o o 0- i> os < ta CI o ca Cl iH o o Cl CO ï-4 ■s i 0) a •*J " i M * - ^ 3 o c c5 ■^ .1 ^ 3 C Œ) !s "c ZJ ■s s to a "l a 00 .M a "c c *J -a M e ^ > iS V o 0) 0) > 3 s E ? ,1 a a < es o, w o Si o. •cj ■5 'S S 3 a C tfl 1 J o g g B .S* ^ 1 s- o ~ 1 > « •a a Ô ji en O •a a t a w o c; o S) 'M o « "3 en 00 a a • c c c *M Œ h a c 'c a •c ' o s ea 'M a cS C o o o o .2 a o a a es -rt ? rt 1 1 o 1 J3 c C "t t J . B < C^ Cn o M ^ fi. s < " *"^ ci 154 ANNALES DE LA SCIENCE AfinONOMIQUE. l'ArkaiiSiis démonlrc (jiio la romposilioii Naric l)eaiic,oii|t d'uiio ca- venic à l'autre : a. h. c. d. Eau 27.31 23.00 Ci. 07 12.30 Matière organique et sels ammoniacaux. 5. SI ,S.2G 21. ô7 :{0.it Contenant ammoniaque 0..V.) 0.58 3.53 6..J2 Phospiiate de chaux tribasique . . . . .").!'.• .".i.iO 3. OS 18.18 JSitrates de chaux, de magnésie, de po- tasse et de soude ■ . . 1.3S 9.85 4.97 li.SG Matière siliceuse insoluble 12.19 2.15 3.31 1G.70 L'échantillon a, pauvre en matière organi([ue, en phosphates et en nitrates, et mélangé avec des matières siliceuses en quantité, n'a qu'une bien faible valeur comme engrais. L'échantillon b, grâce à sa teneur en acide nitrique et en acide phosphoriquc, vaudrait aux cours du maixhé, en 1878, 175 U\ la tonne. Malgré son degré d'humidité, l'échantillon c qui titre en nombres ronds 3.5 p. 100 d'ammoniaque et 3 p. 100 d'acide niti^ique, constitue un engrais précieux. Dans le quatrième échantillon (/ qui dose 6.52 d'ammo- niaque fournie par la matière organique et les sels ammoniacaux, et 9.75 p. 100 d'acide nitrique correspondant à 17.19 de nitrate de soude, soit, au total, 7.89 d'azote ou 9.58 p. 100 d'ammoniaque, avec 18 p. 100 de phosphate tribasique, la valeur commerciale atteindrait 275 fr. les 1,000 kilogr. Guano d'Espagne. — Ce guano, extrait des grottes dans le midi de l'Espagne, est poreux, volumineux, de couleur foncée, inodore et plein de fragments d'insectes. Dans l'analyse n" 3 (tableau CXXVIII) l'acide nitrique n'a pas été dosé ; mais dans l'analyse n° 4, la teneur en acide nitrique a été trouvée de 0.07 p. 100. Les deux cchaniillons (jui titrent de 6 à 11 p. 100 d'ammoniaque et de 10 à 12 p. 100 de phosphate de chaux tribasique, représentent des engrais d'une valeur fertilisante et commerciale élevée. Guano de la Jamaïque. — Ce guano (n" 5) est lourd et coloré en brun ; il est pauvre en ammonia(jue, sans être exceptionnellement riche en phosphates. Guano de Penany. — Le guano de Penang, connu sous le nom de Typelawer, est recherché pour la canne à sucre, mais les Chinois TRAVAUX ET EXl'KRIKNCES DU d'' A. VOELCKEn. 155 le fi'elatcnt, do façon que, sur rcrtains édiaiililloiis, lois (jiie celui analysé il" 6, on con>lalo bien la présence de 3. 1. 3.40 72.25 23.25 1.01 4.40 00.05 35.00 0.55 3.65 38.35 50.50 1.50 5.01 G7.77 20.87 0.35 2.55 58.37 38.75 0.33 2.81 87.13 9.75 . 3 1 iSiti-ite (le soude pur. . . . Chlorure de sodium .... Sables et autres impuretés . 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 Le nitrate de soude, pour une bonne fumure en couverture du JVoment ou de l'orge, est mélangé, à raison de 200 à 250 kilogi-., avec 250 5 300 kilogr. de superphosphate, à l'hectare. Pour une i'umure également forte, mais très lucrative, appUquée aux bette- raves mangolds, le mélange se fait à raison de 200 kilogr. de ni- trate, avec 375 kilogr. de guano péruvien, 250 kilogr. de super- phosphate et 250 kilogr. de sel marin, à l'hectare \ d. — Terre de nitre. Sur les emplacements jadis occupés par les habitations et certains villages en Egypte, on extrait, sous le nom de sebah, une terre qui renferme une quantité notable de nitrate de potasse et plus de phos- phate de chaux qu'on n'en trouve dans les sols les plus fertiles. Vœl- cker a donné de cette terre, employée comme engrais, l'analyse sui- vante'^: Composition de la terre de nitre d'Egypte. Matière organique 5.25 Oxyde de fer 5.31 Alumine 7.80 Sulfate de chaux 1.05 l'hosphate de chaux 0.40 1. Tlic injlncnce of cliemical discnocrics, etc. 1878. 2. Annuul report, etc., /or 1875. 1876. 160 ANNALES DE LA SCIENCE AGIlONOMI UUE. Carbonate de chaux 3.06 Magnésie 1 . GU Kitrate de potasse 1.01 Chlorure de sodium 1.12 Soude O.IG Masse 0.79 Matière siliceuse insoluble (argile et sable) 72. Oo 100.00 c. — Sel maria. Le sel commun est principalement utilisé en Angleterre comme ingrédient des engrais spéciaux destinés à la culture des mangolds et mélangé en parties égales avec le nitrate de soude, comme cou- vertures pour l'orge et les blés de printemps. Son application sur les terres légères, en saison de sécheresse, est aussi fort utile \ Vœlcker a trouvé au sel de commerce qu'il a employé dans ses essais sur la culture des navets de Suède ^, la composition suivante : Composition du sel de commerce anglais. Eau 7. 60 Matière organique 0.09 Sulfate de chaux 3.1i Chlorure de magnésium 0.11 — de sodium 88.70 100.00 f . — Sels de potasse. C'est vers 1860 que les vastes gisements de sels de potasse décou- verts à Stassfurth, en Saxe, furent mis en exploitation et que de nombreuses fabriques s'élevèrent dans le voisinage des niiiics et dans la province d'Aiilialt pour la préparation de ces sels. C'est éga- lement à partir de cette époque que les expériences culturales se sont poursuivies dans le but de j-econnaîtrc l'efficacité des produits de Stassfurth sur les diverses récoltes. Vœlcker ayant visité en 1863 les exploitations saxonnes et recueilli des informations contradictoires 1. The influence of clicmical discoceries, etc. 187 S. 2. Experiments iqjon Swedes. 1861. I-IIAVAL'X ET EXPÉIUKNCES DU d'' A. VOKLUKEU. 161 OU peu conciliâmes sur les résultats des cultures avec engrais potas- siques, institua lui-même, et provoqua auprès d'aulrcs agriculteurs, des expériences dans les terres légères, sur la culture desmangolds, des navets de Suède et des pommes de terre , avec application de l'engrais de Slassfurtli. 11 sera rendu compte plus loin de ces essais. En dehors du chlorure de potassium et du sulfate de potasse à divers degrés de pureté que fabriquent les usines de Stassfurth, elles livrent, sous la forme la plus économique pour l'agriculture, le sel hrut extrait des mines, renfermant 1:2 p. 100 de chlorure de magné- sium, 2i p. 100 d(; sulfate de potasse et le double à peu près de sel marin. Vœlcker donne du sel (pi'il a employé^ et de la ka'inite ou sel brut livré au commerce et de bonne qualité-, les analyses sui- vantes : Composition du sel brut de Stassfurth. 1. 2. Humidité et eau combinée 11. G3 li.2i Matière organique 0.7.'] ■> Oxyde de fer 0.34 « Sulfate de potasse 24.03 24.43 — de magnésie 1 • 1 i 13.22 Chlorure de magnésium 12.01 14.33 — de sodium (sel marin) 47. Sô 30. 3ô Sulfate de chaux 0.7S 2.72 Magnésie 0.52 » Sable 0.97 0.71 100.00 100. UO Dès 1875, l'importation en Angleterre des sels potassiques d'Al- lemagne s'était ralentie et Vœlcker l'attribue au fait que ces sels n'ont jias répondu à l'attente qu'on en avait d'abord conçue'. L'ex- périence a démontré que, dans la plii[)art des terres en bonne condi- tion agricole, le mélange des sels de potasse avec d'autres engrais 1. Field experimcnls of crude (jerman potash-saUs, etc. Février 18G7. 2. Peport nf IJtc consiiHhig chemist/or \S,Gd. 1870. 3 Animal report, etc.,/o/- 1S75; ISTG; ut /or 1S7(>. 1877. A.N.N. SCIENIIK AUllO.N". H 1G2 ANNALES DE LA SCIENCE AC liONÛ M KJL E, ' nu pi'OLkiiL pas un cll'cL diiecL sur les icculles auMiucilcs uiuippliijuc le mélange. Mais sur les sols maigres, sablonneux ; sur les prairies épuisées et sur les tourbes, les sels potassiques mélangés avec des (»s dissous, du superpliospliate et du guano, (mt produit un cxcelleiU cllel. 11 en est de même de leur mélange avec les engrais spéciaux, destinés à la culture îles ponnnes de terre'. En Allemagne, pour la culture de la betterave, un mélange à poids égal de 400 à 500 kilogr. par hectare de superphosphate de chaux et de kaïnite en poudre, a donné de bons résultats dans les terres légères ; mais c'est surtout en mélange, à la même dose par hectare, avec du guano du Pérou et du superphosphate de chaux, que le sel de Stassfurth profite à la culture des pommes de terre. Il importe de s'assurer par l'analyse de la teneur en potasse de la kaïnite, qui, lorsqu'elle est de bonne qualité, en Yloit reidermer i3 p. 100 et se dissoudre dans l'eau, sans laisser trop de résidu-, g. — Sels de péc/ierics. Les résidus salins des ateliers de pêcherie où l'on saumure les harengs (pUchanls) ont été analysés par Vœlcker, sous le rappoi't de leur utilisation connue engrais ^. Composition du sel de pêcherie (harengs). Kau j.725 Sel coiiiniun (avec traces de chaux, de magnésie et d'acide sull'uiique) Sj.609 Ecailles de liarcng, huile et matière animale ' G. 275 Impuretés terreuses (sable coquillier, etc.) 2.31)1 100. OUO 1. Contenant azote 0.294 Egal à ammoniaque 0.357 Un pareil engrais renfermant 85 ]). 100 de sel marin et 6 p. lOO d(; matière animale dosant seulement 0..'']6 d'ammoniaque, ne vaut I. l'/ie hijlufnce of chcmical discoveries, etc. 1S7S. •J. Uepnrt of (lie coiisnlthi'/ ihcmisf for 18G0. 1870. ;{. On (lia agric. und coDiiit. value of arlijicéul inuuures. 18j.j. TUAVAUX KT EXl'ÉIUENC ICS OU u'' A. VUELCKER. 1G;J giiùi'c plus, cuniiacivialciiiuul, (juc du sel ordinaire, cl uc saurait lui cLrc prélëré comme engrais, en raison du sable cot[uillier, ([ue pour des terres dépourvues de chaux. h. Suie. La suie, liclie en malièrcs salines et en composés orL;ani(pies, esL un cnj^rais actil", appli(pic en couvertures aux céréales, au I relie, aux prairies nalurclles, l'U même temps qu'une matière de mélange recli(>rchéc pour les enivrais à racines. Son prix dépend principale- meul de rammouiaque ({u'elle renfenne, condjinée avec l'acide sul- l'uri([ue. Dans le tableau CXXXl sont groupées les analyses que \œlcker a faites de diverses suies de charbon que les cultivateurs anglais emploient \ TABLEAU CXXXI. — Composition des suies de houille. Eau Matière organique '. . . . Sels ammoniacaux (sulfate) Oxyde de fer et alumine. . Chaux Magnésie Sels alcalins Acide sulfurique Acide phosphorique . . . Acide carbonique . . . . Carbonate de chaux . . . Carbonate de magnésie . . Clilore Silice soluble Matière siliceuse insoluble. 1. Contenant ammoniaque. 10 -16 15 7 8 .(32 .45 .70 .84 .39 .42 .07 .26 .40 .00 .00 .16 3.68 40.17 4.39 10.91 (i . 1 1 70.45 ; . 05 6.99 (Calculé a\ec la cliaui.) 100.00 1.2- 40.85 43.09 12.72 6.51 12.40 10.63 1.81 15.12 100. on 100.00 ' 1(10. 00 2.85 4.40 6 ..) t 1. Jouta, lioij. Afjric. Hoc. Lngl., 1851 ; al Anuual rcporl /or ls79. 1880. 3G4 ANNALES DK LA SGlKNCli AGRONOMIUUE. Le n" 4 se rappcjile à un écliaiitillou (ju'il a cini)loyé dans ses essais de cullurc du h\6\ La loneur en ammoniaque, comme le munlre le lal)leau, varie suivant les bouilles. Vœlcker l'a conlirmé encore par des dosages^ sur les suies provenant de trois houilles dilTérentes, à savoir : 1. 2. 3. Ammoniaque p. 100 1.S7 3.83 J.3G Un moyen pratique pour reconnaître la qualité des suies consiste à les mélanger avec un j)eu de chaux vive et d'eau: la suie (jiii donne l'odeur d'ammoniaque la plus piquante est la meilleure. On l'altère parfois à l'aide de cendres de houille finement tamisées. i. — Scories de fer. Au point de vue chimique, la scorie est un sdicalc double de chaux et d'alumine, avec un peu de silicate de magnésie provenant de la chemise calcaire du haut fourneau. Dans certaines usines, cette scorie, coulée au rouge dans une turbine et violemment agitée dans l'eau, est réduite en fragments légers, poreux comme de la pieri'C ponce, qui se laissent réduire facilement en poudre fine. Ce produit donne à l'analyse* : Composition de scories de fer désagrégées. Silice 13.50 Alumine et oxyde de fer 22.95 Chaux 31.50 Magniisie et perte 2.05 100.00 La projxtrtion de chaux est assez élevée pour (fuo la scorie désa- grégée puisse être utilement apj)liqu(''e aux sols tourbeux. Il est vrai (|ue la chaux est associée à la siUce, cl (j[ue son action en est retar- 1. Expeiimctits ivilh (///l'crenf fo/i-drcssinS-i upou irlicaf.. 1SG2. 2. On (lie ugric. , etc., value of inanures. 1855. 3. Annual repopl. etc.. /or 1873. I87i. TRAVAUX KT EXPÉRIKNCES DU d'' A, VOELCKER. 165 dée, mais alors, un peul ibrcor la dose jusqu'à 15 ou ^0 tonnes à l'hectare ; l'engrais ne coûtant que les frais d'enlèvement et de transport. L'acide carbonique fourni par la décomposition des ma- tières végétales, qui abondent dans les terres tourbeuses, agit sur le silicate de chaux qu'il transforme en j)artie en carbonate de chaux, en mettant en liberté de la sihce soluble à l'état gélatineux. Or, la silice, que l'on croit nécessaire, surtout pour les céréales et les her- bes des prairies, est un élément qui fait défaut sous la forme soluble aux sols tourbeux ; et il se peut qu'elle soit, sous ce rapport, d'une utilité reconnue, bien qu'aucune expérience jusqu'ici n'ait démontré péremptoirement que la silice ait exercé un effet avantageux sur les récoltes de céréales. 2. — Engrais phosphatés. a. — Os pour engrais. Les os que l'on trouve dans le commerce sont généralement dé- graissés par une ébullition prolongée. La graisse des os qui a eu une valeur commerciale établie, n'offre aucune utilité comme en- grais. Au contraire, sa présence dans le sol n'est pas désirable, car elle retarde la décomposition des os, en formant avec le carbonate calcaire du tissu osseux un savon de chaux qui résiste à l'action atmosphérique. La composition des os importés en Angleterre, fermentes et mé- langés, ainsi que celle des os recueillis à Londres, figurent sous les n"' 1 et 4 dans le tableau GXXXII. Dans les os en fermentation, la teneur en matière organique est moindre que dans les os verts, mais les phosphates y sont à dose plus élevée, sans que ces différences soient très notables \ Les os bouillis, dont on a extrait non seulement la graisse, mais encore la gélatine, à l'usage des fabricants de colle forte, renferment encore de la matière organique, qui, en se décomposant, fournit de 1. On (lie composilion and value of phosphafic mnferiah used for agricuUural purposcs. [Journ. Iloij. Atjric. Soc. Kngland. vol. XXI, 18G1.) lOG ANNALES DK T,A SCIENCE AGnONOMIQUE. Inmiiioniaquc. Sous les n"^ 5 et sonl données deux analyses d'os huiiillis, livrés au commerce des engrais et à ragriciillure. TABLEAU CXXXII. — Composition des os de commerce. os IMPOUTl'; 3. o s os BOl'ILLIS. 1 — - — ^ ^~ -- — — ^ -— ROGNURES Fermen- tes. En décompo- . sitioi). Mélangés. de Londres. d'os. l. 2. :i. 4. 5. 6. jîiu 12.02 28.71 12.15 27.27 12.13 27.80 12.31 30.73 8.00 25.45 7.70 25.27 13.12 26.12 Matière organique ' . . . Pho.'^pliate tribasique do chaux et de magnésie . 49.28 52.99 52.70 49.72 GO. 48 43.73 .53.74 Cbaux du phospbate res- tée en dissolution* . . (8. GO) (8.71) (7.50^ (7.78) » » > Carbonate de chaux (dosé jiar dilïérence) .... 4.37 4.35 4.17 4.25 3.25 9 77 5.39 Sels alcalins 4.55 2.59 2.84 2.78 0.43 0.78 Sable 1.07 0.65 0.36 0.21 2.33 13.53 0.85 1. Cuiitouaiit a/.iite . . . 100.00 100.00 10!). 00 100.00 100.00 100 . 00 100.00 3.44 3.31 3.43 3.73 1.81 2.78 3.2S Kgal à ammoniaque . . . 4.17 4.02 4.16 4.52 2.2t 3.37 3.98 ■* Dosée à l'élat de carbor ate. Enfin, les rognures d'os durs provenant des fabriques de boutons, de mancbes à couteaux, etc., analysées sous le n° 7, servent égale- ment d'engrais. Elles contiennent moins de matière organique, mais {lins de [ibospbate que les os verts ordinaires, 11 y a lieu de se tenir en garde contre leur mélange avec les râpures d'ivoire végétal (pJiytclcpJias) qui n'a aucune action fertilisante ; avec des têts, des coquilles, des sabots, etc. b. — Pondre d'os. La pondre d'os, dont il est fait une grande consommation en An- gleterre pour la culture des racines, et surtout pour les prairies, doit contenir, quand elle est pure, environ /i^S p. 100 de pliospbalc de clianx, /<-.;") p. iOO d'ammoniaque et pas de sulfate de cbaux. Les analyses n"' i, 2 et .1 (tableau CXX..\11I) représentent la composition d'écbantillons de cendre d'os pure. Le n° 1 a été spécialement pré- TRAVAi:X KT KXI'KlilENCKS DU O' A. VOEUCKEn. ir,- paré à l'aide d'os durs lincmerit pulvérisés pour les essais de solu- bilité du ])hospliato, et le n" 3 donne la compositiou moyenne de nombreux dosages el. poudres commerciales'. TABLEAU CXXXIII. — Composition de la cendre d'os pure et frelatée. CESDRKS PURES. l'^aii Matière organique ' Phosphate tribasique de chaux et de magnésie Phosphate de chaux Carbonate de chaux Sels alcalins Sulfate de chaux Matière siliceuse insoluble . . 1. Contenant azote . Égal à ammoniaque Os durs eu poudre fine. 10. 3G 30.92 » 5.10/ Os broyés fin. 8. -il 28.89 53.21 Os du com- merce 3. 12.00 29.12 19.54 II \ G. 99 O.Si\ ^'^1 1.91 0.38 )) 0.28 » 0.79 100.00 100.00 3.51 4.36 3. Cl i.38 100. 00 3.09 i.49 r'KXDItlîS F}iKr.ATi:F..S avec os dissous. 13.52 22.03 41.49 2.12 3.47 13.75 3.32 100.00 3 . 29 avec ivoire végétal. i^P">^^«' 9.75 12.50 44.G0I 14.81 37.31 55.69 7 . 84 ■> \ 15.09 0.50 1.91 100.00 100.00 2.41 2.92 1 . 23 1.49 Nous y avons joint, sous les n"' 4, 5 et 6, les analyses de poudres inférieures ou frelatées : le n" A avec des os dissous, le n" 5 avec de l'ivoire végétal et le n° G avec des os épuisés pour gélatine'. Malgré l'activité que déploie le commerce anglais pour se procu- rer des os, les importations tendent vers une diminution cpii invite les vendeurs à mélanger avec la poudre d'os, c'est-à-dire avec les os verts dégraissés et réduits en jtoudre, ceux qui ont été traités par la vapeur, ou épuisés pour la fabrication de la colle forte, et à es- sayer d'autres mélanges plus ou moins licites. Les os dissous ou épuisés sont peut-être plus immédiatement actifs pour la végétation 1. Sohibil/f;/ 0/ phospfinf/c mriferials. 1808. — liesuffs 0/ expcrinicnt.t car- ried out at Rochcster. 1881. — Ou the chemical composition of phosphui le rna- ferials. 1861. 2. Quartorly reports ofthe Chemical cnmmitlp.e for \^10. for ISSn, rn?(Z/o/- 1881. 108 ■ ANNALES DE LA SCIKNCE AGRONOMIQUE. et mieux appiopriés aux prairies que la poudre d'os bruis, mais leurs ell'ets ne sont pas d'aussi longue durée, et, sous ce rapport, leur valeur agricole est bien inférieure. Il en est de même de leur valeur vénale \ Quelques analyses empruntées aux essais de culture que Vœlcker a poursuivis sur les navets de Suède, avec divers engrais, complé- teront avec celles des matières essayées pour leur degré de solubi- lité, les observations sur les poudres d'os réduites en farine. Elles sont réunies dans le tableau CXXXIV. Les farines fines n°" 1 et 2 préparées avec des os purs, qui ren- ferment plus de 4 p. iOO d'ammoniaque et 50 p. 100 de phosphate, sont des articles de bon aloi ; mais le n" 3, vendu comme farine pure, avec un grain grossier, n'est qu'un mélange à parties égales de farine d'os et de cendre d'os. Les farines n"' 4 et 5 proviennent d'os étuvés à la vapeur qui n'ont pas trop perdu d'azote ; le n° 4 a été essayé pour sa solubilité et le n" 5 dans la culture des navets à Rochester. Os fermentes. — Le professeur Wôhler, de Gottingcn, fut le pre- mier à signaler que la poudre d'os, quand elle est légèrement hu- mectée d'eau, devient beaucoup plus soluble et que la solubilité du jihosphate augmente rapidement avec la putréfaction de la gélatine. Pusey recommandait de son côté, après avoir mouillé la poudre d'os, de la mettre en tas avec des cendres, du sable ou des matières poreuses, et de continuer à l'arroser d'eau, d'urine, etc., pour amener les os à l'état de fermentation. Les os fermentes, d'après une analyse de Vœlcker, ont la composition suivante', déjà donnée sous le n" 1 tableau CXXXII : Eau 12.12 Matière organique ' 28.71 Piiosphate tribasique de chaux et de magnésie 49.28 Carbonate de chaux et sels alcalins 8.92 Sable 1.07 100.00 1. Contenant azote 3.44 Égal à aninioniaiiiie 4.17 1. Annual report for 1871. 1872. 2. Solubililij of pftosphadc mal criais. 18G8. TRAVAUX ET EXPEniENCES DU D"^ A. VOELCKER. 169 ^^■«■IH ^^^^ ^__ C) Ci -s^ C:> CO 1 o o fi o a .,^ o c< ..o 'j^ J ^^ « -1— « o ■^^ o 1—1 w a "^^ M P5 O (S> c» -cH o oa o •^ o ■— o •'T* r- o -* CO 2 œ t* (M O o S o a O o CO C» -— 'i-S o « .-H •^ 1 .(■^ a \ . K O C-» *:?j< •tf^M .:0 o ->! tO 1/5 C-» -^-t tO o Cl -^ fc. ■ ^ • CO Cl «r .^ ' oo o — * 05 .*— * o ■ m i-H CO ■w^ o --H C( \ — >— ( i «^ «^ fo ■x^ lO o 03 j co o 1^ c-'i C-» o o o O [ ■ • ^ • ^ ■ • CO CO 1 tC r- --- C5 ■^ o» "■ .,—1 o • a 1 c^» o o Cl Cl tn 1 .r— ) œ • IM C5 o r^ CO o ---* lO S^ / J • • ^ • ^ ce -T< -< f ^ o -— T— « " «^ "r- 1 "* .^— o • b (M o o Cl CO 1 ■"^ « ■w o ^-* t^ ers O C-( o bo 00 -r^ .*— " i- 05 -*" o CO CI 1 " _ • ^ • • oc Cl O fO CO "* o -^ " 00 o . ■i* -*—< o o Cl ce s ■— o "o .^_ C3 ,^ ^^^ *^ o 6 o C( T-" o lA o ^ o o o B -^ O O = , o o a O o l^ ■ ,o Pm '" co u^ o CO -«44 _o (A -1> c M) es s O) 73 O) 3 2 _2 « o J3 (A ^^ * CJ X X _s •u a =3 CJ 3 CJ 3 Oi o 3 cr .2 c c CO CJ O) O) .4-a o es o ^ -a c; rbonate d Is alcalins .S '33 c c s s '•S o. o o a "c o 13 — « JS p^ C^ O) "3 , «« K S Oh Ch o M CQ .»-H -w 170 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Ln farine des os fermenlés, dont la composition vient d'être don- née, a été analysée sous le n" 6 du tableau CXX.XIV. Les échantillons de fiirincs d'os n°' 7, 8 et 9 proviennent d'os fermentes, préparés en Ijelgique el formant, sans doute, les résidus de la fabrication de colle forte ou de glu. Ces os sont très friables, souvent humides, et dégagent une forte odeur ammoniacale. Rien rpie la teneur en ammoniaque des farines soit plus faible que celle des os dégraissés étuvés, elles constituent de bons cngraispourlcs cultures de racines et les prairies. Ivoire. — La farine d'ivoire, analysée sous le nMO, quand elle est exempte de sable, de craie ou d'autres mélanges, peut être utilisée comme la poudre d'os en agriculture. Elle sert surtout à dessécher et améliorer la teneur des superphosphates minéraux souv 3. 4. 5. 6. 7. 12.54 70. IG 12.77 4.5J S. 30. 2o 00.75 5.90 3.03 9.52 82.48 6.19 1.81 30 . 15 55.01 8.81 0.03 27.08 49 . 0!.( 13.90 8.4a 17.38 08.53 9.42 4.67 12. G3 68.41 14.27 4.G9 18.02 04. G G O.llG 17. 20 Silice et matière siliceuse inso- luble 100.00 100.00 100.00 100. 00 100. 00 100.00 100.00 100.00 * Dosés par différence. e. — Guanos plwsphates. Les guanos phosphatés où les fientes des oiseaux de mer ont été privés par l'eau de pluie de leurs sels solubles d'ammoniaque, etc., etc., ne renferment plus guère que des phosphates de chaux et de magnésie. Cependant, la plupart ont conservé encore plus ou moins de matière organique, qui fournit en moyenne de 1|8 à 1 p. 100 d'azote; plusieurs dosent même, tout à fait exceptionnellement, au delà de I p. 100 ; de telle sorte que la démarcation entre les guanos azotés et les guanos phosphatés n'est pas bien rigoureuse. Nous avons groupé dans les deux tableaux GXXXVUI et CXXXIX, qui se suivent, les analyses choisies parmi celles que Vœlcker a accumu- lées, des principaux guanos phosphatés importés en Angleterre, et nous résumons ci-après les observations dont il les a accompagnées ^ Guano Mexillones : n"' 1 à 4. — Deux immenses gisements dé- couverts non loin de la baie de Mexillones, sur la côte de Bolivie, l'un au pied du Marro et l'autre à la Tetas, à une altitude de 500 mè- tres au-dessus du niveau de l'Océan, ont assuré à ce guano un dé- 1. On tlic cliemiaU co>iij)0!>/l/()it, etc. l.sol. 2. On thc aijric. and co)nm. value oj arlif. inunures. lS.j.'). 3. On phosphal/c ijuunos. 1S7(). THVVAUX ET EXI'ÉIUENCES DU U'' A. VOELGKEU. 175 o «O » ■« r-c es VI • G O en O PU s o u > X X X u < M I-:) m ■M ^ — -H = a r- :?i O :^\ itD r— rt* ,^ •^ -x> o OO O n O « o o f>ï t- a a a s -1* co •*! »o CO o rs ^4 o iH « o '•i) co t- ^ 00 to t- o oo « ÎJ o O) IN (N O d -H _ oc M ri ri -* t- 05 -M m O iO ?1 05 00 eo o ic CO CO o o CO •«c «5 on — . ■^ -o 00 o ■* CO t- es oo CO o o rt M» t- ^ o 3 c "C o .a P4 rji O .a p. 5 c a o 3 O 3 - i2 — ît Q) S S M ^ .§ « <« == îo a o «'J X "2 ii ■;: c -j j3 Ci y. X i> îj O S O < <; a ci -d CO ■< OQ rt 2 3 « a " 1 a S 2 ° a -ci o _ es .a P. C3 O .2 ci ■^ r. - d o o * 11 o M o d d ^ -n œ eo IN os eo O es n-1 o> -* *- "^ "t *? ' co O o CD co co co K -M in co " ~ " " ^ a a i-( in " CD H co CO s a co o O a a t— »n J co <^ o •g l< '" ~2- w c= 1(0 ÇO CD CD o o 00 (N 01 •4^ ci 5 eo eo co C5 to eo a a d o a a ce J /-" - ^ P. < w r ^ t'- M< -1 tM '-D t* co es o t- iH ; ■* O CO 05 (N -^ eo „ „ « t-» o -H -H '"' _-( 1 m O 'r. •^ ca o « si d d (N o d CO r)t CD CO =■ P< eo -^ o d d O c/} lO >o M ■* -^ -^ Cj es OS 00 -* o lO O ^- o C-l ^ et î eo t- 'H o o ^. *-. ' ' ~ o fi 1 A J ri tô 1 N O O d <>> r-( T-l o o a a d • rt 1 " 1 *-i eb rji o CD 1 3 \ ^ — .- — »^_ i-H 1 05 C5 C^ ■o => -* -* es '— , ^H Ul . / (M CO 5 lO <» i- t- a a o o o e > > •^4 o o O t-^ o-I o co CO o a a ^ < iH N T)< ô CD o < 1 l-( T3 Cl -• •* O cr- ,_, 3S o *-< O eo •o B! 1 in •* 00 5 'f CO co o CO co a a d d o o a a ^ 5 1 " 1 ïH co -X o ^ li S o •■^ tn O a o u « ] '~ K / lO O o lO OS -« o :^f -t o t- 00 co 5 C! o o c^ co CD d o o a a »H ' •1 5 'i eo •* o CD o •> a / = o .-< rH 00 o _ H ë -J co co eo oi y-i a a 71 o t- iR CO •« O 1 05 1) " -^ C5 i s t- •*' 8 d d «3 00 1 O «1 »-4 > X M eo IN s '^ to o - • CD -* OS o Cl il M n\ co t^ 1H eo eo eo co t- lO 00 -^ iH o o o a "^ a a a m CO o § ■^ co X , "^^ X u O < M S es < o .a H 'w u a - •^ 5 :s 3 t4 et a ^ o ^ ho Te -a W S M ^ 5 s 6 5 < <: 03 A« ft< o ;^ -: -a iTI co 9|C TRAVAUX ET EXPEKIKNCES 01 Ij' A. VOELCKEH. 177 -= n ai es co -* -* CO IM ce ■^ CO w M •OJ <8 M O (O o C CO (h > 0) 13 C o m o S o u X xs X -a; M CD < l '■ ^ x ce lO ■N m o "-3 C-5 (M Ci 23.8 37.1 «O O 1-1 — ' o a a • O o o o a fi SJ iH ^^ • 3; l.~ C5 00 -^ 1*^ O o (M CO l^ Ci lO u^ ce 34 r-l fi 2 o o C3 -îl Cl ci IN CO CO O o o o O Ci Zi >, o oo r- «3 O OJ o O t- eo ■o o o 5 fi fi CQ 51 o o -< lO o o o tH M -^ *H r-( -^ / ^ ^ -(H <0 Oï :o lO o o CO T)( '•? O t- (N t- >o 50 o ■îi s^: eo a> o o o o -^ c; ■^ o -« >n o o ta >n lO •* o lO o a a Ci 03 eo œ >ri o o ■- "^ 3 ^. o ■^1< .-) o iO o '" C «5 ■* •* »-< o o o Ô2 œ IN Ci . a a a SI o = a a CO CO t-t o = X O K 3 OJ c! 60 .« ci .a O c «'3 o o ■30 — X s fl •a g I "3 c. m 2 « M < O 3 H 3 es es »5 ♦J o s a o cS a •« o — O " 3 es .a •a ci •es "a ci ci S o ci A.N.N. hClEPiCE AOKuN. 12 178 ANNALES DI-: LA SCIENCE AGRONOMIQUE o -a a o ■< •05 « Xi a< o xi 05 3 & Ui u > <1> •a o 2 o u X X ta < U ce a n a >0 -H -* o O o W) H 'W TRAVAUX I:T KXI'Ér.IKNCKS DU D"' A. VdELCKKU. 170 bouché considérable m Aiiglclene. De couleur rouge d'ocrc, d'une faible densité, en [»oudre fine el en morceaux très friables, le guano de Mcxillones renferme une forte proportion de matière organique et i[uel(iues sels ammoniacaux, dosant ensemble 1 p. 100 d'ammo- niaque environ, et 04 à 70 p. 100 de phosphate de chaux tribasique. L'ai.-ide sulfuricpicy est en grande partie combiné avec la chaux. La présence du phos[)liate Ijibasiijue de chaux ou de magnésie, qui est plus solublc que le phosphate Iribasicpie, caractérise la solubilité de ce guano dont rciïicacité comme engrais est reconnue. Malgré cela, Vœlcker reconnnandc de le traiter par l'acide si\lfurique a[)rès l'avoir fait sécher, s'il est trop humide, ce qui est souvent le cas, et tamisé pour convertir le {ihospbate insoluble en [)hosphate so- lublc. On obtient ainsi facilement de iO à AS p. 100 de phosphate de chaux soluble. Guano des îles Falkland : n°* 5 et 0. — Ce guano renfermant beaucoup de carbonate d'ammoniaque volatil qui lui donne une odeur pénétrante, et dosant au delà de 5 p. 100 d'ammoniaque, est plutôt un guano azoté, mais il est parfois importé sous le nom de guano de Patagonie dont il diffère notablement. Il est généralement très humide et en mottes. Guano de Patagonie : n"' 7 à 9. — Le guano de la côte de Pata- gonie faisant face aux îles Falkland, est un phosphate médiocre et d'une teneur en ammoniaque qui varie entre 1.25 et 2.25 p. 100; il contient de plus une forte quantité de sable jusqu'à 50 p. 100; ce qui ne couvre pas les dépenses d'exploitation ni de fret. Guanos de Californie : n"* 10 à 18. — Parmi ces guanos, celui de l'île Patos, n" 10, était, il y a dix ans déjà, en voie d'épuisement; celui de l'île Raza, n" 11, dont la composition est analogue à celle du n° 13, représente ce que les Anglais désignent sous le nom de crust guano, ou guano croûte, c'est-à-dire formant la couche sur laquelle les dépôts phosphatés pulvérulents sont entassés. Ces guanos pierreux ou rocheux contiennent peu de sable et consistent en phos- phates bibasiqucs qui titrent plus d'acide phosphorique que les phos- phates iribasiques et les rendent plus précieux sous ce rapport pour la fabrication des superphosphates. Comme le guano de Uaza, les n"' 12 et lo venant d'autres Iles du 180 ANNALES DK LA SCIKNGE AGRONOMKJ L E. goll'c de Califoniic, sont riches en pho.sphaLe ; ils coiilicnncnt en outre de la matière organique qui titre jusffu'à 1 p. 100 d'azote. Gnano de Curaçao : n°' 14 à 16. — L'île de Curaçao, possession liullandaisc, en vue de la côte de Venezuela, fournit un guano brun- grisàtre, sans odeur, en poudre fine, recherché à cause du super- phosphate léger, sec et concentré que l'on en tire. La composition est très variable suivant les gisements; ainsi le phosphate y dose entre 64 et 78 p. iOO, et le carbonate entre 4 et 9 p. 100; mais ce guano renferme à peine de matière siliceuse. Guanos des Antilles : ïf" 17 à 20. — ]j'tle de Baker, dans la mer des Caraïbes, est formée de coraux sur lesquels les oiseaux de mer, qui sont les seuls habitants, déposent leurs fientes en masses énormes. Malheureusement, les pluies diluviennes périodi(jues lavent ce guano récent qui est, à la surface, brun, pulvérulent, plein de fibres de ra- cines; et dans les couches inférieures, en grumeaux de dimensions et de dureté variables. Immédiatement sur le corail qui forme le récif, la matière, presque cristalhne, contient de 20 à 25 p. 100 de sulfate de chaux. Les analyses indi(pient une composition moyenne (n" 17), et une composition de guano supérieur, légèrement azoté (n°18). L'île de Howland, ]i"" 19 et 20, est un autre récif de corail servant de refuge aux oiseaux de mer; le guano, sous les rapports physique et chimique, rappelle celui de Baker. Le guano Kooria Mooria, dont l'analyse est donnée par Vœlcker pour quatre échantillons (n°^ 21 à 24), a été souvent employé direc- tement comme engrais pour les navets; mais il est préférable de le convertir en superphosphate par l'acide sulfuri(|ue (un tiers en poids environ d'acide), et, à cet effet, il est recherché par les fabricants. Quoi (ju'il renferme peu de matière organi({ue, le jdiosphate qui s'y trouve à l'état finement divisé, y est plus assimilable que dans les phosphates minéraux ^ Les guanos n°' 25 à 29, provenant des îles Quito Serrano, Pétrel, Corail, Booby et Mac Keen, importés assez irrégulièrement en An- gleterre, offrent une composition variable, sans grand intérêt. 1. Clicinicul cuinposition, etc., oj pliosphulic inateiiali, etc., 1 ,£3 o o u a - o 31 M 2 ï- 'jS s ci --i o os a = i.-i o o = 00 a - — ' s •o 00 U5 ■M co Cl JO o o o OJ co IN < - ir> >o 00 o - >o M -« ' o O Ol ^^ o o _^ lO =1 O os * -. ^ co c^ w O o o >o t^ — . co o «o w co co » c o ■> IN o w o -< o -i tO 05 co C o M -1 oo co o !M o» o 5 a ■fi ■ra S5 co co o co o u-î t- t^ »o os QO ^ o 00 o uo IN a o •-I ■* o -«Jl -« •* w t^ 1-1 iH Ol o -* oo o m 0-3 n -* o M »> iM o •H a a ot^ o CO -Si o (M t— o Cl o IN Ol «• -ti t- o co o o t- t- « -1 lO co '^ •f c- •^ o Cl co M -X >o -1 05 co o o co -K O O ■* »-( !N co _ »-< o 00 ' — ' o t'- W lU co ■* t- y~* o o , — ^ CT ■* o 3J -=: -* ï» co ■<* oo Ol o co co »H oo co l~i o Ol o co o JO co «^i »o t~ lO o o a a o co m ïH t* -r. O _ - Cl ^ > \n c^ — . ;o 00 »-( co o o Ol 'J O O -H -H -1< oo ■M o co o co o o ■* o -* -n oo o <» -* .H o W o fH o co a O w co co »H U — oa C5 m -Hi n o t- -* «D O) _M o a «5 rt o -1 •«d OJ oj oo -» co co o o o O t- 0 GO o co co co -ji -. o rt o iH o o co o tn _ t- -^ !» es o co o -^ rt o uo o « Tr - co oo 00 oo œ UO ■QJ 00 o J G^ C5 -^ '-0 o c^ o rt o -H - »-( o s a r- " _o -H 1- .i d o CT> m _ ' co t^ t^ 00 co Ol c- - a Cl o co - '^ a = 5 3 "5 5 1? IM rH co c; — < 3 0^ t^ -H c- ^ ri »l Cl O -* c- 1 Ol c c y. c« a ci J3 » V ■a ■3 a si rt 3 3 o a o XI ■ia ,1 •• o p. o ^^ OJ -ci -CJ ■*-! c •a •a c ci ta t- r .1 c c a •c u a: c c a 3 CI 1 .2 1 ■s a o o. c a - 1 = 1 "s ■a c >, i! c c o a es t o «f3 c3 u o s rt * c ,c c M ,£ rf t 1 W K S < o s o "ô o Sh >4 c a> ■»-> rt O O B o u u :=> M H / -Il C5 >o •^ -r> 1 N 00 ^ CO o • \ ~ o -M CD 0^ ir o CO t- M CO -1< ^ K 1 a < u " ^4 >n 1(5 ^ ce o co CO ;^ ' 1 C4 CO to CD CO o o " / .; O oo -J G^ fias s = Ci o a "! f CO >0 o CO e. ;' " / -M vo r^ O o CO •fl< ■o - w CO o a ■:>o " CO ^ o 2 i a U o Ci 1 ^ - ° 00 tr> » ^ ï^ o o &4 -^ / o CO o 00 •^ o f» s < .-■ a 5 a a O o o ■>} 00 iH o oo < CO -* ^ o z u w , ^ 15 00 ta ^ o m cj -H t-- __ <=> 00 tH O CO — < QJ -H o 00 o »n r- 1 =; CO 'O Oî cor-i^-^TJOTH d eo o cj CO ■<« !; o '^ \ ■*-" r-) -)i o m o -■ C5 CO CO CO CJ '> r» CO CO tM o ;3 '-' t- s î • a • • s ce o o o ic o o iH W O IN O » lO 'T) ç; o o •*• rM rH I CO 3 a Ci = - -; = a »H a -w . l O O "M CO O (N C O > K 1 -* >n O o a ^ / o *A w > Ci r' o CO -^ 00 w '>3 CO :0 a ^ ^ CD •M !?:i o - < -X 5 ce CO ro O C § d o o o ta C o o «H ci oo s a H h ^ 1 eo O -!• 'M O .— > _ irt r- TI _^ 1 Tf -d t- -< -N CO CO -d c- <>< -f a, i a s A O O -< -H O o »H o c o o o Ci o 1 ^^1 " ' « O « lO -j" -r œ ^ w-4 CD CO IM CO t^ f — 3 s a » s a f o o — 4 M ^ o. o 'Ôt £3 o o o 2 c CO œ << .a a o -cS -cS •a K a <; O r". < O <: 64 Q-i OS o <; fc-4 ^, - ■M* ■~" ^^" ^^ nwB ^^™ ^^— ^^H ^^H 188 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. S! ■«^ m u o » O o Si a *j es ^ Pi u o « •a e o o eu a o u X o -U M Eh o o ■* -* 2 ^^ o ^H m t* o ut o O m o o o o o u ■/i VI f>! h «f z b pa o T-l •* C3 r^ .H o oo m iH « o oô -H O ci O 00 O ira s g H W =1 .2' *c o .a (O o J3 .2" "S o J3 a> o ■« -3! o ■s II ^ a 3 S ça -3 f -2 O O es .a P. o •f .a ri o. O ■d ■oj rt rt to W) -A •M TUAVALX ET EXPÉIUENCt:S DL D'' A. VUEIXKEK. 189 elle a été importée très irrégulièrement et en petites quantités en Angleterre. Les premiers chargements, bien qu'ofîerls sur le marché et acquis à des prix élevés, ont lait perdre les ex})éditeurs. Dans l'analyse complète n" 0, Vœlcker a donné la composition de la phosphoritc d'Espagne de récente importation'. Les analyses 7 et 8 se rapportent aux phosphorites d'Estramadure expédiées jadis, avant (pie le chemin de fer de Madrid à Lisbonne ne lut ouvert à l'exploitation ^ Bien cpie la teneur en phosphate de chaux des phos- phorites n'égale pas celle des apatites de Norvège, elles constituent pour la fabrication du superphosphate un minéral d'une valeur réelle, surtout à cause de l'absence du carbonate de chaux et d'oxyde de fer. Depuis que les voies de communication avec la mer et les routes d'accès aux mines se sont construites, l'exploitation des phosphates de Logrosan aux environs de Caceras et de Montanchez, a pris un grand développement ; et de Lisbonne s'expédient aujourd'hui en Angleterre des chargements réguliers provenant des mines de l'Es- tramadure et du Portugal. Tandis ([ue la phosphorite de Logrosan est colorée en jaune clair, et offre une structure cristalline libreuse, pénétrée de veinules de quartz, celle de Ganras est presque blanche et plus fiiablc. Du reste, les roches extraites sur divers points varient autant comme couleur et comme dureté, que sous le rapport de la teneur en phos- phate. Elles renferment plus ou moins de fluorure de calcium, jus- qu'à 12 et 14 p. 100. Les analyses (9 et 10) des phosphates de Gaceres et (11 et 12) des phosphates de Montanchez indif(ucnt l'absence d'oxyde de fer et d'alumine, et la présence entrés faible (piantitéde carbonate de chaux. Bien que certaines phosphorites d'Esi)agne, analysées par Vœlcker, aient dosé jusqu'à 89 p. 100 de phosphate de chaux, la moyenne des chargements reçus en Angleterre dans ces dernières années est beaucouj) moins élevée, comme il résulte des cinq essais (n"* 13 à 17) eflectués en 1875. 1. On (lie chcmkul composHioa oj phosiihalic minerais: 1875. '2. Chemical comj/osilion, etc., oj pliosphuUc munures ; ISGI. 190 ANNALES D1-: LA bCIENCE AGRONOMIQUE. Les meilleures qualilés de phosphorite provenant d'Espagne ou de Portugal, donnent des superphosphates eoncentrés, à peine colo- rés, qui sont recherchés par les fahricanis jjarce qu'en l'absence d'oxyde de fer et d'alumine, ils renferment peu de phosphate rétro- gradé ; c'est-à-dire qu'en les conservant, le phosphate rendu soluble, demeure soluble. Apatitc du Canada. — Le phosphate du Canada constitue une variété d'apatite en masses plus ou moins confusément cristallisées, ou en cristaux de coloration légèrement verdàtre. On le rencontre au Canada à Nort Umsley dans les fissures des roches graniti(pies, associé au gneiss et au schiste micacé. On l'exporte en morceaux pesant de l/:2 à 1:2 kilogrammes, qui renferment parfois des ciistaux prismatiques, verdàtres, et d'aspect vitreux, parfaitement réguliers. A l'état de pureté, le minéral est un composé défmi de phosphate do ' chaux et de fluorure de calcium ; à l'état commercial, le minerai coloré en vert ou en rouge, avec ses paillettes de mica, renferme en moyenne de 70 à 72 p. 100 de phosphate de chaux. Sous les n"' 18, 19 et 20 (tableau CXLI) figurent les analyses de l'apatite du Canada. Elle ne contient généralement pas de carbonate de chaux et peu d'oxyde de fer et d'alumine ; mais beaucoup de iluor, et quand on la traite par l'acide sulfuriquc, les vapeurs délétères d'acide fluorhydriquc se dégagent en abondance. Le phosphate du Canada est très dur et se réduit difTicilement en poudre. Les frais de transport jusqu'en Angleterre empêchent que l'exportation se développe suffisamment, et que ce précieux minerai remplace l'apatite de Norvège. Phosphate de Nassau. — C'est en 1804(|ue V. Meyer, de Limburg, fit la découverte de riches gisements de phosphate aux environs de Slaffcl, dans la vallée de la Lahn. Immédiatement, grâce à l'esprit en- treprenant des industriels de la contrée, des mines furent ouvertes et exploitées notamment sur la rive gauche de la Lahn, en aval de Weilbach, à Wetzlar, Weilburg, Limburg, Dehren, Staffel, Medin- gen, etc. Le phosphate se rencontre tantôt accumulé dans des poches, là où la roche siliceuse (Schalslein), le calcaire, la dolomite et le grès vert, sont disloqués. Il y est noyé dans de l'argile ferrugineuse, et TUAVALX Kï KXI'KlUliNCES DU d'' A. VOELCKER. l'.'l forme dos masses compaclcs à cassure lerreiise, de couleiuyris clair ou jaune, ou l)icu un conglomérat mélangé de grès vert, de manga- nèse el de minerai de i'cr, reliés par de l'argile rouge ou brune. Tanlnl on le trouve, mais plus rarement, en couches à fracture scliisteusc, et plus rarement encore,, en masses cristallines. La structure du pliospliate en niasses irrégulières et décoloration truitée est cellulaire et poreuse. Les variétés les plus riches, blan- ches ou jaunes, oll'rent une structure botryoïde, et sont parfois re- couvertes d'incrustations translucides légèrement verdàtrcs. Les phosphates riches, analysés sous les n'" 1 et 2 du tableau CXLII, sont à proprement parler des échantillons de choix prélevés à Staffel cl re[)résentant les mamelons verdàtres, translucides, et la phosphorile botryoïde, désignée sous le nom minéralogicpie de Staiïelite. La composition des phosphates riches du Nassau, prove- nant de chargements expédiés en Angleterre, est donnée par les ana- lyses suivantes, ii"' 3, 4, 5 et G. On recomiaîtra ({uc ces phosphates contiennent beaucoup d'oxyde de fer et peu de carbonate de chaux. Bien (pie le n° i, renfermant plus de 7 p. 100 d'oxyde de fer, fut coloré en rouge brun foncé, il s'est montré le plus riche en phos- phate de chaux. La coloration, surtout pour les phosphates généra- lement blancs ou jaunâtres de la vallée de la Lahn, ne peut donc pas servir de guide pour apprécier leur richesse. Les analyses n"* 7, 8 et 9 se rapportent à des phosphates d'importation courante jus- qu'en 1875. Malheureusement les gisements riches s'épuisant rapidement, il n'a plus été possible depuis 1875, malgré le triage et le lavage des minerais sur place, de continuer à importer avec profit en Angle- terre, des phosphates du Nassau titrant au delà de 05 p. 100 de phosphate de chaux. Phosphate du Loi. — La vallée du Lot qui traverse les formations supérieure et moyenne jurassiques et le lias, renferme des dépôts considérables de ])liosphate minéral dont l'exploitation a donné heu à des envois importants en Angleterre. Gomme dans la vallée de la Lahn, le phosphate du Lot se trouve en poches plus ou moins considérables et présente toutes les variétés de structure, d'aspect et de composition. Tantôt il eiît parfaitement 192 ANNALES DE LA SCIENCE AGUONOMIQL'E. Xi o o S «i rs U a S t-> ce m o P< là " «^ •>!< CO co co •-2 O = = CD eo o o = H co ■« r-< o » O Ci t~ C o •«< O c; o CD O K P. O ir co •>* a a lO o « 1 a co c >n «3 (N (N d " co co >* CD Ol -1» ce o co -« ■M "^ m o O = • c^ c-] t- i; CD -* t- ? a a 'j* o CD " \ ~- co — co co -a N CD iH CO eo o CO t* t- 00 'M -H iH n t- t* c^ •^ co co CD ■* o t— co a s co ~ tH t-O c t- lO eo o ^ CO ^ co ^ ^ C^ 1 co Cï -)1 CD r- ce I- .^ — 51 C3 C-. l-> ■* ^ O co OO _ CD o o —1 o co O CO (M ^ " ■>* d d ^ m o C5 -H 1^ •M o — ^ CD >n CM M C" „ a «O g o m O o CD r-i C O d oo <-jO > S) S Ci 2 .a 3 ej c^ •— » o - O 00 i* ■3 o a « V n .2* c C • o A o t. 5 'c 3 <» o '3 P4 EO O O • i c c "H, o r_ Ci n3 4 c • "o. •C5 5 CJ -c« 1 ! ». o s •4. C il kl — ^ ■ 4 a 6 o o 1, S 5 '« X. n 'c T ^ C5 a ï -^ C tf. o <« &■ «î < m r5 ^ 51 TRAVAUX ET EXPÉRIENCES UU u' A. VOELGKER. 193 blanc, semi-dur et ollVe une cassure terreuse ; tantôt il est gris, opa- lescent, cireux et ofTrc une cassure conclioïde. La variété la plus conmiunc est jaune ou hrune, résistante, mais facilement décom- posée par l'acide suliurique et appropriée à la fabrication de super- phosphates d'un titre élevé. Au début, les superphosphates du Lot exportés en Angleterre do- saient entre 71 et 7-4 p. 100 de phosphate de chaux ; mais peu à peu cette teneur s'est abaissée comme pour les phosphates du Nassau jus([u'à rester inférieure à GO p. 100, ce qui ne [)ermet plus de ren- trer dans les frais d'importation. Les analyses complètes (n"' 10 et 11, tableau CXLII) représentent la composition de deux phosphates riches du Lot, reçus en 1(S7:2. Bien que l'échantillon n" 10 renferme un peu d'oxyde de fer et (l'alumine et environ A p. 100 de carbonate de chaux en plus que le n° il, il est plus riche en phosphate de chaux et de qualité supé- rieure au n" 11. Vœlckcr a publié en outre de nombreuses analyses de phosphates du Lot classés suivant la qualité : supérieure, moyenne et inférieure. Le tableau CXLII reproduit deux analyses de chacune de ces catégo- ries (n"' 12 à 17). On remarcjuera que le rapport entre la chaux et l'oxyde de fer joint à l'alumine varie beaucoup plus que la teneur pour 100 en acide phosphori([ue. Les minerais de qualité moyenne et inférieure, contiennent beaucoup de phosphate de fer et d'alu- mine en même temps que des hydroxydes, ce qui les déprécie comme matière de fabrication du superphosphate. Phosphate Sainl-MarUn. — L'île Saint-Martin, une des îles sous le Vent, située dans l'archipel des Antilles, offre un phosphate en ro- che d'une composition très variable, à cause surtout de la difliculté que les exploitants éprouvent à séparer le minerai de la roche ma- drépori([ue sur la<|uelle il est déposé. Les analyses complètes 1 et 4 (tableau CXLIIl) indi(jucnt la composition de deux échantillons qui titrent : l'un, 51.70 de phosphate et 32.27 de carbonate de chaux ; l'autre, 70.09 p. 100 de phosphate et seulement li.98 decaibonate de chaux. Les autres analyses 3 à font voir que, suivant la teneur en carbonate, le jibosphate de Saint-Martin acquiert une valeur com- merciale élevée, ou à peu près nulle. ann. science AUKU.N. ^ 13 194 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIOUK. u 0. O u ■O) « S J PQ •a! H / co ^ co «-< o ÎO Cl ô co -=j< o o a ce fO co co co o o Cl co co o ^ ■ï-H ■»; m o o o -3 ûj 00 03 o o Ci a ~ / -ï c- * a a îS a j^ ^ - \ - t'? co rt Cl 00 o C"* es ■< r- ■— " Cl " Cl co o .'^ H J ^ co -^ co oo o o o ZC t/3 C5 t^ o C ft ■ s c s  ^ t^ 1 "7 c — 1 -71 r— o o o r^ OC f^ c Ci o ^ o ■4^ 1- .o îc t.T co ce Vf Cl ■^- o o co • K co ^:< o •-0 J -'^ '-' o co _ o O 1- C- .o r~ o C5 co UT ■— -^ Cl ~3< CO ..o 03 o «■i co lO o O -— -*—) o c O o o' ^^ co fO o *?*< ,^ cr. ce -H c: o CO 1^ o o 1^ r— o '- co co ■ O c: c co o Cl fH • a c o. a _e 5 c o. u 91 a. • _ë . 'c o o. co "o. .co c O c -a C o o. •V -S î ! u • > 'ïr C t/ ^ a c a> .- 1 s^ S . 3 a. 1. Cl Si. o V3 ai o — _c- 'ï j: C^ ;< ^ C- Cw , • — -^ c.: •" O -^ U^ -< c -s s ^ C/ TRAVAUX KT KXI'HKIKNC.KS UL" D A. VnKLC KKU . l'JÔ r~ f^ < ^ s a ■««.L. B g •— Cï CI 00 ■— — . Ci CO ce Cl ^ Cl ro -^ C< Cl i^ -^H Cl ^ y5 ^ •* co c/; ..-5 ■— Cl Cl ~ _^ Q Cl CO X P (S l>4 • a - • .a a a a ^ ~i< Cl Cl --^ r^ * " •«1 — --H Cl Cl »£3 o J X ^* — 1— CO soH S <; . lO co Cl a a CO C' ce ;-i ^ •5 \ r« CO t^ — 1 C» CO -a) ^ fl ■— CI c» Cd a /5 -^ .-5 CO ce •0 ~5f - _ CI ^ ^ Cl O \ JS / .0 ..-5 .0 CO Cl 0) l =■■ 1 - -■-)" -O es .a 1-- C5 .0 a = Cl a a 2 ' .^ 1 Cl — ' Cl c^ o c •' 1 ■t-H "•S r ; • ^ 4CO < 1 ,-î »« -o .-3 CO PU — Cl «'3 C u 1 .^ a = .2 a a • _ - \ — ■ 1^ C» ce* 1 »~4 oi • r3 X HH ^ = hJ • • 't-i « X ■4-a s «J & n3 •< M 0) "« .J « "O C cq ja • .a eu lA Xi 3 câ . i> ci ■S .C3 =3 -ri .— 0. . C" • '^ "iJ .CO '4-1 ■ - 'Ê/ ZJ ç. ) WO CJ b> ^ •■u /i^ .;: ^ b> ^ .' > -a c: : 'H '-^ cj 3 ^ ^ — ci 1D6 ANNALKS DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Pliosjiliale de Redomhi. — Le minerai extrait de l'île deRedonda consislc surtout eu jjhosphate d'alumine, mélangé avec plus ou moins d'oxyde de fer et de matière siliceuse. La chaux faisant défaut, il ne peut être utilisé dans la fabrication ordinaire des superphos- phates, mais on l'emploie dans les fabriques d'alun où il laisse comme sous-produit de l'acide plios[)liori(]ue impur que l'on mé- lange avec les engrais azotés. Le phosphate d'alumine de Redonda dissous par l'acide sulfurique sert également, en mélange avec la chaux, pour l'épuration des eaux d'égout (brevet Forber et Price). Le précipité constitue un engrais d'une certaine valeur pour l'agri- culture. Les analyses 7 et 7 bis se rapportent à des minerais pulvérisés et essayés pour la culture des navets de Suède à "Woburn, en 1880 et i881 ; celles sous les n"' 8 et 8 bis se rapportent à des échantillons riches en phosphate, et l'analyse n" 9 à un minerai pauvre. Pliosphale d'Alta Vêla. — L'île d'AIla Vêla, près de Saint-Domin- gue, présente comme celle de Redonda un gisement de phosphate d'alumine, mais d'une composition plus variable. La roche est plus dure et de couleur plus claire. Les analyses 10 et 11 indiijuent que le phosphate d'alumine est accompagné de phosphate de chaux et de matière siliceuse en forte proportion. L'échantillon analysé sous le n" 12 est le plus riche en phosphate. PhosjthcUe silurieii (Pays de Galles). — A Cwmgynen, aux envi- rons d'Oswestry, dans le pays de Galles Nord, un gisement de phos- phate à l'état de calcaire et de schiste noir, a été reconnu dans la direction E.-O., et mis en exploitation par galeries. La couche de schiste offre une épaisseur de 45 centimètres, celle du calcaire phos- jthatitpie de 2"', 50 ; eUes sont séparées par une veine de spath et d'argile blanche renfermant des pyrites de fer et de cuivre. La teneur du schiste en acide phosphorique varie considérable- ment. L'analyse n" 13 se rapportant à un échantillon prélevé dans la galerie inférieure de la mine, montre que le fer et le carbonate de chaux y sont en faible quantité ; mais les échantillons (analyses 14- et 15) renferment 2.75 et 3.50 p. 100 de pyrite de fer ; et l'échan- tilloii n" li li(Mil une forte proportion du carbonate de chaux et de magnésie. L'échantillon u" 15, pour une si faible teneur en phosphate TnAVAU.V KT Iv\Pl':UIi:XCES DU d'' a. VOF.LCKi;!!. l'JT de cliaiix, ne trouverait pas, à cause du fer et de ralnmine, un pla- cement chez les fabricants do superpliosphate. Malgré l'étendue des gisements qui ont été reconnus dans la for- lualion silurienne du Pays do flalles, il ne semble pas, en raison de la difficulté de séparer le bon du mauvais minorai, que l'exploitation du phosphate imprégné d'oxyde de fer, d'alumine et de carbonate de chaux puisse donner lieu à des opérations fructueuses. 11. — Phosphates fossiles et coprolilhcs. La description des couches ossifèrcs trouvées en 1810 près de Bristol, renfermant des quantités considérables de rognons do phos- phates de chaux dans les assises situées à la base du lias ; la décou- verte d'amas de nodules mêlés à des restes d'animaux dans les cou- ches tcrtiau'es du crag, sur la côte du SulTolk ; puis, dans les forma- lions plus anciennes, notamment dans le grès vert, aux environs de Cambridge, dans le gault à Parnham (Surrcy), etc., ont conduit à l'oNploilation, aussi bien en Angleterre qu'on France et aux Etats- Unis, de masses considérables de nodules phosphatés, ayant con- servé le nom de coprolilhes, qui depuis des années approvisionnent les fabriques d'engrais, ou s'appliquent directement sur le sol après avoir été réduits en poudre. Coprolithes de CamhrkUje. — Tous les coprolithes fournis par la craie inférieure sont connus commercialement sous le nom de co- prolithes do Cambridge. Qu'ils proviennent réellement de ce comté ou d'auties localités ; que leur aspect extérieur varie, leur composi- lioii reste à peu près la même. Amorphes, terreux, avec des colora- lions jaunes, noires, mais surtout verdàtres, suivant les terrains qui les enveloppent, les rognons ont une forme très irrégulière, tantôt renflés ou étranglés, tantôt lisses ou rugueux. Leurs dimensions va- rient entre O'",!)^ et 0"',10 en longueur, et 0'",02 à 0'",05 de diamè- tre. Ils sont de la grosseur d'une noix à celle d'un gros œuf. Ils sont durs; leur structure est identique à celle de l'argile fortement des- séchée ; leur cassure a l'aspect pierreux, concho'ido et laisse entre- voir des parties concentriques. On trouve dans la masse agglutinée qui les entoure, des coraux, 1î)S ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. des ammonilcs, {\('>^ rrnstacés, des éponges, cLc. ; des os el verLèbics d'animaux fossiles. Les collections des propriétaires d'exploitations à Cambridge, ne manquent pas d'intérêt à ce point de vue. Par le fait, les coprolithes de Cambridge ressemblent à ceux que l'on a découverts en France ; peut-être, à en juger ])ar l'apparence, sont-ils plus purs et plus riches en phosphate. La composition des coprolithes de Cambridge réduits en poudre grise varie peu ; il y a plus ou moins de carbonate de chaux et de silice, et, par consétiuent, plus ou moins de phosphates de chaux et de magnésie. ,, ^ . , ... N" 1. N" 2. NO 3. N" t. N" 5. K" G. hau et traces de matières ______ organiques 3.11 4.02 3.49 4.45 4.01 3.4i Phosphates 62.32 G1.04 59.67 61.06 61.40 61.96 Carbonate de chaux , ma- gnésie; alcalis et fluor . 28.42 27.67 30. 6Ô 28.39 28.37 29.36 Matière insoluble, silice. . 6.1Ô 7.27 6.19 6.10 6.22 ô.24 100.00 100.00 100.00 100.00 100.0(1 100.00 Les coprolithes contenant beaucoup de fluorure de calcium, lors- que l'on dose les phosphates par la voie ordinaire, en les précipitant par l'ammoniaque dans la dissolution acide, on augmente la propor- tion de phosphate de chaux de 3 à -4 p. 100. .4 moins de déterminer l'acide phosphorique directement et de calculer d'après cette déter- mination la quantité de phosphate, on s'expose à doser trop haut. C'est ainsi que dans l'analyse coni])lète de l'échantillon n","), les phos- phates n'étaient en réalité (|uc de 57.15, au lieu de 61.40 indicjué plus haut comme résultant de la simple précipitation. ÉCHANTILLON 11° 5. Eau et matière organique 4.01 Chaux 4Ô.39 Magnésie 0.48 Oxyde de fer. ... '. 1.87 Alumine 2.ô7 Acide phosphorique' 26.7.J — carbonique- ô.l3 — sull'urique l.OG Chlorure de sodium '..... Traces. Potasse 0.S4 Soude 0.73 Silice 6.22 lluor et perte 4.9,') 1 00 . 00 1. Égal à phosphate de chaux tribasique .")7. 12 2. Kgal à carbonate de chaux 11.66 TRAVAUX KT KXPEIUENGES DL' D A. VOELGKER. 199 ai \o es ^1 o «o « Ci QO T-( (M ^ O 00 JS co _• m o «- o ta O 0) to o M eu, n '^ r- co 00 o o 1< o 00 >n ce t* c-i o o o ira ce o o o o 0^ a«i iH lO CO ^ '>! T-, o co s H a ri to O 5 fl a o u 0) ^ s to >. o < fa t» 2 S 00 g CO o .— , M O — « »o -H O O to o § os V o -* ■S o o o (M un rt IM to w (M *^ ço »« t- lO C3 ;d o o co o> •H O es 00 QO Oy s m O O -5 (M to to -î -* to 04 o w^ (M -^ o o m " to O O »-* S •M »4 .a o. O o. •*« 13 a o c o o a et ■O fl O o. o m ■< ■< <• 200 ANNALF.S DE L\ SCIENCE AaRONOMIQUE. o XA J T3 S H — : — >n v; ce •^ •C 'S [ Cl t* ce „ ^ " r- !N ' t^ ^ " " " e^ c. d ce co f 1 ?1 -^ tH e. 1 Ci rt co IN Ci j ï^ 1-» »^ « eo ft . a = 2 = ë f z'i •M 1^ t- C ' ï ^ 1 IN -)l i-H c= " / t- 9> ce -* 1» IM "■' "^ 00 fcC ce f7l 03 " (N « -# «i Ci -t 5 _ uj eo *-" IN B « "^ u •M 00 co r^ m SS a-. -ti eo ^ l- ■< ^ 1 1 - " d -H co eo d - ^ é: 1 p 1 - v> eo CD fM -^ :d "^ 71 c -Jl ^ •* Ci *M ^ co *': iri CO co ,- t- m ir. c. Ci ^ ^ ^ co -«11 co CJ iH ^ t- — « eo r: -^ ■* " ' " »ô d 00 IN iH CO —1 -1 co ^ Ci ^ ■**' eo ir: Ci °. 1 ^ i^ '^ CCOirîlM ^ ___ ^^'^ w Ci •^ 1 ï-l ►-i "00 od^cô ~ * "cô eo d 10 ce ! ^ f tri ri 1000 ^ ^ «^ CO Uî \ î'i M 0^ eo co co <>! d eo IN -ti «H ^"~" 'S^ IN -r lO bs . ^ ^ ~f co Cï (N Ci 09 va cri eo tN Ci Ci co -al e£ lil eo «0 CO -^ / ^~" co in ^ 10 <; / co . C- ■Jl 7-i rM ~ .r ' «^ 1 co ■* t- t* t^ d ^, S 1 (N eo f") «H ^ - < '^^ eo eo co Ci ^ ? 1 co _ co -rt co (N (= a: H f CI -1< " -1- t— CO d eo a J \ -M m r^ ^~* r- ^ Ci -44 a> ■Xi c^ 1 / 4n ï-H r— >0 Ci -^ 1 fM " 1^ (N r— Ci d W3 s s 1 ■N -Il tH l^ ^^ Oi CO t^ r- 00 ■0 » tl ci »0 _ CO CN " « (N •H4 CO d = > IN -ai 1H ^ 3 S 1 t^ -¥ t~ cr cri f __ ^_ r-l «■1 ■^ 'r. •* " co 10 t^ 'd ?J a e \ IN -il 1-1 "** W / -K iO >n ,^ %. 'N '^. -. ;^ Si ^ *^ •ri f^ lÔ •^ ce ■ai ^ iH IN eo 1-C "^ -!! E Ci -1 co er ^ K fi\ •M t- ■5 C es H 1^1 •a c 3 ; S 2 • .£ ^ « f< 1 «*- — 3 , co (O u, i. " X fl QJ " © C. •2 ^ -g . -3 S ^ a '3 ^ > ?! -< ^ p. < ^ -j: P^ zf^ < — ' 7i ^■^ H^ ^■iH ^^" ^^" ^^^^■" TRAVAUX KT KXPÉniKNCES DU D'' A. VOELCICER. 201 Les analyses 1, 2 et 3 du tableau CXLIV représentent la composi- tion moyenne, détaillée, des coprolithes du Gambridgeshire, telle que Vœlcker l'a déterminée et publiée dans son premier mémoire'. Les analyses suivantes 4, 5 et G se rapportent à des cliargements plus récents (1875); les gisements continuant à fournir à cette époque des masses considérables de coprolilbes aux fabricants de super- pbospllate^ Nous joignons, dans le tableau ci-après CXLV, la com- position des coprolithes de même provenance, réduits en poudre fine, ayant servi aux essais de culture des navets de Suède à Wo- burn en 1880 et 1881, par Vœlcker ; à Leighton Buzzard, par R. Vallentine, et à Rochcster, par le club des fermiers'. TABLEAU CXLV. — Composition des coprolithes en poudre du Gambridgeshire. Eau et matière org.'inique Acide phosphorique ' Chaux Oxyde de fer, alumine, magnésie, fluor, acide carboniiiue, etc Matière siliceuse insoluble 1. Égal à phosphate de chaux tribasique. ESSAIS de "Woburn. 1880. 5.51 25.70 44.18 16.52 8.09 100.00 1881. 4.93 26.28 44.55 17.42 6.82 56.11 100.00 57.37 ESSAIS .Leighton 1880. 4.42 2G.18 44.54 16.81 8.05 100.00 ESSAIS à Rochester 1880. 4.84 25.01 43.03 18.11 9.01 100.00 )7.15 A . 58 Coprolithes de Sicffolk. — Les coprolithes de Suffolk ou pseudo- coprolithes du crag, se distinguent des précédents par leur couleur brune ferrugineuse, leur poli, leur excessive dureté. Leur poussière est d'un jaune rougeàtre. 1. On the Chemical composition, etc., of phospliat/c manures, etc., ISGl. 2. On the chemical composition qf pliosphatic minerais, etc., 1875. 3. Field experiments on Swedish turnips at Woburn daring 1880 and 1881 : Experiments on the growlh qf Swedes by It. Vallentine, 1 880 : Resufts of experi- ments carried ont on Manor farm, near Rochester. — Journ. roij. agric. Soc. of England, 1881 et 1882. 202 ANNALES DK LA ?CIKNCK AGRONOMIQUE. La composition de cinq éclianlillons analysés est la suivante : K" 1. N" 2. K" :i. N" 4. N» 5. Eau et traces de niatiùres orga- niques /i.Gl 3.80 4.11 G.l?8 4.74 Phosphates ôG.i)2 60.21 G 1.15 GO 99 44.20 Carbonates de chaux, magnésie et lluor 25.95 21.77 22.39 21.74 20.92 Silice insoluble 12.92 14.22 12.35 10.99 30.14 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 L'échantillon n" 5 qui contient 30 p. 100 de matière insoluble, représente des coprolitlies de mauvaise qualité. Pour être de bonne qualité, ils ne devraient en contenir que 10 à 14 p. 100. Comme les coprolitbes du Suffolk renferment, indépendamment du fluorure de calcium, beaucoup d'oxyde de 1er et d'alumine qui se précipitent en même temps que les phosphates, il importe de dé- terminer l'acide phosphorique directement. La composition moyenne des coprolitbes de bonne qualité, sui- vant Vœlcker, serait celle qu'indiquent les analyses complètes 7 et 8 du tableau CXLIV; le n" 7 correspond à la meilleure qualité de no- dules du Suffolk, et le n" 8, à la quahté courante. De même que les coprolitbes du comté de Cambridge, ceux de Suffolk exigent de puissants engins pour être réduits en poudre fine. L'acide sulfuri({ue, et bien moins encore la végétation, ont un effet sur les coprolitbes, même grossièrement moulus. Aussi est-il essentiel de les pulvériser aussi fin que possible et de les faire digé- rer à cet état avec assez d'acide pour que le carbonate de chaux soit entièrement saturé, et que les phosphates insolubles soient rendus solubles. Le superphosphate ainsi obtenu est tout aussi bon que celui fabriqué avec les os. CoproiUlies de Bedford. — Des gisements de nodules phosphatés sont encore exploités dans les comtés de Norfolk, de Bedford et de Buckingham, et utilisés pour la fabrication des superphosphates. Les nodules du Bedforshire sont de couleur brune, contiennent beau- coup d'oxyde de fer et ont une composition analogue à celle des coprolitlies de Suffolk. L'analyse n" 11 indiipie cette composition (tableau CLXIV). TRAVAIX KT KXPKniKNCKS DU F»'' A. VOELCKER. 203 Un bois Ibssilc trouvé clans uni' des exploitations du Bcdlorsliirca été également analysé sous le n" 12. Bien que la structure ligneuse fût entièrement conservée, la matière organique avait été rempla- cée principalement par du pliosi)liate de chaux. Cet échantillon cu- rieux, dosant 72 j). 100 de phosphate, contenait peu de matière sili- ceuse, d'oxyde de fer et d'alumine. Pliospliale de la Caroline. — Ce pliosi)hate, à l'état de nodules, se trouve dans un gisement faisant partie du bassin de Charleston, qui émerge sur les bords des rivières Ashley, Cooper, Stono, Edisto, Caosaw et Combahu et de leurs tributaires, et s'étend, selon toute probabilité, le long de la côte à l'ouest, jusqu'à une distance indé- terminée. Suivant le D"" Pratt, la couche dont l'épaisseur varie entre 45 et 50 centimètres et atteint parfois de 00 à 90 centimètres, est formée d'argile bleue plastique et de sable dans lesquels les nodules de forme irrégulière sont enterrés. Parfois le minerai phosphaté est en masses ou conglomérats peu consistants, entremêlés de restes d'animaux fossiles d'une variété extraordinaire. La surface du gisement exploi- table a été évaluée entre 60 et 80 kilomètres carrés ; mais par suite de l'irrégularité de la formation, les nodules ne se rencontrant guère à 400 mètres des cours d'eau et des marais, et n'apparaissant que çà et là le long des rives, il est difficile d'arriver à une évaluation exacte. Les nodules généralement rugueux, de forme irrégulière, de couleur jaune clair ou brune, ont une structure caverneuse et peu consistante. Ils portent l'empreinte des coquilles et sont mêlés à des dents et ossements de poissons. Les phosphates de Charleston sont divisés en deux catégories : phosphates de terre (/«wrf pliospliale) et phosphates de rivière (river pliospliale). Les premiers, plus mous et de couleur plus claire, sont exploités à bras et lavés pour les débarrasser du sable et surtout de l'ai'gile adhérente. L'opération du lavage pour les nodules extraits de l'argile est difficile et dispendieuse. Les analyses 13 et 14 (tableau CXLIV) donnent la composition de deux écliantillons de phosphates de terre, qui renferment moins de carbonate de chaux, mais plus d'oxyde de fer, (raliunim' et de ma- 204 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. lièrcs siliceuses (juc les nodules du comté de Cambridge en Angle- terre. Réduits facilement en poudre, les phosphates de terre, traités par l'acide sulfurique, donnent un superphosphate de bonne quahté. Les analyses 15, 10 et 17, faites sur divers chargements de phos- phates de terre, indiquent que la composition est variable suivant le soin apporté au lavage des nodules, et que la teneur moyenne de 52 à 55 p. 100 de phosphate de chaux peut s'abaisser jusqu'à 48 p. 100. Les phosphates de rivière sont d'un gris foncé, presque noir, et beaucoup plus durs que ceux de terre. Ils renferment un peu de pyrite et valent les nodules du Cambridgeshire pour la fabrication du superphosphate ; leur teneur en phosphate étant plus élevée que celle des nodules de terre. L'exploitation des phosphates de rivière se fait principalement à l'aide de dragues à vapeur, munies d'appa- reils pour laver les nodules au fur et à mesure de leur extraction. Tandis que les phosphates de terre s'exploitent comme toutes au- tres mines particulières par des entrepreneurs ou par les proprié- taires mêmes des terrains, ceux de rivière font l'objet de conces- sions accordées par le gouvernement moyennant paiement d'un droit fixe d'extraction et d'une redevance par tonne de phosphate enlevée La composition des phosphates de rivière résulte des analyses 18, 19 et 20 ; Vœlcker y a joint celle des phosphates moins riches de l'île WiHiman, située près de la côte de la Caroline, où la forma- tion se continue (analyses 21 et 22). La plus grande partie des phosphates de la Caroline, expédiés en Angleterre, est chargée comme lest sur les navires qui portent le coton ; ce qui abaisse d'autant le fret et permet aux fabricants anglais de s'approvisionner réguhèrement dans de bonnes condi- tions ^ Coprolilhes de Russie. — Le gouvernement de Koursk possède un gisement des plus étendus de nodules phosphatés qui ressem- 1. The phosphatic rocks of soulh Carolina, etc., by Francis Holmes ; Charleston, 1870. 2. Report by the CItarleston Chamber of commerce on the Irade and commerce oj the City, 1SG3-1872. TUAVAL'X KT EXl'ÉRIEiNCES DU I)'' A. VOKLC KEll. 205 blcnt à ceux du Bedlorsliiie par leuis caractères cxtéi'ieurs. La seule analyse que Vœlcker ait faite des nodules russes est reproduite sous le n"* "}:}, tableau GXLIV. L'échantillon ne renfermait que Ad p. 100 de phosphate et près d'un tiers en poids de matière siliceuse inso- luble. De couleur brun foncé, il accusait la présence d'oxyde de fer et de fluorure de calcium en i;rande quantité, mais d'une faible quantité de carbonate de chaux. CoprolitJies de France. — La plupart des nodules expédiés en Angleterre sous le nom de coprolithes français, proviennent des en- virons de Boulogne-sur-Mer. Ils ont une couleur foncée, verte ou noire et des dimensions qui excèdent souvent celles des coprolithes du comté de Cambridge. La teneur pour 100 en phosphate de chaux varie entre 45 et 40 p. 100, et s'abaisse jusqu'à 40 p. 100 quand les nodules n'ont pas été bien lavés et séchés. Les analyses 24 à 28, tableau CXLIV, représentent la composition moyenne de divers changements de nodules de Boulogne importés en 1874 ; ils contiennent environ un quart en })oids de matière sili- ceuse insoluble, et beaucoup d'oxyde de fer, d'alumine et de fluo- rure. Plus [)auvre en phosphate que les nodules de Cambridge, ils se rapprochent i)ar leur composition des nodules extraits dans les comtés de Narfolk et de Bedford. Aux environs de Bellegarde, dans la vallée du Rhône, près de la frontière suisse, on extrait des phosphates fossiles beaucoup plus riches, dont les analyses sont données pour deux échantillons, sous les n°* 29 et oO. Le n° 29 était accompagné de nombreuses variétés de térébratules, de bélemnilcs, d'ammonites et d'oursins plus ou moins intacts. Moins foncés en couleui' que ceux de Cam- bridge et plus tendres |»uur la pulvérisation, les nodules de Belle- garde représentent un plios[)hate de bonne qualité renfermant peu de carbonate de chaux. Les gisements des Ardenncs offrent également des coprolithes de qualité supérieure, mais les frais de trans|tort jusijue dans les ports anglais sont trop élevés pour [)ermettre une exportation fructueuse. C'est à peine si les envois des nodules de Boulogne, extraits sur la côte, laissent un bénéfice aux expéditeurs. 206 ANNALKS 1)K LA SGIliNCi: AC.UOXOMUJ U E. IV. — Engrais industriels. Il n'y a pas bien longtemps encore que le fumier de ferme passait pour le seul engrais propre à entretenir la feitilité du sol, a|)pauvri par une suite de récoltes. Grâce au progrès icmanjuablc (jui s'est accompli depuis 1860, c'est-à-dire depuis la difl'usion des principes scientifiques établis par Dumas, Boussingault, Licbig, Lawes et Gil- bert, etc., dans notre connaissance des eflets cbimiques et physiolo- giques que les éléments organiques et minéraux du sol et les agents fertilisants peuvent produire sur les plantes cultivées, les agriculteurs ont appris à tirer un excellent parti des engrais naturels et artificiels dont la consonmiation annuelle n'a pas cessé d'augmenter. Non seu- lement ces engrais ont été substitués au fumier, dans des cas et pour des cultures déterminés, mais l'expérience a démontré qu'ils l'élaienl avec profit. Aussi est-il permis de dire que l'état d'avancement de l'agriculture, dans certaines contrées, notamment en Angleterre, correspond à l'introduction, chaque jour plus considérable, des en- gi-ais auxiliaires dans la pratique ordinaire du cultivateur. La fabrication des engrais se fait actuellement sur la plus vaste échelle et constitue dans les pays à culture intensive une branche des plus importantes de la chimie industrielle. Il y a aujourd'hui en Angleterre plus d'une douzaine de fabriques d'engrais, produisant de 45,000 à 50,000 tonnes, et un bien plus grand nombre de fabriques plus restreintes, livrant sur le marché de 4,000 à '^0,000 tonnes par an de fertilisants applicables à toutes les récoltes ou à des récoltes spéciales. On peut se faire une idée de l'extension (|u'ont prise la fabrication et le commerce des engrais artificiels en Angleterre, d'après le chiffre des importations des matières premières de toutes les i)arties du monde, phosphates, os, guanos minéraux, déchets, etc., qui excède 500,000 tonnes annuellement \ La variété des engrais chimiques ou composés, mis à la disposition de l'agriculture, est extraordinaire. S'il y en a qui se distinguent par 1. Tlie injluence of clicmical discovcr/cs on Ihc i)ro(jrcfts nf Eiujlisli (Kjricallare; 1878. TH.WAUX KT EXPÉRIIiXCKS DU d'' A. VOELCKKn. 207 leurs proiil'iôlés l'eililisaiilos iiicoiilcsl.ablcs, il y eu a iraiiti'i's peu efficaces : il y a même des engrais qui ne valent pas les frais de trans- port à quelques kilomètres de distance du lieu de fabrication. Il en résulte que les principes qui doivent guider cette fabrication ne sont pas toujours bien compris, et que l'agriculteur est exposé, s'il n'a pas recours à l'analyse pour s'éclairer sur les éléments contenus dans les engrais, à de pénibles déceptions. Dans un article spécial consacré aux engrais artiticiels, c'est-à-dire aux fertilisants préparés industriellement, Vœlckcr rappelle dans Tordre de leur valeur commerciale les éléments de fertilité qui cons- tituent ces engrais, à savoir ' : 1. Azote (à l'état d'ammoniaque, d'acide azotique et de matières organlipies azotées) ; :2. Acide phospliorique (à l'état de phosphate tribasique et de phosphates solubles); o. Potasse (à l'état de carbonate et de silicate de potasse) ; A. Soude (sel marin) ; 5. Chaux et magnésie (carbonate et sulfate) ; G. Silice soluble; 7. Matières organiques, humus; 8. Acide suli'uriijue (sulfate de chaux); 0. Chlore (sel marin); 10. Oxyde de fer, alumine, silice (argile et sable). 1. Azote. — L'azote peut être incorporé dans l'engrais sous forme de sels ammoniacaux, de nitrates ou de matières organiques azotées. Le sulfate d'ammoniaque est le sel ammoniacal le moins coûteux et le nitrate de soude du Chili, le nitrate à meilleur prix; aussi, à moins de disposer en quantités suflisantcs de matières azotées telles que rognures de corne, poudre d'os, chitl'ons de laine, sang, résidus de colle forte, suie, etc., les fabricants recourent-ils à ces deux sels pour enrichir les engrais sous le rapport de l'azote. A l'état de sulfate ou de nitrate, l'azote exerce une puissante action fertilisante, surtout quand il est appli(jué pendant la première pé- 1. ManurL' artijicial: l'rc's dictionary of arts, manufactures and mines, edifed, hy /{. Uunl. û" cdilion, liSG']. 208 ANNALES DE LA SCIDNGE AGRONOMIQUE. riodc du développement des plantes. Plus lard, il est moins efficace et parfois même superflu. C'est pour ce motif rpie les engrais azotés, les guanos, la suie, etc., doivent être employés en automne ou au printemps, dès que les premières pousses ont fait leur apparition. Les sels ammoniacaux, le nitrate de soude, les matières organi- ques azotées, comme il a été déjà observé, agissent surtout sur les parties foliacées des plantes. L'herbe des prairies, le froment, l'avoine et les autres céréales, cultivées dans un sol bien pourvu de subs- tances minérales, se ressentent tout particulièrement des engrais ammoniacaux ; aussi doit-on les employer avec précaution pour les céréales, et toujours à moins forte dose dans les terres légères; au- trement, on obtient beaucoup de paille et peu de grain, de qualité inférieure. En général, les sels ammoniacaux et les nitrates ne doivent pas s'employer à l'état concentré ; et, à moins que le sol ne renferme en abondance les matières minérales essentielles, il convient de les mé- langer avec des phosphates, du sel marin, du plâtre, etc. 2. Acide pliospliorique. — L'acide phosphorique qui se trouve dans le grain des céréales, des légumineuses, dans les racines, le trèfle, l'herbe des prés, etc., est faiblement représenté, même dans les sols de bonne qualité; et comme les récoltes, dans la plupart des cas, enlèvent au sol plus d'acide pliosphori(|ue que des autres élé- ments minéraux, on ne tarde pas à constater sa disparition à l'état assimilable, surtout pour les récoltes à croissance rapide, les turneps, les mangolds, etc., (jui végètent seulement pendant quatre à cinq mois, et ne poussent pas leurs racines fibreuses profondément en terre. Aussi, l'acide phosphorique doit-il être fourni- abondamment et au- tant que possible à l'état facilement assimilable, aux racines (|ui occupent une place si importante dans l'assolement. Dans les engrais artificiels, l'acide phusjihoiique est introduit à l'état de poudre d'os, d'os bouillis, de rognures d'os, ou bien à l'état de superphosphate de chaux, résultant du traitement par les acides de iihosphates minéraux et de matières osseuses qui ont été décrits précédemment. Le phosphate des os est insoluble dans l'eau, mais en présence de facide carbonique ou de l'ammoniaque, il devient plus soluble. Par TRAVAUX ET lîXPÉRIKNGES UU d' A. VOELCKKH. 209 lu (crmcnlalioii, la poudre d'os, mise en las, devient un engrais ciïi- cace et une bonne matière de mélange dans les engrais arliliciels. Tous les engrais industriels doivent i-enfermer, suivant les récoltes auxquelles on les destine, de :25 à //O p. 100 do phosphate, surtout ceux préparés en vue des turncps et des racines, pour lesquels la teneur en ammoniaque, au delà de 1 à 1.5 p. 100, est indillércnte. Il est loin d'en être ainsi, comme l'indiqueront les analyses des engrais du commerce, reproduites ci-après. 3. Potasse. — Les sels de potasse sont de précieux iertilisants, car la potasse entre dans la composition des cendres de toutes les récoltes. Aussi, les racines (|ui exigent beaucoup de potasse tirent- elles un excellent profit des cendres de bois, de l'argile brûlée, de l'engrais liquide, qui en renl'erment en (juantilé notable. En dehors des sources de potasse fournies par les mines de Stassfurtliet les sa- lins du lilloial, il est difficile et coûteux de s'assurer de grands appro- visionnements de potasse pour mélange dans les engrais artificiels. Heureusement la potasse se trouve en abondance dans la plupart des sols renfermant de l'argile; et son insuffisance dans les engrais commerciaux ne se fait pas aussi vivement sentir (pie celle des j)lios[iliates. A. Soude. — Les sels de soude sont inoins efficaces que ceux de potasse, et il y a peu de terres qui n'en renferment suffisamment pour couvrir les besoins des récolles. Toutefois, le sel marin est très employé dans la fabrication des engrais, comme matière de mélange, afin d'abaisser le prix des engrais spéciaux concentrés, troj) coûteux à cet état pour les cultivateurs. 11 est employé utilement en Angle- terre pour la culture du mangold. 5. Chaux et magnésie. — Toutes les plantes exigent de la chaux et de la magnésie en plus ou moins forte dose; mais, comme la marne, les sables co(piilliers, le plâtre, la chaux peuvent s'obtenir presque partout à bas prix, et s'applicjuer directement aux terres où la chaux et la magnésie font défaut, il n'y a pas lieu d'en introduire dans les engrais, si ce n'est comme matières de mélange. (i. Silice soluble. — L'emploi du silicate de soude ou de la silice soluble, à défaut d'expériences démontrant leur utilité pour les ré- colles, n'est pas à recommander pour la fabrication des engrais. 210 ANNALES DE LA SCIENCE AGUONOMUJUE. 7. Madères oryaniques ; Immm. — Les matières organi(}ues non azotées oITrenf un intérêt médiocre comme fertilisants. Sous un l)on régime de culture, la matière organiijue, dans le sol, s'accumule d'année en année; aussi est-il superflu de l'ajouler dans l'engrais pour augmenter son volume. Tout au plus des matières telles que la touj'be, la sciure de bois, etc., sont-elles utilisables pour rendre les mélanges plus intimes ou pour absorber l'bumidité de l'engrais fabri(jué. 8. Acide sulfurlque. — Cet acide est fourni dans l'engrais princi- palement à l'état de sulfate de cbaux ou plâtre, qui a peu de valeur comme engrais. 0. Chlore. — Le sel marin incorporé dans l'engrais apporte non seulement la soude, mais le chlore. 10. Oxyde de fer, alumine, silice. — Os éléments se trouvent dans l'engrais sous forme d'argile bridée, de terre, de bri(|ue en poudre et de sable. Un bon engrais, cela va sans dire, doit en ren- fermer aussi peu (jue possible. • D'après ces remarques, l'azote et l'acide pliospliori(jue formant les éléments les plus précieux de l'engrais artificiel, le fabricant devra se préoccuper : 1° De produire des engrais secs; 2" D'incorporer le plus possible de matières organi(|ues azotées ou de sels ammoniacaux, de nitrates et de phosphates, dans le mé- lange, au prix où il se vend sur le marché ; vi" D'éviter l'introduction de plâtre, de sel, de terreau, de craie et autres matières qui augmentent le volume en atténuant le pouvoii' fertilisant de l'engrais; 4" D'obtenir des produits homogènes, en poudre assez fine pour pouvoir se débiter par les semoirs. Enfin, il incombe aux fabricants de rendre plus actifs les déchets qui, sans cela, demeurent inertes pendant des années dans le sol, tant qu'ils n'ont pas subi la fermentation, et de réduire à l'état assi- milable, par le traitement des matières telles que les coprolithes, les phosphates en roche, etc., (pii agissent lentement, même à l'état de poussière line, lors(iu'elles n'ont pas été chimiquement rendues solubles. THAVAL'X et K.Vl'KHlE-NCliS UU U' A. VOELCRKIt. l'ii Les engrais industriels j)cuvent se diviser en deux catégories : la première, des cnyrais azotes, servant aux récoltes de iVonient, d'orge, d'avoine, (le seigle, el en lionne teri'e, aux licrb(;s de prairie; la seconde, dcsoigrais pitosphalcs, ulilhés surtout pour les i-acines. Longtemps les engrais azotés ont été fabriqués avec du guano comme fournissant l'ammoniaipie à meilleur com[)te; on y mélan- geait (in sel, (lu terreau, du plâtre, etc.; mais aujourd'hui la plupart des engrais de première (pialité pour les céréales sont obtenus en mélangeant de la j)Oudi'e d'os, fine ou dissoute par les acides, ou du phosphate d'os acidifiés avec du sulfate d'ammoniaque, du sel et du plâtre. Les engrais phosphatés consistent surtout en os dissous ou en coprolidies et autres phosphates minéraux traités par les acides. Plus un engrais à racines renferme de phosjdiate soluble, et [Ans il con- vient à la récolte. Les phosphates acidifiés renferment peu ou point d'ammoniaque et de matières organiques azotées. (Juant aux nitro- phosphates ammoniacaux, ce sont des phosphates acides additionnés d'ammoniaque ou de matières azotées. De toutes manières, le superphosphate, c'est ainsi qu'on désigne improprement le pntdnit résultant de l'action des acides sur les os et sur les minerais phosphatés en général, forme la base principale des engrais phosphatés et azotés que l'industrie livre à l'agriculture. Solubilité des pliospitate.s. — Les circonstances qui influent sur la solubilité dans l'eau et dans diverses solutions salines du phosphate de chaux à ses divers états, ont un intérêt direct pour l'application des engrais au soi. Vœlcker, dans une série de recherches spéciales \ a déterminé le degré de solubilité des divers phosphates, notamment au point de vue des os ; et par comparaison les phosphates chimiquement pré- pai'és, à l'état pur. Nous avons groupé dans le tableau CXLVI les résultais obtenus pour la solubilité du phosphate tribasiquc de chaux et du phosphate de magnésie dans l'eau distillée, et pour la solubilité du phosphate de chaux dans des hquides tenant 1 j). 100 de divers sels, à savoir : 1. Solubility oj' phosphuUc makriuts. l'evricr. 1SG8. 212 ANNALES UE LA SCIENCE AGUONOMIQUE. clilorliydralc (rnmnioniaque, carbonate d'ammoniafiuc, clilorure de sodium et nilrale de soude. TABLEAU CXLVI. — Solubilité des phosphates chimiquement purs. Solubilité dans feau disltUée. Phosphate tribasique de chaux pur, précipite, calciné et finement pulvérisé l'hosphate tribasique tic chaux pur, précipité et humilie Phosphate de magnésie calciné et linement pulvérisé. Phosphate de magnésie à iVlat humide Solubililé dans Veau tenant 1 j). 100 de ddorhydrale d'ammoniaque. Phosphate de chaux précipité, encore humide , . . Solubililé dans l'eau lenani 1 p. lOO d c carbonate d'ammoniaque. Phosphate de chaux précipité. Solubililé dans l'eau contenant 1 j^. 100 de chlorure de sodium. Phosphate de chaux précipité GRAMMES PAU LITKE. 1<^| essai. o.oai'j 0.0S21 0.0993 0.2030 0.3IG0 0.1G20 Solubilité dans l'eau contenant 1 p. 1 00 de nitrate de soude. 'hosphate de chaux précipité à Tétat humide . \ 0.0593 0.0G27 0.0993 2'' essai. Moyenne. 0.030S 0.0704 0.1015 . 206 i 0.30'iG 0.1597 0.0313 0.0792 O.lOOi 0.2017 0.3103 0.10C8 0.0G61 0.0Gi9 \ 0.0970 0.0G33 0.0'JSl Le phosphate tribasique de chaux pur avait été préparé en versant une dissohition neutre de chlorure de calcium dans une dissolution de phosphate de soude ordinaire, en prenant soin de ne pas préci- j)iter complètement le phosphate soluble de cette dernière. Le jtré- cipité lavé jusqu'à ce que les liqueurs ne se troublent plus par le nitrate d'argent, avait été séché, puis chauffé; une partie, après in- cinération, fut réduite en poudre fine, et l'autre j)artie fut gardée à l'état gélathieu.\. Les essais se sont opérés avec 2 Utrcs d'eau dis- TRAVAUX ET EXPERIEXCES DU D A. VOELCKER. 213 lillée, en agitant plusieurs fois et laissant séjourner le jiliosjilinte une semaine dans l'eau. Le phosphate de magnésie a été préparé à l'état pur, en versant une dissolution neutre de sulfate de magnésie dans une dissolut ion de phosphate tribasique de soude ordinaire. On remanpicra que les phosphates à l'état gélatineux sont beau- coup plus solubles dans l'eau ([ue lorsqu'ils ont été séchés et inci- nérés. En jjrésence d'un sel ammoniacal, la solubilité augmenle notablement; mais le sel marin et le nitrate de soude ne la déve- loppent pas sensiblement. Les résullats obtenus par les essais de solubilité de divers phos- ])hates, guanos et coprolithes dans l'eau distillée, dans la môme eau tenant i p. 100 de chlorhydrate d'ammoniaque, etc., sont consignés dans le tableau CXLVII. TABLEAU CXL VII. — Solubilité de divers phosphates. Solubilité dans l'eau distillée. Phosptiate d'os pur (os 1res durs) . . . . Cendres d'os (Amérique) Guano du l'érou . . . Guano Kooria Mooria Phosphate Sombrero I'liu6|)hate de l'île des Moines Coprolithes du Suffolii Coprolithes du Gambridgeshii'e Phospiiorite de rKstramadure Apatite de Norvège SoUilitlité dans l'eau tenant 1 p. 100 de clitorhijdrafe d'a)ninoniuquc. Phosphate d'os pur Cendres d'os du conmierce Coprolitlies du Caniiii'idgesliire Coprolithes du Sufl'olk Sotubililé dans l'eau tenant 1 p. 100 de carbonate d'ammoniaque, Coprolithes du Suffolk Coprolithes du Cand)ridgeshire GRAMMES PAR LITRE. U-r essai. 0.01-47 0.0193 0.02S5 0.0.'Î42 0.0170 0.0114 0.0147 0.0103 0.0091 O.OOli O.OOCS O.0i33 0.0137 0.02-'8 0.0171 0.0240 0.0217 2e essai. 0.0159 0.0170 0.0250 0.0376 0.0205 0.0125 0.0137 0.0079 0.0079 0.0014 0.0067 .Movenue. 0.0536 0.0206 0.0148 0.0251 0.0240 0.0167 .0267 .0358 .0187 .0119 0142 . 009 1 0085 0014 0062 0.0433 0.0336 0.0216 0.0160 0.0245 0.0228 214 ANNALES DK LA SCIKNCE AGRONOMIQUE, Pour ces essais, il ne sulTiL pas, comme pour ceux dos [)liospli;Ues cliiiiiiqiicment puis, d'évaporer jusqu'à siccilé le liquide dans lequel les phosphates oui séjourne pendaut une semaine; car le liquide renferme, oulre les plios[)hates qu'il a dissous, plus ou moins de carbonalc de chaux, de la magnésie et des traces d'alcalis qui faus- seraient le calcul. Le liiiuidc filtré et limpide doit èlre évaporé éga- lement jusqu'à siccité, mais le résidu est repris par aussi peu d'acide clilorhydrique que possible, et précipité de nouveau par l'ammo- niaque. Souvent même, cette opération de reprise par racide, devra être renouvelée. Le tableau GXLVII montre que les phosphates terreux du guano péruvien sont plus solubles dans l'oau que le phosphate d'os; mais que les phosphates des roches guanifères, des coprolithes etpliospho- rites le sont à degré bien inférieur. La présence des sels ammonia- caux développe la solubilité du phosphate, tandis que celle du nitrate de soude ou du sel marin n'a aucune action. Comme troisième série d'essais, Vœlckcr a déterminé le degré de solubilité dans l'eau des os sous divers états, au point de vue du phosphate tribasique et de l'azote. Les résultats sont rapportés dans le tableau CXLVllI. Les chiffres portés dans la colonne 1 se réfèrent aux quantités de phosphate tribasique dissoutes, après un séjour variable, dans l'oau distillée. La poudre des os très durs, au bout de trois jours, bien qu'elle eût été préalablement lavée et longtemps plongée dans l'eau froide pour la débarrasser de toutes impuretés solubles, a été à peine affectée; après douze jours elle a cédé seulement 1 centigramme jiar litre d'eau. Los échantillons de poudres d'os du commerce, plus ou moins imprégnées de graisse qui empêche la décomposition et la solubilité dans l'eau, ont été pourtant plus solubles que la poudre dos os très durs; les os bouillis ou étuvés à la vapeur ont abandonné plus de phosphate à l'eau distillée que les poudres d'os du commerce. Les chiffres portés dans les colonnes 2, 3 et 4- correspondent à des essais répétés pour chaque matière en renouvelant l'oau distilléo au bout de 24 heures; le but des épuisements successifs otimt do i-e- connaître si l'enlèvement partiel des éléments azotés des os solubles dans l'eau n une influoncc sur la solubilité du phosphate. TRAVAUX ET EXPÉRFENCES DU D"" A. VOELCKER. 215 TABLEAU CXLVIII. — Solubilité du phosphate et de l'azote des os, dans l'eau distillée. I. Os tlu"8 (tibia dp bœuf) poudre grossiùro l'r essai après ;j jours •2. Os spongieux (1/i do pouce) l"c dissolution dans l'eau 2' — — 3. Poudre d'os très i t.'i ;;0-"Ocoe<îoo* o o r- o o .^^ CI co en o lO c^ ■-^ .o «c C5 co fO co -!f ..-5 Lfl o -^ o o co _^ ce ..-5 ^<4« *«?• (M C5 co o o Ci «r vj< O ce CO CO o t^ r- co ■^ ■l-lC^lT-l-— lT--r-lC-|CO-rt-— o CO o 5 5-3 s o 3 0(M0005t^--^''5 0000CCOOt^-r-iOf^O coc»i.'5 0-*-^t^05!Mv:o~^rîiO!r5Co«~-^'. "5 -■;'■'—' CO-*rOvj»50 o 'O o o (M r^ co CI Cl Cl -«^ o •=j<-^o-— osrocociaDci-^Oc^-— r-coi- co -^ o ■-- o ..o Cl o o co tD ..o co — 05 co i-.O co co r^oci — Ot— cocor-i^ocico— cor--- rcTîO — o X o o ..o «n Cl o tn 'O te o '-O o co lO Cl o c-t — o -o o Cl Cî CO -!»< O r- ^^ -5f (^ f^ co ^_ ,^^ .^^ o Zi Cl Cl Cl .'*"'. CI Cl^ Cl "^^ Cl c^» Cl y^ Cl e-t Cl Cl Cl .^^ o» o o «D _ co 00 C-l co o O .OincOiD~T^ . ■u ca -5 ^ SOT rz -^ ■^ '-^ — — ' — = ■r, ■- o o !— c= .. u iC o _ ^ o o ;:; ^ cj O I I I I I I §•= C/3 Cl CO ~- O O I- ce C5 O — Cl CO -^ lO O 1^ 00 C» O •^ — — -rt _-.„-^.„_.^Cl 222 ANNALES DE LA SGIENIU-: AtiUONlJMlQUE. luljle, lauL-il, avec le [ihospliate Liibusique, Iraiisfurnier deux écjiii- valenls de chaux en deux équivalents de sulfate de cliaux. Avec le plîospliate bibasique qui constitue certains guanos croûte (tels que ceux des îles de Californie ou de l'Océan Pacifique Sud), il n'y a qu'un équivalent de carbonate de chaux à convertir en sulfate; ce (jui permet d'introduire dans les eni>rais concentrés une dose bien supérieure de phosphate soluble sous le môme volume'. La composition des superphosphatres varie notablement sous le raj)[)ort du })hosphate soluble, du phosphate insoluble et de l'azijte. Le tableau CXLIX réunit les analyses d'un certain nombre de pro- duits, exécutées au laboratoire de Vœlckor, à la demande des fabri- cants eux-mêmes ou des cultivateurs. Ce sont les analyses que nous avons relevées nous-mème dans les registres du laboratoire, pen- dant notre mission d'étude de la fabrication et de l'emploi des phos- phates de chaux en Angleterre, en 1863 '. Le seul échantillon qui mérite une mention spéciale dans ce tableau est celui analysé sous le n" ^0, provenant de l'usine Bernard Lack et C'% de Plymouth, et qui renferme 25.70 p. 100 de phosphate soluble. Dans cette fabrication spéciale, le phosphate soluble est pré- cipité, concentré après coup, et ajouté au superphosphate ordinaire. Son prix de vente était de 300 fr. la tonne. Les analyses, publiées par Vœlckcr, de divers superphosphates de bonne (jualité, c'est-à-dire renfermant de à 8 p. 100 de phosphate soluble ou biphosphate de chaux, et le double de phosphate inso- luble, sont résumées dans le tableau CL. Les superphosphates n"* 5 à 10 et 12 qui titrent plus de 12 p. 100 de phosphate soluble, dosent évidemment moins de plios- phaliï insoluble que les autres. Les échantillons 10 et 1 1 se fout remarquer, en ce qu'ils ont été fabi'iqués à Cirencester pour les expériences culturales des navets de Suède en 1858 et INUl ; le n" 10, avec de la i)0udre d'os dissoute dans l'acide sulfurique, et le n" 11 avec un mélange de coprolithes et de poudre d'os traités par l'acide et additionnés de sel marin. I. On phosphalic guanos, 1870. '2. Fabrication el oiiploi des pliosphulcs de chaux en Angleterre, par A. Iloiuia ; Journui d'ugricaltare pratique; amicc 1SG4. TUAVAUX ICT EXPEHlliNCES UU U' VOELCKKU. 223 , -^_^ «-I o Cl O ..-3 O o o C < o (^; Cl Cl .-O ■Ji .?; =^ • ■ . s a •a »-t y. ce o CI o o CO >o <=■ -»— 1 T— ^M ^■^ -■^ ^ i -^ ''~' — ï n ^^^ — - — ce co (» Cl . o O i 5 -^ - 00 CO c^ o Cl o -a» 00 o •o g o o - c< .«^ ■Ji Cl o lO 1^ .^ o CI 1-M CO o o O <-j OJ ■— ' — ^ ^' " ~ U «c *--^ o Cl o •— ' •o OO o CO Cl § S . CO o o ..o v>0 ce Cl «5 o ( o ..o ë ^ " et ..■î l~ o o Cl o CO — o — ' — _^v_-^- -^^ -< a: o ce CI ■y? Cl CO o - ce CO O O co — ,^' ^-< o „^ -sj< o o co' o o o -« Cl CO ■^- •i^l o S *— _^ ^ ce .-3 r^ C-. CO •«»> CO o • i lO O O Cl CO Cl o : \ '- VD ^ CO CO i.O o o — ' 1 ^« T-l -f— « CI "^ o M 1 — •a ', ^ ^ .o ■«-^ ce t^ -* -^ CO o - J ce -^ o CO Ci lO .o o — m '-■ f t~ f Cl OC o CI o o 1—" o I Cl CI CO ~ CO o . ^ M IM .^M o C( *.-^ o t- -5? o < cri c< o o — en CO CO o o C3 o 15 -Jj o lO *^ lO o r~ o o • <,_< Cl -îp o o o ^ — ■ -Z> ce lO *-T*4 c? irt CO O .o c ^ >< C-5 •v^ o -Ti Cl o T-* i— o CO o 05 — ■ CO *^ o S 5 -^ ."5 a ro o CO ..^ CO *^ o ■^ - ., , v^ Cl .,_, -^ o o o a 1 "^ - 1 ■>^ VD Cl o ■•— • CO o o C' i O TO CO Cl o CO r~ o o J \ ^ ^_] O o .o o Cl •^•H o o -a s "= ] 1— ■ '«^ Cl CI o -r- 1 ^ — •" \ ^,^ ". i « H 1 *^ en oc CO ■^- -o o o o C2 CI Cl 'O i.O Cl .o o o -^ Cl o 5" aJ • cz • _3 • 3 S _2 X O i« 2 'E o o tn c en 3 t/3 O o 'S o £ cz i> 03 o p, 1? .i "rt •O t/1 C3 o "S. i:î 1J c. 'fi 2 "S. .« o. "5: tri C O t C3 J£ 2 t^ _2 z rs si) O "3 Ci N _tp « ) ^ ^ •a ;:i. S C/2 c« .^^ -^ " — kl 224 ANNALES UE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Nous omctloiis les nombreuses analyses de supeiphos[)liales de qualité infcrieure dont Vœlcher a signalé la fraude dans ses rapports annuels à la Société royale d'agriculture d'Angleterre. Si la fraude obtenue par l'addition de sable est facile à découvrir, celle qui con- siste à ajouter du plâtre ne peut être découverte que par l'analyse ; car par le traitement à l'acide de la poudre ou de la cendre d'os, il se forme nécessairement du sulfate de chaux. L'analyse seule permet de constater si la dose a été augmentée par le mélange avec du plâtre cuit. Les superphosphates s'employant seuls pour la culture des racines et notamment pour les turneps et les navets de Suède, il est essentiel de s'assurer de leur composition. Il a été démontré par l'expérience que pour la cultui'e des ra- cines, à moins qu'il ne s'agisse de terres déjà l'iches en phosphates, l'emploi du guano se fait en pure })erte ; mais le superphosphate qui sur certaines argiles tenaces i)eut demeurer sans effet, pour d'autres motifs (jue ceux de son action chimique, ne doit être em- ployé que sur des terres argileuses, suffisamment ameublies ou pulvérisées. Beaucoup d'engrais coûteux sont ainsi perdus parce (jue le sol n'est pas convenablement préparé ; c'est aussi ce qui jus- tifie la pratique de certains fabricants d'engrais qui vendent sans bénéfice les instruments perfectionnés afin de nneux })lacer leui'S produits fertilisants. Le superphosphate enq^loyé à raison de 5200, de -400, de 750 jus- qu'à 2,000 kilogr. par hectare, a un avantage incontestable sui- le guano et le sulfatii d'annnoniaque, pour la culture des racines, c'est qu'en excès il ne tue pas la graine et que, loin d'en retardei' la germination comme le sulfate d'anmioniaque employé à doses mo- dérées, il l'active ^ CoprolilJics dissous. — Les copi'olithes réduits en poudre fine sont souvent dissous directement par le cultivateur à l'aide de l'a- cide sulfuri(|ue, et employés à l'état pulvérulent sur le sol pour la fumure des turneps. Nous donnons ci-après (tableau GLI) la conq)o- silion de quatre échantillons de superphosphate minéral ainsi obtcsnu, 1. The composition of fertile and barrcn soils. Four lectures, ISJT, p. Gl. TllAVAUX ET EXPEItlENCES DU D' A. VOELCKER. 225 ayant servi aux essais de culture à AVuhurn en 1880 et 1881, et à Leightun, Buzzard et à Uucliester en 1880. TABLEAU CLI. — Composition du superphosphate minéral (coprolithes du Cambridgeshire). liiiii Matiore organique et eau combinée. Bipbosphate de chaux Egal ù phosphate tribasi(|ue. . . . Phosphates insolubles Sulfate de chaux Sels alcalins et magnésie Matière siliceuse insoluble . . . . WOUITKN. 1. 14.10 1-2. 15 1G.45 [2b. la) 8.79 44. 2G 4.25 100.00 8.0G 9.53 17.80 (27.87) 7.80 49. 4G 6.45 100.00 LBIGTON Buzzard. .3. 11.75 10.35 17.48 (27.37) 4.49 4(3.79 '9.14 100.00 KOCHKSTKR. 15.70 13.70 tG.53 (25.89) 4.G9 40.59 8.79 100.00 B. — Engrais azotés. Engrais de poisson. — Parmi les engrais azotés, ceux qui sont fabriqués à l'aide des poissons, de leurs débris et des résidus des pêcheries, ont une richesse fertilisante qui s'approche, dans certains cas, de celle des guanos actuels du Pérou. Dans le tableau GLU sont groupées les analyses que Vœlcker a faites, à plusieurs dates, de ces guanos de poisson livrés à l'agri- culture ; nous les faisons suivre des remarques qu'ils a publiées. ^"i. Engrais de poisson. — Cet engrais, très humide, qui ren- ferme à peine i p. iOO de phosphate de chaux et 1 p. iOO d'am- moniaque, n'a pas grande valeur fertilisante, et ne devrait être payé que sur le pied du phosphate et de l'ammoniaque indicjués par l'analyse \ N" 2. Engrais de poisson desséché. (Newcasfle.) — Bien plus riche en phosphates que le précédent, mais ne dosant que 1.5 p. 100 1 Annual report for 1872. 1873. ANN. SCIENCE AUnON. 15 22(5 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. e o o a, T3 Xi > S-i a o (S o> <]> •a a o M O Pi g o u H W -H .* 1- 3 te -< o a M S « 'M c^ co co a o » Cl 1^ o lO O 0' ■ o O .2 » c/: ■ o *;!:* i^,^ o* co o* O ~ » 2 - r^l CO O ■^^ ■■^ a c» i) / 00 in CT> O' o o O . 1 o co co t~ ^-^ --r* O o» cr> m 1 . s: . a a ~?< o a <= = \ f-H o ■— o àO co co o "r 1 .,_, o o o o -s « M ^ ; o O \ .^ < .o o o ..o co o , ^ S o iM -v -.-H (^( o •^^ co W ,2 1 d a - a ^ .o ^ "o 1 1^ iO .,_H o* 1^ U.O o ~ c 1 o o o ^ 1 ^-" -r- Lf5 w Ci o o * LIA NO lairc «^ co O CO o* o co . . a a a a a *^ ^ Ci Ci C-i CO ^^ o o o ~ c ° o o ' o V5 ^ •'^ , O o o O 1^ o / ce co 1- .o co o co o » 1 a s a a • a cr^ O' ^ S l cô i^ CO co co ■v-H o ** I ..o ot o .o t^ s / — ' o l c lO i.O .^^ ers o ■''' i (^5 co o 1^- O o o fr( < 1 , m A a a . a . 'M o _^ ^ r t-^ o ■>» co co T_< o ^ " l o Ol 2 1^ co ' o CI <-r> (M — *?f* o o -T^ f^ CO CO CO o o» ^—1 . a a s a s. a -^ o i ^ «5 o o ■^^ o o o t~ o »?*« O 1 ■~ co 1 ce ^ C^) t~ Ci o o ^<^ OD w 1 co co -* o -5? ■*— « o Ol cô -^ s: a • a .o o 1 O \ Oj o 00 • n a a a • co o a O -c .2 *"• o -.-?< co ■ O c» co o i« o o — o o T— 1 a a. ■^ . • aî S ' c« a , ^ • O ^ 03 •-• X! .s o nj a ^ ■*-» .^ cz = 3_ •4-» a - ~ m — a Q> O O) c c: cr a 'S o s ao . o 3 o o <1> "S co "E. ■y: o o C o. -S 3 £1. O Cu c: m >-* O "S '5 ■ S- o "H. "H. -C3 "c ry C c c7 es c/3 i co -u c s» ry3 Ci "c c .:s "es •a 0< TIIAVAL'X KT l'Xl'ÉUlKNCKS DU I)'' A. VOKLr.KHU. 227 d'iuiimoniaqiu', ccl engrais est un composé d'os et de dclritus de poissons traités i)ar l'acide suiriiri(pie. C'est à proprement dire un super])hosphate azolé \ N"' 3 à G. Ckiano de poisson. — Ce guano importé d'Amérique, à l'état sec et pulvérulent, est un engrais concentré de premier ordre, (pii tilre de 7.5 à 11.5 p. \W) d'ammoniaque, et de 11 à 8:2 p. iOO de phosphate de chaux; et peut concurrencer le guano péruvien; mais il n'arrive que par chargements irréguhers et relativement peu considérahles ^ N°' 7 et 8. Guano marin. — Le guano importé sous ce nom est de composition analogue à celle des guanos dits de poisson, hien que les deux échanlillons soumis à l'analyse varient sensihlement. Les agri- culteurs l'utilisent avec profit pour les choux, les niangolds, le hlé d'automne, et les autres récoltes auxquelles le guano péruvien est comnmnémcnt appliquée N" 9. Guano polaire. — Le guano polaire rentre dans Jes deux catégories précédentes. ivjos .jo çi^ Il Engrais poisson ci os. — Ces engrais, (pioique hien préparés, sont tiès pauvres en annnoniaque et en phosphate de chaux, mais en revanche le plâtre et la chaux y dosent plus de 00 p. 100 et leur enlèvent toute valeur commerciale pour ne point parler de la valeur agricole*. N" 12. Engrais poisson cl sang. — Le sang et la chair représen- tant environ 10 p. 100 d'ammoniaque par leur décomposition; l'en- grais n° 12 qui titre à peine 1.5 d'ammoniaque ne doit guère contenir de sang encore moins de chair de poisson. C'est un mélange de débris animaux, de sels de pêcherie et d'os de poisson, avec du carhonate de chaux et du sable. Sa valeur toutefois est supérieure à celle des engrais 10 et 1 1''. Engrais de chair cl de sang. — De nombreuses matières ani- males, parmi elles le sang et la viande, les déchets des abattoirs et 1. On the agric. and commerc. value of somc arlificial manures. ISJô. 2. Annual rcpori for 187 7. 1878. 3. Annual report J'or 1882. 1883 'l. Quarterlij report o/ fhe chemical comtnitlecfor December 1871. 1872. b. Quartcrltj report, for December 1870. 1871. 228 ANNALES DK LA SCIKNCK AGRONOMIQUE. ' des boiiclieries, les tonlisses de laine et de drap, les déchets de cuir, de cornes, de plumes, servent également à préparer des engrais qui n'ont, pour la plupart, de valeur fertilisante qu'en raison de l'ammo- niaque qu'ils contiennent. On trouvera dans le tableau GLIII quelques-unes des analyses, publiées par Vœicker, des engrais à base de cbair et de sang des animaux. Deux de ces engrais de cbair desséchée, n°' 1 et 2, provenant des résidus des fabriques de l'extrait de viande Liebig : le n" 1 est importé de l'Amérique du Sud en Angleterre et le n" 2 arrive de l'Austrahe. L'engrais n° ^, importé de la Nouvelle-Orléans, sous le nom de guano animal ou Azotane, est mieux préparé que les n"' 1 et 2. Avec une teneur égale en ammoniaque, il renferme plus de phosphate de chaux. Sous le n°4, le guano animal importé d'Australie offre une teneur en ammoniaque trois fois moindre que les précédents. Quoique beaucoup plus riche en phosphate de chaux, il ne vaut guère plus que de la poudre d'os ordinaire. C'est un mélange d'os dissous, de sang et de chair desséchés \ L'engrais de chair n" 5 fabriqué par Dixon et Gardus, de Sou- thampton, se vendait au prix de 'i'^li) fr., et l'engrais de sang u" (i au prix de 200 fr. la tonne ; tous deux de bonne quahté et à leur prix, d'après leur composition. Les engrais composés de sang n"" 7, 8 cl 9 ({ui dosent entre 1 et 2.3 p. 100 d'ammoniaque et entre 2.2 et 5 p. 100 de phosphate de chaux, sont très humides, fortement mélangés de matières inertes, sans parler du carbonate et du sulfate de chaux, et offrent peu d'intérêt comme fertihsants '^ Eufjrais de laine. — Comme engrais de laine, employés pour les navets et le froment, que Vœicker a mis en parallèle avec d'autres fertihsants, dans ses expériences culturales, iKlonne la composition .suivante: 1. Animal report of llic ionsulting chemist for 1872. 187;j. 2. A nnual report for i87l. 1872. — Report of I lie cite inical commitlee for 1870 ; 1 87 l ; et report o/ ihe chcviicat commitlee for 1882. 1883. TRAVAUX T-.T EVPÉniEXCES DU D A. VOELCKEn. 229 H O y. c;^ ."^ «o V- 00 co Cl Cl Cl Cl ce oc Cl o o •o Cl 3 g c» Cl Cl o Cl m Cl o Cl o o o o 00 co o — a m -a Q} co es X) •cfl C8 ta c o en o Oi S o u 1-3 u <: M iJ PQ < El Cl C5 O Cl o o — o o ■o Cl -o co (M O CO o o o o o o — Cl o co o o co eo C5 O -a O o o 00 o ce t£> 00 o eo O O o o — o o co ci o co ^^ Cl « Cl 1^ O LJO rt e ft T •'JO _■ ■ O co *cH ^« ^— t •4) TS .5" 5 — "o o o iJ - 2 H, X X3 d S T3 o 9. c V :5 o ~ 2 -; ÎI o cj •g «■ c « — => « " n -2 i= i£ -S C/3 C/5 C3 = = S g ••-' es 230 ANNALES DE LA SCIENCE ArTRONOMIOIK. Engrais de laine. Pour Pour navets'. froraent*. Eau 21.26 11.59 Matière organique soluble et sels ammoniacaux ' . . . 10.52 ) Matière organique insoluble Ô.2.S \ Bipliosphatc de chaux , 1.41 » — égal à phosphate de chaux tribasique. . (2.21) » Phosphates insolubles 12.63 » Sulfate de chaux hydraté 23.41 » Carbonate de. chaux » 2.22 Sels alcalins (sel marin) ir).2C 1.26 Oxydes de for, alumine » 2.52 Matière siliceuse insoluble 10.23 Cy.Al 100.00 100.00 1. Contenant azote 2.96 11.93 Egal à ammoniaque 2.63 14.49 L'engrais n" 2 pour fumure du froment en couverture, livré sous le nom d'ulmate d'ammoniaque, bien que renfermant seulement 2.05 p. 100 d'ammoniaque à l'état de sels ammoniacaux, est formé presque e.Kclusivement de matières azotées : laine et cheveux ou poils, rendus solubles par un procédé particulier. Dans les essais de Vœlcker, il s'est montré inférieur comme rendement au guano, au nitrate de soude et au sulfate d'ammoniaque. Pour les autres engrais d'origine animale, il importe seulement de connaître la teneur en ammo- niaque, car c'est à elle qu'ils doivent leur valeur fertilisante et com- merciale. Vœlcker indique comme il suit le dosage des matières qui, fournies à l'état de déchets ou de résidus, trouvent leur débouché dans la chentèle agricole ' : a.mmoniaqde AZOTE P. 100. p ^QQ Déchets de peaux 5.67 = 6.88 Poussière de cuir (blanche) 3.66 =: 4.58 Déchets de cuir 7.01 = 8.51 Poussières de laine (peignage) 7.62 = 9.25 Poussiers de drap ' 3.53 = 4.41 Déchets de plumes 6.34 = 7.69 Sang desséché 10.99 = 13.33 1. Experiments upon Swedcs. 1858. 2. Experiments wHh différents tnp-drcssings upon wheal. 1862. 3. Moyenne de 4 dosages, à laquelle il convient d'ajouter la moyenne des cendres obtenues par incinération, égale à 26.24 p. 100. 4. AnnunI report of /lie consulling chemist /or 1S82. 1883. TRAVAUX ET EXPÉniEXCKS DU d'' A. VOELCKEII. 2ol Ces ruii's tonnes par les procédés ordinaires ont peu ou point de valeur comme engrais, car l'acide tanniquc coml)in<; avec la peau résiste à la décomposition de l'humidité et de l'air dans le sol. Il s'agit ici de déchets de cuirs non tannés par les acides tannique et gallique. Les poussiers de hatterie et halayures de fahriques de drap, connus en Angleterre sous le nom de Slwihly, y sont employés i)Our le hlé et le houblon. En raison delà grande quantité d'huile qu'il contient, cet eng:rais se décompose très lentement dans le sol ; aussi importe-t-il de l'enfouir longtemps d'avance ou de le faire fei-menter avec de l'urine. En(irais d'orhjine véfjélalc. — Tourteaux. — ■ Comme cngi'ais organiques, il nous reste à parler des tourteaux du commerce dont l'emploi est répandu en Angletei're aussi bien pour l'azote que pour les phosj)hatcs qu'ils contiennent. Vœlcker n'a publié qu'un petit nombre d'analyses de tourteaux pour engrais, et plutôt dans le but d'éclairer les agriculteurs sur leur valeur commerciale, étant donnée leur composition. Un tour- teau de colza de bonne qualité devant renfermer environ 5 p. 10(1 d'azote et 5 p. 100 de phosphate de chaux, les deux analyses (|ui suivent indirjuent une composilion inférieure à la moyenne '. Composition de tourteaux de colza pour engrais. 1. 2. Eau 8.2-4 8.05 Matière organique ' 82.40 64.3") Phosphates 2.5G 2.jâ Carbonate de chaux, etc » 4.90 Sels alcalins - 4.08 » Matière insoluble 2.72 19.35 100.00 100.00 1. Contenant azote 3.18 3.2i Égal à anunoniaque 3.86 3.93 2. Contenant phosphate de chaux tribasique . . . 1.58 » \. Qvarlerly report of the Chemical connuitlee for 1872. 1S73. — \A. for 1S82. 1SS3. 232 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Tourbc-littére. — L'emploi comme litière pour les animaux, de la fibrtj ou mousse qui constitue la tourbe sèche, a été recommandé dans ces dernières années, avec quelque succès. Vœlcker a soumis à l'analyse des échantillons de ces mousses tourbeuses, de couleur brun clair, ou d'un brun foncé, et formant de gros volumes ; il leur a trouvé la composition suivante * : Composition des mousses tourbeuses. Eau 12.80 Matière organique ' 85.13 Matière minérale (cendres) 2.07 100.00 1. Contenant azote O.Gl Ces fibres absorbent l'eau bien plus complètement que la paille et de plus, fixent bien mieux l'ammoniaque, à cause des acides humi- ques que renferme la tourbe. Les écuries et les étables où l'on se sert de tourbe comme litière ont meilleure odeur que celles où l'on emploie la paille ; et il n'y a rien dans cette pratique, de l'avis de Vœlcker, (|ui puisse nuire au bétail ou au chevaux. Gomme engrais, la valeur de la tourbe sèche est à peu près nulle, mais elle forme une excellente matière pour l'absorption de l'urine et des excré- ments des animaux. Comme une tonne de tourbe fait à peu près le môme usage que deux tonnes de paille, pour l'emploi comme litière, il y aurait une économie réelle à s'en servir dans les localités où la paille peut se vendre à bon prix et où le fumier coûte cher à préparer. L'analyse de trois échantillons d'engrais préparés avec de la tourbe ayant servi de htièrc, tableau CLIV, démontre que l'on obtient une matière fertilisante au moins égale au fumier de ferme consommé. 1. Annual report of the Consulting cheviistfor 1882. 1883. TRAVAL.V ET EXPÉRIKNCES DU D'' .V. VOELCKER. 233 TABLEAU CLIV. — Composition des engrais de tourbe employée comme litière. Eau 1. 2. * 3. * 70.90 25.50 0.76 1.15 1.69 60.01 27.16 1.07 2.14 3.62 62.70 30.38 1.01 2.07 3.84 MatiiTc organique' Sels ammoniacaux' Phosphate de chaux Sels alcalins, etc Matière siliceuse insoluble 1. Contenant azote 100.00 100.00 100.00 0.56 0.68 0.59 0.73 0.66 O.SO Éi^al à ammoniaque ** Annual report, etc. for 1888 . 1884. 1 C. — Engrais phosphatés. Os dissous. — Les produits analysés sous les n"' 1 et 2 (tableau CLV) ne renferment, quoique vendus comme os dissous, que 1G et 8 p. 100 d'os et représentent une valeur vénale de 150 et 100 fr. par tonne \ Comme Vœlcker le remarque au sujet de la plupart des os dissous, livrés à l'agriculture, ils se composent d'^un mélange de superphosphate minéral et de cendre ou de poudre d'os. L'engrais 11" 3, au contraire, qui a servi aux essais de culture des turneps à Rochester', provient d'os dissous par l'acide, comme l'atteste l'ana- lyse. La difficulté qu'éprouvent les cultivateurs à se procurer des os dissous de qualité pure dans le commerce, les conduit à acheter de la cendre d'os et de l'acide sulfurique pour fabriquer eux-mêmes le produit. Outre que cette fabrication est incommode, qu'elle exige des soins pour obtenir le maximum de phosphate soluble, et qu'elle 1. A^mual report, etc., /or 1879. 1880. — Id. /or 1880. 1881. 2. Results of experiments carried ont al Rochester, etc. — Joxirn. Roy. Ayric. Soc. of England. 1881. 934. ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. '<» .£3 u o ta « en •05 ;h rt o< • u ta M © y: o ."5 1^ O o et O o o ■o o o o o o o o o ir-5 ce Cl et et o o o o o o — . o '-0 o -5« o o — o et et t^ et CO et O --* o —I es c-5 et «3 o o o o o O et ./: CO -—1 C-3 et — Cî '^. O ^. -* ■ lTO ■rt CO -^ e( o o o o o o ..-3 -— . tO ..-5 CD CO Ci CO 1-5 2 d CO O o o o o ce O CO ce -Jl ~s> _ et o CO CO et o ce -t—t \ ' — CO -^ et o o o o .o CO o — CO ■— et CO --- >o o ^ O CO ■ CO -.-1 o ..^ et et CO CO 1,0 ■— CO «o — o -ri et C5 et o C5 CO c o o o o o o o CO ---f C5 CO ■— et o o o 'O et — O 1— i.O CO CO o o o o — o e^ CO O o a S o es Cj* es — o C CB « '^r Sic î- iT o © ^ •a H. •a O) s J3 C -5 O o. — o -u d^ es 3 et. t/î o j3 CJ J2 G, -< O 4) ■3 -Ot C te 3 'S 13 S •a 3 .-5 ..-5 ,^ C3 o ■— -.— < o O ~T" C5 o 1^ C5 a ^ ^ _ • . o Cl 1 r- ^ y; t~ 1^ ^1 O " * c-t ~ O o • ^— 1 ^H ■»— » co o T— 1 "'"' co co O <>) 00 o . 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Quoi qu'il en soit, du moment où le cultivateur tient à préparer lui-même l'engrais d'os le mieux approprié à ses récoltes, il peut opérer plus économiquement de la manière sui- vante * : En premier lieu, il humectera d'eau aussi complètement que pos- sible la cendre d'os; au besoin, il emploiera de l'eau chaude ou bouillante. La cendre d'os étant presque toujours sèche et im- prégnée de matière grasse, l'imbibition exigera un certain temps. Aussi, après l'avoir laissée pendant 6 ou 8 heures dans moitié de son poids d'eau, et l'avoir plusieurs fois brassée, dans l'intervalle, devra-t-il ajouter encore de l'eau, la cendre pouvant en absorber en 12 heures près des deux tiers de son poids. Le lendemain, le mélange s'opérera à raison de 1 partie de cendre d'os imbibée d'eau avec 2 ou 3 parties de superphosphate minéral acheté sur titre garanti en phosphate soluble. Mis en tas , le mélange, au bout de 24 heures, entre en fermentation avec développement de chaleur et la cendre d'os se désagrège de manière à être plus efficace comme engrais. Retourné après trois ou quatre semaines, le superphosphate d'os ainsi obtenu constitue un engrais moins coûteux et d'une action plus efficace que celui acheté chez les marchands d'engrais. L'analyse n" 4- se réfère à un engrais de cendres d'os, dissoutes par l'acide sulfurique, appliqué par Vœlcker dans ses expériences de culture des navets de Suède ^; et l'analyse n" 5, à un engrais obtenu en traitant 100 kilogr. de cendres d'os du commerce par 70 kilogr. d'acide sulfurique, puis en mélangeant le tout avec 50 ki- logr. de sulfate de chaux ^ Ces deux superphosphates, d'excellente quahté, ne renferment pas d'ammoniaque à l'état de sels, et seule- ment des traces d'azote. Dans les expériences de culture des navets 1. Annual report for 1873. 1884. 2. Experiments upon Swedes, Juin 1858. 3. Experiments upon Swedes, juin 1861. TUAVACX DT EXI'ÉKIENCDS DU D"" A. VUELClvER. 237 de Suède, poursuivies à "NVoburn en 1880, la farine d'os dissoute, analysée sous le n° 0, a été égalemenl préparée dans la ferme \ Phosphate d'os. — L'analyse n" 7 s'aj)pli(|ue à la composi- tion d'un pliosphalc d'(js précipité, obtenu dans une fabri(juc de colle forte du Cliesbire et livré au prix do 1^5 fr. les 1000 kilogr. Ce phosphate, pour la culture des navets de Suède, a donne les mêmes résultats que la farine d'os dissoute n" 6. Un échantillon commercial de phos})hate d'os azoté, de date bien antérieure, livré par la compagnie des engrais du Chesliire, est analysé sous le n" 7 ; il se vendait au prix de i210 fr. la tonne'. On sait que pour la fabrication de la colle, nombre d'usines substituent à l'ébullilion i)our enlever la gélatine des os, le traite- ment par l'acide chlorhydii({ue étendu d'eau à froid, qui dissout les parties minérales des os. En ajoutant aux liqueurs acides, chargées de phosphate d'os, de la chaux éteinte, ou du carbonate de soude, jusqu'à ce que l'acide libre soit neutralisé, les phosphates se préci- pitent à l'état de dépôt volumineux, que l'on peut laver en partie et sécher. Le phosphate d'os ainsi préparé est un précieux engrais facilement assimilable par les plantes; il est sous forme de poudre légère et sèche, et renferme de 70 à 80 p. 100 de phosphate triba- sique de chaux pur. L'addition de chaux produisant du chlorure de calcium qui reste dans la dissolution, il est très difficile j)ar lavage d'en débai'rasscr complètement le précipité. Aussi le phosphate précipité l'onferme-t- il toujours plus ou moins de ce chlorure déhquescent. Il renferme également du carbonate de chaux qui provient de ce (jue l'on ajoute presque toujours plus de chaux qu'il n'en faut pour saturer l'acide libre, et la chaux qui se dépose en même temps que le phosphate se change en carbonate intimement mélangé. Les analyses 9, 10 et 11 donnent la composition de phosphates ainsi précipités, mais le n" 11 se léfère à un produit très inférieur à cause de l'abondance du chlorure de calcium qui nuit à la végéta- tion ^ 1. Field experimeiits upon Swedish lurnips, I.SSl. t883. 2. Fabrication cl emploi des phosphates de chaux, etc. lS6i. '6. Solubililij oj pliosphatic malcrials. ISGS. 238 ANNALES DE LA SCIENCE AGUONOMIQUE. Engrais d'os. — Divers engrais, vendus suus le nom à'engrais d'os, sont analysés sous les n"' 12 à 17. L'engrais 12, qui ne renferme que 1 p. 100 de phosphate de chaux et 1 p. 100 d'azote, avec 20 p. 100 d'eau, est un mélange de plâtre et de matière organique imprégnéi; d'acide sulfurique représen- tant une valeur de 40 à 50 fr. la tonne \ Les engrais 13, 14 et 15, fournis par les résidus des fabricants de colle foilc de Frodsham (Gheshire), sont de qualité courante, mais trop humides; le n" 13 a été additionné de sulfate de chaux, de sel et de plâtre, et le n" 15 contient plus de sable que de besoin. La valeur de ces engrais peut être établie, d'après leur composition, à 125, 168 et 158 fr. la tonne. La cendre d'os qui forme l'engrais n" 16, sans être bien épurée, est de bonne qualité, et représente une valeur de 200 fr. par tonnée L'engrais n° 17 est un spécimen d'excellent engrais d'os, livré au prix beaucoup trop bas de 110 fr. la tonne'. Nitro-pJiosphatcs. — Les nitro-phosphates ou phosphates azotés, analysés sous les n"^ 14, 15 et 16, montrent à quel point un nom générique peut s'appliquer à des produits de composition, de valeur et d'efficacité diverses. Le n" 14, qui constitue un engrais de bonne quaUté, s'est vendu au-dessous de 100 fr. la tonne (juoique tenant plus de 1.5 p. 100 d'ammoniaque et 13.27 de phosphate soluble* ; tandis que le n** 15, livré par la compagnie Gérés, Sti-atford, au prix de 200 fr. ne renferme que 1.5 p. 100 de phosphate et moins d'am- moniaque que le fumier ordinaire, outre 44 p. 100 de sable '. De même, le nitro-phosphate n» i6, reconnnandé comme le précédent pour la fumure des prairies, était vendu par la compagnie d'engrais South London au prix de 130 fr. , quoiiiue ne renfermant pas 1 p. 100 de phosphate insoluble, ni 1'/^ p. 100 d'ammoniaque"'. 1. Report 0/ the chemicul comniiltee for Mardi 1870. 1870. 2. Annual report of the Consulting chemist for 1870. 1871. 3. Annual report, etc., for 1881. 1882. A. Atmual report, etc. ^ for ISSl. 1882. ô. Atmual report, etc., for 1877. 1878. G. Annual report, etc., for 1883. 1884. TRAVAUX ET EXPÉIUKNC.KS Di: u'' A. VOELCKER. 23'J D. — Engrais spéciaux. lÙK/iuls à lilc. — Les enivrais à hlé, n"' 1 et 2, lal)leau CLVI, ont servi à Vœleker dans ses expériences sui' différentes finiiures en rouverdire pour le froment, en 1859 et en 1862. Le n" 1, fourni par la fabrique Pi'octor de Bristol, "est un «xcellent engrais renfermant 7 p. 100 d'ammonia(]ue à l'état de sulfate (10.97), et de matière azotée soluble (8.08), plus, du plios})bate à l'étal soluble et insolu- ble et du sel marin. L'engrais n" 12 s'est montré également très efficace, quoique moins azoté que le précédent. Ils renferment tous deux peu de matière siliceuse insoluble'. L'engrais n" '3, fourni par l'usine de Bristol (West of England G"), est riche en matières azotées en ammoniaque, et en j)hnspliale soluble et insoluble, mais bien trop humide \ L'engrais n" 4 représente un mélange de superphosphate et de nitrate de soude, convenant à la fumure du blé en couverture, que le fermier eût pu faire lui-même sans lecuurir au fabricant d'en- grais ^. L'engrais à blé et prairie (n" 5) est un excellent engrais et bon marché à 2o7 fr. la tonne \ L'engrais à blé d'Ilminster (n° 6), vendu à 200 fr. la tonne, est de qualité inférieure })our l'emploi en couverture ; outre son degré d'humidité, il renferme seulement 3 p. 100 d'ammoniaque '\ Engrais dil.s arUficiels. — L'engrais artificiel \\° 7, en raison de sa teneur en ammoniaque fournie par la matière organi(iiie, et en phosphate soluble, était vendu à bas prix à 200 fr. la tonne ". Les engrais 8 et 9 ont été obtenus par le même mélange de sulfate d'ammoniaque, de superphosphate concentré, de poudre d'os et de nitrate de soude : le n° 8, livré par une fabrique d'engrais au prix de 325 fr. la tonne, et le n° 9 ftibriqué sur la ferme même au prix 1. Expcrhnents wilh différent top-dressings upon ivheat. 1860 et 1862. 2. On the value of artificial manurcs, etc., l.Sjô. 3. Annual report of the consalting chemislfor 1878. 1870. 4. Annual report of the consulling chemislfor 1880. 1881. ."). Fabrication des phosphates de chaux, par A. Honna. 186i. 6. Annual report for 1875. 1870. 240 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 3 o > •a en C8 Ci «D — m >n <:r- CO 1^ to ce o ^ O «o t- £2 CO tH 1^ 3^ o "N 00 • O s • 00 s a CO CO Tti cô CO d <» S »-* ^ CO CO b- d iO O >-( ■>» o '— d '^ < t^ r* § 3 s CO CO in o CO o o; o tH CO J-i t^ b ^ • S 2 ^H o o •H o CD m o t^ ta CO d ■H »-t -•i " iH o (N >i o o *-• M in o <^ cr O o to o r^ m IN l— O oc ÎM ^ »H . CO a m oi S 1-( c; •H f^ 05 i-H to d ~ Cl iH 'H -H CO o 1H o '^ CO ,_, O 5~ S^_ o" •^ »o o o o c^ N [a O »M ^ «^ u^ -* ■^ d »o CO CO to N IN 1H tH d ^ o ^ ^ ^ Oi CO c^ m to ,.— ^ ^ o h- T)< ° g -:; to 5j « Ci o t: to Cï œ Ci cô ce r,; o d iH o »-( (M tX w o ■>* in <; -^ ^H ,_, Oî OJ ■— ■ ^ in ^~- ^ Ci o lo t* o »> •- N t^ o (N 00 c . o a 'M O CO ^ ^ 00 o> -^ t-^ r- in •f o H "^ (M ^^ \Z ^ ■M *H o CO lO -1 -' - in :o o O , G^ «5 os g o O a 5 o to o t^ O «•i 00 o» 1^ ri •^ d • M rt 13 -H CO o W (M , . -^ / .- »H î a »H •il T- o; CO îi o in o o o «5 'H CO te oc 9^ CO 8 CO àO ^ CO J2 o- O ,,^ ■- o o 00 00 ■^ t- o 00 to 2 C- m m >n C^ '* o ce « CO (M t^ 'X œ o CO o . in a cr N (M C^ CI • ce O 1-1 -t -y CO d tH o 't: 'ji O >n fN in g ^ cr f-i •^ to o O o t- t- tS 00 o ir o o îr a a a ce 1H 1- o iH er C5 -^ CO . • o O' O 'i (N d \ ^ ^^ 1-1 ^ •n *" y-{ 1 2 ir l^ ri * ao _aj CO V 3 ^ 00 s -Û «A "o 4^ o o 3 g O o iH 3 3 5" ° 1 a M» 3 _2 o c K •c a 3 O -rt Œ o m .2* '3 OD a œ a toi 4) e3 "c ■O .a Œ 15 35 15 22 20 60 13 16 10 93 (20.61) (17. 11) 12 35 10 04 » > 100.00 0.84 1.02 0.30 39.27 5.60 100.00 1.41 1.71 35.94/ 7.14 100.00 0.93 1.13 11.70 20 . 62 5.37 (8.40) 14.70 38.91 s. 70 100.00 0.89 1.08 L'engrais n" i2, employé également dans les essais de culture des navets (1861), s'est montré bien supérieur au précédent, bien qu'ap- pliqué à moindi'c dose ; son prix était de 200 fr. la tonne, tandis que celui de l'engrais n" o, livré par Griffin de Wolverhampton, était de 175 fr. Les engrais -4, 5 et 6 représentent, selon les analyses, des engrais de bonne qualité, vendus à leur prix, entre 175 et 190 fr. la tonne'. L'engrais n" 7, d'une composition inférieure par rapport aux pré- cédents, ne saurait être estimé à plus de 100 fr. par tonne ^ V. — Valeur des engrais. « H y a une quarantaine d'années, la fabrication et la vente des (I engrais fai.saieiil j)lutôt l'objet de spéculations hasardées que d'af- 1. Animal repoli , elc, Jor ISSO. 18S1. '2. Annual npoii, de /or l.ss?. l,s.s;j. TRAVAUX ET KXPÉRIKNCKS DU D'' A. VdK Li: K ICIi . 243 (' fuires bien ordonnées. Les hommes sérieux se refusaient pour la « plupart à aventurer leurs cajiitaux el à user de leur intelligence « dans des 0|»éralions aussi peu connues, de telle sorte que les nn'- « langes fertilisants, indignes de ce nom, étaient de règle, et les « (engrais bien préparés et d'une valeur réelle formaient l'excep- 0. tion '. » C'est vers cette date que Vœlcker, un des premiers, Way, Ander- sen, Nesbit et quelques autres chimistes chargés des analyses par les Sociétés agricoles et les cultivateurs, publieront les labiés de ])ri\ courants d'après lesquelles pouvaient s'évaluer les éléments utiles des engrais, aliii de mettre un terme aux fraudes dont les agriculteurs étaient les victimes. Peu à peu ceux-ci commencèienl à a])précier les services rendus jjar les cliimistes, el la publicalion des listes de jtrix servant à établir la valeur des engrais, ne tarda pas à imprimer à l'industrie et au commerce un caractère d'bonora- bilité qui leur a rallié des boni mes distingués par l'esprit d'en- treprise autant que par leurs connaissances commerciales et agri- coles. Si les prix courants ont eu leur utilité au début, et peuvent ser- vir encore à limiter les fraudes en livrant une valeur vénale relative des divers engrais, aujourd'hui que la fabrication s'est développée démesurément et que les conditions du marché se sont complè- tement modihées, il est difficile de les employer à un calcul exact de la valeur intrinsèque, et encore moins, de la valeur agiicole, des eniirais soumis à l'analvse. La valeur, dans un entrais, de l'azote à l'état d'ammoniaque, n'est pas plus facile à déterminer, à moins de convenir d'un jirix moyen unique, que celle du phosphate soluble de chaux, (pii déjtend eu partie de la source d'où il provient, et des matières avec lescpielies il est associé. Ainsi, quoique le ])hosphate soluble soit produit à moins bon compte quand on traite des os au lieu de phosphates minéraux, on continue à fabriquer des superphosphates d'os parce qu'ils donnent l)0ur la culture des turneps, dans les terres légères, de meilleurs ré- 1. Commercial value oj' arlffic/al munvrcs. 1802. 244 ANiNALKS 1)K l.A SCIENCK AGUONOM IQU li. sullats que les super|tlios|)liates préjjarés avec des (;oj)i'olillies, ou avec tout autre ])liosj)liate minéral. Il y a donc, en dehors de la ([ueslion de teneur en j)Iios})liates solubles et insolui)lcs, une valeur spéciale attachée à la [)rovenancc. Un supcrphosplialo contenant de 15 à 18 p. 100 de phos[)hate so- luble, 15 p. 100 de phosphate insoluble à l'état d'os, et 2 jt. 100 d'azote, pourrait être obtenu à bien meilleui- prix en fabriquant le phosphate soluble à l'aide de coprolithes, et en mélani^eant ce super- phosphate avec de la poudre d'os et des matières azotées. Mais comme le superphosphate d'os est plus efficace pour la culture, et (pTil coûte davantaij;e, il a une valeur commerciale plus élevée, et par conséquent le phosphate soluble y vaut plus cher que dans ICn- grais composé qui aurait pu lui être substitué. On peut, [)ar le mélange des matières phosphatées, obtenir des supeiphosphales tilrant jusqu'à 28 et 80 p. 100 de phosphate solul)lo (c'est-à-dire de phos})hale tribasi(pie rendu soluble par l'acide); mais si l'on recherche un litre plus élevé, il faudra lecourir à des procédés de fabrication plus coinpli(jués et dispendieux, c'est-à-dire que, au delà d'un certain dosage, le phosphate soluble acquiert plus de prix. D'ailleurs, aussi bien pour le phosphate soluble que pour les au- tres éléments de l'engrais, les prix variant constamment d'après l'offre et la demande, le consommateur trouvera pour s'approvision- ner économiquement une meilleure garantie dans la concurrence que se font les industriels honorables, que dans les tableaux de prix cou- rants établis par les chimistes et sujets à des variations incessantes. Dans les analyses commerciales des engrais et les calculs auxquels elles donnent lieu, on néglige ti'op souvent l'état de combinaison et la condition physique sous lesquels les phosphates insolubles et l'azote sont présents. L'azote peut se trouver à l'état de sel ammoniacal, de nitrate de soude, d'acidf» uriipie, ou de matière azotée dans la laine, les débris de poissons, les rognures de peaux, de cornes, etc. Sous ces nom- breuses formes, l'azote a une valeur connncrcialc et agricole diffé- rente, et il serait absurde de calculer l'azote nu même prix, à ces divers états. TRAVAl'X KT F-M'ÉUIKNCK? Df F)'' A. VMF.r-r.KK I\ . 24") De iiièiiic, le ]ili()S|flial(' iiisoliilile diiiis les os concassés à '/^ de pouce coûte plus cher, éliuil. plus eiïî 'ace, ([ue dans les os d'un '/,, pouce. La poudre d'os est à un prix encore plus élevé. Le phosphate insoluble non converti par l'acide, dans un superphosphate d'os, a plus de valeur (pie celui de la poudre d'os. Pour les racines, le phos- phate insoluble du noir animal, des coprolithes, des apalites, oiïre une valeur bien jilu.s r(Mluite. Dans le guano du Pérou et (juclques autres guanos pliospliati's, les phosphates insolubles, à cause de Iciu' extrême division, ont une valeur double de celle des phospha- tes d'os. C'est pounpioi la valeur argent des phosphates, dans un engrais à turueps, pi'iit s'élever de 50 IV. à 400 et 300 iV. la tonne. D'autres considérations pratiques exercent une influence sur la détermination du prix d'un engrais, notamment son état physique. Un engrais en poudre fine, sèche, et de composition homogène, ne s'obtient que par un surcroît de dépenses dont le chimiste aurait à tenir compte s'il veut encourager la fabrication des engrais bien pH'parés. L'engrais est-il assez sec pour pouvoir être uniformément distribué? Est-il en poudre fine ou grossière, ou en grumeaux? A-l-il une composition homogène? Les ingrédients qui le conqjosent sont-ils dans le rapport voulu pour atteindi*o le but spécial de l'en- grais ? Quelles sont les facilités dont dispose telle localité à laquelle l'engrais est destiné, pour se procurer des engrais? etc., telles sont les questions qu'un calcul sur des prix courants ne permet pas de réîsoudre ou de faire entrer en compte dans l'évaluation des engrais. L'état de concentration ou de dissémination des principaux élé- ments de fertilité dans un engrais, doit également influer sur sou prix. Le coût de l'azote dans le guano ne peut être le même que dans la poudrette ou le fumier, dont le volume est bien plus consi- dérable. Enfm, il n'est fait aucune bonification pour les peines et soins que tel fabricant a pris, avant d'arriver à une bonne fornnile d'engi'ais, ni pour comj)enser ses essais et ses recherches sur les diverses ma- tières (pii le composent. Le but des observations présentées |iar Vœlcker est de montrer (pie le chimiste ne ])eut pas donner une évaluation rigoureuse de l'en- grais, en se guidant seulement d'après l'analyse et un jnix courant 240 ANNALES DR I,A SCIENCE ACnONOAIIQUE. des diverses matières fertilisantes. L'état du marché et de l'industrie, les conditions de fabrication et d'application des engrais, etc., dont la notion implique, de la part du cliiniistc, des connaissances agrico- les et commerciales étendues, et du jugement, afin de tenir une juste balance entre le producteur et le consommateur, iniluent au- tant sui- la détermination do la valcui' des engrais, que le dosage quantitatif des éléments. Ce qui ne veut pas dire qu'il est mutile de soumettre les engrais à l'analyse cliiniiquc. Au contraire, sans une analyse exacte, il est impossible d'arriver même à une estimation aj)proximative d'un engrais. L'analyse est et demeure le seul moyen pour servir de base aux transactions entre vendeurs et acheteurs, mais à condition qu'elle ne soit pas interprétée exclusivement dans un but commercial à l'aide de coefficients purement mathémati- ques. C'est en 1870, sur la proposition du comte de Lichficld, que le Conseil de la Société royale d'agriculture d'Angleterre vota une dé- cision, en vertu de laquelle le chimiste-conseil de la Société devait présenter désormais, en mars et en décembre de chaque année, un rapport sur les divers engrais et aliments du bétail, soumis à l'ana- lyse par les membres de la Société : ce rapport, portant la dési- gnation des vendeurs, devait être avec l'avis du conseil publié par les journaux agricoles. Le Conseil assumait ainsi une grande responsabilité, étant donnés le caractère de la législation anglaise en matière de diffamation et l'absence d'un procureiu' chargé de poursuivre les délits en vue de l'intérêt i)ublic. Aussi, ]tlus d'une fois eut-il à payer les frais de coû- teux procès pour les ])ublications faites dans les journaux, des ana- lyses du D' Vœlckcr. Les membres de la Société et des autres asso- ciations agricoles n'en ont pas moins unanimement approuvé la conduite du Conseil dont l'effet sur une certaine classe de fabricants et de vendeurs a été de restreindre le trafic de mélanges fertilisants de qualité inférieure, ainsi (jue d'engrais et d'articles de nourritui'e du bétail, falsiliés ou vendus sous de fausses appellations '. l. The Itoi/al Àfjricultural Societ%of England bij Jenh/ns. Journal , id., vol. XIV, 1S7S. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES T)V I)'' A. VÛELCKER. 247 Une aulre conséquence de la niesiin' prise i»ar le Conseil et de la jtublicalion des rapports semestriels du rhiiniste, a été d'accroître le nonilire des analyses demandées an laboratoire jtar les membi'es de la Société. De 1870 à I880, le nombre d'analyses exécutées au lab(jraloire de Vœlcker pour les membres de la Société s'est, en ell'et, élevé de 58(1 à 1,453 dans l'année. Ce dernier cbillre, consigné dans le dernier rapport annuel que Vœlcker ait publié, comprend 381 analyses de superpliospbales et autres engrais composés et 405 analyses de tourteaux *. Dès 1807, le Conseil de la Société ordonnait la publication des instructions rédigées par le cliimiste consultant poui' la prise et l'envoi des écbantillons d'engrais, de sols, d'eaux, de marnes et calcaires, de tourteaux et d'autres aliments, à soumettre à l'ana- lyse. Nous jugeons inutile de rapporter ici ces instructions qui ont servi de base à celles généralement en usage auprès des stations agronomiques. En 1870, le Conseil adoptait, en outre, un type de formules à faire signer par les vendeurs d'engrais et de nourritu- res, spécifiant les noms et adresses du vendeur, les quantités à livrer, le délai de livraison, la date de l'achat, en même temps que la ga- rantie du dosage des divers éléments et de la qualité, à vérifier sur échantillons prélevés et cachetés en présence des parties. Dans cette formule, se trouve également fixé le prix pnr kilogramme de chaque élément, pour le cas où l'analyse indiquerait que le taux n'est pas celui garanti par le vendeur'. Malgré h s efforts de la Société royale pour réprimer les abus et malgré les rapports signalant les fraudes sur la qualité, la valeui' et le prix des matières fertilfsantes livrées par le commerce, Vœlcker croit devoir encore, en 1883, faire appel aux ngiicultcurs membres de la Société pour les engager à soumettre les engrais qu'ils achè- tent à l'analyse, lorsque même la composition leur paraît sufTisam- ment garantie. 11 insiste sur ce point que, la garantie portant presque toujoflrs sur deux cbilTrcs, soit de 5 ù 7 ]). 100 d'ammoniaque, par 1. Annual report of Ihe consultJng chemist. for 1SS:{. 1SS4. i. Quarlerly report of the chcmmil conunHtee for Deccmber 1 S70. 1 s7 i . 248 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. exemple, ou de 10 à 15 p. 100 de phosphate .solul)le, le vendeur ne se considère engagé que par le chiflVe minimum. Or, l'écart entre les deux taux, qui excède parfois 40 fr. par tonne, vaut bien la peine, pour le cultivateur, d'être analytiquemeut déterminé ; d'autant plus (\ue pour nombre d'engrais vendus sur titre garanti par les industriels honorables, notamment pour les superphosphates, il est facile d'obtenir une diminution de prix correspondant au dosage qui ferait défaut, lors de la réception de l'engrais. Méthodes d'analyse. — Nous avons réservé comme conclusion de ce paragraphe, les procédés analytiques suivis au laboratoire de Yœlcker ; ils n'ont d'intérêt, suivant ce que Yœlcker a lui-même écrit, que pour témoigner de l'exactitude des analyses elles-mêmes; car aujourd'hui, notamment pour le dosage exact de l'acide phosphori- que, la méthode de Schlœsing, et pour le dosage rapide du môme acide, la méthode modifiée de Sonnenschein par le molybdate d'am- moniaque, et celle de Fresenius, Neubauer et Liicke, à l'aide du ci- trate d'ammoniaque, ont remplacé presque partout les anciens pro- cédés que Vœlcker a appliqués et décrits comme il suit, d'une part pour les sols, et d'autre part pour les engrais. Nous complétons par la description qu'il a donnée des essais de cendre d'os, des coproli- thes et des fumiers \ Dosage de l'acide pitosplioriquc dans un sol. — Le dosage exact de l'acide phosphorique dans un échantillon de sol est facile, pourvu qu'on observe les précautions nécessaires en suivant la méthode connue sous le nom de dosage par le molybdate d'ammoniaque que Vœlcker a décrite dans les termes suivants^: On prend 6 grammes, ou mieux 12 grammes du sol à l'état sec, finement pulvérisé que l'on met digérer pendant une heure environ dans 100 grammes d'acide nitrique pas trop concentré. La solution acide est hltrée et les eaux de lavage de la partie insoluble du sol restée sur le filtre étant mélangées avec la solution, on concentre le tout par évaporation pour réduire à un faible volume. Pendant la 1. Fabrication et emploi du phosphate de chaux en Angleterre, par A. Ronna. Journ. d'agric. jjralique^ l.sGi. ■2. On the causes oj Ihe benefUs of clover as a prcparatonj crop J'or wheal ; juillet 18G8. rnAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 249 concentration, on verse un large excès de molybdate d'ammoniaque en ayant soin que la solulion reste fortement acide. Si le sol contient beaucoup d'acide phosphoriquc, il se forme aussitôt un précipité jaune vif, composé d'acide molybdique et d'a- cide phosphoriquc ; si le sol ne renferme que des traces d'acide phosphoriquc, le précipité n'apparaît que dans le liquide concentré, lorsque le grand excès d'acide nitrique a été chassé par l'évapora- lion. Le précipité jaune contenant la totalité de l'acide phosphoriquc du sol, de l'acide molybdique avec un peu de silice et souvent un peu d'oxyde de fer, est jeté sur un filtre et lavé à l'aide d'une solution de molybdate d'ammoniaque fortement acidifiée par l'acide nitrique, jusqu'à ce qu'une goutte, quittant le filtre, cesse de donner la réac- tion du 1er par une solution de priissiate jaune de potasse. On dis- sout alors le précipité sur le filtre dans un excès d'ammoniaque, et dans la liqueur ammoniacale on précipite l'acide phosphorique à l'état de phosphate ammoniaco-magnésien par une solution ammo- niacale de sulfate de magnésie. Après un repos de 1î2 heures, le pré- cipité magnésien est réuni sur un petit filtre et lavé à l'eau ammo- niacale concentrée. Comme des traces de silice et d'oxyde de fer, en môme temps que l'acide phosphorique, sont entraînées dans le précipité magnésien, on le dissout de nouveau dans quelques gout- tes d'acide chlorhydrique et on évapore soigneusement la solution acide jusqu'à siccité. Le résidu sec et dur est alors repris par un peu d'acide chlorhydrique; on ajoute un peu d'eau, et l'on filtre de nou- veau. Les traces de silice restent sur le filtre. Dans la liqueur acide filtrée, on ajoute quelques gouttes d'acide cilri(jue pour maintenir toutes traces de fer en dissolution, et on précipite de nouveau par de l'ammoniaque concentrée à l'état de phosphate ammoniaco-ma- gnésien, l'acide phosphorique exempt cette fois de silice et d'oxyde de fer. Le précipité recueilli sur un filtre, lavé à l'eau ammoniacale, séché, incinéré dans un creuset de platine et pesé à l'état de phos- phate tribasiquc de magnésie, donne par le calcul la quantité d'acide phosphorique avec une grande précision. Si l'on ne redissout pas le précipité magnésien pour le priver de la silice, on trouve plus d'acide j)hosphorique (ju'il n'y en a dans le sol. 2â0 ANXALKS DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Dosage de l' acide pliuspliorique des engrais. — Dans les essais com- merciaux des engrais, on se borne généralemcnl à la détermination (lu phosphate trihasique (phosphate des os) par simple précipitation ; mais on obtient ainsi des teneurs plus élevées qu'elles ne le sont en . réalité. 11 en résulte des difle renées de 3 à 4 p. i 00 qui ne sont pas sans donner lieu à un gros bénélice pour le. vendeur, lorsque l'essai s'applique à un chargement de phosphates, et, par contre, à une perte notable pour l'acquéreur dudit chargement. Il est sans doute plus commode et plus rapide à la fois de préci- piter les phosphates par l'ammoniaque au lieu de doser l'acide phos- phorique directement et de calculer la ({uantité correspondante de phosphate de chaux tribasique ; mais la vérité ne doit pas être sacri- fiée à la rapidité de l'essai. Les rechei'ches que Vœlcker a publiées (Journal of llie Rot/ai Agric. Soc., vol. XXI, part, ii) sur la différence des résultats fournis par les deux méthodes, méritent d'être rapportées avec quelques détails. Le savant chimiste a constaté, à la suite de nombreux essais de matières phosphatées, que, dans les circonstances les plus favora- bles, le précipité ammpniacal de phosphate d'os, non seulement ne contient jamais moins de trois équivalents de chaux pour un équi- valent d'acide phosphorique, mais, au contraire, qu'il renferme une certaine quantité additionnehe de carbonate de chaux. 11 paraît, en effet, à peu près impossible d'empêcher que du carbonate se précipite en plus ou moins grande quantité sous l'action de l'ammoniaque, sur- tout dans les solutions chaudes. Quelque précaution que l'on prenne de n'employer (pie de l'ammoniaque exempte d'acide carboni(jue et de garantir les phosphates précipités contre l'accès de l'air, on trouve invariablement dans les solutions chaudes plus de chaux qu'il n'en faut ])0ur la ([uantité de ])liosphate tribasicpie calculée d'après la formule, et cela (piand bien même on aurait dissous et précipité le phosphate deux ou trois fois de suite. Si, au contraire, on préci- pite à froid, si l'on i-edissout les phosj)hates dans l'acide après avoir lavé à l'eau ammoniacale et que l'on précipite de nouveau à froid par l'ammoniaque pure, la composition du précipité s'accordera avec celle du phosphate tribasique. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'" A. VOEr.CKKR. 251 Dans les transactions cunnneiriales sur les os, la cendre d'os, le noir, les coprolitlies, etc., le vendeur garantit le i)lus souvent une certaine teneur en phosphate; mais connue ctilte teneur peut don- ner lieu, suivant 1(3 ino(h' d'essai suivi, à des contestations plus ou moins fondées, Vœlcker a proposé avec raison de ne garantii' (jne la teneur en acide phospliorique, équivalant, si Ton veut, à tant de phosphate de chaux trihasique. Il a été démontré pour la première fois, pai' les analyses de Vœlcker, qu'il y a dans les os, dans leurs cendres, etc., un excès nolahlc de chaux en jilus de la quantité contenue dans le phosphate et le carhonate ; ce (pii explique ])Ourquoi il faut plus d'acide pour produire une certaine quantité de phosphate sohd)le qu'il n'est indi- qué })ar la formule théorique du phosphate d'os. Cet excès de chaux qui atteint, dans le phosphate d'os pur, c'est-à-dire chimiquement préparé avec des os, jusqu'à p. iOO, ne peut pas être attribué, comme le feraient supposer les recherches récentes du professeur Ileintz, de Berlin, au fluorure de calcium. Ce fluorure existe en effet dans les os, mais en proportion tellement faible qu'il est diflicile de pouvoir obtenir des traces sur le verre, même d'une grande quantité d'ds incinérés. D'ailleurs Vœlcker a pu constater, par des analyses directes, au point de vue unique du fluor présent dans les os, que la quantité du fluorure de calcium était bien inférieure à 3.52 et à 3.85 p. 100 fix('s par Heintz. Les plaintes journahères des fabricants de superphosphates d'avoir à employer trop d'acide, proviennent des calculs erronés auxquels conduit l'excès de chaux combinée à l'acide pliosphori((ue. En effet, si au lieu de 77 p. iOO de phosi)liate de chaux comme on peut le siqiposer, la matière n'en contient que 73, et qu'au lieu de 2 et de 3 p. 100 de carbonate de chaux, il y ait une quantité de chaux ])r()portionnelleà 5 ou 8 p. 100 de carbonate, il faudra évidemment (h'composer ce carbonate avant de pouvoir obtenir du j)hosphate soluble. La théorie de la formation de ce dernier n'est pas en défaut pour cela : il suffît de tenir compte des différences accusées par la pratique. Essai (les rrndrcs d'os. — Dans la méthode décrite par V(elck('r 252 ANNALES DK LA SCIENCK AGnONOMIQUE. (Jo'inhtI, cLc, vol. X\I, patt. ii, [i. 25 du mémoire), pour ranalyso tic la cendre d'os, on dose l'eau el la matière organiipie comme à l'ordinaire. On fait dissoudre avec soin dans racldc chlorliydrifpie, ou mieux dans l'acide niti'iipie, 1 yi'ainnic de matière en poudre 1res iinc ; on évapore la solution au bainiuaric jus(iu';'i siccité. Le pyrophospliate (pu pourrait se trou\ei' dans la malièrc, se trans- forme ainsi en })liospliale tribasique, et la silice soluhie qui se ren- contre toujours dans la cendre commerciale est rendue insoluble. Le résidu sec est repris par le moins d'acide nitrique possible et on fdtre ; on a sur le fdtre la matière siliceuse. La solution liltrée est cbaullée jusqu'à l'ébullilion et précipitée par un excès d'oxalate de potasse ou d'oxalate d'ammoniaque. L'oxalate de cbaux tenu en solution par l'acide oxalique libre, se dépose avec le premier précipité d'oxalate de cbaux, lorsque l'on neutralise la liqueur par la potasse caustifpic ou la soude, et que l'on ajoute un excès d'oxalate de potasse ou de soude en faisant bouillir. Doscifjc direct de l'acide phosphorique. — L'oxalate de chaux étant recueilli sur un fdtre, le liquide fdtré et les eaux de lavage sont concentrés et finalement l'on y précipite l'acide pbospborique par du sulfate ammoniacal de magnésie. Pour empêcher que l'oxyde de fer ou d'alumine qui peuvent se 'trouver dans la cendre d'os du commerce, ne se précipitent en même temps (pie le phosphate de magnésie, on ajoute un peu d'a- cide tartii(jue à la liqueur, avant de précipiter l'acide phosi)ho- rique. Le précipité de phosphate magnésien est abandonné pendant douze heures avant de le hltrer. Comme on a employé un excès d'oxalate de i)Olasse pour doser la chaux et un excès de sulfate am- moniacal magnésien pour doser l'acide phosphorique, il s'est formé d(i l'oxalate de magnésie, lequel, après un certain temps, se préci- pite avec le phosphate magnésien, à moins qu'il n'y ait un fort excès de sels ammoniacaux. C'est pour ce motif (pie le phosphate de ma- gnésie, partiellement lavé, devra être dissous le plus souvent dans l'ammoniaque, et précipité une deuxième fois. On lave alors la ma- gnésie sur le filtre, avec de l'eau ammoniacale. Le précipité de chaux contient une proportion variable, négligea- TRAVAUX KT EXPÉRIENCKS DU D' A. VOELGKER. 253 ble parfois, de j)lios|)liaL(^ do fer et d'alumine. Dans les essais ordi- naires, on néglige le pliosj)liate de fer. Ponr les dosages exacts, on dissent le précipité de chanx, après l'avoir pesé, dans l'acide clilor- liydricpie ; on précipite par ramnionia(pic ; on recueille sur nn j»;- lit rdlrc, on lave, on ivilissoul sur le lillrc et on précipite enfin à frnid. 1,0 phosphate do h'r ot d'alumine, après lavage, est oxom[)t do oliaux. On d('duit son j)oids do celui du premier précipité de chaux ohtonu. IV)ur déterminer l'acide phosphorique du phosphate do fer et d'ahnnine, on dissout le précipité dans l'acide chlorhydri- (pie : on ajoule un peu d'acide lartrique, puis de ranmionia(pie ot on sépare l'acide phosphorique à l'état de phosphate magnésien. S'il est nécessaire, on détermine à part l'acide carbonique et l'acide sulfui'iqne dans les cendres d'os. Essai commercial des engrais pour pitosphales solubles et insolu- bles. — Dans la détermination des phosphates solubles et insolubles contenus dans les engrais (pielconques, on applique au laboratoiie du collège agricole de Girencester le procédé suivant : On tamise l'échantillon de manière à obtenir nne poussière très fine, dont on met une centaine de grammes à part. Si, par snile d'humidité, la matière no peut pas être tamisée, on la fait sécher jiondant une demi-heure à nne température modérée. Si la matière doit être dissoute par l'acide chlorliydri(iue, une étuve à air sec suffira. Cinq grammes de l'échantillon tamisé sont desséchés définitive- ment à 100" G. Il ne faut pas que la dessiccation se prolonge trop, de crainte que le sulfate de chaux ne perde son eau. Une demi- heure ou trois quarts d'heure suffiront. Deux pesées faites à quehpios minutes d'intervalle permettront de constater s'il y a dimimition de poids. On a la quantité d'eau, en prenant la différence constatée dans le poids do l'échantillon, avant et après la dessiccation. Phosphates solubles. — On met, à froid, 2 grammes de l'engrais sec dans un vase à précipité avec 15 grammes d'eau distillée ; on agite bien, on laisse reposer et on filtre; on mélange de nouveau le dépôt à froid avec 15 granmies d'eau distillée, on laisse reposer, on filtre, puis on épuise une troisième fois de la même manière. On re[)rend le résidu avec de l'eau distillée bouillante, 100 gram- 1?54 ANNALES DK LA SCIENCE AGRONOMIQUE. mes environ, on filtre et l'on épuise trois ou qunlre fois de suite, (,'ii faisant bouillir chaque fois. Plus il y a de phosphate, plusil faut d'eau pour épuiser à chaud afin d'obtenir le jdus de sulfate de chaux pos- sible en dissolution. Enfin on lave complètement sur le filtre. Le liquide filtré est concentré jusqu'à un volume de ^00 à 450 centimètres cubes, en ayant soin d'ajouter quelques gouttes d'acide clilorhydri(jue pour que la solution reste limpide. On précipite par de l'ammoniaque concentrée, on laisse reposer et on filtre à froid. Le précipité sur le filtre est lavé à l'eau ammo- niacale. Quand le précij)ité est bien lavé, on le redissout dans un jicu d'acide chlorhydrique et on le précipite une seconde fois : on fait sécber, on calcine, on pèse et l'on a la quantité de phosphate de chaux tiibasique rendu soluble par l'acide. N. B. Il est essentiel d'essayer la liqueur filtrée provenant de la précipitation par l'ammoniaque, à l'aide de l'oxalate d'ammoniaque. Un précipité bien net devra aussitôt apparaître, s'il ne paraît qu'à la longue, il faudra recommencer l'analyse; car, dans ce cas, le sul- fate de chaux n'aurait pas été dissous en quantité suffisante pour for- mer du phosphate tribasique. Phosphates insolubles. — La partie de l'engrais insoluble dans l'eau est séchée au bain-marie, calcinée et dissoute dans l'acide chlorhydrique dilué. On ajoute de l'eau, on filtre et on précipite par l'ammoniaque à froid. On a ainsi les phosphates insolubles. N. B. L'alumine et l'oxyde de fer, lorsqu'ils ont été calcinés, sont très difficilement solubles dans les acides faibles. Le précipité par l'ammoniaque ne peut contenir que des traces de ces corps. C'est pour cette raison, si l'engrais contient de l'argile, de la brique, de la terre, etc., qu'il faut avoir soin de dissoudre la matière insoluble dans l'eau, dans l'acide chlorhydrique 1res dilué, ou mieux dans l'acide nitrique dihié, l'acide faible n'attaquant pas les matières ter- reuses. Essai commercial des coprolithes. — L'essai des coprolithes, au laboratoire de Cirencester, se fait comme suit : Silice. — On pèse 1 gramme de poudre de coiJi-olilhes, on le dis- sout i)ar l'acide chlorhydritiuc dilué dans un vase fermé, on filtre, Tli.WAL'X ET KXI'KIUKNCKS DC D' A. VOKLCKKU, Jor> on recueille la matière insoluble que Tou sèclie, calcine et pèse. (îe poids indique la proportion des matières siliceuses. Phospludes. — On précipite la li(pieur IHîrée par l'ammoniaque, ;'i cIkiikI ; on laisse reposer, j)uis on décante le liquide clair (jui sur- nage ; on lave le résidu par décantation, deux ou trois fois consécu- tivement dans le vase à précipité avec de Teau annnoniacale; on rassemble enfin sur un liltre et l'on continue à laver jusqu'à parfaite limpidité. 11 y a lieu de répéter ici l'observation sur le peu de solubilité dans l'acide faible de l'alumine et de l'oxyde de fer une fois calcinés. On redissout le précipité sur le filtre par l'acide clilorbydri(}ue dilué, puis on lave à l'eau froide jusipi'à parfaite propreté du filtre. (Ml précipite à froid par l'ammoniaque; on lave à l'eau ammonia- cale, etc. Carbonales. — Le liquide, filtré après deux ou trois lavages, est concentré. On prévient tout trouble par l'addition de (|uelques gout- tes d'acide clilorbydrique. On ajoute de rammonia(iue, on réunit le précipité de pliospbate, et dans la liqueur filtrée on précipite la cliaux par l'oxalate d'ammoniaque. Eau. — L'eau se dose, comme il a été dit, en prenant la diffé- rence entre le poids de la matière avant et après dessiccation à 100". Matières organiques et sels ammoniacaux. — Leur quantité brute est obtenue en incinérant doucement dans une capsule 10 g-ramnies d'engrais. On chauffe iteu à peu jusqu'au rouge, jusqu'à ce qu'il ne reste plus » f) i à 4 4 4 •i 4 1 1 >1 » W yi » u ■J3 10 4U 84:.' Semestres III. IV ]9 342 17 ■Mi} 1104 O n 141 7:.' 19S; ]2i; 90 181) 14 1 3i; ]0« 'JO 180 3G 1404 OBSERVATIONS. Pendant les 2 semestres d'été, 7^ heures sont, en outre, consacrées à des travaux pratiques obligatoires se rapportant aux matières suivantes: mathématitiues supérieures, chimie, minéralogie, zoologie. L'enseignement de l'économie forestière ne dure (pie pendant une année. Les heures qui lui sont affectées sont choisies de telle sorte (|ue les candidats au service forestier de l'Elat peuvent le suivre, soit en pre- mière, soit en seconde année, selon qu'ils sont admis à faire leur volon- 2C)C) ANNALES DE I,A iiCIENCK AOROMO \riOt]E . tai'ial soit en seconde, soit en première année. En elïet, les candiilnts qui n'ont pas satisfait à la loi militaire avant leur entrée :i l'École, peuvent, avec une autorisation que le Directeur n'accorde qu'à ceux dont le travail est très satisfaisant, faire leur volontariat à AsclialVenbourg. Mais cette nécessité sociale entrave considérablement la marche normale des études ; le Directeur et les professeurs s'en plaignent amèrement. L'enseignement complet, théoriciue et pratique, est obligatoire pour tous les candidats au service forestier de l'État bavarois ; les élèves libres peuvent à leur gré ne fréquenter que tel ou tel cours; mais, une fois leur déclaration faite, ils sont astreints à l'assiduité. Les professeurs sont autorisés à donner des leçons particulières (rému- nérées) à ceux des élèves qui leur en font la demande. Examens et certificats. — A la fin de chaque année d'études, les candidats au service de l'État doivent subir un examen sur chacune des matières enseignées. Ces examens se passent, par groupes d'élèves plus ou moins nombreux, devant un jury composé de trois membres; d'habi- tude le professeur du cours auquel l'examen se rapporte préside et inter- roge. Le Ministère des finances se réserve le droit de déléguer un commissaire spécial qui peut assister à toutes les épreuves avec voix délibérative. Certaines tolérances sont admises qui permettent de réparer les examens insuffisants et, en cas de nécessité, de recommencer l'une ou l'autre des années d'étude. Cette dernière faculté n'est accordée qu'une seule fois au même étudiant, un second échec entraînant son exclusion définitive. Les étudiants libres subissent, à leur gré, des examens sur toutes les matières ou simplement sur celles qu'ils ont spécialement préparées. A la suite des épreuves jugées satisfaisantes, le Directeur est autorisé à délivrer les certificats ci-après : /" Aux candidats au service forestier de l'Etat. a) Le certificat de fin d'année. — b) Le certificat de fin d'études qui donne le droit de se faire inscrire à l'Université de Municii et à la station de recherches qui en dépend. 2° Aux élèves libres. «) Le certificat de fin d'études, complet ou limité, — b) Le certificat d'assiduité. Frais d'inscription, frais d'études, bourses. — PTous les étu- diants inscrits sont tenus de payer: Une somme Je 7 marcs (8 fr, 75) h l'entrée, pour frais d'inscription, l'enseignement forestier en AUTRICHE ET EN BAVIÈRE. 2(J7 ot une somme égale à la sortie, pour certificat de fin d'étucles. Le certi- ficat limité et celui (Vassiduité ne sont soumis qu'à une taxe de '2 marcs (2 fr. 50) ; 2° En outre, les aspirants au service de l'Élat ont à verser 7ô marcs (93 fr. 75) par an, à titre d'honoraires de cours, et les élèves libres 120 marcs (150 fr.); 3" Tout examen complémentaire doit, par mesure d'ordre, être précédé de la consignation d'une somme de 4 marcs (5 fr.). Un certain nombre de bourses sont allouées chaque année aux étudiants qui se trouvent dans les conditions indiquées par les règlements. Installation, matériel d'enseignement. — L'École est installée dans un bâtiment à deux étages auquel est attenant un jardin botanique. Ce bâtiment renferme, outre les bureaux et le cabinet du Directeur, quatre grands amphithéâtres: l'un est alfecté à la chimie avec laboratoire et salle de travail pour le professeur; un autre à la physique avec salle spéciale pour les instruments de mathématiques et de physique ; le troi- sième sert en même temps de salle de dessin ; entln, le dernier est affecté à tous les autres cours. Le second étage est occupé par les col- lections relatives à l'enseignement de la botanique, de la zoologie. Cha- cune de ces collections est installée dans une salle spéciale aménagée en même temps pour servir de laboratoire et complétée par un cabinet dans lequel le professeur a sous la main tous les moyens de travail. Une autre salle est réservée à la minéralogie, à la géodésie, aux armes, pièges et autres objets relatifs à la chasse. Au l^"" étage se trouve la bibliothèque où les étudiants sont admis à travailler en attendant les heures de cours. Les collections, sans être très nombreuses, sont surtout composées pour servir A' instruments de travail. Ce sont : des préparations botaniques et zoologiques, des pièces naturalisées, des modèles en carton, en plâtre ou en cire, des ligures amplifiées ou réduites ; enfin, toutes choses (|ui peuvent être utilement mises sous les yeux des élèves pour venir en aide à l'enseignement oral, et faciliter les descriptions ou les démonstrations. Elles sont d'ailleurs entretenues par chaque professeur qui les enrichit au moyen des crédits mis largement à sa disposition ; c'est ainsi que le professeur de zoologie reçoit chaque année 1,000 marcs (1,250 fr.). Ses collègues, bien que moins richement dotés, touchent cependant plus de 500 marcs (625 fr.) chacun. Le jardin botanique renferme des exemplaires des principales familles disposées dans un ordre systématique, des spécimens de toutes les plan- tes ligneuses qui peuvent croître dans la région; il est complété par une serre froide et une serre chaude et, enfin, par un aquarium et un outil- lage de pisciculture. Gomme champs d'éludos pratiques, l'Écolo a l\ sa disposHion lo petit 208 ANNAI.KS DE LA SCIRNCR AGUONOMIQUT: . Ijuis dit (le la Faisamlei'ie qui louche à la ville et où soiil inslallées les pépinières crinstruetion ; le canlonuoineiit forestier communal de Klein- osthoim, administré par le professeur de sylviculture el, enlin, le i;rand massif du Spessarl qui commence à quelques kilomètres d'AschalîVnbourg. Les professeurs utilisent aussi, en y conduisant leurs élèves, les riches collections scientifiques et les jardins botanique et zoologique de la ville de Francfort, Le nombre des élèves qui fréquentent l'École n'a rien d'absolument fixe ; depuis quelques années il oscille entre 35 et 40 par année, dont à 10 élèves libres ou étrangers. Parmi les candidats au service forestier de l'Klaf, 2/3 subissent avec succès toutes les épreuves, 1|3 est éliminé; restent donc environ une vingtaine d'élèves qui se trouvent dans les con- ditions requises pour être admis à suivre les cours de l'Université de Munich. UNIVERSITÉ DE MUNICH. Décrire d'une façon complète l'organisation de l'enseignement forestier il .Munich, ce serait entrer dans tous les détails du fonctionnement des (uiiversités allemandes en général el de la Ludwig-Maxmilians-Unircr- s/lât en particulier. Cette étude sortirait du cadre qui nous est tracé ; nous nous contenterons donc de donner les renseignements essentiels. Depuis 1878, à côté des 4 Facultés traditionnelles de théologie, de droit, de médecine et de philosophie, on a créé à l'Université de Munich, sous le nom de Faculté des sciences politiques {Slaalswirtschaflliche Faeultat), une Faculté nouvelle où sont professées : l'économie forestière, l'éco- nomie politique, l'administration et la science financière. Le but principal de rinstitution est de faire des matières qui viennent d'être énumérées l'objet d'un enseignement vraiment supérieur, >^\Hemnt au-dessus des simples apjdicalions techniques ou des procèdes d'une utilisation immé- diate. Son but accessoire est de permcllre aux jeunes gens qui veulent entrer dans certains services publics, tels que ceux des forêts ou des domaines, d'ac{piérir l'ensemble des connaissances techniques exigées des candidats àces fonctions. Dans ces conditions, l'enseignement forestier jouit de toutes les libertés qui sont le privilège des Universités allemandes. Indépeniiant de toute attache administrative, le savant qui (levi(;nt litiilaiie dune chaire peut avoir une spécialité différente de celle de son prédécesseur, car aucun programme oflicitd n'impose de limites au domaine de ses leçons. Sur les 9 chaires (jue compte la Faculté des sciences |)oliti(pies, G ont élé attri- buées à l'enseignement forestier. Nous donnons ci-après l'état des matières actuellement enseignées el les noms des professeurs titulaires: r Sylviculture proprement dite, D' Gayer ; l'enseignement FOnESTIER EN AUmiCHE ET EN HAV1ÈRE. 269 2" Cliimie végétale, étude des sols, D'' Ehennaycr; 3" Botanique forestière, D'' Robert Hartig; 4° Statistique forestière, cubage, estimation eu i'ouds et superficie, D'Baur; 5" Aménagement, arpentage, routes, D"' Weber; 0" Politique forestière', D' Lelir. A chacun de ces professeurs est adjoint un ass/'stanl qui le seconde dans ses recherches et se prépare à conquérir une place dans la carrière de renseignement. Il faut reconnaître que le choix de professeurs si distingués et la noto- riété dont jonissent certaines de leurs publications dans le monde fores- tier, justitient le prestige que la Faculté de Munich s'est acquis dès ses débuts. Aussi, sur une centaine d'étudiants inscrits, on en compte à peine moitié (le la nationalité bavaroise dont la plupart sortent de l'école d'Aschaffen- bourg; les autres viennent de tous les points de l'Allemagne, attirés par le désir d'entendre les leçons de savants en renom. Immatriculation. Inscription. — Les candidats au service forestier bavarois, sortant d'Aschaffenbourg avec le certificat complet, prennent à l'Université ce qu'on appelle \a grande immatriculation (f/rosse Matrikel). Ceux qui n'aspirent pas à remplir des fonctions publiques sont admis au régime de la petite immalriciilalion {kleine Matrikel), s'ils justifient des connaissances nécessaires pour suivre utilement les leçons. Cette formalité ne dispense pas de l'inscription aux cours. Il est vrai que les étudiants immatriculés ne sont pas astreints à se faire inscrire à tous les cours sur lesquels portera leur examen; comme « citoyens » de l'Université ils ne sont tenus qu'à une inscription à l'un des cours, pourvu ([ue la matière à laquelle il se rapporte soit l'objet d'au moins (piatre leçons par semaine, mais, malgré cette tolérance, les étudiants se font, en général, inscrire à tous les cours sur lesquels ils seront examinés. Durée et nature de l'enseignement. — La durée des études est de deux années, soit de 4 semestres comprenant environ '18 semaines chacun. Hiver comme été, la journée du samedi est réservée aux travaux pratiques ou aux excursions. Le tableau ci-après donne le détail des matières enseignées et le nombre des heures qui y sont consacrées : t. l'ar là, on entend les principes qui doivent présider à la gestion des forets de l'État et au contrôle de la gestion des autres propriétés boisées. La chaire de M. Lehr a été occupée précédemment par le savant Gustave Heyer qui enseignait l'aménagoment et qui a été enlevé prématurément à la science en 1883. 270 ANNAI>KS I)K I.A SCIKNCH ACIIONOM IQL'E. MATIERES K S S E I G N E E S. Sylviculture proprement dite Etude des sols et chimie agricole. . . Principes fondamentaux de la produc- tion du sol Cubage des bois Anatomic et physiologie végétales . . Economie politique Exploitation des bois et technologie . Climatologie et météorologie Repeuplements artificiels Maladies des plantes Chimie végétale Construction de routes et dessins des plans Géodésie Science financière Estimation des forêts en fonds et super ficie Aménagement des forêts Politique forestière (Voir la note page 269) Fixation du rendement des forêts. . , Notions générales de droit Histoire de la sylviculture Géologie N o M li u K d'hPures par semaine. Irt' ANNEE. Semeslres II. Nombre d'heures par semaine. — par semestre Total. 21 378 28 504 2A SCIENCE AGRONOMIQUE. (icat de malurité délivré soit par un |j;yiiinase de plein exercice, soil par une Ikahvhule supérieure. Il sufTit aux auditeurs libres de prouver qu'ils sont âgés de 18 ans révolus et qu'ils possèdent les connaissances néces- saires pour suivre les cours. Enfin, avec l'autorisation du doyen, les professeurs peuvent admettre à des cours particuliers des élèves fem^jorn^/'es. Ceux-ci n'ont besoin d'aucun certificat d'études, mais ils ne peuvent recevoir de diplôme. Tous ces élèves sont astreints aux mêmes prescriptions disciplinaires à l'intérieur comme en dehors de l'établissement. A l'intérieur, l'assiduité et la bonne tenue sont constatées, pour les élèves ordinaires, sur un livret (le présence servant pendant toute la durée des études et, pour les élèves libres, sur des feuilles valables pour un semestre. Ces pièces doivent être signées à la fin de chaque semestre par les professeurs, qui peuvent refuser leur signature en indif|uaiit les motifs de ce refus ; elles sont ensuite soumises au visa du recteur. A l'extérieur, ils s'engagent comme dans toutes les Universités, à observer les règlements relatifs à la bonne conduite, la moralité et les convenances. En cas d'infraction, ils sont pas- sibles de peines disciplinaires prononcées par le recteur et le conseil d'insiruclion. Durée et nature de l'enseignement. — La durée de l'enseigne- ment est de 3 ans. L'année scolaire commence vers le milieu d'octobre et se termine à la fin de juillet. Elle est divisée en deux semestres : le semestre d'hiver finit dans les derniers jours de février, celui d'été commence le 1^' mars. Soit au total six semestres d'enseignement composés chacun d'environ vingt semaines, y compris les congés de Noël et de Pâques. Pour chacune des trois sections, les matières enseignées se divisent en connaissances fondamentales, principales et accessoires. A de rares exceptions près, renseignement des sciences fondamentales est commun aux étudiants des trois sections. Outre les cours olliciellement créés par les statuts organiques, les professeurs, répétiteurs, Piival-Do- centeii ou assistants peuvent, avec une autorisation spéciale, ouvrir des cours complémentaires sur des matières se rapportant à l'enseignement de l'École. Dans ces conditions, le nombre et la variété des leçons devient tellement considérable qu'il serait absolument impossible à tous les étu- diants d'y prendre une part active. Aussi, en ce qui concerne les aspirants au service forestier domanial, on admet de ne considérer comme obliL^^- toires que les matières figurant dans le programme de l'examen d'État (ju'ils ont il passer à leur sortie de l'École. A cet effet le plan d'études suivant leur est recommandé : l'eNSKIGNEMEXT forestier en AUTRICHE ET EN BAVIÈRE. 275 ■ — ■ Enî^EIGNEMENÏ TIIÉOIIIQUE. A. — Matières obligatoires. M A. T 1 i; K E s E N S E I G N li i; S. NOMBKB u'ilEUUIiS pur 6eiiKtiiii>. Ocra r- o S ©•a A 1^ a. — Connaissajices fondamentales 1. Mathumatiquos 2. Physique et mécanique 3. Chimio organique et inorgauiqur 4. Botanique générale 5. Minéralogie et géologie 6. Géométrie descriptive 7. Géodésie S. Économie politique 1). Chimie agricole 10. Météorologie et climatologie . . 11. Météorologie pratique 12. Dessin des plans ■ Connaissances principales ou techniques. 13. U. là. 16. 17. 18. 1!). 20. 2:3. Sylviculture Exploitation des forêts Technologie chimique des bois . . Protection des forets et entomo- logie forestière Cubage des bois Aménagement Statique forestière Estimation des forêts en fonds et superficie Technologie mécanique des bois. . Hist. naturelle des essences forost*. Correction des torrents c. — Connaissances accessoires Administration et législation . . , Gestion d'un domaine boisé. Conip tabilité Science de l'ingénieur forestier . Total des heures par semaine. — par semestre. 27 5i0 26 520 20 •100 2580 OBSEIIVATIOSS. 4 » » >. " 80 i l .. •■ 160 4 4 » ■' ■> 160 5 5 " » •' 2U0 3 3 ^^ ■> » .. 120 « 4 " •> )» .. 80 4 3 ■• <' .. .. 140 3 3 4 » )> 120 80 ,, » 3 » )> -. 60 .. 1) 2 >• » » 40 » " M 4 4 " 160 « .. 3 4 » j) 140 n " 3 2 " " 60 40 „ n 3 3 n „ 120 » » » » 3 .. 60 )> » » » 3 3 3 120 60 GO 1) .. „ « .) 4 80 » » 2 » 2 )> 40 40 " 6 4 200 „ 2 >, 40 •> (! 29 14 120 13 2580 2 GO 580 280 » 1. A l'exception de la géométrie descriptive et du dessin, l'enseigncmeut des autres matières fondamen- tales est commun aux deux sections (agriculteurs et forestiers). 276 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. B. — Matières facultatives. MATIERES ENSIOIONEKS. Zoologie générale et spéciale Statistique agricole Ktudes des stations favorables aux es- sences forestières Pathologie des plantes Technologie mécanique générale. . . Etude des grands travaux d'.'irt. . . . Histoire et li Itérât, do la .science fore.st. Encyclopédie agricole Chasse _ N O M B K K d'heures par semaiiip. ■< " t 3 = = H 9 S .... C 3_ 5 = S 0-= 'J OBSERÏITKHS. II. — Enseignement pkatique. Semestres. MATIERES ENSEIGNEES. Chimie Conférences de botanique Géodésie pratique Exercices de construction (Géométrie descriptive) Exercices de construction (Art de l'in- génieur forestier) Exercices pratiques (Sylviculture et exploitation^ Exercices pratiques (l'rot. des forêts). — (Cubage) — (Aniénagonient). . — (Statiijue forest.). — (Station des peu- plomencnts forestiers) Exerc-icos pratiques (Histoire naturelle forestière) Maniement du micro.scope ....". — d'instruments de géodésie. Exercices pédagogiques NOMBRE D n B U R E s variiible par semaine. 3= ANNÉE. Semestres. V. VI V<= ANNÉE. Semestres. i I. II. I II I n I 11 » )) » » » 1» ANNÉE. Semestres. ^— — -V III. IV. m )) » " ni » iir IV III IV » 'i IV » » » »> VI VI VI VI ■< t •-• c i':; ^ ? S a ;^ Z S! £ 3 - - D* S = « Ï5 (o o 0DSERV1TI0\$. l'enseignement forestier en AUTRICHE ET EN R.VVIÈRE. 277 L'enseigiieiiieiil pr;iliqiie est iis.siirii i)iu- rohliL^ntion de rréfiiieiilei' les laboraloires et d'assister aux exercices sur le terrain et de visiter les champs d'expériences appartenant h l'Ecole. Les laboratoires sont ouverts tous les jours aux étudiants, à des heures fixées par les règlements. Les excursions se font en général le samedi et, de plus, pendant les deux semestres d'été correspondants à la 2^ et à la 3^ année d'études, les professeurs organisent des voyages forestiers dont la durée atteint parfois de 10 ;i 15 jours. Examens. — Les examens subis à l'institut sont de trois ordres. Les uns ont pour but de s'assurer que les étudiants poursuivent avec profit leurs études ; d'autres sont passés en vue de l'obtention des diplômes;- d'autres, enfin, constituent les épreuves de l'examen d'Etat (|ui donne accès aux fonctions publiques. La 4'* catégorie d'examens consiste dans des interrogations indépen- dantes les unes des autres qui portent sur les différentes matières ensei- gnées à l'Ecole. Elles sont faites publiquement, sous la surveillance du recteur, par les professeurs compétents, et ont lieu, en général, à la clôture d'une série de cours consacrés à un sujet déterminé. Les étudiants sont jugés, en outre, d'après leurs devoirs écrits, leurs exercices dans les salles de dessin et les laboratoires et même d'après les travaux qu'ils efiectuent à domicile. On leur délivre à la suite de ces exa- mens des certificats {Fortrjangszeugiiisse) sur lesquels sont mentionnées les notes obtenues. Les épreuves dont il s'agit sont facultatives, aussi ont- elles perdu beaucoup d'importance depuis la création, ;i l'École (8 octobre 1881), des examens d'État dont nous parlerons plus loin. Les jeunes gens qui n'ont pas brigué le Forlfjaiigszeur/nisHe peuvent réclamer, en place, des certificats d'étules (Ahga/igsz^eii.fj/mse) constatant qu'ils ont fréquenté soit tous les cours de l'École, soit seulement un certain nombre d'entre eux. Le diplôme procure au titulaire différents avantages au point de vue de l'admission à certains emplois publics ou de leur équivalence avec d'autres iliplômes ou grades universitaires. Les épreuves pour l'obtenir sont sé- rieuses et très difficiles. Elles consistent en deux séries d'examens dont la première embrasse les connaissances fondamentales, la seconde les connaissances principales, en y comprenant le droit, qui rentre dans les connaissances accessoires. En ce qui concerne l'enseignement forestier, les programmes sont conçus comme suit : '/'^ Série. — 1. Physique et climatologie. — 2. Chimie. — 3. Botanique générale et spéciale. — 4. Minéralogie, géologie et étude des sols. — 5. Mathématiques. — G. Géodésie. — 7. Mécanique. — 8 Géométrie des- 278 ANNALES DE LA SCIENCE ACtRONOMIQUE. criptive. — 9. Economie politique. — Si le candidat le désire, cet exa- men peut être scindé en deux suites comprenant : la i'% les numéros de i à 4 et la 2% ceux de 5 à 9. 2' Série. — 1. Sylviculture. — 2. Exploitation des forêts et technologie. — 3. Protection des forêts, zoologie forestière. —4. Droit. — 5. Aména- gement, — 6. Estimation en fonds et superficie, statique forestière. — 7. Art de l'ingénieur forestier. — Cette série peut aussi se subdiviser en deux suites (1 à 4; 5 à 7). Les épreuves de la i'^ série sont orales, celles de la 2« sont à la fois orales et écrites; ces dernières se font en loge, sans l'aide d'aucun livre ou document manuscrit. La durée de l'examen oral ne doit pas dépasser trois heures, l'épreuve écrite dure au plus six heures. Certaines facilités sont accordées aux étudiants pour réparer des exa- mens insuffisants , mais en aucun cas on ne peut se présenter plus de trois fois à la même épreuve. Les examens dits d'Élat sont ceux qui ouvrent les carrières publiques aux étudiants qui les ont passés avec succès. De môme que les précédents, ces examens comportent deux degrés; les programmes sont aussi composés d'une manière analogue. Les membres du jury sont désignés par le Ministre de l'instruction publique; le ministère de l'agriculture peut déléguer un commissaire du Gouvernement chargé d'assister aux épreuves. Les examens sont oraux et publics; leur durée, pour chaque candidat, ne doit pas dépasser trois heures. Outre les sessions ordinaires, on ouvre dans l'année un certain nombre de sessions extraordinaires où les candidats ajournés peuvent se repré- senter dans les délais fixés par le jury. Les sessions ordinaires pour l'examen du /*■■ degré s'ouvrent à la fin du 3^ ou au commencement du 4« semestre de l'enseignement. Pour être admis à se présenter, les candidats doivent fournir des certificats consta- tant leur assiduité aux cours sur lesquels porte l'examen et indiquant qu'ils ont obtenu la note bien pour les travaux de géométrie descriptive. L'examen du second degré ne peut être subi avant la fin du 6' semestre. Les pièces à fournir sont de même nature que pour le 1" degré, et le cer- tificat d'admission à celui-ci est nécessaire. Les diplômes obtenus à l'institut peuvent dispenser de ces examens d'Etat. Le Ministre de l'agriculture peut aussi, par décisions spéciales, admettre aux examens d'État de l'un ou l'autre degré, des candidats pourvus d'un cerlilicat d'étude dans un gymnase ou une Healsckule qui ont, en outre, suivi avec succès l'enseignement d'une école forestière secondaire. A côté des trois catégories d'examens qui viennent d'être décrites, l'enseignement forestier en AUTRICHE ET EN liWlÈRE. 270 on a créé à l'Institut de Vienne, en même temps t|iie la section tles ini^é- nieurs agricoles, des examens à l'usage des jeunes gens qui se destinent à l'enseignement dans les écoles forestières secondaires et primaires. Frais d'inscription, frais d'études. — Bourses. — Les frais d'inscription et (rétudes à la charge des élèves sont établis d'après les tarifs suivants: Taxe d'inscription pour les étudiants de toute catégorie, 5 florins (12 fr. 50 c). Frais scolaires pour les étudiants réguliers, 25 florins (02 fr.50c.) par semestre ; pour les auditeurs bénévoles, 1 florin 50 (3 fr. 75 c.) par semestre pour chacun des cours auxquels ils se sont fait inscrire. La taxe semestrielle pour les exercices pratiques dans les laboratoires de chimie varie de 5 florins à 15 florins (12 fr. 50 c. à 37 fr. 50 c), sui- vant le nombre des heures de fréquentation. Les étudiants réguliers peuvent suivre gratuitement les cours de l'Ecole supérieure technique' de Vienne ; ils sont obligés de payer pour suivre ceux de TUniversité. Le conseil des professeurs est autorisé à dispenser de la moitié ou de la totalité des frais scolaires ceux des étudiants régidiers qui justifient d'une situation de fortune insuffisante. Aucune dispense de cette nature n'est accordée aux auditeurs bénévoles. Chaque série d'examen doit être précédée de la consignation d'une somme de 50 florins (125 fr.). L'impétrant a aussi à sa charge les frais de confec- tion de diplôme et les droits de timbre. Les frais d'examens d'État s'élèvent à 10 florins (25 fr.) pour les épreuves de chaque degré. Nombre des étudiants. — Le nombre des étudiants est monté rapi- dement de 70 qu'il était en 1872 à 601 pour l'année 1881. Il est descendu à -452 pour l'année scolaire 1883-1884, mais cela tient sans doute à ce fait que. à partir de cette époque, le Gouvernement a imposé aux candidats au service de l'Etat, l'obligation de faire une année de stage pratique dans un cantonnement avant leur entrée à l'École. Les étudiants de la section forestière figurent en général pour plus de moitié sur les listes d'inscription. Chaque étudiant passe en moyenne par année 2 à 3 des examens facilita II fs destinés à vérifier la façon dont il profite de l'enseignement. Près de la moitié des étudiants forestiers se présentent aux examens d'État, tpii sont assez difficiles, puisque le nombre des jeunes gens refusés aux épreuves du 1" degré a atteint, en 1883-1884, 40p. 100 du chiffre total des candidats. 1. Technische Hochschule, sorte d'écoje centrale des art.s et iiianufiictures, 280 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Quant au cliplOme, il nécessite des éluiles tellement approfondies, qu'il n'a, jusqu'à présent, été délivré chaque année qu'à 2 ou 3 forestiers. Installation. — Matériel d'enseignement. — L'Kcole des hautes éludes agronomiques est provisoirement installée dans deux hôtels situés à peu de distance l'un de l'autre et loués à cet elfet dans le 8® arrondis- sement postal de la ville de Vienne. Bien que la distrihution i)remière de ces locaux ne réponde pas précisément à leur destination actuelle, du moins, au point de vue de la place, tous les services sont convenahlement dotés. Un des imraeuhles est affecté aux deux sections agricoles, l'autre à la section forestière. Dans ce dernier, chacune des hranclies de renseigne- ment comportant des travaux pratiques est pourvue d'un amphithéâtre spé- cial, avec salles de collections, lahoraloire et cahinet de travail y attenant. Un jardin avec serre et dépendances permet, en attendant mieux, de disposer les pièces encombrantes et de poursuivre les expériences qui demandent de l'air et de la place. Chaque professeur est annuellement doté d'un crédit suffisant pour créer, entretenir et perfectionner, en môme temps que ses collections d'étude, tout un matériel scolaire composé de dessins et de planches ex- plicatives ; rien n'est négligé en effet pour allier à une savante théorie la pratique la plus large de l'enseignement par les yeux. Parmi les nombreuses collections d'enseignement, il faut citer les sui- vantes : Collection pour la géodésie et la géométrie descriptive ; — pour la construction des machines et la technologie méca- nique; — pour la science de la production forestière ; — pour l'aménagement théorique et pratique ; ■^ — pour le cubage des bois ; — pour la climatologie et la météorologie. L'ancienne Académie forestière de Mariahrunn, située sur le chemin de fer, à quelques minutes de Vienne, renferme un musée relatif à l'exploi- tation et à l'industrie des bois, un autre se rapportant à la production forestière, enfin, dilïérentes collections à l'usage des sections agricoles, des pépinières et des terrains d'expériences et d'instruction. L'enseignement forestier est également en relation directe avec la sta- tion de recherches forestières dont le directeur, M. de Seckendorff, est en même temps professeur à l'Kcole. Les étudiants peuvent aussi profiter de toutes les riches collections d'État rassemblées dans les différents établissements scientifiques de la capitale. l'eNSEIGNEMKNT forestier en AUTRICHE ET EN BAVIÈRE. 281 S'il nous est permis de nous inspirer du travail récemment pul)lié dans le fascicule B du nnllelin de la direc/ion des forcis, nous pourrons l'aire un rapprochement entre les méthodes d'enseignement adoptées dans les trois principaux, parmi les nombreux établissements de langue allemande où se professe la science forestière '. Les instituts forestiers de Neustadt-Eborswald, d'Aschaffenburg et Mu- nich et de Vienne, conduisent les étudiants vers les fonctions publiques par des routes (|ui, tout en présentant parfois des alignements très diver- gents, se confondent néanmoins dans certaines parties de leur tracé. Si quel(|ues-uns de ces points de sujétion sont imposés par le tempérament et les mœurs germaniques, d'autres relèvent certainement de raisons su- périeures à toute question de race. Nous nous contenterons de signaler les uns et les autres sans prétendre qu'il faille, en France, rejeter les premières de parti pris ou accepter les deuxièmes sans réserves. 1" Tous ces établissements, quels que soient leur organisation et leur nom, participent du régime universitaire : le principe de l'externat est une règle qui ne présente aucune exception ; 2" L'étude des sciences naturelles forme la base fondamentale de tout l'enseignement, sans pour cela que les mathématiques soient exclues des programmes ; 3° Les connaissances techniques ou spéciales sont précédées, dans le plan d'études, des connaissances fondamentales sur lesquelles elles repo- sent ; A" La plus large part est faite à l'enseignement pratique et, par là, il faut entendre non seulement les excursions, les manipulations et autres exercices de laboratoires, auxquels un jour par semaine est exclusivement réservé, mais encore cette alliance complète de la théorie à l'enseignement par les yeux au moyen de planches, de figures, de préparations et de tout un matériel scolaire pour le perfectionnement constant duquel aucun créilit n'est ménagé ; 5° La durée de l'enseignement est partout de 5 semestres- au minimum; elle en comprend parfois 8; 6" Si l'enseignement théorique est poussé aussi loin qu'il soit raison- 1. iNeustadt-Eberswakl et Miinden, pour la Prusse; Tharand, pour le royaume de Saxe ; Eisenach, pour le grand-duché de Saxe; Giessen, pour le grand-duché de liesse; Carlsruhe, pour le grand-duché de Bade; Aschaffenburg et Munich, pour la Bavière; Tuhingen, pour le NVurlonihcrg; Vieniie, Weisswasser, Eulenberg, Lembcrg, pour l'Autriche; Zurich, pour la Suisse. 2. Le semestre de i)réparation qui précède l'entrée des étudiants à Técole de Neus- ta lt-Kl)er>wald, doit nécessairement être compté comme temps d'instruction. D'ailleurs, après leur séjour de 2 ans à rKcole, les élèves doivent encore suivre, pendant 2 se- mestres, des cours de droit et d'économie politique dans une université. 282 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. iinblement désirable, nulle part on ne prétend le compléter par l'ensei- gnement professionnel. C'est en dehors de l'Ecole et sous forme de stage, que l'étudiant breveté doit acquérir les connaissances qui lui permettent d'affronter la responsabilité des fonctions publiques ; 7" Afin de donner aux professeurs et aux étudiants le temps nécessaire pour travailler en dehors des heures affectées à l'enseignement oral, les interruptions de cours sont fréquentes et largement réparties. Elles sont en général de 8 à 10 jours à Noël, de 4 à 5 semaines à Pâques etde deux mois et demi aux vacances d'automne. 3° ROYAUME DE HONGRIE École supérieure. — L'enseignement forestier est professé h l'école de Selmecz (Schemnitz), dans laquelle on admet comme élèves réguliers les jeunes gens qui sortent d'un collège ou d'une école réale avec leur diplôme de maturité. La durée de l'enseignement à l'Académie forestière est de trois ans; toutefois, les aspirants au grade d'ingénieur forestier doivent faire une quatrième année pendant laquelle ils complètent leur instruction en mé- canique et en travaux d'art. Comme l'école forestière et l'école des mines sont réunies, les mathé- matiques, la physique, la géométrie et les travaux d'art sont enseignés en même temps et par les mêmes professeurs aux élèves des deux sections. Trois professeurs titulaires et trois professeurs adjoints sont spécialement chargés de l'enseignement des matières relatives à l'économie forestière. L'établissement, fondé depuis plus de 70 ans, possède une riche biblio- thèque et dispose de belles collections d'enseignement'. Les cours se font en langue magyare. Un petit bois, situé dans le voisinage, est affecté à l'enseignement pra- tique. Les élèves font aussi chaque année, en compagnie de leurs profes- seurs, un voyage d'études forestières dans diverses régions du pays. Le régime est celui de l'internat et l'enseignement est gratuit. L'école dispose de 20 bourses de 300 florins (750 fr.) données après concours, aux plus méritants parmi les élèves pauvres. 1 . îSous en avons donné ailleurs la description sommaire. {Revue des forêts, mai 1 SSfi. L'ENSEir.NKMKNT FORESTIER EN AI'TRICHE ET EN RAVIÈRE. 283 A la clôture des cours, les étudiants qui passent des exanfiens satisfai- sants, reçoivent un certificat d'aptitude qui leur donne droit, lorsqu'ils ont lait deux ans de candidature pratique, de passer leur examen d'État. D'ailleurs, les jeunes Honi,n'ois qui ont fait leurs études forestières dans une école de même rang que celle de Selmecz, peuvent passer le même examen de clôture île cours et recevoir un certificat leur donnant les mêmes droits. Pendant le temps de pratique qui précède l'examen d'État, les aspirants forestiers reçoivent une subvention de 360 florins (900 fr.). Ceux qui prétendent au brevet d'ingénieur forestier, touclient la même intlemnité et ont droit à faire compter leur quatrième année d'études comme temps de pratique. Nancy, le 40 février 1886. L. BoppE et E. Reuss. MÉTHODE SIMPLE POUR RECONNAITRE LE REURRE FALSIFIÉ PAR Adolphe MAYER DIRECTEUR DE LA STATION AGRONOMIQUE DE WAGENINGKN (hOLLANDE) Une méthode simple pour reconnaître avec certitude les subs- tances étrangères dans le beurre naturel est d'une réelle nécessité. Le besoin s'en fait tellement bien sentir que déjà des sociétés, dont le but est l'amélioration de l'industrie laitière, ont décidé d'accorder des prix à l'invention d'une pareille méthode. Le fait, que ces prix déjà promis depuis quelque temps sans que personne encore ne les ait remportés et qu'on a même été obligé de les doubler, laisse à com- prendre que le problème n'est pas facile à résoudre. Par méthode simple, il faut entendre une méthode qui, au besoin, peut être appliquée par quiconque est bon observateur et quelque peu adroit; qui n'exige en outre ni appareils complicjués, ni locaux spéciaux ; enfin qui permette d'exécuter rapidement un corlain nombre d'essais. Car si l'on veut combattre elTicacement la fraude en question, il faut pouvoir la découvrir en flagrant délit. Consé- quemment, l'essai doit se faire sous forme de contrôle de marché sur le marché même, ou tout au plus dans la chambre d'un bâtiment voisin. Cette méthode ne doit pas exiger de longues recherches, demandant de vrais chimistes pour être exécutées et jusqu'à la fin desquelles la chose même a perdu tout intérêt prati([ue. Même sans cette clause nécessaire, le problème n'est nullement facile, puisque MÉTHODK POUR RECONNAITRE LE BEURRE FALSIFIÉ. 285 mainlenaiit nous n'avons pas une métliode essentiellement scienti- fique qui puisse faire découvrir la fraude dans chaque cas. Il me semble utile, avant de passer au but essentiel de ce mémoire, c'est-à-dire à la solution du problème posé, d'exposer brièvement et en termes techniques, l'intérêt pratique de la découverte de la falsi- fication du beurre, ainsi que les moyens dont nous disposons actuel- lement pour la solution du problème. Pourquoi est-il désirable de posséder un moyen pour reconnaître les falsifications du beurre naturel ? Pourquoi cette question est-elle si importante, surtout maintenant? La réponse est aisée à trouver; je l'ai déjà traitée en partie dans ma brochure spéciale sur le beurre artificiel (neideil)erg-, 1884). Depuis (piekiucs années seulement, la fabrication du beurre artificiel au moyen de la partie facilement fusible de la graisse du bœuf, c'est-à- dire de la margarine, a fait de tels progrès, qu'elle commence à faire une sérieuse concurrence au beurre naturel. Quoique par des essais de digestibilité faits spécialement dans ce but, il ait été démontré ([ue le beurre artificiel, préparé au moyen de margarine et d'huile d'ara- chide, n'est pas beaucoup moins digestible (jue le bon beurre, et qu'en outre il n'a jamais été sérieusement question de la mauvaise inOuence sur la santé du beurre artificiel bien préparé, le quiproquo cependant est dans ce cas dangereux pour le commerce en grand du beurre naturel. Ce côté économique a été traité ailleurs par moi de la manière suivante : je pense naturellement que le discrédit a été jeté sur le commerce du beurre de contrées entières, là où le beurre artificiel s'est introduit à la place d'un beurre naturel renommé. Ainsi, par exemple, il ressort que, dans les dernières années, le com- merce du beurre artificiel de la Hollande a porté une profonde atteinte au commerce du beurre de ce pays, et cela comme suit : la Hollande avait de tout tenq)s une très importante exportation en produits laitiers, entre autres en beurre de conserve de première qualité. Une grande partie de ce beurre s'écoulait rapidement et naturellement vers l'industrielle Angleterre, pays (pii doit s'alimenter en produits agricoles par les importations des autres pays. L'indus- 286 ANNALES DE LA SCIENCE AGUONOMIQUE. trie naissante du beurre artificiel s'empara aussitôt de ce débouché et vendit ses produits à l'Angleterre sous le nom de beurre hollan- dais \ C'est à cette circonstance aussi bien qu'à la situation favorable de la Hollande pour le commerce maritime de la margarine, (pie l'industrie hollandaise du beurre artificiel doit sa splendeur, et con- séquemment c'est de là qu'est né un excès de fabriques, lesquelles assurément ont fini par apporter dans les dernières années un excès de production. Comme le beurre artificiel put alors être livré à un prix infiniment plus bas que le vrai beurre, et souvent sous le nom de ce dernier, il a ainsi pu s'introduire dans le vieux débit du beurre naturel hollandais. Mais à cause de la différence de goût, ce quiproquo ne pouvait naturellement pas durer longtemps. Dès le début, les consommateurs et les marchands ne s'aperçurent de rien ; peu à peu cependant, les cas augmentèrent, une moins bonne expédition ou un nouvel emploi culinaire fit naître la répugnance des acheteurs. La désagréable dé- couverte d'un produit qui avait le nom de beurre hollandais alors qu'il n'en était que la contrefaçon étant faite, la répugnance a appliqué son sceau à toute marchandise portant ce nom, et l'on a acheté du beurre danois ou suédois, qui n'est pas falsifié et que des agents zélés introduisent sur le marché anglais pour combler le vide nais- sant. Cependant il s'agit essentiellement ici du remplacement sur un marché donné du beurre naturel d'un pays par le beurre artificiel fabriqué dans le même pays. Cette situation étant donnée, on voudra peut-être se placer au point de vue économique général et dire que, pour un même pays, l'argent gagné soit par l'industrie ou l'agricul- ture restant dans ce pays, le résultat final est le même; mais, selon moi, on ne peut assez se persuader que ce point de vue est absolu- ment doctrinaire et ressemble aux principes économirpies dans lesquels l'école de Manchester se prélassait. Il ne faut pas seulement tenir compte de la valeur du gain, mais aussi de la répartition de celui-ci, et celle-ci est pour la production 1. Je ne pense pas que les fabricants de beurre artificiel soient coupables de cette mystification à laquelle ils ne peuvent avoir recours. Cette fraude se commet en deuxièmes ou troisièmes mains. MÉTHODE PÛUU UHC ON. NAITRE LE BEURUE FALSIFIÉ. 287 agricole de la plus haute importance et d'un effet des plus favorables; en outre, le discrédit «jui atteint subitement la production se fait sentir par une diminution dans la valeur de la terre agricole, diminution qui épouvante les économistes circonspects. Enfin, le beurre artificiel n'est que pour une faible partie le produit du travail national; le plus gros du gain va donc arrondir la bourse des Américains ou d'autres étrangers. La valeur du beurre naturel, au contraire, se compose entièrement du travail privé fait dans le pays même, et fargent gagné sur le beurre artiiiciel peut servir en paiement d'une très faible partie du travail national, de môme que s'il était gagné sur le vrai beurre. La situation sera la même pour les départements du nord de la France que pour la Hollande. Dans les dernières années, ceux-ci ont fait une exportation de beurre de plus en plus grande. Celte expor- tation a été apparemment troublée par l'introduction du beurre à la margarine. Cependant la situation de la Hollande sera toujours un exemple classique, parce que dans aucun autre pays la laiterie ne vient en première ligne dans toutes les productions comme dans ce dernier (sans en excepter le Danemark). Partout où s'est présentée une situation aussi fâcheuse, on a cherché naturellement à la faire disparaître; c'est ainsi que j'ai déjà dit ailleurs: S'il y avait un moyen certain de discerner le beurre artificiel dont le commerce d'exporta- tation peut se servir, la production prendrait alors un nouvel essor dans une tout autre direction. Le consommateur qui veut employer le vrai beurre artificiel reçoit pareille livraison, et la consommation du succédané ne peut jamais jeter le discrédit sur la vraie marchan- dise, môme si toutes deux venaient du même pays. Le beurre arti- ficiel, qui est toujours une marchandise de qualité moyenne, ne peut jamais concourir avec le beurre de première qualité. L'exportation du beurre hollandais ne souffrirait que lorscjue le beurre de qualité moyenne serait remplacé par le produit artificiel. Le prix du beurre de première qualité ne serait pas atteint, ce qui est important, et c'est précisément sur cette marchandise que l'on fait les plus beaux bénéfices. Le producteur de beurre de qualité ordinaire seraitentraîné à produire une marchandise de première qualité ; comme cette ten- dance constituerait une situation satisfaisante, on doit tâcher d'arri- ver à ce résultat par tout moyen, et si ce moyen consiste à savoir 288 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. distinguer du beurre imité par voie chimique, alors il doit naturel- lement être accepté. Ainsi précisément, nous touchons à la valeur d'une pareille méthode, de laciuelle nous croyons pouvoir nous dis- penser pour le contrôle du marché national, parce qu'ici chaque consommateur peut rester en relation avec sou fournisseur, qui lui livre une marchandise d'un bon goût durable et parce que, pour le producteur, la concurrence n'est pas aussi immédiatement à craindre. Des moyens actuels dont nous disposons pour reconnaître les falsifications. Parmi les méthodes simples qui sont actuellement à notre dispo- sition pour reconnaître les falsifications dans le beurre, et spéciale- ment l'addition de margarine, on doit mentionner surtout les sui- vantes, que j'ai décrites dans ma brochure précitée. 1" La dé(/ustation. — On étend le beurre sur des pommes de terre cuites et égouttées et on le soumet à la dégustation. C'est ainsi que le beurre artificiel montre le mieux un goût désagréable de suif. 2" Méthode de Donny. — On fond du beurre dans un tube d'essai, on le chaufle pendant un certain temps au-dessus du point d'ébulli- tion de l'eau (environ 150"). L'essai fait avec le beurre véritable donne, poui- un même volume, une écume plus forte que celui fait avec du beurre artificiel ; avec ce dernier, rébullition est tumultueuse et l'on a des coups violents; même par suite de l'addition d'eau au beurre naturel, il se produit à peine des chocs perceptibles. ^" Le poids spécifique du beurre fondu déterminé au point d'éhul- lition de l'eau avec la balance de Moltr ou avec l'aréomètre (appelé dans ce cas butyromètre). — Le beurre naturel a un poids spécifKiue d'environ 0,867 et le beurre artificiel 0,859. Ici se présente une difficulté, car le beurre naturel montre aussi quelques fluctuations de densité, dépendant surtout, à ce qu'il paraît, de la période de lac- tation et de la nourriture. C'est ainsi que du beurre d'hiver, pro- venant de vaches prcsfiue sèches et nourries avec du tourteau de palmier, avait un poids spécififjue presque aussi faible que celui du beui'i'e artificiel ; il est vrai qu'il n'était nullement de première qualité. MÉTHODE POUR RECONNAITnr: LE REURHE FALSIFIÉ. 289 Mélangé avec des quniililés variables d'huile d'arachide, le beurre artificiel peut présenter des poids spécifiques diiïérents. On voit par là combien la preuve si sinijile du poids spécifique perd de sa valeur comme critérium. Seulement quant à l'addition d'huile d'arachide au beurre artificiel, il est à remarquer qu'elle dépend de certaines conditions de température, sinon on obtiendrait un produit ou trop fluide ou trop dur. Concernant les fluctuations du poids spécifique du beurre naturel, on ne doit pas perdre de vue (ju'il ne s'agit pas de savoir distinguer, à un moment déterminé, un produit donné, de toutes les sortes de beurre naturel possible, mais ordinairemont de distinguer ce produit d'un beurre naturel d'une production déter- minée, obtenu dans certain mois, provenant d'une contrée connue, beurre dont les oscillations de densité d'ailleurs beaucoup plus faibles, seront naturellement bientôt connues du bureau de recherches. ^^ Recherches microscopiques. — a) Dans le beurre artificiel, les bulles d'air en général sont plus grosses et un peu moins nombreuses que dans le beurre naturel. b) Observé à la lumière polarisée avec plaque de gypse interposée, on reconnaît facilement dans le beurre prfiticiel, par les diflerentes couleurs, les masses graisseuses cristallines qui se rencontrent seule- ment dans les graisses solides qui ont été fondues une fois. Le travail le plus énergique ne détruit presque jamais les dernières traces des substances jadis crislalliiies, tandis que le beurrp naturel récent n'est jamais cristallin. Du beurre naturel ayant séjourné longtemps dans des endroits à température variable présenlera assurément, et principalement à la surface, de fortes ciistallisations à gros cristaux. Néanmoins, une aussi bonne méthode rendra de bons services au chercheur expé- rimenté. 5" Mélangé avec un peu d'acide sulfurique concentré, le beurre artificiel se colore en brun clair; le beurre naturel prend une cou- leur plus rouge; cette dernière s'affaiblit facilement. 6" Si ces essais préliminaires ne donnent pas la certitude désirable, on doit avoir recours à Tune ou l'autre des méthodes quantitatives. Celles-ci ayant toutes à peu près les mômes mérites, il est inutile de les exposer l'une après l'autre, .l'ai toujours préféré la méthode de aNN. Sf.IF.XCr AnilON. 10 290 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. lieicherl, d'après la(|uelle on saponifie une certaine (luanlité de la graisse fondne ; le savon est ensuile décomposé par l'acide sulfurique, et, en prenant certaines précautions, on distille la totalité des acides gras volatils. Le beurre artificiel contient seulement de très petites quantités d'acide de ce genre, mais le beurre naturel en renferme une proportion très peu variable; le titre en acide du distillât donne immédiatement un critérium de la pureté, et même, dans certaines limites, du degré de falsification au moyen de quantités appréciables de graisse étrangère. Les méthodes précitées, et g;énéralemenl connues, ont toutes leurs inconvénients, que l'expérience des dernières années a encore mieux fait ressortir. Quelques-unes, comme la méthode par la cuisson de Donny et celle consignée sous le n° 5 ci-dessus, paraissent très carac- téristiques quand elles sont exécutées avec deux produits formés, l'un de beurre de margarine pur, l'autre de beurre naturel pur, mais les réactions se confondent quand on agit sur des mélanges. Maintes autres réactions sur lesquelles s'est basée l'analyse ne sont pas aussi caractéristiques qu'il y avait lieu de le croire dès le prin- cipe, alors que l'on avait affaire à des préparations de beurres natu- rels et de beurres artificiels moins différents entre eux (ju'aujour- d'hui. La détermination comparative du poids spécîfujue des graisses fondues donne encore aujourd'hui de bons points de repère, mais comme méthode quantitative, ce procédé ne sera plus employé actuellement comme autrefois, lors de la construction du margary- tiiétre; depuis surtout que les diiïérences de densité du beurie naturel (lues à l'influence de diverses circonstances extérieures ont été reconnues et que l'on a ajouté au beurre de margarine des quantités de plus en plus considérables d'huile végétale, dont la concordance (le densité se rapproche i)lus de celle du beurre naturel que de celle (le la margarine même. Avec les méthodes chimi(pics cpii reposent toutes sur la teneur plus ou moins grande en acides gras volatils et en acides gras fixes |H'ovenaiit de la graisse du coi'ps et de la graisse du lait, on a même constaté des différences plus grandes qu'on ne l'avait cru possible antérieurement. Il en résulte que l'on peut encore reconnaître du MÉTHODE POUll liECON-NAlTRE LE DECRUE FALSIEIÉ. 201 beurre orlilicicl comme tel, mais avec une addition de 33 p. 100 environ de beurre arliliciel au beurre naturel, l'expertise ne peut plus donner que des probabilités. A quoi peut servir une |>areille méthode, si les cbimistes des iabricpies restent, dans leur savoir, sur le même pied (jue les hommes compétents des bureaux analyti(iues, el s'ils ajoutent des quantités de plus en plus considérables de bulyrine à leurs produits artificiels, comme cela se fait déjà généralement par- tout? En outre, cett(! méthode qui dure des heures et qui demande pour son exécution des appareils de chimie, est impossible pour le contrôle du marché. J'ai eu le plus grand espoir de pouvoir amélio- rer l'analyse microscopique n" i, de manièie à l'employer comme véritable contrôle du marché. Le problème posé par la pratitpie consiste essentiellement à pouvoir reconnaître dans le beurre l'addi- tion de graisses étrangères. Eh bien, ces graisses étrangères doivent, pour imiter le beurre dans sa consistance, être en partie des graisses ligées à la température ordinaire. Ces graisses figées ont dû être fondues, parce que, dans tous les cas, elles doivent être soumises à des procédés d'épuration pour lesipiels la fusion est indispensable. La graisse du beurre natuiel, au contraire, qui fond à la température du sang, n'a pas encore été fondue en masse, quels que soient les ])rocédés différents de fabrication du beurre naturel. Elle existait bien comme graisse fondue dans les ylobules bulvrcux et elle s'est solidifiée dans la montée de la crème, mais tant qu'elle était liquide, elle a été empêchée de se figer par la caséine. H y a donc ici une différence entre la structure du beurre el celle de son succédané, différence qui doit être reconnue d'une manière ou de l'autre, et c'est précisément Ij'^-dessus que repose la polarisation du beurre arti- ficiel iigé en masse graisseuse et piésentanl par là de gros cristaux, tandis que le beurre naturel non fondu ne montre que des crislalli- salions microscopiques dans l'intérieur des globules graisseux, dont l'effet polarisant ne peut être reconnu que sous un très fort grossis- sement. Dans la fabrication du beurre artificiel, on cherche bien, autant que possible; à faire disparaître cette différence de structure, rien que pour enlever à celui-ci son éclat suspect. Le traitement de la margarine dans la baratte, dans lequel, « d'après les indications ori- 292 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ginales de l'iiigéniciir irivenleiir de la fabricalion du beurre arti- ficiel », le tissu cellulaire du pis de la vaclie doit nécessairement intervenii', a même précisément pour but de donner au succédané toutes les propriétés pbysiques et en partie les propriétés cliimir|ues du vrai beurre. Ouaiil à la théorie de ce procédé, ou a été jusqu'à su])poser, et même à regarder comme démontré, que par l'efîet du ferment du pis de la vache, la margarine peut se transformer en une espèce de graisse butyreuse, dans laciuclle les acides gras volatils ne manqueraient pas. J'ai trouvé dans la presse des notices traitant ce sujet, notamment dans ce qu'ont écrit là-dessus les Américains C. Meymoss, Fidy et G. W. Wigner, et cela m'a donné l'occasion de traiter la margarine fondue et émulsionnée dans l'eau par de l'ex- trait de pis de vache; mais dans la margarine ainsi traitée, je n'ai pu, pai" la méthode de Reichert, constater aucune augmentation en acides gras volatils. Quoi qu'il en soit, la bonne division de la margarine préalablement fondue, réussit si bien à certains fabricants de beurre artificiel par l'emploi de cette méthode d'émulsion, que même le microscope po- lariseur ne donne plus d'indications et que l'on ne constate plus de grandes différences de coiileur; il en est d'ailleurs île même du beurre naturel qui a été pendant quelque temps exposé au soleil : il prend toutes les propriétés polaiisantes de la graisse qui a été fondue. Des observateurs habiles parviennent quand même, par toutes sortes de caractères accessoires, à distinguer sous le micros- cope polariseur, le bcuire artificiel du beurre naturel. Mais la méthode n'est ni sûre, ni assez élégante jiour pouvoir être recom- mandée comme appropriée au contrôle des marchés. Des considérations semblables concernant la différence de structure du beurre naturel et du beurre artificiel, au contraire, m'ont enfin mis sur la voie de la découverte d'un moyen prati(jue que je crois propre à faire reconnaître la fraude. Si en effet l'émulsion arlificielle (les graisses déjà fondîtes ne peut jamais être obtenue aussi complè- tement qu'elle existe dans le lait par suite de rorir/ine naturelle de celui-ci, et qu'elle ne peut encore être détruite dans la crème et même dans le beurre, alors il faut qu'on puisse reconnaître, pai' voie pure- ment niécriniqiir, une partie de la graisse entre les globules buti/reux. MÉTHODE POUR UliCONXAITRE LE BEURItE FALSIFIÉ. 293 Pour confirmer ce qui précède, nous ajoutons : la difficulté d'éniul- sionnrr la graisse fondue à la manière de la graisse naturelle du beurre a été constatée récemment et d'une manière toute particu- lière dans la labrication des fromages artificiels. Cette méthode ingénieuse, transplantée d'Amérique en Europe, consiste à addi- tionner une graisse étrangère de peu de valeur au lait qui a été . écrémé pour la fabrication du beurre et qu'on a ensuite fait cailler avec de la présure. Une méthode plus récente a encore mieux appris à connaître cette difficulté : on ajoute du saindoux au lait écrémé et l'on emploie ce lait artificiel à l'élevage du veau. Cette méthode, soit dit en passant, me convient mieux, parce qu'elle ne favorise pas la falsification. On employait de fortes machines (même des machines centrifuges, quoique celles-ci eussent un effet opposé) et cependant on n'attei- gnait pas complètement le but, parce que ce lait artificiel s'écrémait toujours plus facilement que lé lait naturel. Pour la même raison, on se donne, dans la fabrication du beurre artificiel, toutes les peines imaginables pour obtenir, par la manipulation, la même distribution caractéristique de la graisse que celle qui distingue le beurre natu- rel, sans atteindre, comme nous le verrons bientôt, complètement le but. (C'est ici que nous arrivons à l'explication de ce qui précède.) Les globules graisseux renferment plus que de la graisse, car si on les agite avec de l'étherj ils ne sont solubles qu'en partie, ils possè- dent encore le reste d'une organisation, entre autre une enveloppe albuminoïde, comme on le croyait jadis, mais qui est plutôt une couche de caséine concentrée et d'autres éléments du sérum, connue on s'exprime aujourd'hui d'après l'état actuel de la science. Mainte- nant, si plusieurs de ces globules butyreux se réunissent pendant l'écrémage et forment pendant le barattage de grandes masses de globules dgglonlérés, ces globules sont plutôt collés erisenlblc que coulés l'un dans l'autre, et les restes de l'ancienne structure se con- servent, et cela d'autant mieux que la formation du beurre, par op- position à la pseudo-formation de ce produit dans la fabrication du beurre artificiel, se fait à une température bien inférieure à celle de la fusion de la graisse du beurre. Si cette hypothèse est vraie, il faut qu'il reste et qu'on puisse encore constater par des moyens ap- 294 ANNALES DK LA SCIENCE AGRONOMIQUE. propriés, une difTérence essentielle clans la sti'acture du beurre ferme. D'autant, plus que dan> du i)eun'e artificiel de toute nature, dont la margarine et Ihuile d'arachide forment en plus ou moins grande partie la substance fondamentale, ou peut séparer beaucoup plus facilement la graisse fondue que dans le produit naturel. J'ai trouvé cette conclusion finale complètement confirmée par des essais; il résulte de ces derniers, que non seulement on peut reconnaître rapidement et facilement le beurre de margarine, contenant plus ou moins dliuile d'arachide, mais aussi le produit naturel auquel on a ajouté du beurre artificiel dans des proportions telles que celte addition puisse se faire économiquement, et que, conséquenimcnl, on puisse rencontrer des beurres de ce genre dans le commerce. Dans ces essais, il ne s'agit eu quelque sorte que d'opérer à une température déterminée, parce que, naturellement, à une trop haute température, le vrai beurre fond aussi, et alors toutes les dif- férences de structure sur lesquelles la méthode repose, seraient dé- finitivement perdues. Cependant j'ai trouvé qu'on peut chauffer le beurre naturel un peu au-dessus de sa température de fusion propre, ou, ce (pu est plus exact, au-dessus de la température de fusion de la graisse y contenue, sans que pour cela la diflerencc de structure se perde, parce que la présence de cette structure (qu'on i)eut supposer être, parexemple, les restes des enveloppes des globules) oppose quelque l'ésistance à la fusion intime. La température oïdlnaire de fusion de la graisse du beurre est de 37 degrés centigrades ; la température à laquelle j'opère est de 40" centigrades. Si à cette température on agite du beurre naturel avec 20 fois son poids d'eau un peu alcali- nisée par de la soude, la fusion n'a pas encore lieu. Avec le beurre artiiiciel ou avec un mélange dans lequel ce dei'uier n'entre que pour un quart, il se forme une masse de graisse fondue, correspon- dant à la quantité de graisse étrangère qu'il renferme. Dans le mélange crémeux qui monte, on ne peut pas, en efl'et, reconnaître avec une précision suffisante l'état particulier sous lequel se trouvent les particules graisseuses. Si on lave ce mélange cré- meux dans un entonnoir avec de l'eau à la même température, de manière à ce qu'il s'écoulp do l'cnu avec dp la gi'aisse lavée, et si, MÉTHODE POUR RECOXNAITUK LK BKlMUiE FALSIFIÉ. 295 p;ir un laviigc ullénoui' avec de l'eau tiètlc un tient le tout clans un mouvement- continuel, on voit apparaître, dans le cas de la présence de graisse étipngère, des gouttelettes de graisse à la surface du l'eau (une cuisinière les appellerait des yeux de graisse), tandis que le beurre naturel, à cause de sa réparlilion en globules microscopi- ques, laisse, par cette opération, tout au plus un fin dépôt caséeux sur les parois de rontonnoir. Ce dépôt peut être distingué de toutes les manières possibles des gouttes de gi'aisse. Cette méthode oiïre sur toutes celles connues jusqu'à ce jour, le grand avantage que la margarine et autres graisses étrangères (jui y étaient mélangées se concentrent et sont retenues en nature, tan- dis que le vrai beurre qui est toujours additionné au beurre arlili- ciel pour masquer ce dernier, est plus ou moins complètement éli- miné. Il résulte de là, qu'en cas de doute, loule autre méthode peut être combinée avec celle-ci et que l'examen de la graisse éliminée donne une solution qu'on chercherait vainement à trouver par l'exa- lufu du mélange original de graisses. Cette méthode est, en outre, d'apiès mon expérience, assez sûre pour que, dans la plupart des cas pratiques, on puisse se dispenser de toute autre recherche supplé- mentaire. De plus, elle est si simple, ({u'elle peut être appliquée par toute personne non chimiste ayant un peu d'esprit d'observation. Elle est si rapide qu'un opérateur seul, sans aucun secours, peut facilement faire six essais à l'heure et plus encore. Les appareils sont peu coûteux et ils peuvent être employés dans une halle ou dans un marché couvert. Cette méthode peut s'effectuer pratiquement de la manière sui- vante : Mclhodc simple de recherche. On prend avec une cuillère appropriée le beurre de l'échantillon ; on rase l'excès et Ton enlève avec le doigt les 0^'',C environ restant, (jue l'on met dans un tube d'essai dans lequel se trouvent 12 centi- mètres cubes d'eau alcalisée par quehpies gouttes de lessive de soude à 2 p. 100 ; on ferme le tube d'essai avec le pouce et l'on agite énergiciuement. On met alors le tube d'essai au bain-marie à la tem- pérature de 37-iO degrés; ce bain-marie peut être utilisé pour plu- 296 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. sieurs tubes. Quand le contenu du tube d'essai a pris la température du bain-niarie, on agite encore quelques fois, toujours le pouce sur l'ouverture; ensuite on verse cette émulsiou dans uft entonnoir en verre ordinaire, de dimension moyenne, fermé par le bas au moyen d'un tube en caoutcbouc muni d'une j)ince. On lave plusieurs fois avec de l'eau à 37-40 degrés Celsius, on ouvre un peu la pince de manière qu'un fort jet d'eau s'écoule de l'entonnoir, en môme temps qu'on a soin d'ajouter de l'eau à 37-40 degrés Celsius, de telle sorte que l'entonnoir ne se vide pas. (On se sert avantageusement d'une pissette munie d'un thermomètre.) Après que la graisse a été ainsi en contact avec environ 400 centimètres cubes d'eau, on ferme dou- cement la pince, de manière que les dernières portions d'eau s'écou- lent lentement. Si le beurre examiné est pui-, on trouvera alors, après ce lavage et après le refroidissement de l'entonnoir, sur les parois de ce dernier, une masse caséeuse linement divisée, tandis que l'addition de seulement un quart de beurre artificiel se trahit par les gouttes de graisse qu'on aura, dans ce cas, déjà remarquées lors du lavage. Cette méthode, d'après mon expérience, donne un résultat décisif quand il s'agit de mélanges de beurres arliliciels avec le beurie d'hiver ordinaire. Quelques sortes de beurres frais d'herbages ont au contraire une température de fusion tellement basse, qu'il s'en sépare aussi des gouttes graisseuses. Dans ce cas, on travaille à une températul'e plus basse de 35-37 degrés, ou, cependant, la distinction se fait encore plus facilement par une autre méthode, laquelle re- pose sur les propriétés différentes de la matière colorante naturelle du bon beurre et de la matière colorante du beurre artificiel ; elle peut être employée dans le casprécédent, parce que le beurre natu- rel d'herbages est par lui-même tellement coloré, qu'il n'est jamais nécessaire de lui ajouter du colorant. Cette méthode se résume comme il suit : Moyen de reconnaître les colorants dans le beurre. On introduit dans un tube d'essai un" peu plus de beurfe que pour la méthode précédente, environ 2 grammes, on y ajoute un volume égal d'alcool, on chauffe ensuite pendant qucbiue temps de manière mi':tiiodk pour rkconnaitre le beurre falsifié. 297 à pres(|iie atteindre le point irébnllition de l'alcool. La coloration artificielle est flicile à reconnaître parce que le beurre pur ne donne jamais la moindre trace de coloration à l'alcool, tandis que la cou- leur artificielle se répartit assez régulièreineiit dans ce liquide et dans la graisse fondue ; même avec un mélange de beurre coloré et lie beurre non coloré, la métbode est encore tellement caractéristi- que qu'elle permet d'en estimer les quantités proportionnelles. Ou voit par là, combien il est peu prudent de colorer, comme on a l'ha- bitude de le faire, les beurres blancs d'hiver. Dès le principe, on ne voulait que donner au beurre blanc d'hiver, moins estimé, l'aspect du beurre d'herbages ou de fourrages; c'est ainsi qu'a commencé la falsification. On a dû reconnaître par la suite que cette tromperie rendait beaucoup plus difiicile la preuve d'une falsification plus importante, dont le succès nuisait énormément à l'industrie honnête. Si l'on ne s'était jamais engagé dans cette voie, il serait maintenant facile de découvrir les succédanés qui doivent dans tous les cas être colorés artificiellement, tandis ipi'à présent nous devons, dans certains cas, nous servir de la combinaison de deux méthodes. Heurt uscment que la manipulation est tellement simple qu'elle nous permet d'espérer qu'elle se propagera en pratique. • Les lignes qui suivent démontrent l'utilité de la méthode décrite précédemment. Avàilt que je ne connusse la propriété de là plus fa- cile fusibilité de quelques sortes de beurres d'herbages, et alors, du reste, que j'avais déjà élaboré la méthode de manière que je croyais être sûr d'un essai, je me fis préparer, par un de mes prépaiateurs, douze échantillons de beurre naturel, de beurre artificiel et des mé- langes des deux dans diverses proportions. On dressa ensuite une liste que je n'avais pas vue et qui indiquait la nature des échantillons. Après deux heures nécessaires pour l'analyse de ces dou^e échan- tillons de beurre, la liste résultant de mes expériences fut confrontée avec celle qui m'avait été cachée .jusque-là. On voit par ce (jui suit que je ne me suis pas trompé, excepté pour le cas du n° 1:2. C'est ce qui m'a forcé à aipiitcr plus tare! à ma méthode le supplémerit donné jilus haut. , , , ,.,. . , 1 McMiinge dfi hcancoiip de bfiii'rc rel el de peu de bourre 298 ANN.vr-KS Di: LA SCIKNCK AGUONOMIQUE. lie II A N TI I,LO X s !■ It li 1> .V It !■: S . K li S U L, T A T S TItOi;vÉS. I. Beiiire artiliciol de M. Mouton, à [.a Haye . . . Reiirre artificiel. •j. Ilciirre naiurel d'un cultivateur Bourre naturel. ;>. .Mélange du n' 1 et du u° 2 à parts égales. . . lieurre artiliciol. i. Beurre artificiel dWntoine Jungon.s-Oss .... Beurre artificiel. ."). Beurre artificiel de Jean Van den (iriend et / ,, ..„ ,, ,• lîeurre artiliciol. /. .s Bath \ „ ,,^ . , , ,„.,,. .... . , i' -Mélange de beaucoup do bourre G. i/:! Deurio naturel n^ 10, I/;î beurre artihcicl , naluiel avec un Itou (le beurre n" .> , , ' ( ai'tilii'iel. 7. 2/:î beurr(; naturel n" t2, i/o bourre artificiel \ Mélange de beurre naturel et de Crame el Schoer, à Xiuiègue ( do beurre artiliciol. S. 2/3 beuiro naîurel n" 2 et 1/.} beurre artificiel " ' °' II" \ artificiel. 9. Beurre artificiel de V. S. Y. D. Bergh-Osche . . Beurre artificiel. 10. Beurre naturel de rKcole d'agriculture do Wagon- ] ■ Ik'urie naturel, ningiii \ l Mélange de beaucoup He bouri'o 11. Mélange, par parts égales, de n" 10 et de ii" I . | artificiel avec du bcurie na- 1 turel. l Mélange de beaucoup de beurre 12. l""' beurre d'herbages d'un cultivateur . . . . ■ artificiel avec du l)eurre na- ( turel. Le cas 11" 13 peut, par la combinaison de la mélliodo avec la rc- cherclie de la matière colorante, èlrc considéré comme fésohi. .le n'ai cru pouvoir rien faille de mieux que d'insérer dans ce travail le protocole de ces analyses dans sa réalité. Plus tard la méthode modifiée a été soumise à l'Exposition agricole d'Amsterdam à une commission spéciale nommée pour ce l)ut et a été récompensée par une médaille ^Yov. Manière de se servir de l'appareil. On prend à l'aide de la petite cuillère, jointe à l'appareil, du beurre de l'éclianlillon à examiner après avoir nklé l'excès avec un cou- teau, on enlève de la cuillère le beurre restant (environ Op',6) et l'introduit dans un tube à essais : on lave avec environ 13 centimèlres cubes d'eau alcaliséo par 2 gouttes d'ammoniaipie h p. 100. .\près avoir été agité énergirpicmcnt en ayant soin de melire le ponce sui l'ouverture, le tiil)e à essais est introduit dans \m des Irons du cou .> ') METHODK POUIl UKCONNAITUK LV. BliURHE FlLSirilC 299 vei'clo du bain-inane en zinc. Ce dernier est rempli (roiiii de pluie maintenue à la tempéralurc de 37 degrés centigrades, à l'aide d "une chandelle ou de (oui aulie moyen de chauffage. Le contenu du tube à réaction doit, après avoir j)ri.s la températiu'c du hain-marie, être (|uelqucs fois encore énergi(}uement agité. Après (juclques minutes de digestion, on vide le contenu du tube à essais dans l'enton- noir , fermé en dessous par une pince , et on le rince (pielques fois avec l'eau licde du récipient placé au-dessus de l'eiitonnoii'. On ouvre aloi's un pru la l)iuce de telle soi'te (pie l'eau en s'écouiant ne forme pas de tourbillon. On laisse couler l'eau du récipient de manière que l'entonnoir ne se vide pas tout à fait. Lorsque l'eau n'en- traîne plus rien, on ferme la ])ince complètement , après avoir laissé écouler lentement presque tonte l'eau restante. Avec du beurre pui' (non fal- sifié avec de la graisse étran- gère), on doit liouver sur les parois de l'entonnoir refroidi de la substance casécuse iine- ment divisée ; tandis cpie l'ad- dition de seulement un quart de beurre artificiel ou de toute autre graisse, (pii a été préalablement fondue, se décèle par la présence de grosses gouttelettes de graisse, semblables à celles (pi'on a vues à la surface du li(pude i)en(lant le lavage. Cette méthode donin; un ré- sidtat décisif si la falsification s'est effectuée sui' du beurre d'iiiver avec alimentation à l'iMabb;. \\cc {\[\ beurre frais d'herl)age du mois de mai, au coniraire, il peut arriver, qu'à cause de la grande facilité de fusion de ce dernier, il se montre par la méthode décrite plus haut (pichjues gouttelettes de graisse ; mais dans ce cas la dis- tinction dans pareils mélanges est encore plus facile, en opérant d'après la méthode ci-dessous. 300 ANNALES DE L.V SCIENCE AGUUNU.MIUUE. Tout beurre arlilicicl est artificiellement coloré, tandis que le beurre d'herbage n'a pas besoin de colorant nrtiticiel. — Malgré cela, le beurre frais d'herbage donne aussi, d'après la méthode dé- crite ci-dessus, de bons résultats, si la température à laquelle on opère est quelque peu inférieure à ol degrés G. ; environ o5 de- grés G. — Une erreur causée par une oscillation de température n'est pas encore possible pour cette raison, qu'une température trop basse est toujours facile à reconnaîti'e par une incomplète émulsion des globules butyreux, et les suites de cette méprise ne peuvent être que de se voir dans l'obligation de recommencer l'opération à une température un peu plus élevée. Recherche simple des colorants du beurre. On traite 2 grammes environ de beurre dans un tube à essais par le même volume d'alcool, on chauffe jusqu'à l'ébullilion. La couleur artificielle est alors facile à reconnaître, même s'il ne s'en trouve seulement qu'ilne faible fraction dans le beurre à exami- ner, en comparant la couleur de la couche alcoolique surnageante avec celle de la graisse butyreuse liquéfiée. Dans le cds où il n'v à aucun colorant artificiel, la couche alcooli- que est complètement incolore et le beurre a conservé son aspect originaire. Avec du beurre contenant du colorant, l'alcool peut pa- raître aussi fortement coloré que la graisse butyreuse et lorsque l'on examine les mélanges, la coloration reste entre ces deux cas ex- trêmes. STATISTIQUE DES STATIONS AGRONOMIQUES ET DES LABORATOIRES AGRICOLES DES ÉTATS DE L'EMPIRE ALLEMAND Traduit de l'aUemand ' Par J. RISLER PKÉI-ARATEUR A li'lNSTlTUT NATIONAIj AOKONOMIQUE ROYAUME DE PRUSSE PROVINCE DE PRUSSE Station agronomique d'instcrboitrg. — Fondée en 1858, par la Sociélé centrale d'agriculture de Lithuanie et de Masovie. La Station a été ouverte dans le but de faire des recherches de j)hysiologie végétale et plus spécialement pour l'essai des engrais et des semences. Elle s'occupe depuis peu de l'examen des aliments et boissons. Subventions : De l'Etat, o,750 fr. ; de la Sociélé, 1,500 IV. ; pro- duit des analyses, environ 5,000 IV. Directeur: D' W. llotïmcister. — Préparateur : D' J. Perl. Station agronomique de Kœnigsbcrg. — Fondée en 1875, j^ar la Sociélé centrale d'agriculture de la Prusse orientale. 1. Prof. C Frirdrkh Kobbe. Die Lîmdwirllisclinftliclie Vorsuclis- iind Cnntrol-Sta- tionen iind ayiiculturchoniisclie l.ahoratoricn, in dcn Slaaten des Deiitsclien lîeiches. — Mentzel's landwirtlischaftlichor Kalondcr, ISSC, p. 31ô. o02 ANNALES DK LA SCIENGK AGUUNOMIQUE. La Slntion a pour mission d'exercer un rrinlrôlc sur les engrais, les fourrages et les semences, elle s'occupe aussi de recherches agri- coles. Subventions : De l'Etat, 3,750 fr. ; le prodiùt des analyses s'élëve à 10,0:25 fr. environ. Directeur: D' G. Klien. — Préparateur : W A. Nahm. Station ayronoiiùque (te Daidiig. — Fondée en 1877, pai' la Société centrale d'agriculture de la Prusse occidentale. Cet établissement est placé sous la direction d'un membre du comité de la Société centrale d'agriculture et d'un comité de surveil- lance composé de cinq membres. La Station comprend : Un laboratoire de chimie dirigé par le ])'■ M. Sievverl; une Slalion d'essais de semences sous la direction du D'' Œmler. Subventions : L'État et la Société versent chacune 10,750 fr. PROVINCE DE lîRANDEBOURG Station agronomique de Dalime. — Fondée en 1857, par une Société d'agriculture de l'arrondissement de Jùterbogk-Luckenwald. La Station s'occupe de travaux de physiologie végétale ; elle jouit d'une subvention de 15,375 fr. L'administration est confiée à un comité de cinq membres de la Société, présidé par le conseiller Scbûtze, de Heinsdorf. Directeur : D' F. Fittbogen. — Préparateurs de cliin/le : D'' 0. Fœs- ter, D"" E. Niederhauser et D'' J. Sauermann. — Prép((rateur de hola- uique : D'' Grœnland. Laboratoire de la Société des distillateurs allemands. — A Berlin, N. hivalidenstrasse, 42. Le laboratoire possède un budget de 100,000 fr., il est administré par un comité de trente membres de la Société, présidé par M. IL Kiepert. Directeur: Prof. 1)'' Max Delbriick. — Directeur du laboratoire : D"" M. Hayduck. — Préparateurs : ])' Saare, D'" liasse, D'' Fott. — Préparateurs de technolngie : D"" AYittclshœfer, D' Heinzelmann, STA'l'lSTlOLK UliS STATIONS AUHONOMKJ Ll'.S, 30o D' Molir, Slenglein, Goslicli. — DircclcNidc lu scclion agronomique : \y Lange, Lahoraloirc d'essais et écuk de brasserie. — A l)eiliii. liiMilidi'ii- slrassc, 4:2, liorliii, N. Le budget s'élève à -\SJjO IV. — Couiilé de surveilluiice euniposé de neuf m('inhi'(\s. Direeteur : II. Ild'sicke ; Directeur srieuHliqiie : Prof. D' M. J)el- hnicli, snpph'é [);ir le D'' M. Ilaydueh. — Préparateurs : D'' Reincke, D'" iMohr et D'' Seliiill. Les questions agronumicjucs sont cûiitiées au D'' Lange, rédacteur en chef du Jonriial hebdomadaire de la Brasserie. rnOVINCE DE POMÉHANIE Station az/roiioiiuque et d'essais de semcnees de lleyenwalde. — Fondée en 186.'), pai' la Société écononiùjue de Poméranic, pour des études de physiologie végétale et des recherches sur la constitution du soL Subventions : De l'Etat, de la province et de la Société fondatrice, 8,-251) IV. Directeur : Pi'of. D' II. Liriiei'. — Sous-directeur : D'Troschke ; — Préparateur : M. Neubert. L'établissement possède des serres. Laboratoire agricole d'FAdeua. — Fondé en 1878, i)ar la Société centrale balti(jue. Celte Société désire favoriser l'avancement de l'agricultui-e et fa- ciliter les essais d'engrais, de fourrages et de semences. La subvention du laboratoire est de 025 IV., donnés par la Société. Directeur: .M. v. llomeyer, PROVINCE DE POSEN Station agronomique de Posen. — Etabjie en 1877, par le dépla- cement et la réunion des stations précédemment fondées à Kuschenn en 18C1 cl à Bromberg en 1873, La Station cstouvcrte pour des recherches d'iilimcntation du bétail, 304 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. tl(^ viticullurc et d'agriculture ; elle est aussi chargée du coiUrùle des fourrages et des semences. La surveillance adminislraùve est exercée par le comité de la Société provinciale d'agriculture de Posen. Jïirecle.vr de la Station: D'' E. Wildt. — Préparateur : D'R. Luders. L'étahlissement possède une serre, on doit sous peu y installer une écurie d'expériences; il jouit d'une subvention de l^'jSaO fr. du ministère de l'agriculture, de 1,875 fr. du Conseil provincial, de 3,750 fr. des Sociétés d'agriculture. PROVINCE DE SILÉSIE Station agronomique de Breslau. — Transférée en 1877 d'kla- MarienluUte à Breslau, cet établissement dépend de la Société centrale d'agriculture de Silésie et possède à l'Institut agronomique, un labo- ratoire complet pour des recberches scientifiques sur l'alimentation des animaux et des végétaux. 11 s'occupe également de l'essai des engrais et des fourrages. Subvenlions: De l'Etat, 5,G25 fr., les frais complémentaires sont supportés parla Société centrale d'agriculture, en tant que le produit des analyses ne les couvre pas. Directeur : Prof. D"" lloldcfleiss. — Préparateurs : D'' Klein, D"" B. Scbulze, D' Barisch. Institut de chiruic animale de Breslau. — Cet Institut, fondé en '18()0 à l'Académie de Proskau, a élé transféré en 1881 à l'Université de Breslau. Il comprend, comme précédemment, une station de phy- siologie animale, un laboratoire d'enseignement et des écuries d'expé- riences. Le ministère de l'instruction publique donne une subvention annuelle de o,9o7 fr. pour couvrir les frais des l'cchercbes qu'il confie au laboratoire. Directeur : Prof. D'" H. Wieske. — Préparateur : D'' E. Flechsig. — Préparateur du laboratoire d'enseignement : D"" R. L. Kriiger. Station de physiologie végétale de l'Institut royal pomologique de Proskau. — Celte Slation a été fondée, en 187,3, à l'Inslilut pomolo- gique par le ministère d'agriculture de Prusse ; elle a pour but l'étude STATISTIQUE DES STATIONS AGUONOMIQUES. 305 (les maladies des plantes et s'occupe i)rincipalcment des recherches d'arboriculture fruitière. Subvention: De rÉtal, l,(S7r) fr. Directeur: D'' P. Sorauer. — Préparateur : D' Tscliaplowiz. Ecole de laiterie de Proskau. — Cette école, ouverte le I"' octobre 1878 par la Société centrale d'agriculture de Silésie, possède un laboratoire de recherches scientifiques et piati(pies, une laiterie modèle, et a pour mission de répandre l'enseignement de la laiterie ainsi (pie de faire pi'ogresser cette branche d'industrie. Subventions: De l'État, 5,000 fr. ; du Conseil provincial, 6,250 fr. et 500 fr. des sociétés et des particuliers. Directeur : D'' M. Schmœger. — Prcparalenr : R. Krùger. L'établissement possède une collection de plans, de modèles, d'appareils et une laiterie parfaitement bien montée dans lacpielle on traite chatpie jour 120 litres de lait. Station d'essais de semences à l'histitnt de pliysiolo(/ie végétale de l'Université de Breslau. — Fondée en 1875, par la Société d'agri- culture de Breslau, qui verse une subvention de 1,000 fr. Directeur : D"" Ed. Eidam. PROVINCE DE SAXE Station ar/ronoinicpie de laSociété centrale d' a f/ricultiire de Halle. — Transférée de Salzmundc à Halle en 1805; elle jouit d'une subven- tion de 0,250 fr. de l'Élat; de 2,500 fr. du Conseil provincial ; l'essai des engrais rapporte ol,250 fr. ; les analyses diverses 43,750 fr. Le total des recettes s'élève à 83,750 fr. Cet établissement s'occupe de travaux sur l'alimentation des animaux ainsi que de l'essai des engrais, des fourrages et des semences. Il possède un beau laboratoire, un appareil pour l'étude de la respiration, des écuries d'expériences, des serres cl un jardin d'essais. Directeur: Prof. D'" M. Maercker. — Préparateurs: D'' Morgcn, D'' V. Wilm, D'" V. Eckenbrecher, D' Pu^ibstein, D'' Cygniius, D'' ^Vaas, D"" Kruger. — Botaniste : D'" v. Bretfeld. — Secrétaire: Tyroff. ANN. hClL.NGL; AGItUN. • 20 30G ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Laboratoire de physiologie, champ d' expériences et jardin d'accli- matalion de l'Institut agronomique de V Université de Halle. — Fondée de 1863-1805 par le ministère de l'instrucl.ion publique de Prusse. Directeur : Prof. D'" J. Kûhn. — Préparateur de chimie : Prof. D"" Kirchner. — Préparateur du laboratoire de physiologie: D"" Scliwal). — Préparateur chargé des essais de culture: G. Gruiid. — Admi- nistrateur du champ d'expériences et du jardin : R. Menlzel. Station d'essais de semences, annexée à l'Ecole d'agriculture d'Arcndsee. — Fondée en 1875. Direction : D"" A. Page!, directeur de l'École d'hiver et professeur itinérant de la Société d'agriculture. PROVLNCE DE SCHLESWIG-IIOLSTEIN Station agronomique de Kiel. — Fondée en 1871 par la Société d'agriculture duSclileswig-ïIolslein, réorganisée et agrandie en 1877. Subventions: 7,500 fr. de l'Etat; 7,500 fr. delà province; produit des analyses, -10,0525 fr. ; revenu d'une métairie, 4,250 fr., soit au total 29,875 fr. La Section de chimie agricole est installée pour l'essai des engrais et des fourrages, on y fait en même temps des analyses diverses, des recherches de physiologie végétale et des essais de culture. Directeur: Prof. D"" A. Emmerling. — • Préparateurs : D'" G. Loges etD"" A. Melger. La Section de laiterie possède un laboratoire de chimie, une cré- merie, une cave pour les beurres et les fromages, une grange et une étable de 10 vaches. Elle est chargée d'étudier les traitements du lait au point de vue scientifique et prati((ue, et principalement la préparation des beurres et des fromages ainsi que les meilleurs moyens pour leur conservation. On y fait aussi des essais de machines pour la laiterie, des expériences d'alimentation j)Our la production du lait. Ces travaux sont appuyés de cours spéciaux. Station d'essais de semences attachée à l'école d'agriculture de Kiel. Directeur : D' H. Hodewald. STATISTIQUE DES STATIONS AGRONOMIQUES. 307 rnOVINCE DE HANOVRE Station agronomique de Gôllingue. — Fondée en 1857 à Weende, par la commission centrale de la Société royale d'agriculture de Celle avec le concours de l'Etat. La Station, établie principalement pour l'élude de l'alimontalion des animaux de la ferme, a été trans- férée en 1877 à GoMinnue. Subventions : De l'Etat et de la Commission centrale, environ 11,250 fr. Le directeur et deux préparateurs sont logés. L'adminis- tration appartient à un comité de trois membres de la Société d'agri- culture. La direclion administrative est confiée au conseiller Creydt, à Ilarste, la direclion scientifique au professeur D'' Henneberg à Gôllingue. — Préparateurs : D'' Th. Pfciffer et D" F. Lehmann. Cet établissement possède un appareil de Pettenkofer, pour l'étude de la respiration. On y trouve une élable, une bergerie et une por- cherie. Laboratoire de contrôle pour les produits alimentaires, les engrais, les fourrages et les semences. — Ce laboratoire est rattaché à l'Ecole d'agriculture et à la station agronomique de Gôttingue. Fondé en 1870 parla Société d'agriculture de Gôltingue-Gruvenliagcn, il est placé sous la surveillance du directeur de l'Ecole d'agriculture et du président de la Société d'agriculture. Directeur: D' E. Kern. Laboratoire et champ d'expériences de l'École d'agriculture de l'Université de Gôttingue. — Fondé en 1872-1875 par le ministère prussien de l'instruction publique. Directeur : Prof. D'' G. Drcchsler. — Préparateur : D"" Edler. Station agronomique d'IIildcsJicim. — Fondée en 1870 par la Société agricole et forestière d'IIilde^heim, elle passe le 1"" janvier 1878 à la Société royale d'agriculture de Celle. Cet établissement est ouvert pour le conliôle des engrais, des fourrages et des semences ; on y fait aussi des analyses industrielles pour la sucrerie et la laiterie. 303 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. On s'occupe d'essais d'eng^rais et de tecliiiulogie agricole. Depuis 1872, le directeur de la station a ouvert un cours de sucrerie. Directeur : D' Karl MuUcr. — Préparateurs : D"" Aumann, D"" Laible. Subventions diverses : de 18,750 fr. à 25,000 fr. Station d'essais de semences à Brcmervorde. — Fondée en 1870. Directeur : D'' Kœpke. Laboratoire de contrôle pour les semences, les fourrages et les engrais à Erhstorf. — Fondé en 1871, pour l'essai des semences par l'initiative de la Société provinciale agricole et forestière de la principauté de Lunebourg, on lui adjoignit en 1881 un laboratoire l)Our l'essai des engrais et des fourrages. Subvention : De la Société provinciale, 125 fr. Les frais d'entretien sont en grande partie couverts par le produit des analyses. Directeur: D'' F. Bente. PROVINCE DE WESTPIIALIE Station agronomique deiMiinster. — Fondée en 1871 , parla Société provinciale d'agriculture de Westplialic et Lippe pour le contnMe des engrais, des fourrages, des semences et l'étude de questions scientifiques. Subventions : De l'État, 0,500 fr. ; du Conseil provincial, 5,000 fr. ; de la Société, 2,362 fr. ; les analyses d'engrais et do fourrages rapportent 10,418 fr. ; les autres analyses, o,750 fr., soit au total 28,030 fr. Directeur: Prof. D'' .1. Kœnig. — Préparateurs : D'" E. Bœbmer, D'- II. Weigmann, II. Scbmiil, D'' Koeliler et D'' IL Ilirzel. PROVINCE DE IIESSE-NASSAU Station de chimie agricole et d'essais de semences de Cherbourg, — Fondée et subventionnée par la Société centrale d'agriculture de Cassel, l'État et la municij)alité. Directeur: Prof. D' Cii. Dictricb. — Préparateur: Aug. liesse. STATISTIQUE DES STATIONS AGRONOMIQUES. 309 Station agronomique de Wiesbaden. — Iicorganisce le 1" janvier 1881 comme établissement de la Société agricole et forestière de Nassau avec une subvention de l'Etat eu remplacement de l'ancienne station d'études économiques. Elle s'occupe de l'essai des engrais et des fourrages. Directeur : D' R. Fresenius. — Préparateurs : H. v. Beyer ; L. Jahnl. Laboratoire de viticulture et d'arboriculture à Geiseuhei in (IWicm- gau). — Fondé en 1872 par le ministère d'agriculture prussien et annexé à l'Ecole de viticulture et d'arboriculture de Geisenhcim. Directeur : D"" G. Mullcr-Tliurganu. — Préparateur : P. Kuliscli. Le D'" J. Moritz est chargé de la partie chimique. rnOVINCE RIUÏNANE Station agronomique de Bonn. — Fondée en 185G par la Société d'agriculture des provinces rhénanes pour l'essai des engrais, des semences et des fourrages. La Station s'occupe de recherches agri- coles; elle possède depuis 1884 une serre et un laboratoire spécial pour l'essai des matières fécales. Subventions: 5,175 fr. de l'État; 1,250 fr. de la province; 18,750 fr. par le contrôle des engrais; 1,875 par l'essai des se- mences et des fourrages; 5,075 fr. analyses diverses. Total des re- cettes : 32,125 fr. L'établissement est administré par cinq membres de la Société. Directeur : D'" A. Stutzer. — Préparateurs : D"' Paysan, Reitmers, Beckers, Knrlova et un secrétaire. Laboratoire de V Académie agricole de Poppclsdorf. — Fondé en 1850 par l'Etat pour des recherches de chimie et de physiologie végétale. Subvention de l'Etat: 13,-^00 fr. Le laboratoire est placé sous la surveillance de la direction de l'Académie. La direction du laboratoire est confiée au prof. D'" U. Krcusler. — Préparateurs : D'' Dafert, D'" Tacke. Il existe des écuries d'expériences pour des recherches d'alimen- tation. 310 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le champ d'expériences de l'Académie est placé sous la direction du D' Dreisch. Le laboratoire particulier de l'Académie est disposé en vue de recherches de chimie agricole. ROYAUME DE BAVIÈRE Station agronomique de Bavière, à Munich. — Fondée en 1857, pour l'étude de la physiologie végétale et animale, par le comité de la Société d'agriculture de Bavière; réorganisée en 18C9, elle est devenue depuis 187:2 un établissement de l'État et est rattachée à l'Ecole industrielle. Le comité d'administration se compose : du di- recteur de l'Ecole industrielle, du directeur de la section agricole de cette môme Ecole, du directeur de la Station agronomique, du secré- taire général de la Société d*agriculture de Bavière, de trois délégués du ministère de l'instruction publique et de huit agriculteurs nommés par les comités régionaux d'agriculture de Bavière. Directeur: Prof. D'" F. Soxhlet. Trois préparateurs. Les essais de semences sont confiés au D'' Harz. Le laboratoire possède de belles collections d'histoire naturelle, ainsi qu'une collection de tous les appareils qui ont été décrits pour l'analyse du lait. 11 y a aussi une écurie d'expériences, une serre et un jardin d'essais. La subvention annuelle du ministère est de 15,000 fr. Laboratoire de physique agricole et champ d'expériences de l'Ecole industrielle de Munich. — Fondés en 1875. Subvention du ministère de l'instruction publique : 5,000 fr. Directeur: Prof. D'' E. Wollny. — Préparateur : (1. Zvvanziger. Section chimique de brasserie à l'École royale d'ayriculture de Weihenstephane. — Celte Station, ouverte en 1866 pour l'essai des matières premières et des appareils employés dans la brasserie, est aussi appelée à étudier les questions scientifiques qui s'y rattachent. Elle possède une petite brasserie pour les essais, une grande bras- STATISTIQUE DES STATIONS AGRONOMIQUES. 311 série mue par la vapeur, une distillerie. — Ou a annexé à cette Sta- tion une culture d'orge qui se fait dans les champs de l'Etat et un jardin où se trouvent 04 variétés de houblon que l'on soumet à l'essai. Directeur: Prof. D' E. Lintner. — Préparateurs: Krandaucr, D'- Ulsch. Station scientifique pour la brasserie, à Munich. — Le « laboratoire de brasserie », créé en 1874 pour l'étude des questions de brasserie, pour l'essai de nouveaux appareils et pour l'analyse cliinii(iuc, appar- tient depuis 1877 à une société de brasseurs, qui en confie l'admi- nistration à un comité de sept membres. La subvention du laboratoire est constituée par la cotisation annuelle des membres de la société, qui est au minimum de 125 fr. Les membres de la société jouissent d'un tarif spécial pour les essais qu'ils présentent au laboratoire. Depuis le mois de septembre 1881, la Station est installée dans une maison construite pour cette destination. Directeur : L. Aubry. — Préparateurs : D' J. Brand, D' IL Will, A. Lang. Laboratoire arjricolc d' Auf/sbour/j . — Fondé en 1865, à Memmin- gen, par cinq comités régionaux d'agriculture, il a été transféré en 1800 à Augsbourg. Subvention de la Société d'agriculture de Scbwaben et Neubourg : 5,625 fr., et de plus le produit des analyses faites au laboratoire. Directeur: D' B. Dietzell. — Préparateur : E. DuU. Laboratoire agricole de Bayreulh, — Fondé en 1807 par la So- ciété d'agriculture de la Franconie supérieure et rattaché au labora- toire de chimie de l'Ecole régionale de Bayreuth. On fait dans ce laboratoire des essais d'engrais, de fourrages, de sols et de semences ; il est administré par M. von BurchtorlTct par le comité de la Société d'ayricultuue. Subvention : 088 fr. Directeur : Ih . Wcgier. La Station de contrôle des matières alimentaires, (pii avait été rat- tachée en 1877 à ce laboratoire, en a do nouveau été détachée* 312 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Station viticolc de Wurzhourg et laboratoire pour l'essai des ma- tières alimentaires. — Fondé en IcST? par la Société de viticulture de la Franconie inférieure, le laboratoire est rattaché à l'École pro- fessionnelle de Wurzbourg et est administré par le comité de !a Société. La subvention est de 5,000 fr. Les locaux sont ceux de l'École professionnelle. Directeur: D'' Edm. List, et un préparateur. Le vignoble du roi et les caves de la cour sont mis à la disposition de la Station, qui y organise des recherches. Station agronomique de Spire et labordtoire officiel pour l'essai des matières cdimentaires. — Sous le contrôle de l'État. La direction des deux établissements est confiée au D"" Anton Ilalcnke. La section agricole a été fondée en '1(S75 par le comité régional de la Société d'agriculture du Palalinat. — La Station est chargée de recherches de physiologie végétale, ainsi que de l'essai des engrais, des fourrages et des semences. — Préparateur : A. Scheibe. La section pour l'essai des matières alimentaires, créée enLSSi par l'État pour tout le Palatinat, est subventionnée par le comité de la Société d'agriculture du Palatinat. On exécute, dans ce laboratoire , des essais de matières alimentaires, des recherches de chimie indus- trielle, des expertises judiciaires et administratives. Préparateur : D'" W. Moslinger. La subvention des deux sections réunies s'élève à 3,125 fr. du département ; 2,375 fr. des fabricants d'engrais ; 1,(S75 fr. del'Ftat ; 750 fr. de la ville ; 3,125 fr. de recettes du laboratoire; 3,125 fr. de la Société d'agriculture. Soit au total : 14,375 fr. Station agronomique de Triesdorf. — Fondée en 1871, par le comité régional delà Société d'agriculture de la Franconie movenne. La Station est établie à l'Ecole régionale d'agriculture de Triesdorf, pour des recherches d'agriculture et de technologie agricole, ainsi que pour l'essai des engrais et des fourrages. Depuis 1876, cet élal)lissement s'occupe aussi de l'essai des se- mences et organise des conférences scientifiques. STATISTIQUE DES STATIONS AGRONOMIQUES. 313 Subvcnliou : i,875 h', du département, et du coniilé d'agricul- ture. Directeur: D'" Sclireiner. — Essai des semences : D'' G. Kraus. La Station possède une serre et un clianij) d'expériences. Slnlion agronomique et laboratoire d'essais de semences à l'Ecole industrielle de Landshut. — Fondée en 1876 par le comité régional de la Société d'agriculture de la basse Bavière. Subvention : 125 fr. Directeur : U'' Botz. — Préparateur : von Scbelbalz. ROYAUME DE SAXE Station agronomique royale de Mœchern. — Créée en 1851 pour l'étude de la pbysiologie animale, par la Société éconoinicpie de Mœckcrn et constituée définitivement le 28 décembre 1852, avec le concours de l'État et de la Société d'agriculture de Loipsig-. L'Etat a pris ce laboratoire à sa cliarge depuis le 1'' janvier 1879 ; il est ad- ministré par un délégué de la Société économi(|ue de Leipsig", par trois délégués du ministère de l'intérieur, ainsi que par le directeur de la Station. Directeur: Prof. D'" G. Kiibn. — 5 préparateurs. Subvention : 28,802 fr. dont 7,375 fr. de la fondation du D'' Wilhem Crusius. Le nouvel établissement possède un appareil de Pettcnlvofer pour l'étude de la respiration, une étable d'expériences avec un appareil de cbauffage spécial et six stalles dont deux sont disposées de façon à pouvoir recueillir les excréments. Laboratoire de Pnmmritz pour l'étude de la pinjsiologie végétale et animale, pour des essais de culture, ainsi (pie pour le contrôle des engrais et des fourrages. — Fondé en 1857 à Wcidiitz par la Société d'agriculture de Bautzen et le comité de la bautc Lusace, sur l'instiga- tion de M. R. Remungetdu D' llcrmann, de VVeidlilz. Le laboratoire a été transféré en 186i à Poinmritz, il est pourvu d'une écurie d'ex- 314 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. périences, d'une serre, de jardins et de champs d'expériences et de plusieurs pièces de terre. L'administration est confiée à deux délégués de la Société d'agri- culture, à trois délégués du Conseil provincial, à un commissaire du Gouvernement et au directeur de la Station. Directeur : Prof. D' Ed. Ileiden. — Préparateurs : D'" E. Gûnz, A. Schlimpcr, 0. Tœpelmann; un secrétaire. Subvention: 22,212 fr. de l'État, du Conseil provincial et de la Société d'agriculture. Laijoratoire de chimie pJiysiolor/ique de VEcole vétérinaire de Dresde. — Fondé en 18G2, réorganisé en 1876 par le ministère royal le l'intérieur ; le laboratoire est installé pour des recherches chi- miques, physiologiques et pathologiques appliquées aux animaux domestiques. L'administration est confiée à la Commission royale vétérinaire. Directeur: Prof. D' Ellenbergcr. — Chimiste: Prof. D' B. Ilof- meister. Subvention: 3,750 fr. Station de physiologie végétale et laboratoire d'essais de semences à Tharand. — Ce laboratoire s'occupe de physiologie végétale, de cul- tures sur l'eau, de l'essai des semences et de recherches microsco- piques. Il a été créé en 4869 par la Société d'agriculture de Dresde et repris par YYAdX en 1875. Les subventions s'élèvent à 6,250 fr. ; 7,500 fr. de l'État ; 375 fr. de la Société d'agriculture de Dresde et environ 1 ,875 fr. pour l'essai des semences. L'Académie forestière de Tharand fournit les locaux de la Station, les produits chimiques et les appareils. La Station est administrée par un commissaire du Gouvernement, par le conseiller d'agriculture de la province de Saxe, par la Société d'agriculture de Dresde, par l'Académie de Tharand et le directeur de la Station. Directeur : Prof. D' F. Nobbe. — Préparateur de physiologie végé- tale : D"" P. Grassmann (par intérim D"" Markfcldt). — Préparateur de chimie : IL Bùnger. La Station possède une serre en fer et en verre, et une installation complète pour l'essai des graines. STATISTIQUE DES STATIONS AGRONOMIQUES. 315 Laboratoire dt chimie agricole de Dubcln. — Cet établissement est raltaclié à l'École d'agriculture de Doheln; il a été fondé en 1872 par le ministère royal de l'intérieur, il est aussi subventionné par le ministère de l'instruction publi(|ue. Il a été institué en vue d'étudier les propriétés pliysiijues et chimiques du sol et de faire des essais de culture qui s'exécutent en même temps que des essais d'engrais sur une pièce de terre de 25 ares qui dépend de l'École d'agriculture. Directeur :\}'\^ASo\î. ROYAUME DE A/VURTEMBERG Station agronomique de Holienlieim. — Fondée en 1865 par l'État pour l'étude des fourrages, des essais de culture et le contrôle des engrais. Directeur: Prof. D'" E. v. Wolff. — Sous-directeur : Prof. Sieglin. — Chimistes : D' E. Kreushage, D"" Mehlis. Subventions: De l'État, 13,750 fr. et 1,250 fr. environ par le conlrôle des engrais. La Station possède une serre en verre et des caisses de terre maçonnées en ciment, un cham}) de 2 hectares, une écurie d'expé- rience et un manège en fer pouvant servir de dynamomètre pour les chevaux. Établissement pour tcssai des sentences à Hohenheini. — Créé par l'État en 1877. Subventions: De l'État, 2,625 fr. et environ 1,250 fr. par l'essai des semences. Directeur : Prof. D""0. Kirchner. — Préparateur : D'" J. Michalowski. GRAiSTD DUCHE DE BADE Station agronomique de Carlsruhei — Fondée en 1859 par son directeur, le Prof. D' J* Ncssler, pour l'étude des questions agricoles et principalement de la culture et des traitements à appliquer aux plantes indusiriclles (la vigne et le tabac). 316 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. L'Élnl donne une subvention annuelle de 10,250 fr., ainsi que les locaux. Sldliondc pln/siolo[/ie végcLalc à Carlsnihc. — Fondée en 1872 pour l'essaides semences et lesrecherches sur les maladies des plantes. Elle jouit d'une subvention de -4,250 fr. Les expériences de pliysio- logic végétale se poursuivent au jardin d'essais. Directeur : Prof. D'' L. Just. — Préparalatr : D'' Dcinling-. GRAND-DUCHE DE HESSE Laboratoire de la Société d'agriculture de liesse, à Darmstadt. — Fondé en 1871 avec le concours du Gouvernement du Grand-Duché de liesse, rattaché en 1874 au Conseil provincial pour le contrôle des engrais, des fourrages, des semences et les essais de terre et de fumures. Ce laboraloire est administré par le secrétaire général de la Société d'agriculture (représentant du Gouvernement), par deux délé- gués des trois Sociétés provinciales d'agriculture de la région. Directeur: Prof. D'" P. Wagner. — Préparateurs : D'" F. Becker, D'- Weller. Subventions et produit des analyses : 22,500 fr. GRAND-DUCHE D'OLDENBOURG Laboratoire agricole d'Oldenbourg. — Fondé en 1876 par la Société d'agriculture d'Oldenbourg pour le contnMe des engrais, des semences, des fourrages, ainsi que pour des études scientifiques. Directeur: D'' P. Petersen. DUCHE DE BRUNS^WICK Station agronomique de Brunswick pour les recherches de chimie technologiipte. — Fondée en 1802 par l'ancienne Société agricole et forestière, aujourd'hui a Société centrale d'agriculture du duché de Ih'unsvvich », elle est administrée par la comité de cette Société. Directeur : D'' Hugo SchuUze. — Préparateur : D'" GoUschke. STATISTIQUE DES STATIONS AGRONOMIQUES. 317 La Station contrôle les engrais, les semences, les fourrages et fait des essais de fumure sur les betteraves à sucre et les asperges. Subventions : De l'État, de la Société d'agriculture et d'autres sociétés, avec le i)roduit- des analyses, 17,500 fr. GRAND-DUCHE DE MEGKLEMBOURG SUdiuH agronomique de lioslock, pour l'élude de la physiuloyie véyélale cl l'essai des fourrages. — Créée en 1870 par l'Etat avec le concours de la Société patriotique. La Station est administrée par (|uelqucs membres de cette Société et par le directeur de l'établisse- ment. Dirccleur : Prof, D'' lleinrich. — Préparaleurs : D'' M. Delme, D'A. Schuster, D'' IL Sclimiedl et D'' W. Wagner, un secrétaire et un chef des cultures. Les frais du laboratoire sont couverts par des contributions volon- taires recueillies dans le pays, par uiie subvention de la Société patriotiijue, ainsi (pie par le produit des analyses d'engrais, de four- rages et de semences, qui s'élève à o5,000 fr. environ. L'(>lablisse- ment possède une serre, une écurie d'expériences et un champ de six hectares et demi. Slaliou lailiêre de Baden, près Lalendorf. — Fondée en 1(S70 par l'initiative d'agriculteurs mecklembourgeois avec l'aide du comte de Schbeffen-Schliefîenberg' et l'appui particulier du grand-duc de Mecklembourg. Cette Station est rattachée à l'Ecole de laiterie de Raden, elle est chargée de compléter l'instruction pratique des élèves de cette école et d'étudier les questions laitières. Elle })0ssède une étable de 200 vaches. Dirccleur: Prof. D' ^V. Fleischmann. — Prcparalcur : D'' J. De- render. — Chef de la lailcric : J. Jiiger. Subvention: 13,750 fr. 318 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. GRAND-DUCHÉ DE SAXE-A/VEIMAR StalioH ar/ronomiquc d'Iéna. Direction : de la seclion agricole : Prof. D'" Liebsclier ; de la sec- tion chimique : Prof. D'' Reicliardt; de la section de physiologie ani- male : D"" Schuster ; trois préparateurs chargés du contrôle des engrais, des fourrages et des semences. Subventions : Des États de Weiinar et Altenbourg, ainsi que de la Société d'agriculture, 4,500 fr. Laboratoire de chimie af/ricule à Ziuanffcn. — Créé pour l'étude des questions d'agriculture pratique, sous la direction du D'' E. Stôckhardt, à Weimar. Directeur : D'' Kleinsluck. DUCHE DE SAXE-MEININGEN Laboratoire ar/ricole deEisfeld. — Fondation particulière, en 1872, du duc de Saxe-Mciningen, pour l'étude industrielle des engrais, etc. Chimiste: W Olto Claus. DUCHE D'ANHALT Laboratoire agricole de CœtJien, jjour l'étude de la culture de la betterave à sucre et l'essai des fourrages. — Fondé en 1864 par la Société centrale d'agriculture de Gœthen avec le concours d'agricul- teurs et d'industriels. Directeur : D'" F. lleidepriem (chimiste assermenté de l'État) et un pi'éparatcur. La sul)vcnlion est constituée par le produit des analyses et un ver- sement annuel de l'État de 1,125 fr. Statioit agronomique de Bernbourg. — Fondée en 1882 par le gouvernement du duché d'Anhaltet entretenue par lui avec une sub- vention de la Société de l'industrie sucrière de l'Empire allemand. Celle Station est installée pour des éludes de physiologie applicjuées à la culture des betteraves à sucre. Elle possède une serre et un champ d'expériences d'un hectare. STATISTIQUE DES STATIONS AGRONOMIQUES. 319 Le conseil d'adiiiinisl ration se compose d'un délégué du Gouver- nement d'Anlialt, de trois délégués de la Société de l'industrie sucrière et du directeur de la Station. Subvention : i:> 10.846 20' » 14.97U 2 Insterbourg .... 3.750 » .. 2.2.50 •> » 5.250 » )> 11.250. 3 Dantzig 5.575 " 5.575 .. )) » 6.731 25^ 3.275 .. •= 20.75,;. 4 Dahiue 12.750 .. » » » » » 12.759 5 ■Regenwalde .... 5.250 » 750 .. 2.250 .. 375 » ' 3.180 15» 43 38 11.84S» 1 6 Eldeua i} )» 625 " '■* » 4.750 » '» » 5.373; 23.8251 7 Posen 13.737 .. 3.750 " 2.700 " » 3.125 - » 8 Breslau 5.625 .. « » " 9.000 .. » 14.625.. y Proskau 1.875 .. » " » " 1.875. 10 Ilallc G. 250 » 2.500 .. » " 50.000 " )> 58.750. 11 Kiel 7.500 » 7.500 .. » " 15.150 " •' » 30.1.%. 12 Ilildeshoim .... 5.G25 .. » 450 .. 1.438 62 15.83i 50-» 7.869 » 2' 31.22n 13 Gottingue 11.250 » )> 500 " » » 264.47 12. uu; U Munster 9.125 .. 5.000 .. 2.325 " •> 12.918 75 187 50 29 . SOI '■) 15 Geisenheim .... 13.275 » -- » )) " 572 50 » 13.817) 16 Marburg 4.875 .. 4.875 " 193 " 301 .. 6.168 » A 16.41'.) 17 Wic'sbadeu .... 3.000 '> '■ » » 2.506.25 >' 5.50t') 18 19 jjonn 3.300 » -° " 1.000 " » 25.450 .. 2.625 .. » 2S.7:. ■40.31:) Brème 36.G87 50 1. Conlribiition des marcliands d'engrais el de semences, 3,687 fr. 50 c.; contribution d'un marchand de fourrage, 187 fr. : proiluit lies analyses, 6,596 fr. 2. Loyer. | 3. 3,000 tr. au direcleur; 1,87b f.'. au préparateur. ■ 4. Moitié du produit des analyses, indemnité de logement, 375 fr. ; frais de déplacement, 250 fr. 5. Laboratoire de cliimie, 4,468 fr. 75 c. ; station d'essais de semences, 2,262 fr. 50 c. 0. Loyer. 7. Contributions de 6 arrondissements agricoles. 8. Intérêts île capitaux. i 9. De la Société centrale de la Baltique. 10. Contribution des maicbands d'engrais, 3,625 fr. ; contrôle des semences, 237 fr. 50 c. ; produit des analyses, 481 fr. 21 reliquat de l'année précédente, 375 fr. ; intérêts de capitaux, 3 1 f.-. 25 c. . ' U. Émoluments du directeur, 3,750 fr. ; du caissier, 156 fr. 25 c. ; du garçon de laboratoire, 187 fr. 50 c. ; 12. Pour écritures, 62 fr. 50 c. ; ports de lettres, 62 fr. 50 c. ; cbauffage et éclairage, 125 fr. ; frais d'impression, 62 fr. 5. ustensiles et produits chimiques, 250 fr. ; abonnements aux journaux, livres, 125 fr. ; subvention pour l'essai des graines, 1;;' 13 et 14. Frais suppoités par l'Institut pomolog ipie. 15. Section lie chimie agricole : contrôle des eiigiais !),2!)0 fr. ; des fourrages, 2,000 fr. ; produit des analyses, 3,000 1- Section de laiterie ; produit de l'établc, 4,250 fr.; contrôle du lait et analyses, 525 fr. ; cours de laiterie et cnseigriei l 125 fr. ..._,. . :t: ( II RAPPORT SUR LES STATIONS AGRONOMIQUES EN PRUSSE. 327 DEPENSES l'RlBU- 1 1 N S ,ei'si's. M TO.GO U '97 50 U i37 50 r06.25 i37 10 » M8 7.) U (76 GO )00 » 125 .. APPOINTIÎ MESTS fixi'S. Autres émoluiiieiits. 3. 4. 7. 7. 4. 7. 9. 6. 26. 17. 11, 7 14, 10. 6 2 12 21 fr. c. 250 .. 875 ■■ •■' 775 .. 49 J I. 093 75 " 8dl 25 125 •> ,750 » , 750 .. ,750 » "^ ,871 25 .125 " .687 50 .275 .. -' ,000 .' .250 ■' .875 - .812 25 fr. c. 2.711 51 3.250 '■■' 2.250' ■ DUPENSKS pour le laliiii;itoii'i'. 6.250 625 1.812 50 229 ■> 1.604 40 Ir. 2.002 1.625 2.275 1.G08 812 3.093 2.000 1.875 15.000 6.153 4..S91 3.461 9.375 3.343 2.948 n 8.875 16.812 GO MOBILIER el invi'Mlaii'i'. ENTllETIEN (li'S bÙLinieiits. 83 50 '■ 75 75'" 50 97 » 50" 03 Ir. c. 9GG 76 1.500 i. 500 ■. 721 25 250 » 81G 25 2.500 .. » 5.00,) .. 1.125 ■• 3.747 15 2.476 » 500 " 1.003 25 1.375 » 1.687 50^ Ir. c. 187 50 93 75 1.175 '. 187 50 „ I 3.125 " 1.187 50 899 10 » 312 50 322 40 ENTRETIEN (lu hélail lie I:i lailei'ic. fr. c. DEPENSE. s diverses. 4.452 .50 '" fr. r. n n 1.125 » n 465 80 125 » 3.337 50 787 50 1.375 » 2 187 50 6 54.' " 24 50 450 " " v> .198 J) 70 4.125 » 1 .2.50 " 11 u 17 U 5 19 14 8 58 32 29 13 29 13 15 5 28 41 fr. .980 .250 .288 .057 ,375 401 ,60,) ,625 ,750 .000 ,588 .087 .556 .847 .113 .250 .750 .502 75 25 Seclioti (le chimie agricole: dirccieur, i pré|iaraleurs, 1 pareoii ensemble, 9,250 fr. — Section Je laiterie : Jireclcdr éparaleur, 1 donieslii|iie, 1 fermière, 1 gaiçon. , Sedioii de cliiiiiii' Rgricole: entrelien du cliainp dVxpériences, 375 fr. ; voyages du directeur, Ii5 fr. — Section de •ie : voyages du directeur, 125 fr. Section île clii;nie agricole : gaz, eliaulfige, 1,000 IV. ; produits cliimiipii'S, "liO fr, ; fournitures de biireiii, ports, livres, )0 fr. — Section de laiterie : ( IciulTjge, ga/. et eau, 1,375 f . ; iiia.ériel de la laiterie, 400 fr. ; usiejisilei et produits dil- ues, 437 fr. 50 c. ; ports, frais d'impression, 591 fr. 25 c. Fermage des terres compris. . Produit de diverses analyses, 4,596 Ir. 15 c. ; contrôle des semences, -iliO f.'. 50 c. ; coiitrùledes fourrages, 959 fr. 85 c. ; lr6le des engrais 9,822 fr. Rétribution des élevés poui le cours de s'icrerie, 0,000 fr. ; autres recettes, 1,809 fr. Pour le labor.(loiie de cliimie agricole, 4,500 fr.; pour la section de physiologie végétale, S,77;i fr. Seciion de chimie, 4,500 fr. ; section de botanique, 5,775 fr. . Section de chimie, 343 IV. 50 c. ; section d,' bolaniiju -, 3,000 fr. On verse chaque année cette somme à M. le professeur Frésénius à cli irge à lui deulreteiiir le laboratoire et dj payer le wraeur et le parc- m. . 5,000 fr. pour l'aménagement intérieur des nouveaux bàlim 'nts de l.i station agronomique. . Voyages du garçon et champ d'expériences compris. . Bibliothèque comprise. COMPTES RENDUS DES TRAVAUX SCIENTIFIQUES ET PRATIQUES DES STATIONS AGRONOMIQUES Pendant l'année 1884 laboratoines agricoles annexes a des ecoles superieures d'agriculture. Breslau. L'Institut de chimie physiologique de Breslau s'est occupé princi- palement de recherches sur l'alimenlalion et d'études sur la valeur alimenlaire des fourrages. Cette école poursuit l'étude de questions de chimie physiologique et de méthodes analytiques de recherches. La préparation de produits pour les collections du cours occupe un certain nombre d'élèves. Kœnigsbcrff. Le laboratoire est fréquenté par les étudiants en médecine, phar- macie et histoire naturelle. On n'y reçoit pas d'analyses industrielles. Le directeur, les préparateurs et quelques élèves consacrent leur temps à des recherches scientifiques. Kiel. Le directeur du laboratoire s'est occupé de l'étude de la conduc- tibihté calorifique et du pouvoir émissif des plantes et de leurs or- ganes. On a essayé 833 échantillons de semences de diverses espèces, tant pour leur purelé que pour leur pouvoir germinatif. On se pro- TRAVAUX SCIENTIFIQUES DKS STATIONS AGRONOMIQUES. 329 pose de continuer en 1 88.") l^-iude des transformations et des échanges qui se produisent pendant la germination de la graine. Ilallc. Plan des travaux de 1884. 1. Essai sur l'aciion que produit sur la culture l'application pro- longée de diverses façons et des engrais au sol ; 2. Essai de nouvelles variétés de plantes agricoles ; 3. Moyens propres à comi)attre les nématodes de la betterave; 4. Recherches sur la lupinose ; 5. Influence des plantes feuillues sur la proportion d'azote dans le sol; 6. Essai d'utilisation des fourrages ; 7. Elevage des animaux ; 8. Essai du pouvoir germinatif de quelques mauvaises herbes après leur passage dans le digesteur de M. Voegeln; 9. Recherches sur quelques maladies parasitaires des plantes. On fait quelques analyses agricoles gratuites, on n'accepte pas d'analyses payantes. Le directeur se propose de poursuivre les mêmes études en 1885 et de rechercher dans quelles conditions la teigne du blé se déve- loppe. Académie de Poppelsdorf. 1. Essai des méthodes analytiques, appliquées aux matières azotées ; 2. Recherches sur l'air atmosphérique et étude de la variation du taux d'oxygène ; 3. Composition des fourrages ; 4. Recherches sur les causes qui modifient la qualité de la farine jiour la préparation du pain; 5. Recherches sur des matières sucrées et des hydrates de carbone. Les travaux précédents seront continués en 1885, on reprendra l'étude de la respiration et de l'assimilation dans les plantes et on y joindra : 1 . Une étude sur l'alimentation au moven du sucre brut de bette- i-aves ; 2. Analyse des gaz provenant d'une fermentation. 330 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. STATIONS AGRONOMIQUES Station agronomique de Kœmgslierg. Le nombre des analyses s'est considérablement accru pendant l'année 188i, on a présenté Cil échantillons de plus qu'en 1883. Le total des analyses s'élève pour 1884 à 1,809, qui se décompose de la manière suivante : Enterais 248 Fourrages 377 Semences 443 Terres 23 Lait et produits de la laiterie 223 Produits divers 2 il Betteraves 4 Produits alimentaires 310 Total 1,8G9 Le directeur a entretenu une correspondance très active avec des membres de la Société centrale, au sujet de questions agricoles et industrielles. Liste des travaux exécutés en 1884 : 1 . Analyse de divers sols de la Prusse orientale ; 2. Essai des engrais potassiques ; 3. Détermination du poids de quelques racines ; 4. Action de quelques poisons sur la germination et le développe- ment des plantes ; 5. Composition et poids des glunies des variétés d'orge de la Prusse orientale ; 6. Observations météorologi((ucs ; 7. Rétrogradation de l'acide phosphoriquc soluble à l'eau, d'un phosphate contenu dans une boîte en fer-blanc. Ces travaux, à l'exception du dernier, seront continués en 1885 ; on se propose de commencer les études suivantes : , 1 . Essai de culture avec le phosphate de déphosphoration des fontes ; 2. Composition d'orge et de pois cultivés sur des sols différents et avec des quantités très variables d'acide phosphoriquc ; TRAVAUX SCIENTIFIQUES DES STATIONS AGRONOMIQUES. 331 8. Détermination de l'acide arséniquc dans des superphosphates ; 4. Détermination aréométriqne de la matière grasse, dans le beurre écrémé, d'après le prof. Soxhlet. Station agronomique d'Instcrbourg. Les agriculteurs ont plus largement fait appel au laboratoire de la Station pendant l'année 18(S4. Le nombre des analyses a été de 946, ce qui fait une augmentation de 444 sur l'exercice précédent. Remar- quons (jue la plupart des échantillons présentés étaient des matières fertilisantes, pour lesquelles les dosages doivent être exécutés avec un très grand soin ; les semences*, les fourrages, les produits alimen- taires et les boissons se trouvaient en minorité. Les engrais artificiels, livrés par des marchands d'engrais, ont été très souvent reconnus bons; on a rarement constaté un titre inférieur à la garantie. Il y a peu d'observations à faire sur les fourrages, qui ne sont pas souvent mélangés de matières étrangères. Les observations météorologiques ont été exécutées régulièrement pendant toute l'année. Il n'a pas été possible d'entreprendre d'autres travaux de recherches. Les analyses ont absorbé tout le temps et l'on n'a pas pu continuer pendant cette année les essais de culture que le directeur de la Station poursuivait sur la qualité de l'orge et de l'avoine avec différents modes de fumure. Le contrôle de la Station s'exerce sur vingt marchands d'engrais qui offrent à leurs clients une analyse gratuite. Cette analyse est portée en compte au vendeur au tarif habituel. Les analyses de cette année se répartissent de la manière suivante : Engi'iiis 51 1 Fourrages : 108 Semences 123 Lait et produits de la laiterie 133 Eau i 27 Sols 20 Marnes, chaux, argiles 9 Produits alimentaires et boissons 4. Sel, pétrole, produits industriels Il Total U46 Ce qui correspond à plus de 1 ,900 dosages. 332 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Engrais artificiels. On a reçu, en 1884, 310 superphosphates, iM poudres d'os, 25 superphosphates ammoniacaux, 10 noirs en grains, 3 nitrates de soude, 2 superphosphates avec potasse et ammoniaque, 1 sel ammo- niac, i poudrette, 4 poudres d'os dégélatinécs, 1 kaïnitc, 7 farines de corne, i cuir en poudre et 1 poussière de laine. Les superphos- phates, presque tous bons, oscillent entre les taux de 10-20 p. 100; on demande peu de phosphates pauvres. Les poudres d'os riches, pour la majeure partie, étaient bien préparées. On en a observé une seule qui renfermait une forte proportion de sable. L'échantillon de poudrette qu'on a présenté était mélangé de beaucoup d'argile, de sable et de chaux;. il donnait à l'analyse 0.96 p. 100 d'azote et 1.05 p. 100 d'acide phosphorique, le cuir renfermait 1.90 p. 100 d'azote, 0.30 p. 100 d'acide phosphorique, et la poussière de laine, 4.24 p. 100 d'azote. Fourrages. Le plus grand nombre de ces échantillons a été soumis à une détermination de pureté ou de qualité, un petit nombre seulement a été l'objet d'une analyse complète. On a examiné 40 tourteaux de lin, 23 de navette, 11 d'arachide, 11 de chènevis, 6 de coton, 2 de pavot, 2 de palmiste, 10 trèfles et 3 lupins. La proportion de protéine, dans les tourteaux de lin, varie entre 23-32 p. 100. Cette différence doit être attribuée non seulement à la proportion plus ou moins grande de matières grasses, mais bien aussi à la qualité des graines de hn que l'on met en œuvre. Les tourteaux de navette étaient souvent mélangés à un peu de terre ou de sable. On a présenté au laboratoire un petit nombre de tourteaux exotiques de coton, de palmiste et d'arachide qui étaient parfaitement purs. On peut en dire autant des trèfles dont un seul contenait 9 p. 100 de sable. Les tour- teaux de graines de navette ou de chènevis exprimées à une tempé- rature trop élevée, prennent une teinte plus foncée et ne possèdent pas la même valçur que les tourteaux de graines exprimées à froid. La valeur alimentaire des premières est un peu plus faible sans que l'on puisse saisir de différences notables. TRAVAUX SCIENTIFIQUES DES STATIONS AGRONOMIQUES. 333 Semences. A pari qiieltjucs semences pour prairies dont nous avons essayé la j)iireté et le pouvoir germinalif, on n'a présenté que des graines de trèfle pour la détermination du pouvoir gerininatiret la lecherche de la cuscute. Sur 11:2 échantillons de trèlle, il y en avait 42, soit 37.4 p. 100, (jui renfermaient plus ou moins de cuscute, on a re- trouvé ce parasite non seulement dans le trèfle rouge, mais aussi dans le trèfle blanc, le limolhéc et les graines de lin. Le pouvoir germinatif du trèfle rouge correspondait à GO-!IO p. 100 des graines pures, soit en moyenne 84-85 p. 100. Eaux. Les eaux à analyser, au nombre de 27, étaient pour la plupart très impures ; échantillons d'une qualité déplorable contenaient des matières organiques azotées; l'examen microscopique a fait trouver les organismes végétaux et animaux les plus variés. Terres. On a déterminé dans 20 lots la proportion d'acide phosphorique, d'azote, de chaux et de magnésie. Marnes, chaux, argiles. On s'est borné à doser la chaux et la magnésie. Dans les argiles, on a déterminé les matières pouvant être mises en suspension (argile proprement dite), la chaux, le sable et la matière organique. Substances alimentaires et boissons. Les analyses de lait lorment la plus forte part. On se proposait d'étudier la qualité du lait de l'arrondissement de Oumbinnen, en tenant compte de l'alimentation, de l'époque de l'année et de la race. Il a été impossible de mener à bien cette étude, à cause de l'incerli- tude des échantillons qui ne représentaient pas une moyenne bien fidèle. La ])ohce a envoyé une série d'essais de lait. Les laits très 334 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. pauvres avaient été coupés ou écrémés, ce n'est qu'après avoir pu prélever un éclianlillon de Tétable même qu'on a été en mesure de faire condamner le délin(juan(. Dans bien des cas, la richesse du lait permettait de supposer que le lait avait été coupé et écrémé. On a aussi dosé la matière grasse dans plusieurs échantillons de lait caillé et de lait écrémé au moyen d'appareils centrifuges. Produits industriels. L'appareil d'Abel a servi à déterminer la température d'inflamma- tion de quelques pétroles. Elle s'éloignait peu de la température habituelle d'inflammation. Un pétrole de Russie ne s'est enflammé qu'à 31°. Travaux particuliers. Dans l'arrondissement de Gumbinnen, les essais de fumure pour l'avoine et l'orge ont été poursuivis et on a étudié l'influence des différents engrais sur la qualité de ces récoltes. On a cherché une méthode plus simple pour le dosage de la cellulose brute et on a essayé divers réactifs sur cette dernière. Le directeur de la Station se propose, en 1885, d'étudier la cul- ture du blé, de déterminer la cellulose brute dans diverses matières et de terminer les analyses de lait de l'arrondissement. STATION AGRONOMIQUE EX STATION D'ESS.US DE SEMENCES DE DANTZIG. Station agronomique. L'influence des mauvaises récoltes et la crise qui sévit sur l'agri- culture, se sont fait sentir à la Station agronomique qui n'a reçu que 400 analyses, soit 40 p. 400 de moins que l'année précédente. L'agriculteur a peu recours directement à la Station agronomique. Les propriétaires-agriculteurs ont présenté 20 p. 100 des analyses seulement; la plus grande partie a été apportée par le commerce, l'industrie et l'administration. On s'explique ces faits jusqu'à un certain point les fabricants de sucre achètent leurs engrais en gros et les font analyser avant de les TRAVAUX SCIENTIFIQUKS DES STATIONS AGRONOMIQUES. 33;) distribuer aux ngiii'ullcurs chargés de la culture des betteraves. Les syndicats agricoles achètent aussi de grandes quantités de matières fertilisantes et en envoient des échantillons au laboratoire. On l'éduit, de cette manière, considérablement les frais d'analyse qui se répar- tissent sur un grand nombre de membres du syndicat ; ce genre d'association mérite d'être très largement encouragé. Le total des analyses exécutées en 1884 s'élève à 668 analyses de contrôle, payantes et gratuites, qui ^c subdivisent ainsi : Fourrages 205 Substances alimentaires et boissons 155 Betteraves à sucre "2^ Graines oiùagineuscs 12G Engrais 91 Produits industriels G Terres et marnes 2G Divers 35 GG8 Analyses payantes *. . . . 552 Analyses de contrôle et gratuites 116 ces Les analyses de la Station comprenaient 91 tourteaux de navette, 40 de lin, 19 de coton, 21 d'arachide, 3 de coco, 2 de palmiste, 1 de tournesol, 1 de chènevis, 1 de sésame et 2 tourteaux mélangés ; 13 échantillons de fourrage et son, 8 d'amidon, 18 de beurre, 93 de lait, 1 1 d'eau, 19 de vin, 24 de betteraves, 156 de graines oléagi- neuses, 5 de pommes de terre, 3 de maïs, 16 de terre, 10 de marne, 10 de sulfate d'atnmoniaquc, 13 de nitrate de soude, 55 superphos- phates, 5 phosphates précipités, 5 poudre d'os, 15 pétroles, 2 échan- tillons de plantes malades, de la chair en poudre, des andouillcs, de riiuile de lin, de l'avoine égrugée et des composts ; 1 échantillon de froment, de vinasse, d'alcool, de chicorée, de sulfate de ma- gnésie potassé, de bioxyde de manganèse, de fumier, 1! produits indéterminés. Graines oloaginciiscs. Les échantillons de la dernière récolte renfermaient une forte proportion de moutarde et ne pouvaient pas convenir à la prépara- tion de bons tourteaux de navette. Les graines importées des Indes 336 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. et connues sous le nom de « Counpurc et de Tora » contenaient jus- qu'à 15 p. 100 de Sinapis alba. Les graines européennes de Hongrie, de Pologne, de Russie et de la province de Prusse étaient plus pures, 11 p. 100 de ces échantillons renfermaient de la moutarde. On a présenté un écliantillon qui n'était constitué que par de la poussière d'un grenier ; il renfermait principalement du Sinapis arvensis et 30 espèces différentes de mauvaises graines. Les tourteaux de na- vette et de colza, examinés immédiatement après la récolte, ont donné un taux d'huile très élevé; 40.7 p. iOO d'huile dans les tour- teaux de navette et 47.7 p. 100 d'huile dans les tourteaux de colza, bien que ces graines aient retenu 2 p. iOO d'humidité qu'elles perdent au bout de quelque temps dans les greniers. Quoiqu'on n'ait reçu aucun échantillon de graines de lin, on a pu faire un assez grand nombre d'analyse de tourteaux de lin achetés, comme fourrage par les agriculteurs, ou amenés par le commerce. Dans les pays qui sont, comme la Russie et la Pologne, les principaux centres de production de la graine de hn, on recherche l'huile de lin comme aliment, et dans le but d'extraire cette huile, on fait subir une première pression grossière à ces graines. Les tourteaux de lin qui renferment encore de 18 à 20 p. 100 d'huile, sont achetés dans la province de Dantzig; on les passe à nouveau au moulin et on les soumet à une deuxième pression soit seuls, soit en mélange avec des graines de lin fraîches ou de la cameline. Les gi'aines de cameline essayées étaient très impures, on y trouvait beaucoup de cuscute et de la moutarde. Un échantillon a donné 12.7 p. 100 de graines étrangères et 155,000 graines de cuscute pour 1 kilogr. de cameline. Ces impuretés sont très préjudiciables à l'agriculteur qui donne des tourteaux de lin à son bétail. Il existe bien peu d'huileries pourvues d'appareils de mouture assez parfaits pour bi'oyer sûrement toutes les graines de cuscute et l'on sait que cette graine peut, alors qu'elle n'a pas été broyée, traverser le tube digestif sans perdre son pouvoir germinalif. Tourteaux de li». Les tourteaux de hn qu'on a présentés étaient loin d'être purs : 25 p. 100 des échantillons à essayer renfermaient plus de 3 p. 100 TRAVAUX SCIENTIFIQUES DES STATIONS AG IlONOMigUES. 337 de sable; ils en conlonnient souvent 4, 5, 5.5, 7.0, (S.tl, et 12. -4 p. 100. Doux écluiiilillons étaient très riches en nielle des blés et un de ces tourteaux dégaj^oail par l'ébuUilion avec l'eau une odeur qui rappelait celle de l'acide cyanliydri(iue. Dans bien des cas, les touiteaux de lin renferment des i;rains de blés, des mauvaises herbes et des balles, ce qui explique leur faible taux de protéine, en faisant abstraction du sable qu'ils contiennent. On recommande souvent le tourteau de lin comme aliment de force pour les vaches laitières de préférence aux tourteaux d'ara- chides préconisés depuis quelque temps. L'influence bienfaisante du tourteau de lin sur la production du lait sera remise en question, si l'on y trouve des substances étrangères telles que la moutarde, la nielle et d'autres impuretés. M. Kobus croit que l'addition de cameline communique un mau- vais goût au beurre. Cette opinion ne repose sur aucune expérience directe et jusqu'à nouvel ordre on ne pourra pas interdire l'addition d'une certaine proportion de cameline aux graines de lin qui ser- vent à la préparation de Fhuile. L'expérience a prouvé depuis fort longtemps que ce mélange donne par expression une huile plus blanche qni se clarifie plus vite que l'huile ([ue l'on obtient avec la graine de Un seule. La graine de cameline pure possède un si bon goût (pi'on s'imagine difTicilement que le beurre d'une vache ali- mentée avec cette graine puisse être mauvais. Il faudrait plutôt attribuer le mauvais goût du beurre aux impuretés que la graine de cameline renferme prescjue toujours. On sait fort bien qu'il suffît de petites quantités de Thlnspi ar- vense mélangées aux fourrages et aux tourteaux de navette qui servent d'aliment aux vaches pour donner au lait un goût d'ail très prononcé. Il est impossible de séparer mécaniquement les impuretés des graines de cameline, et l'on doit déconseiller aux fabricants d'huile l'emploi de graines impures. Les Stations agronomi(jues ne doivent pas se contenter de doser la matière grasse, la protéine, le sable, dans ces tourteaux, mais il est essentiel de s'assurer, par un examen microscopique, de la proportion ou de l'absence des graines étrangères. On a observé quelquefois que le beurre possède une saveur ANN. sciicNcr; aiiuon. 22 338 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. amère, par suite de ralimentalion par certains tourteaux de lin. Le tourteau de lin qui avait produit cet accident était très riche en sable, renfermait peu de protéine et donnait par l'ébullition avec l'eau une odeur rappelant celle de l'acide cyanliydrique. Tourteaux de navette. Quoique la récolte de colza et de navette ait été meilleure cette année, on a encore importé une assez grande quantité de tourteaux de navette anglais dont le prix est moins élevé que celui des tour- teaux indigènes. On s'explique aisément cette différence de prix, parce que les droits d'entrée sur les graines étrangères que les fa- briques allemandes emploient, sont plus élevés que les droits insi- gnifiants que payent à l'entrée les tourteaux étrangers. Quatre tourteaux anglais possédaient un goût âpre et amer et trois tourteaux indigènes seulement avaient les mêmes défauts. Dans deux échantillons de Pologne on n'a pas pu caractériser la présence de la moutarde, à cause du méhlot qui s'y trouvait mélangé et qui, par l'ébullition avec l'eau, donnait une odeur de coumarine qui masquait celle de l'essence de moutarde. L'examen microscopique et l'odeur ont permis néanmoins de re- trouver une quantité assez notable de moutarde. On a reçu trois échantillons de tourteaux anglais et deux de Po- logne qui contenaient plus de 3 p. 100 de sable. Tourteaux de coton. La bonne récolte de fouri^agc de cette année a notablement fait diminuer l'emploi des tourteaux de coton pauvres en protéine. Les tourteaux de coton non décortiqués sont préparés avec le plus grand soin par M. F. Thoerl à Haarbourg. Ces tourteaux non décortiqués constituent un ahment qui convient parfaitement au bétail ; le taux de protéine est moitié moins élevé dans ces tourteaux qui possèdent ainsi une digestibilité plus grande que les autres et ne présentent pas les inconvénients des aliments concentrés, riches en protéine. On n'a pas observé cette année de très grandes variations dans la composition des tourteaux décortiqués, et on n'a pas présenté au TRAVAUX SCIENTIFIQUES DES STATIONS AGRONOMIQUES, 339 laboratoire de tourteau en voie de décomposition rappelant l'odeur de la saumure de harengs. Toiu'teaux d'arachides. La composition moyenne de ces tourteaux n'a pas varié celte année. On a peu consommé de tourteaux de coton aiix({uels on a préféré des tourteaux d'arachides en les choisissant, bien à tort, de qualité inférieure. Les tourteaux préparés avec de vieilles graines d'arachides qui renferment de riiuile rancie communiquent un goût désagréable au lait, et le beurre que l'on en sépare est de fort mauvaise qualité. On préfère donner le tourteau d'arachides en poudre, car l'on peut ai- sément ainsi en séparer les impuretés par le tamisage. Le tourteau en poudre est d'une digestion plus facile ; il est pru- dent de n'en pulvériser que de petites quantités à la fois, parce qu'il peut, dans cet état, subir une décomposition rapide et être envahi par des végétations cryptogamiques. Les aliments riches en protéine et en matières grasses, comme les tourteaux de coton et d'arachides, conviennent surtout pour les bètes à l'engrais et l'on doit réserver les aliments pauvres en protéine et riches en cellulose brute pour les vaches laitières et les jeunes ani- maux, pour lesquels on emploie avantageusement les tourteaux de palme. Tourteaux de palmistes. On fait très peu usage dans notre province de ce fourrage qui a cependant une très bonne influence sur la production du lait et la santé du bétail. La qualité des deux échantillons remis pendant cette saison était excellente. On reconnaît du reste li'ès aisément les impuretés dans ces tourteaux qui possèdent un coefficient de digestibilité très élevé et que l'on peut recommander à bien des égards. La poudre de cet aliment se conserve très aisément sans moisir, et l'on peut l'employer *^ en toute sécurité ; elle ne renferme plus trace du sulfure de carbone ou des éthers de pétrole qui ont servi à l'extraction de l'huile. 340 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Tourteaux de tournesol. Ce produit est d'origine russe ; il accusait celle année un taux moins élevé de protéine et de matière grasse. On a introduit derniè- rement sur le marché un tourteau vendu sons le nom de « tourteau de lin » qui était formé d'un mélange de graines de chènevis, de tournesol et de lin. La composition varie suivant la proportion des graines qu'on y in- troduit et suivant le degré de pression qu'on leur fait subir. On re- connaît très facilement les enveloppes de ces graines, même sans microscope, parce que dans les huileries russes on n'a pas encore introduit l'emploi des meules pour pulvériser les graines avant de les exprimer. Tourteaux de sésame. La graine de sésame qui renferme de 50-53 p. 100 d'huile, produit des tourteaux qui constituent un excellent fourrage. Ces tourteaux avec ceux d'œillette sont les seuls parmi les tourteaux de graines oléagineuses qui contiennent une aussi forte proportion d'acide phosphorique. * Autres fourrages. On a trouvé une assez forte proportion de cuscute dans un échan- tillon de farine de seigle ; les autres étaient bons. La chair en poudre (ju'on a examinée avait une composition nor- male ; on l'emploie moins mais à tort, parce qu'elle convient parfai- tement pour rengraissement du bœuf et du porc. Betteraves. Les essais de betteraves porte-graines que l'on a faits au printemps ont permis de les classer en betteraves riches et en betteraves pau- vres. On a choisi les plus riches comme porte-graines. La récolle de betlei'aves de 1884 peut cire regardée comme bonne; le jus accusait au polarimèlre 17.7 p. 100, 18.7 et 19.3 p. 100 de sucre, c'est-à-dire presque autant que la canne à sucre,. qui en renferme de 20-2^ p. 100. TRAVAUX SCli:.NTU'"l(JUi:S UV.S STATIONS AGUONUMlQUliS. 34:1 l'ommcs lie terre. La maladie qui a envahi les iionimcs de Icrrc en 1883 faisait supposer que la conservation en tas ne serait pas possible ; on a pro- posé de les passer à la vapeur avant de les ensiler et d'éviter ainsi la décomposition. Le directeur de la Station a profité d'un ensilage de pommes de terre aux environs de Danlzig pour déterminer la perte de matières nutritives que subissent les pommes de terre par la fermentation pendant l'ensilage. Ces expériences rappellent celles que MM, KcUner et Micrckeront entreprises sur les feuilles et les cossettes de betteraves. Le silo a été rempli le 3 décembre 1883 et rouvert le 20 mai 1884. Le fond du silo était garni de paille et les pommes de terre, passées à la vapeur, ont été fortement pi'essées dans cette fosse. On a prélevé 4 écbanlillons de la masse et on les a placés dans le centre du silo, l'un dans un sac en toile, les trois autres dans des flacons. Après avoir rempli le silo et comprimé énergiijucment les pommes de terre, on a recouvert le tout d'une épaisse couche de terre qui, au moment d'ouviir le silo, s'était abaissée de quehpies centimètres. Le flacon n" 1 est rempli de ponnncs de terre bien tassées, afin d'éviter l'accès de l'air, il est soigneusement bouché avec plusieurs doubles de papier i)archemin. Le flacon n* 2 est rempli de môme et bouché avec une feuille de caoutchouc solidement attachée. Le flacon n" 3 n'est rempli qu'au Irois quarts et fermé comme le précédent, avec une feuille de caoutchouc. Après 5 mois et demi, les pommes de terre ensilées ont l'apparence saine et possèdent une odeur acide agréable. Le poids des 3 flacons n'a pas varié, mais le sac a perdu 22.45 p. 100 de son poids primitif. Les pommes de terre qui se trouvent dans les flacons n'ont pas subi de gonflement, on n'aperçoit aucune moisissure. La feuille de caoutchouc qui recouvrait les deux premiers flacons n'a pas changé de position, celle du troisième flacon est fortement attirée vers l'in- térieur. Le contenu des deux premiers flacons répand une odeur acide agréable, le troisième flacon sent fortement l'acide acéti(iue. 342 ANNALESi, DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. On voit immédiatement par cette production d'acide acétique et par la position qu'occupe la membrane de caoutchouc, que celte décomposition est un phénomène d'oxydation et n'entrame aucune perte de produits gazeux. Le taux de cendres n'a pas subi de grandes variations pendant l'ensilage, les transformations ont porté sur le sucre, l'amidon et les matières extractives. La proportion d'acide que l'on a trouvée dans les flacons bouchés correspond à 2.3 p. 100 d'acide^ exprimé en acide butyrique. Cette quantité d'acide semble pouvoir arrêter la transformation de l'amidon en acide ; il n'en est pas de même des pommes de terre enfermées dans le sac, dans lequel il pouvait s'établir une circulation d'humidité plus parfaite, l'acide était éliminé au fur et à mesure de sa formation et ne pouvait plus empêcher la transformation de l'amidon. On trouve ainsi que iOO kgr. de pommes de terre passées à la vapeur perdent en 6 mois, par l'ensilage, le sucre ou l'amidon de 23 kgr. de pommes de terre. Le dosage de l'humidité montre qu'elle varie beaucoup et les perles les plus sensibles se font sous la forme d'eau. Lait et beurre. Plusieurs producteurs de lait, qui vendent leurs produits à des laiteries, pensent encore aujourd'hui qu'il est impossible de recon- naître le lait coupe d'eau ou un mélange de lait écrémé du soir avec du lait pur du matin. Il n'en est pas ainsi, une analyse complète du lait permet de trouver les falsifications. On a essayé pendant celle année un grand nombre de laits douteux, et l'on a vu des laits vendus comme lait pur qui étaient étendus de 1/4 de leur volume d'eau. L'addition de i/lO et de 1/9 d'eau au lait n'est, la plupart du temps, pas considérée comme une falsification, et pourtant elle cause un j)réjudicc tiès sérieux aux laiteries qui traitent le lait d'un grand nombre de fermes. On sait, du reste, que la proportion de beurre que l'on peut séparer du lait, au moyen des appareils centrifuges, est d'autant plus faible que le lait est plus pauvre en matière grasse. Le rendement est très différent (|uand on écréme un lait pur qui renferme 3.3 p. 100 ou 2.4 p. 100 de beurre, puisque dans les deux cas on laisse 0.3 p. 100 TRAVAUX SCIENTIFIQUKS DES STATIONS AGRONOMIQUES. 343 (lo benne dans le petit-lail. La saveur aiiière que possède quelque- Ibis le beurre est très désagréable et le lait refuser sur le marché. 11 sulfit souvent de fortes petites quantités de beurre amer pour en parfumer beaucoup, et il est très difficile en passant des mélanges de laits au centrifuge, de savoir quel est celui qui en a modifié la sa- veur, il a prescpie toujours été possible, en envoyant des échantillons de chacun de ces laits au laboratoire, de déterminer quel était celui (pii communiquait la saveur amère. Une falsification du beurre que l'on observe souvent, consiste à ajouter au beurre et à d'autres graisses leurs poids d'eau chaude de manière à faire fondre entièrement la matière grasse. On bat ensuite le tout très énergiquement pour émulsionner la matière grasse, et l'on prolonge cette opération jusqu'à l'entier refroidissement de la masse, ce (jui permet d'em{)risonncrdans le beurre 50 p. 100 d'eau et plus. Engrais. Les engrais cliimiipics sont beaucoup plus employés dans notre province depuis qu'on a acquis la certitude que l'azote et l'acide })hosphori(|iie sont indispensables pour une bonne récolte de bette- raves à sucre. On trouve sur le marché des superphosphates allemands et étran- gers (anglais surtout), ce qui a notablement abaissé les prix. Les terres légères de notre région peuvent parfaitement s'accommoder d'acide phospliorique solublc au citrate. Sous cette fornle, la valeur de l'acide phosphorique comme engrais des terres légères est sem- blable à celle de l'acide phospliori(iuc soluble dans l'eau. Il ne faut pas négliger de donner en même temps url engrais azoté sous forme de sulfate d'ammoniaque ou de nitrate de soude. Le phosphate pré- cipité extrait des scories par le procédé Thomas réussit très bien et renferme jusqu'à o5 p. 100 d'acide phosphorique à ob cent, l'unité. Station d'essais de semences. La Station d'essais de Dantzig a fait cette année i/Ab détermina- tions qui se répartissent de la manière suivante : 344 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Détermination de pureté . 438 — de cuscute seule 308 — du pouvoir germinatif GG9 Total l.il D Parmi les échanlillons de li'èfle rouge, on en a trouvé 21 p. 100 qui renfermaient de la cuscute, alors que l'année précédente il n'y en avait que 15. p. 100. On a observé assez souvent de 1,000-2,000 graines de cuscute par kilogramme de trèfle rouge et dans quelques échantillons 80,000 graines de cuscute par kilogramme. Ces grandes quantités de cuscute sont transportées par les oiseaux, le vent, etc., et l'on ne peut pas en rendre l'agriculteur responsable. On a trouvé dans deux cas seulement de la luzerne qui avait été soufrée pour lui donner meilleur aspect. Pendant celte année, 14 maisons se sont assuré le contrôle de la Station. Station agronomique de Dahme. La Slalion, placée sous la direction du prof. D'' Fittbogen, a examiné 605 échantillons pendant l'année. Les recherches scientifiques ont porté sur les sujets suivants : 1. Etude de l'action de divers phosphates sur les cultures en pots el en pleine terre. — Suites des recherches commencées en 1880 ; 2. Essais de culture depuis 1883, d'après les conseils de M. Schultz- Lupitz ; 3. Essai de culture comparée de trèfle rouge indigène et américain ; 4. Etude de l'action des combinaisons du chrome sur le sol et sur les plantes; 5. Recherches sur la Vicia villosa et sur deux, espèces de vesces françaises d'hiver, aux diverses phases de leur développement; 6. Etude de l'influence de l'effeuillage des betteraves sur la pro- duction de l'ensemble des matières sèches et des matières organiipies dans la racine. Station af/ronomique de Regenwalde. Le nombre des analyses a augmenté de 200 depuis l'année j)récé- dente et a été de 829, qui se répartissent comme suit : TRAVAUX SCIENTIFIQUES DES STATIONS AGRONOMIQUES. 345 E;iux, lent's, chaux et marnes 115 Engrais 270 l'oiirrages 225 Echantillons divers 42 Semences 177 Total 829 Le nombre des analyses de semences a presque double et les ana- lyses de l'ourragcs ont aussi été plus nombreuses à cause de la grande consommation (pie l'on fait des fourrages étrangers qui arrivent sou- vent avariés sur nos marchés. Tout en ne négligeant pas les occupa- lions journalières de la Station, on a pu continuer des travaux d'un intérêt plus scientifique. 1. Essai de culture des lupins sur l'eau pour les amener à ilcurir et à fructifier dans ce milieu ; 2. Sur la matière grasse des légumineuses ; 3. Essai de culture de pommes de terre ; 4. Essai de culture d'après le système de M. Schultz-Lupilz. Travaux commencés et terminés pendant l'année : 5. Etude sur la composition de l'ajonc épineux (Ulcx curopœus) et essai de digestion artificielle ; 6. Reclierches comparatives sur des lupins bleus et jaunes aux différentes périodes de la végétation; 7. Essai de culture du sorgho {Sorf/Jium sûccharalum) et étude de la plante à divers moments de la végétation ; 8. Composition des protubérances des racines de lupins ; 9. Sur la composition du lupin (Lupinus liirsuiiis) à diflercnts moments de la végétation. Travaux en cours d'exécution : 10. Essai sur la conservation du fumier d'étable ; 11. Recherches sur la composition des graines de lupin. Le directeur de la Station a entretenu une correspondance très suivie avec des membres de la Société d'agriculture au sujet des en-, grais, des fourrages et de questions industrielles. D'autres sociétés aussi se sont adressées au personnel de la Station pour des conférences sur les engrais et l'alimentation. 346 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. On doit,, pendant l'année 1885, s'occuper des travaux suivants : 1. Essai de culture de 5 variétés de lupins ; 2. — — de Sinapis alha ; S. — — de Vicia villosu ; 4. — de Spcrgula arvensis et maxima; 5. — du maïs, du sorgho et du millet sucré ; 6. Recherches de procédés pour enlever l'amertume des lupins ; 7. Recherches sur la composition des graines de lupin ; 8. Sur la matière crasse des léQumineuses ; 9. Étude sur l'appauvrissement des sols en chaux par les sels de potasse ; 10. Essais comparatifs de culture de trèfle rouge allemand, amé- ricain et italien. Slalion agronomique d'Eldena. On a présenté à l'analyse en 1884, 376 échantillons qui compren- nent: ITjS échantillons de semences, 141 — d'engrais, 44 — de tourteaux et de graines fourragères, 14 — de betteraves ù sucre^ 2 — de foin; et des résidus industriels, tels que des marcs de bière, des vinasses, des pulpes et du son de seigle ou de froment, ainsi que des échan- tillons d'huiles, de laits, de terres et d'eaux. Le contrôle des semences s'est exercé comme les années précé- dentes, de la manière suivante : Les marchands de graines^ au nombre de 15 aujourd'hui, communiquent à leurs clients le résultat de l'analyse faite à la Station pour le compte du vendeur. Ils garan- tissent une certaine richesse en graines pures et s'engagent, au cas où le taux de pureté s'abaisserait de 5 p. 100, à compenser cette perte. . Le trèfle rouge d'Américpic possède comme toujours un pouvoir germiiiatif élevéi La luzerne, le trèfle jaune et les graminées étaient exempts de cuscute. TRAVXUX SCIENTIFIQUKS DES STATIONS AGRONOMIQUES. 347 Sur 72 crliantillons de trèfle rouge, on en a trouvé 19 qui renfer- maient de !^ à 080 graines de cuscute par kgr. ; sur 13 échantillons de trèfle blanc, il y en avait 5 renfermant de à 50 graines de cuscute par kgr. On a examiné G éclianlillons de trèfle suédois qui contenaient 1,000, 7,000, 2r),(»()0 et jusqu'à 40,000 graines de cuscute par kgr. Les essais de semences se font de la manière suivante : on pèse 20 à 25 gr. de trèfle rouge et on trie ce lot grain par grain, en s'aidant au besoin de la loupe, pour éliminer les graines étrangères que l'on j)èse. On prépare ensuite 3 lots de 100 graines pures que l'on place dans un germoir de Nobbc ou bien entre du papier buvard. La tem- pérature est maintenue à 15-18" et l'on a soin d'entretenir chaque jour une humidité constante. Le nombre des graines germées et le (aux de matières étrangèrespermettent de calculer le pouvoir germi- natif des graines et leur coeflicient de pureté. On a présenté celte année un plus grand nombre d'échantillons d'engrais, soit 94- échantillons de superphosphate ; 22 échantillons de superphosphate ammoniacal et quelques échan- t liions de j)oudre d'os, de guano du Pérou, de phosphate précipité (Thomas), de nitrate de soude, de sulfate d'ammoniaque^ de kaïnile et de plâtre. La Station exerce son contrôle sur 13 fabricants d'engrais ainsi que sur un marchand de fourrages concentrés, qui garantit un certain taux de matière nutritive, et laisse à son client la faculté de faire analyser gratuitement à la Station les fourrages qu'il achète- Les tourteaux occupent la première place parmi les aliments con- centrés, à cause de leur richesse en protéine; 21 échantillons renfer- maient 43-50 p. 100 de protéine et 1.88 à 8.99 p. 100 de matière grasse; ils n'étaient ^as tous frais; deux échantillons renfermaient des champignons. Les tourteaux de colza étaient bons, à l'exception de deux qui contenaient de la moutarde. On a trouvé dans 7 échantillons de coton 39.9-50 p. 100 de protéine, et 11.6 à 19.7 p. 100 de graisse et on a analysé des tourteaux de lin, de palmiste, et du son de seigle et de froment qui présentaient une composition normale. On a présente aussi quehjues résidus indus- triels, comme les déchets d'amidonneriCj les marcs de bière, les cosscttcs de betteraves, les vinasses et les touraillons. On a encore 348 ANNALES UB LA SCIENCE AGRONOMIQUE. examiné deux échantillons de regain de la récolte de 1884, qui pos- sédaient un pouvoir alimentaire très élevé. Station agronomique de Posen. La Station a^uronomiquea reçu, en 1884, 809 échantillons (jui com- prenaient 12 échantillons de terre, 475 engrais, 190 fourrages, 75 matières ahmentaires et 51 semences. Les engrais répondaient en général à la garantie ; dans un cas seulement, on avait vendu du sulfate douhle de potasse et de magnésie au prix de 2 fr. le quintal ; ce sulfate renfermait 7.8 p. 100 de potasse et représentait une valeur de fr. 70 i)ar quintal. Cet échan- tillon, (jui n'était que de la carnallite brute, a été soumis aux tribunaux. Les fourrages renfermaient une plus forte proportion d'impuretés que les engrais. On a trouvé dans les tourteaux de colza et dans le son, beaucoup de graines étrangères et môme du sable dans un tour- teau de lin. Sur 27 échantillons de tourteaux de lin, 7 contenaient 10 à 33 p. iOO de sable. Les semences ont été bonnes: sur 42 échantillons de trèfle et de limotbée, dans 7 seulement on a trouvé de 25 à 300 graines de cuscute par kgr. La l'ichesse en sucre des betteraves de celte année a été très élevée ; on a présenté 13 lots à analyser tpii titraient de 16-18.4 p. 100 de sucre et très peu de sels et de matières étrangères. Les travaux scientifiques ont été poursuivis. On a cultivé dans une serre et semé dans du sable de l'orge, de l'avoine, du sarrasin et des pois pour étudier coinparaiivcment les engrais (pii leur conviennent. Cette culture a été faite dans du sable de rivière lavé, au(picl on avait ajouté les engrais suivants : 1" lot. — Acide pliospliorique, azote et potasse. 2*^ lot. — Acide pliospliorique et azote. 3* lot. — Acide pliospliorique et potasse, 4'^ lot. — Azote et potasse. i)" lot. -^ Témoin, sans engrais. Le produit de la récolle a été pesé avec soin et conservé pour une analyse ultérieure. Il est intéressant de noter ((ue l'orge, l'avoine et TRAVAUX SCIENTIFIQUKS DES STATIONS AGRONOMIQUES. 349 le sarrasin, qui n'avaicnlpasreçu d'azote, avaient tout aussi mauvais aspect que les mêmes plantes cultivées sans engrais. Les pois avaient tout aussi bel aspect que ceux auxquels on avait donné de l'engrais complet, ce qui montre combien cette dernière culture demande peu d'azote. On a terminé les expéiiences commencées l'année dernière en vue de voir si le cliarbon perd de sa valeur et de sa puissance ralorili- que par une exposition à l'air. Le cliarbon a été exposé pendant un an, sans que la proportion de matière sèche ait varié. On a aussi fait un grand nombre d'analyses de résidus de racines, d'avoine et d'orge qui avaient reçu des engrais divers. 11 serait i»os- sihle, suivant M. Ileinrich, en étudiant la composition des résidus de récoltes, de savoir quels sont les éléments qui font défaut au sol. Les cultures de maïs à gros grains (variétés précoces) ont été continuées ainsi que les essais de culture d'autres plantes. En 1885, on se propose de commencer un travail sur les modifications que subissent les pulpes par l'ensilage. La perte notable en matières sèches que l'on a souvent observée, a probablement pour cause d'autres fermentations qui s'établissent à côté de la fermentation lacti(jue. Il faudra rechercher si ces fer- mentations ne sont pas produites par des bactéries que l'on pourra cultiver aisément sur des plaques de gélatine, suivant la méthode de culture de M. Koch.. On observera en même temps les conditions dans lesquelles ces bactéries se développent le mieux. Station agronomique de Bveslau. La Station agronomique a examiné, en 1884, 1,300 échantillons rpii présentaient un intérêt pratique. Les analyses ont porté sur des engrais, des fourrages, des terres, des fumiers, des composts, des betteraves à sucre, des pommes de terre, des eaux, etc. On s'est aussi occupé d'essais d'irrigation des prairies de la ville de Breslau (situées à Oswitz), pour savoir comment les prairies irri- guées utilisent à la longue les eaux d'irrigation; la (juantité d'eau que l'on pouvait donner a été déterminée et l'on a analysé le sol et l'eau aussi bien avant l'irrigation que pendant les (rois années qu'ont 350 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONONf IQUE. duré ces expériences. Ces expériences terminées, on les a résumées dans un rapport et l'on poursuit encore maintenant l'étude de la composition et de la qualité des fourrages de ces prairies. La Société de cultures industrielles a demandé à la Station d'entre- prendre une étude sur la qualité, la composition et la valeur de foins cultivés dans des conditions diverses. Pendant tout l'été, on a institué des expériences sur des betteraves à sucre et des pommes de terre pour étudier l'influence de l'électri- cité ; les résultats encourageants qu'on a obtenus permettront de poursuivre cette étude pendant l'été de 1885. L'incertitude qui plane encore sur la valeur relative des différents agents de conservation que l'on propose pour le fumier, a engagé le directeur de la Station à entreprendre une expérience en grand sur ce sujet. Il faut tout d'abord étudier l'action des sels de potasse pour la conservation des engrais et connaître la valeur d'un nouveau produit connu sous le nom de « superphosphate plâtré ». Les essais de con- servation ont été faits pendant l'été, dans une grande exploitation du voisinage. Les analyses qui fixent la composition du fumier seront plus complètes que toutes celles que l'on a publiées jusqu'à ce jour, et elles donneront des conclusions précieuses à ce travail qui est sur le point d'être terminé. On étudie aussi la qualité du fumier produit par différentes pro- portions de fourrages, ainsi que les divers procédés de conservalion sans le secours d'agents étrangers. Les essais d'alimentation avec le sucre brut ou les sous-produils de la sucrerie, commencés en 1884, pour le ministère de l'agricul- ture, seront terminés en 1885. Plusieurs agriculteurs de la province ont bien voulu entreprendre, sous la direction de la Station, des essais de culture qui cette année ont porté sur diverses variétés de betteraves et de pommes de terre. Station d'essais de semences de la Société d'agriculture de Breslau. La Station d'essais, dirigée par le D' Eidam, a reçu 895 échantillons de graines à examiner; le nombre augmente chaque année : il était TRAVAUX SCIENTIFIQUES DES STATIONS AGRONOMIQUES. 351 de 686 en 1883 et de 4o0 en 1882. Les agriculteurs ont envoyé 3i'2 échantillons, c'est-à-dire 38 p. 100; les autres semences provenaient de commerçants. On voit avec plaisir que le nombre des producteui's de semences qui ont recours à la Station, s'accroît notablement ; il s'élevait en 1883 à 35 p. 100 et en 1882 à 22 p. 100. Les semences se vendent et s'achètent de plus en plus en Silésie, d'après les ana- lyses que l'on fait à la Station. Les échantillons h^s plus nomhnMix étaient ceux de trèfle rouge. Il est bon de remarquer que les trèfles rouge d'Amérique, qui encombraient le marché l'année dernière et étaient de qualité très inférieure, ont prestiuc disparu et sont rem- placés par des trèfles indigènes. On a trouvé quelques trèfles de l'Europe méridionale que l'on reconnaît aisément à leur forte pro- portion de graines étrangères. Le nombre d'échantillons de trèfle rouge cuscutes s'élevait à 135, soit 23.6 p. 100 ; 1883, 32 p. 100 ; 1882,31 p. 100; 1881, 25.0 p. 100. Le trèfle rouge renfermait beaucoup de cuscute île lin {Cuscuta epilimim). Le pouvoir germinalif de cette semence était compris entre 61 et 93 p. 100, en moyenne 82.4 p. 100. Les impuretés du trèfle suéroporlion égale à celle dans laquelle le chêne est appelé à être représenté dans le mélange : soit '!.. 1. ou '/.. Gela fait, toute la parcelle est mise à l'état de coupe d'ensemence- ment sombre. On profite d'une glandée (celles-ci se présentent gé- néralement tous les 5 ou 6 ans) pour régénérer artificiellement par la semence tous les compartiments affectés au chêne. A cet effet, on y recèpe tous les hêtres préexistants, on ouvre des bandes parallèles 1. D/c neae Wirlhschaflsricldung in den Stautswaldungcn des Spessarts. .Mu- nich, ISSl. LA FOUlVr DU SPKSSART. 385 de {)"\ilO de largeur, espacées eiilre elles de 0"',80 à 1 iiièlre el, dans CCS bandes défoncées et cultivées, on répand les glands à raison de 12 à 15 hectolitres par hectare. Deux ans après la levée du semis, on pratique une coupe secondaire largo, lafjuelle, A ans plus tard, est suivie d'une coupe délinitive. Parallèlement, on traite les parties abandonnées au hêtre comme le comporte le tempérament de cette essence, c'est-à-dire par coupes secondaires successives, prudemment et lentement répétées pendant l'espace de 15 à 20 ans (pii devra toujours s'écouler entre la coupe d'ensemencement et la coupe délinitive. D'ailleurs, la régénération en hêtre s'obtient on ne peut i)lus faci- lement ; il suffît d'user de patience. En fait, les faînées complètes ne se présentent guère que tous les 7 ou 8 ans, mais presque tous les ans il se produit des faînées partielles qui apportent à l'œuvre d'en- semble leur utile contingent. Dans les peuplements ainsi formés, si l'installation artificielle du chêne nécessite une première mise de fonds, du moins les dépenses d'entretien seront réduites à leur minimum. On se bornera, en effet, à continuer l'expurgadc des hêtres dans l'intérieur des semis de chêne et leur recépage sur une zone de 2 ou ;3 mètres autour des compartiments où ils sont cantonnés. Ces opérations ont pour, but de subordonner définitivement le hêtre au chêne, mais elles n'ont pas pour consé(iuencc de le faire disparaître ; car, il est bon qu'on le sache, les hêtres recépés pendant leur jeunesse fournissent tou- jours des rejets noud)rcux et abondants. D'ailleurs, deux ou trois recépages, répétés chacun à trois ans d'intervalle, suffisent pour supprimer tout danger d'envahissement. Ces semis de chêne, ainsi maintenus à l'état pur, fonnciit bientôt un fourré, puis un gaulis uniforme et complet; jusipi'à la dimension déjeune perchis, leur couvert est suffisant pour proU'ger 1(3 sol. C'est seulement à partir de cette époque que le feuillage s'éclaircit fortement et, on compte qu'alors le vent se chargera d'enlever aux hêtres d'alentour, pour le distribuer à leur pied, le supplément de litière dont ils auront besoin. On se propose aussi d'y introduire alors un sous-bois artificiel de hêtre. On néglige les semis de chênes naturels disséminés au hasard sur aNN. science AGliO.N. 25 386 ANNALES DE LA SCIENCli AGRONOMIQUE. lescspaces résrrvct; aux lièlrcs; à iiiuius, luuLefuis, (|u'ils ne se présen- tenl en grande abondance sur des surfaces de plusieurs ares, qui seront alors traitées comme les précédentes. En général, les semis de hêtre sont complètement abandonnés à eux-mêmes ; on prend soin, cependant, pour augmenter les rendements en bois d'œuvre, de répartir dans les vides et dans les clairières un petit nombre de plants résineux (mélèze, épicéa, pin Wcymoulli) de croissance assez rapide pour ne demander aucun soin particulier. C'est ici l'occasion de faire remarquer que, dans toutes ces régé- nérations, on a renoncé à réserver des chênes d'avenir lors du passage des coupes définitives. Ces grands arbres, habitués à l'étal de massif, disparaissaient rapidement et sans aucun profit, dès qu'ils étaient isolés. Néanmoins, actuellement, on se propose de réserver des groupes d'arbres au centre desquels se trouveraient renfermés les sujets d'élite. Ceux-ci auraient alors chance de se maintenir; car, progressivement, on les habituerait à l'isolement, en faisant dispa- raître un à un les tuteurs ou les écrans devenus inutiles. La méthode des semis par compartiments est appliquée depuis une dizaine d'années. Nous avons parcouru un certain nombre de parcelles, dont quelques-unes très grandes, trop grandes môme, puisqu'elles ont près de cent hectares et, partout, les résultats obtenus sont réellement surprenants. Dans ces sols siliceux et secs, où les fautes sont si faciles à commettre et surtout si difficiles à ré- parer, on ne rencontre pas le plus petit espace qui ne soit en pleine production ; il n'y a ni vides, ni clairières; on chercherait en vain une touffe de bruyère. Ce ne sont que semis de chênes élevant à l'envi leurs cimes vigoureuses, au milieu d'un fourré de feuillage bleuâtre, ou semis de hêtre, buissonnants drus et serrés, sous le couvert de coupes secondaires lentement conduites de manière à retarder intentionnellement leur essor. Est-ce là la solution vraie, et le dernier mot de la question? Le temps en décidera. Dès aujourd'hui, on peut y voir la mise en jjratiijue du principe suivant qui sert de base à la culture intensive et dont la notion se retrouve dans tous les actes du peuple allemand : si., au lieu de dis- séminer une quantité donnée d'eljorls sur des espaces indéfinis, ou LA FORÊT DU SPESSART. 387 en limite l' appUculion à îles surfaces reslreinles, on (iiif/nioUe la somme thi travail utile el la dépense produit so)i maximum d'effet. — Peut-être aussi les partisans de l'alternance des essences y trou- veront dans l'avenir un cliani|» bien préparé pour expérimenter leur théorie. Ouoi (pi'il en soit, en présence de résultats si nettement voulus, si complètement acquis, on ne sait trop ce qu'il faut le plus admirer, ou de la méthode elle-même, ou de Fintelligence })i'ati([ue et de l'esprit de suite qui président à son a|)plication. Il est assez curieux de constater que les idées qui dominent ac- tuellement au S[)essart, se faisaient jour à l'Ecole de Nancy à peu près à la même époque. Dès 1872, M. Droillard recommandait à ses élèves de recéper les semis de hêtre préexistants dans les coupes de régénération des forêts à chêne. 11 faut, disait-il, installer le chêne le premier, lui subordonner complètement le hêlre si on ne veut pas qu'il soit éliminé. D'après ses conseils, à partir de i87(S, dans l'une des séries qui servent de champ d'étude à l'Ecole, on a nettoyé à fond des semis naturels de chêne, pour les mettre et les maintenir à l'état pur sur des espaces continus de 20 à 50 ai'es, pendant »{ue les parties voisines, abandonnées au hêtre, n'étaient l'objet d'aucun soin. Les deux méthodes sont identiques, mais à Nancy, comme tout est subordonné au principe de la régénération naturelle, à l'ex- clusion de tout secours artificiel, les résultats sont infiniment plus livrés au hasard. Sans vouloir rien généraliseï-, nous tenons comme certain que dans toutes les régénérations où, les porte-graines fai- sant défaut, on sera obligé d'avoir recours à la voie artiliciclle, la méthode du Spessart sera d'une a|)plicalion heureuse. 11 nous reste (pielques mots à dire du traitement adopté poui' les gauHs, les perchis et les jeunes futaies méthodiquement créés depuis le commencement du siècle. On retrouve nécessairement dans cette suite de peuplements l'empreinte de la méthode en honneur à l'é- poque où chacun d'eux a été régénéré. Les gaulis sont riches en chênes intimement mélangés avec des hêtres. On assure la prédominance des [tremiers par des nettoiements répétés, en procédant par étêtement. Ces opérations se continuent dans les bas perchis. Mais, à partir de ce moment, s'il se niiciinlre 388 ANNALI'S DE LA SCIENCE AGRONOMIQ L'E. des parties d'une certaine étendue où les chênes soient assez nom- breux pour former entre eux un massif clair, môme très clair, on trouve plus avantageux, au lieu d'y (-ontinuer les éclaircies périodi- ques, d'exploiter sysiémaliquemont tous les hêtres, quels qu'en soient le nombre et les dimensions. On crée ensuite artificiellement le sous-étage de hêtre, tout comme nous l'avons vu faire dans les fu- taies de 200 ans. Si les chênes sont espacés, clairsemés, on les soigne individuel- lement; on tadle hardiment autour de leur tige de façon à y revenir le moins souvent possible. Les soins nécessaires ont, en général, manqué aux peuplements qui datent de la fin du siècle dernier ; quand on a compris les dan- gers du mélange intime, il était trop tard pour eux, le mal était fait. Aussi, de toute la forêt, les jeunes futaies de 75 à 100 ans sont les parties les plus pauvres en chêne. Dans un grand nombre de par- celles, le hêtre est absolument pur. Dans ce cas, on n'y touche pour ainsi dire jamais et elles ne semhlent pas [dus mal s'en trouver: la sélection naturelle s'opère d'elle-même, les tiges les plus fortes sur- ciment les retardataires, (pii meurent lentement en favorisant l'éla- gage naturel. Le feuillage et le couvert atteignent leur maximum de densité ; sur la terre, une épaisse couverture de feuilles mortes se transforme en humus et, suivant l'expression de Gasparin, constitue une « avance « au profit des chênes de l'avenir. — Là on sent que le sol fournit en bois tout ce qu'il est capable de rendre, et on se demande si, en se contentant d'extraire les ai'bres morts, question d'hygiène et de propreté qui ne doit jamais être négligée dans toute forêt bien tenue, on se demande, disons-nous, si cet abandon relatif ne serait pas, en semblables circonstances, la meilleure manière de conduire une essence comme le hêtre, qui aime avant tout à vivre à l'état serré, et dont la valeur s'accroît en laison du cube total du massif, plutôt qu'en raison du calibre des tiges qui le composent. En résui]ié, si les peuplements mélangés de chêne et de lu^re sont désirables à tous égards, les pi'oblènies culturaux ([ue soulève leur traitement sont toujours délicats à résoudre. L'installation de tels peuplements, les soins incessants qui doivent les entourer pen- dant toute leur existence occasionneront toujours des dépenses no- i,A FOiuVr nu spessart. P)8r) Inhles. Pour réduire ces d(''|)cnses à leur miniimiiii, rexpéricnee des faits a conduit les forestiers du Spcssait: 1" à ne tenter l'opération que dans les sols fertiles; 2° à maintenir le cliène à l'état pur pen- dant sa première jeunesse, sauf à introduire |»liis tard le liéjrc en sous-étaiie. Aménagement. L'exposé des règles culturalcs appli(piées dans la foret domaniale du Spessart, nous conduit à donner quelques éclaircissements au sujet de raménagemenl qui la régit ; car, avec les idées que nous nous faisons, en France, de la foret ou de la série normale, il semble .assez difTicile de concilier les exigences spéciales d'un tel mode de traitement avec celles d'un aménagement régulier. Comment, en ell'ef, conduire ensemble et juxtaposés dans une môme parcelle, des peuplements dont les uns sont destinés à vivre 300 ans et plus, et les autres HO ans seulement ? Pour faciliter l'intelligence de celte question relativement à la forêt (pii nous occu[)e , il nous paraît nécessaire d'indicpier les grandes lignes du système d'aménagement le plus généralement ap|)li(|ué, non seulement dans l'Empire d'Allemagne, mais encore dans les ])ays (pii appartiennent à la splièi'e d'action de la science forestière allemande, c'est-à-dire l'Autriche, la Hongrie, la Suisse, l'itidic et la Russie. Surface cuglohcd daiifi un même amcnagemenl. — La surface boisée qui fait l'objet d'un aménagement n'est pas, comme en France, liuiitée à une furet déterminée, à une propriété distincte des massifs voisins par sa situation, par son nom, par son origine, et dont les limites n'ont aucune relation nécessaire avec les divisions adminis- tratives. Mais, en général, on considère, pour l'exploiter, pour lui attribuer une possibililé, pour l'aménagei' entiii, la surface tolale d'un cnntonuement (llerier) on du iiniiiis, dans cbacune de ces cireonscriplions, l'étendue boisée apparleiant à lui même proprié- oOO ANNALES DE LA SCIENCE AGUONONf lOUE. Iiiiie bénéficiant du régime forestier, c'csl-à-dirc : l'Klat, une com- mune ou un établissement public. En un mol, le cantonnement est l'unité tecbnique'. On peut le conbidéier comme une grande série d'exploilalion, soumise dans son enscud)le à la condition de rappoit soutenu'. Par dérogation, (juand le cantonnement est exceptionnellement vaste et bétérogène, on le partage en deux ou plusieurs unités amé- nagées séparément. Parcellaire. — On procède à l'assiette du parcellaire en allant toujours du grand au petit. On partage tout d'abord l'étendue appar- tenant au même propriétaire en un certain nombre de grandes masses d'un seul tenant et pouvant comprendre plusieurs centaines d'iieclares. Cliacune de ces masses, qui se distingue nettement de se; voisines par sa situation naturelle ou certaines considérations économiques, telles qu(!: droits d'usage ou autres, s'appelle un' distrid. On distingue cliaque district par la suite des cbiffres ro- mains ou par un nom de lieu-dit. Le district, considéré connue une unité définie, se divise en parcelles {Abllieiliuigen) suivant les pro- cédés connus. Actuellement, on donne à ces parcelles une étendue maxima de :^0 à 25 heclares ; on les numérote par des cbiffres arabes. Une môme parcelle peut être subdivisée en sous-parcelles (Unter- ahUieihmgen). En général, les différences ((ui nécessitent ce fraction- nement doivent disparaître sous l'influence du traitement pendant le cours de la révolution ; mais cette régularisation n'a rien d'obli- gatoire, et on ne sacrifie jamais l'avenir de bois en croissance en vue de la réaliser. Ces sous-parcelles sont distinguées par des lettres. Classes d'exploitation. — Le parcellaire étant ainsi établi, on 1. Dans les pays où (comme en Bavière jusqu'à ces temps derniers) plusieurs can- tonnements étaient groupés pour former une maîtrise [Forstamt), c'est cette dernière qui a été prise le |)lus souvent comme unité techniiiue. 2. Ouaiui un grand massif boisé, divisé en plusieurs cantonnements, est susce|)tible d'être envisagé dans un travail d'ensemble, on peut, en cas de nécessité, admettre des compensations de produits de cantonnement i cantonnement. C'est précisément le cas pour lo Spessnft, LA FORÊT DU SPESSART. 391 réunit dans un même £>roupe et sans se préoccuper de leur situation relative, toutes les parcelles qui, eu égard aux facteurs de la végéta- tion, sont susceptibles d'être soumises à nu mriuc mode de traite- ment et à une révolution d'égale durée. Chaque groupe ou classe d'cxploildlioit (Jicli-ii-hs-h'lftssc) peut ainsi se composer de parcelles prises çà et là dans (oui lu cantonnement. Certains aménagistes ont même, exceptionnellement il est vrai, poussé le morcellement jusqu'à coUoquer dans des classes d'exploikUiun différentes, des subdivi- sions d'une môme parcelle. Classe d'(i;/('. — Les parcelles appartenant à une même classe d'ex- /j/r>i7«//ojj. sont ensuites rangées dans le tableau dit des classes d'âge, lequel, pour les forets (raitées en futaie, comprend quatre divisions correspondant chacune à un quart de la duiée de la révolution choisie. Si, par exemple, ce terme a été fixé à 120 ans, la A'' classe, dite des jeunes bois, comprendra les peuplements âgés de1 à .iOans. La 3* classe, dite des bois d'âge moyen, ceux de 31 à GO ans. La 2" classe, dite des bois voisins de l'exploilabililé, ceux de (31 à 90 ans. La l""" classe, dite des bois exploitables, ceux de 00 ans et au-dessus. En additionnant les contenances des parcelles et sous-parcelles réunies dans chacune de ces catégories, on peut juger immédiate- ment si la classe d'exploitation s'éloigne plus ou inoins de l'état normal, et prévoir s'il y aura des excédents de matériel à réaliser ou des épargnes à accumuler. Plan général d'exploitation. — Les révolutions de futaie sont invariablement divisées en périodes de 24 ans, ce (jui entraîne la nécessité d'ado])ter pour la durée de la révolution un chiffre multiple de 24, c'est-à-dire 72, 90, 120, 144, etc.. A chaijue période sont affectées des surfaces (parties aliquotes de la contenance totale dans chaque classe d'exploitation) destinées à être régénérées dans le laps de temps coriespondant. Ces affectations périodicpics (Perioden- Flàchen) sont le plus souvent moi'celées, comme les classes d'exploi- tation auxquelles elles appartiennent. Le plan général d'exploitation est ainsi dressé dans un tableau semblable à celui généralement adopté on France, mais où chaque 392 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. parcelle figure dans la colonne rie l'alTectalion où elle a été colloquée, non seulement pour sa contenance, mais encore pour son volume pro- bable quand elle sera parveimc au terme de Veorploilabilité. Ce der- nier document, presrpie toujours négligé en France, est appelé -i jouer un rôle très important lors de la détermination de la possibilité. On l'établit d'ailleurs différemment suivant l'âge des peuplements considérés. Pour les bois les plus vieux, ceux appartenant à la 1''' el à la 2* classe d'âge, on détermine le volume actuel par des procédés plus ou moins rapides et on augmente ce cube d'une quantité égale à l'accroissement annuel moyen multiplié par le nombre d'années pendant lequel le peuplement devra encore rester sur pied. Les bois d'âge moyen et les jeunes massifs sont évalués d'après leur état actuel et par comparaison avec des peuplements plus âgés présen- tant des conditions de végétation analogues. Il est évident que le plan général d'exploitation, étant surtout cons- truit en vue d'égaliser les contenances, les volumes ainsi calculés seront loin d'être égaux de période à période. Possibilité. — On se préoccupe de l'état actuel de la classe d'ex- ploilation et des ressources en matériel qu'elle présente dans son ensemble pour fixer le chiffre de la possibilité applicable dès le début de la période. Si, ce qui est rare, le tableau des classes d'âge indique une cons- titution voisine de la normale, on se contente de diviser le volume probable accusé par les deux premières affectations par le double de la durée de la période. Le quotient représente le chiffre de la possi- bilité à prendre dans ces deux premières affectations, soit en produits principaux, soit en produits accessoires *. Si la situation actuelle s'éloigne sensiblcmciil de la constitution normale, on considère surtout l'état de la classe des bois d'âge moyen (3'' classe). Alors deux cas peuvent se présenter : ou bien le volume probable y est insuffisant, ou il est surabondant. 1. On néglige le volume à prendre soun forme d'éclaircie dans les bois d'âge moyen et dans les jeunes bois. LA FORiVr DU SPESSART. 393 Dnns le premier cas, on arbitre la (luantilé de matériel (jui fera défaut dès la 3'' période, et on prélève sur le voliinie à réaliser dans les deux premières, un cube suffisant pour condjler le déficit. Ce eube devant rester disponible jusqu'au début {]o la :V péi'iode, la possibilité pemlntit les doux premières sera réduilc proportionnellement. Par- Ibis, tout en établissant le fonds de réserve comme il vient d'être dit, on arrive à cond)ler les déficits par la réalisation de vieux ai'bres épai's dans les dernières afTeclalions, lescpiels sont enlevés avec pn''- couiplaye au fur et à mesure de leur expbjitabilité. Dans le second cas, l'avenir étant assuré, on exploite la possibilité \(A\c (prelle résulte des calculs relatifs aux deux })remières affecta- tions, et cela, (piel (pie soit l'excédent de matériel qui aurait pu y être constaté. Dans cerlains pays, pour opérer ces ventilations, on se sert de fornniles souvent ingénieuses, mais toujours très compliipiées. Les plus connues sont celles de Ilundeshagen et de ITeyer et surtout la Kdiiicral taxe, employée depuis 1788 jusque vers 1850, par l'admi- nistration forestière aud'icbienne. On procède de même |)0ur clia(fie classe d'ex])loila(iiin dans un même cantonnement, et le volume annuel que celui-ci devra fournir, se compose de toutes ces possibilités partielles additionnées. Étal d' assiette (Falli(nr/s-Pla)i). — fa possibilité du cantonnement étant ainsi fixée, on porte sui' un (Hat des coupes à asseoir pendant la prochaine sous-période de 1i2 ans, un nombie suffisant de parcelles assez riclif^s en matériel pour (pie le gérant puisse y recruter le volume des produits principaux, j)lus toutes les parcelles ou sous- parcelles dans lesquelles des éclaircies sont prévues pour le laps de temps correspondant. Eu dressant ce tableau, on lient nécessaire- ment compte du degré d'urgence des régénérations à entreprendie ou à terminer, de la situation des parcelles, de la din.ction i\('^ vents dangereux, etc.. Le gérant est libre de se mouvoir à sou gr(' dans ce cadre, d'effectuer les coupes qui lui semblent command(''es par les circonstances, pourvu qu'à la fin delà duodécennie il se soit con- f(trin('' aux prescriptions de l'état d'assiette. De ce C('')lé son di'oit est absolu, à ee j»oint (pie, si les circonstances l'y invitent, il peut, pen- 394 ANNALKS DE LA SCIENCK AGRONOMIQUE. dant une ou plusieurs années, recrutei' toute la possibilité du canton- nement dans une seule classe d'expluilaHun, en laissant reposer les autres pour les reprendre plus tard. Il peut même, si les bois se vendent mal, ne réaliser qu'une fraction de la possibilité, sauf à regagner l'arriéré quand les bois seront d'une meilleure défaite. Les agents de contrôle sont d'ailleurs cbargés de veiller à ce que les gérants n'abusent pas de l'autonomie dont ils jouissent, à ce point de vue, comme à beaucoup d'autres. L'état d'assiette duodécennal constitue, avec un devis des repeu- plements artificiels {CuUur-PUm) et un devisde construction de voies do vidange ( Wcr/ban-Plau), \e lU't/lcnients pécial d'eocploitalion (Spr- zirller Wirtliscliafts-Plan) pour la procliaine sous-période. Révision de Vaménagcment. — Afin d'assurer l'application de l'aménagement, de le compléter et de l'améliorer, on etfectue tous les 12 ans une révision f|iii est générale (iimfassende) ou partielle (einfache). La révision est générale quand il faut modifier le parcellaire, par suite d'achats de terrain, de c(^sions, d'échanges, ou quand il est nécessaire de remanier le plan ffénéml d'exploitation, aoii en vue de l'application d'un nouveau traitement, soit parce que, en suite d'acci- dents météoriques, de cubages défectueux, les résultats obtenus ne répondent pas aux prévisions antérieures. Quand ces circonstances ne se présentent pas, la révision est simplement partielle. Dans l'un et l'autre cas, on dresse un nouveau tableau des classes d'âge, on revise la possibilité pour la prochaine duodécennie, on dresse en somme un nouveau règlement spécial d'exploitation et, enfin, on compare les résultats effectifs obtenus avec les prévisions formu- lées. L'assiette et l'application de l'aménagement sont contrôlées par la mise à jour des cartes forestières et l'apuration des comptes d'amé- nagement. Au point de vue de la cartographie, le royaume de Bavière est particulièrement bien doté. Le Gouvernement met à la disposition du service forestiei- deux sortes de documents : j" Les épreuves de la carte au :23,000s la réunion des feuilles sur LA FOiuVr ru spi:s!>art. l^9^ lesquelles se trouvent les massifs à englober dans un mt'mo anirna- gement, constitue les cartes forestières d'ensemble ; 2° Les plans cadastraux détaillés et dressés à réchelle de l à 5,000 ; on en extrait les cartes forestières spéciales. Le service du cadastre est chargé de tenir ces documents au courant, d'y porter les limites des parcelles après en avoir calculé les contenances. Les agents fores- tiers n'ont plus, dès lors, ((u'à intercaler les sous-parcelles avec leurs surfaces. Les cartes d'ensemble donnent un aperçu général de l'amé- nagement : on y indi([ue en effet le mode de traitement, la nature des peuplements et les classes d'exploitation par des teintes conven- tionnelles. Sur les cai'tes spéciales, tenues constamment à jour, on figure remjjlacement et la date des coupes annuelles. Le contrôle comporte la tenue de deux registres : le grand-livre et le sommier de contrôle des exploitations. Sur ce dernier, on établit un compte séparé dans lequel on porte les (juanlités de bois abattus rliaque année, en distinguant les produits principaux et les produits interméiliaires. A lu fin de cbatpie sous-période, on totalise ces volumes par parcelles et les résultats sont portés au grand-livre. Celui-ci a donc pour but de mettre en évidence, pendant toute la durée de la révolution, le rendement de cba(jue parcelle et permet, pour cbaque sous-période, de comparer les résultats obtenus avec les prévisions de l'aménagement. Ce simple compte de doit et avoir ne comporte qu'une seule ligne d'écriture par duodécennie. Ajoutons eiilin que toute étude relative à un aménagement nou- veau, que toute révision, même partielle, est précédée d'une en([uète dirigée par un haut fonctionnaire de l'administration centrale délégué à cet efiet. Celui-ci, lors de sa visite, réunit en conférence les prin- cipaux agents intéressés ; il discute et arrête avec eux les bases fon- damentales suivant lesquelles le travail devra être conçu et établi. Grâce à celte précaution, les aménagistes, pourvus d'une ligne de conduite nettement tiacée, opèrent avec confiance et sûreté, sans risque de voir l'économie de leur projet remise en question lorsque le conseil d'administration sera appelé à l'examiner. Kvidemment une forêt aménagée sur les bases que nous venons jj'jnditjuer, avec ses afl'eclations composées de parcelles éparses dans 396 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. flrs cinssrs d'eiploilalion morcelées, sera rriiiie constitiifion beaii- coLip plus complexe que celle de la forrl noi'male, telle (|ue nous la rêvons en France, conslriiite avec des aiïectations d'un seul tenant, se succédant de proche en proche dans la série bien massée. Par contre, il faut accorder à cette sorte d'éclectisme sa bonne part d'avan- tages. Nulle méthode ne présente à un môme degré la souplesse désirable pour subordonner le ti-aitement d'ensemble à la diversité des exigences locales, pour établir sans trouble ces parcelles de pro- tection dont l'usage, malgré leur efficacité, est encore si peu répandu chez nous, enfin pour réduire <à leur mininnmi les sacrifices d'exploi- tabilit(' trop souvent imposés au propriétaire sous prétexte de régu- larisation. Sans vouloir faire ici le parallèle entre ce qui se fait en Allemagne et ce qui se fait en France en matière d'aménagement, nous nous contenterons de faire remarquer que si, en Allemagne, on semble tout subordonner à des faits culturaux permanents ou à des faits économiques passagers, il est certain cpi'en France, on se laisse trop entraîner vers l'idéal d'une régularité parfois chimérique. L'aménagement de la partie domaniale du Spessart remonte à 18:5;i-liafl"(iiboMr;,' 1 4, 7su hectare?. — (le Loin- 17,579 — — (le Stadtpiozeltcn 11,307 — 43,(172 hpft.ires. L.V FOlîlVr nu SfESSART. 397 fusseiil isolés, disposés pur boiupiels ou en massifs plus ou moins éleiulus, sei"aicnl. mis lmi rései'vc pour puicourir uuu secoiule l'évo- lulion. Les jxuipU'menls du même lype, mais moins ijion venants, tout en restant susceptibles d'être régénérés en mêmes essences, foi'maieiit la "2" classe. ( )n a (•,ullo(pié dans la 3" les parcelles de même composition eu égai'd aux essences , mais où le mauvais état de végétation nécessitait la substitution temi)oraire des résineux aux feuillus. Enlin, on soumettail à la révolution de li ans, les massifs de pin sylvestre et de mélèze qu'il importait de ramener le plus tôt possible à la production des feuillus. La première révision a été simplement partielle. En 1801, une révision générale fut jugée nécessaire. Les faits ayant démontré que la révolution de 120 ans était celle préférable, lorsqu'on veut tirer du bètre le parti le plus avantageux et en facili- ter la régénération naturelle, pensant aussi réduire dans une plus juste limite la durée de la révolution double appliquée aux cbènes, la première classe d'exploitation, celle soumis(/ à la révolution d(3 14-4 ans, a été supprimée et l'cunie à la seconde. Le nombre de ces classes était ainsi réduit de i à o, mais aucune modification impor- tante n'était introduite dans le traitement applitiué jusqu'alors aux deux dernières. Après une enquête où l'opinion conlraiie avait été vivement dis- cutée et soutenue, l'administration centrale décida que la révision de 1873 serait partielle. Toutefois, on s'aperçut bienlùt que la révision générale ne pou- vait plus être différée davantage. D'une part, cerlaines raisons cul- turales l'imposaient ; de plus, on pouvait prévoir (pie les rbangemcnts projetés dans l'organisation du service forestier bavarois', en modi- fiant l'étendue des anciennes maîtrises, rendrait nécessaire le rema- niement de tous les aménagements en vue de les faire cadrer Qvee les nouvelles unilés teclmiques. A cet effet, dès 1882, une conférence fut ouverte sous la présidence de M. le conseiller supé- 1. L'ne ordonnance roy;ilc. en date du 1'.) février IsS."), supprime les anciennes maîtrises bavaroises et les remplace par une organisation calquée sur le système prus- sien. 398 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. rieur Friedei-icli. Les résultais (\(is recounoissances, les longues discussions qui les ont suivies sont consignées dans un important document que nous devons à l'obligeance de M. le conseiller Viern- stein et qui ne contient pas moins de 100 pages in-folio. L'historique de l'aménagement et toutes les questions qui s'y ra])portent y sont largement étudiées ; mais le cliaj)itre le plus important est celui relatif au traitement, lequel constitue à lui seul un véritable traité de sylviculture. Dans ce travail, remanjuable à plus d'un titre, on peut suivre pas à pas l'évolution qu'ont subie, en Allemagne, les idées relatives au traitement du chêne en mélange avec le hêtre. Nous en avons donné l'analyse dans la première partie de la présente étude. Les principales modifications prévues par l'avant-projet portent sur le parcellaire et la formation des classes d'âge. Les dispositions suivantes nous ont surtout paru devoir être signalées. Les parcelles trop grandes seront ramenées à des contenances plus rationnelles (^5 à 30 hectares au maximum), en vue d'augmen- ter l'homogénéité des peuplements. 11 conviendra aussi de distraire des anciennes parcelles et d'ériger en parcelles nouvelles certaines crêtes, où les résineux dominent et où le jardinage s'impose à cause du manque d'abri '. Enlin, visant la distribution du chêne par com- partiments séparés, on recommande de constituer en sous-parcelles toutes les enceintes ayant au minimum un hectare d'étendue et dont la constitution du peuplement es/ de jia/wf à influencer le traitement futur. D'ailleurs, ces sous-parcelles ne seront pas délimitées par de simples lilcts, mais par des bandes de 30 mètres de largeur desti- nées à être éclaircies fortement, de façon à dégager les chênes sur les périmètres aussi bien que dans l'intérieur des compartiments. Lors de la description de ces parcelles, on se conformera à la termi- nologie adoptée par les stations d'expérimentation allemandes et à l'instruction publiée par l'association. Provisoirement, la commission a été d'avis de conserver encore comme unité technique les hmites des anciennes maîtrises. 1. Si on se rappelle que le reliel" du Spessart est loin d'ôtre assez accusé pour cons- tituer une région franchement montagneuse, on peut juger combien, en Allemagne, on se préoccupe de la protection des massifs, et coiibim, dans ce but, on use largement du jardinage. LA FORÊT nu SPESSART. 399 La modificaliuii la plus im])orlanlc .»ous ne possédons pas les renseignements relatifs aux produits de la chasse dans les dix autres cantonnements (nouveau style) du Spessart, mais il paraît (pie leur possibilité en ce qui concerne les cerfs et les sangliers est moins élevée que dans le Ilaut-Spessart. Toutes les pièces abattues sont vendues à la diligence du chef de cantonnement au profit du Trésor. Le personnel forestier a le droit de préemption et il paie la venaison de chevreuil 1 fr.25c. le kilogr., celle de sanglier 1 fr. 25 c. également, celle de cerf 1 fr. De plus, on délivre des primes en argent (Scltussf/elder) aux tireurs (jui ont abattu les pièces vendues. La chasse, dans les forets communales dépendant du massif du Spessart, est, d'habitude, amodiée pour une durée de six ans. Les preneurs ne l'exploitent pas toujours avec tous les ménagements désirables. La législation bavaroise, comme du reste celle de toute l'Allema- gne, établit des périodes d'ouverture et de fermeture spéciales i)Our la chasse de cha(jue espèce de gibier. Ainsi, on ne peut tirer le cerf que du 24 juin au 15 octobre, la biche, du 15 septembre au jan- vier, le brocard, du 1" juin au 2 féviier. Le sanglier, assimilé aux bètes nuisibles en raison des donnnages (ju'il cause à l'agricultiu'e peut, comme ces dernières, être détruit en tout temps. En se con- formant à ces indications, on peut donc chasser [lendant louli' 404 ANNALKS DE LA SCIENCE AGRONOMIQi: i:. rnnnée. Les permis de chasse sont v;ilal(les pour im an ; mais, (luelle que soit l'époque de l'année à la(|uclle on les prend, ce délai d'un an court à partir du 2 février précédent. Nous ne terminerons pas cette relation sans adresser les témoi- gnages de notre vive gratitude à M. le Directeur des forêts qui nous a fourni l'occasion de visiter une région foreslière instruc- tive entre toutes. Nous devons également des obligations à MM. les conseillers Viernstein et Schmitt, à M. le professeur Gayer pour les lettres d'introduction et documents qu'ils ont bien voulu nous pro- curer, enfin, à }[. l'Oberfôrster Loesch et à MM. les Forstassistenten Niedermaier et Verner, qui ont eu l'extrême complaisance de nous accompagner pendant toute notre tournée. Que tous veuillent bien ici agréer nos sincères remerciements. Nancy, le 30 décembre 1885. L. BoppE ET E. Ueuss. Li;s FORÊTS DE LA GRANDE-BRETAGNE L'étendue tolale de l'Kcosse est d'environ 8,080,000 heeUircs, parmi lesquels on compte à. peine 2 millions en terres arables, forêts et gazons ; les trois quarts de la superficie sont occupés par les landes, les eaux des lacs et des rivières, les tourbières et les ro- chers nus. Il y a lieu d'être surpris quand, à côté de ces immensités en terrains vagues, les tableaux du ministère du commerce, publiés en 187:2, accusent seulement 296,784 hectares de terrains boisés. Tout fait supposer qu'à une période reculée le sol de l'P^cosse, aussi bien dans les basses terres que dans les terres hautes, a été recouvert d'épaisses forêts qui ont été successivement détruites par le fer et le feu des conquérants, les luttes de l'époque féodale et les effroyables tempêtes qui bouleversent certains districts à des inter- valles à peu près réguliers. La dévastation fut complète, et, en 1707, de toutes les vieilles forêts calédoniennes il ne restait plus que (|uel- ques lambeaux dans l'état le plus misérable. L'union des deux royau- mes inaugurait une ère nouvelle de calme politique, pendant laquelle le temps et les merveilleuses capacités forestières du sol et du climat auraient ccrlainemenl réparé bien des désastres si un enniMui héré- ditaire, plus redoutable que tous les autres, le mouton, n'était resté attaché aux flancs de la forêt. Les lords et les grands propriétaires fonciers s'émureni enfin d'un tel état de choses, les premiers ils sentirent la nécessité de restaurer les parcs qui entourent leurs demeures seigneuriales, et d'égayer par des massifs de verdure la teinte morne de la bruyère sans lin ; il fallait aussi, dans ces immenses solitudes où le patinage cl la 400 ANNAi.Ks Dv. L \ sniENcr: AnnoNOMiorr. cliassc sont les seules sources de revenu, créer quelques abris au bœuf Jii/jhlandey, nu mouton à tèle noire et nu cerf d'Ecosse. Bien- tôt les petits propriétaires suivirent l'excniplc des seigneurs ; grâce à rinleliigent patronage de la Société fondée en 1757 sous le nom de Société choisie d'Edimbouru, la surface boisée s'étendit progres- sivement et, en 1812, l'Ecosse possédait, outre 200,000 hectares de forêts naturelles, 160,000 hectares de forêts plantées. L'époque de 1815 marque un temps d'arrêt dans une ère de reboi- sement si vaillamment ouverte ; ce n'est pas ici la place de recher- cher les causes de ce phénomène économique, nous devons toutefois signaler, comme ayant exercé une influence des plus fâcheuses sur l'exploitation rationnelle du sol, la constitution de la propriété sous le régime de la loi de 1636. En vain les Parlements écossais ont cherché à réagir contre les dispositions trop draconiennes de cette loi, dont la principale conséquence est d'engager les propriétaires à ne se considérer que comme usufruitiers des domaines frappés de substitidion et, par suite, de ne leur laisser qu'un intérêt médiocre à améliorer le fonds pour en augmenter la valeur vénale. Dès l'instant où on cessait de planter, l'étendue de la surface boisée devait diminuer rapidement ; car, quel que soit le mode de traite- ment appliqué aux forêts ouvertes sans réserve au pâturage du mouton, toute réalisation du matériel, qu'elle soit la conséquence d'une exploitation hasardée ou d'un accident de force majeure, équivaut à un défrichement. C'est ainsi que les relevés de 1872 accusent pour les forêts une diminution de plus de 60,000 hectares comparativement aux cbiffi'es de 1812. Sont-ce les parcelles natu- relles ou les forêts plantées qui ont disparu pendant cette période de 60 ans ? Les documents officiels sont muets à cet égard, mais il y a tout lieu de supposer que le déboisement a porté aussi bien sur les unes que sur les autres ; car, d'une part, la création du chemin de fer des hir/ldatid a nécessité l'emploi d'un grand nombre de tra- verses que l'on a pu se procurer sur place dans des bois âgés de 50 à 80 ans; d'autre part, la facilité des transports donnait, à cause de la rareté des bois en Angleterre, à de vieilles parcelles peuplées en bouleau, une valeur inattendue et bien faite pour tenter les pro- priétaires. LKs FomVrs dk la orande-bretagne. 407 Depuis 1870, on semble reprendre avec ardeur les travaux sus- pendus pendant trop longtemps et, sur bien des points, on aperçoit déjeuné'^ plantations qui s'élancent avec vigueur et semblent se bâter de grandir pour combler le vide qui les sépare de leurs aînées. Au point de vue forestier, l'Ecosse peut se diviser en deux régions bien distinctes, séparées par une ligne fictive qui, parlant de Perlli au fond du golfe du Tay, aboutirait à Greenock à l'emboucbure de la Clyde. Au sud de cette ligne se trouvent les basses terres, où l'industrie a donné la main à l'agriculture pour constituer une des contrées les plus ricbes du monde, et la cbaîne des monts Cheviot, convertie dans toute son étendue en excellents pâturages à mouton. La situation économique est aussi prospère que possible dans cette plantureuse région et l'exploilalion raisonnée du sol ne devait y ré- server qu'une place insignifiante à la culture forestière. Au nord, au contraire, se développe l'àpre massif des Grampians, dont les nombreuses ramifications étendues dans toutes les direc- tions, forment cette rude contrée, rappelant dans ses profils la côte •occidentale de la presqu'île Scandinave ; on dirait que dans des temps géologiques antérieurs au nôtre, les immenses glaciers du pôle, s'écoulant par-dessus la mer du Nord solidifiée, ont passé sur la baute Ecosse, en ont poli et usé les montagnes, creusé les lacs et découpé les rivages. Ici la culture des céréales est confinée sur quelques points privilégiés, vers l'embouchure des fleuves et sur les bords de la mer, où les limons glaciaires constituent un sol des plus fertiles ; tout le reste est couvert parles eaux et par la bruyère. C'est ainsi que sur les 5,252,000 beetares de cette région, on en compte à peine 047,000, ou moins de un buitième en terres arables, en forêts et en gazons. Si de ces 4,005,000 beetares absolument dépourvus de toute culture on attribue la moitié aux lacs , aux escarpements nus et aux cimes arides, il restera encore ])lus de 2 millions d'hectares en sol capable de nourrir de belles et bonnes forêts. 11 y a là un beau problème économique à résoudre pour l'es- prit d'initiative de la nation anglaise et, ])our ses capitaux, un vaste champ à féconder. Dans cette dernière région, ({ui devait tout spécialement nous 408 ANNALES DE LA SCIENCE AGUONOMIQUE. attirer, les distiids de Pertli, d'Elgin et d'Inverness sont ceux qui renferment les plus grands massifs lurestiers ; on y compte 100,000 hectares de terrains boisés. C'est aussi dans celte région desservie par un chemin de fer que les forêts sont le plus abordables. Partant de Pertb, nous avons traversé l'Ecosse de l'une à l'autre mer en faisant escale à Dunkeld, à Blair-Athole, Aviemorc, drandtown, Forres, Inverness et Beaidy. Nous avons pu ainsi, tout en visitant spécialement les forets, nous rendre compte de l'aspect généi-al do la région. Partout, à quelques pieds au-dessus du niveau de la mer, comme sur les flancs des montagnes à 1000 mètres d'altitude, dans les sables de la dune, comme sur les schistes, les grès rouges, les granits et les gneiss de l'intérieur du pays, nous avons été frappé des merveil- leuses condilions que l'humidité constante et l'uniformité du climat offrent à la végétation forestière. Dans les basses terres, jusqu'à 150 mètres d'altitude, on rencon- tre sur le bord des routes, à l'état darbres isolés, dans les forêts à l'état de massif, les grandes espèces feuillues, telles que : le chêne, l'érable, l'orme, le frêne, le hêtre et le tilleul ; par leur vigueur, la richesse et la coloration du feuillage, tous témoignent des conditions favorables de sol et de climat dans lesfjuels ils végètent. On reste frappé d'admiration en contemplant les colosses de toutes essences qui bordent les avenues de Scône, de Dunkeld et de Blair-Alhole. C'est dans une dépendance de l'un de ces domaines princiers que le doyen vénéré des forestiers écossais nous montrait avec orgueil une forêt de 150 hectares plantée en chêne pur il y a 60 ans, et dont les arbres^ espacés de 8 à 10 mètres dans tous les sens, ont de O^j.SSà O^j^ô de diamètre ; leurs cimes touffues forment un couvert complet sous lequel s'abrite un fourré de rhododendron où pidlulent des familles de faisans. Au printemps ce doit être une promenade féerique; mais, à part le sous-bois dont la luxueuse plantation ne convient guère qu'aux forêts des Nababs, cette superbe futaie d'ar- bres isolés nous donnait à réfléchir, car il y a peut-être là une des inconnues à trouver pour la solulion du difficile problème de l'édu- cation du chêne pur en futaie. Dès qu'on frnnrhjt l'altitude de 150 mèlros, on entre dans le climat LES FORlVrS nK L.V r.nAXDE-BnETAONE. 400 de montagne ; le pin, le mélèze et le bouleau restent les seuls maî- tres du sol. Certainement ceux qui ont créé les Ibièls à la fin du siècle dernier, ont donné une preuve éclatante de leur sens prati- que ; appelés à faire grand dès le début, ils ont choisi l'essence indi- gène, le pin sylvestre d'Ecosse ; c'est ainsi qu'ils ont assuré la fortune de leur œuvre et tracé la voie à suivre par leurs successeurs. Ils ont eu aussi la main heureuse en introduisant le mélèze qui, transplanté des cimes glacées des Alpes dans la région tempérée par le Gulf- Stream, s'est naturalisé sans paraître souffrir d'un aussi brusque changement de latitude. Quand, en illil , le duc d'Athole a raj»- porté dans ses bagages, comme souvenir d'un voyage dans le Tyrol, les premiers mélèzes plantés dans son parc, il a rendu un véritable service à son pays. Les résultats obtenus au moyen de ces deux seules essences sont réellement mei'veilleux ; pour qui a visité la grande forêt de mélèze plantée en 1815 sur les rives du charmant lac Ortie, et l'immense rideau de pin qui se déroule au pied de la montagne de Brand-Vood à Grandtown, la question du reboisement de l'Ecosse est résolue. 11 n'est pas étonnant qu'à une époque où le hêtre n'était pas em- ployé comme bois d'industrie, on ne lui ait pas réservé la plus petite place dans les plantations; à l'avenir il serait peut-être bon d'être moins exclusif à son égard, c'est, de nos jours, une essence précieuse, certainement indigène comme le pin et le bouleau et qu'on pourrait utilement substituer à ce dernier ou mieux encore mélanger avec lui sur bien des points. Étant donnés les éclatants succès obtenus avec le mélèze, peut-être ne serait-il pas trop hardi de tenter la naturalisation du pin de montagne dans les tourbières? Ces immenses éponges recouvrant des cantons entiers, distillent les eaux noires qui donnent à tous les fleuves et à tous les lacs d'Ecosse leur teinte sombre caractéristique ; elles ne sont utilisables que par le médioci-e combustible qu'on y exploite et, si l'on parvenait à en reboiser une moitié, il resterait encore bien assez de tourbe dispo- nible pour subvenir aux besoins des distillateurs de Whisky. Tous ces grands massifs créés de toute pièce et pour répondre à des besoins multiples, devaient réserver plus d'une surprise à des forestiers de l'Ecole française, habitués à vivre dans la série amé- 410 ANNAI.ES DE LA SCIENCE AG ROXOMIQTTE. nagoe cl ;"i ne rechercher dons la forêt qu'un champ de production ligneuse. Dès nos premiers pas nous sommes arrêtés par des barrières ; tous les massifs sont entourés de clôtures, et le régisseur emporte toujours la clef de ses forêts dans sa poche. Comme on a coutume de les employer dans le Jura pour les bêtes aumailles, ici ces bar- rières, ces clôtures si coûteuses, sont faites pour garder les moulons et les cerfs ; c'est avec intention qu'on enferme ainsi le loup dans la bergerie. Ce qui devait aussi nous frapper, c'est la monotone régu- larité des peuplements dans leur âge et dans leur consistance ; tout témoigne de leur origine aitificiellc et de l'absence complète d'ex- ploilalions raisonnées. La forêt grandit telle que la main de l'homme l'a créée ; le sous-bois naturel, sans cesse brouté par la dent du bétail, ne perce nulle part, et, malgré ses immenses ressources, la nature reste impuissante à modifier le travail du planteur ou à ré- parer les erreurs du bûcheron. Quand la bourrasque d'une exploi- tation radicale ou celle de la tempête viennent à passer sur un massif, il disparaît sans qu'il subsiste aucun lien entre la forêt du passé et celle à refaire pour l'avenir; c'est du moins ce que nous avons constaté partout dans le bassin du Tay et de ses affluents; et plus loin encore au pied du Cairn-Gorn. A quelques pas d'un château auquel reste attaché un des plus agréables souvenirs de notre voyage, nous avons rencontré ce qui fut jadis un grand domaine forestier. Il y a "^O ans, la forêt tout entière a été convertie en traverses de chemin de fer; aujourd'hui il n'en reste rien, (pie des souches noir- cies parole temps et des racines décharnées qui jonchent le sol en lui donnant l'aspect d'un immense ossuaire. Quel spectacle navrant de la forêt en ruine! Le propriétaire actuel fait tous ses efforts pour reconstituer l'ancien état boisé; mais, avec un système d'exploita- tion mieux entendu, on lui eut épargné bien du temps et de la dépense. En eflet la perpétuation de la forêt par les seuls moyens naturels semble bien facile en Ecosse; deux véritables observateurs nous ont mis à même d'en juger en nous montrant les essais tentés dans cette voie avec l'appui des intelligents propriétaires des domaines qu'ils régissent. Nous avons admiré les ri'sullals obtenus par eux aussi LES FORINTS TtV. I. A (■lî.WnK-nUKTAriNE. 411 bien à Grandtow qu'à Beaiily et les forestiers les plus exigeants ne trouveraient pas le plus petit reproche à faire à l'excellence de leur métliocle. Rien ne manque à la théorie, pas même les arbres excep- tionnellement réservés sur la jeune foret née de parents connus. Le procédé suivi est des phis simples : chasser le gibier, exproprier le movlon, éclaircir prudemment le massif et enlever successivement les porte-graines au fur et à mesure que le jeune repeuplement se forme et grandit. Toutefois, il ne faudrait pas considérer comme définitif et sans appel l'arrôtde bannissement que nous venons de prononcer contre le mouton ; car s'il faut à tout prix l'éloigner des jeunes bois, i)lns tard il .'^era possible de le cantonner et nous sommes convaincus (jue, dans une foi'èt régulièrement traitée, le pâturage restreint aux seuls cantons défensables donnera plus de profit qu'une bruyère aussi étendue que la forêt tout entière. En effet, nous l'avons cons- taté partout et nous ne craignons pas d'être contredit sur ce point, la végétation forestière tue la bruyère, et tous les sols, quelle que soit leur origine géologi(pic, se couvrent d'un tapis complet de ver- dure sous les peuplements âgés de phis de 30 ans. Si donc on consi- dère la forêt comme défensable à cet âge; si, adoptant une révolu- lion de 120 ans, on met en réserve les bois âgés de plus de 100 ans pour en obtenir la régénération naturelle, la moitié de la forêt sera ouverte au parcours ; dans cet espace on pourra certainement nourrir plus de moutons qu'on ne sauiait le faire dans une lande d'une surface double. Mais si la réglementation du pâturage est la condition nécessaire lorsqu'il s'agit simplement de créer une forêt, elle n'est pas suffi- sante lorsqu'il s'agit d'en tirer profit. Jusqu'ici, nous avons le regret de le constater, rien n'a été fait en Ecosse pour donner à la propriété boisée sa véritable situation éco- nomique. Les facultés productives du sol et du climat ont été mises en œuvre par des arboi'iculteurs habiles; sous leur impulsion, les seules forces de la nature ont accumulé un matériel considérable ; mais toutes ces richesses sont là, exposées à l'insouciance des uns, à l'inexpérience des autres, attendant que la main d'un forestier vienne, par des aménagements raisonnes, leur imprimerie véritable 412 ANNALES DR LA. SCIENCR AGRONOMIQUE. cachet économique de foute propriété agricole ou forestière, le lappoit soutenu et l'amélioration constante de la production. Certes il ne faudrait pas rendre les forestiers écossais responsa- bles d'un aussi regreltable état de choses ; tous ont compris depuis longtemps que la gestion des forêts qui leur sont confiées, laissait beaucoup à désirer; mais, quels que soient leurs eflbrts, ils sont impuissants à faire triompher des idées dont la simple notion n'existe même pas dans le public le plus éclairé. Ils ont à lutter tout à la fois contre le pâturage, contre la routine, contre l'économie des uns ou la j)r()digalité des autres, et comme si tant d'ennemis conjurés ne suffisaient pas à abattre leur courage, ils ont encore à compter avec les fantastiques folies des chasseurs des deux mondes ^ C'est ainsi qu'en étudiant tous ces faits nouveaux pour nous, qu'en devisant de tout et encore de la forêt, nous avons terminé à Beaulv la série de nos excursions en Ecosse. Nous quittions avec regret une contrée aussi pittoresque, aussi intéressante, où l'étude et le souve- nir des choses s'allie pour nous à un vif sentiment de reconnaissance envers les personnes. En disant à l'Ecosse le Good-bye consacré, nous ne pouvons nous empêcher de lui présager un bel avenir fo- restier; car il ne faut pas être un bien grand prophète pour tout promettre à une région qui nourrit en même temps le chêne, le hêtre, le mélèze et le pin, où l'on voit fructifier et s'élever en arbres de première grandeur. les Abies Duuglasii, nobilis, Menziezii, les Sefjuoids, les cèdres, en même temps que V Araucaria imbricata et tant d'autres belles espèces exotiques qui ne font que languir misé- rablement sous le chmat de Paris. Un mot encore sous forme d'avis ; le moment nous semble venu de décider du sort de tant de richesses forestières qui courent le risque d'être compromises précisément à cause de la valeur qu'elles acquièrent tous les jours. Le bois de pin propre au sciage vaut déjà 25 fr. le mètre cube; celui de mélère se paie le double ; nous pour- rions citer tel peuplement en pin d'Ecosse âgé de 80 ans valant, 1. Une chasse au cerf, dans une lande improductive, vient d'être louée à un ricliis- sime américain, pour une somme fabuleuse de 250,000 fr., à payer annuellement pen- dant neuf ans. LES FORÊTS DK LA (IR.VNDF - BRETAGNE. 413 7,500 fi". par hectare ; tel autre, en mélèze, estimé plus encore ; une iorèt de 650 hectares peuplée en pin a été vendue, il y a rpielques années, 2,300,000 fi". , à raison de 2,000 fr. par hectare ; lespinemrics créées dans la dune de Forres trouvaient acquéreur à raison de 3,000 fr. par hectare lorsipreiles sont âgées de 45 à 50 ans ; le jour même de notre passage à Grandtown, le régisseur venait de traiter une fourniture de bois de bouleau pour une somme de 50,000 IV. Tous ces chiffres peuvent être gros de conséquences; les proprié- taires de forêts doivent y rélléchir; ils feront bien de se renseigner avant de trop couper, il est temps encore pour eux de profiter des sévères leçons du passé. Le bon Lafontaine a été maîti'c des eaux et forêts, qui sait si dans sa pensée il ne s'adressait pas à des forestiers en racontant la fable de la poule aux œufs d'or? Sans doute les grands mots d'aménagiste et d'aménagement sont faits pour effrayer bien des propriétaires ; à ceux-là nous conseil- lons d'oublier le mot tout en préparant la chose. Rien ne sera plus facile, après une reconnaissance détaillée d'un domaine forestier, (pie de le fractionner en un certain nombre de parcelles, et, dans chacune de ces divisions présentant des conditions uniformes de sol et de peuplement, de compter les arbres ayant plus d'un mètre de tour en les classant par catégories de grosseur. On ouvrira ensuite à chaque parcelle un compte séparé sur lequel les chiffres de Tinven- laire figureront à son débit, et où seront inscrits à son crédit les volumes enlevés par chaque exploitation; l'examen d'un tel registre permettra toujours de porter les coupes dans les parcelles les plus riches en laissant reposer celles qui paraîtraient fatiguées, et les bilans partiels rendront un compte exact de l'état plus ou moins pros- père de la propriété. Certainement après 10 ans de ce régime un aménagement s'imposera de lui-même et l'ordonnance du médecin ne fera plus pour au malade. Mais notre programme n'était pas rempli et de nouvelles excur- sions nous attendaient dans la vieille Angleterre. En ipiatrc jours nous courons d'Inverness à Windsor par le canal Saint-Georges, Oban avec séjoiir pour visiter la grotte de Fingall, Edimbourg, Car- lislc et la ligne du Midland. 414 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Ce n'esl pas en cinij heures d'une course rapide qu'on peut étu- dier ^Yindsor, y l'ùL-on conduit par quatre pur sang sous la direc- tion du meilleur des guides. L'histoire de ce parc splendide a été pubUée avec un luxe tout princier par M. Simons, le regretté prédécesseur du conservateur actuel ; c'est presque refaire l'histoire de l'Angleterre (juc de suivi'c dans toutes les phases de son développement un domaine où, depuis Guillaume le Conquérant, chaque souverain a donné son nom à l'arbre d'un carrefour. Windsor est le Westminster abbaye des végétaux en Angleterre, l'archéologie y lient plus de place que la sylviculture et les représentants de la faune y sont presque aussi nombreux que ceux de la flore. Toutefois le forestier, reléguant sa science au second plan en face d'exigences pittoresques ou artisti- ques non moins respectables, y trouvera le plus beau champ d'étude de botanique forestière que l'on puisse rêver; on rencontre sur son chemin, soit à l'étal isolé, soit sous forme de massif, des spécimen^ de toutes les belles essences indigènes ou exotiques croissant en Angleterre, et le soin qu'on a pris d'étiqueter l'âge et l'origine de chaque plantation permettrait d'y poursuivre les expériences les plus intéressantes sur le développement des grands arbres. 11 serait plus difficile d'en faire sur leur longévité, car on serait tenté de croire que, dans cette terre sacrée, les arbres ne.meurent pas de vieillesse. On retrouve dans ces reliques vivantes l'empreinte de cette sorte de religion des choses innée chez l'Anglais : au souffle d'un peuple qui sait vouloir et dicter ses volontés, les révolutions les plus violentes ont passé partout en respectant les monuments et les arbres ! Tour à tour arboriculteur, officier des chasses, directeur d'ateliers installés pour le royal ouvrier dont la mémoire est vénérée dans toute rAiiglclcrre, conservateur d'un musée des antiques, le régis- seur de Windsor n'a plus un instant de loisir pour être forestier. Est-ce faire de la sylviculture que de préparer des armures en fer pour préserver les preux de la Ibrèt dans la lutte qu'ils soutiennent contre les éléments, ou dresser une béquille au pied de l'invalide amputé d'un membre pendant la dernière tempête? Pour (|ui vient d'Ecosse, aller de W^iiidsor à la forêt Neuve, n'efrt LKS FORÊTS DK LA CUANDE - BRETACrNK. 415 pas faire un grand voyage; ([nelqiies heures sufllseiil pour nous transporter des bords de la Tamise à la baie de Soutbanipton. Aussi vieille que le parc de Windsor, la foi'èt Neuve n'a pas comme lui la bonne fortune d'être la dépendance irune résidence royale. Un sol trop ingrat a pu la préserver du défrichement même 'à une époque où la terre labourable s'estimait plus par son étendue que par sa fertilité ; mais, par contre, il a attaché à ses flancs une po- pulation pauvre, condamnée ta vivre des ressources de la forêt et qui, par des abus inconscients, la menaçait d'une ruine certaine. Pendant des siècles, la forêt Neuve a été la proie d'usagers (ipi l'exploitaient sans méthode et sans frein ; aussi l'on peut y constater que si la bruyère avance moins vite derrière les pieds des ponies que der- rière ceux des moutons, elle ne marche pas d'un pas moins sûr. Le seul remède à un tel état de choses était le cantonnement des droits d'usage, à tout prix il fallait faire la part du feu, abandonner une partie pour sauver le reste; c'est ce qui a été fait il y a environ 20 ans. Le sacrifice a été g'rand, car pour affranchir 5650 hectares il a fallu en céder près de i20000. Mais du moins la partie dégrevée pourra se reconstituer et donner un jour une bonne forêt, tandis que les cantons devenus la propriété exclusive des usagers se consu- ment dans une agonie qui les conduit sûrement à la lande inculte et stérile. Ce n'est pas en 20 ans (lu'ou refait une forêt aussi maltraitée; loul d'abord il fallait aller au plus pressé et remettre le sol en état de production ; on a repeuplé en résineux les grandes taches de bruyère, et depuis quelques années les forestiers régisseurs cher- chent, par une mise en défens soigneusement observée, à rempla- cer par déjeunes repeuplements naturels les vieux prés-bois autre- fois pâturés par les chevaux. Maisquels que soient les soins apportés à cette œuvre de restauration, il faudra 50 ans avant qu'on puisse soumettre le massif à un système d'exploitation régulier et suscep- tible de fournir un revenu constant. Aujourd'hui des peuplements contigus offrent entre eux les contrastes les plus bizarres; ici ce sont de jeunes pins sylvestres plantés en mélange avec des chênes, ail- leurs des chênes purs languissent sur un semis de châtaigniers ; à côté, des pins et des hêtres indi([uent par le bon état de leur végé- 416 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. tation, que c'est sur eux (ju'il faut surtout compter [)our assurer l'avenir; plus loin encore on rencontre un niassif de hêtres sécu- laires dont l'imposante majesté évoque le surnaturel; on s'allcnd à voir passer derrière ces troncs fantastiques l'ombre de Guillaume le Roux poursuivant le sceptre de Tyrrel. Sans contester les attraits ar- tistiques qui font de la furet Neuve un lieu de rendez-vous si cher aux amants de la nature, nous devons déclarer qu'avant longtemps, ce n'est pas là que le forestier, désireux d'enseigner son art, pourra planter sa tente. Revenu à Liodshurt, nous ne pouvions plus disposer que de trois jours et il entrait dans notre programme de visiter encore la forêt de Dean, aussi c'est presque à travers un rêve que nous l'avons en- trevue. L'emplacement où fut autrefois la vieille forêt de Dean, la vraie, celle qui a donné son nom à un important district industriel, se trouve dans l'angle formé par le golfe de la Severn et le bas cours de la rivière Wige. L'immense forêt galloise ' a disparu presque en- tièrement pendant les derniers siècles; et dans la crainte d'être accusé de partialité nous n'ajouterons pas ce nouveau méfait à la charge du pâturage, nous aimons mieux supposer qu'elle a été con- vertie tout entière en charbon ou en poteaux de mine pour les be- soins de l'industrie locale. C'est sur ses ruines qu'on a créé la nou- velle forêt de Dean, dont les plantations entreprises il y a moins d'un siècle, occupent déjà 6500 hectares sur les 9000 qui composent le domaine. Les peuplements ont été formés en chêne presque pur; les hêtres, les châtaigniers et les bouleaux disséminés entrent à peine pour quelques centièmes dans le mélange ; les résineux représentés par l'épicéa, le pin sylvestre et le mélèze ne se rencontrent guère que dans les cantons repeuplés depuis moins de 30 ans ou dans les mauvaises parties tourbeuses. La végétation, assez belle en géné- rai, varie suivant les qualités du sol, mais partout elle porte le cachet de l'origine artificielle des peuplements. C'est ici l'occasion de faire remarquer combien la forêt j)lantée en bois feuillus est plus longue à se reconstituer que celle plantée en essences résineuses; tandis qu'en Ecosse les massifs de mélèze et de pins sont superbes 1 . Beau, dén, forêt en langue celtique. LES FOUETS DE LA (iUANDE-BIlETAGNE. 417 de végélalion, ici les chênes restent courts et ont à peine 4 à 5 mè- tres de fût. Il fiîut en chercher la cause dans ces faits que les chênes donnent bien moins de détritus (juc les résineux et que dans les forêts plantées on ne trouve pas toutes ces essences secondaires spontanées dont les débris organiques aui^inentcnt l'épaisseur de la couverture (jui entrelient la surface du sol dans un état de fraîcheur constant. Aussi, loi'squ'on repeuple en chêne un terrain médiocre et depuis longtemps déboisé, il faut presque une vie d'arbre pour rétablir le sol dans des conditions convenables pour la végétation foreslière,et ce n'est guère qu'à la seconde génération qu'on peut voir de tels peuplements entrer dans la phase de la production normale. En attendant la maturité des bois les plus âgés, on se contente d'y faire des éclaircies qui sont conduites avec sagesse. On peut dire que la forêt de Dean est une forêt d'avenir, elle est du reste entre bonnes mains et la réglementation du pâturage, assurée par des actes qui remontent à Charles 1", la préserve des plus graves dan- gers à craindre de ce côté. Après une longue promenade dans la forêt plantée, on se sent envahi par un sentiment de tristesse qui ne peut être attribué qu'à l'aiisencc du sous-bois; sans lui, la forêt est morne, sans vie, et le regard se perd dans la vague uniformité de teintesdont rien ne vient interrompre la fade monotonie ; aussi c'est avec un véritable soulage- ment que nous hâtons le pas pour arriver dans un canton où l'on nous annonce un taillis sous futaie. Enfin et pour la première fois nous allions entrer dans une série aménagée et régulièrement ex- ploitée! Nous pénétrons dans l'ancien domaine de lord Gage, acheté par la Couronne dans le but primitif d'en faire une dotation; cette forêt s'étend sur 1875 hectares, elle est aussi en chêne presque pur et depuis plus de 100 ans elle a été exploitée en taillis sous futaie à la révolution de 18 ans. Ce serait bien ici l'occasion d'applique)' le vieux mot de futaie sur taillis, car le sol est presque entièrement couvert de chênes de toutes catégories, croissant isolés dans les meilleures conditions de végétation. On peut compter près de 200 arbres par hectare depuis le baliveau de l'âge jusqu'à l'ancien G fois réservé, tous étalant une cime superbe sur des fûts de 7 à \'o mètres de hauteur; les taillis ANN. riClBNCt; AGHON. 27 418 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. sont nécessairement écrasés sous la l'éscrve, mais quelle richesse et quel avenir dans un tel peuplement ! Les plus gros arbres ont main- tenant 0'",35 à 0'",45 de diamètre ; pour les couper il faudrait atten- dre qu'ils en eussent 0™,G0. Dès aujourd'hui cette série formerait un curieux champ d'expérience pour Télude de la production du sol dans les forêts bien traitées en taillis sous futaie. Tels sont les caractères généraux des forêts que nous avons eu la bonne fortune de visiter, grâce à la bienveillance du bureau des forêts, à l'office des Indes, grâce aussi à l'extrême obligeance des lords propriétaires et de messieurs leurs régisseurs. Si notre rapide voyage s'est accompli dans des conditions aussi agréables qu'instruc- tives, il faut en attribuer tout le mérite a notre excellent ami, le co- lonel Pearson, qui, en nous conduisant avec une précision toute britannique, a gagné le pari de nous faire étudier, en moins de trois semaines, plus de 100000 hectares de forêts disséminées sur les points les plus divers de la Grande-Bretagne, depuis le cap Dun- cansby jusqu'à la pointe Sainte-Catherine. Nancv, le 15 décembre 1881. L. BoppE. EXPERIENCES FAITKS A LA FERME DE L'INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE suu LA PRODUCTION DU FUMIER PAR MM. A. MÛNTZ ET A. Gh. GIRARD Les expériences entreprises en 1885, à la ferme de i'Instilul national agronomique, forment la suite et le complément de celles qui ont été instituées en 1883, également à la ferme de l'Institut agronomique, au point de vue de la production du fumier, etcjuiont été publiées dans le Bulletin de h Société des agriculteurs de France. Nous avons eu surtout pour but d'étudier le rapport entre les éléments fertilisants, donnés dans les aliments et ceux qu'on retrou- vait dans le fumier; c'est-à-dire la déperdition de ces éléments dans des conditions diverses, mais se rapprochant toutes de la pratique agricole. Le but spécial auquel on se proposait d'arriver et qui a été le point de dé[>art de ces études est celui-ci : déterminer quelle est la quantité de matière fertilisante qu' apportent au sol les moutons soumis au parcage. Mais cette «luestion n'a pu, dans la première série d'expériences (1883), être conq)lètcment résolue; elle est traitée à nouveau et dans des conditions dilTérentes, dans le cours des recherches que nous exposons ici. — D'autres points ont été 420 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. soulevés siibsidiiui'cnienl ; ils présenlenl une imporlance praliiiuc telle, que nous avons cm devoir nous en occuper activement. Déjà, dans les dei'nièies expériences, nous avons fait ressortir la dépei'dilion énorme d'azote qui s'effectue dans la pratique de la sta- bulalion du mouton ; nous avons, celte année, remis cette question à l'étude, en variant la litière et en variant ralimcnlatioii... Ainsi dans un cas on a donne comme litière de la paille ; — dans un autre de la terre; — dans un cas comme aliment, de la luzerne fraîche; — dans un autre de la luzerne sèche. Les points spéciaux que nous nous sommes proposé d'élucider dans le cours de celte étude ont donc été ceux-ci : 1" Déperdition des éléments fertilisants dans les conditions ordi- naires de la stahulation des moutons : A. Alors qu'ils sont nourris auvert. B. Alors qu'ils reçoivent une alimentation sèche. :2° Délermination de la quantité d'éléments fertilisants leslilués au sol dans la prati(|ue du parcage, pour une quantité connue d'élé- ments ingérés. o" Comparaison entre la lilière de paille et la litière de terre, au point de vue de l'absorption des substances contenues dans les dé- jections. Nous commencerons par appeler l'allenlion sur les diffi('ullé^ que présentent des recherches de cette nature et dont la principale est, sans contredit, le prélèvement d'un échantillon moyen. Dans les masses peu homogènes que présente la luzerne, soit à l'état sec, soit à l'état frais, on peut arriver avec quelque certitude à prélever un échantillon pouvant remplacer l'ensemble du lot considéré, en opérant sur de grandes quantités de matière (ju'on divise au hache- paillc, et sur Lesquelles on peut opérer ensuite un mélange à peu près suffisant; mais celte prise d'échantillon se complique de celle des déchets laissés dans la mangeoire et des parties que les ani- maux ont fait tomber sous eux et qu'ils ont piétinées. L'échantillonnage du fumier est encore beaucoup plus difficile; l'homogénéité de Ta masse ne peut pas être obtenue; il y a en effet des parties de consistance et de composition très diflercntes, soit qu'on emploie comme litière ou de la paille ou de la terre ; il faut KXPÉRIKNCKS SIU LV PRODUCTION DU FUMIKR. 421 alors diviser l'engrais recueilli en plusieurs lots, en réunissant, dans chacun d'eux les parties ({ui ont la même consistance cl une comjto- sition à peu près identique. Sur chacun de ces lots, dont la (juotité est déterminée, on prélève un échantillon moyen proportionnel à cette (juotilé, et ces divers échantillons, réunis en un seul lot, peu- vent représenter la masse de fumier sur laipiollo on a opéré. — Dans d'autres cas même, il est nécessaire d'analyser séparément chacun des échantillons représentant les divei-s lots. Les résultats se trouvent forcément affectés d'incertitudes et d'er- reurs tenant à l'impossihililé de prélever un échantillon rigoureuse- ment exact et à la multiplicité des analyses, dont le nomhre aug- mente les erreurs inhérentes aux procédés d'analyse. Il ne faut donc demander à des travaux de ce genre, effectués dans les conditions dans lesquelles nous nous sommes placés, que des renseignements en quehpie sorte sommaires et non [)as des données ahsolument exactes; il faut de plus s'attendre, quelques soins qu'on y ait apportés, à y rencontrer des anomalies et des con- tradictions de détail, sur lesquelles il faut passer, pour ne s'attacher qu'aux faits saillants qui indiquent le sens général des opérations. Nous décrirons une à une les trois séries d'expériences instituées dans le courant de cette année, poui- résoudre les questions que nous avons posées plus haut. — Nous avons dans les trois cas opéré sur des moutons appartenant au troupeau de la ferme de l'Institut agronomi(jue et comprenant des croisements des races southdown et solognote, âgés de trois à quatre ans. rREMlEP.K EXPERIENCE Emploi d'une liliêre de paiVe. — AUmenlatiou à la luzerne verte. Un lot de 25 moutons pesant ensemhle 8i4 kilogrammes, ce qui fait en moyenne 83'', 7 par tèle, a été mis en expérience le 15 juin 1885 au matin, après être resté préalahlcmnnt pcMidant six jours au régime qu'il devait suivre. Le sol dr la horgei'ii! ('lait hituiiK; cl avait une pente qui permet- tait rt'conicmciil, dans un Imnicau, (\<'s urines ponvanl ('cliappcr au 422 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. pouvoir ybsorbont de la litière. Celle-ci était composée de paille d'avoine, à raison de SS^SOO pour la durée de l'expéi-ience. Les moutons recevaient de la luzerne verte prise sur la première coupe du domaine de la ferme. Chaque soir, on fauchait le fourrage ; on le pesait et on le distribuait le lendemain en trois repas : le matin à 7 heures, l'après-midi à 1 heure, et le soir à G heures. Tous les deux jours on prélevait pour l'analyse un échantillon qu'on passait au hache-paille et qu'on séchait ; ces échantillons proportionnels réunis constituaient à la fin de l'expérience un échantillon moyen, représentant l'ensemble de la luzerne consommée. Tous les quatre ou cinq jours, on relirait des râteliers les décliets de consommation, c'est-à dire ce que les animaux avaient refusé de manger ; on les pesait, on les échantillonnait au hache-paille ; on en prélevait 1 p. iOOO du poids total qu'on séchait, et on réunissait ces différents lots à la fin de l'expérience. Outre les déchets des râlehers, il fallait tenir compte du fourrage que les moutons laissaient tomber sur la litière et qu'ils piétinaient. Ces déchets étaient soigneusement enlevés à la fourche une ou deux fois par jour; ils pouvaient, dans une certaine mesure, malgré les précautions prises, emporter une petite quantité d'urine et même de croltins. On les pesait de temps en temps et on les échantillonnait proportionnellement. La consommation de la luzerne a été : KIL. Du 15 au IS juin, de 150 kilogr. par jour, soit au total 450 Les déchets étant tiop abondants, on a jugé que la ration était trop élevée et on Ta diminuée. Du is au 2;] juin, elle a été de 100 kilogr. par jour, soit au total .... 500 A partir de cette date, tenant compte de l'appétit des animaux, on Ta de nouveau augmentée : Du 23 juin au 7 juillet, elle a été de 125 kilogr. par jour, soit au total. . 1,750 Luzerne donnée 2,700 L'expérience a duré 22 jours, du 15 juin au matin au 7 juillet au matin. Les déchets retirés dos râteliers pendant cette période, se sont élevés en totalité à 3iS Les déchets de consommation séparés de la litière 105 Soit parties non consomniécs 45^ EXPÉRIENCES SUR LA PRODUCTION DU FUMIER. 423 Il convient de retrancher ce poids de celui de la luzerne donnée et on voit ainsi que la quantité réelle de fourrage consommé s'élève à -.',700 kilogr. — 4.j3 kilogr., soit 2,:47 soit par jour et par tête 4,0Sô On a mesuré la quantité d'eau bue pendant la durée de l'expérience ; elle a été de i'Jj litres, soit par jour et par tête 0',190 A la lin de rexpérience, le 7 juillet au matin, on procède à la pesée du fumier produit par les moutons pendant les 22 jours d'ex- périence et à récliantillonnagc. — Le fumier était enlevé par cou- ches successives, stratifiées naturellement; sur toute la surface et en des points très nombreux, on prélevait, au moyen d'une fourche, des échantillons qu'on a tous réunis sur une surface propre. — Après un tîiélange très soigné, on a prélevé un nouvel échantillon qui a été coupé en petits morceaux à l'aide d'une hache ; sur cette matière divisée et sensiblement homogène, on a pi^élevé l'échantillon définitif qui a été séché à l'étuve, après avoir été arrosé d'une disso- lution d'acide oxalique, destinée à retenir les vapeurs ammoniacales qui se dégageaient en abondance, même à froid. Nous ferons remar- quer ici que pendant le maniement du fumier il se dégage des tor- rents de vapeurs ammoniacales , et qu'il se produit ainsi une déperdition notable. KIL. Le poids total du fumier s'élevait à 12G0,0 Si l'on retranche les SSI'.j de paille-litière, soit . . . 33,0 On constate que la production moyenne par jour et par tête s'est élevée à -^' ^-^ soit 2,230 de luiuier. 22 X 2o La litière avait du reste absorbé complètement les urines et on n'en a pas retrouvé dans le tonneau. Nous résumons dans le tableau ci-dessous les données précé- dentes : PAU JOUK ET PAR TÊTE. Luzerne consominuB. Eau bue. Fumier itroduit. Kil. 4,085 I.iU-cs. 0,î) Kil. 2,230 424 ANNALES DE L.\ SCIENCE AGRONOMIQUE. La luzerne consommée avait la composition suivante : Matières azotées . 4.2G Matières grasses et résineuses. . 0.7-4 Substances saccharifiabies ; . . 1.17 Cellulose brûle 5.09 Cendres 2.69 Matières pectiques, gomnieuses, etc 13.75 Kau 69.00 100.00 On a particulièrement dosé dans la luzerne, ainsi que dans les déchets retirés soit des râteliers, soit de la litière, les trois principes fertilisants: azote, acide pho.sphorique , potasse, et on a trouvé pour 100 : DÉCHETS DÉCHETS laissés recueillis dans les sur luzerne, râteliers. la litière. Eau 48.510 42.000 69.000 Azole 0.829 0.934 0.682 Acide phosphorique 0.211 0.244 0.146 Potasse 1.147 1.071 0.671 Si on rapporte aux quantités totales pour la durée de l'expérience, on trouve : Azote . . DÉCHETS dans les râteliers dans as kil. DÉCHETS sur la litière dans 105 kilogr. Dans les deux lots réunis. J^UZKRNE donnée dans a700 kilogr. Kil. 2,885 0,734 3,991 Kil. 0,981 0,256 l,12i Kil. 3,866 0,990 5,115 Kil. 18,414 3,942 18,117 Acide phosphorique. ....... Potasse Les moutons ont donc consommé en réalité, pendant la durée de l'expérience, la différence entre l'aliment donné et celui cpi'ils ont lai.ssé, soit : KUj. Azote 14,548 Acide phosphorique 2,952 Potasse 13,002 EXPÉRIENCES SUR LA PRODUCTION DU FUMIER. 425 Si nous passons mainlcnanl à la litière et au fumier, nous leur trouvons la composition centésimale suivante : Eau PAILLE-I^ITIÈUE. F U M I B U. 12,000 0,343 0,092 1,779 es, 300 0,;->13 0,259 1,200 Azote Acide phosplioriqiie Potasse Eu rapportant aux rpiantilés totales, on trouve Azote PAILI.E-LITlfcRE dans 33''S',5. FUMIEK dans 12G0 kilogr. Kil. 0,115 0,30S 0,o9C Kil. r.,/i6i 3,2G3 15,876 Acide phosphorique Potasse Les différences entre ces chiffres représentent la quantité aflë- rente aux déjections, soit : Azote Acide phosphorique. Potasse 6,349 2,955 15,2S0 Enfin, comme dernier élément de calcul, nous avons à considérer l'augiuentalion de poids des moutons ; ils étaient pesés toutes les semaines, le matin à jeun. On a obtenu les poids suivants : KIL. 15 juin Si4 23 — 8G5 30 — 857 7 juillet S74 L'augmentation totale de poids vif du commencement à la fin de l'expérience a donc été de : 30 kilogr. On sait, d'après des expériences antérieures, que dans le cas d'a- nimaux adultes, une augmenintion de poids vif de 100 kilogr. cori'cs- 42G ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. pond à la fixation de 36^30 d'azote ; les 30 kilogr. de poids acquis par nos moutons correspondent donc à la fixation de l^OSl) d'azote. Nous ne tenons pas compte de la fixation des principes minéraux qui est pi'esque nulle pour des animaux adultes. On peut, avec les données précédentes, établir la statique des éléments fertilisants : i° Acide pliosphoriqne et potasse. Dans le fourrage Dans consommé. les déjectiou8. Kil. Kil. Acide phosphorique 2,952 2,9ô5 Potasse 13,002 15,280 On voit que l'acide phosphorique a été retrouvé en totalité ; la déperdilion de potasse a été nulle; on a môme constaté un exoédent attribuahle à l'imperfection des prises d'échantillon et aux erreurs d'analyse réunies. 2° Azote. Pour l'azole, qui doit surtout nous occuper ici, la sta- tique est la suivante : KIL. P. 100. Azote fixé par l'organisme 1,089 soit 7.50 — retrouvé par le fumier 6,349 — 43.64 — perdu 7,110 — 48. 8G Azote consommé 14,548 100.00 Les résultats donnés dans celle première expérience n'ont de véritable signification que par la comparaison que nous ferons avec ceux des expériences suivantes ; nous n'insisterons donc pas en ce moment sur ces chiffres ; mais nous pouvons faire remartpier, en ce qui concerne l'azote, leur concordance avec ceux que nous avaient donnés nos précédentes études. Toutes les opérations que nous avons effectuées se rapprochent de celles de la pratique. Nous arrivons donc de nouveau à cette conclusion que dans les conditions normales de la stahulation du moulon, il y a une déper- dition d'azote d'enviion 50 p. 100. Ce chiffre est assez éloquent pour que nous soyons dispensé d'y insister; il montre quels efforts il reste à faire à l'ai'riculteur, pour éviter un fait aussi préjudiciable à ses intérêts. La perte de la moitié KXPKRIENCES SIJU LA l'KODUCTI(!fs DU PIJMIEU. 427 de l'élément qui constitue la principale valeur du fumier, équivaut en réalilé à un rendement en fumier moitié moindre, et si dans la prali(iue on pouvait arriver à éviter cette perte d'une manière com- plèle, c'est comme si avec un même nombre d'animaux et une même alimentation, on obtenait deux Ibis plus de fumier. DEUXIÈME EXPÉRIENCE Emploi d'une liticie de terre. — Alimentation à la luzerne verte. bistiluée parallèlement à la précédente, et dans des conditions absolument identiques, cette seconde expérience avait pour but de comparer la valeur de la terre à celle de la paille, entant que litière, et de se rendre compte, dans une certaine mesure, de la pratique du parcage, si communément répandue en agriculture. Cette litière de terre devait représenter le sol sur lequel on met les moutons dans la pratique du parcage. Il était en effet impossible de déterminer directement la quantité d'éléments fertilisants resti- tués à la terre ' par les déjections des animaux qui séjournaient à sa surface, car on ne peut pas évaluer exactement la totalité des prin- cipes utiles contenus dans un sol sur une surface donnée, et si nous avions analysé la terre du parc avant et après le passage des mou- tons, nous n'eussions pu arriver à aucun résultat tant soit peu précis; tandis que, de la manière dont nous avons opéré, en employant une quantité de terre limitée et rigoureusement connue, nous pouvions déterminer ce qu'il y avait à l'origine, dans cette terre, des princi- pes qui nous intéressent et ce qu'il y en avait après le séjour que les moutons ont fait à la surface. Nous avions ainsi constitué une sorte de champ artificiel, pouvant se comparer, dans une certaine mesure, à la surface d'un champ naturel et ayant des propriétés d'absorption semblables à celles d'une terre cultivée. La terre dont nous nous sommes servis était une terre sableuse, prise sur le domaine de la ferme de l'Institut agronomi(pie; elle avait été préalablement desséchée à l'air et ensuite passée à travers une claie de 1 cent. 5, on a ainsi enlevé les pierres et les mottes qui eussent pu gêner l'échantillonnage. 4065 kilogr, do cette terre ont 428 ANNALES Î)E LA SCIENCE AGRONOMIQUE. été répandus sur le sol bitumé do la bergerie, de manière à former une épaisseur de 20 à 25 cenlimèlres ; on a prélevé avec le plus grand soin un éclianlillon de cette terre, puis on y a installé les moutons. L'expérience a été faite simultanément avec la précédente et dans des conditions tout à fait semblables, sauf la litière. Un lot de 25 moutons pesant ensemble 862 kilogr. soit en moyenne 34'', 5, a été installé sur cette terre et soumis à l'alimentation par la luzerne verte. Comme précédemment, on a tenu compte des déchets retirés des râteliers ou de la surface du sol, ainsi que de la consommation d'eau. La luzerne, du reste, avait la même provenance que dans le cas précédent et a été distribuée exactement dans les mêmes conditions. KIL. La consommation totale a été de 2700,0 Les déchets retirés des râteliers se sont élevés à . ...... 289'', — de dessous les moutons se sont élevés à . . 2 14 /t La totalité des déchets est donc de 533,5 La consomniulion réelle du fourrage s'élève donc à 21G6,5 La quantité d'eau bue a été de ô3G lilres. - A la fin de l'expérience, on a enlevé le fumier. On observe nette- ment deux couches; la première constituée par une sorte de feutre, formé de déjections et d'un peu de débris de luzerne, le tout mé- langé d'une certaine quantité de terre. Cette couche a été pesée en premier lieu ; son poids est de 1G90 kilogr. Cette masse peu homogène a été divisée , puis mélangée à la pelle; un échantillon en a été soigneusement prélevé et mis à sécher avec de l'acide oxalique. Le dégagement d'ammoniaque était, d'ailleurs, bien moins intense que dans le cas de la litières pailleuse. La deuxième couche est constituée par de la terre presque intacte, et telle qu'elle était au début de l'expérience, c'est-à-dii-e (jue les déjections ont été retenues à la surface. Le poids de cette seconde couche est de 3290 kilogr. On l'a échantillonnée à part. Le poids total des deux couches s'élève par conséquent à 3290 -4- 1090 = ioSO La terre mise à Porigine pesait inor» Le fumier produit pèse 91ô expériencp:s sru la ninnucTiON du fumier. 429 Nous réunissons en tableau les données précédentes : P A K JOUR ET PAU TÊTE. Luzerne consommée. Eau bue. Fumier produit. Kil. 3,900 Kil. 0,9,S Kil. 1,G La luzerne consommée était la môme (jue dans la précédente ex- périence ; sa teneur en éléments fertilisants, ainsi tiue celle des dé- chets, étaient les suivantes : UB(HE1'.S DÉCHETS laissés dans retirés luzerne. les râteliers. de la terre. Eau 48.510 43.000 69.000 Azote 0.S29 0.945 0.G82 Acide phosphoriquc 0.211 0.210 O.llG Potasse 1.147 1.050 0.G71 Si un rappork' aux quantités totales, on trouve : Azote DECHETS des râteliers dans 289 kilogr. DÉCHETS sur la litière dans 214S5. Dans les deux lots réunis. LUZERNE donnée dans les 2700 kilogr. Kil. 2,39G Kil. 2,311 0,513 2,5G7 Kil. 4,707 1,122 4,8S2 K.l. 18,41 i 3,942 l,s,lt7 Acide phospliorique Potasse 0,G09 2,315 Les moulons ont donc consommé en réalité pendant la durée de l'expérience : Azote 13.707 Acide piiospiiorique 2.S20 Potasse 13,235 L'analyse de la terre a porté non pas sur l'ensemble de la matière qui contenait encore du gravier et de petits cailloux, mais sur de la terre fine séparée par le tamisage. On a déterminé pour un lot de terre la propoilion de terre fine et de gravier et on ne s'est occupé ainsi, comme on le fait d'ailleurs toujours dans l'examen d'une terre, 430 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. que des parties constituant la terre fine proprement dite, dans laijuellc résident les principes de lertililé et les propriétés absor- bantes. On a considéré comme ne jouant aucun rôle les parties grossières et on les a ainsi exclues de la discussion. Mais le calcul des résultats de l'analyse rapporte à la terre, telle qu'elle a été em- ployée, c'est-à-dire mélangée des parties grossières, les éléments dosés avant et après le parcage des moutons. L'azote a été déterminé par la cbaux sodée ; on n'a dosé que la potasse soluble, après avoir au préalable détruit par l'acide nitricpie les propriétés absorbantes de la terre; l'acide phospborique a été pesé à l'état de pbospbo-molybdate d'ammoniaque, après attaque préalable par l'acide azotique bouillant. La terre et le fumier avaient la composition centésimale suivante : Eau TERRE avant parcage. TERRE après parcage. FUMIER mêlé de terre. 3.450 0.103 0.021 0.170 5.830 0.117 0.024 O.lSl 51.G50 0.555 0.218 0.782 Azote Acide phospliorique Potasse Si on rapporte aux quantités totales, on trouve : TERRE-LITIÈRE avant parcage dans TERRE après parcage dans FUMIER dans Dans les deux lots 4065 kilogr. 32S10 kilogr. 16D0 kilogr. réunis. Kil. KII. Kil. Kil. Azote 4,187 3,853 9,380 13,229 Acide phospborique . . . 0,853 0,780 3 , C8 i 4,473 Potasse 7,151 5.955 I8,2ir, 19,171 Les déjections contiennent donc : Azote 9.042 Acide phospliorique 3.G20 Potasse 12.017 Passons maintenant à l'examen des moutons qui ont été, comme précédemment, pesés toutes les semaines le matin à jeun. EXPÉRIENCES SUK LA PRODUCTION DU FUMIER. 431 Les pesées successives ont (lonrié : KILi. 15 juin SG2 23 — SSC 30 — 880 7 juillet 900 L'aiigmcntalioii de poids vif pendant la durée de l'expérience a été de 38 kilogr. ; on peut en conclure que les animaux n'ont nulle- ment souffert de ce régime. Ces 38 kilogr. de poids vif correspon- dent à une fixation d'azote de 1'',379. Nous pouvons avec cet ensemble de résultats, établir la statique des éléments fertilisants : 1° Acide phosphorique et potasse. Dans le fourrage Dans consommé. les déjections. Acide phosphorique 2.820 3.260 i'otasse 13.235 12.017 11 n'y a pas eu de perdition d'acide phosphorique et de potasse : tout au moins la teneur plus faible en potasse n'est-elle pas assez forte pour faire conclure à une perte réelle. L'augmentation notable de l'acide phosphorique ne pourrait s'expliquer que par une action des déjections sur la terre, action qui aurait rendu soluble une partie de l'acide phosphorique qui se trouve dans la terre à l'état peu atta- quable par les acides. 2° Azote. Azote consommé I3''8'",707 KIL. p. 100. ■Azote fixé par l'organisme 1,379 soit 10. OG — retrouvé dans le fumier 9,042 — 05.96 — perdu 2,376 — 23. 9S Dans tout le cours de ces expériences, quand nous avons employé la litière de paille, cela a été comme on l'emploie le plus souvent dans la pratique agricole, et par suite nos résultats s'appli(juent aux conditions réalisées dans la plupart des fermes. Il est évident que si on avait donné une litière plus abondante, ou si on avait renouvelé celle-ci plus fréquemment, on aurait |)u, dans une certaine mesure, 432 ANNALES DE LA SCIENCE AGnONOMlQUE. évilcr la perle d'azole. Mais la lilière rcprcsenlc une valeur assez grande, elle n'existe pas en abondance dans toutes les Termes; il est donc souvent impossible de la donner en plus forte proportion. Cependant là où on peut se procurer de la litière à peu de frais, il y aurait un grand a\antagc à en mettre une plus forte (juantité sous les moutons. Quand cette litière est de la paille, on peut la faire passer dans les râteliers; les moutons en consomment les parties supérieures et le re:-te est mélangé à la litière, sur laquelle il forme incessamment une couche nouvelle (pii peut, dans de cerlaines li- mites, entraver le départ de l'azote ammoniacal. Cette pratique est en usage dans beaucoup d'exploitations. La première chose qui nous frappe à l'examen des résultats de ces deux expériences, c'est la moindre déperdition d'azote avec la litière de terre; dans la précédente expérience, nous avons en effet constaté que, par l'emploi d'une htière de paille, onn'a pu retrouver dans le fumier et dans l'organisme animal, (jue la moitié à peu près de l'azote donné comme fourrage ; 50 p. 100 d'azote ont donc été littéralement perdus pour l'agriculteur; tandis que dans le cas pré- cédent, où nous avons substitué de la terre à la paille, notre perle d'azole a été beaucoup plus faible; et, au lieu de cette perte de 50 p. 100, nous en avons constaté une de 2i p. 100 seulement; 25 centièmes, soit le quart de l'azote, ont donc été par celte pratique conservés dans le domaine, au lieu d'être, comme dans le cas précé- dent, inutilement déversés dans l'atmosphère. Les propriétés absorbantes de la terre sont manifestes dans le cas actuel ; il sembleiait (jue, dans la pratique, la substitution d'une li- lière de lerre à la litière de paille aurait poureflèl d'éviter, au moins en grande partie, celte déperdition énorme d'azote, (jue nous avons déjà signalée à plusieurs reprises. Nous appelons la plus sérieuse attention des praticiens sur ce sujet. Si nous abordons maintenant la question du parcage, au point de vue des éléments fertilisants que le mouton laisse après son passage, et si nous admettons que le sol du parc a les mêmes propriétés d'ab- sorption (|ue la terre que nous avons employée comme lilière, nous constatons que la plus grande partie des éléments fertihsants ren- fermés dans les déjections des moutons est retenue parle sol, tandis EXPÉRIENCES SUR LA PRODUCTION DU FUMIER. 433 que dans la stabulalion sur litière de paille une forte proportion de ces éléments se perd dans l'atmosphère ; il est donc bien différent de laisser les moutons déposer directement leurs déjections sur le sol, ou de les recueillir dans les étables, et de les transporter ensuite sur le sol. Dans le premier cas, en effet, la majeure partie est rete- nue, tandis que, dans le second, l'azote n'étant pas sulTisamment fixé par la litière, se perd en grande partie avant d'avoir été transporté dans le cbamp. Ceci explique pourquoi la pratique du parcage qui, à première vue, ne paraît pas devoir donner des résultats supérieurs à ceux de la stabulation, au point de vue de la production du fumier, est en réalité une opération des plus avantageuses pour le cultivateur, et pourquoi aussi elle est appliquée dans diverses régions de la France. Un mouton nourri d'une alimentation normale, comme celle que nous avons donnée dans le cours de cette expérience, laissera donc sur le sol du parc une quantité d'azote égale à 17 grammes par jour, alors que le même animal en stabulation et nourri de la même ma- nière ne donnera que 11 grammes d'azote dans le fumier qu'il pro- duit à la bergerie. Ce mouton laissera dans son fumier, qu'il soit à l'étable ou au parc, par jour et par tête : GRAMMES. Acide phosphorique 7 Potasse 22 Il est bien entendu que nous parlons ici d'animaux adultes, comme ceux sur lesquels nous avons opéré, et que nous n'envisageons que l'alimentation spéciale que nous avons donnée : car les cliifïVes sur lesquels nous venons d'appeler l'attention varieront d'un fourrage à l'autre. TROlSIÈiME EXPÉRIENCE. Emploi d'une litière de paille. — Alimentation dans la luzerne sèche. La troisième série d'expériences a été instituée pour voir si la déperdition d'azote est la même suivant qu'on soumet les animaux au régime vert ou au régime sec. A première vue, il semblerai ANN. SCIENCE AGIiOX. 28 434 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. (|iraiiciinc cause ne . peut intervenii' pour (liiïérencicr les deux l'égimes au point de vue qui nous occupe. Vax effet, si les animaux soumis au régime vert hoiventpeu, ils reçoivent dans leur alimen- lation môme la quantité d'eau nécessaire au fonctionnement normal de leur organisme ; tandis que si le régime sec n'introduit dans le corps de l'animai (pie de très faibles quantités d'eau, celui-ci en absorbe comme boisson la (piaiilité nécessaire. 11 est donc à i)résu- mer, et cela ressort des chiffres que nous donnons plus loin, que, dans les deux cas, la quantité d'eau ingérée est sensiblement la même; nous n'eussions pas tenté de faire l'expérience dont nous parlons ici, si les résultats des expériences intéressantes faites par MM. Joulic et Cottu n'avaient pas donné, pour les vaches, de diffé- rences sensibles dans la déperdition de l'azote, suivant que les ani- maux étaient nourris au vert ou au sec. Nous avons voulu voir s'il en était également ainsi pour le mouton, dans les conditions de nos expériences. Dans ce but nous avons institué une nouvelle expérience sur les animaux qui avaient servi à la première, mais en substituant l'ali- mentation par la luzerne sèche à celle par la luzerne verte. Les 25 moutons pesant ensemble 874 kilogr. , soit par tète .'35 kilogr., ont été placés, comme dans la première expérience, sur une litière de paille de 33'', 5. L'expérience a commencé le 8 juillet au matin et s'est terminée le 81 juillet au matin, elle a duré par conséquent 23 jours pleins. Les moutons recevaient 50 kilogr. de luzerne sèche par jour, soit 2 kilogr. par tête. Cette luzerne de i'" coupe 1885 et 2" coupe 1884, plus ou moins mélangée de graminées, était échantillonnée tous les deux jours et les échantillons proportionnels prélevés ont été réunis à la fin de l'expérience. La consommation totale a été de 1150 kilogr. ; les déchets pulvé- rulents retirés des râteliers étaient formés d'une petite quantité de feuilles de luzerne et en grande partie de graines de graminées (Drotnus pralensis et sterilis) ; leur poids a été de 70 kilogr. Il nous a été impossible de tenir compte des déchets qui se mélan- geaient à la litière d'une façon si intime que leur enlèvement était impraticable. Au point de vue de la statique qui nous occupe ic^i, EXPÉIUENCES SUn LA l'IlDULCTlON DU FUMIKH. 435 cela n'a qu'une importance limitée, puisijue nous rclioiivoiis dans le fumier les ('li'iiiciits ('cliappi's à la ('(insdiiiiiialiini. La consommai ion de hizorne sèche, en y comprenant les docliets incorporés au fumier, a donc été de 11 JO kilogr. — 70 kiioj^r. = lOSOi^jOaû Soil par jour et par tête 1 ,S80 La quantité d'eau bue a été de 1897', ;> Soit iiarjourct par tête 3,3 Celle consommation d'eau est près de (ptalre l'ois supérieure à celle qu'on a mesurée pendant le régime vert. A la fin de rexpérieiice, le ol juillet au malin, on a enlevé le fumier en deux couches ; la iiremière était formée de déjeclions pres(iue pures et de décliels tombés des ràleliers; la deuxième de paille fortement imbibée de déjections liquides. Les urines étaient complètement absorbées par la litière. Les deux couches sont échantillonnées séparément, elles pèsent: KIL. La première 890 La deuxième 283 Soit au total 1173 Si on retranche les SS^O de paille, ou voit que la producliou moyenne par jour et par tète a été de I^OS. Le tableau suivant résume les données qui précèdent: PAR TÊTE ET PAR JOUR. Luzeruc cousommée. Eau bue. Kuraier produit. Kil. 1,SS Lilres. 3,3 KM. 1,9S Le regain de luzerne avait la composition centésimale suivante Matières azotées 13.24 — grasses 1.42 — saccliarifiables is.lG Cellulose brute 1G.G3 Cendres 9-09 Corps pectiques, gommes, acides organiques, etc. . . 28. 2G Eau 13.20 436 ANNALES DE LA SCIENCE AGUONOMIQUE. Ce regain peut être regardé comme étant d'excellente qualité ; la richesse en matières azotées est très grande. Voici la teneur en éléments fertilisants des déchets retirés des râteliers et celle du regain de luzerne sèche. DÉCHETS. Eau 13.400 Azote 1.923 Acide phosphorique 0.oI5 Potasse 1.225 Si on rapporte aux quantités totales, on trouve : LDZEESE. 13 200 2 118 477 1 GiO Azote Acide phosphorique Potasse DECHETS dans 70 kilogr. Kil. 1,346 0,301 0,858 L. U Z E U N E donnée dans 1150 kiL Kil. 24,357 5,485 18,8G0 Les moutons ont donc consommé pendant la durée de l'expé- rience : Azote 23.011 Acide phosphorique 5.121 Potasse 18.002 Ces chiffres comprennent ce qui est attribuable aux déchets pié- tines par les animaux et qui étaient tellement imprégnés de dé- jections et si bien mélangés à la litière , qu'on n'eût pas pu les enlever sans emporter en même temps une notable quantité de fumier. Il y a là une cause d'erreur que, dans dos rochorches de ce genre, se rapprochant le ])bis possible de ce qui se passe dans la pratique, il est impossible d'éviter; elle n'influe cependant que dans une mesure assez faible sur le résultat final de ces expériences. La paille et le fumier produit, divisé en deux couches, avaient la composition centésimale suivante : K.Xl'ÉRIEXCEB Srn LA PROnUCTION ni! FUMIER. 437 Eau I'\ILI,E-I,ITIKltE. F U M I K l{ coucbo supérieure. FUMIER couche inférienrc. 1 2 . 000 0.313 0.092 1.779 53.740 0.8S4 0.47 i 1.05 7 71.250 0.405 0.150 1.335 A/ote Acido pliosphoriqiio l'otassc On remarquera en passant que la couche supérieurj du fumiei- est plus riclie que la parlie inférieure. Ce qui n'a rien d'étonnant, piiis(|irelle est presque uniquement formée de déjections. Si nous rapportons les chiffres aux quantités totales, nous trouvons: Azote Acide phospliorique. Potiisse PAIL,LE-LITIÈKE dans 33''6',.5. FUMIER l'-' couche dans 890 kilogr. FUMIER 2e couche dans 283 kilogr. Dans les doux couches réunies. Kil. 0,115 0,308 0,590 Kil. 7, 8 OS 4,219 14,747 Kil. 1,140 0,425 3,778 Kil. 9,014 4,044 18,525 Les déjections produites contiennent donc au total : Azote 8.899 Acide pliosphorique 4.336 Potasse 17.930 Comme dans les expériences précédentes, les moutons ont été pesés chaque semaine, le matin à jeun ; ces pesées successives onl donné : RIIm Le 7 juillet 874 Le 16 — 915 Le 21 — 902 Le 31 — 920 L'augmentation de poids vif a donc été pendant la durée de l'ex- périence de 40 kilogr., correspondant à une fixation de I'',67 d'azote. Cette augmentation est plus considérahle que celles qu'on avait 438 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. précédemment observées, et (jui est sans aucun cloute allribuable à la ricbesse de l'aliment donné : La statique des éléments fertilisants s'établit comme suit : i" Acide phosphoriquc et potasse. Dans le fourrage Dans consommé. le fumier. Acide phosphorique 5,1.21 -4,830 Potasse 18,00-2 17,930 La potasse a été retrouvée intégralement; mais il y a eu une moindre quantité d'acide pbospborique dosé dans les déjeclions que dans le fourrage donné; nous attribuons cette différence plutôt à des causes d'erreur provenant de l'échantillonnage, qu'à une perte réelle. 2" Azolc. Azote consomme ' 23''°'', 011 KIL. p. 100. Azote fixé par l'organisme 1,070 7. 20 — retrouvé dans le fumier 8,809 38. G7 — perdu 12,i'i2 5i.08 Dans cette expérience faite rtu régime sec, là déperdition en azote a donc été au moins aussi considérable qu'avec le régime vert; ce (jui montre que les résultats de MM. Joulie et Cottu ne s'appli(|uent pas à tous les cas ; mais nous devons faire remarquer que l'alimen- tation, dans notre troisième expérience, a été exceptionnellement riche en matières azotées et, par suite, que le fumier produit était riche en azote, ce qui constitue une cause de déperdition plus grande. Quoi (pi'il en soit, l'expérience (jue nous relatons ici confirme toutes les observations que nous avons eu l'occasion tie faire sur le mouton, d'une |)erte en azote représentant environ la moitié de la totalité de l'azole donné comme aliment. Considérons maintenant les quantités d'eau ingérées dans le cas de l'alimentation à la luzerne verte et dans celui de l'alimentation à la luzerne sèche, nous trouvons : I. Kn y conipri'nant celui des dcchels qui se sont incorporés au fiiniier. KXI'KIUKNC.KS SI 1! LA l'IlODICI'I O N HT FIIMIKl 4:3U l"cxp('r. (régime au vert). ■J" expùr. (régime au see) . EAU CONSOMMKK. Directement. Par \o foMi'ragc. TotaL Soit p.ir tèti! i-t par jour. Litres. 1S97,5 Litres. l.V.O Litres. ?oi.-. 20 iO Litres. 3,720 3,:)is On voit que, dans les deux cas, la (juantilé d'eau absorbée a été à peu de chose près la même ; les déjeclions devaient donc contenir une même quantité d'eau, et sous ce rappoi't il n'y a pas de dilTé- rencc à établir entre les deux réaimes. Conclusions génémlcs. De l'ensemble des résultats obtenus dans le cours de ces expé- riences, nous pouvons déduire les coriclusions .suivantes : 1" Dans la pratique de la stabultltion du mouton, la pcile d'azott' représente environ lîi moitié de ce qui est donné comme fourrage, et cela aussi bien avec un régime sec qu'avec un régime vert. Cette perte paraît être d'autant plus forte que l'aliment est lui-même plus riche en dzote et (pie, par suite, le fumier contient une plus grande quantité de cet élétuent; 3" Une litière de terre, employée sur une épaisseur de ([uelijues centimètres, permet de retenir, par ses propriétés absorbantes, la plus grande partie de l'azote des déjectidns. En substituant donc, daris la pratique agricole, l'emploi de la terre à l'emploi de la i)aille, on évite en grande partie la déperdition énorme que nous avons toujours constatée ; IJ" I.d pratique du parcage é(iilivaut à la substitution d'une litière de terre d'une épaisseur illimitée à la litière de paille en usage dans les étables. Dans celte pratique, les déjections srtnt niises immé- diatement en contact avec le sol, sont .Ibsorbées par celui-ci et ne sont pas sujettes à la grdnde dépordilion d'azote qui se produit dans la stabulation. Celte praiiipie, au point de vue de l'ulilisalion {\('> principes fertilisanls et de cellr de l'a/ote en j)arliculier, a doni; un(; supéi'inrih'' ('vidente, qui jiistilie l'enqjjoi (pToii en lait depuis un temj)s innnémorial. NOTICE SUR LA VIE ET LES TRAVAUX Du Docteur A. VŒLGKER I. Jean-Christophe-Aiiguste Vœlcker naquit le 34 septembre 1822 à Francfort-sur-le-Mcin. Son père Frédéric-Adolphe, honorable né- gociant, depuis de longues années établi dans cette ville, avait huit enfants, dont sept garçons et une fille. Auguste était le cinquième garçon par ordre de naissance. D'une constitution cliélive pendant son enfance, il fut envoyé tardivement aux écoles et son père étant mort quand il entrait dans sa onzième année, la direction donnée à ses premières études n'eut pas moins à souffrir de cette perte pré- maturée que de l'état délicat de sa santé. En 184-4, Auguste Vœlcker quittait Francfort pour prendre ses inscriptions d'étudiant à l'Université de Gœttingue où brillaient les premiers professeurs de l'Allemagne. Bien (juassidu à tous les cours académiques, il montra tout d'abord un penchant des plus prononcés Vers l'étude des sciences physiques et naturelles, et obtint, pour pré- l)arer ses examens de doctorat, l'admission dans le laboratoire de chimie du célèbre D'' Wœhler. L^institut chimique de Wœhler, fréquenté par les jeunes savants et les professeurs d'outre-Rhin, jouissait alors d'une grande renom- mée. Les élèves y trouvaient auprès du maître, non seulement un enseigricmetit des plus étendus et élevés, mais encore ils apprenaient sous ses yeux et à ses côlés à manipuler avec une grande sûreté. NOTICE SUR LX VIK ET LES TRAVAUX DU n'' A. VOELCKER. 441 C'est en qualilé de préparateur du savant dont les belles découvertes avaient enrichi la chimie organi(jue et inori^ani((ue, que Vœlcker fit ses premières recherches sur les sels de manganèse et de cobalt, la mannitc, Phuile de pavot et l'écaillé de tortue. A son étude sur la composilion de l'écaillé il dut de pouvoir soutenir la thèse pour le grade de docteur en philosophie (I84G) '. De Gœltingue, le jeune docteur se rendit à Giessen pour faire un court séjour dans le laboratoire de Liebig et se familiariser avec les méthodes expérimentales de rilluslre savant. Comme celle deWo'hlcr, l'école de chimie de son ancien collaborateur Liebig, devenue le foyer des découvertes, du plus haut intérêt, atlirait la jeunesse de l'Allemagne. Les deux ouvrages dans lesquels il avait posé les hases de sa doctrine : les Applicallons de la chimie oryaniqne à l'agri- cuUiirc cl à la phi/siologie et la Chimie animale, avaient paru (1840 et 18i:2) en jetant sur son école le plus vif éclat. Entraîné i)ar ces qualités exceptionnelles de professeur, Liebig avait jusqu'alors concentré ses travaux sur les procédés d'analyse, la détermina- tion d'une foule de corps mal étudiés, et les transformations des composés organiques et inorganiques pouvant servir à développer ses idées théoriques sur la constitution de la science elle-même. Dé- sormais, novateur et réformateur, il s'était confiné dans l'étude de la question de nutrition de la plante et des animaux. Les travaux les plus remarquables en physiologie, exécutés par le savant professeur et ses disciples, datent de la publication des deux ouvrages, et l'on conçoit que dans ce milieu de Giessen, Vœlcker, formé déjàaux mé- thodes claires et précises de Wœhler, ait fortifié sa vocation vers les recherches de chimie physiologique appliquée à l'agriculture. Un autre savant, le D'' MiiUler, devait également exercer une in- fluence heureuse sur cette vocation. Comme Wœhler et Liebig, le le docteur hollandais avait attaché son nom à d'importantes décou- 1. Vnfersuch. des SchHd/Hitfs {fnaiig.^Disx.), in-,s°. Oiittingcn, lKt7. — Ucbcr d. rotlic Farbung d. Manganaxijdulsu/ze ([liebig, ann. LiX, ISiGi. — UeOer d. Loslich- kcit d. Hydrate von Kohalfnxyd in Kalilaugc (Liebig, ann. LIX, lUiG). — Veber ehiige Schwefelmangan-Verbind. (I,iebig, ann. IJX, ISIG). — Vcbcr d. Yorkomm.. von Munnit in d. Warzeln von Trilicum rcpens (Liebig, anii. LIX, 18-40). — Vnter- sucliunrj d. Dchenoh (Liebig, ann. LXIV, Ksl7). 442 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE, vertes dans le domaine de la physiologie, notamment à celle de la formation de l'albumine dans la plante. Son Essai de chimie phy- siologique générale avait complété les vues récemment établies sur les migrations des éléments dans l'organisme et sur les relations in- times entre les deux règnes. Dans une visite (|ue Mùlder rendit à Wœhler, à Gœttingue, il obtint, sur la recommandation du maître, que Vœlcker le suivrait comme préparateur à Utrecht. Dès lors, ins- tallé au laboratoire de Mûlder, Vœlcker put en collaboration avec lui, poursuivre des recherches dont les principaux résultats parurent en allemand dans Une traduction qu'il publia à Francfort \ De ses travaux personnels sur les composés albuminoïdes, il fit plus tard l'objet de deux mémoires présentés à l'Association britannique pour l'avancement des sciences ^ Tandis qu'il travaillait à Utrecht, Vœlcker reçut du professeur James F. W. Johnston, d'Edimbourg-, en visite chez Miilder, l'offre de rem- placer son préparateur, le D' Fromberg, que le gouvernement hol- landais venait d'appelei' à une haute situation, et de prendre la di- rection du laboratoire de l'Association écossaise de chimie agricole. Fromberg avait ti'aduit en anglais la Chi^nie physiologique de Miilder, et Vœlcker avait ti'aduit en allemand ses Recherchés chimiques. Les deux préparateurs échangeaient pour ainsi dii'e leurs situations sous les auspices du savant dont ils avaient intei'prété les récentes œuvres. L'Association écossaise, dont le laboratoire était confié'à Vœlcker, avait pour but le perfectionnertierit scientifique de l'agriculture; Fon- dée en 1843, pour une dilrée de cinq années, sur l'initiative de quel- ques riches fermiers du Mid Lothian, l'Association comptait plus d'un milliei' de membres, parmi lesquels les plus grands propriétaires et les cultivateurs les plus réputés de l'EcossC; Le chimiste titulaire avait pour mission de satisfaire, par des analyses d'engrdis, de sols, de nourritures, etC;^ aux demandes des associés, et en outre de faire des conférences et de diriger les fermiers qui consentaient à entre- prendre sur leurs propres terres des expériences culturales. li Mïdder's Schcflnnul/tjc Ondcrzcckhigcn ; ûbersetz. 3IIcfte, in-S'^. Frankfiirt.a.M. (iSiT-lbiS). 2. On caséine and a ihethod o/ dclerniininrj sulphur und pliosphorus in orguniv compounds (ISôô). — On (lie proporUon of onjanic phosphorus in legaminc ( lbJ7). NOTICE SUU LA VIE ET LES TRAVAUX DU D' A. VOELCKEU. 44.") Absorhé qu'il était par ses cours et par le laboratoire de rUniver- sité (le Durliam, Joliiiston, pour ne pas ncgli{^er en même temps les fonctions de chimiste de l'Association qu'il avait acceptées, s'était vu obligé de choisir un suppléant capable de mener de front la besogne des analyses, des essais et surtout des conseils réclamés.par les agri- culteurs. Vœlcker, une fois fixé à Edimbourg (février 18 17), se trouva ainsi aux prises avec nombre de problèmes pratiques et d'applica- tions toutes nouvelles pour lui, où son savoir et son discernement étaient les seuls guides dont il put invoquer l'aide devant les procédés de la routine. La haute peifeclion de l'agriculture écossaise dès cette époque, était attribuable, il faut l'avouer, bien plus à l'intelli- gence vive, au don d'observation et aux vues économi(iucs des cultivateurs, qu'à leurs connaissances scientifiques. L'Association de chimie agricole s'était donc tracé un programme ardu en cherchant à leur inculquer la nécessité de suivre les principes de la science pour réaliser des améliorations durables, qu'ils croyaient tenir sans elle. A l'expiration des cinq années^ en 1849, les résultats obtenus dans un si court délai par la propagande et les services du chimiste de l'As- sociation, furent si remarquables que la puissante Société d'agricul- ture des Ilighiands décida d'incorporer le laboratoire dans uncsectiun spéciale de chimie dont elle conlia le soin au D'' Andersoii, nommé plus tard professeur de chimie à l'Université de Glasgow. La même année , Vodcker acceptait le poste de professeur de chimie que Thomas Way laissait vacant au collège royal agricole de Girencestcr. On peut dire que ces nominations de Tannée 18i9 ont exercé sur le développement scientifuiue des deux premières Sociétés d'agri- culture de la Grande-Bretagne une influence considérable. D'une part, Thomas Anderson ne devait pas cesser pendant vingt-cinq années, par ses analyses, ses recherches originales et les expériences en plein champ (pi'il organisait^ d'éclairer la Société des Ilighiands dans la voie des améliorations qu'exigeait l'avancement de la science. D'autre part, Vœlcker, chargé quelques années plus lard de remplacer Thomas AVay en qualité de chimiste consullrlnt de la Société royale d'agriculture d'Angleterre, devait également pendant plus de vingl- cinrj ans s'associer par des travaux similaires aux progrès l'cmar- quables accomplis |)ar l'agi-iculture anglaise. 444 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Comme en Ecosse, la chimie intervenant clans la cultine du sol, les rccoUes, l'élevage du bétail, la pratique générale de la ferme, élait appelée en Angleterre à fournir aux praticiens convaincus de leur savoir et de leur habileté, la véritable direction de leurs efforts pour abaisser les prix de revient, en môme temps que pour améliorer et accroîlre la production. Le stage que Vœlcker fit en Ecosse de 1847 à 1849 lui avait im- posé un déploiement particulier d'activité. En présence des hommes positifs, et les ?]cossais passent à juste titre pour savoir calculer, qui s'adressaient journellement à lui, il importait de montrer im esprit sûr et prompt, une compétence supérieure, pour acquérir d'emblée l'ascendant que requiert la science. Il y avait gagné deux qualités essentielles : la netteté dans les solutions qu'il proposait et la confiance dans les résultats. Il y avait gagné plus encore au point de vue des débuts de sa carrière : des amitiés précieuses auxquelles *■ il demeura toujours fidèle. Parmi les hommes éminents avec lesquels Vœlcker se lia étroite- ment pendant son séjour à Edimbourg, il nous suffira de rappeler William Gregory., professeur de chimie à l'Université, l'auteur, en collaboration avec le D' Playfair, élève de Giessen, de la traduction anglaise de la Chimie appliquée de Liebig; la quatrième édition pa- raissait en 1847; .1. II. Balfour, professeur de botanique à la même Université, qui s'était fait connaître par ses travaux physiologiques et ses livres de texte pour l'étude des plantes ; le D' Georges Wilson, agronome distingué et professeur d'agriculture, dans le laboratoire duquel Vœlcker se plaisait à travailler; enfm, le professeur James Johnston, de l'Université de Durham, qui ne lui épargnait guère ses avis quant aux relations à entretenir avec les cultivateurs de la contrée. Johnston avait résumé, dans un petit livre qui obtint un grand succès de popularité, ayant été maintes fois réédité et traduit dans bien des langues*, les nouvelles doctrines venues au jour en Alle- magne et en France. Son catéchisme agricole, si simplement écrit, dont les prémisses avaient été développées à deux dcgi'és scientifiques 1. Calechism of Agricultiiral chemistrij and gcolnrjy hij James F. W. Johnston. Edinburg, lsi5. C'est à Voelcker qu'est due la dernière édition de ce catéchisme, publiée après la mort de Johnston. NOTICE SUR LA VIE ET LES TRAVAUX DU D"" A. VOELCKER. 445 différents, dans les Leçons et les Eléments de chimie et de (jéologie, était dégagé de cet appareil dognialicpie et de ces abslraclions qui alourdissent les ouvrages allemands. 11 donnait à Vœlcker la noie nécessaire pour le style des communications à adresser aux agricul- teurs. Aussi, semblc-t-il que Vœlcker n'ait jamais oublié ses amis d'Ecosse qui l'avaient tout d'abord aidé de leurs exemples et de leurs conseils pratiques. Le collège de Cirencester, où Vœlcker entrait au mois d'août 18iO, comme professeur de chimie, était de fondation récente. Le club des fermiers de Fairford et de Cirencester ayant nommé en 1842 un comité chargé de tenir des réunions publi(jues pour recueillir les souscriptions nécessaires à l'établissement d'un collège d'agricultui-e, une association ne tarda pas à se constituer qui obtint par charte loyale du 27 mars 1845, la sanction de ses statuts et du conseil d'administration à la tète duquel figuraient comme président et vice-président, les nobles lords de Bathurst et de Ducie. La charte l'oyale porte que le collège est fondé pour l'enseignement de la science agricole, des sciences connexes, et de leurs applications à la culture du sol et à l'élève du bétaih Lord Bathurst avait libéralement cédé à bail pendant 99 années la ferme de Cirencester d'une superficie de 185 heclares en terres arables, et le Conseil décidait de ne garder des anciens bâtiments que, la maison du fermier, adaptée au logement du directeur, et l'une des granges, convenablement éclairée, qui fut convertie en labora- toire de chimie. L'édifice du collège, destiné à recevoir cent élèves et comprenant, outre les dortoirs et réfectoires, les salles d'étude, les amphithéâtres, la bibliothèque et le musée, fut commencé en 1845 et achevé en 1846 pour être occupé parles élèves. Entre temps, la ferme avait été pourvue du matériel et de l'outillage les plus per- fectionnés et des animaux des meilleures races : chevaux de Clydes- dale, de SufTolk et de Cleveland ; moutons desDownsetdesCotswolds; porcs des comtés de Berks, de York et d'Essex. Les bâtiments d'ex- ploitation remaniés suivant les plans du Conseil, complétaient une installation de premier ordre, sans être luxueuse. Malgré cette sage installation, malgré les eflbrts des fonction- naires, les affaires du collège ne tardèrent pas à péricliter. La ferme 446 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. iiiiposail de si lourds sacrifices aux sociélaires qu'au milieu de l'année l«S.i7, ils prirent la résolution, en assemblée générale, de réduire à (piatre le nombre des professeurs, y compris le directeur. Cette économie dans les frais généraux, non plus que l'élévation du prix de la pension des élèves, ne parvinrent à rétablir une situation dont le passif dépassait 350,000 fr. Dans ces circonstances, Edouard llol- land, élu président, offrit généreusement de se porter garant du déficit à la condition que les statuts seraient amendés, de manière à faire accorder au Conseil les pouvoirs d'emprunter. Celte mesure permit de sauver finstitution menacée et d'assurer son avenir. Au moment où Vœlcker se fixait à Girencester, le collège dont les affaires avaient été remises à flot, était dirigé par le Révérend Ilay- garlh, assisté, pour la conduite de la ferme, par John Coleman, un des premiers élèves du collège munis du certificat d'études. Au pro- fesseur Woodward, plus lard attaché au musée Britannique, avait succédé Buckman dans la chaire des sciences naturelles; Robinson, pour l'enseignement de l'art vétérinaire, avait été remplacé par le professeur Browne, et l'ingénieur Bravender, pour le génie rural, etc. , par le professeur Jarman. En compagnie de ces quelques collègues, loin des attractions et des ressources qu'offrait un centre scientifique et littéraire aussi éclairé qu'Edimbourg, Vœlcker se livra tout entier à la préparation de ses cours, aux manipulations et aux recherches de laboratoire avec ses élèves. Les honoraires de professeur étaient relativement modiques; il entreprit d'améliorer sa situation par des articles en- voyés aux journaux scientifiques, par des conférences faites dans diverses locahtés sur la demande des associations régionales, et par des analyses commerciales etagricoles exécutées à son propre compte. On fait remonter à ces premiers temps sa collaboration des articles de chimie, à partir de la lettre M, dans VEncyclopédic d'agriculture de Morton. Ses mémoires figurent tour à tour dans le nouveau Jour- nal j^hilosophiquc d'Edimbourg, dans les Annales d'histoire natu- relle, id., dans le Journal d'agriculture elles Transactions delà Société des JliglUands d'Ecosse et finalement dans le Journal de la Société royale d'agricuUure d'Angleterre, où ses communications demeurent ininterrompues depuis 1852 jusqu'en 1884. NOTICF. SUR LA VIE ET LES TRAVAT'X DU D"" A. VOELCKER. 447 Parmi les sociétés les plus anciennes et les pins iniportanles de rouest de rAnglcteire, celle de Biitli choisit Vœlcker, en 1855, comme chimiste-conseil. Dans ses nouvelles fonctions, qu'il conserve ius(|u'à sa mort, Vœlcker trouve un surcroît de travail et de rémuné- ration encourageante. 11 est tenu de faire des conférences péiiodiques dans la région, à Exeter, Newton, Barnstaple, Salishury, etc. ; de contrôler des essais de culture et des analyses pour les memhies de la Société, et surtout de rédiger sur des recherches déterminées des mémoires, entre lesquels nous signalerons comme les plus in- téressants ceux sur la chimie des aliments (i85G) et sur l'emploi de la chaux, de la marne et des sables coquilliers en agriculture (1858) que publia le Journal de la Sociélé d'agrimillure de Balli. En 1857, à la retraite de Thomas Way, à jamais illustré par ses découvertes sur le pouvoir absorbant des sols et par ses travaux sur la composition des cendres des plantes, Vœlcker fut nommé chimiste consultant de la Société royale d'agriculture d'Angleterre. Ce choix si honorable pour lui ne l'cmpècha pas de conserver pendant six ans encore sa chaire de chimie au collège de Cirencester. Deux attraits spéciaux le retiennent en effet au collège : la ferme, sur laquelle il poursuit ses expériences culturales, et l'enseignement où il veut jusqu'au bout se perfectionner. La ferme du collège qui lui servait à déterminer expérimentalement l'efficacité des divers engrais sur les céréales, les racines, les pom- mes de terre, les plantes des prés, etc. ; les modilications que subit le turneps à ses différentes phases de croissance ; les transforma- tions du fumier de ferme et ses divers modes d'aménagement ; les applications de l'engrais liquide, etc., lui était indispensable. Le sol très varié de la ferme, consistant en loams pierreux, en argiles et en calcaires de la formation jurassique, dans lequel pré- dominent l'alumine et la chaux, et où le sable n'excède pas 20 p. 100, était bien approprié à l'étude comparative des rotations cullurales. Les terres fortes y étaient soumises à l'assolement triennal, les terres moyennes, de beaucoup les plus étendues, à l'assolement quadriennal, enfin les terres légères, rappelant celles du district des Colswolds, à l'assolement quinquennal, comprenant trois années de trèfle et une partie en sainfoin. Au point de vue des questions d'alimentation et 448 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. (le travail des animaux, des engrais cl des produits de la ferme, Vœlckcr trouvait également réunies à Girencester des conditions que n'ofl'rait à aucun degré la Société royale pour des recherches dont les résultats profitaient à la communauté agricole. Tandis que par ses expériences de culture conduites avec l'aide de son collègue et ami, le professeur d'agriculture Colemaii, chargé de l'exploitation de la ferme, il affirmait chaque jour davantage sa compétence agronomique vis-à-vis des praticiens, il acquérait, devant son jeune auditoire et dans les leçons puhliques, la facilité d'élocution dans une langue étrangère et la clarté, comme l'à- propos, qui distinguent le conférencier, soumis en Angleterre aux interrogations et aux critiques de ses auditeurs. En même temps, il formait son style par une grande recherche de la simphcité, au tour (ju'affectionnent les Anglais dans les mémoires techniques qu'ils aiment à lire. Il faut avoir passé par l'enseignement en Angleterre, étant étranger, pour comprendre ce que coûte de peines et de soins l'observation des usages tyranniques de la société et des convenances de langue et de style. En dépit d'un léger accent dont les Allemands ne réussissent guère à se défaire quand ils parlent un autre idiome (|ue le leur, Vœlcker était arrivé en tous points, comme langage, comme tenue et comme esprit, à ressembler à nos voisins d'outre- Manche, et à retirer de cette assimilation les avantages qu'ils savent prodiguer à ceux qui les servent et les honorent. Membre assidu de l'Association britannique pour 1 "avancement des sciences et de la Société chimique de Londres, dont il était l'un des vice-présidents en 1884; membre de la Société royale depuis 1870; membre fondateur et vice-président de l'Institut chimicpie de la Grande-Bretagne et d'Irlande, créé en 1877; membre du Club de l'Athenœum en 1881, etc., Vœlcker payait largement sa dette à la science, dont il était un des plus dignes adeptes, et au pays qui l'avait adopté. D'ailleurs, membre honoraire de la Société d'agriculture d'Angle- terre qui l'avait pour chimiste consultant et pour examinateur au sujet des grades conférés au concours; membre honoraire de la Société d'a- griculture du Hanovre et de Vienne, du collège vétérinaire de Londres, Ole, il api)artenait au Conseil des études du collège de Cirencester, NOTICE SUR LA VIE ET LES TRAVAUX DU D'' A. VOELCKER. 449 (jui rnvait nomme professeur honoraire eu hSS'â, et au Club cenli-al des fermiers de Londres dont il fut élu président pour l'année 1875. Celte dernière institution, issue dessouscrijitions particulières des propriétaires fonci-ers, des éleveurs et cultivateurs influents de l'An- gleterre, par ses discussions des questions agricoles à l'ordre du jour du Parlement, par ses afliliations avec les clubs locaux de fermiers, avait acquis un grand ascendant dans le monde agricole. Vœlckcr ne se bornait pas à prendre part aux discussions d'ordi'e scientifKjuo, mais il y traitait des sujets d'actualité qui lui avaient mérité une situation dominante parmi les sociétaires. Mandé devant les Comités des Chambres et les Commissions royales d'enquête pour l'étude et la préparation des projets de loi concer- nant les distributions d'eau et de gaz dans la métropole, l'utdisalion du sevvage, la pollution des rivières, les habitations rurales, etc., il a laissé parlout des dépositions maïupiées au sens prati(pie, souvent invoquées par les législateurs. De même, en qualité de juré à l'Ex- position internationale de Londres en l8G:i, à l'Exposition des pêche- ries en 1883, à l'Exposition d'hygiène en 1884, il avait activement collaboré au travail des récompenses. Ce n'est pourtant ni aux sociétés savantes et agricoles, ni aux fonc- tions des enquêtes et des jurys, que Vœlcker consacrait la plus grande partie de son temps et de son travail, mais bien à la besogne quotidienne si assujétissante, des associations dont il était le conseil, et du laboratoire particulier qu'il avait établi à l'usage des indus- triels et des commerçanis, à Salisbury square, après avoir fixé son domicile à Londres, en 186:3. Pendant plus de vingt ans, secondé par des préparateurs et des élèves habiles, et plus tard par ses propres fils, Jean-Auguste et William, il dut répondre sans trêve ni repos aux demandes des membres de la Société royale d'agriculture d'Angleterre, de la Société agricole de Bath, des sociétés provinciales d'agriculture, y compris l'Association des fermiers du comté de Lincoln, dont il était le conseil, et du public formant la clientèle croissante de son lal)oratoire privé. Pour la Société royale seulement, comprenant en 1805, 0,013 associés et en 1885, 0,U'2i, le nombre annuel des analyses d'échan- AMN. SCII^iNCE ACIION. . ÏU 450 ANNALKS DE LA SCIENCI-: AGUONOMIQUE. lilloiis (rengi'iiis, de iiouriiluj'cs, de terres, d'eaux et de produits divers, avait progressé de 312 à 1,G2(S.V(rlcker avait ainsi, dans cette période de vingt années, contrôlé et signé de son nom, quand il ne les avait pas accompagnées d'un rapport succinct, 16,000 analyses représentant une moyenne de 800 analyses par an. Pour faciliter encore plus aux membres de la Société les avantages résultant des essais d'engrais et de produits, le Conseil décidait en 1879 de réduire le prix des analyses de moitié, et de bâtir pour le chimiste un laboratoire dans l'immeuble môme occupé par la Société à Londres, en prenant à la charge sociale le matériel, les réactifs et les gages du personnel attaché au laboratoire. C'est à cette nouvelle installation que Vœlcker faisait allusion dans une des dernières lettres qu'il nous adressait, et dont nous reproduisons ici, à titre de souvenir, la traduction : Londres, 21 nvril 1879. Mon cher llonna, vous m'avez demandé il y a quelque temps de vous envoyer un aperçu bio!i,rapliique comprenant mes travaux profession- nels. J'ai négliijé de le faire au milieu des Iracas que me causent l'orga- nisation et la mise en marche du nouveau laboratoire dont la Société royale d'agriculture vient de me gratifier. Je ne saurais mieux répondre aujourdlmi à votre désir qu'en vous adressant la courte notice publiée par le Gardencrs chronicle ', qui donne de mon passé et de mon individu une assez juste idée; ainsi qu'une photographie ayant servi au graveur pour le portrait doiit la notice est ornée. La Société m'a bâti chez elle, 12, Hanover-square, un beau laboratoire où il y aura fort à faire pour contenter les membres de l'Association. Je n'en conserve pas moins mon laboratoire particulier, Salisbury-square Fleel-Street, et vous comprendrez aisément que, surchargé de besogne des deux côtés, j'ai peu d'heures de loisir pour me reposer. Mais je considère qu'il vaut mieux s'user sous le harnais, plutôt que de se retirer dans une regrettable oisiveté. Viendrez-vous cette année visiter le concours de la Société en juillet? Inutile de dire combien j'aurai de plaisir à vous voir. Croyez-moi, etc. Auguslus Vœlcker. Certes, les fonctions de chimiste consultant de la Société, telles que Vœlcker les avait comprises et exercées, n'étaient pas une sine- 1. The Gurdeiiers' chronicle and Agricullunil Ga^etle; G May 1S71. NOTir.v: scn la vie kt i.ks travaux du d'" a. voelcrer. 451 ciifc. Sans parlci' des analyses, le chiinisle avail, à l'apporiei" au Coniilé sj)ccial, de|»nis 1870, Ions les cas de prodnils reconnus par lui comme élanl de (jualilé inleneure, eu égard au [U'ix payé, ou l'alsiliés, en di'signanl le nom des vendeurs. Le Conseil avait en elVel résolu a celle épo(|ue, ponr mettre (ni anx supercheries et aux IVaudes, de publier le nom des personnes qui livreraient aux socié- taires d(;s engrais ou des denrées alimentaires de (|ualité reprocliablc ou d'une nature frauduleuse. Le chimiste avait en outre à diriger, sinon à surveiller, les expériences de culture et les recherches chimi- (jues en cours, et à écrire les mémoires que le Conseil jugeait utile de publier dans le journal de la Société, ou ailleurs, sur des sujets déterminés. Grâce à l'insertion dans le journal des rapports trimestriels de Vceleker sur les fraudes, le Conseil appuyé sur le savoir universelle- ment apprécié et la parfaite intégrité de son chimiste, avait pu atteindi'e, sans craindre de mettre sa responsabihté enjeu, le but qu'il s'était proposé, d'enrayer les abus en matière de ventes de nourritures et d'engrais, et d'éclairer les cultivateurs en modérant leurs sacrifices. Des circulaires répandues à profusion ont appelé à bien des reprises l'attention des membres de la Société sur les pré- cautions à prendre et les garanties à exiger des vendeurs. Par une allocation annuelle et spéciale, le Conseil défrayait le chimiste des frais qu'entraînent les recherches dans les champs d'essai et le laboratoire. Depuis 1875, la Société ayant institué une station expérimentale à Woburn dans le Bedfordshire, sur les teri-es libéra- lement fournies par le duc de Bedford, c'est à Vœlcker, assisté de Sir J. Bennett Lawes, qu'incomba la conduite des expériences de culture pratique et d'engraissement du bétail. Ces expériences, en ouvrant un champ des plus vastes pour trancher les questions qui divisent les praticiens et les savants, ont rendu plus lourde encore la lâche du chimiste et exigé de sa part un surcroît d'activité, alors qu'il avançait en âge. Personne, jusqu'à lui, ne s'était astreint à d'aussi pénibles et incessantes recherches pour opérer 1(3 rajtprochement de la science et de la pratique agricoles. Aussi, peut-on dire, -en rappelant les termes mêmes dont Vœlcker se servait dans la lettre i)récitée, que pour l'accomplissement de sa 452 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. iiiissioii lonjouis grandissanlc, « il s'est usé suiis le harnais ». Sa mort survenue le 5 décembre 1884, à l'âge de 6 1 ans, a été le résultat d'un excès de travail et d'occupalions multiples. Déjà, vers la fin de décembre 188o, une légère attaque de paralysie avait signalé la nécessité du repos absolu, et le Conseil de la Société, mù par imc bienveillance digne du savant qu'il estimait à une si haute valeur, lui avait accordé un congé illimité. Mais à peine eut-il repris quel- ques forces, Vœlcker voulut reprendre aussi le travail. Au mois d'août suivant, une afTection du cœur, compliquée d'autres symptômes aggravants, suites de la paralysie, le condamnait à l'inaclion et finis- sait par le ravir aux joies de sa famille et des amis dévoués qui ne l'ont point remplacé. Ce jour-là, la Société royale d'agriculture d'An- gleterre faisait une grande perte et la science agricole en deuil, voyait partir un de ses adeptes les plus consciencieux et éminents, dont les services ont été inappréciables pour son pays adoptif. II. C'est en 1854, pendant mon séjour à Cheltenham, que sur la pré- sentation d'un collègue et ami commun, le D' Thomas Wright, géologue et surtout paléontologue estimé, je nouais connaissance avec Vœlcker. Cheltenham, dont la population atteint 50,000 Ames, est une ville d'eau très élégante, le lieu de retraite favori des officiers de l'armée des Indes, en même temps qu'un centre très important d'éducation. On y compte en effet trois collèges principaux : le collège proprement dit, de fondation récente, où plus de 700 jeunes gens reçoivent l'enseignement à l'un des degrés exigés par les carrières publiques, civile, militaire et classifjue ; l'Ecole normale {Traininy Colleyc) qui forme chaque année de 80 à 100 instituteurs pour les écoles relevant de l'Église anglicane ; et la Free Grammar School, établie depuis 1574 par un legs de Richard Pales de Gloucester, où un millier d'élèves reçoivent une instruction commerciale et concourent pour des admissions annuelles au Pembroke Collège d'Oxford. Chargé des cours de pbysicpicctdc chimie à la Grammar School, NOTICE SUR I-\ VIK F,T LK9. TRAVAUX ni' D"" A. vnELCKKR. 453 sur la recoinmaïKlnlion du D'' Lyon Playfair, ipii diiii^eait alors le département scieutitiquc nouvellement créé au lioard of liddc, je fus aimablement invité à plusieurs reprises parVœleker,;'i lui rendre visite à Cirencester, que le chemin de fer relie avec (llieltenliaiii. J'y fus ('lia([ue fois accueilli avec une allabilité que je n'oublie pas, malgré plus de trente années révolues; mais, à mon grand regret, je ne pus mettre à i)rorit l'olTre qu'il me fit alors de poursuivre dans son laboratoire certaines recherches dont je l'avais entretenu'. Sa situation comme professeur au collège agricole ayant acquis de la stabilité et s'améliorant chaque jour, il s'était décidé en 185:2, àépouserune demoiselle deFrancfort-sur-le-Mein, deuxansavantquc je vinsse à Cirencester. Il eut de son mariage six enfants dont cinq garçons et une fille ; mais une grande douleur devait le frapper en 187G ; il perdit son fils aîné, George, âgé de 23 ans, étudiant en médecine des plus distingués, qui succombait à la diphtérie dans l'exercice de ses fonctions d'hôpital. La chaire (jue je remplissais à la Grnmmar Scliool fut bientôt supprimée et je dus me préoccuper d'en trouver une autre; à cet effet, Vœlcker me prêta un aide des plus obligeants. Les professeurs de science, en Angleterre, comme ceux des autres branches de l'ensei- gnement, ne sont pas désignés au concours, mais bien sur présenta- lion de titres (teslimonials), appuyés de recommandations de person- nages haut placés. Les titres ne me manquaient pas et Vœlcker ajouta sa chaleureuse recommandation à celles (pie je possédais. Toutefois, le candidat est tenu partout de remplir une condition essentielle : il doit appartenir à la religion ou à la secte religieuse sous le vocable de laquelle a été instituée l'école ou l'université dans laquelle il cherche à professer. Cette condition me fit écarter tour à tour de la chaire de chimie aux Collcfjiatc Sclwols de Liverpool, à l'Institut de Manchester, à l'Université d'Aberdecn. Je n'étais ni anglican, ni luthé- rien, ni presbytérien ! Guidé par Vœlcker dans mes refus pour d'autres offres de place de chimiste, auprès de l'Association agricole de Tamworth, soutenue par les fonds de sir Robert Pcel, aui)rès du 1. Ces recherches avaient trait à remploi agricole de hi chaux dans la fabrication des engrais, et à l'épuration des eaux d'cgout qui souillai(Mit la Ciiell. 454 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOM IQ HE. collège agricole de la Terre de Van Diemen, etc., je rentrai de guerre lasse en France. Je ne mentionne ici cette influence de l'idée religieuse qui prime toutes les autres en Angleterre, voire même celle de l'enseignement de la chimie, que pour montrer comment elle a pu tourner à l'avan- tage de la carrière de Vœlcker. Aussi, son ami et biographe, le D"" Gilbert, ne manque-t-il pas de nous apprendre que Vœlcker, dès son arrivée en Ecosse, s'était mêlé activement à divers mouvements religieux ; qu'il montrait un piélisme convaincu et que notamment, dans les conditions stipulées pour ses fonctions de chimiste consul- tant de la Société royale d'agriculture d'Angleterre, il avait fait réserver son entière liberté les jours de réunion du comité de l'Asso- ciation de la défense et de la propagande de la Bible, aux travaux duquel il coopérait assidûment. Quoiqu'il en soit, aussi bien pendant mes visites, quand je résidais à Chellenham, qu'à l'occasion de mes nombreux voyages en Angle- terre, je n'ai jamais pu discerner en Vœlcker, ni un zélé sectaire, ni un prosélyte intolérant. Dévoué avant tout à la science, à laquelle il avait consacré sa vie, doué d'un esprit essentiellement observateur et d'un abord aussi modeste que bienveillant, Vœlcker attirait à lui par l'aménité des formes et la sociabilité de son caractère. Il avait beaucoup lu et beaucoup médité, malgré la besogne inces- sante que lui imposaient ses fonctions, mais comme il voyageait souvent pour ses conférences, ses expériences, ses tournées de fermes, etc., il avait recueilli en outre, une foule de données pré- cieuses qui échappent d'ordinaire au savant enfermé dans son labo- ratoire. Tenu très au courant des travaux de chimie par les publicatious de l'Allemagne, de la France, etc., par ses excursions sur le con- tinent, tout en accordant à nos savants indiscutés, Boussingault, Payen, Claude Bernard, Pasteur, etc., le respect et les éloges que méritent des recherches hors ligne, il ne se faisait point faute de témoigner son peu de confiance dans les expériences légèrement faites et dans les théories échafaudées présomptueusement, aux- quelles on réserve en France un succès pour ainsi dire officiel. Déjà en 1862, quand je fus chargé d'une mission spéciale d'études NOTICE SUR LA VIE ET LES TRAVAUX DU \V A. VOELCKER. 455 sur la fabricalion et remploi des supcrphosphalcs en Anglclerrc \ pour raccomplissemcnt de laquelle Vœlcker me fit donner accès aux principales usines et plaça les dociuiienls de son laboratoire à ma disposition, il s'ouvrit à moi sur la nécessité impérieuse de mettre fi-n en France aux expériences agricoles mal conçues, mal conduites et par cela môme nuisibles au progrès général, en instituant des sta- tions agronomiques, à Tinslar de celles qui fonctionnaient en Alle- magne, et dont MM. Lawes et Gilbert, à Rotliamsled, et M. Bous- singault, à Bechelbronn, avaient donné de remarquables exemples. C'est àcettc pensée ([U(; notre ami, M. Grandeau, s'attachait quelques années plus tard, avec un grand dévouement et un zèle dos plus dignes, par la création à ses propres frais de la nreniière station aoronomiaue française de Nancv^ Lorsque la Société royale d'agriculture d'Angleterre adressa au Congrès agricole international, tenu à Paris en 1874., la série de traités remarquables sur l'agricullure anglaise qui forment un volume de son journal, Vœlcker, dans le traité consacré à l'innucnce des découvertes cliiniiques, fait ressortir combien le progrès de l'agri- culture est redevable aux expériences bien conçues et soigneusement exécutées. « Dans aucun cham[) de recherches, ajoute-t-il, il ne « reste autant encore à accomplir, que dans la sphère difticile et « obscure des essais agricoles. » [\iis, s'étendant sur les laborieuses investigations el les expériences culturales poursuivies depuis qua- rante années par MM. Lawes et Gilbert, il affirme « qu'il n'y en a « guère une seule qui n'ait eu une ac^tion jilus ou moins directe sur « les progrès agricoles de l'Angleterre. Pour l'instruction des agri- « culteurs français à qui ces précieuses contributions piMivciit être « inconnues, l'ouvrage que M. Uonna a publié en un fort volume ', « présente un admirable compte rendu des recherches de chimie « agricole, faites à Piothamsted \ » 1. A. Uonna, Fabrication cl emploi des pliospliatcs de chaux cnAntj/rfcirr. l'ar's, in-ls, I.S6i. 2. li. Gr;inile;iu, Sla/ionsdi/ninoiniqucs el Idhnralnircs agricoles, l'aris, in-ls, ISGO. 3. A. Ronna, Rolliamsled oa trente années d'expériences aghco'cs i/i- M)f. I.nwes et Gilbert, l'aris, grand in-S", 1S77. . 4. Journ. Roy. Agric. .Soc. of Englund. second séries, 1S7S; rolume tlie four- tecnth, part II, n" XXVllI. page 808. 456 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Il siiffil de relire après coup les mémoires que Vœlcker nous a laissés pour se convaincre de la conscience rare qu'il mettait dans ses propres recherches expérimentales, de ses scrupules légitimes dans l'interprétation des résultats, et aussi, de toute sa netteté dans les conclusions basées sur les faits acquis. hifatigable à combattre dans ses écrits et dans ses leçons les erreurs funestes de la routine, il enseignait sans apprêt, peut-être même sans grande originahté, mais il veillait avec sollicitude à ce qu'aucun point à démontrer ne demeurât obscur. Quelle que soit la trace laissée par l'œuvre savante de Vœlcker dans l'ensemble des progrès que l'agriculture a réalisés, nous ne saurions ometlre de signaler son caractère pratique comme étant celui que nous voudrions voir adopter désormais par l'élite de nos jeunes gens appliqués à l'étude des problèmes agricoles. Pour nous, Vœlcker, sans avoir l'envergure ni laportée des Dumas, des Liebig, des Claude Bernard, etc., qui ont rénové par leurs admi- rables doctrines la science agronomique et physiologique, représente plus modestement, mais non moins utilement, le type des chimistes agricoles, appelés à introduire la méthode expérimentale dans la ferme, qu'il s'agisse déplantes ou d'animaux; de culture, d'élevage ou d'engraissement. Grâce à son laboratoire agricole, Vœlcker a non seulement exécuté des analyses sans nombre d'engrais, de sols, d'eaux, de fourrages et d'aliments divers, mais il n'a pas discontinué de donner ses avis aux cultivateurs, suivant les circonstances où ils étaient placés, sur le choix des récoltes et des engrais, en leur traçant les améliora- tions réalisables dans leur exploitation. Par son laboratoire industriel, il a su guider les fabricants, notamment ceux d'engrais, désireux de satisfaire leur clientèle en livrant des produits loyalement préparés, de môme que les négociants prêts à importer des matières dont le débit, d'après l'analyse, pouvait être assuré. Enfin, par ses cultures expérimentales conduites à Cirencester et à Woburn, ou ailleurs, sous son propre contrôle, il a contribué à un très haut degré à vulga- riser autour de lui l'art d'expérimenter, c'est-à-dire de déterminer exactement les conditions qu'il faut observer pour tirer des résultats obtenus une interprétation vraie et d'utiles renseignements. NOTICE SUR LA VIE ET LKS TRAVAUX DU d'' A. VOELCKER. 457 Ajouterai-je que par ses préparateurs et ses élèves, son enscii^ne- nient répandu sur tant de points de l'Angleterre et de ses colonies, a fourni nombre de sujcis aptes aussi bien à professer ((u'à diriger des exploitations d'après les pi'incipes scientifKjues. S'il y a unécueil pour le savant appelé à doinier contre rétribution des conseils et des jugemenls, à contrôler des essais ou des produits, écueil redoutable, devant lefjucl beaucoup ont sombré, c'est celui (jue le désintéressement peut seul permettn; de francbir. L'expert, pas plus que le conseiller, ne saurait être suspect, ni soupçonné. A cet égard, la nature droite et loyale, la conscience ii'réprochable de Vœlcker, font de lui un type accompli cl sympatliique, dont le souvenir ne s'effacera pas de longtemps auprès de ceux qui l'ont approché et fréquenté. III. L'œuvre agronomique de Vœlkor, à laquelle se rattachent par tant de points essentiels les progrès récents de l'agriculture, est dissémi- née dans une foule de mémoires, de leçons et de communications dont le Journal de la Société Ro^jale d'agricnllurc d' Angleterre a publié la plupart à partir de 1852. Le résumé d'une œuvre aussi étendue, aussi complexe, n'est possible, au })oint de vue synthétique, qu'en adoptant un cadre dans lequel puissent se placer tour à tour les travaux conçus et dirigés vers le même but et les résultats obte- nus dans rétudc des problèmes de môme nature, qu'ils se réfèrent au sol, à la plante, à l'engrais ou à l'animal. S'il n'est pas donné à chatiue savant de découvi-ir des principes et de poser de nouvelles doctrines; du moins, est-ce une grande et noble tache, quoique plus humble, de cojiciiier les principes établis avec la prali(iue en déterminant, d'une part, les conditions exactes dans lesquelles leur vérification doit se faire et, d'autre part, en apprenant à tirer des conclusions basées sur des faits vérihés, pour les transformer, s'il y a lieu, en lois. L'œuvre de Vœlcker est toute là ; il semble que Liebig en ait tracé de main de uhaître le programme quand il écrit : 458 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. « Par la science, ragriciilteur parviciU à la connaissance exacte des conditions et de la marche de la vie chez le végétal et l'animal ; par elle, il est renseigné sur les fautes qu'il a commises ; enlin, elle lui prouve fréquemment qu'il a prodigué la force et le capital, quand il n'est pas demeuré d'autres fois en dessous des efforts nécessaires pour atteindre son hut. « Aux points de repère incertains et parfois peu visibles de la pra- tique, la science substitue l'indication exacte de la voie la plus sûre et la plus courte pour parvenir au but; elle lui fournit les moyens d'écarter et de surmonter les obstacles qui l'aiTÔtent dans sa route. « La science approuve ou infirme les conclusions du praticien. » C'est d'accord avec ce programme que Vœlcker aborde les pro- blèmes agricoles encore obscurs, par ses études des sols, des plantes, des amendements et engrais, par ses expériences de culture et d'a- limentation ; par les recherches sur les industries et les produits de la ferme et d'autres sujets divers; autant de livres distincts entre lesquels nous avons divisé ses travaux de chimie agricole. 1 . L'étude des sols qui aide à déterminer les caractères de fei'tilité ou de slérilité des terres soumises à la culture, est de celles auxquelles Vœlcker a le plus largement contribué par ses recherches personnelles sur le pouvoir absorbant. Le savant Way , son prédécesseur à la Société royale, avait démontré le pouvoir d'absorption et de rétention de l'ammoniaque parles sols de différentes natures. Vœlcker reprend et étend les recherches de Way, non seulement à l'ammoniaque sous ses divei's états, mais encore à l'acide phosphorique et aux phosphates solubles, à la potasse et aux sels de potasse, à la soude et aux sels de soude, et finalement à une série de liquides fertilisants tels que les purins de fumier et les divers engrais hquidcs de la ferme. Par cet ensemble d'expériences, le l'ôle du sol et de l'engrais par rapport à la plante est plus nettement défini. On sait désormais que tous les sols retiennent l'anunoniaque et qu'on peut en recouvrer une partie après absorption ; une autre partie s'oxydant à l'état de de nitrates. On apprend ce fait de haute importance que les éléments les plus solubles dans un engrais sont rendus moins solubles au contact du sol, sans être pour cela complètement insolubles. Enfin, il ressort de cette propriété dont jouissent les terres, d'absorber et s NOTICE SUn LA VIK KT I.KS 'l'UWACX Di: D'' A. VOELGKKU. 459 de modifier les matièros fcililisaiiles, uii(> rclatidii iiiliiiic nvcc leurs capacités de production agricole. 4. Dans son examen de la plupart dos plantes cultivées, Vœlckcr, grâce à la détermination de leur composition inmiédialo et di^ la cons- titution de leurs cendres, est conduit à chercher leur facullt' d'épui- scmcnteu égard au sol, et leur valeur nutritive pour les animaux. Ses analyses portent principalement siu' les [)ailles des (-('réales et des légumineuses, sur la hetterave fourragère, les inangolds et les autres lacincs, y compris les rutabagas auxquels est due eu grande partie la prospérité de certaines régions agricoles, sur le foin de trèfle et de prairie, sur les fourrages verts ensilés, sur la betterave et la pulpe des sucreries, etc. Les phénomènes qui ont lieu dans la conservation en terre, des racines, du foin, etc., sont également étu- diés et élucidés. On ne saurait nier le grand intérêt de pareils travaux physiologiques sous le rapport de certaines récoltes prédominantes et de l'élevage des animaux, et des rapprochements à établir entre la constitution chimique du sol, de la plante et l'économie animale, quand il s'agit du rendement maximum que doit viser le praticien. 3. Les engrais, comprenant les substances telles que l'argile, la chaux, etc., qui servent à amender les terres, forment le sujet auquel Vœlcker a prodigu('i le plus de temps et de minutieuses recherches dans son laboratoire. Aucune des matières fertilisantes, on peut dire, (jue l'agriculteur euqjloie pour accroître la production du sol ; au- cune de celles récemment inti'oduitespar le commerce dans le même but, n'ont échappé au savant analyste. Sans les énumérer toutes, rajipclons que ses travaux sur l'utilisation de la chaux et de l'argile brûlée, sur l'écobuage, sur le fumier de ferme et sa décomposition, sur l'engrais liquide et les eaux d'égout, sur les guanos sans nombre, les phosphates de toutes provenances et les superphosphates, ont fixé nettement leur composition et leur rôle, en mêmet emps que leur meil- leur mode d'aménagement ou de préparation et d'emploi siu' le sol. Le sol élaborant les matières fertilisantes qu'il reçoit et les trans- formant en nouvelles combinaisons à l'état cjui convient le iui(nix à la nourriture de la plante, on comprend la portée du dosage exact des éléments ([u'elles renferment. » 460 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE, Ainsi, la chaux dans les terres sablonneuses et pauvres, agit non seulement d'une manière directe par l'apport de l'élément de nutrition qui leur manque, mais elle y conserve d'autres éléments précieux, tels que les sels d'ammoniaque et de potasse qui, autrement, filti'eraient en pure perte ; de même qu'elle influe sur la transfor- mation des phosphates solubles. Aucun des éléments constitutifs du sol n'affecte autant sa puissance de production que l'azote à l'état assimilable, mais aucun n'est si rapidement absorbé par les récoltes et ne disparaît aussi complète- ment du sol. Il en résulte que, sous la forme de fumier, par exemple, les substances azotées éprouvent une décomposition plus ou moins lente qui les convertit d'abord en composés ammoniacaux que le sol tient pendant un temps limité à la disposition de la plante, avant qu'ils se résolvent en nitrates ; tandis que le nitrate de soude qui n'est pas absorbé passe facilement et rapidement en dissolution dans le sous-sol. La meilleure utilisation des sels ammoniacaux et des ni- trates employés en couverture pour les céréales, dépend de ces faits d'observation scientifique. 4. Les expériences cullurales que Vœlckera d'abord instituées sur la ferme de Cirencester, avec le concours de son ami le professeur Coleman, ou bien contrôlées dans d'autres localités par l'entremise de fermiers intelligents, ont porté sur les engrais les mieux appro- priés aux racines, mangolds, navets et rutabagas, aux pommes de terre, au trèfle, et comme couverture, aux céréales. Conduites dans des terres de composition variée, dans des circonstances diverses que caractérisaient des années sèches, pluvieuses ou moyennes, ces expériences ne devaient avoir de valeur à ses yeux qu'autant que chacun des sols et des engrais étant analytiquement dosé, et les organes des plantes, définis sous le rapport de leurs principes immé- diats, les récolles atteignissent leur pleine maturité et la qualité qu'exige leur écoulement sur le marché. Il est diflicilc de discerner dans cet ensemble d'investigations qui ont eu Irait à l'action sur les récoltes des engrais azotés, phosphatés, calcaires, alcalins, rapportées à celle du fumier, s'il convient d'ad- mirer le soin minutieux qui préside à toutes les constatations, ou plutôt la réserve extrême avec laquelle Vœlcker formule ses conclu- NOTICE SUR LX VIK KT LKS TRAVAUX DU O'' A. VuELCIvK:!. 4G1 sions, ou modifie celles qu'il croyait acquises. Aussi, ne craint-il pas de sacrifier les essais qui ont péché pour des circonstances imprévues ou fortuites, ayant fourni des résultats exceptionnels ou erronés, de nature à causer plus de mal que de bien , et en cola il donne un exemple qui eût mérité d'être plus souvent suivi. A Woburn, les expériences inaugurées en 1877, j>uiir compte de la Société royale d'agriculture , d'après un plan rationnel conibiné avec M. Lawes, ont été dirigées par Va)lcker jusqu'en 188-4. Les con- clusions à en attendre, si importantes qu'elles soient, n'ont pu encore être établies d'une manière définitive. Il s'agit en effet d'y comparer suivant l'assolement quadriennal, l'action du fumier provenant des animaux consommant des aliments choisis, avec celle résultant de l'emploi d'engrais autres que le fumier, mais estimés contenir les mêmes élémenls fertilisants, à la même dose. Il s'agit, en outre, de comparer les faits de ces expériences avec ceux constatés après tant d'années à Rothamsted, à l'aide des mêmes engrais appli(piés à un sol tout différent. Une pareille investigation, pour être menée à bonne fin, exige un nombre d'années que Vœlckern'a pu malheureusement voir .arriver à terme. La question des évaluations spécifiées parla loi anglaise sur les fermages, au profit du fermier sortant, y trouvera une précieuse vérification. 5. Les analyses exécutées par Vœlcker sur les plantes, les pailles, les graines, les fourrages, etc., au point de vue de leur valeur nu- tritive, ont été étendues aux aliments pour le bétail dont le mar- ché anglais est approvisionné. C'est seulement par une connais- sance inlime des fonctions dans l'économie animale des divers éléments de nutrition que l'on peut employer économiquement les nourritures et les rations dont la composition est connue. A cet égard, h s services rendus aux éleveurs et aux engraisseurs par les travaux de Vœlcker sur la constitution microscopiipie et chimi- que des nombreux tourteaux et farines du commerce, etc., sur les cas de fraude ou d'ignorance dans leur préparation, ont été incal- culables. Quant aux expériences proprement dites d'alimcntatiou, Vo'.lcker ne les a léellemont entreprises avec suite qu'à Woburn, d'après un système l'alioimcl, dans le but de déterminer, comme MM. Lawes et 4H2 ANNALES DK LA SCIKNCE AGKONOM IQ L'E. Gill)erl l'onl fiiil si coiiiplùtemeiit ;'i Ivutliiuiislcd, ki soiiimo de nour- riture consommée, en relation avec le poids vivant, ou avec une aui^inentation déterminée du poids vivant de l'animal ; le rapport enire les éléments nutritifs utilisés pour l'accroissement et ceux de la nourriture ingérée ; enlin, par différence, la proportion des élé- ments de nourriture expirés, transpires et évacués dans le fumier. 0. Pai'mi les produits industriels de la ferme, Vœlcker a spéciale- ment dirigé ses recherches vers la composition, la conservation et la préparation du lait, de la crème et le fromage. Dès i861, il pu- hliait les résultats d'analyses de 70 produits de laiterie et de froma- gerie, et discutait scientifiquement la fabrication à ses diverses pé- riodes, en signalant les erreurs de la routine. En 186^, il reprenait une série d'essais sur le même sujet, et l'année suivante, dans un travail spécial, il examinait la composition du lait, l'influence des nourritures et des procédés de conservation sur sa qualité, en môme temps que les falsifications dont il est l'objet. La fabrication du fromage de Cheddar, d'api'ès une méthode en accord avec les principes scientifiques déterminés par Vœlcker, peut désormais s'opérer en grand, grâce à la séparation méthodique de la caséine, à l'observation réguhère des températures; elle donne des produits de qualité et de rendement supérieurs à ceux des laiteries domestiques où l'empirisme est le seul guide. Membre de la grande Association des laiteries britanniques, Vœlcker, dès sa création, ne se borne pas à publier dans le journal les résultats de ses recherches, mais il préside personnelllement aux épreuves dans les concours annuels qu'elle institue pour propager les méthodes et les ustensiles perfectionnés. La betterave occupa Vœlcker tout particulièrement lors des essais qui furent tentés en Angleterre pour implanter la fabrication de l'alcool et du sucre. Ses travaux i-emarquables démontrent la bonne qualité saccharifère des racines cultivées en Angleterre, en Ecosse, en Irlande ; mais un fait détourne et détournera longtemps encore la betterave de ses applications industrielles, à savoir, que le fermier anglais retire d'une tonne de betterave pour la nourriture de son bétail, une valeur supérieure à celle que lui offre le distillateur ou le fabricant de sucre. NOTICK SUR LA VIF, KT l.KS TU.VVALX DU D' V. VOELCKKU. 4G3 7. l^nliii, comme rccheivlies diverses ayaul Irait nolnmiiKMil aux (l(''siiireclanls, aux eaux potables cl (rirrigation, il imporlc de meii- liuiiiier celles concernant, les catix de drainage, j'ji (liMiMiiiiiiiiiil hi coiuposition de 70 éclianlilluns d'eaux (''coulées |i;ii- li's drains des ]»arcelles du champ d'expériences de Uolhainsled, Vœlcker a mis en évidence des faits fraj)panls (juaiil au pouvoir du sol de modifier la composition des engrais cl de préparer la nouri'iiui'e de la piaille. Les résullals de cette laborieuse reclierclie, acquis désormais à la science, cnseigneiil ([uel profil maximum il esl permis de tirer du fumier ou des ferlilisanls ralionnellement applii{ués aux terres en culture. On a dit quelque part ' : « La science n'est pas une croyance, mais une expérience » ; l'œuvre de Vœlcker, que nous venons d'ijsquisser à grands traits, le démontre surabondamment. L'amélioration des terres et du bétail, au delà de la limite de perfectibilité empiriijue ({ue l'agriculteur acquiert, n'est possible désormais que par rexi)é- rience scientifi([ue, telle que Vœlcker l'a conçue et réalisée. I. Cambacerès, Mémoires de l'Institut des iviences morales et politiques, t. III, p. IJ. A. RONNA. BIBLIOGRAPHIE ÉTRANGÈRE Die Landwirtschaftlichen Versuchs-Stationen. — Les SUlions expérimentales agricoles, par le ïf F. NunBK. TO.ME XXX. (188i). Atmosphère. — Eau. D'' 0. Kellner. Composition des eaux employées pour l'irrigation des rizières p. 34. D'' F. Sestlni et Angiolo Funaro. Somme des moyennes de température qui se rattachent à la culture du maïs, p. 97. Physiologie végétale. — Composition des végétaux. D'' 0. Kellner et J. S.wano. Ilecherches de cliimie agricole sur la culture du riz, p. 18. D'' A. EiMMERLiNG. Contribution à l'étude des phénomènes chimiques dans la plante (2« mémoire), p. 109-141. L'auteur étudie l'action de l'acide oxalique sur le nitrate de chaux. Il se forme de l'oxalate de cliaux qui reste dans la plante. (Voir le l®'' mémoire, dans le même recueil, t. XVII, p. IGl.) D"" G. Kreuzhage et D^ E. Wolff. Importance de la silice pour le développement de l'avoine, d'après des cultures faites sur l'eau, p. IGl. D'A. Mayer. Dégagement d'oxygène par les feuilles descrassulacées, p. 217. — Sur les premiers produits de réduction dans les feuilles de crassulacées, p. 218. — Possibilité de la réduction dans les feuilles mortes, p. 224. — Dégagement d'oxygène produit par les acides des plantes, p. 225. D' F. ^'uBBE. Essais de semences de vignes américaines, p. 229-244. D' W. Knop. Sur les proportions de matières alimentaires qu'il convient de donner à la canne à sucre, p. 277-287. — Tréparation d'une solution de culture concentrée pour les plantes, p. 292. D'' F. NoBBE, D'' P. Baessler et 1)'' 11. Will. Recherches de l'action toxique de l'arsenic, du plomb et du zinc sur les [>lantes, p. 381-423. Les moditications extérieures qui accompagnent l'empoisonnement de la plante par l'arsenic, attirent tout d'abord l'attention des auteurs; ils étudient ensuite eu détail la transpiration de la plante, les (luautités d'arsenic qu'elle peut absorber et la limite d'empoisonnement par ce métal. Us étendent aussi leurs reclicrches à l'action du zinc et du plomb. D"" H. Weiske. Essais de végétation des lupins dans des solutions nutritives, p. 437. D' 0. Kellxer. Analyse de quelques produits agricoles employés comme aliment au Japon, p. 42-Jl. BIBLIOGRAPHIE ÉTRANGÈRE. 465 D' Aiig. MoRGEN. l'erte d'azote dans la décomposition des matières organiques, p. 199 et p. 429. Les recherches de l'auteur montrent que la malière organique en voie de décomposition subit une perte d'azote, et (jue, dans la i)lupart des cas, l'addition de philre diminue cette perte. La terre mélangée à ces matières en augmente la porosité et facilite par cela même les pertes d'azote qui sont quelquefois quadruplées. La quantité d'ammoniaque qui se produit pendant la décomposition est liée à la quantité d'azote qui se dégage. On n'a jusqu'à présent pas pu saisir de proportionnalité entre ces dégagements. L'addition de kaïuite mélangée à raison de 10 p. 100 avec de la corne en poudre a permis d'arrêter les déperditions d'azote. On a remarqué que dans tous les cas où la perte d'azQte avait été très forte, la masse présentait une réaction alcaline ou neutre. Au contraire, quand cette perte était faible, la masse possédait une réaction légèrement acide. 1)'' G. Baumkut. Étude de la partie liquide des alcaolïdes du Lujnmis la/eus, ii. 295. {V E. FLiiCHuiG. Sur la proportion de matières alimentaires que renferment les différents lupins et leurs variétés, p. i-iâ. — Sur la perte de cellulose brute par l'ensilage, p. -{ôô. Sol. — Engrais. — Essais de fumure. I)"" 0. Keli.xer. Analyse de quelques sols japonais, p. 1. — Recherches sur la nitrilication dans les terrains marécageux, p. 32. !)'■ A. Petebmann. Remarques au sujet de la note deM.SEsTiNi: « Sur l'application de la dialyse à l'analyse des sols », p. 227. D"' 0. Kellner. Emploi comme engrais d'excréments désinfectés au moyen de l'acide phénique, p. 52-58. L'épidémie cholérique qui sévit, au Japon, pendant l'année 1882, obligea les grandes villes à désinfecter les excréments par le sulfate de fer et l'acide pho- nique. .1. Nesslcr a montré, en 1877, que des graines arrosées avec une solution ren- fermant 0,25 p. 100 de sulfate de fer et 0,1 p. 100 d'acide pheni(iue, perdent leur pouvoir germinatif. Ces expériences, reprises à Tokio, ont donné les mêmes résultats, des es.«ais de culture établis suivant les usages du pays ont permis de flxer la proportion d'acide phénique que l'on peut incorporer aux engrais, sans nuire à la végétation. Cette proportion est de 0,25 p. 100 quand on applique l'engrais phénique dés le début de la culture. On peut atteindre un faux de 3 p. 100 d'acide phénique, quand on place l'engrais dans des sillons, à côté des cultures dont la végétation est commencée. D'' W. K.xop. Sur la rétrogradation des superphosphates, p. 287. Aliments et fourrages. — Expériences d'alimentation. D"" M. SiEWF.RT. InOuence des tourteaux de coton non décortiqué sur la produc- tion du lait, p. 145. D"" 0. KELr.NER. Recherches sur le développement et l'alimentation des vers à soie {Bombyx Mori), p. 59-8G. .\NX. SCIENCE Aunox. 30 466 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Technologie agricole. N. J. FjonD. Essais d'appareils centrifuges, p. 331-370. C. BoucH. Description des dynamouièires employés pour ces essais, p. 371-3S0. D"' L. ULBnicuT. Sur la dcterminalion de l'extrait sec des moûts et des vins, p. 425-427. Analyse chimique. D'' C KuiiUSLER et D"' H. Landolt. Essai de la méthode du D"' Grouven pour le dosage de l'azote, p. 243-27G. Les essais ont été faits simultanément par M. Kreusler, à Poppelsdorf, et par M. II. Landolt, à Berlin. Ils ont trouvé que la méthode de M. Grouven ne donne; pas aisément des résultats exacts et qu'elle n'est pas d'un emploi général. E. ScHULZE. Contribution à l'étude des méthodes de dosage des amides dans les extraits de plantes, p. -1.^9-467. TOME XXXI (1885). Physiologie végétale. — Composition des végétaux. D"" A. E.MiMERLiNG. Sur la formation de l'albumine dans les plantes vertes, p. 1S2. A. Baumann. Action des sels de zinc sur les plantes, p. 1-Ô3. RijiPAU. Emploi du cmisemeut pour obtenir de nouvelles variétés de plantes agricoles, p. 171. I)"" U. HoRNBERGER. Sur l'augmcntation des matières sèches que subit un plant de Sinapis Alba, pendant une période de 7 jours, p. 415 (avec figures). D"" A. V. Planta. Composition chimique du pollen de noisetier [Corylus aoellana) . p. 97-114. D'' G. Baumert. Étude de la partie liquide des alcaloïdesdu Lupinusluteus (suite). — La lupinidine, p. 139-153. E. Hii.LER. Teneur en alcaloïde des différentes espèces et variétés de lupins, p. 33G-341. D'' J. RiTZEMA Bos. Élude de quelques animaux nuisibles à l'agriculture, p. 85 et p. 343. D' B. E. DiETZEi.L. Essais de culture ayant pour but de voir si les trèfles et les pois fixent par leurs organes foliacés l'azote atmosphérique combiné, p. 1G6. Les résultais de ces expériences ont prouvé que l'azote atmosphérique n'était pas fixé. D'' v. BiiETFEr.D. Essai de graines de betteraves à sucre et estimation de leur valeur, p. 195-199. Sols. — Engrais. — Essais de fumure. D'' W. Knop. Quelques remarques sur l'analyse des sols, p. 155. D'' F. Heidex. Pouvoir absorbant des sols sablonneux, \). 189. E. V. EcKENBHECHER. Détermination de la valeur de quelques engrais azotés., p. ICG. — Action sur les lupins, d'un engrais azoté appliqué dans le sous-sol, p. 1G7. — Recherche sur la quantité d'azote qu'il convient de donner aux pois et aux lupins, p. 1GR. BIDLIOt'.lLVPHli: ÉTnANGÈUt:. 467 D' H. HErxRiEGEL. Proporlioiis d'azote nécessaire dans le sol pour la culture des céréales, p. 183. A. B.vUMA.NN. Action des sels de zinc sur le sol, p. l. U"' A. Frank. Séparation industrielle, sous forme de phosphate animoniaco-ma- gnésien, de l'acide phospliorique que renferment les scories de déphospho- ration Gilchrist-Thomas, p. l'jy. Aliments et fourrages. — Expérience d'alimentation. \y M. ScHnoDT et D'' IIanskn. Composition des cendres du lait de vache, p. 55. I)"" l'. ViETH. Composition du lait de jument et du koumis, p. 353. B. HoESE et E. ScHULZE. Sur quelques parties constituantes du fromage d'Emmen- thal, p. 115-137. b'' WiLH. E.NULiNu. Études sur la caséine du lait de vache et sur l'action de la présure, p. 391-105. \)' 1". Benecke. Uecherche des graines A'Agrostemma gilhago dans les farines (avec ligure), p. 107-4 1-4. D'' MonoEN. Composilion du foin de prairie, p. 20i. La détermination de la chaux et de l'acide phosphorique, aidée de l'analyse botanique, peut donner des indications précieuses pour estimer la valeur d'un fourrage. U' F. NonDE. Sur l'essai des farines au moyen de l'aleuromètre, p. 18 4. D'' C. Leumann. Influence des alcalis sur les aliments respiratoires, p. IG9. Technologie agricole. D'' M. SiEWERT. Sur le degré d'écrémage du lait, au moyen d'appareils centrifuges de divers systèmes, p. I59-1G3. D"" W. Fleischmann et J. Berendes. Observations sur l'emploi des appareils cen- trifuges dans la laiterie, p. 3G7-389. D'' G. LiEBSGUEK. Sur les conditions à remplir pour conserver par l'ensilage leurs qualités aux pulpes de betteraves, p. 187-18!). Analyse chimique. D"" U. K'uEUsLER. Criliquc et coulribution à l'élude des méthodes quantitatives pour la déterminaliou de l'azote (avec planche). 1. Appareil et méthode volumétriquc de Dumas et autres chimistes : a. Critique générale de la méthode; b. l)cscri[)tion d'une modification apportée à la méthode volumétriquc. II. Nouvelles remarques sur la méthode de Will et Warrcnirapp, observations au sujet de la méthode de Kjcldahl. m. Détermination, au moyen de l'acide nitreux, de l'azote sous forme d'amides. IV. Action, à l'ébuUition, de quelques substances azotées sur l'acide nitreux. V. Détermination de l'acide nitrique par la méthode de M. Schlœsing , p. 207- 318. D'' V. V. WiLM. Extraction de la matière grasse des graines de palmier, p. 203. 468 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Die Landwirtschaftlichen Versuchstationen. TOMK XXXIl (1880). Physiologie végétale. — Composition des végétaux. D"" B. ScHULTZE et I)"" E. Fmîghsiq. Recherches comparatives sur la quantité d'amides formôes pendant la germination de diverses graines à l'obscurité, p. 137-148. D'' M. Jaiu.ns. Influence de quelques solutions salines sur la germination des graines de culture indigène (avec une planche), p. 119-1 78. Prof. D'' F. SiiSTiM. Relation entre le poids atomique et les fonctions physiolo- giques des éléments chimiques, p. 197-199. En considérant les (ablcs de Mendelejelf, l'auteur a remarqué que les éléments d'un poids atomique inférieur à 56, entrent, à quelques exceptions près, dans la composition des matières organiques végétales. Il espère pouvoir en déduire une loi. D'' U. KuEUSLEn. Méthode pour observer l'assimilation et la respiration des plantes, p. 403-405. ly J. Rnzii.\i.\ Bus. Contribution à l'étude de quelques animaux nuisibles à l'agri- culture. Le Merodon equeslria des narcisses, p. 9l-10i. — Sur quelques maladies des plantes produites par le Tglenchus devas(a(nx, (nématode décrit par J. Kuhn), p. 105-113. E. ScHULTZE et E. BossHARi). Sur la présence de la glutamine dans la betterave et sur ses propriétés optiques, p. 129-136. D'' E. Flechsig. Analyse de quelques variétés de lupins, de pois et de maïs, cul- tivés dans les mêmes conditions (de sol, d'engrais et de température), p. 179- 192. D^ KiEDERSTAD, Aualysc de quelques feuilles de tabac, p. 193-195. D"" U. Ulbricht. Essai de diverses variétés de courges, p. 231-240. Sol. — Engrais. — Essais de fumure. L. SosïEGM. Recherches sur les matières humiques extraites de la tourbe, p. 9-1 i. D"" G. Loges. Sur les combinaisons organiques a/.otèes dans la terre arable, p. 201-202. J. Stoklasa. Étude sur la désagrégation du grès, p. 203-214. A. MuLLER. Nouvelles recherches sur la i'crmentation de l'urine, p. 271-283. — l'urilication de l'eau d'égout, p. 285-300. — Conservatiou et désiui'ectioa du sang des abattoirs, p. 301-305. D'' R. lIoii.NiiEiiGEU. Valeur des fougères comme engrais, p. 371-3S0. Prof. IV A. Em.hehli.ng. iNouvelle méthode vulumétri(iue pour le dosage de l'acide phosphorique soluble dans les superphosphates, p. 395 et p. 429-439, Celte nouvelle méthode est basée sur la précipitation, presque complète, de l'acide phospliori(iue à l'état de phosphate tricalcique, par une solution de soude que l'on verse dans un mélange de chlorure de calcium et de superphosphate. La précipitation de l'acide phosphorique se fait d'après l'équation suivaute : CaH(PO^)^ -+■ 2 CaGl= -f- 4 NaOH = Ca'(PO')- -h 4 NaCI -h 4 HM). BIULlOlVUAPHlE ÉTRANGÈRE. 469 Oïl se sert comme Imlicatour de la phlaléine du pliénol qui vire au violet au moujont où tout l'acide pliospliorifiue est irausformé eu [)lios[)liate Iricalcique. il est essentiel de déterminer, par un essai préalable, la proportion d'acide libre (\m se trouve dans la solution. Celte détermination se fait avec une liqueur titrée de soude, on emploie l'orangé de métliyle comme indicateur. La solution colorée passe du violet-rouge au jaune au moment où tout l'acide pliospliorique libre est transformé en phosphate mouohasique ; ce changement de couleur cor- respond exactement au point que l'on désire atteindre. Il faut pour ce dosage, une liqueur de soude dont 1 centimètre cube corres- pond environ à 0,005 1**0», une solution de 200 gr. de chlorure de calcium pur et soc dans un litre d'eau; cette solution est alcaline, on la neutralise soigneu- sement. La phtaléine du phénol, en solution alcoolique, à raison de 2 p. 1000, et une solution aqueuse d'orangé de métliyle servent d'indicateur. On pèse 20 gr. de superphosphate, on ajoute un litre d'eau pour dissoudre et on filtre. On mélange 200 centimètres cubes du liquide filtré avec 50 centimètres cubes de la solution de chlorure de calcium. Ce mélange est introduit dans une burette, on remplit une seconde burette avec la liqueur de soude et l'on mesure dans un verre à précipiter de 20 à 2.3 centimètres cubes de cette dernière liqueur suivant la richesse présumée du superphosphate. On étend légèrement la solution de soude avec de l'eau, après y avoir ajouté 2 centimètres cubes de solution de phlaléine, puis on fuit couler rapidement le mélange de superphosphate et de chlorure de calcium jusqu'au moment où l'indicateur a perdu toute coloration rouge. 11 faut maintenant déterminer l'acidité du liquide, ce que l'on fait en mesurant un volume du mélange de superphosphate et chlorure de calcium, semblable à celui qu'on a été obligé d'employer pour le titrage précédent. On ajoute quelques gouttes d'orangé et l'on titre avec la soude jusqu'à l'apparition de la teinte jaune- orange. Après avoir répété ces essais un certain nombre de fois, on possède tous les éléments du calcul de l'acide phosphorique. Celte méthode donne des résultats un peu trop forts, elle s'applique aussi au dosage de l'acide phosphorique dans les superphosphates ferrugineux, la dillé- rence est plus forte, dans ce cas, et s'élève àO.lGp. 100 sans pouvoir cependant dépasser 0,30 p. 100 en plus. D'' A. EiMMEULiNo. Action de l'acide azoteux sur Turée, l'acide uriquectlc sulfate d'ammoniaque (avec une figure), p. 410-450. D"" 0. Kellner. Action du protoxyde de fer .sur la végétation, p. 3G5-370. Aliments et fourragea. — Expériences d'alimentation. D"' F. Sesti.vi et A. Dicocco. Valeur alimentaire des spadices de maïs égrenés (Maïskolben), p. 7-8. D'' 0. Kell.neu. Etude des modifications que subit le fourrage mis en meules, p. 5G-71. — Essai sur des moutons de la digestibililé de divers fourrages, p. 72-89. E. iMagh. — Sur le foin consumé, p. 263-27 0. D'' liiEB-sciiER (d'iéua). Étude des aliments concentrés, p. 399-101. On fait bouillir les graines avec une solution étendue de soude, pour dissou- 470 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. dro l'amidon et l'on examine ensuite an microscope les parties insolubles avec un faible grossissement. 11 sullit pour les tonrleaux d'en examiner une coupe au microscope. L'auleur a fait une collection de 50 préparations microscopiques, qu'il vend G2 fr. 50 c. Cette collection comprend des coupes transversales et longitudinales des prin- cipales g-raines ainsi que les formes les plus connues de l'amidon dans les ma- tières amylacées. Ces préparations sont colorées, on eu trouvera l'énuméralion dans la note de l'auteur. D'' A. E.MMEULiNo. Sur l'essai des fourrages, p. ■401-402. L'analyse chimique ne suffit pas toujours pour déterminer la qualité d'un fourrage ; il tant aussi recliercber les moisissures et les organismes qu'il peut contenir. On favorise le développement des spores qui pourraient se trouver dans le fourrage en plaçant à l'étuve, pendant 24 heures, à 35''-40'', un gramme de l'écliantillon à essayer dans un flacon stérilisé et bouché avec du coton. Les résultats de ces essais ne sont pas encore bien nets, on peut cependant indiquer les généralités suivantes : Les tourteaux d'arachides présentent souvent des moisissures , rarement des bacilles. Les tourteaux de coton renferment plus souvent des bactéries que des moisis- sures ; ils possèdent souvent une réaction alcaline après la fermentation. La farine de riz est souvent moisie et l'on a pu y observer quckiuefois des micrococcus. Le tourteau de coco est plus pur ; on y a trouvé le Bucillus siiblilis et quelquefois aussi un mycélium que l'on n'a pas encore pu déterminer. Les tour- teaux de palme ne renferment que rarement des champignons ou des spores. L. BiîOCKE.MA et prof. D"' A. Mayer. Essais pratiques d'alimentation permettant de comparer le foin ensilé au foin frais, p. 407-417. Technologie agricole. W. CHLUDZiNfcKi. Composition de la toison des moutons à grosse laine et des mé- rinos (avec une planche), p. 115-128. rf F. SzYxiANSKi. Étude des peptones du malt, p. 389-394. l)'' C. Weiuelt. Essais de fabrication de vin artillciel, p. 397-39S, D"" GisEviu.s. De l'emploi des siphons pour les irrigations (avec 2 figures), p. 419- -••428. Analyse chimique. \y V. V. WiLM. Détermination de la matière grasse dans des graines de palmier, p. 1-6. \V A. LoNGi. Étude analytique sur l'azote ammoniacal des combinaisons amidécs et des aminés des produits végétaux, p. 15-50. D'' A. WiELioK. Analyse de l'aubier du pin sylvestre et du saule, p. 307-304. D'' A. l'LANTA. Sur la composition chimique du pollen du pin comnuin [Pinus sijlvestris), p 215-230. \V W. Ulbrickt. Analyse de quelques variétés de courges, p. 231-240. K. l'oinELK. Composition des graines de lUaïs, p. 241-202. J. lUSI.lili. TABLE DES MATIERES ou TOME U K U X I È M E Pages. A. Ronna. — Chiiiiie agricole. — Travaux et expériences du doc- teur A.. Vœlckor. — 3. L'engrais 3 L. Boppe et E. Reuss. — L'enseignement forestier en Autriche et en Bavière 263 A. Mayer. — Mélliode simple pour reconnaître le heurre falsifié. 284 J. Risler. — Slatisli(|ue des slations agronomiques et des labora- toires agricoles des États de l'empire allemand 301 J. Risler. — Rapport sur l'organisation et le fonctionnement des stations agronomiques en Prusse 320 J. Risler. — Comptes rendus des travaux scientifiques et pratiques des stations agronomiques pendant l'année i88i 328 L. Boppe et E. Reuss. — Études forestières. — La forêt du Spes- sart 373 L. Boppe. — Etudes forestières. — Les forêts de la Grande-Bre- tagne 405 A. Mûntz et A. Ch. Girard. — Expériences faites à la ferme de l'Institut national agronomique, sur la production du fumier . . 419 A. Ronna. — Notice sur la vie et les travaux du D' A. Vœlcker. 440 Bibliographie étrangère 464 Nancy inipr. Bcrgor-Levrault ei C". llf m m V.^. :Ai^. N^f ?Yvi Sf^-**^ ^"^ 4. S York BotanicBl Garden LIbrary 3 5185 00258 6319_ ^^^. 'f*^^^:^'^:- ■^% ':^^' M '^►.r* ^^fAu. 4M- .i«fi.,^-%- ^^%# ■2«N^ .% ^ #&. -V- i ■«I î*-' 4Ç; ^ '•éSj ;;«* '■m" •M^' '«^^V ■^HlS f^ïi:"^*^il ^;;;:' i^y*^ ij«L ,4?4 ^^•Jfc ""■" »■ ^« ««"^ ./■y* .% ^^' É^ i-^T ^" , ► •i, ~X "* ï?'?*.^ ii^.'.»r •-mt^lr ^