r •■;,> ANNALES DE LA SCIENCE ACfiONOimûlJE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE FONDÉES EN 1884 PAR LOUIS GRANDEAU PUBLIÉES TOUS LES MOIS SOUS LES AUSPICES DU MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE PAR L'ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES DE L'INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE 16, Rue Claude-Bernard - PARIS 4* Série — 6« Année BERGER-LEVRAULT Éditeurs 5-7, RUE DES BEAUX-ARTS, 5-7 PARIS REDACTION ET ADMINISTRATION 16, RUE CLAUDE-BERNARD, 16 PARIS Prix de l'abonnement : Paris, 24 fr, ; Départements et Union Postale, 26 fr. Adresser le AhonnementF à l'Administration, 16, Rue Claude-Bernard T»utes les communications sont à adresser, selon qu'elles concernent : L'ASSOCmTfOn , la RÉDACriOn, l' ADMINISTRATIOn et la PUBLICfTÉ : 16, Rue Claude-Bernard, PARIS. Sommaire des n"* 1-3 Janvier Mars 1917 G. Wery. — Alfred Mallèvre. G. "Wery. — Xaicft l'i travaux d'Alfred Mallèvre. J.-E. Lucas. — Suies prises nu cours de Zootechnie de A. Mallèvre. (liiii Madayascar. Rente Agronomique. COMITÉ DE RÉDACTION DES ANNALES MM. ,, . ... \ FLAMMARION, GAYON. MANCHN. BBUSS. TH SCHLŒSING Membres d honneur : ] & sCHLŒSINQ FILS. MM. C Président TISSERAND Bureau ] Vice-Présidents . . . . HENRY t N"'" f Secrétaire délégué . . J.-B. LUCAS SECTIONS HBÉSIUBNTS MEMBRES SBCnÉTAIBKS MM. MM. MV. 1 Agriculture SCHRIBAUX H. HiTIER. PETIT. DE ¥ONICAULT PLUVINAQE 2 Agriculture coloniale PrudHOMME CaPUS. DUBARD L. LEFEVRE •i Chimie, physique, \ météorologie, mi- | GiraRD ANDRE, ANGOT. BERTRAND. KaYSER BRUNO crobiologie .... ; 4 Économie du bétail. N**' MOUSSU, M. VACHER J.-B. LUCAS 5 Économie forestière. HiCKEL CHANCEREL. QuINIER OERDIL 6 Économie rurale, ) mutualité, s/a/is- > J. HlTIER LESAGE. DE ROCQUIGNY TaRDY tique ; 7 Enseignement agn- ) g ^^j, TROUARDRIOLLE. WÉRY, CHANCRIN SaGOURIN cote * H Génie rural . . KlNGBLMANN DE CONDÉ. VERMOREL COUPAN '•* ''°,;ii,7/'urr. '.' °""'." I NANO*^ COSTANTIN. D' POIRAULT BUSSARD 10 Sciences appliquées ' à l'agriculture, en- / ^r p n» n MaRCHAL. D' POTIER. MARTIN g ^^^^ tomologie, parasi- ( " «EONARD CLAUDE tologie ) ^\ Technologie agricole. LiNDET MAZE. SAILLARD. L. AMMANN NoTTIN 12 Viticulture VlALA J. GAZELLES. MASSIONON P- MARSAIS .Srcrêliiire i/c lu tièdnilion : R. LEQUERTIER ALFRED MALLÈVRE (1866-1916) ALFRED MALLÈVRE (1866-1916) INGÉNIEUR-AGRONOME MEMBRE DE l'aCADÉMIE d'aGRICULTURE PROFESSEUR DE ZOOTECHNIE A LINSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE Ce que nous sommes, nous le devons pour beaucoup à la terre .natale, au terroir où plongèrent d'abord les racines de notre vie qui en retiennent toujours attachés quelques fragments. Evoquer le milieu où s'écoulèrent nos premières années, les souvenirs qui honorent notre petite patrie, les maîtres qui formèrent notre intelligence, et, même, dessiner d'un trait rapide, l'horizon où commença d'évoluer notre existence, c'est écrire un peu la pré- face de notre histoire. Alfred Mallèvre naquit le 14 janvier 1866 à Tours. Il eut l'heu- reuse fortune de voir le jour et de passer sa jeunesse au cœur du « jardin de la France », berceau de tant de bons esprits, quelques-uns très" grands, où se retrouvent les meilleures qua- lités de notre race. Sans doute, puisa-t-il de bonne heure le goût du beau et du bien, de l'ordre et de la mesure dans la grâce de ses paysages et l'harmonie de ses œuvres d'art qui reflètent si fidèlement le charme et la force du génie français. Il fit ses titudes au lycée de sa ville natale où il connut cet original et ■savant professeur dont notre maître Duclaux nous parlait dans ses leçons. M. de Tastes avait perdu l'usage de ses jambes à la suite d'une opération chirurgicale mal faite. Il occupait ses loi- sirs à canoter, à la rame ou à la voile, sur la Loire et ses affluents. Très fm observateur, il avait d'autant mieux étudié la direction et' la force des vents, que son infirmité le laissait à leur merci. Les règles qu'il établit d'abord pour assurer sa sécu- rité, il les étendit ensuite, par curiosité de chercheur, aux mouve- ments généraux de l'atmosphère. Ses conversations, ses théories ingénieuses séduisirent son collègue Duclaux et le décidèrent à s'occuper de météorologie. M. de Tastes, qui savait mêler la science à un sport entraînant, exerçait une influence parti- culière sur ses élèves. Mallèvre ne dut pas y échapper. Peut- être développa-t-elle son goût pour une carrière scientifique. Quoi qu'il en soit, après d'excellentes études classiques, il se 2 Annales de la science agronomique dirigea vers TEcole Polytechnique. 11 aurait probablement réussi, s'il n'était t<.mbé malade à la veille des épreuves. Cette prépa- ration, très consciencieusement laite, eut au moins l'avantage (Fimprimer à son esprit, avec une forte méthode de travail, le souci de la clarté et de la précision, «pialités ([u'un i-efi'ouve dans tous ses travaux. Cependant, déçu dans ses espérances, le jeune homme resta «pielque temps désemi>aré. Les circonstances le ],oussèrent ;\ entrer dans le commère*^. 11 nVh avait i>as le goîït. '/un de ses compagnons d'études, Emmanuel Le Barbier, venait de sortir de rinslilul Agronomique, 'classé le 1" de sa promo- tion (1884). Si les atTaires rebutaient Mallèvre, l'étude de la nature l'enthousiasmait. C:q)tivé par les (hstw.urs et rexenqile de son ami. entraîné par l'inlérét du programme de nos éludes, il entra en IS.SC» à l'Institut Agronomique. Deux ans plus tard, il en sortait major, lui aussi, et, comme tel, titulaire d'inie mission d'études. C'était l;i possilulité de continuer à travailler iiendant trois ans. d"iq»prolondir les sujets piélérés (pie la rapidité de l'enseignemenl n'avait permis que d'elTleurer, de se diriger vers une carrière de son choix. Mais il f.dlait opter ]>our une spécia- lisation, de cette décision dépendait l'avenir... Eugène Ptisler. à (\ui étaient t'onfiées les destintHis de l'Institut. sMngéniait à trou- ver des débouchés poui* ses élèves. Il guellait longicmiis à l'avance les vides tpii se creusaient peu à peu dans l'enseigne- ment agric^ile. Et il excellait à découvrir ceux de ses ingénieurs ^.c•ponomes qui pniiri-aient un jour les combler. La zootechnie n était ]»as encttinbrée de chercheurs. Mallèvre avait donné des preijves de ses aptitudes pour les sciences sur lesrpu'lles rejtose cette branche maîtresse de l'art agricole. Hisler n'hésita i>as à l'engager à entrer dans cette voie. L'avenir était bien un peu incertain. î^e vieux maître Sanson, consulté, avait rép(Midu avec affection et ])nidence, un sourire dans sa barbe l^lanchc. une étincelle dans ses yeux malins : Prenez garde, UKm jeune ami, \i\ zootechnie ne nourrit ]>as son homme ! Ou'imporf>e ! Ntailèvre aimait la science, il était Itrave, les dillicultés ne rellraxaient twis. En faw de ce but élevé. Se consacrer sans calculs à la i-i^che où il se sentait capable de rendi'e le ]"»lus de servir»iuramme de ses études et de ses voyafres. MalJèxre p,^rcinirrait les princi|>ales contrées agricoles de rKunipe. il t'tudierail les ditlérentes races de I>étail, les eundi- linns économiques de leur élevage et de leur utilis.ition : suj'tout, il travailjenut dans les laboratoires les plus rt'putés. Ouel plan séd\iisant p^ur un fului* agi'on('î"ne <|ui atleigjiait alors sa 'Ju" aiuiér I Mallè\re r.idupta (.l'etithousiasme. SufM-essi\eitïent, il visita l'AjUriclie, lAllemagne, le I)ane?ua?'k, la Hollande et ALl-'UED MALLE\'RE ^ 3 l'Angleterre, s'arrètant, quand il le fallait, un temps suffisant l»our suivre les leçons cFun maître célèbre et travailler sous sa direction, fréquentant les exploitations agricoles et les marchés. iJe ses voyages, il rapporta les premiers rudiments de cette docu- mentation sans cesse accrue qui devait devenir Tune de ses forces, la. connaissance approfondie des travaux que les Alle- mands et les Danois poursuivaient sur Talimentation du bétail; la technique de leurs laboratoires, et, déjà, cette sûreté d'appré- ciation des opérations zootechniques qui était d'autant plus remarquable chez lui qu'il n'appartenait pas, par ses origines, ou monde agricole. Les rapports, les documents qu'il communiquait lors de ses séjours hâtifs à Paris, montrèrent vite aux maîtres qui avaient deviné sa vocation qu'ils" ne s'étaient pas trompés. Aussi en 1892, à l'expiration de sa mission, M. Tisserand le chargea de la direction des , laboratoires de zootechnie créés à la ferme d'application de l'Institut Agronomic{ue, à Joinville-le-Pont. Pendant les cinq années qu'il conserva ce poste. Mallèvre publia les travaux, fruits de ses séjours à l'étranger qui ont réellement introduit et fait connaître en France les principes nouveaux de- l'alimentation rationnelle du bétail. Simultané- ment, admis dans les laboratoires du Muséum, puis de l'Institut Pasteur, il poursuivit, en collaboration avec M. Gabriel Bertrand, des recherches sur la pectase et la fermentation poétique. Cette ardeur dirigée vers un but particulier ne le détiourna pas de la zootechnie générale. Et lorsqu'en 18U7, la limite d'âge atteignit le savant et vénéré maître M. Sanson, titulaire de la chaire de zootechnie de l'Institut Agronomique, et, ciue celle-ci devint vacante. Mallèvre la conquit après un brillant concours. Il atteignit ainsi le but que ses maîtres et ses camarades lui avaient assigné. Ce fut la récompense d'un labeur infatigable et d'une persévérance que le découragement n'atteignit jamais. Cependant, malgré la préparation d'un enseignement difficile, auquel il consacrait le meilleur de ses forces, son activité exté- rieure ne se ralentissait pas. En 1807, il devenait secrétaire général de la Société pour l'ali- mentation rationnelle du bétail que venaient de fonder, avec plusieurs personnalités du monde savant et agricole, M. Tisse- rand et M. Eugène Mir, sénateur. Mallèvre fut'le principal arti- san de cette œuvre intéressante qui contribua beaucoup à diriger la zootechnie dans la voie nouvelle. Chacun des treize beaux volumes qu'elle a publiés, à l'occasion de ses Congrès annuels, jusqu'en 1008, contient des mémoires qu'il .a signés. C'est là que l'on peut retrouver la plupart de ses études sur la science de l'alimentation. L'Exposition Universelle de 1900 lui donna les riiovens, ainsi qu'à M. Marcel Vacher, de pratiquer des mensurations suivant une méthode scientifique rigoureuse sur les races bovines. De €e travail considérable, naquit le bel a Album des races bovines de France », qu'il publia en collaboration avec M. Marcel Vacher •et auquel l'Académie d'agriculture décerna l'une de ses plus belles récompenses : le prix Béhague, 4 Annales de la science agronomique A l'instig^ation du savant président de la Société Centrale d'At-'i'iciiKiii'c du dr]»apt»'rtuMil de la Seine-inréritMipc, M. René. Beiye. Mallèvre lit à Hniien devant les sociétaires plusieurs con- lérences remarquables, de 1907 à 1911. Cependant l'Académie d'a^MMCulture avait écouté à plusieurs reprises, avec 'beaucoup (i'iulérél ses communications. Depuis lonptemi^s. elle l'avait dis- tingué. Aussi lut-ce avec une majorité llatfeuse ((u'elle rapi)ela, le 22 novembre 1011, à succéder au professeur Arloinir. dans la sectio.n d'I^^i'onoinie des animaux, ('e choix combla les désirs de Mallèvre. .Nulle autre distinction ne lui aurait été ]ilus sensible. 11 marcpia vile sa place dans la savante Comjjapnie. Ses con- frères regretteront toujours cet homme aimable, d'un (Nnnmerce sur. assidu à leurs séances, à rinttM'ventiion ;u'dente, mais tou- joiu's courtoise, dès (ju'une discussion t^mchant à ses sujets favoris interrompait son silence recueilli. * ** Des anciens élèves de rinsiilut .Kgi'onomiquc, Alfred Mallèvre était l'un de ceux qui rhoin)rait le mieux et sur lequel il comp- tait le plus. .Notre cher disparu lui appartenait vraiment tout entier, t'.ar s'il avait complété ses <''lu(lcs dans quelques-uns des grands établissements scientili(iues de la l'^rance et de l'étranger, le seul diplôme officiel qu'il recueillit fut celui d'ingénieur agronome, les seules fonctions qu'il remitlil furent celb^s de directeur du l.abondoire de Zootechnie (le la h'ei'me d'ap|)lication de llnslitul Agronomiciue, puis de professeur. 1^'lnstitut Agronurniquc peu! donc U* reven- iliqucr comme l'un de ses fds dans tout ce que celte (lualité comporte de ])ossessi(m. Certes, ce n'est pas que nous songions im seul instant, i)ar une fausse concejition des choses, à nier l'intérêt que nos élèves peuvent avoir à écouter encore des maî- tres èmincnts et à frérpienter d'autres laboratoires que les nôti'cs. Troj» d'cxemjdes excellents nous iiilli;;eraient d'éclatants démen- tis. Mais n'est-il pas intéressant de constater que l'instilul Agro- nomiciue ait \)\\ produii'c jtar ses propres forces, dans l'une des branches (|ui lui appartient le plus, un maîti'c dont l'autorité est jiartout recftnnue ? t'n établissement d'enseignement supérieur ne vaut pas seu- lement par les liommes de science qu'il sait associer à sa fortune, mais enc<»re jtar les élèves ipi'il f(»rme. Lorscpi'il renq>lit sa mis- sion, il évoque l'image d'un sol fertile où d'habiles semeurs pré- parent de l'iches moissons ou bien celle d'un bel arbi'c eux «pii Tonf connu, api>récié et aimé ranimeront souvent leur lon^ cortège. Et la pensée qu'ils lui consacreront ainsi, dans l'inl imité de leur conir. sera le plus bel hommaiie qu'ils pourront olli-ir à sa mémoire, dans tous les chs. celui (iiii lui |»laii-a le jdus. La disparition prématurée de Mallèvre n'atteignit })as seule- ment ses élè\('s. ses amis et ses collègues. Klle lrai»pa encore tous i-eux qui l'appi-ochaient et ceux-mèmes, qui, sans le coii- naitre personnellement. iq)préciaient ses travaux. On comprit dans les milieux agricoles qu'un véritable vide venait de se creuser qu'il serait difficile de combler. Peu de tem])s après (|u'il nous eût tpiittés, la Direction et les professeurs de l'institut Agronomique re(;urent un témoignage précieux de ces regrets et de ces sym]iathies dans les lettres de M. Karrier, ins])ecteur général des Ecoles ^'étél'inail•es et de M. Porcher, professeur à l'Ecole Vétérinaire de Lyon. « La disparition de Mallèvre, écrivaient-ils, frapjie fortemenl miIi-c maison et la science agronomique française ». KL M. Porcher ajoutait : « Son érudition si ferme et si vraie, son |)arfail juye- * ment (\\n mettait les choses à leur place sur le terrain si eom- <• plexe <»ù il évoluait, sa granfle honnêteté, les (jiialités de sim « cju'actère, sa parlaile uiodestie et >nn alTabililt', xnilà les |iriu- « cipaux traits du ]>rofesseur et de l'homme charmant qui dispa- « raît. " * ** Le l'xlhine d<' la \ ic intérieure de MallèNce, c'est sa cons<-ience scru|)nleuse, son ardeur au traxail, >^a simi>licité et sa m<»destie. .\rdent à la recherche ei à la dilTusion de la vérité, il s'elïaçait loiijnurs ([iiand il no s'agissait (pie de sa |»ersniinc. Mais était-il question tlc! faire .conuaitre un fait nou\eaii qui répandit (juelqi'e lumière sur la science qu'il cultivait, alors, il atta(piait sans ménagement l'erreur tout en gardant une coui-toisie parfaite à. l'égard de son contradicteur. Le seul bruit qu'il tolérait autour de soi, c'était celui des arguments en faveur de la vérité et drs déc^Miverties qu'il jugeait utiles à l'agricultiu'e dotd il servait si bien les iidéri'ls. La corr-eclion de ses manières réiléchissait celle de son caractère. Sa di'oiture i'a>(tnnait de sim claii* ivgai'd dont lies verres de mytq^e ne voilaient pas l'éclat, il avait la haine du mensonge et de l'a peu ])i'ès. Il était exigeant el m* se contentait [lits à bon marché. Mallèxi-e Inuivait dans une docunuMitalion extrêmement riche, dans une argumentation seirée traduite tour ALFRED WALLEVRE / à tour, soit par une écriture limpide, soit par. une parole ner- veuse, éloquente, les ressources nécessaires à faire passer ses convictions chez ses auditeurs. Une timidité naturelle, dont il se départissait lorsque le service de la science ou celui d'une cause intéressante le cummandait, pouvait rendre son abord un peu froid. En réalité, c'était une nature extrêmement sensible. La plupart de nous, Français, ne nous abandonnons librement à notre naturel que dans Fintimité du foyer. C'est là, seulement, que nous dépouillons cette enve- loppe superficielle, protectrice contre les banalités de la vie c^u- mnte, qui rend notre observation si difficile aux étrangers. Mal- K'we gardait chez lui son zèle de, travailleur achanié, mais il luissaft alors libre cours aux élans de son coeur et aux charmes de son esprit. L'enseignement de la zootechnie, dans son intégralité, exige de celui qui en assume la charge les connaissances les plus variées qui évoluent sans cesse, et par conséquent, twlament des lectures extrêmement nombreuses. Mallèvre s'y consacrait sans compter. Connaissant la plupart des langues étrangèi^s, il tra- duisait à livre ouvert toutes les put>lications techniques, La plus vaste pièce de son logis était occupée par une grande biblio- thèque, qu'enrichissaient sans cesse de nouvelles acquisitions, et par des cartonniers où il classait sans se lasser les analyses de ses lectures. Il n'interrompait son labeur que pour d<:)nner son enseignement à l'Institut Agronomique, fréquenter les Sociétés savantes qui l'avaient accueilli, et le recherchaient, puis se livrer aux douces joies de la famille. Il charmait quelquefois ses occu^ pations par un peu de musique, car il jouait élu violon. Ainsi, s'écoulait sa vie dans cette unité et cette harmonie qui semblent ôive le privilège des hommes que les travaux de l'esprit occupent exclusivement. Et sans doute, si sa santé délicate ne l'avait assombrie, eùt-elle été parfaitement heureuse. Ses émoluments de pivtfesseur à l'Institut Agronomique étaient modestes. Mallèvre aurait pu leur chercher un complément légi- time dans des o^'cupations extérieures compatibles avec les devoirs de sa charge. Sauf la chaire de zckotechnie à FEcole Supérieure d'Agriculture Coloniale qu'il accepta, gagné par sa nouveauté et la cause si intéressante qu'elle servait, il refusa toujours de se livrer à d'autres travaux. Il tmuvait assez de force pour publier de nombreux mémoires, faire des confé- rences, apporter son concours actif à toutes les oeH.ivres qu'il jugeait utiles. Il n'en avait pas assez, disait-il, pour distraire quelque chose de plus de son temps à Tenseigmement qu'il don- nait à l'Institut Agronomique. C'était }X)ur lui un véritable sacerdoce auquel il se vouait tout entier. Ses élèves le savaient. Ils l'écoutaient avec un intérêt passionné. Ils lui conservent le. plus reconnaissant souvenir. * ** Mallèvre acquit rapidement une grande autorité auprès de ses élèves, de ses collègues et de l'élite du monde de l'agriculture. tv Annales de la science agronomique Ce fut vraiment un chef d'école. Son œuvre est représentée par le cours magistral qu'il a professé pendant dix-sept ans et la tùche considérable qu'il remplit en nous faisant connaître, par ses écrits et par sa parole, les travaux considérables que les étrangers, danois, suédois, américains, anglais, italiens alle- mands, produisirent durant les vingt-cinq dernières années dans l'ordre des sciences auxquelles il s'était consacré. C'est ainsi (îu'il se lit apprécier, non pas sans doute du grand public, mais des personnalités agricoles. La documentation, réalisée comme i! l'enlcndait, représente un elTort énorme. Mallèvre recueillait avec méthode toutes les manifestations utiles de la pensée des biologistes et des zootechniciens du monde entier. Nous avons dit qu'il consignait sur des liches classées soigneusement les résultats de ses lectures, de ses rétlexions et de ses critiques. Grâce à ce travail de bénédictin. ])oursuivi sans relâche, il était certainement l'homme de la terre le mieux informé. 1 >c là ces leçons si vivantes, si remplies. On a parfois regretté qu'un savant aussi renseigné. i>t)urvu d'aussi grandes ressources intellectuelles, n'ait pas produit lui- même des travaux comparables à ceux. qu'il faisait si liicn con- naître. Cette situation, que Mallèvre ne supportait pas sans tristesse, ne s'explique que trop facilement. La zootechnie représente un ensemble singulièrement complexe. Ce n'est pas à proprement parler une science, mais une collection de sciences. Mallèvre Ignorait l'art des demi-mesures. Chaque année, il voulait apjxir- ter à ses élèves le dernier état de cette somme considérable de connaissances. Le lecteur averti s'imagine ce que cela représen- tait de mémoires et de re\ ues dépouillés, de notes et de critiques amassées, de temps consacré au cabinet d'études et distrait au laboratoire. Puis Mallèvre ne put entrevoir la possession d'un laboratr»ire personnel que dans les derniers mois de sa vie. lorsque des crédits suffisants |)ermirent au directeur de l'Institut Agronomique, notre cher maître et ami, M. le D' V. Regnard, de doter de cette ressource indispensable ceux des services dç l'école qui n'en étaient pas encore pour\us. Cela ne constituait pas un empécht'Mient absolu, car Mallèvre aui'ail trouvé partout l'huspi- talité, mais cette situation ne favorisait pas la recherche que d'autres circonstances contrariaient déjà. EnHn et c'est la prin- cipale raison qui "écartait Mallèvre de l'expérimeidation, sa santé ne lui permettait pas de se livrer, à la fois, aux travaux dont il apercevait distinctement la longue et captivante série et de se dévouer à une tâche dont sa conscience sévère ne lui cachait ni les difliculté.s. ni les exigences. Il voulait, avant tout, (pie son cours fût vivant et complet. Il le remaniait sans cesse, le tenant Jalousement au coui-ant de toutes les choses nou\-elIes ]»iiisées à toutes les meillcuies sources. Dès (pi'il est chai-gé de la chaire (le zootechnie de l'Institut Agronomi(iue, c'est-à-dire à partir de bS07, nous constatons (pi'il intei-rom|it les travaux de laboratoire qu'il avait commencés, .\vant cette date (pii mar(|ue inie iihase ii'Mivelle de sa vie, il s'était livré à plusieurs recherches intéres- santes de chimie I)iulogi(|ue. Il a\ait l'ail nailre cliez ceux (|lli le ALFRED MALLE \KE suivaient des espérances qu'il n'aurait certainement pas déçues. C'est ainsi que pendant les années mêmes de mission, il étudia le pouvoir nutritif de l'acide acétique (archives de Pfliiger) et qu'en 1895 et 1896, il, publia, en collaboration avec M. Gabriel Bertrand, deux mémoires remarqués sur la pectine, et son fer- ment, la pectase. Pendant les quelques années qui précédèrent sa mort. Mallèvre reprit ses projets de recherches. Il n'avait jamais cessé d'y songer en secret. Un labeur incessant de plus de douze années avait donné à l'enseignement dont il était chargé toute son ampleur, toute sa maturité. Il n'y avait plus qu'à le tenir au courant des faits nou- veaux, grâce à ces alluvions que lui apportaient régulièrement les publications françaises et étrangères qu'il dépouillait main- tenant avec une facilité extrême. Mallèvre avait rencontré dans son élève et ami, J.-E. Lucas, agriculteur, éleveur à Gournay, près de Paris, le collaborateur rêvé. J.-E. Lucas, grand produc- teur de lait, mettait à la disposition du maître ses étables, ses animaux et toutes les ressources d'un esprit pratique épris de science. Quelques jeunes ingénieurs agronomes s'étaient joints à eux. Cette collaboration avait déjà montré ce que l'on pouvait en attendre dans les essais des machines à traire qui eurent lieu en 1911 à la ferme de Gournay, les recherches sur l'emploi, comme aliment, des coques de cacao, l'influence de la forme des rations sur la production et la valeur hygiénique du lait. Elle aurait certainement produit des résultats intéressants. Mal- lèvre eut réalisé cette alliance entre la science et la pratique, pour la conquête du progrès, qu'il avait surprise chez les Danois et qu'il cherchait à développer chez nous. La guerre, puis sa mort, sont venus briser ces projets. Le grain est semé, puisse-t-il germer et donner de beaux épis. Quoi qu'il en soit. Mallèvre aimait la recherche, s'il eut vécu davantage, il s'y serait certainement distingué. Et après avoir goûté à ce fruit savoureux, il a certainement souffert d'en être ensuite privé. Il s'était résigné avec quelque tristesse à la tâche ardue, quelque peu ingrate, toutefois si utile, d'explorer les tra- vaux innombrables que la foule des chercheurs offre à une science exigeante, de séparer le bon grain de l'ivraie et de don- ner libéralement à ses élèves, à ses collègues et aux agriculteurs le trésor de ses connaissances. Il trouvait sa satisfaction dans la conscience du devoir accom- pli jusqu'à sa dernière limite, dans la reconnaissance que lui gardaient ses chers auditeurs de l'Institut Agronomique, dans celle du monde agricole. Mais il ne pensait pas sans amertume aux heures qu'il avait eu jadis la joie de vivre au Muséum d'his- toire naturelle, dans le laboratoire de M. Arnaud, à celles qu'il avait passées à l'Institut Pasteur. Et lorsqu'il parcourait les laboratoires de ses -heureux collègues, assidus à leurs travaux, ou que la conversation effleurait ce sujet, son visage s'attristait, son regard se voilait légèrement et, se rappelant un bonheur éphémère, sans doute se disait-il tout bas, un peu comme le berger exilé qui revoit la terre préférée : «Et moi aussi, j'y ai vécu ! » -1(1 Annales de ! \ •^«:ience agronomique Mallrvre n'aimait guère à éiiibien de luis ne l'avons-iious pas entendu répondre, quand on le pressait de céder aux instances d'un édi- teur, qu'il préféi'ait aux plus urns iu-uftavo i\uo ptitite expérience de laboratoire. 8e livrer à des recherches exi>érinientales, ajqjor- ter lui aussi sa petite pierre à l'édifice p-randiose, ce fût son rêve. L(»rs(iue commencèrent les travaux qui ont donné un si heureux dévelopiiement aux bâtiments de l'Institut .\fjronomi([ue, il suivit avec l'intériM le plus attentil' l'aména^jement du labor;as atteindre cett • terre promise. Et les recherches auxquelles il songeait, c'est son successeur alions et (|uei elinrt il ;l ])roduit. Notre bi'ef ex|»osé n'est qu'un bien pâle relief de ses travaux et de sou enseignement. Nnii.s y renvoyons le lecteur. Jje premier mémoire que Mallèvre ait publié |)mi'uI eu 1W>*2 dans le Hulletiii du Ministère de r.\gi'iculliu'e. C'était «mi rap- l)ort sur la mission (pi'il acc-ruiiplil, à sa sortie de l'Iustitiit .Xgi'o- nomique, en Allemagne et mme titre << (i<»nsidérations relatives à la production rhi ti-avail musculaire c\ du lra\ail mécanique .'. L'Académie d'ai:ri<'id- lure, alors Société .Natinnale, .ju^:ea cet essai as>ez rem.iiqualile ]tour lui décerner l'iuie de .ses récompenses. Déjà, Mallèvre y ALFRED MALLÈVRE 11 inanilestait ses qualités maîtresses : documentation abondante, esprit critique aiguisé, vue pénétrante du sujet, style précis, élégant même, capable d'adoucir les difficultés d'une matière qui" en est hérissée. Ce travail peut être considéré comme une introduction à la théorie générale de Talimentation. Tour à tour, il met en lumière les recherches des Boussingault, des Baude- ment, des Regnault et Reiset, des Ghauveau, des Berthelot et celles des Lawes et Gilbert, Henneberg, Stohmann, WoUî, Rub- ner, Lehmann et Zuntz. La loi de la conservation de l'énergie domine la vie organique comme le monde matériel. Elle régit les phénomènes qui pré- sident à ralimentation des êtres organisés, comme elle gouverne les autres phénomènes naturels. Les aliments, ou plutôt les prin- cipes immédiats digestibles qu'ils renferment, matières azotées albuminoïdes, hydrates de carbone, graisses, contiennent de l'énergie en puissance, de l'énergie potentielle. Introduits dans l'organisme, ils brûlent. L'énergie qu'ils renferment se trans- forme et se retrouve, dans les principes immédiats, riches eux- mêmes d'énergie potentielle, de la viande, de la graisse et du lait ; dans ceux d'excrétion, urée, eau et acide carbonique, et, enfin, dans les produits dynamiques: travail et chaleur qui repré- sentent ce qu'on appelle, l'énergie actuelle. Quant apparaît une certaine quantité d'énergie actuelle, disparaît donc simultané- ment une certaine quantité d'énergie potentielle. Mallèvre expli- que et c'est là le point capital, la base même de toute la théorie alimentaire, que l'on peut évaluer l'énergie potentielle d'un com- posé organique, en déterminant sa chaleur de combustion totale. L'aliment dégage en s'oxydant un certain nombre de calories qui mesurent cette énergie. Grâce à la bombe calorimétrique, il est .possible de déterminer les quantités d'énergie que renfer- ment en puissance les différents principes nutritifs. D'autre part, les expériences qui ont été poursuivies sur les animaux ont montré que la valeur nutritive d'un aliment a pour expression nu- mérique la valeur thermogène/totale des éléments nutritifs qu'il fournit à l'organisme, diminuée cependant de la quantité d'éner- gie que dépense le travail de la digestion. Car, et c'est là l'une des découvertes récentes et capitales, la digestion absorbe des forces, de l'énergie en quantités variables suivant la nature de l'aliment, suivant qu'il est plus ou moins concentré,, plus ou moins grossier. Les divers principes nutritifs ne produisent pas la même quantité de calories ou d'énerg-ie, les- matières grasses en donnent près de deux fois et demi plus que les matières azotées ou hydrocarbonées. Et cette constatation nous amène à la notion des poids isodynames. Ils expriment les quantités de substances nutritives qui libèrent dans l'organisme le même nombre de calories ou la même quantité d'énergie. C'est déjà un fait extrêmement curieux que le résultat ultime de la digestion des aliments soit comparable à celui de la combustion du com- bustible dans une machine à feu. Mais il y a plus, la quantité d'oxygène que l'animal respire mesure, comme le calorimètre, la quantité d'énergie que l'aliment produit. Et, enfin, mieux encore au point de vue du but final que poursuit l'alimentation. 12 Annales de la science agronomiqli: plRMidinriU' qu'il laiil sitnliiiiuM' |t.in-c (inil montif iiiiinrdiale- iiuMil k's services ([lie Télés oui' peut alleiuliv de la Ihédi-ie, les l»riiicipes nutritils di;^estibies, nialières albumin<»ïdes. hydrates de earbone, graisses, i^euvent se sultstituei' les uns aux autres dans les rations, suivant des poids isodynames. e'esl-à-diro sui- vant les poids de ees substances qui pn»duisenl la même quan- tité de calories ou* d'énergie. 11 faut cependant que la ration contienne le minimum de substance azoléi' qui convient à l'entretien de Taninial et à la l'onelioii zooteehnique qui lui est demandée, et cela conduit, à son tour, à la notion de la relation nutritive qui exprime le rap|)ort nécessaire, variable entre cer- taines limites, ([ui doit exister dans la ration, pour chaque caté- gorie d'animaux, entre la quantité de matières azotées et celle des autres principes nutritils qu'elle renferme. Mallèvi'e publia pour la première fois en iS'.»7, d'après l\elliu'r. des tables qui renferment les données nécessaires au calcul de> rations. Une seconde édition parut en 1902. L'agenda agricole ^dité par MM. ,1.-1^. Baillière les a reproduites chaque année depuis l'.xC), précédées d'une remarquable notice. riClle-ci est un chef-d'ouvre de rédaction précise et claire. Le sujet est délicat, difficile à exposer. Mallèvre Ta mis à la portée de toute personne capable de lire avec un peu d'atteniion. Il a rendu un service signalé aux élèves des Ecoles d'agricultui'e et aux in'oducleurs de bétail en leur faisant connaître ces notions insufOsamment répandues cliez nous. Certes, la doctrine qu'il exjtose est perfec- tible. Elle a été critiquée. Elle Test toujours. C'/est elle que les pays du Nord de l'Europe : Allemagne, Danemark et Suède ont généralement adoptée. Chauveau, le chef éminent de l'école française, lui o])posait la si(Mine. basée sur Visii;iJ}(rnsir. Elle, non i)lus, ne rallie pas tous les sulfi-ages. 11 est d'ailleurs évident que l'emploi des tables ne peut remplacer la connaissance com- plète dos ]iliénomènes de la luiti'ition ni le tact du ]>ralicien consommé. Toutefois, les agriculleui's qui s'en sont sei'vi. des éleveurs comme M. René lierge, le savant Président de la Société d'agricnllure de la Seine-Inférieure, s'accordent à dire que leur usage aboutit à d'excellents résultats prati«|ues. Et cette consta- tation a bien sa \aleiu' 1 Lcirscpie le 11> avril lS<.t:>, Mallè\re lit sa première coiiiiininication à l'AcMiémie- d'Agricidture sur ■< La lhé(»rie et la |»rati(pie des subslitulions d'aliments ••, hudaux critiqua le caractère incertain et même illusoire de nos connais- sances sur l'alinu'ntalion. " On a tort, disait-il, de considéi'er la valeur luitritive d'un aliment quelcon(pie connue (jnebiue chose de lix«' et de défini, vl de \ouloii' le nqtrésenlei- par un clnlVre ou un é(pii\aleiit. (Iflte valeur nulrilixe di'-pend à la fois et de la composition \aria|i|f de raliment et de l'animal \ariable qui le consomme. Poin- un mi'nn' animal, il n'y a pa> deux diges- tions eotufiarable^. ( >n a toujoiu's admis le contraire' pour laire la compai'aison des rations, et voilà encore, sans parler des autres causes d'«M'reur ou d'illusi(»n, une raison de plus de se méfier des subtilités accumulées depuis que|(|ues ann<''es. surtout en Allemagne, autour de la grosse (|uestioM de l'alimentation de riiomm»' et des animaux. ■ ALFRED MALLÈXRE 13 Notre regretté maître était sans cloute un peu trop sévère, comme le lui reprocha M. Ghauveau dans la même séance. N'avait-il pas écrit lui-même : « C'est parce que la science n'est sûre de rien qu'elle avance toujours », pensée profonde et tou- jours vraie. Une ttiéorie est une interprétation raisonnable ou commode des faits cjui répond à nos oonnaissances actuelles que l'on adopte aujourd'hui, quitte à la rejeter demain pour les idées nouvelles ciue le progrès imposera. Or, les données ciue les Allemands et les Danois ont réunies, étayées, d'ailleurs, sur les résultats des travaux des- Lavoisier, des Boussingault, des Claude Bernard, des Baudement, des Lawes et Gilbert rendent, dès à présent, de réels services à la zootechnie. Les voyages que Mallèvre avaient faits au Danemark et en Suède, son intellig'ence des lang-ues Scandinaves lui permirent de rendre un nouveau service en faisant connaître la méthode d'alimentation spéciale aux vaches laitières, dite des « Equiva- lents fourragers ». C'est à l'invitation de M. René Berge que Mallèvre prononça, le 28 avril 19ii, à la Société Centrale d'agri- culture de la Seine-Inférieure, une conférence très applaudie sur ce procédé de rationnement pratique. Il constitue un moyen empirique, précis, commode, de calculer les rations qui conviennent au bétail, et, particulièrement, aux vaches laitières. En outre, il permet de contrôler facilement l'aptitude des ani- maux à la production du lait. Il est très apprécié en Suède et au Danemark, oi^i les Sociétés de contrôle laitier ont pris naissance. Il présente un vif intérêt pour les éleveurs d'avant-garde, déjà nombreux, qui, dans notre pays, n'hésitent pas à s'engager dans ia voie de contrôle de la production laitière. Nous retrouvons les qualités dominantes de Mallèvre, clarté d'exposition, discernement de l'intérêt praticjue du sujet, dans le compte rendu des expériences danoises sur l'alimentation des vaches laitières qu'il a donné aux Annales de l'Institut Agro- nomiques (n° 16, 1""* série, 1897-1900). Non seulement, il impor- tait de faire connaître aux agriculteurs français les résultats très intéressants de ces recherches, mais encore la méthode que les expérimentateurs danois avaient employée. L'originalité du sys- tème danois tient à ce que les expériences sont exécutées au sein même de la pratique agricole, dans des fermes indépendantes, choisies dans les différentes régions du pays, tantôt à une place, tantôt à une autre, suivant que l'on y trouve les conditions favo- rables à l'étude de telle ou telle question. C'est le système des stations d'essais nomades inauguré par Fjord. Les expériences se poursuivent dans les diverses étables, sous la surveillance des délégués du Laboratoire Central. Celui-ci rassemble les échan- tillons, les étudie au point de vue biologique et chimique, et tire les cionclusions des recherches. Les avantages de la méthode apparaissent immédiatement : grand nombre d'animaux mis à la disposition des expérimentateurs, qu'il serait trop onéreux d'acheter, mais qui sont nécessaires à la conduite d'essais sur l'alimentation, avantage précieux de ne pas les troubler dans leurs habitudes et de transporter dans la pratique des résultats tirés de la pratique elle-même, enfin ccMitact permanent, colla- H Annales de la science agronomique Ijoratioii r«''ali.s<:'e cnlrt' le savant et le i>rati(Men, suppression de la fameuse cloison «MK^nche eonlre laquelle on s'insurge avee raison. Mallèvre décrit ave<- soin la technique des expériences et s'étend sur Tun des résultats qu'il avait à cœur de vulga- riser : l'alimentation jieut modilier la production du lait en (juanlité, mais m»n en qualité. La richesse du lait en matière crasse dépend avant tout de l'aptitude individuelle. C'est sur titude lai- tière. L'agriculteur averti est à même de ne yarder dans son étable que les meilleurs sujets et de sélectionner les meilleurs reproducteurs. Mal lèvre s'est elloné de faire connaître en France cette métlmde sin.ijulièremeiit efficace et il a pu décider les éleveurs de quelques régions à Tadiipter. Siiiualons encdre. comme l'une de. ses études les plus intéres- santes, la conférence qu'il lit le 25 novemln'c 111 10, à la Société Centrale d'agriculture de la Seine-Inférieure. KUe avait comme su.jet '■ Les variations de la richesse bulxreuse du lait et les iniluences dont elles dépendent ■>, Mallèvre s'est elTorcé de mettre au point cette difficile question. Elle n'intéresse pas seu- lement les producteurs de lait, mais encore les chimistes qui ont la mission délicate de déceler Técrémage et les ti'ibunaùx ipii ont celle de le punir quand il est frauduleux, il a montré, une fois de plus, que c'est. surtout l'individualité, l'aptitude de l'ani- mal qui gou\erne la richesse en matièi'e gi'asse du lait tpi'il produit, que l'alimentation intei'vient beaucoup |)lus sur la quan- tité que sur la qualité de lail. Il a établi avec quelle facilité les \ariations naturelles de la teneiu' du lait en beurre peuvent simu- ler l'écrémage et avec quelle pi'udence, par conséipient, il con- vient de suspecter la fraude et de la réj^i'imer. ** Nous voudrions essayer aussi de dire brièvement ce que fut Mallè\-re dans celte chaire de l'Institut .\,i.'ronomi(jue d'où semble touJ(.turs descendre la grande \àx de liaiidcmcnt et (|ue noire maître Saiison n'a jjas occuj)ét^ sans éclat. « Le style c'est riiomiiie ", ne |ioui"i'ait-on dire aussi « \v pi'oft'sscui'. c'est Ihonimi' ? >• Aussi bien, n'est-ce pas à rampilhéàlre que Mal- lèvre a iln;iii(' .va mesure ? Ce qu'il a été, là, dix-huit promo- tions d'élè\es ne l'oublieront .jamais. 11 \- ap|ior'lait non seule- ment ses (jualilés de savant, mais ses <|ualilés morales, sa haute et ferm;* conscience, son amoju' de la vérité, son dédain des conventions farécision, puis une documcjitalion exliviiieiuf^ivl abniidanlc mais nnionnée, passée au t'j'iblc d'une f r'ilicpic sé\ère, une mélhode, une t-larlé qui lui allacliaicnl infailliblement les élèves, une jiassicin, lun' force de persuasion qui élablissaicnl en lui et ses auditeui's, ce ra.Nonnemcnt ofi les esprits semblent se pénétrer. Aussi, a-l-il imu seulement formé des élèves, mais aussi des disciples. 11 ne limitait pas son enseignement à la leçon orale. Il la ALFRED MALLH\RE l.J complétait par des exercices pratiques, suivant les élèves dans les exploitations agricoles, les concours, au marché de la Vil- lette, au marché aux chevaux. Il s'ingéniait à faire amener des animaux vivants à l'école pour des démonstrations que ses audi- teurs n'oubliaient pas, parfaitement secondé d'ailleurs en tout cela par ses M*aîtres de Conférences et Chefs de Travaux, d'abord, et jusqu'en 1912, par le regretté Henri Baudoin, puis par son camarade Voitellier, qui, depuis 1910, assure l'enseignement, comme Chargé du cours. Jamais Mallèvre ne recula^devant ce qu'il considérait comme son devoir. Alors que déjà famlissaient ses forces, il remplissait sa mission dans toute son étendue, donnant ainsi à ses élèves non seulement des leçons de science, mais encore des leçons de volonté, d'énergie. Jaloux d'atteindre à une perfection qui fatalement échappait à son effort, il refusa toujours, malgré toutes les instances, de publier ses leçons préparées avec tant de ferveur. Cependant, au déclin de sa vie, cédant aux instances de l'un de ses disci- ples' préférés, de son ami, notre camarade J.-E. Lucas, il consentit à ce que celui-ci fit paraître les notes sténographiées prises à son cours en 1913 et 1914, à la condition qu'elles garderaient ce caractère. L'Association xA.micale des Anciens Elèves a décidé de publier ces notes qui représentent intégralement les leçons que Mallèvre a professées dans les années qui précédèrent immédiatement 1914. Elles paraîtront successivement dans les Annales de la Science Agronomique française et étrangère. En accomplissant cette tâche, l'Association Amicale rendra un réel service à ses sociétaires, aux élèves des écoles d'agriculture, aux agriculteurs et à tous les chercheurs qui s'occupent d'alimen- tation rationnelle. Puis elle s'acquittera d'un soin pieux envers l'un de ceux qui l'Iionoraient le plus. Georges Wery, Directeur de VInstitut National Agronomique. KOTES ET TRAVAUX D'ALFRED MALLÈVRR TliAV \t \ l>h: LMloNATOinE Contribution à l'étude de la valeur nutritive de la cellulose; inlUience de l'acide acétique sur les échanges gazeux respira- toires. (Archives de Pfli'iger, 1890.) Recherches sur l'action toxique de l'amide acétnl (id., 1890). Recherches sur la pectase et sur la fermentation pectique. 'En collaboration avec M. G. Bertrand. ) {Trarail fait au labo- ratoire de chimie organique du Muséum d'histoire naturelle.) {Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1804.) Nouvelles recherches sur la pectase et la fermentation pec- tique. (En collaboration avec M. G. Bertrand, id. 1805). Sur la diffusion de la pectase dans le règne'végétal et sur la préparation de cette diastase. iVln collaboration avec M. G, Ber- trand, id., 1805.)' (Travail fait au Joratoire de chimie orga- iiif/ur du Muséum d'histoire naturelle.) Plusieurs notes à rAcnlémie des Sciences sur les sujets i)rc- cédents. l'u (•oII;dior.ilii.n .ixcc M. (j. lîerlrand, de ISK'i-ISor). M i: Moin ES ET itAnnonrs AI.INUCN'I'A'IION 01 1!KI\II. (îonsidéralions rrlalixcs ;'i l.i théorie tir Talimentation et par- ticulièrement ;') la |ir-odiiclion du travail nniscniaire et fin travail mécanifpie. liuUetin du Ministère de l'Agric-ulture, 1802.) Rap- port de mission en .Mlcniagnc et dans les pays Scandinaves, couronné p.u' la Société Nationale d'Agriculture.) ALFRED MALLÈVRE 17 / Etude sur les « Expériences danoises sur Talimentation des vaches laitières. » {Annales de l'institut National Agronomique, 1" série, n" 16. Années 1897-1900.) CONGRÈS DE l'aLIMENTATION DU BÉTAIL 1"" Congrès (13 avril 1897). — Rapport sur l'état de nos con- naissances en matière d'alimentation du bétail (P"' Congrès dc- l'Alimentation du bétail, et Méthodes d'expérimentation appli- cables aux recherches pratiques sur l'alimentation rationnelle du bétail.) 2" Congrès. — Rapport sur les expériences relatives à l'ali- mentation du bétail faites en France et à l'étrang-er en 1897- 1898). 3^ Congrès (4 mars 1899). — Etude des dernières expériences d'alimentation exécutées en Danemark, en particulier de celles qui concernent l'influence de divers aliments (mélasse, maïs, etc., etc.) sur la qualité de la viande de porc. 4' Congrès International (21-23 juin 1900). — Observations à propos du rapport de M. Lavalard, sur l'intérêt que présente l'élargissement de la relation nutritive. 5" Gong-rès (4-6 mai 1901). — Importance pratique de la re- lation nutritive (15 pages). 6' Congrès (12-14 avril 1902). — Participation aux discussions sur l'emploi de la mélasse, sur la production du lait et du beurre, sur la valeur nutritive des betteraves. 1" Congrès (14-16 mars 1903). — Communication sur les expé- riences faites à la ferme d'Arcy sur l'alimentation mélassée des vaches en lactation. ^ — Participation aux discussions sur les phosphates dans l'alimentation du bétail, sur l'alimentation mélassée, sur Pali- mentation des veaux. 8' Congrès (5 mars 1904). — Rapport sur la valeur nutritive et sur la valeur vénale des denrées alimentaires. (52 pages.) — Participation aux discussions sur l'acide phosphorique dans l'alimentation du cheval, sur la valeur comparée des bet- teraves françaises et des betteraves demi-sucrières, sur l'ali- mentation mélassée. 10"= Congrès (17 mars 1906). — Participation aux discussions sur l'alimentation sucrée par les betteraves desséchées, sur l'ensilage des pulpes. ^ Rapport sur les empoisonnements du bétail par les four- rages générateurs d'acide cyan hydrique. 11'' Congrès (23 mars 1907). — Considérations sur la nutrition azotée des vaches laitières. (18 pa^es.) — Recherches' sur le minimum indispensable de matières iS ANNALliS DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE . azotées albiiniiiiuïdes dans la ration des vaches laitières. Tra- durtioii du 5 pages). — Participation aux discussions sur l'alimentation des jeunes Ixividcs, sur l'ensilage des lourrages verts, sur les marcs de rai- sins desséchés. l'?*" Conerès ,21 mars 11)08). — Cummunicatioii sur la nulritinn azotée des vaches laitières. (12 pages.) — Nouvelles recherches sur le minimum indispensable de matières azotées rdbuminoïdes dans la rntion des vaclies lai- tières. 'Traduction du Oo' rapjjort du Laboratoire de recherches ag-ronomiques de l'Ecole supérieure vétérinaire et agricole de Copenhague.; (75 pages.) — Participation aux discussions sur les pulpes sèches dans l'alimentation du bétail, sur Tensilage des fourrages verts. CO\FEHE.\( l':s L'alimentation rationnelle des vaches laitières à l'étable pen- dant l'hiver, r.onférence faite an Concours l)enrrior do I^'ueIl. 30 mai-2 juin 1007.) Les variations de la richesse biil\reust' (hi lait et les iuMucii- ces dont elles dé[)endent. Conséquences relatives à la produc- tion du lait et à la recherche de l'écrémage frauduleux, ((con- férence faite à la Société Centrale d'Agriculture du département de la Seine-Inférieure, le 25 iiovembi'e lOlo.) Le rationnement i>ratique des vaches laitières d'après la méthode des équivalents fourragers. (Ci)nférence faite à la Société Centrale d'Agriculture de la Seine-Tnférieure, le 2.S avril 1011. ; Le texte de cette conférence, publié par la Société Centrale d'Agriculture de la Seine-Inférieure, renferme tous les renseignements nécessaires aux éleveurs désireux d'applicpier la méthode si simple, si fncile et si efficace des Equivalents fourragers. ZOOTECHME SPECIALE .Mbuin (les races bovines i\i' France, publié eu collaboration avec .NT. Marcel Vacher, membre de la Société Nationale d'Agri- .'ullure. (Cet (aivrage a nbtciiu le prix Héliague à la Société Nationale d'AiiTiculture.') COMMISK ATIOSS A L'ACA/tEMIE DACiltKl l/niiE IXO.'î. — Théorie et pratique des substitutions d'aliments. UM>1. — ('ollabnration à l'établissement de r.Mbum des races bovines de France, et lauréat du {»rix l^éhagne. ALFRED MALLÈVRE 1'.) j[904. — Rapport sur la valeur nutritive et la valeur vénale des denrées alimentaires. • 1906. — Les empoisunnements du bétail par les fourrages générateurs d'acide cyanhydriques et les graines de vesces sauvag-es indigènes. 1911. — Rationnement pratique des vaches laitières. — Les variations de la richesse butyreuse du lait et les inlluences dont elles dépendent. 1912. — Sur les expériences de l'utilisation des coques de cacao dans l'alimentation des vaches laitières. 1914. — Au' sujet d'une nouvelle machine à traire. (Rapport sur les expériences de M. Lucas.) A pris part aux discussions sur : les Concours beurrier, sur la Réorganisation des abattoirs, 'sur la Production du lait, etc. ENSEIGNEMENT AGRICOLE Enseignement agricole dans le Wurtemberg. {Bulletin du Ministre de l' Agriculture, 1892.) NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DF, A. MALI ÈVRE Professeur à l'Institut National Agronomique iN(ii;\n;n;-A(.i!M.\itMi-; IMRODLCTION LA /JioTKCHXIK fcîA DÉFINITION. — SkS 1{.\1M>(iHIS .WFA. LACiKlGULTURK Son iiisToiHR. — Slin plan d'étude. L.i zootechnie est lu scu-iic' ,i|i|ili.|ii«''c de l;i |iroduction ani- male. Son objet est rtMiidi- do aiiiiiiaiix (ioiii('srK|iics cl di> leurs produits : viande, lait, laine, travail moteur. Son luit est de rcchm-her et de faire connaître les moyens d'ol.tenir. de la façon la ]this parfaite et en inlus élevés, cir. dans la NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 21 production animale, le côté économique domine le côté tech- nique. On a donné de la Zootechnie d'autres définitions que l'on peut classer en deux catégories. Les unes qui mettent en évi- dence le caractère de science appliquée qui revient à la Zootech- nie, sont parfaitement acceptables. Les autres, qui proposent de définir la Zootechnie : Zoologie expérimentale ou Histoire natu- relle des animaux domestiques, ne peuvent être admises parce qu'elles sont de nature à fausser l'esprit dans lequel il convient •d aborder l'étude de la Zootechnie. Il n'est pas douteux que la Zootechnie emprunte des données à ces deux sciences comme du reste aux autres sciences biolo- giques, mais elle ne se confond ni avec la Zoologie expérimen- tale, ni avec l'Histoire naturelle des animaux domestique. La Zoologie expérimentale, l'Histoire naturelle des animaux domestiques sont des sciences pures. Elles visent à la connais- sance et à l'explication aussi complètes que possible des phé- nomènes qui se passent chez les animaux. Elles sont, par con- séquent, complètement désintéressées au point de vue du but à atteindre. La Zootechnie, au contraire, est une science appliquée, utili- taire, au premier chef. Elle cherche l'obtention avantageuse des animaux domestiques et de leurs produits. Son but est essen- tiellement pratique et consiste à découvrir les moyens de faire ' fructifier des capitaux par l'intermédiaire des animaux domes- tiques. H faut se garder de confondre les sciences biologiques avec la Zootechnie. On peut s'adonner aux sciences biologiques, par conséquent à la Zoologie expérimentale, à l'Histoire naturelle des animaux, sans se préoccuper des applications. Ces applications sont, au contraire, le souci constant qui domine la Zootechnie et permettent de faire le choix parmi les connaissances qui doivent entrer dans l'étude de la Zootechnie. H n'y a pas très longtemps que ce mot de Zootechnie a été adopté pour désigner la science appliquée de la production ani- male. C'est un agronome français célèbre, de Gasparin, qui l'employa le premier vers le milieu du siècle dernier. A cette époque, la production animale subit, en France, une évolution assez remarquable, et, pour en résoudre les problè- mes, on commença à demander l'aide des sciences expérimen- Le mot de « Zootechnie » devait caractériser les tendances nouvelles qui se faisaient jour alors. On substituait ce mot aux expressions d' « Economie du bétail » ou encore d' « Hy- giène vétérinaire appliquée », qui avaient été employées jus- que-là pour désigner tout ce qui concernait la production et l'exploitation des animaux domestiques. Le mot « Zootechnie » est d'ailleurs bien choisi. H dérive de deux mots grecs zoos animal, et trchnos art, et signifie : art ou science appliquée des animaux. 22 Annales de la science agronomique La Ztx»technie étant ainsi définie, il est intéressant de com- prendre le rôle et l'utilité des animaux domestiques en ai^ri- «'ultui'e et d'étudier les rai»p(»rts de la jiwductinii animale avec l'agriculture considérée dans son ensemble. L'industrie agricole comprend deux grandes branches de pro- duction, la production rèfiêtnlr et la ]^ntdnction fiin'iinile. Or, dans la définition donnée de la Zootechnie, rien n'implique que ces deux produ»*ti»>ns doivent se trouver réunies sur une même exploitation, dans les mains d'un même entrepreneui". On voit cependant le lien qui unit la pi'odiiction animale à la production végétale : les anijnaux domestiques utilisent, en elîet, les substances végétales, sinon comme aliments, au moins comme litières. On pourrait croire que, selon le principe de la division du travail, appH'pié fréquemment dans l'industrie, la production animale et la production végétale puissent être séj^arées l'une de l'autre : certains entrepreneurs tireraient du sol et ven- draient les substances végétales : d'autres, achetant ces subs- tances, feraient naître, élèveraient ou- exploiteraient les ani- maux domestiques. • En réalité, il existe des exemples d'une semhlrible divisi(»n du travail. Ainsi, on trouve des entreprises de transport, soit pour^ les voyageurs, soit jxjur les marchandises, où la torce motrice' est encore fournie par des animaux domestiques, par des che- vaux; l'entrenreneur achète (\e< fourrages jtour nourrir les animaux qu'il exploite en vue d'en obtenir du travail, mais il ne fait pas de culture. î)ans les agglomérations urbaines, on ti't'uve des nourrisseurs qui explt»itent des vaches laitièi'cs : ]>our les alimenter ils achètent «les denrées végétales. Kulin on voit, dans certaines circonstances, des enti^eprises parfois ti^s importantes d'engraissement des porcs en dehors de huite opé- ration çulturale. ien qu'à divei's dei:rés, à la jM'oduction végétale et à la pro- duction animale. ♦ lette union des deux productions sur une même exploitation agi'icole est, en fait, une nécessité économique : en agricultiu*e, ct.'uime dans toutes les industries, la question du liénélice prime ti»ut et doit tout ])rimer. Séparei" la production animale et la production végétale lis- querait de ivduii'e les iir«»nt-i : souxent même l'exploitation ces- sei'ait d'être rémunéiMlrice. (>n ]>eut donc dire (|ue les deux productions sont, en agrictdturc, 'unies l'une à l'autre par un lien d'onire éci»nomi(pje. (Test Ifi une vérité fondamentale très inq>()i'tanle et (pii conserve sa valeur dans les condilioiis les j»lus diverses de la pmduction .-igricole. On ne trouve (pre de rares exi'eptions. Ainsi, dans l'aiiricnlture past:n'ale on herltagère. ou \ise à NOTES PRISES AU CÛUUS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVFIE 23 tirer parti de l'herbe qui croît plus ou moins spontanément sur les pâturages. Cette agriculture pastorale, sous sa forme extensive, se ren- contre dans les pays peu peuplés, à civilisation primitive, dans les pays exotiques et dans les pays coloniaux. On la trouve éga- lement, sous cette forme extensive, dans les contrées monta- gneuses des pays plus civilisés, par exemple, dans les régions montagneuses de la France. Sous sa forme intensive, on rencontre cette agriculture her- bag-ère dans les climats dont l'atmosphère humide favorise tout spécialement la pousse de l'herbe, notamment dans les plaines basses de France, dans les terrains bordant la m.er, sur les côtes de la Manche et de la mer du Nord. Dans les contrées à agriculture herbagère, les animaux pais- sent l'herbe et la transforment en produits animaux qui cons- tituent des produits échangeables. Suivant les circonstances, ces produits sont tantôt de la laine, tantôt de la viande, tantôt du lait ou des produits de transfor- mation du lait, du beurre ou du fromage, tantôt plusieurs de ces produits, suivant les débouchés et l'éloignement des mar- chés. Si. en pareil cas, on essayait de séparer la production ani- male de la production \égétale, il en pourrait résulter beaucoup d'inconvénients. Tout d'abord, il faudrait récolter l'herbe, la convertir en foin, ce qui occasionnerait des frais considéra- bles de main-d'œuvre. Il faudrait ensuite transporter ce foin sur les lieux choisis pour la production animale, ce qui provo- querait de nouveaux frais. Or, en paissant l'herbe sur place, les animaux suppriment les frais de récolte. Quant aux frais de transport, ils se trouvent réduits dans des proportions considérables. Avec une quantité énorme de matières végétales, en effet, les animaux fabriquent une quantité relativement restreinte de produits animaux. Ces produits se vendent un prix élevé et peuvent, avant d'arriver sur le marché, supporter beaucoup plus aisément les frais de transport, qui n'absorbent pas toute leur vc\leur. Enfin, les animaux laissent sur le pâturage des déchets, urine, excréments, qui constituent de la matière fertilisante et entre- tiennent en partie la fertilité naturelle du sol, ce qui ne pour- rait pas avoir lieu si la production animale et la prr>duction végétale étaient nettement séparées. En résumé, c'est runion-'&ur place des productions végétale et animale qui a permis la mise en valeur durable des régions à pâturages. Si l'on considère maintenant l'autre pôle, pour ainsi dire, de l'agriculture, la culture arable, la culture de la terre, le phénomène va se compliquer quelque peu, sans toutefois chan- ger d'allure économique. La production végétale devient plus variée. Une partie d^s substances végétales obtenues trouvent un débouché direct sur le marché, telles les graines de céréales, le blé destiné à l'alimentation de Thomme, les substances qui sont des matières premières pour l'industrie, les orges employés 24 Annales de la science agronomique en brasserie, les graines oléagineuses utilisées par les huile- ries, les textiles, etc. Mais ces matières, directement vendables, ne constituent à l'ordinaire qu'une portion assez restreinte de la totalité des substances végétales obtenues sur l'exploi- tation. Pour se rendre compte de ce fait, il faut supposer le cas assez répandu et bien étudié oij le sol est occupé une année sur deux par une céréale donnant des grains vendables, orge, avoine, blé, et le reste du temps par des plantes sarclées, raci- i:ies ou tubercules, ou des légumineuses fourragères, trètle, saiiifoin, etc. C'est ce qui se passe, par exemple, dans le célèbre assole- ment de Norfolk qui a servi de type à beaucoup d'exploitations. Les agronomes anglais Lawes et Gilbert ont montré qu'avec un pareil assolement, une pareille distribution des cultures, ^0 0/0 seulement de lu matière sèche vcgctalf prtnluite (juitlait l'ex- ploitation avec les graines vendables, tandis que les 70 0/0 res- tant demeuraient sur la ferme sous forme de paille ou menue paille, de racines et de légumineuses fourragères. 11 est bien évident qu'avec un autre assolement, un assole- ment triennal, par exemple, la proportion des matières végé- tales non vendables pourrait être inférieure à la prn])ortion qui vient d'être indiquée, mais cette jii'ojiortion de matières végétales non vendables sera presque toujours fort importante et dépas- sera en général la moitié de la matière végétale totale produite. Cette matière végétale qui, sauf exception, au voisinage des grandes villes, par exemple, ne peut pur trouver de débouché direct sur le marché, constitue des aliments et des litières. Les animaux fabriquent avec elle des produits vendables des- tinés à la consommation humaine ou à l'industrie, comme le lait, la viande, la laine. Ils donnent de la force motrice qui sert à la culture des terres, à la rentrée des récoltes, à tous les tra- vaux de la terre. Ils donnent aussi de la rnatière fertilisante, du fumier qui est utilisé sur l'exploitation. Or, si là encore, on essaye de séparer la production animale et la production végétale, les inconvénients apparaissent immé- diatement : les pailles, foins, racines, tniicrcnles qu'il va falloir transporter sur le lieu plus ou moins éloigné ofi se fait la pro- duction animale vont occasionner des frais considérables. Si l'on veut parer à l'épuisement du sol, 'on devra ramenei" du fu- mief sur les terres qui auront p?*oduit les substances végétales ou rectnirir ;"i des engrais clii nuques, lesquels coûteront d'au- tant plus cher (|ii"on n'aura pas employé i\i' linnicr. Enfin, il faudra, si l'on se jtrive même des animaux ih' travail, avoir re- cours à des moteurs mécaniques. Aussi est-il de règle, en agricultui'e. ]u>\iv éviter fous ces in- convénients, d'unir la production végétale et la iiroduction ani- mal»». (ro(.Iuire en faveur des ani- maux domestiques. De Gasparin eut l'intuition de l'erreur qu'on commettait. 11 soupçonna le parti avantageux qu'on j^ourrait tirer des animaux domesii(iues et coni})rit que, bien nourris, bien soignés, ees ani- maux pouvaient devenir les auxiliaires les plus précieux de ragi'iculture. En 1S4S, à sou instigation, on fouda riustitut Agrouonji(|ue de Versailles où fut créée la première chaii'e de Zootechnie. Pour bien montrer l'importance qui désormais devait l'evenir à l'étude des animaux doiuestiiiues, renseignement df la Zoo- technie fut séparé de celui de l'agriculture a\t'c kMjuel il avait été jus aiiiiiiaiix domestiques doivent êli-e envisag-és, en agriculture, comme de \(''i'itables machines vi- vantes, destinées à tr-ms formel' les matières végétales en pro- duits animaux de haute valeur éconoini(]ue et à mettre ainsi en valeur ces snbstan«es végétales. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MAlUÈVRE z7 C'est lui également qui proclama la nécessité d'étudier ces machines vivantes par les méthodes de la science expérimen- tale, de façon à en l'aire des machines à haut rendement, capa- bles de fournir, avec une consommation donnée de fourrage, une quantité importante de produits vendables. Baudement était d'ailleurs soutenu dans ses idées par l'exem- ple de l'Angleterre. Dès la tin du xvni' siècle, ce pays avait en effet résolu le problème de l'amélioration des animaux (Jomes- tiques, -de façon presque complètement empirique, il est vraiv grâce à ses remarquables praticiens, grâce surtout au génie de l'éleveur Bakewell. Les circonstances étaient, par ailleurs, favorables à la mise en pratique des conceptions défendues par Baudement. L/'em- ploi des engrais chimiques, non plus pour remplacer le fumier mais simplement pour le compléter, permettait d'obtenir des fourrages plus abondants, plus nutritifs, par conséquent de donner aux animaux une meilleure alimentation et d'en obte- nir plus de produits. En outre, ces produits animaux, ou du moins les plus importants comme la viande, le lait, trouvaient des débouchés de plus en plus larges et leurs prix allaient tou- jours en croissant. ' Aujourd'hui, les idées de Gasparin et de Baudement ont com- plètement triomphé. On sait que le bétail est l'une des sources de profit les plus sûres pour les agriculteurs. A l'appui de cette thèse, on peut donner plusieurs preuves. Quand on recherche parmi les exploitations agricoles celles qui fournissent les revenus nets les plus élevés, on les trouve généralement parmi les fermes où l'expoitation des animaux, la production animale occupe une place dominante. De môme enciîre, lorsqu'en France, comme d'ailleurs dans les autres pays d'Europe, on s'enquiei't des contrées oi^i la pro- duction agricole est le plus prospère, presque toujours on trouve que ces contrées sont celles-là même où la production animale tient la place prépondérante dans l'agriculture. Par ailleurs, toute production avantageuse tend à se déve- lopper. Or, en France, la part revenant aux animaux dans le produit brut total de l'agriculture n'a pas cessé d'augmenter depuis un demi-siècle. Les statistiques sont trop peu compa- rables pour permettre de chiffrer très exactement l'évolution qui s'est produite à ce point de vue. On se tromperait peu, cependant, en admettant que la part de la production animale dans le revenu brut total de l'agriculture s'est élevée du quart au tiers de ce revenu brut total pendant les cinquante der- nières années. Durant ce temps, la part de la production végé- talf suivait la marche inverse, passant des trois quart aux deux tiers de ce même revenu brut total. Le revenu brut annuel total de la production agricole en France étant évalué à plus de 12 milliards de francs, c'est, pour le revenu brut total de la production animale annuelle, une somme de plus de 4 milliards comprenant seulement les l)ètes 28 Annales de la science agronomique de boiuiiei'io. la viande par eonsôciiient, le lait, la laine, les œufs, sans tenir compte de la valeur du l'umier ni de celle de la force motrice, (en elTet, le fumier et la force motrice sont bien des produits animaux, mais, à l'état ordinaire, ils ne constituent pas pour l'exploitation un i-evenu : ce sont des moyens de production vég-étale). En France, comme d'ailleurs dans la ]>lupart des pays d'Eu- rope, il existe des droits de douane considérables à l'importation des produits ai,'"ricoles, animaux ou végétaux; autrement dit, la production nationale se trouve sur le marché intérieur plus ou moins fortement protégée contre la concurrence de la pro- duction agricole étrangère, contre rimi>ortation de cette produc- tion par des tarifs de douane généralement élevés. Il y a cepen- dant, en Europe, quelques rares pays où ces droits de douane n'existent pas, où la produclion agricole se trouve livrée à la concurrence universelle. C'est dire que dans ces pays les condi- tions économiques de la production agricole sont particulière- ment sévères. Dans ces pays, — l'Angleterre et le Danemark sont du nom- bre, — l'évolution qui s'est produite en faveur de la production animale par rapport à la i)roduction végétale est beaucoup plus marquée qu'en France ou dans les pays qui ont mis des droits de douane élevés à l'entrée des produits agricoles. On y constate que la part de la production animale dans le revenu brut total de l'agriculture, est devenue tout à fait prépondérante; en An- gleterre, elle atteint les 2/3 de ce revenu brut: au Danemaris, elle dépasse encore cette proportion. C'est qu'en fait, pour résister à la concurrence mondiale, les produits animaux se sont montrés plus aptes que les produits végétaux, notamment que les graines de céréales : les faits ])rouvent que les baisses de prix qui se sont produites, notam- ment dans les dernières années du xix' siècle sur les céréales, n'ont presque pas atteint les produits animaux. Certains, com- me le lait ou les pi-oduits de laiterie, u'onl même pas été tou- chés. 11 reste évident que ]>our j'éussir en agi'iciillui'e. il com icnl de ne négliger aucune branche de la i)i'oduction. A l'heure actuelle, il n'est plus ])ermis à un agriculteurs sou- cieux de ses intérêts de ne pas se demander si, en faisant une ])art, ]ilus grande dans son exploitation à la ]iroductif)n animale, ou. sim]>lemenl en soignaid mieux les animaux (|u'il cx|)|oite, il n'améliorerait pas sensiblement les résultats liuaucicis de son entreprise, s'il ne pourrait, de cette façon, augmentei' son bénéfice net, l»ut ultime de ses efforts. Da jdace considérable qu'occupent les animaux domesti(|ues eu agriculliur. iiiouln- riulércl (|ui s'all.iclie à l'étude même tle la Zootechnie, puisq •elle étude n'a pas d'autre but (|ue de conduire au perfeclionuemeni de la produclion animale. Ces (iuel(|ues remaniues faites, il y a lieu d'examiner le ])lan d'études à consacrer à la Zootechnie générale. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 29- ^Jalirne) dation des animaux domestiques a, en Zootechnie, une importance tout à fait capitale. Baudement, le fondateur de la Zootechnie scientifique, disait: « l'art de bien nourrir les animaux est toute la Zootechnie ». Il peut y avoir quelque exagération dans cette formule; il n'en est pas moins vrai qu'avec une bonne alimentation, toutes les améliorations sont possibles dans la production animale;, avec une alimentation défectueuse, au contraire, tous les pro- grès se trouvent entravés. Cette vérité doit d'ailleurs avoir le caractère de l'éviaence. Les produits que livrent les animaux domestiques, qu'ils soient, d'ordre matériel, comme la viande, le lait, la laine, ou d'ordre dynamique, comme la force motrice ne peuvent être créés par eux de toutes pièces. Ils doivent nécessairement en trouver la matière première, la source dans le milieu extérieur, et, en fait, cette matière première est constîtuée par les aliments qu'ils- ingèrent et qui sont, avant tout, des matières végétales. Sans une bonne alimentation, sans une matière végétale suf- fisante et convenable à ingérer, il est impossible d'obtenir des animaux des produits abondants, et, dès lors, de réaliser des; bénéfices dans la production animale. La valeur des animaux et leur rendement en produits zoo- techniques ne dépend pas, cependant, uniquement de l'alimen- tation, mais aussi, à un très haut dçgré, du fonctionnement plus ou moins intensif des organes préposés à la fabrication de tel ou tel produit zootechnique. Quand il s'agit de la production laitière, le produit obtenu n'est pas uniquement fonction de l'alimentation de la vache laitière, il dépend aussi, à un très haut degré, de l'activité avec laquelle peut fonctionner la glande,, et de la proportion des matières ingérées que cette glande est en état de transformer. Or, et c'est là un point capital, les animaux domestiques n'oni pas une structure fixe ni un fonctionnement donné une fois pour toutes; ils sont, au contraire, très malléables comme tous les êtres vivants, ils sont sujets à des variations dont il faudra faire l'étude, après celle de l'alimentation. On devra non seule- ment les cataloguer, mais autant que possible, en rechercher les causes, de façon à provoquer les variations avantageuses, à. éviter celles qui seraient dommageables. On verra qu'il existe' des méthodes d'amélioration très puis- santes, consistant à exercer méthodiquement les org-anes des animaux domestiques; que ces méthodes d'exercice ou'on appelle les méthodes de gymnastique fonctionnelle, permettent de faire prédominer chez les animaux, presque à volonté, en tous cas dans une très large mesure, telle fonction, qui pré- side à l'obtention d'un produit zootechnique déterminé, lait ou viande, et que, dès lors, il est possible, grâce à l'emploi de cette gymnastique, de faire aller les principes nutritifs ou leurs pro- duits essentiels vers les produits demandés et d'obtenir de cette façon une plus grande fabrication de produits, un revenu net plus avantageux. 3ti Annales de l.\ sciencc ACiuoxo.MiQrE Le milieu daiià lequel vivent nos animaux, le climat, le sol, influent beaucoup sur leurs caract/^res; il y aura donc lieu d'étudier les variations qui reposent ^ur retTet (Ju milieu, du <*limat, du sol. En outre, il existe certaines varintions dnut les causes res- tent encore incunnues, mais qui ne manquent pas d'inténH, parce que, lorsqu'elles sont avantageuses, on [leut les faire ser- vir quelquefois au progrès des machines animales et à Tamé- lioration des onimaux domestiques eux-mêmes. La valeur des animaux, leurs caractères qui font cette valeur, leur aptitude à donner en plus ou moins jrrande quantité des produits utilisables, ne dépendent pas seulemeiU des individus ou des variations qu'ils jjeuvent subir, ils dé] tendent aussi de roriyinc des animaux, c'est-à-dire des parents et des ancêtres de ces animaux, parce que parents et ancêtres sont aptes à transmettre à leur descendance leurs caractères. Après l'étude de l'alimentation et des variations, s'imjM.se celle de la transmission des caractères, c'est-à-dire de Vhôvèdité. Quand on connaîtra les variations et rhérédité,.il sera facile de se rendre un c(»mpte suffisant de la valeur des .croupes que forment les animaux domestiques et notamment de la valeur des espèces et surtout des races. On pouri-a aussi étudier une des catéirories de méthodes d'arnélioration les plus importantes pour les animaux domestiques, les méthodes de reproduction. Enfin, les animaux n'ont ]>as toujotu's un fonctionnement normal; ils sont sujets à la maladie, et,* lorsqu'ils sont atteints, Ktu bien le capital qu'ils représentent est meuMcé de destructif >n, d'anéantissement, ou bien les y»roduits (pi'ils livrent sont moins abondants ou de mauvaise qualité. 11 est donc nécessaire d'étu- dier la question de la lutte contre les inahiilirs et, en particu- lier, contre les maladies les plus dommagealdes qui frappent le bétail, les maladies d"orij;ine niicrnbienne itu inleclieuse, c'est- à-dire envisager, l'hygiène prophylactique de ces maladies. .\près VAJinienlntion ilrs (iniinau.r doiiirsliijiirs et les autres (liieslious de zonTKi;HNiE oÉNÉnALK \'ari(itions, hérédité, lutte contre les niahulirs . il convient d'étudier Irs nioi/cns tiolttcnir en grandes quantités les dii^ers prntluits zootechniques (tra- vail, ^•iande, lait, laine), il faut également (Iaii< r,|ia(|ue espèce domestique envisager les races et tintrs dicers '.ant au point de vue morphologique, ce qui permettra de les distinguer et re- connaître, «pi'au point de vue de Iciu- aptitude à la fabrication d'un (ou plusieurs» ]iroduit zooteclini<|Uf : ces deux inqxtrlan- tes parties de la science appliquée de la pr(.»duction animale constituent la zootechnie spéciale. ZOOTECHNIE GÉNÉRALE Alimentation Chapitre î. Composition chimique des aliments. — II. Digestibilité des aliments. III. Méthodes permettant Vétude de la nutrition. — IV. Nutrition organique chez Vanimal h jeun. — V. Nutrition organic^ue chez Vanimal alimenté, au repos et .■< Vétai d'entretien. — VI. Nutrition organiciue chez Vanimal donnant des produits. A. Production de la grai.ssfi. B. Produclion du travail musculairi'. C. Théorie is-odynai/u'/ite pt throrie isogliicosiur le nn^'uie prin- ci|>e (|ui relève également dans son enseml»le de la méthode de NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 33 BoLissingault à laquelle nous devons la plupart des connais- sances que nous possédons, non seulement sur la composition des aliments, mais encore sur la digestibilité même de ces ali- ments. L'examen des problèmes de Talimentation ne comporte pas une étude chimique, mais il est nécessaire de donner le prin- cipe de la méthode de Boussingault perfectionnée par Henne- berg- et Stohmann pour bien comprendre l'usage qui en a été fait. ■ Dans cette méthode, on prend tout d'abord un échantillon de l'aliment. Cet échantillon, convenablement choisi, est soumis à la dessication à. 100°. L'eau s'évapore et il reste un résidu constituant la matière sèche de l'aliment ou du fourrage, ou, d'une façon plus générale, les matières sèches. Ainsi donc, la dessication permet de doser dans les fourrages Veau et la matière sèche. Une partie de cette matière sèche est soumise à l'incinéra- tion. On obtient, un résidu qui a résisté à la combustion : ce sont les cendres ou matières minérales. La partie disparue, oui s'est oxydée et transformée en composés volatils, forme la matière organique ou les matières organiques. Les autres opérations ont pour but d'analyser cette matière organique. Tout d'abord, on dose Tazote d'un échantillon. de la matière sèche obtenue. Henneberg et Stohmann admettaient que tout l'azote renfermé dans les aliments ou fourrages s'y trouve sous forme de matières azotées albuminoïdes et, comme les matières azotées albuminoïdes étudiées à cette époque et qui étaient surtout des matières d'origine animale, renfermaient d6 0/0 d'azote, en multipliant l'azote dosé par 100/16 ou 6,25, on obtenait la quantité de matière azotée ou protéine. Contrairement à ce que croyaient Henneberg et Stohmann on verra bientôt que ces matières azotées ou cette protéine, ou plus exactement cette protéine brute, n'est pas uniquement consti- tuée par des matières albuminoïdes. La matière azotée déterminée, on soumet un échantillon de la matière sèche à l'épuisement par l'éther amidé. On obtient de cette façon l'extrait éthéré ou encore les matières grasses brutes. Un échantillon de matière sèche est en outre soumis à l'ac- tion des acides et des alcalis étendus à chaud. On utilise géné- ralement une solution d'acide sulfurique à 1,25 0/0, une solu- tion de potasse de même concentration et on fait bouillir une demi-heure. Ces acides et ces alcalis étendus à chaud dissol- vent une certaine quantité de la matière des aliments. Il reste ordinairement un résidu constituant la cellulose brute. Si l'on additionne le pourcentage de l'eau, des matières mi- nérales, de la protéine brute, des matières grasses brutes et de la cellulose brute, on arrive à une somme un peu inférieure à 100, qui ne. constitue pas la totalité du poids de l'aliment. M Annales de la science agronomique Par dilTérenee, en retranchant la somme de Teau, des ma- tières minérales, des matières azotées, des matières trrti*.ses brutes et de la cellulose brute de 100, on obtient la proportion des rjlractifs non aztitês hvuls, ainsi dénommés parce que ces substances ont été pour la plus grande part, extraites par les acides et les alcalins étendus. Tel est le principe de la méthode d'analyse des lourrages d'Henneberg et Stohmann. Cette méthode a pour résultat de par- tager toutes les substances renfermées dans les aliments ou fourrages en six groupes : non. matières nnnâraJr.s. maîirres azotées ou protéine brutr, malièrcs unisses brutes, cellulose brute et extractifs non azotés bruts. Un seul de ces groupes est représenté par une substance unique, l'eau. Tous les aubes renferment plusieurs substances, . en nombre généralement élevé. Cette méthode d'analyse a été appliquée à la ]»lupart des ali- ments (lue consomment les animaux domestiques. Elle a jter- mis tout d'abord de se rendre compte de la variabilité de com- position chimique des divers aliments: ces' six groupes de substances se réparti.'?sent, en effet, très inégalement, suivant la nature des aliments : racines, tubercules, foin ou autre. Elle a montré également que non seulement des alimcids de noms différents avalent une composition chimique variable, mais même c|ue des aliments de même nom, des foins par exemple; foins div pré, foins de luzerne, sainfoin, ont des com- lX)sitions pouvant très sensiblement variier ée l'une à l'autre. Toutefois, quand on envisage l'ensemble des aliments, on ne peut pas nip!" que chaque catégorie d'aliments ])ossède jusiiu'à un certain p(.»iiil, une composition chimique sj^i'ciale, variable autrtur d'une moyenne, mais caractéristique de cette i^atégori« d'aliments. Le principe de la méthode d'analyse établi, il y a lieu de reprendre un à un les six groupes de substances et voir l'im- jXJ'rtanc© quantit^'itive de ces divers grouî>es de principes ren- frcniés dans les aliments, suivant les divers'es catégdiies d'ab- lucnls oinisagées. Quand il s'agir.i df groupes complexes l'enfermant plusieurs substances, il faudra examiner, autant que les connaissances actuelles le permettent, les (^imposés (^himiques entrant dans ces groupes, cai' ces indications seront nécessaires ]M)iu' les études ultérieures sur l'alinientation (!t la nutrition. LKAU W hi mati^rr Sf^che Eu l'jiil. il Ifuil éiudicr en même tem]>s Icau et l'ensemble de l.t m.ttière sccjic, puisque ces deux gr-uipes sont <-oiii|)|('nicn- taires. Pour celle ('tiidc, (|uc|(pi«>s cIiilTrcs relatifs à l'analyse d'uu loin de pré peuvent ser\ ir d'excuqile. iNOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 35 L'analyse permettra d'établir que le foin de pré renferme : 15 0/0 d'eau; 5,5 0/0 de matières minérales; 9,5 0/0 de matières azotées; 2 0/0 de matières grasses brutes; 20 0/0 de cellulose brute; 42 0/0 d'extr^ictifs non azotés bruts. 100 0/0 L'eau et la matière sèche étant complémentaires, l'aliment renfermant 15 0/0 d'eau renfermera nécessairement 100 — 15,. soit 85 0/0 de matière sèche. La teneur des aliments en eau et en matière sèche varie dans des proportions énormes. La teneur en eau peut, en effet, oscil- ler entre 7,5 0/0 et 95 0/0 du poids total de l'aliment; la teneur en matière sèche est naturellement complémentaire. On peut classer les aliments de façon assez nette en ali- ments riches en matière sèche, par conséquent pauvres en eau, et en aliments pauvres en matière sèche,, et par consé- quent riches en eau. Les aliments riches en matière sèche renferment, dans la règle, plus de 80 0/0 de leur poids de matière sèche, moins de 20 0/0 d'eau par conséquent; ordinairement leur teneur en eau n'est pas supérieure à 15 0/0. Parmi ces aliments riches en matière sèche, on compte tout d'abord tous ceux qui se conservent par simple dessication à l'air : les foins, foins de pré, foins de légumineuses, foins de prairie naturelle ou artificielle, les pailles, les g-rains, les résidus de grains tels que sons et tourteaux. Parmi ces aliments riches en matière sèche figurent égale- ment quelques résidus industriels soumis à une dessication artificielle, par exemple les pulpes desséchées de sucreries de betteraves, les drèches desséchées de distillerie ou de brasserie. Les aliments pauvres en matière sèche renferment généra- lement moins de 30 0/0 de leur poids de cette matière sèche, par conséquent ordinairement plus de 70 0/0 d'eau. Au-des- sous du chiffre indiqué, la teneur en matière sèche est d'ail- leurs très variable. Parmi ces aliments pauvres en matière sèche, riches en eau, figurent tout d'abord tous les fourrages verts, les plantes récoltées à l'état frais, fourrages verts de graminées, de légu- mineuses, également les choux et autres substances sembla- bles. Y figurent encore les racines et les tubercules et certains de leurs résidus d'industrie, quand ils ne sont pas desséchés artificiellement, telles les drèches de brasserie ou de distillerie, enfin certains aliments d'origine animale, comme le lait et les résidus de laiterie. • Entre ces deux grandes classes d'aliments dont les uns sont riches en matière sèche et les autres pauvres, il existe bi-en 3() . Annales de la science agronomique quelques interuiôdiaires, mais i^eu U(>ml)reux. C'est ainsi que r;ijon(', les chàtai.unes, les glands l'oiit'ornient autour de 45 à 50 0/0 de matière sèche. La teneur des aliments en eau et par conséquent en matière sèche a une iniluence considérable sur leur valeur nutritive. Seule, en etTet, la matière sèche peut être considérée comme r<»ui'nissanl des principes nutritifs. L'eau est bien, si Ton veut, un principe nutritif, mais quand elle n'existe pas dans les ali- ments, on |>eut la donner facilement sous forme de boisson, sans généralement entraîner une forte dépense. Pour les aliments pauvres en matière sèche, dont la teneur en matière sèche peut être très variable, il arrive même qu'on jieut regarder la valeur nutritive de ces aliments comme pro- portit)nnelle à leur teneur en matière sèche. La teneur des betteraves en matière sèche peut varier beau- coup, presque du simjjle au double, très facilement de 50 0/0, elle est gcuéi'alement de 10 à 15 0/0. Si donc, l;i valeur nutritive de ces betteraves est à peu près jjroportiuimelle à leur teneur en ma- tière sèche, il en résulte que dans la ration d'une vache laitière .■}0 kilos de bettei'aves renfermant 15 0/0 de matière sèche peu- vent avoir la même valeur nutritive que 45 kilos de betteraxes ne renfern\ant que 10 0/0 de matière sèche. La teneur en ma- tière sèche, par conséquent la teneur en eau des aliments, a donc une grosse répercussion sur leur valeui* nutritive. 11 y a lieu maintenant de savoir comment se distribuent les cinq autres gr<)ui>es dans cette matière sèche. LES M.ATIERES XUNEKALES et la nialirrr nrrfdiiiffur Les matières minérales n'existent jamais qu'en faible' (|u.iu- tité diins \;\ matière sèche des alimenls. Dans les aliments (Toi'i- liine végétale, en parliculiei', les nuitières minérales ou les cen- dres l'eprésentent moins de 10 0/0 de la matière sèche. Ces cendres, ces matières minérales sont celles qu'on ren- contre dans les produits, animaux riu végétaux, nnfamment dans ces der'uiers : l'acide plitispli(iri(|ue, la chaux, la magné- sie, la potasse, la soude, le chlore, la silice, l'alumine. Il existe bien encore d'autres substances mais eu i|uantités beaucoup plus faibles, souvent à l'état de traces, du fer, par exemjtle. L'élude de ces substances sera faite dans le chapitre de la nutrition iu()rgani(|ue. Puis(|ue la matière sèche des aliments ne renferme jamais qu'une pi'oportion très limitée de matière minérales, il en l'é- sulte fnrcéiuent (|ue tel aliment, riche en matière sèche, est, hussi, riche en matière (irganiipic T/élude de la matière urgani(]ue dnit, pf>ur des raisons d'ordre praliiiue, comuienc(îr non pas |)ar réjudc de la malièrc azob'M'. 'mais par celle de la celhdôrtante, ils ont la dureté du bois. On a reconnu que la proportion de lignine dans les aliniejjts est généralement d'autant plus grande que les aliments sont plus riches en cellulose brute; autrement dit que les ali- ments les plus grossiers sont également ceiLX f|ui sont les j^lus durs, les plus riches en lignine. Il n'y a au contrah'e que très peu de lignine dans les aliments concentrés : dans les graines, on n'en rencontre guère que dans l'enveloppe. LES EXTRACTIFS NON .AZOTÉS BftlTS (sucres, amhhn. etc.) . chèvres et chevaux, qu'un rôle relativement effacé. Ces ani- maux n'en ingèrent généralement îlûns leur ration que d'as- sez faibles quantités. , NOTES PRISES AU COlJHS DÉ ZOOTECHME DE A. MALr-È^ RE 11 LES MATIÈRES AZOTÉES BRUTES {albuminoïdes, amidés, nitrates, etc.) Les matières azotées brutes ou protéine brute sont constituées par des substances quaternaires renfermant, à côté de l'hydro- gène, de l'oxygène et du carbone, une certaine quantité d'azote. La teneur des aliments' en protéine brute est très variable. Toutefois, à part certains aliments d'origine animale, comme la farine de viande, le sang desséché, assez rarement em- ployés du reste dans l'alimentation des animaux, on trouve généralement moins de .50 0/0 de la matière sèche sous forme de protéine brute et, q'uelquefois, certains aliments n'en con- tiennent pour ainsi dire pas ou n'en contiennent que de très petites quantités, à peine quelques centièmes. C'est entre ces deux limites de 50 0/0 et de quelques centièmes que varie dans les aliments la proportion de matières azotées. On a coutume de regarder comme riches en matières azotées les aliments qui renferment plus de 15 0/0 de protéine brute dans leur matière sèche, et comme pauvres ceux qui en renfer- ment moins de 15 0/0. Parmi les aliments riches en matières azotées, figurent, en dehors des aliments d'origine animale, sang desséché, résidus de laiterie, avant tout, les tourteaux de graines oléagineuses et les graines oléagineuses elles-mêmes, également les graines de légumineuses, puis les fourrages verts très jeunes de légu- mineuses et les herbes très jeunes de pâturages riches en légu- mineuses. Sont pauvres ou relativement pauvres en matières azotées, les graines de céréales, avoine, maïs, seigle, orge, les racines et tubercules, betteraves, pommes de terre, certains résidus indus- triels provenant de ces racines et de ces tubercules, telles les mélasses de sucreries. ^ Enfin sont surtout très pauvres en matières azotées les pailles de céréales. Les sons de froment, les foins de légumineuses sont à peu près à la limite entre les aliments riches et les ali- ments pauvres en matières azotées. Le groupe de la protéine brute renferme plusieurs éléments azotés. D'après les méthodes d'analyse employées, la protéine brute est obtenue en multipliant l'azote par le coefficient 6,25. On admet ainsi que la matière azotée de tous les aliments est une matière azotée albuniinoïde, et que cette matière azotée albumi- En fait, on s'est aperçu depuis longtemps déjà que les matières azotées albuminoïdes d'origine végétale renferment souvent plus d'azote que les matières azotées albuminoïdes d'origine animale. La moyenne pour les substances végétales est plutôt de 17 0/0 que de 16 0/0. Malgré tout, l'erreur étant faible, on a conservé le coefficient de 6,25. Mais on a fait, vers 1875, une constatation beaucoup plus importante. On .a observé que dans les aliments d'origine végé- Il' Annales de la science agronomique •• / taie, une partie souvent très notable de Ja i^rotoïne brute n'était pas constituée par des matières azotées albuminuïdes, mais par des matières azotées non albuminoïdes, avant tout par des aniides ou des aci<1rft uim'dés, (iui sont le i>rgduit •de la décomposition des matières albuminoïdes ou une -f;»>^ase de leur synthèse dans les plantes. Enfin, on rencontre dans les plantes, de l'azote sous lornie de uilnilcs, quelquefois sous forme d'alcaloïdes et de glucosidcs azolf's. La pro])ortion d'alcaloïdes et de glucosides est d'ailleurs toujours très faible, il faut cependant citer ces substances parce ([u'clles peuvent constituer des poisons violents et rendre les alimenls dangereux. Des expériences certaines ont montré que les matières azo- tées albuminoïdes et .les matières azotées non alljuminoïdes, les amidés, n'ont pas pour l'alimentation des animaux exactement la même valein*; il était très imi)oi'lanl de ['ouvoir doser les unes et les autres, et, de fait, on a complété à cet égard la mé- thode d'Henneberg et Stohmann jtar des procédés qui per- mettent de faire ce dosag-e. Ces procédés sont assez variés, mais ils consistent, tous, à précipiter complètement par des réactifs appropriés les ma- tières azotées albuminoïdes. Dans ce précipité, on dose l'azote albuminoïde. Comme un con- naît par ailleurs l'azote total, l'azote total tliminué de l'azote albuminoïde donne l'azote non albuminoïde, désig-né sous le non générique d'azote des amidés, parce que ces amidés ou acides amidés sqnt les corps principaux^ renfermant cet azote non albuminoïde. Pour passer de l'azote non albimiinoïdes aux amidés ou matières azotées non albuminoïdes, on convient de multiplier cet azote non albuminoïde i>ar le coefficient <>.2r) ; auti'ement dit, la matière azotée non albuminoïde des aliments est égale à l'azote non albuminoïde multiplié par 0,25. C'est là une coii\fii- tion, car les acides amidés et les amidés ont des teneurs eji azote très diverses. Les nombreuses analyses faites permettent de constater que la presque totalité de l'azote est sous forme albumino'ide dans les aliments d'origine animale, d.ins le lait ]>ar exemple, ainsi que dans les aliments d'origine végétale provenant de jilajiles arrivées à maturité ou, en tous cas, d'organes de ]>lantes arri- vés à maturité ; les graines iîii'u'es, les sons et tourteaux rin- ciijcs nutritifs utilisables, les principes milritifs digestibles, alors que l'étude de la composition chimit]ue n'avait fait con- naître (|ue les j)rincii)cs bnits rentermés clans les aliments. Il y a donc lieu : 1" de rechercher, parmi les substances for- mant les princi|>es bruts, celles qui sont susceptibles d'être digé- rées et «'onstilnenl les substances digestibles. 2" D'élalilir la iiroportion dii^érée ou digestible des divers principes bruts. Ces (picstions i-ésolues permettront de déterminer la teneur en principes digestibles des di\ei's aliments, mais avant de faire cette étude, il faut faire une remunpie préalable sur la digestion chez les animaux domesticpies : DltJKSTION .NOH.M.M.K KT UKilîSTloN NUC.UOHUÎNNK Les aliments une fois ingérés sont soumis à l'acte de la digestion; ils sont broyés, mastiqués de telle façon que les diverses parties des aliments soient lacilcmcnt accessibles aux sucs digestifs. O travail de masticalitin et de broyage des aliments est très important, (|uand il s'agil des herbivores domestiques qui uni à consommer (h's aliments grossicM'S. ligneux et durs. Ce tra- vail de mastication exige une dépense considérable d'énei'gie tpii dimimic, d'autant", la valeur nutritive de ces aliments. (>n vci-ra bientôt que le travail de la digestion, dont fait l>ar-tie le li'avail de masti<'atinn, est le facteur ipii, après la digeslibilité des alimenb, a la plu>- L-rn-^se iniluence sur leur \aleui' nutritive. Il existe d'ailleurs chez cei'tains animaux des dispositions spécirdes en \iie de rendre ce ti'a\ail de la mastication i»lus complet et plus écoimmique. Chez les rnminanls. ctiez les polygaslricjues arrivent dans la panse où ils macèrent jiendant un certain temps, puis ils sont régur- gités et soumis à une nouvelle mastication qui est faVorisée fjar cette mastication préalable : c'est ce qu'on appelle l'acte de la rumination. Il a été démontré que cet acte de la rumination avait pour résultat de diminuer notablement le travail de la mastication. Ainsi, pour mastiquer un kilo d'un certain foin de pré, un bœuf dé[)ense moins d'énergie qu'un cheval qui ne peut pas se servir de ce procédé de macération précédant, chez les rumi- nant, la mastication définitive. Les aliments broyés sont souujj^ u l'action des sucs digestifs qui a pour résultat de solubiliser le plus possible les principes bruts renfermés dans les aliments, de façon à les rendre assi- milables. Cette solubilisation- se fait par les hydrolyses. Les matières albuminoïdes sont transformées en peptones avant d'être absorbées. 11 en est de même des matières hydrocarbo- nées : l'amidon est transformé en sucre. Les graisses sont saoo- ni fiées et rendues absorbables. Mais il faut remarquer que chez les grands ruminants, et en particulier chez les grands herbivores, une digestion se superpose à la digestion normale. C'est la difjfstion micro- l/icinie qui se fait sous l'influence des bactéries que l'animal ingère en même temps que les aliments ; elle peut prendre, chez nos herbivores domestiques, une importance telle, qu'elle ne le cède pas à l'influence de la digestion normale pour la digestibilité des aliments. Chez les animaux à tube digestif relativement court e( chez qui les aliments ne restent que peu de temps dans le tube digestif, la digestion est terminée au bout d'environ 24 à 36 heu- res. En pareil cas, la digestion microbienne est tout à fait secondaire, elle n'intervient presque pas dans la digestion. C'est qu'en effet les aliments aussitôt ingérés parviennent dans' l'es- tomac, où ils trouvent le suc gastrique qui arrête la fermenta- tion ; de là, les aliments passent dans l'intestin grêle où ils sont soumis à l'action des sucs hépatique et pancréatique. Les fer- mentations ne peuvent guère commencer que dans le gros intes- tin. Tout ce qui est digestible a été digéré, sauf dans les cas ]jathoIogiques où il se produit des toxines. La digestion micro- bienne n'a, pour les carnivores et pour les porcs surtout, qu'une importance secondaire. Mais il n'en est pas de même chez les herbivores, surtout chez les herbivores polygastriques, r-hez les ruminants. Chez ceux-ci, les aliments vont d'abord dans la panse, vaste réservoir, qtii, chez les bovidés de taille ordinaire pesant 500 kilos, peut atteindre une contenance de J50 à 200" litres et qui constitue une véritable cuve de fermenta,tion où les aliments sont soumis à l'action de la digestion mir-robienne. Quand ils traversent la gaz des mar.iis. dr tnéfhnne. pendant la fer- mrnt.ilinn dans i;i |»an<»' cl le lths intestin. < >n peni recneillii' NOTES PRISES AU COUlîS DE ZOOTECHaIE DE A. MAlLÈVRE 47 ce gaz dans les produits d'expulsion des animaux et même le doser : 4,5 0/0 environ de la matière totale de la cellulose reparait dans les excréments. On a' mis également en évidence d'autres fermentations gazeuses donnant de l'acide butyrique, de Tacide propionique et de l'acide acétique. Ce qui montre bien que la digestion microbienne intervient,, c'est la décomposition avancée en partie de cette substance. On a pu reproduire in vitro cette digestion microbienne en ensemençant, par exemple, de la cellulose de papier mise dans un madras stérilisé avec une parcelle retirée du contenu de la panse. On obtient une décomposition de la cellulose avec formation de gaz des marais et des acides butyrique, propio- nique et acétique. Il a été également établi que si la cellulose et les gommes renfermées dans la cellulose brute ne sont, pas complètement dissoutes par les microbes, ce résultat provient de l'action pro- tectrice de la lignine, subtance qui englobe parfois la cellulose et les gommes à un tel point que les microbes eux-mêmes ne peuvent pas l'attaquer. Pour cette raison, la cellulose est d'autant moins digestible que la lignine est en plus grande quantité dans les aliments. On peut d'ailleurs en établir la preuve : si on enlève cette lignine par une opération chimique, si on désincruste des pailles en les traitant par un liquide alcalin, la cellulose est beaucoup plus digestible. Dans ce but, on a même proposé, pour augmenter la digestibilité de la paille, de la désincruster par des liqueurs alcalines, avant de la faire consommer aux animaux. Principes digestibles des extractifs non azotés bruts Parmi les extractifs non azotés bruts, ceux qui sont sohibles, comme les sucres, sont digestible; il en est de même pour l'ami- don et une p-artie des gommes. En principe, les sucres et l'amidon devraient être unique- nient justiciables de la digestion normale, mais les microbes qui se trouvent dans le tube digestif, au lieu de se porter uni- quement sur la cellulose, attaquent souvent aussi les sucres et l'amidon, de sorte que, surtout chez nos ruminants, ces subs- tances sont également en partie modifiées dans la panse par la digestion microbienne. C'est un fait qui nous expliquera pourquoi, dans certains cas, les sucres ont une valeur nutritive inférieure à celle qu'on pourrait prévoir, parce qu'en fermen- tant, ils se décomposent et donnent de l'acide carbonique et du gaz des marais ; dans tous les cas, ils ne passent pas dans la circulation générale sous forme de sucre. En résumé, la cellulose digestible augmentée des extractifs non azot.?s digestibles, est formée par des matières hydrocar- boné«s, puisque ce qui disparaît dans la cellulose brute et les extractifs non azfvtés bruts, ce sont précisément les matières hvdrocarbonées pré formées dans les aliments. 4s Annales de la science agronomique Principrs ili;/f'sli(s des malièrrs (jnissc.s bruti'.s Les matières grasses paraissent. échapper à peu près complè- leinent à la digestion microbienne. Purmi ces matières, seuls les éthers de la glxcérine et les lécithines sont digestibles; les résines et les matières colorantes résistent pour la plus grande partie à la digestion. Principes digestifs j>cnt à raclion des sucs digestifs, ne simt pas solubi- lisées et reparaissent dans les excréments. Par contre, on regarde les amides, qui sont solubles, comme complètement digestibles. Quant aux nitrates, on a pu établir que. chez les hei'I)iv()res, ils sont décomposés par les ferments de l'intestin : fazote libéré ^a s'échapper dans l'atmosphère à l'état gazeux; c'est assez dire que les nitrates, quoique existant dans ces aliments ^t ne reparaissant pas dans les excréments, n'ont aucune valeur nutritive. A propos de Timportance de la digestion microbienne pour les matières azotées, il y a un fait à signaler, c'est que les amides servent d'aliment aux bactéries qui i)ullulent dans le tube digestif des lierl)ivores, .et que t(jut en leur servant d'ali- ment, elles s^ transforment et peuvent même passer, sous l'in- lluence des microbes, à l'état de matières azotées albuminniYh^s Otte observation ne manijue pas d'intérêt et })eut permettre d'expliquer, dans une certaine mesure, les diiïérences de valeur nutritive des amides, suivant le groupe d'animaux qu'on con- sidère. Chez les animaux à tube digestif simple, oi^i la digestion microbienne est peu dével(»i)pée, les amides n'ont pas de valeur nutritive. Au contraire, elles ont une certaine valeur nutritive, quand elles son! ;disorbées i)ar des poiygaslri(iues, des rumi- nants; dans leur tube digestif, ces amides sont en pai'tie trjius- formées en matières albuminoïdes par les microbes qui y pul- luh'ut. FjU résumé, on rctrnuM', mi'nie .nrc les licrliiN nrcs domesli- ques, les sid>stances digestibles classiques : les matières azo- tées alliuminoïdes, les malièr-cs grasso cl les matières hydro- carbonées. Mais il comienl d'y ajouter, pour les animaux (jui utilisent ]>eaucouj> de matières végétah^s, comme substances azotées non albuminoïdes, des amides. Il f;iut remarquer égale- ment r|u'une |)ai'tie des matières hydroc.irbonées ne passe pas sous forme de sucre d;ins la cii'cul.iliim g(''m''r;ilc, mais est absor- bée f|uel(|uefois seulenieril ;q)rès avoir subi des modificati(»ns assez iniporl;u»les. (îes remarques permelirout de mieux com- prendre ipielcpies p.ii'ticnl.iiiii's de l.i \;denr imlritive de cerl.iins aliments. NOTES PRISES AU COUEvS DE ZOOTECH.ME DE A. MALLÈVRE 49 DIGESTIBILITE DES DIVERS PRINCIPES BRUTS L'étude de la digestibilité conduit à la recherche de la propor- tion digestible des divers principes bruts. Pour déterminer la digestibilité d'un aliment, il suffit, en principe, de le comparer à son entrée dans le tube digestif et à sa sortie : la partie digestible des aliments est égale à l'aliment diminué des, résidus qui passent dans les fèces. A ce point de vue, il faut éviter l'erreur souvent commise de croire que la partie digestible des aliments ne correspond pas à l'aliment diminué des résidus passés dans les fèces, mais à l'aliment diminué des résidus qui se trouvent dans les fèces e( dans l'urine. C'est une très grosse erreur : les déchets qui se ti'ouvent dans l'urine proviennent des principes nutritifs qui ont été absorbés, qui sont passés dans la circulation générale et qui ont été. utilisés par l'animal. Il faut donc se garder d'envi- sager ainsi la digestibilité. Ce qui est digestible, c'est l'aliment moins les fèces. Il suffit donc de comparer l'aliment à son entrée dans l'ap- pareil digestif et à sa sortie, pour se rendre compte de sa diges- tibilité, mais pour que la comparaison soit précise et permette d'obtenir des données quantitatives, il" est nécessaire d'avoir recours à l'analyse chimique. On soumet l'aliment et les fèces qui en dérivent à la méthode d'analyse d'Henneberg- et Stoh- mann, et ce qui ne reparaît pas dans les fèces, constitue préci- sément la partie digestible des aliments. On dose donc dans l'aliment comme dans les fèces les divers principes nutritifs bruts. Si on reprend l'exemple du foin de pré dont la composition moyenne a déjà été indiquée et qu'on admette que dans 100 grammes de foin de pré, on rencontre 9 gr. 5 de matières azotées, de protéine brute, que, d'autre part, dans les fèces recueillies correspondantes, on ne retrouve plus que 4 gram- mes de cette protéine, la différence, soit 5 gr. 5, représente la matière azotée digestible, la protéine digestible ; de même pour les matières grasses, les extractifs et la cellulose. Dans le tableau ci-dessous, on trouvera les chiffres afférents à la digestibilité des diverses substances entrant danç la com- position de ce foin de pré : Corripof'ih'ori chimique et digesfihilité d'un foin de pré à s5 010 de métii're sèclip. ,, ., Mat:ere Matières Extractifs organique ,„„ 1 ^ • Protéine grasses non azotés Cellulose totale 100 grammes de foi II _ *= ._ , _ _ ••"^ « représentent : -•j) Principes l)ruts t») Principes digestibles Coefficient de digestibilité : - .. 103 a grammes 9,5 5,5 grammes 2,0 1,0 grammes 42,0 26,0 grammes 26,0 14,8 s;rammBS ' 79,5 47,3 57,9 50,0 61,9 55,9 59,5 4 5C Anxales di: la scie.ncl: agronomique Cof'fficiciits de dit/rsltbiUté On a coiitniiie, p«nir rendre les résultats comparables d'un aliment à Tautre, d'exprimer la digestibilité par la proportion digestible de chacun des principes mitritil's, c'est' ce matières minérales ; elles sont excrétées, en elVet, non seulement par l'urine, mais enr-ore à la surface NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 51 de l'appareil digestif, aussi ne peut-on déterminer la digesti- bilité de ces matières en . faisant la différence entre les ali- ments et les fèces. Il faut donc se limiter à étudier dans les aliments la diges- ■ tibilité de la matière organique qui, d'ailleurs, forme la plus grande partie de la matière sèche de ces aliments. Quand on veut déterminer la digestibilité des aliments en se . basant sur le principe indiqué, il est nécessaire de faire des distinctions suivant les groupes. Etant donné la digestion microbienne, on ne peut s'attendre à ce que les divers groupes d'animaux domestiques, herbivores polygastriques, herbivores monogastriques et omnivores, digè- rent les aliments de la-même façon. Aussi faut-il étudier d'abord la digestibilité chez les rumi- ; liants, les herbivores polygastriques. On verra ensuite les dif- férences pour les herbivores monogastriques, comrge les équi- dés, et pour les omnivores, comme le porc. DIGESTIBILITÉ DES ALIMENTS CHEZ LES RUMINANTS Chez les ruminants, chez les herbivores en général, il est nécessaire, pour assurer de façon certaine la péristaltique intestinale, c'est-à-dire le bon fonctionnement de l'appareil digestif, que les animaux consomment une certaine quantité d'aliments grossiers. On ne peut donc pas étudier la digesti- bilité des aliments concentrés en ne faisant absorber aux ani- maux que ces seuls aliments concentrés. Aussi, faut-ij commencer par étudier la digestibilité des ali- ments grossiers chez les ruminants, pour passer ensuite à celle des aliments concentrés. Aliments grossiers. Mode opératoire. — Pour faire une expérience de digestibi- lité, il faut prendre quelques précautions. Tout d'abord, l'aliment grossier dont on veut déterminer la digestibilité sera donné tous les jours aux animaux en quantité rigoureusement égale ; en outre, on veillera à ce qu'il soit • complètement consommé. Enfin, une période préparatoire devra précéder la période d'expérience proprement dite. Il est nécessaire, en effet, que les fèces recueillies ne con- tiennent que des substances provenant *de l'aliment dont on veut étudier la digestibilité et non des aliments consommés antérieurement ; or, chez les ruminants, il peut se passer qua- tre, cinq et même pour certains aliments grossiers huit jours sans que les derniers restes d'une alimentation soient complè- tement rejetés. Il faut donc une période préparatoire d'une dizaine de jours. A partir de ce 'moment-là, on recueille les fèces sans aucune perte, ou du moins en s'efforçant de réduire les pertes à très peu de chose. Cette récolte des fèces doit être faite non pas seulement pendant 24 heures, mais pendant une série, de jours. Le tube digestif des ruminants ne se vide pas réguliè- 52 Annales de la science agronomique renient tous les jours, et, si Ton se contentait de recueillir les fèces pendant 24 heures, on ne serait pas certain d'avoir tous les résidus de ralimcnt consommé pendant les 24 heures qui ont précédé. 11 faut donc recueillir les lèces i)endant une série de jours, pour avoir une moyenne sulîisamment sûre. Les lèces ainsi recueillies sont soumises à la même méthode d'ana- lyse que raliment mis à l'étude. Pour l'ecueillir les fèces sans pertes, on se sert de divers moyens. Le premier, assez rudimentaire, consiste à avoir des étables, des stalles à SAuMace presque lisse, construites de telle façon qu'on puisse recueillir les fèces sans perte appréciable, et que l'urine ne se mélange pas avec les fèces, ce qui est de première importance. On emploie également des procédés plus Iierfectionnés : on met sur l'animal une sorte de harnais qui soulieiit au-dessous de l'anus une sorte de sac de caoutcliouc dans lequel les excréments sont recueillis sans perte. Pour éviter les erreurs, on habitue l'animal au port de ce harnais, pendant la période préparatoire. l^resque toujours, les expériences sont faites sur des mâles, '•ar chez les femelles, il est beaucoup plus diiïicile d'empêcher le mélange de l'iuMue et des fèces ; des expériences de même ordre ont été ce])ondaiit réussies chez des femelles. Enfui, pour plus de sûreté, on fait toujours l'expérience simultanément sur deux animaux, de façon à se rendre compte de rinHuence de l'individualité, car on ne peut obtenir un résultat valalile ([ue si la di,i;estion a été nnrmale. c'est-à-dire s'il n'y a eu aucun trouble de digestion, ni iliai'rliéc. ni constipation. I iiiliortaiicr lie hi Irnciir m ccUulnsc hrulr. liepuis 18 fui 11 lit Irèllf ji'une coupé le -20 mai 18(39. InllorescHncPs en- core vertes. P.i.rx; -J.yi \2,b2 25,3» i lit.in (35.2 71,2 5H,'.l TO.S 7)1,1 B Même ration. Moyenne [jour le f'iin Je trèlle irè> jriiiiie. 6i,(i 70.') r.7,(t e9.C) Ô(M (54,6 T0,8 57,9 70,2 50.6 A 12 k. 5 Coin d.' trèlle coupé le 7 juin l.S(;<.». (léljiil de la pleine llo- raiM,n. 1(3,:M 2,H7 'i4.y5 2S. 1 1 7.7C. (31,0 (35,2 (35.6 68/1 'i(3,4 B Mnu,. ration. 60.9 G4.7 m;.\ «H,.} 46.-8 Moyenne pour le début de la pleine floraison. 6(>,9 64 .9 6i,'i (iS.:} 'i6,() A Vi k. .") foin de trèili- csiipé le 2o juin 1S()9. Les 2/;{ des iullorescenees sont desséchée». 13,1'.» 2,86 48,:37 2H.80 (3,7f< 56,8 59.3 61.0 (3(3.(1 39,'.i U .Même ration. 56.8 58,2 59,2 66,5 :î9,<3 Moyenne i^i'iir I'' trèlle fiiTMpie dé- Jleuii. 56,8 58.7 (j(.t,l 66.2 39,7 NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLE^'RE o5 Quand l'âge de la plante croît, la matière azotée brute diminue, la cellulose brute augmente, et, parallèlement, s'imprègne plus fortement de lignine et devient moins digestible. Cette difYér'énce de composition influe en parallèle sur la digestibilité. Les résultats sont tout à fait comparables chez les deux animaux dans les trois expériences ; il suffit donc de con- sidérer la moyenne. La. matière organique comprenant l'en- semble des principes bruts organiques renfermés dans la plante, il faut attirer rattention Sur les modifications de la dig-estibilité de la matière organique' à toutes les phases de développement de la plante. Alors que le foin de trèfle n'était pas encore fleuri, 64,6 0/0, de la matière organique étaient digestibles. La digestibilité tom- bait à 61 au moment de la pleine floraisoo, pour descendre à 57 à peine au moment où le trèfle était en grande partie défleuri. Cette expérience a été Tune des premières faites à ce sujet ; beaucoup d'autres l'ont- confirmée, par la suite. Des différences bien plus marquées ont été souvent trouvées dans la digestibilité suivant ,1e développement de la plante. Il en résulte un certain nombre d'indications précieuses pour la pratique. Tout d'abord, quand on le peut, il faut faire con- sommer^ la plante très jeune, parce qu'elle est bien plus diges- tible : au pâturage, les bêtes choisissent d'elles-mêmes les plantes les plus jeunes, de là une nourriture intensive et par suite une croissance suffisante des animaux, un engraissement parfait et une production plus abondante de lait. Avec des pâturages de bonne qualité, on arrive à obtenir des quantités considérables de produits zootechniques. Naturellement, quand les animaux ne vivent pas au pâtu- rage, il est bien plus difficile de leur faire consommer des plantes jeunes, qu'il s'agisse d'ailleurs de fourrages verts ou de fourrages convertis en foins desséchés. Si l'on voulait, en .effet, faire consommer aux animaux, à retable, des plantes très jeunes, il faudrait multiplier les cou- pes, augmenter par conséquent dans une proportion considé- rable la main-d'œuvre. Dans certains pays, on n'hésite pas à le faire ; ainsi dans les pâturages de montagne de la Suisse, oi:i il est, oi^i en tout cas il était^ il y a quelques années, difficile de trouver d'autres ali- ments que le foin, les moyens de communication étant moins aisés que maintenant, on n'hésitait pas à renouveler les. coupes de foiii, de façon à avoir des aliments très nutritifs, très diges- tibles. Dans la grande pratique, c'est une opération qui ne peut se faire. Du reste, si l'on coupait toujours les plantes' très jeunes, on h'aurait qu'une quantité par trop faible de matières. Aussi a-t-on cherché un moyen terme. L'expérience a démontré que la plante' s'enrichit en lignine, par conséquent, devient moins dig-estible, à partir du moment de la floraison. De là l'indica- tion de couper les fourrages et de faire les foins au début de 5») Annales de la science agronomique la floraison des plantes ou, en tous cas, dans les premiers moments de eette floraison. Il vaut niieux (•(mpcr tn)i) tôt nue trop tard. I/influence de la teneur en cellulose brute et en lignine, par conséquent de la phase de vég^étation de la plante sur sa diges- tibilité, est beaucoup plus marquée pour les légumineuses que pour les graminées. La récolte précoce s'impose donc plus impérieuse encore quand il s'agit des foins de légumineuses que lorsqu'il s'agit des foins de graminées. Dans l'ensemble, les graminées se comportent comme les légumineuses. Il y a cependant une exception y)Our le maïs- fourrage ou maïs consommé en vert. Le maïs est une graminée à très grande croissance. Dans cette graminée, au fur et à mesure du développement de la plante, la proportion de cel- lulose diminue au lieu d'augmenter : la teneur en cellulose brute est d'environ 23 0/0 quand la plante n'a encore que quelques épis verts ; elle tombe à 18 0/0, quand les grains des épis commencent à se glacer. On doit s'attendre, en pareil cas, à ce que la digestibilité, au lieu d'aller en diminuant, comme dans les autres plantes, aille, au contraire, en augmentant. C'est ce que l'expérience a dé- montré. Alors que, les épis étant encore verts, la digestibilité de la matière organique n'est que de 65 0/0 environ, elle passe à 70 0/0 au moment où les épis commencent à se glacer. Le fait est intéressant à retenir, soit que l'on fasse consommer aux animaux du maïs-fourrage, soit qu'on mette le maïs en silo, car à maturité il constitue un aliment plus digestible. L'influence de la phase de la végétation de la plante sur sa digestibilité explique encore certains faits constatés dans la pratique.' 11 est connu, par exemple, que les pailles de céréales de l' lin temps, qu'il s'agisse de l'avoine, de l'orge ou du blé, sont plus nutritives et plus digestibles (lue les pailles de céréales d'hiver. Le phénomène s'explique parce que la végétation des céréales de printemps durant moins loiigtemps, la lignifica- tion de ces pailles est moins complète et que le protoplasma des cellules a fait une migration moins complète vers les grains. Les mêmes raisons permettent d'expliquer également certai- nes influences observées, telle riiinnciicc des cniidilidiis de la récolte. On sait très bien que les foins bien récoltés, par temps sec, sont toujours meilleurs que ceux (]iù ont traîné sur les chami>s et ont été iiiKuillés. On en donnait Jadis rexi)lication suivante : l'eau de pluie dissout une certaine quantité des princii)es snlu- bles renfermés dans les aliments. Ce phénomène s'cxi»lique autrement: les fourrages qui restent sur les champs continuent à \ivre, à res|>ir La recherche de la proportion de feuilles par rapport à la proportion de tiges permet d'apprécier la valeur nutritive des plantes : celles qui ont beaucoup de feuilles sont plus tendres, plus nutritives et plus digestives que les autres. Enfin, les foins bien récoltés sont de beaucoup les meilleurs; on les reconnaît facilement à leur aspect, à leur odeur aroma- tique, à ce fait qu'ils ne sentent pas la moisissure, qu'ils ne sont point chargés de poussière ni de vase. En définitive, les diflérences dans la valeur nutritive des plantes s'ex})liqucnt généralement par les différences dans leur teneur en cellulose brute et en lignine. AUMENTS CONCENTRÉS. Mode opératoire. — 11 n'est pas possible d'étudier la diges- tibilité des aliments concentrés exactement de la même façon que celle des aliments grossiers. On ne peut pas, en effet, donner uniquement un aliment con- centré à un animal, en faire l'analyse ainsi que celle des fèces qui en résultent. On ne serait pas sûr, en pareil cas, d'avoir une digestion noi-male. Dans les conditions ordinaires, la péris- talti({ue intestinale chez les ruminants exige, pour se produire, la présence dans leur alimentation d'une certaine quantité d'aliments grossiers. l*our remédier à cet inconvénient, on a recours à l'artifice suivant : On commence par donner aux animaux d'expérience un aliment grossier, généralement du foin, dont on détermine les coefficients de digeslibilité. Puis, dans une dcuxièine expérience, on donne une cei'taine quantité de ce même aliment grossier, mais en y ajoutant une dose, la plus forte possible, de l'aliment concentré : graine, racine, tubercule ou autre dont on veut étudier la digestibilité. Dans cette deuxième expérience, on détermine la digestibi- lité des principes bruts renfermés dans le mélange aliments grossiers — aliments concentrés. On admet (lue pendant cette deuxième expérience, la digestibilité de l'aliment grossier est restée la même que pendant la j»rtMuièi-t'. .dors que l'idimenl grossier est donné seul. Il devient ainsi très facile de calculer la digestibilité des princiyM'S nuli'itifs de l'alimt^nl i'(m('tMdré, |iMis(|u'iI sulTil de déduire de la somme des principes digérés clans la deuxième expérience, les chilTres trouvés pour la dige-slibililé de l'ali- ment grossier, au cours de la |)remière expéi-ieinc. La dilVé- rericr consliliie' la dJL't'slibilité de l'aliment couceidré. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈA'RE 59^ Influence de l'alimcnl conc^'nlré sur la dujcstibilUé des ali- ments grossiers. — En opérant ainsi, on fait une hypothèse : on admet que la digestibilité de l'aliment grossier est restée la même dans les deux cas. 11 fallait vérifier la valeur de cette hypothèse ; on y est arrivé de la manière suivante : On a ajouté à des aliments grossiers, foin, paille, dont la digestibilité est connue, des principes nutritifs complètement digestibles. Gomme ces aliments concentrés doivent être complètement digérés par l'animal, on voit immédiatement, par difîérence, si Taliment grossier a été aussi complètement digéré dans le mélange que lorsqu'il a été donné seul. Les substances suivantes ont été employées : Pour les matières azotées, on a additionné les aliments gros- siers de gluten de blé, matière azotée entièrement digestible. Pour les matières grasses, on a eu recours surtout aux diver- ses huiles, huile d'olives, de colza, en prenant toutes les pré- cautions voulues pour que ces huiles ne troublent pas la diges- tion, c'est-à-dire en ne les donnant pas en trop grande quan- tité et en les administrant quelque peu émulsionnées. Enfin, comme matières hydrocarbonées complètement diges- tibles, on a donné du sucre, de l'amidon ou de la fécule com- plètement solubles dans les ferments digestifs. On a trouvé que les matières azotées et les matières grasses sont sans influence sensible sur la digestibilité de l'aliment grossier auquel on les a ajoutées. Pour les matières hydrocarbonées, les résultats ont été un peu différents. Ajoutées en quantité relativement faible à l'ali- ment grossier, elles n'influent pas sensiblement sur sa diges- tibilité. Mais, dès que la proportion des matières hydrocarbo- nées s'élève au-dessus d'un certain taux, la digestibilité des aliments grossiers va en diminuant dans des proportions assez considérables, et d'autant plus que la proportion de sucre et d'amidon augmente dans la ration; il se produit alors une dépression de la digestibilité des aliments grossiers due à la grande quantité de matières hydrocarbonées facilement solubies, cionnée dans la ration des herbivores. Si on ne connaît pas le mécanisme intime de la cause de cette dépression, du moins en connaît-on l'essence. On sait qu'elle tient à la digestion microbienne. Quand, en effet, l'aliment grossier accompagné d'une trop grande quantité de sucre ou d'amidon parvient dans la panse, les bactéries, au lieu de se porter sur les matières hydrocarbo- nées du foin ou de l'aliment grossier, c'est-à-dire, au lieu de dissoudre, d'absorber la cellulose brute ou les extractifs non azotés, comme les gommes, se portent de préférence sur l'ami- don ou le sucre ajouté. Cette constatation est confirmée par le fait que cette dépres- sion de la digestibilité est moins sensible chez les herbivores 00 Annales de la science agronomique monogastriques que chez les herbivores polygastriques. (^ii Tobserve à peine chez le cheval. Si dans la ration, on ajoiite une assez faible quantité de matières hydrocarlxinées lacilement sulubles aux aliments grossiers, ces matières sunt résurbces pav l'animal avant le commencement de la digestion microbienne, c'est-à-dire avant que les aliments ne parviennent dans le cœmim et le gros intestin, ('liez les l'uminants, au contraire, la ttigestion microbienne est sui'tout active dans la panse. En précisant le ])hénomène, on a montré que pour obtenir une digestibilité aussi complète que possible des aliments grossiers, il ne lallait pas que dans la ration composée d'ali- ments grossiers ' et de matières hydrocarbonées très digesti- bles comme l'amidon ou le sucre, il y eût plus de dix parties de matières hydrocarlmnées digestibles pour une partie de ma- tières azotées digestibles. Dès qu'on reste dans ces limites, on peut admettre que les matières hydrocarbonées ou grasses n'in- fluent pas sur la digestion des aliments grossiers. De là, les indications suivantes : 1° Quan(i on veut étudier la digestibilité des aliments con- centrés, il est nécessaire de ne pas introduire dans la ration plus de 10 parties de matières hydrocarbonées pour une partie de matières azotées. Autrement, il y aurait des variations con- sidérables. 2° Pour obtenir, dans la [•rati(|ue agricole, une digestibilité aussi forte que possible des aliments grossiers, il est nécessaire de ne pas donner aux animaux des l'ations renfermant une trop forte proportion de matières hydrocarbonées digestibles par rapport aux matières azotées, c'est-à-dire renfermant plus de 10 parties de matières hydrocarbonées contre une partie de matières azotées. f III pi/rtniicr de In trurur ni crJhiJiisr hvutr. Voici les principaux résultats de l'étude de la digestibilité des aliments concentrés : T.a digestibilité des substances l'enfermnnt des princii)es digestibles comme le sucre, l'amidon, du lait, par exemple, peut approcher de 100 0/0 de la matière organiipie; elle descend rarement .m-dessous de 70 0/0. On a trouvé également (|ue la digestiliililé dt^s ;ilinionts con- cenlr-és n'est pas moins variable (pie celle rute, les aliments d'origine animale comme le lait, la viande desséchée, sont extrêmement digestibles. Il en est de même des mélasses de suci'ei'ie, aliment d'origine \égélale, mais ne l'enfer- mant pas de cellulose. Il en est encore de même de l'aniidon et de la fécule des tubercules et des racines, l^e cneflicient de digestibilité de la matière organique des tubercules et des raci- nes est géliépalernenl Sr). Il peut atteinfii'e '.»0. Les racines ef les NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 61 lubereules renferment bien une certaine partie de cellulose, mais la cellulose n'est pour ainsi dire pas incrustée de lignine, et elle est dès lors très digestible. De même la digestibiliié des graines est très élevée. Elle est de 85 à 90 0/0 de la matière organique quand il s'agit de grai- nes dont l'enveloppe est Irès mince ou de graines préalable- ment décortiquées. Le peu de cellulose brute et surtout de lignine qui se trouve dans ces graines est en efîet localisé dans l'enveloppe et c'est la nature de l'enveloppe des grains et la proportion de cette enveloppe par rapport à l'amande du grain qui déterminent avant tout la digestibilité de pareils aliments. La graine d'avoine, par exemple, a cette particularité d'avoir une enveloppe d'un poids ccnsidérable par rapport au poids total de la graine. Il peut aller, en efîet, de 20 à 40 0/0 de ce poids total, l'amande pesant entre 80 0/0 et 60 0/0. Or, si l'amande ne renferme pour idnsi dire pas de cellulose brute ni de lignine et est complètement digestible, il n'en est pas de même pour l'enveloppe ((ui, elle, est riche en cellulose et en lignine. La digestibilité de la matière organique dans les avoines varie donc beaucouj) uvec la proportion de l'enveloppe, elle oscille de 56 à 82 0/0, autour d'une moyenne de 70 0/0. L'influence de l'enveloppe est telle que l'un des moyens les plus pratiques dont on dispoL-e pour juger de la digestibilité et dès lors de la valeur nutritive d'une avoine, consiste à décor- tiquer quelques grammes de grains d'avoine pour connaître les proportions respectives de l'enveloppe et de l'amande. On peut admettre que la '^uleur nutritive ou la digestibilité de l'avoine est proportionnelle à la fraction centésimale de- l'amande. Si, dans un cas, l'amande forme 60 0/0 du poids de la graine et dans un autre cas 80 0/0, 3 kilos de la deuxième avoine auront une valeur nutritive à peu près égale à 4 kilos ' de la première, parce que, duns ces 3 kilos de la deuxième avoine, on trouvera autant de principes nutritifs que dans les 4 kilo^de la première. En fait, on ne devrait pas cultiver ou acheter des avoines dans lesquelles la proportion de l'amande est inférieure à 70 0/0 du poids total de la graine. Cette constatation s'applique également à d'autres aliments concentrés, les sons, par exemple. Le son de froment est formé du tégument de la graine de blé auquel reste attachée une proportion plus ou moins grande d'amande ; cette proportion est généralement très faible, car au fur et à mesure que progressent les procédés de mouture, on débarrasse de plus en plus le son des parcelles d'amande qui restent attachées à l'enveloppe. On trouve en fait que les sons ont une digestibilité très variable ; le coefficient de digestibilité de la matière organique varie de 61 à 85 0/0 avec une moyenne de 70 0/0. Ce sont naturellement les sons qui ont conservé le plus de farine, de substance blanche, par consé- quent d'amidon, qui sont généralement les plus nutritifs. Des commerçants, peu scrupuleux, pour donner au son l'as- iV2 Annales de la science agronomique pect de son ayant gardé une certaine quantité de farine, y ajoutent des poussières minérales, sous l'orme de carbonate de ciiaux, ou même de plâtre. C'est une fraude beaucoup plus fréquente qu'on ne pourrait le croire. On peut donc dire qu'à l'heure actuelle, en raison des pi'ogrès réalisés dans les pro- cédés de mouture, les sons de froment qui sont d'ailleurs de bons aliments tendent à devenir de moins en moins nutritifs. Il en est de même pour certains tourteaux. On trou\e dans le commerce des tourteaux oléagineux, résidus de l'industrie des huiles. Ce sont avMiit tout des résidus de graines dont on a relire la matière grasse, l'huile. Ces tourteaux se présentent parfois sous forme de graines décortiqués, parfois sous forme de graines non décortiquées, par exemple, les tourteaux de coton qui sont vendus, soit comme tourteaux de graines, décortiquées, soit comme tour- teaux de graines non décortiquées. Dans l'amande de la graine de coton, il n'y a pour ainsi dire pas de lignine; le tourteau est alors extrêmement digestible. Par contre, l'enveloppe de la graine, la coque, contient* de 35 à 40 0/0 de cellulose brute: lV>rtemeiit lignifiée, cette coque est très peu digestible, et en <:'onséquence, les tourteaux de coton non décortiqué sont beaucrni]! moins digestibles que les tourteaux de coton décortiqué. En elîet, tandis que le tourteau de coton décortiqué a une digestibilité oscillant autour de 80 0/0, le tourteau de colon non décortiqué a une digestiliilité qui n'est pas très supérieure à 50 0/0. Si l'on vendait toujours sous leur vrai nom les tour- leaux de coton décortiqué ou non décortiqué, la décortication n'aiM'ait pas grand incrinvénient puiscjue les agriculteurs sau- raient à quoi s'en tenii- (Jn tend peu à jieu à forcer l;i proportion des coques de coton, si bien que l'on peut dire qu'on ne trouve plus aujourd'hui sur le marché de tourleruix de coton vérit;d>lt'ment dérorti(|ué. T^e tourteau de coton dé<;i>rliqué, n. Si donc le tourteau de coton est d'une faible teneur €n matière azotée, on peut être certain qu'il renferme beou- •coup de co(pie : il en ••liis forle sans (|ue (liiniiuic la digestibilité des aliments. A vrai dire, les animaux de race améliorée ont bien une rapacité digeslive supérieure à celle des animaux des races ordinaires, mais celte plus grande capacité digestive proxient non ])as de ce (|u'ils digèrent [dus comitlètement les aliments ou certains prin(i|ies renfermés dans les aliimenls, mais de ce fait que lorsqu'on leur donne des rations plus foi'Ies. ils peu\ent les siq>poi'ler en les digérant au>^si comi^lètemenl ipie les ralioîL*; plus faibles. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 65 DIGESTIBILITÉ DES ALIMENTS CHEZ LES HERBIVORES MONOGASTRIQUES ET CHEZ LES PORCS Dans rétiide de la digestibilité chez les herbivores monogastri- ques et chez les porcs, il suffit de noter les différences qui exis- tent vis-à-vis de la digestibilité chez les ruminants. Les métho- des d'expérience pour déterminer la digestibilité restent exac- tement du même ordre. La digestibilité a été étudiée pour un nombre d'animaux plus restreint chez les herbivores monogastriques que chez les rumi- nants. Les expériences ont été extrêmement nombreuses sur les moutons et les bœufs, elles l'ont été moins sur les chevaux : presque toutes ont été tentées en France, soit par Mûntz, soit par Grandeau, et par leurs collaborateurs. On peut également signaler les expériences faites sur les €hevaux en Allemagne par Wolff, recherches assez intéressan- tes parce qu'elles ont porté sur la consommation des mêmes aliments par le cheval et par le mouton, c'est-à-dire par un ruminant herbivore polygastrique et par un herbivore mono- gastrique. Elles ont donc donné des résultats très comparables qui ont d'ailleurs été confirmés par les expériences faites en France par Mûntz et par Grandeau. On a ob^rvé que la digestibilité des aliments concentrés res- tait la même chez le cheval et chez le ruminant. Des différences se produisent seulement pour les aliments grossiers ; elles sont dues à la moindre intensité de la digestion microbienne chez le cheval qui n'a pas de panse. La diminution de l'action de la digestion microbienne porte surtout sur la cellulose brute dont la digestibilité est réduite de 20 0/0. Quant à la digestibilité de l'ensemble des aliments gros- siers, elle est, de ce fait, réduite de 11 ou 12 0/0. Dans les fourrages très grossiers, comme les pailles, la dif- férence est encore très marquée, ces aliments étant surtout soumis à l'^iction de la digestion microbienne. Le cheval digère dans ce dernier cas à peine la moitié de la matière organique digérée par le ruminant. La puissance digestive relativement faible des chevaux et 'des herbivores monogastriques, en ce qui concerne les aliments grossiers, la paille et même le foin, explique pourquoi l'ali- mentation de ces animaux et en particulier des chevaux doit être assez concentrée dès qu'on exige d'eux un fort travail. Ils ne trouveraient pas dans des aliments grossiers une somme de principes nutritifs suffisants pour faire face aux besoins •d'énergie que réclame ce travail. Chez les porcs, on a constaté des résultats du même ordre, mais plus accentués encore. Les porcs ont un tube digestif relativement peu spacieux par rapport à celui des équidés ou des ruminants. Ils ne se nourrissent pour ainsi dire que d'ali- ments concentrés et parmi les aliments grossiers, ils n'absor- bent que les moins grossiers, ceux qui sont le moins chargés de cellulose et de lignine : les jeunes herbes en vert et surtout 6i3 Annales de la science agronomique les fourra{?es verts de lég-iimineuses, trèlle, sainfoin et four- raires analogues. li'ailleuj-s, en ce qui concerne la matière (•rganiquc de ces derniers aliments, les pores en digèrent 20 0/0 de moins que 1«\^ l'uininnnts. Pour les sons de froment eux-mêmes, qui renferment une certaine quantité de cellulose incrustée de lignine, la dige.-.li- bilité de Ta matière organique est de 7 0/0 moindre chez les ]>Mrcs que chez les ruminanis. Par contre, les porcs digèrent au moins aussi bien que les chevaux et les ruminants les aliments concentrés proprement dits. Si l'on fait abstraction des aliments les plus grossiers, on l)eut regarder les coelTicients de digestibilité trouvés pour les ruminants comme applicables également aux chevaux et aux porcs. On ferait au besoin une légère correction quand il s'agit des aliments les plus grossiers, comme les pailles et les foins pour le cheval, les fourrages verts i)Our les porcs. Il ne peut pas être question de retenir les coefficients de digestibilité des divers aliments que consomment les animaux domestiques, pas plus que la -com])Osition chimique très varia- ble de ces aliments. Pour faciliter les recherches à ce point de vue, <»n a dressé des lahlrs de comjuisilion chintique et de d.iyefitibililê des aliments, *dans lesquelles «m trouve d'une part la composition moyenne des aliments avec l'indication de certaines de leurs variations ; d'autre part. In teneur de ces aliments eli princijies nutritifs digestibles, calculés grâce à l'emploi des coefficients de digestibilité. La connaissance de la teneur' des aliments en princii>es digestibles peut être utilisée pour étudier et résoudre divers prnldèmes du rationnement et en ]tarticulier pour le calcul des rations. On rem ;irq liera que les données de ces tables ne sont jamais qu'ajipi'oximatives puis(_iu'en réalité, la composition de tous les aliments, même des aliments de. même nom, est variable. Quand on le peut, il vaut mieux, si l'on désire être exacte- ment renseigné, pi-océder à l'analyse chimi(|ue de l'aliment que l'on se pi'oi»ose d'euq)loyer, et, à l'aide des coelTicients de di- gestibilité connus, calculer la teneur en principes digestibles, mais, néanmoins, dans la prati()sitinn chimi(]ue est évidemment des plus com- plexes. Cependant, si l'on convient de laisser de côté toutes ies substances renfermées dans rorf>anisme et qui ne peuvent pas s'y accumuler en t-rande quantité, cette composition se présente de façon assez simple. Elle est très analogue à celle des aliments; il n'y a d'ailleurs pas lieu d'en être surpris puis- que certains de ces aliments ne sont pas autre chose que des produits d'orip-ine animale On peut résumer schématiquement cette compusitidn chi- mique : comme dans les aliments, on trouve dans l'organisme de l'eau et des matières sèches (matières organiques azotées et non azotées et matières minérales). L'c(/i( atteint souvent plu's de la mitilié du ]»oids de l'orga- nisme. La proportion y varie d'ailleurs suivant les circons- tances : elle peut atteindre 80 0/0 du poids total de l'organisme chez les animaux très jeunes, par contre chez les animaux très gras, elle peut tomber au tiers du poi-ds vif, Lawes et Gilbert ont fait, il y a déjà plus d'un demi-siècle, des expériences sur des moutons à divers états d'engraisse- ment, maigres, demi-gras, gras et très gras. Voici les résultats auxquels ils sont parvenus : Expériences de Lawes et Gilbert sur des moutons Composition chimique de l'animal à divers états d'engraisse- ment pour 100 kilos de poids lif. Maigre Demi-jrras Gras Fin-Gras Eau 57 3 5Ô'2 43 4 35 2 Matières grasses .. • 18 7 23 5 35 6 45 8 — azotées . . 14 8 14 12 2 10 9 — minérales 3 2 3 2 2 8 2 9 Contenu du tube digestif 6 U 1 •'. o 5 2 l'no remarque s'impose en ce qui eoneenie les nnilières azu- lées alffuniinoïde.s de l'organisme. Ces matières sont en grande quiintité, mais leur composition centésimale, leiu* teneur en <;arbone et hydrogène, en azote, varie dans des limites assez faibles crmime le prouve le Inbleau ci-joint : Composition centésimale des matières azotées alhinninoïdes d'origine animale : .. ^^ ^ g Albimiine 53 5 7» 15 5 22 4 15 Fibrine 52(5 7» 17 4 218 12 rilobuline 54 5 <". Kî 5 20 1) 12 Movcnne ua'nérale ad- mise 53 7 » 10 .. 23 4 NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALî.ÈVRF 6Ô Du tableau où sont résumés les résultats obtenus par Lawes, il appert que la proportion des matières azotées albuminoïdes dans l'organisme est assez élevée et oscille entre 10 et 15 0/0 du poids vif. Ce sont les matières vraiment vivantes de l'or- ganisme, elles varient d'un animal à l'autre, d'un tissu à l'au- tre. On peut dire que chaque animal, de même que chaque tissu a ses matières albuminoïdes spéciales. Mais la composi- tion centésimale n'en reste pas moins à peu près constante, comme l'a prouvé la connaissance des tissus. Il n'est pas éton- nant qu'il en soit ainsi, les matières albuminoïdes les plus diverses qu'on rencontre chez les êtres vivants, n'étant pas autre chose que des produits composés d'un nombre relati- vement limité d'acides amidés dont les molécules se réunissent les unes aux autres de façon et en proportions très diverses. On peut donc admettre que les matières azotées du corps sont formées uniquement par des matières albuminoïdes et négliger les déchets qui ne peuvent pas être assimilés dans l'or- ganisme et qui sont en très faible proportion. Les matières azotées sont accompagnées comme dans les ali- ments par des matières grasses et des matières hydrocarbo- nées. Mais, alors que dans les aliments, les matières hydro- carbonées sont en proportion considérable, on n'en trouve qu'en faible proportion dans l'organisme par rapport au poids total du corps, sous forme de glycogène et de glucose. Aussi, dans l'organisme, les matières hydrocarbonées ne représentent pas plus de 1 0/0 du poids total du corps ; on les néglige géné- ralement et on admet que la matière non azotée de l'orga- nisme est formée uniquement de matière grasse. Les matières grasses peuvent s'accumuler en telle quantité qu'il serait très difficile d'indiquer la proportion qui ne peut pas être dépassée. Les expériences de Lawes et Gilbert sur les moutons en font foi. Le tableau suivant où sont condensés les résultats obtenus par les mêmes expérimentateurs sur des porcs montre que la proportion de matière grasse dans l'organisme augmente de façon considérable suivant l'état d'engraissement : Expériences de Lawes et Gilbert sur les porcs ^ COMPOSITION CENTESIMALE Nota Les p(jids donnés ci-contre ne com- prennent pas If conlenu du tube digestif. Matières grasses » azotées » minérales Eau Totaux 100.00 100,00 100,00 du poi-C du gain de poids vif s' élevant 40 k. 181 63,44 8,24 0,48 27,84 Maigre pesant 40 k. 377 24.58 14,45 2,85 58,12 Gras pesant 80 k. 558 43,90 11,35 1,67 43,02 70 AiSNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE Les matières grasses qu'on trouve dans le- corps de l'animal et qui sont des matières de réserve sont composées de carbone, d'hydrogène et d'dxvfjène. Elles sont formées pour la presque totalité de trois triglycérides : de Iripalniitine, de tristéarine et de trioléine; or, ces trois triglycérides ont cette particularité d'avoir une composition chimique élémentaire très voisine en carbone, hydrogène et oxygène. ronipositiun rcntcsiiiiala des nuilièrcs grasses : (' H o Tripalmitine 75,9 12,2 11,9 Tristéarine 7(),8 12,4 10,8 Trioléine 77,4 12,8 10,8 Suivant les bétes et les espèces, la proportion de ces trois tri- glycérides varie assez notablement. Dans la graisse de mouton moyennement fusible, on trouve une plus forte proportion de tripalmitine et de tristéarine qui sont peu fusibles. Dans la graisse de porc qui est très fusible, on trouve surtout de la trioléine. Mais, chez tous les mammifères, la composition élé- mentaire moyenne des graisses reste pour ainsi dire invariable, dans chaque espèce; l'analyse permet à cet égard de dresser le tableau suivant : Composition centésimale des graisses d'origine animale : Graisse de _ _ _ Mouton 76,6 12 11,4 Dd'iif 76,5 11,9 11,6 Porc 76,5 11,9 11,6 Moy. générale admise 70,5 11,9 11,6 Les matières minérales sont contenues dans l'organisme en qiianlilé rclativcnu'nt faible. Elles forment surfont la base du squelette. Suivant que les animaux sont plus ou moins gras, ils présentent des proportions de matières minérales oscillant autour de 3 0/0 chez les umutons et de 2 0/0 chez les porcs, proportion beaucoup ])Ius réduite que celle des matières orga- niques ou de l'eau. Les 4/5* des matières minérales sont représentés par les siibslîinces romposant le squelette, acide phospli(iri(pie et chaux. Le cinquième restant se partage entre des eouiposés divers : j»otasse, soude, magnésie, chlore, puis des substances en quantité plus faible encore : fer, manganèse, bore, fluor, arsenic, iode, etc.. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 71 La composition chimique du corps étant connue, on peut examiner les deux méthodes générales employées pour déter- miner les mutations de matière dans l'organisme; l'une et l'autre sont dues à l'initiative de Boussingault, elles ont été depuis perfectionnées. EXAMEN DES MUTATIONS PAR l'usage des BILANS ET l'eMPLOI d'uN APPAREIL A RESPIRATION Pour comprendre le principe de la première méthode, il est commode de considérer l'organisme comme un individu fai- sant des recettes et des dépenses. Du bilan de ces recettes et dépenses, il résulte soit un gain, soit une perte, soit l'absence de tout gain et de toute perte, c'est-à-dire l'état d'équilibre. Les recettes de l'organisme sont constituées par toutes les substances que l'organisme emprunte au milieu extérieur : aliments solides, aliments liquides, boissons, oxygène que l'on considère quelquefois comme un aliment gazeux. Les dépenses sont réprésentées par tous les produits que l'or- ganisme rejette dans le milieu extérieur à savoir les déjections plus ou moins solides ou fèces, rejetées par le tube digestif, les déjections liquides, urine, produit de sécrétion des reins, la sueur, produit de sécrétion de la peau, les gaz, eau et gaz car- bonique, rejetés par les poumons, gaz des marais ou méthane, quand il s'agit des herbivores. A ces dépenses constantes de l'organisme peuvent, à cer- tains moments, s'en ajouter d'autres : ce sont les pertes qui résultent de la chute des poils, de la desquamation épidermique, de la production de la laine, de la sécrétion du lait. Le principe de la première méthode consiste à comparer ces recettes et ces dépenses, et à en déduire le gain, la perte ou l'état d'équilibre de l'organisme. Comme le corps de l'animal est composé d'eau, de matières azotées albuminoïdes, de matières grasses et de matières miné- rales, le problème revient donc à rechercher si l'animal gagne ou perd de l'eau, des matières azotées, des matières grasses et des matières minérales. Détermination des mutations de la matière azotée Les mutations de la matière azotée s'établissent assez simple- ment en faisant ce qu'on appelle le bilan de l'azote dans l'orga- nisme, c'est-à-dire en déterminant les recettes et les dépenses de l'organisme en azote. Les recettes d'azote dans l'organismic se trouvent uniquement dans les aliments, puisque l'azote gazeux qui passe dans les pou- mons n'est pas fixé par l'animal. Un simple dosage de l'azote des aliments permet donc de déterminer la quantité d'azote absorbée ou la recette d'azote. 72 Annales de .la science agronomique On trouve les dépenses d'azote dans les fèces, dans l'urine renlermant les déchets azotés de nu'rition , éventuellement dans la sueur, dans les poils se détachant du corps, aans la corne ; •également dans le lait (jand il s'agit de botes laitières, car la caséine du lait ren ferme une furte proportion d'azote. Quand il ne s'agit pas de bctes laitières, il suffit généralement lie doser l'azcjte dans les excréments et dans l'urine pour con- naître la dépense de l'organisme en azote ; il faut tdutefois faire allusion au problème relatif aux dépenses possibles de l'itrga- nisme sous forme d'azote gazeux. On a longtem])s cru qu'une partie de l'azote s'échappait de l'organisme non seulement ]»ar les excréments et par l'ui'ine, sous forme de produits solides ou liquides, mais encore à l'état gazeux, connue i)roduit de la respiration : toutes les recherches faites ont montré que nos animaux domestiques n'exhalent pas d'azote à l'état gazeux. Cependant, chez les ruminants, on trouve toujours dans les produits de la respiration une petite quantité d'ammoniaque elle est eu général négligeable ytar rappijrt à la quantité d'azote totale éliminé ; mais contrairement à ce qui a été admis jusqu'à présent, il n'est pas certain qu'en diverses circonstances lorsque la matière azotée fermente dans le tube digestif, il n'y ait pas une ])roportion plus foi'te qu'on ne le croit. d'ammoniaque éliminée avec les jiroduits de la respira- tion. Toutefois, en admettant même, comme il est classique, qu'il ne soit pas rejeté d'azote à l'état gazeux par la voie resiiiratoire, l'azote (lés nitrates est bien, chez les ruminants, excrété à l'état gazeux par les bactéries dénitriliantes. Si donc les recettes d'azote se trouvent dans les aliments, les dépenses se trouvent presque entièrement dans les fèces et dans l'urine. Il suffira donc de déduire l'azote contenu dans les fèces et dans l'urine de l'azote contenu dans les aliments pour savoir s'il y a eu gain, perte ou état d'équilibre. Ces expériences se font comme celles de la digestibilitc, avec cette différence qu'il faut non seulement recueillir sans perte les exercmenis. mnis encore l'urine excrétée et poursuivre l'ex- périence pend.uit une période de 15 joui-s à un .Mmis, de façon à preiirlre la moyenne par 2â heures des résultats oi)tenus. Les deux expéi'iences suivantes reproduisent ces bilans de l'azote (i). Dans la première (Soxhiel). iJ s'agit de tout jeunes veaux nour- ris exclusivement ;ivec du i.iit el (pii ont lixé 20 gr. S d'azote. {Voir loa tahleaux ci-uprès.) Ij Aif-iIoHsous fies t.ilili'.iiix i(iii \o.s résuim'iil tint été élalilis los c.iliuls per- tnellaril do déU'rniinor los mutations non sculonienl de lu 'niotièro ozoi;.ée mais • iicorc de lu iiialière 'Tasse. NOTES PRISES AU GOUPiS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 73 Mutations matérielles (Soxhlet) » Veau de 50 kilogr. âgé de 2 à 3 semaines ' Aliments : 8.003 gr. de lait. M atiéres (Les poids sont en grammes) Azote Carbone minérales Recettes dans les aliments.. 30,2 488 62 Dépenses : Respiration et ] ] 1 perspiration. néant ( ,.-> . 257,7 ( q„q ^ néant f q^. Excréments... 2,2 l ^~'^ 9 ( ^'^'" 1,6 ( ^^' Urine 10,2 ) 11,6 ) 27,4 ) Difïerence 26,8 2^,8 * 33 Matière azotée =^ Az x 6,25 ou 26,8 x 6,25 = 167,5 V 53,6 Dans 167,5 de matières azotées le carbone = 167,5 x -tt-- = 89,78 _ 100 Le carbone de la matière grasse fixée = 3(t9,8 — 89,78 ;= 120,02 100 La matière crasse fixée = 120,02 x — -r = la6,88 . " 76,5 Dans la deuxième (Kellner), il s'agit d'un bœuf adulte qui a ilxé 6 gT. 2 d'azote : Mutations matérielles (Kellner, 1896) Bœuf A — Poids vif Gl'J k. XOO Ration : 8 k. 500 foin de pré contenant 7 k. 263 de matière sèche ; k. 040 sel marin. (Les poids srmt en gramme*) Azote Carbone Recettes dans la rgition 116,2 ) .... .^ 3352,6 ) oorA « — dans la boisson néant j ^'" 2,0 ( ^ ' Dépenses dans les excrétions j j gazeuses néant ( , .^ 1810,0 ( „„^_ , — dans les fèces 48.7 f^^^ 1207,0 f "^^^''^ — dans l'urine 61,3 \ 210,4 ^ p "'-^î Différence 6,2 127,2 Matière azotée fixée dans le corps 6,2 x 6 25 = 38,75 53,6 Carbone de la matière azotée fixée 38,75 x -77-7: =" 20,77 100 Carbone de la matière grasse fixée 127,2 — 20,';7 = 106,43 Matière grasse fixée dans le corps 106,43 x = 139,13 76,5 En examinant la composition de l'organisme, on a remar- qué que tout Tazote qui s'accumulait dans l'organisme s'y accu- "4 Annales de la science agronomique mulait sous forme de matières azotées albuminoïdes. Si donc ranimai gagne de l'azote, il gagne des matières azotées albu- minoïdes : s'il perd de l'azote, il perd des matières azotées albuminoïdes ; s'il est en éifuilibre d'azote, il ne gagne ni ne perd de matières azotées albuminoïdes. En admettant qu'il gagne de l'azote, il est très facile, en par- tant de la quantité d'azote fixée par le corps, de remonter à la quantité correspondante de matières azotées album moïdes. A 16 grammes d'azote correspondent en etîet 100 grammes de matière azotée albuminoïde, à A grammes d'azote fixé correspon- dent donc : iCU \x — grammes ou Ax6,25 grammes 16 de matière azotée albuminoïde ; si Ton désigne par MA les matières albuminoïdes, on peut écrire : MA = A X 0,25. L'opération serait la même s'il s'agissait de'matières azotées albuminoïdes perdues. Pour les veaux de l'expérience de Soxhlet, le gain de matière, azotée est de 20,8 X 0,25 ou 107,5. Pour le bœuf de l'expérience de Kellner, il est de 0,2 x 0,25 ou .■>8,75. Dèlerminulion des mutations de la matière grasse On suit les mutations de la matière grasse en joignant au bilan, de l'azote le hihni du carbone. On trouve les recettes de carbone dans les aliments et aussi dans les boissons sous forme de bicarbonate. Quant aux dépenses, elles se trouvent, comme pour razc»te, dans les excréments et l'urine et, évenluollement, d;ins les ])oils, le lait, etc. Mais, contrairement à ce qui se passe piuir l'azote, une jiartie notable du carbime, la ]>]us forte fraction miMiie, est éliminée de r(»rganisme sous foi-nie gazeuse, un }>eu i)ar la peau, mais surtout j)ar les poumons. Le carbone disparait sous forme de gaz carbonique cîiez tous les animaux mais de plus, pour une part, sous forme de gaz des marais, ou mélhane, quand il s'agit des ;inim;iux chez qui la digestion microbienne prend wne grande ampleur, à savoir les herbivores et, princi- palement, les herbivores polygastriijues. ]| n'est donc plus possible de déterminer les dépenses «.le «■arbone sans tenir roniptc des pi-oduits gazeux exci'étés par l'animal, et la grande dilTiculié «l'établir le bilan du carbone vient de la nécessité de doser le carbniu^ «hms «-es produit? gazeux. On n'y est parveini <]u'à la comlitioii «le i'aii'e vivre les aninmux dans des appareils à respiration, pendant la durée de l'expérience. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MAlLÈVRE 75 Les appareils à respiration (i) sont de deux sortes : les uns sont construits suivant le principe de l'appareil de Regnault et Reiset ; les autres suivant le principe de l'appareil de Petten- kofîer. Dans le premier type, ranimai vit dans une atmosphère con- finée, mais on absorbe Tacide carbonique et le méthane à mesure qu'il les produit, en même temps qu'on lui rend l'oxy- gène qu'il consomme. Dans le second modèle, un courant d'air traverse l'appareil et, à sa sortie, des pompes, actionnées de façon convenable, prélèvent un échantillon des gaz, si bien qu'il est possible de savoir quelles quantités d'acide carbonique et de gaz des marais se trouvent mélangées à l'air qui s'échappe de la chambre respi- ratoire et quelle quantité d'oxygène en a disparu. Les animaux que l'on met dans une de ces chambres respi- ratoires ne s'y trouvent pas d'ailleurs dans des conditions anor- males. Il existe actuellement des chambres de grandes dimen- sions : à Stockholm, une chambre respiratoire type Petten- kofîer n'a pas moins de 100 mètres cubes de capacité, 5 mètres •de longueur sur 5 de largeur et 4 de hauteur ; à l'Ecole d'Agri- culture de Berlin, une chambre construite sur le principe de la chambre de Regnault-Reiset tient 83 mètres cubes. Pour faire une expérience, on fait le bilan du carbone et de l'azote en analysant, deux ou trois fois par semaine, les ali- ments et les excréments, ce pendant une période de quinze jours à un mois et en plaçant chaque fois l'animal pendant vingt-quatre heures dans l'appareil à respiration. En comparant les recettes et les dépenses de carbone, on. trouve que l'animal est en équilibre de carbone ou qu'il y a gain ou perte de carbone. Il est alors aisé de remonter du gain, de la perte ou de l'équilibre du carbone, au gain, à la perte ou à réc[uilibre de la matière grasse. Pour déterminer le mouvement de la matière grasse, on ne peut toutefois procéjder comme pour celui de la matière azotée. En effet, l'organisme ne fixe pas ou ne perd pas du carbone sous la seule forme de matière grasse ; il en gagne et il en perd également sous forme de matière azotée. Il faut donc tenir compte à la fois du bilan de l'azote et du bilan de carbone. Pour l'azote, trois cas peuvent se présenter : l'équilibre, le gain ou la perte d'azote et, dans chacun de ces trois cas, on peut trouver, soit équilibre, soit gain, soit perte de carbone. / En supposant d'abord qu'il y ait équilibre d'azote et équilibre de carbone, l'organisme ne gagnant et ne perdant ni azote, ni carbone, ne perd ni matière azotée, ni matière grasse ; il est en équilibre de matière azotée et de matière grasse. Si on suppose que l'animal, étant en équilibre d'azote, donc de matière azotée, gagne du carbone, comme la quantité des albuminoïdes de l'organisme n'a pas varié, on est sîir que tout le gain de carbone se rapporte à un gain de matière grasse. On (1) Voir leur description dans les traités de Physiologie 7() Annales de la science agronomique peut, dans ce cas, facilement déterminei' la matière grasse Jixée : la matière grasse de Torganisme renferme, en effet, en moyenne, 70.5 p. 100 de carbone ; donc, à C grammes de car- bone lixés dans rDrganisme Cf>rresi)t)ndenf, fiunnie matière grasse fixée : 100 Cl X grammes (»u C x l,:î grammes 70,5 Si Ton désigne par M G les matières grasses on peut écrire : M G = C X 1,:^ Autrement dit, il sulfira de multiiilier la ([uantité de carbone par 1,3 pour obtenir la quantité da. matière grasse fixée dans l'organisme. S'il y avait perte, on calculerait de la même façon. Dans le cas où, en même tem]is, se produisent un gain d'azote et un gain de carbone, il est encore aisé de déterminer le gain de matière grasse que réalise l'organisme. En pareil cas, le carbone total fixé par l'organisme est égal au carbone de la matière azotée fixée, augmenté du carbone de la matière grasse fixée ; autrement dit, le carbone de la matière grasse est égal au carbone total fixé par l'organisme moins le carbone de la matière azotée fixée Gmg = Gtotal — Gma ; or connaissant la (|uantité de matière azotée fixée par l'orga- nisme, il est très facile de calculer le carbone de cette matière azotée ; o\\ sait, en elfet, que la matière azotée albuminoïdc renferme 53,0 p. 100 de carbone, le carbone de la matière azotée est donc égal au produit de la matière azotée fixée par 0,536. Ayant le carbone de la matière grasse, Cmg, pour obtenir cette matière grasse elle-même il suffit, comme tout à l'heure, de le multiplier par le coefficient 1,3. Tous les autres cas envisagés se traiteraient de la même façon. Kn appliiiiiaiil ce qui vient d'être dit aux exiicrien(^es de Soxhlet sur les veaux ci-dessus citées : Carbone de matière grasse — 200,8 (Ctotal) — 80,78 (Cma) ou Cmg r.- 120 gr. environ et matière grasse fixée 120 (Cmgl 1,3 ou MG -—■ 156 gr. environ ];e même la graisse fixée par le bœuf de Kellner est d'environ 130 grammes. IW-Irnniniiîinn i!rs mutations df'.s matières minérales T La détermination des gains et des pertes de matières miné- rales est faite de façon plus simide. < Wi sait, en elTet, que les NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 77 matières minérales ne sont pas excrétées à l'état gazeux ; il suffit donc de doser les matières minérales dans les aliments et les boissons pour connaître les recettes, dans les fèces, les urines et les autres sécrétions pour connaître les dépenses ; en faisant la différence, on sait si l'animal gagne ou perd des matières minérales, ou est en état d'équilibre à leur égard. On peut d'ailleurs faire ce bilan des matières minérales de façons diverses. On peut envisager la totalité des matières minérales ou faire séparément le bilan de chacune des matières minérales de l'organisme : acide phosphorique, chaux, soude, potasse, chlore, etc. ; l'opération devient d'autant plus utile que la matière considérée est en moins grande quantité, elle donne- rait plus de résultats appréciables si on dosait séparément les matières minérales qui se trouvent dans le corps en quantités infinitésimales comme le manganèse, le bore, etc. En examinant les expériences sur le veau, on a trouvé que le veau fixait 33 grammes de matières minérales. Déterinination des mutations de Veau La méthode des bilans présente pour l'étude des mutations de l'eau dans l'organisme, certaines difficultés. Fort heureu- sement, dans la plupart des problèmes touchant la nutrition des animaux domestiques, on peut se passer le plus souvent de la connaissance des mutations de l'eau, celle des mutations de la matière sèche (matières albuminoïdes, matières grasses, matières minérales) suffit presque toujours. On peut, en principe, déterminer les- mutations de l'eau dans l'organisme par une méthode tout à fait analogue à celle qui a permis de déterminer les mutations de la matière grasse : il suffit de joindre au bilan de l'azote et au bilan du carbone, le bilan de l'eau elle-même et celui de l'hydrogène. Le bilan de l'eau ne peut permettre, à lui seul, de savoir si l'organisme, dans son ensemble, gagne ou perd de l'eau : en effet, de l'eau se forme dans le corps, par suite de la combus- tion des substances organiques, principes nutritifs ou matières constituantes de l'organisme ; il faut donc établir non seule- ment le bilan de l'eau c'est-à-dire les recettes et les dépenses d'eau, mais encore le bilan de l'hydrogène. Sauf pour les petits animaux, il est à peu près impossible, à l'heure actuelle, d'avoir recours cà cette méthode des bilans pour constater les gains ou les pertes d'eau dans l'organisme. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le dosage de l'eau excrétée, sous forme de vapeur d'eau, par la peau ou par les poumons, dans l'appareil à respiration, est de beaucoup le plus difficile. Ce dosage peut être convenablement fait dans les petits appareils à respiration, mais dans ceux qu'exigent nos grands animaux domestiques, les erreurs sont assez considé- rables, à cause de la condensation d'eau qui se produit sur les parois et sur tous les objets de la chambre. Bien qu'on ait em- 78 Annales de la science agronomique ployé, pour condenser l'eau, des moyens extrêmement actifs, par exemple le relroidissement de l'air de la chambre Uegnault- Reiset en le faisant passer dans un mélange réfrigérant à — 20% les erreurs qu'on commet dans le dosage de l'eau atteignent et 7 p. iOO. Souvent, on jieut apprécier indirccienient la quantité d'eau gagnée ou perdue par le corps ; par exemple, quand il s'agit d'animaux n'ayant que de faibles résidus d'alimentation dans leur tube digestif ; tel est le cas pour les animaux ne man- geant, toute leur vie, que des aliments très concentrés, comme les carnivores, ou pour les jeunes animaux soumis à l'alimen- tation lactée, quel que soit leur régime ultérieur. Dans le cas du veau étudié par Soxhlet, il est possible de déterminer très approximativement la quantité d'eau fixée par le corps ; il sulTit d'étudier les variations du poids vif eu mÇ-me temps que les mutations des matières azotées, des matières grasses et des matières minérales. Le gain journalier de poids Àif, dans l'expérience de Soxhlet, était de 025 gr. ; par ailleurs, l'animal fixait dans les 24 heures, 167 gr. 50 de matières azotées, 15U gr. 28 de matières grasses et SS gr. de matières minérales, au total 357 gr. 38 ; en faisant la difîérence, on trouve 567 gr. 62 qui ne peuvent représenter autre chose que de l'eau, puisque, seule, en dehors des matières azotées, des matières grasses et des matières minérales, l'eau peut s'accumuler en quantité notable dans l'organisme. Mais on ne peut faire un |)areil raisonnement ([u'à la condi- tion que les résidus de ralimeiilation dans le tube digestif soient très restreints et ne varient pas de façon sensible du commencement à la fin dé l'expérience ; quand on a atîaire à des animaux pour lesquels ces résidus se comptent par dizaines de kilos — chez les bo'ufs, ils peuvent atteindre 100 kilos, — il est impossible de recourir à cette méthode. EXAMEN DES MUTATIONS PAH L'ANALYSE CIUMIQUE DU CORPS 11 existe une autre méthode qui |)ermet de fixer les mutations matéi'ièlles. Son ])rinci)>e, très simple, consiste à déterminer* les gains ou les pertes de l'organisme en eau, matières azotées, matières grasses et matières minérales, par la comparaison de la ctim- posilion chimi(|U(' du corps à des éjtoques dilféreiitcs. Pour connaître l'inlluence d'une alimentation donnée sur la composition chimiiiue du corps, il suffit de déterminer sa teneur en matières azotées, en matières grasses, en matières minérales et en eau, d'une part, au monienl où commence l'expérience, et d'autre part, au moment où elle finit ; si on a une (luanlité M .V de matières azotées au début de re.v|i<''fience, une «juanlité M A' à la lin, et si M A' est plus grand (^ue M A, l'animal a fixé la dilïérencc MA' — MA de matières azotées ; de même pour les matières grasses, les matières minérales et l'eau. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 79 Toutefois pour doser les substances dans l'organisme, il faut évidemment sacrifier l'anim.al ; on tourne cette difficulté en fai- sant porter l'expérience, non pas sur un seul animal, mais sur deux animaux aussi semblables que possible : de même espèce, de même race, de même âge, de même sexe, quand c'est pos- sible de même poids et, s'il s'agit d'espèces multipares, de même portée, de façon que toutes les conditions soient aussi semblables que possible. 11 y a, malgré tout, des différences individuelles dans la composition du corps, mais quand on prend les précau- tions indiquées, ces différences ne sont pas telles qu'elles empê- chent de se rendre compte d'une façon suffisamment approchée des modifications de composition chimique du corps ; on peut d'ailleurs réduire encore les chances d'erreur en prenant non pas seulement deux animaux, dont l'un est abattu, au début de l'ex- périence et l'autre à la fin, mais deux lots d'animaux, on prend alors la composition moyenne de chacun des lots au commence- ment et à la fin de l'expérience. Cette seconde méthode n'exige pas un appareil à respiration coiiteux et dont le maniement très délicat demande un jjersonnel exercé. Elle a, pour cette raison, été appliquée avant la première qui vient d'être exposée et c'est grâce à elle que Lawes et Gilbert notamment ont effectué leurs recherches classiques sur les modi- fications du corps de nos principaux animaux domestiques au cours de l'engraissement et sous l'influence de rations variées. Ils prenaient deux lots d'animaux aussi semblables que pos- sible : l'un était sacrifié et analysé au début de l'expérience, l'autre était soumis à l'alimentation dont ils voulaient étudier les effets, puis sacrifié à son tour ; ils faisaient pour ce second lot comme le premier le dosage des matières azotées, des matières grasses, des matières minérales et de l'eau ; par différence, ils- obtenaient la composition des substances fixées dans le corps. Dans le tableau suivant sont résumées les observations de Lfiwes et Gilbert sur deux lots de porcs, sacrifiés, l'un à l'état maigre au début de l'expérience, l'autre après engraissement, à la fin de l'expérience. Expériences de Lawes et Gilbert sur des porcs Composition centésimale (Les poids donnés ci-contre ne comprennent pas le contenu du tube digestif.) Matières grasses — azotées — minérales .. . Eau 100,00 100,00 100,00 Les deux méhodes, l'une basée sur l'emploi d'un appareil res- piratoire, l'autre sur l'étude de la composition chimique du corps du porc du gain Maigre pesant 40 k. 37 24,58 14,45 2,85 58,12 Gras 7 pesant80k.558 43,96 11,35 1,67 43,02 s'elcvant ;ï 40 kiL 181 63,44 8,24 0,48 27,84 80 Annales de la. science agronomique au début et à la lin de rexpéi-ieuce, ont Tavautajie de pouvoir se contrôler quand elles sont eniployôes simultanément, et Ton peut regretter que les recherches ordinairement restreintes des établissements qui se livrent à l'étude de la nutrition et de l'ali- mentation du bétail ne soient ]»as toujours laites à l'aide de l'emploi simultané de ces deux méthodes; l)eaucoii|» de problè- mes intéressants d^ la nutrition seraient ainsi plus facilement résolus. METHODES PERMETTAST DE SUIVRE LES , Ml TA TIOXS D lAM MIQUES Pour achever l'étude des méthodes utilisées pour suivre les phénomènes de la nutrition, il y a lieu d'examiner celles qui ]>ermettant de déterminer les mutations (Ténergie on mutations dynamiques dans l'organisme. L'organisme de nos animaux domestiques donne non seule- n?ent des produits matériels, mais encore des produits énergé- tiques, utilisables ou non. t^es produits dynamiciues sont de la chaleur de calorification, qui sert à maintenir la température normale du corps, de la chaleur excrémentilielle dont l'animal est obligé de se dél)arrasser, jniis du fra\ail mécaniipie, utili- sable comme force motrice. Cette chaleur et ce travail mécani(iiie ne sont pas créés par l'animal ; il les empnnitc au milieu extérieur par l'intermédiaire des aliments : ce sont les ]>riiicipes nutritifs des aliments et les matières constituantes du corps qui en dérivent, qui, en s'oxy- dant, en brûlant de façon i>lus ou moins complète dans le corps de l'animal, mettent en liberté l'énergie chimique (|u'ils renfer- ment, et ([ui se transforme par voie d'équivalence, soit en cha- leur, soit en travail mécanique. L'étude des mutations (lynami(|ii<'s (»ro\(i<|ii(' donc l'examen d'abord : des quantités ou jti'ovisions d'énergie que rorganisme peut trouver, soit dans .ses matières constituantes, soit dans les principes nutritifs, |)nis des méthodes mêmes de ilétermination des mutations dynami(pies. QUANTITE u'ENERGIR OIE LES MATUCIIKS CONSTITIAXTES DU CORPS OU LES PRINCIPES NUTRITIFS DIOE.STUSLES UKS AMVIENTS .METTENT A LA DISPOSITION DE L'OROANISME dinli'ur (If I iinihiisliiiii t(n>i))Irh' L'énergie chimi(|ue des principes nutritifs, d'une l'iiccm géné- rale l'énergie <'himi(|ue, est une énergie potentielle, latente, qui rtest ]ias facilement mesuraliie, mais on |MMit la transformer eu une énergie acinellc qui se laj>se aisénicjit mesni'er, ;"i savoir la chaleur. Il suffit de brûler complètement, d'oxyder dans un calo- NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 81 rimêtre une certaine quantité du principe nutritif étudié et de mesurer la chaleur dégagée pour obtenir la provision totale d'énergie que renferme ce principe nutritif ; rapportée à un gramme cette chaleur dégagée par l'oxydation totale du principe est ce qu'on appelle sa chaleur de combustion complète. On exprime généralement cette chaleur de combustion complète en grandes calories, la grande calorie (1) étant la quantité d'énergie de chaleur nécessaire pour élever de 0° à 1° la température d'un kilogramme d'eau. Seules, les matières constituantes de l'organisme ou les prin- cipes nutritifs interviennent pour fournir des provisions d'éner- gie du corps de l'animal; parmi elles, seules, les matières orga- niques, azotées, grasses et hydrocarbonées, sont susceptibles de s'oxyder dans l'organisme de façon plus ou moins complète, tandis qu'au contraire, l'eau et les matières minérales sont déjà saturées d'oxygène ou ne peuvent passer à un état d'oxydation plus grand. La mesure des provisions d'énergie ne vise donc que la chaleur due à la combustion des matières azotées, gras- ses et hydrocarbonées. Depuis longtemps le problème a été étudié. Dès 1866, Franklin a tenté des expériences, mais la solution n'a été complètement ojjtenue que vers 1880, époque à laquelle Berthelot inventa sa ]>ombe calorimétrique. Grâce à cette méthode, on peut, ce qui était impossible jusque-là, obtenir facilement la combustion complète de la substance dont on veut déterminer la chaleur de combustion. Cette bombe calorimétrique est un récipient métal- lique inoxydable, généralement à parois de platine ou même tout en platine, et dans lequel les corps à étudier sont brûlés par de l'oxygène à la pression de 25 atmosphères; on enflamme le mélange par des étincelles électriques. Gomme la bombe est calorimétrique, il est facile de mesurer la chaleur de combustion de la substance. En appliquant aux matières constituantes des aliments le procédé de recherche par la bombe calorimétrique, on trouve que pour les matières grasses, la chaleur de combustion exprimée en^ grandes calories pour 1 gramme, reste à très peu près la même, quelle que soit la matière grasse envisagée, qu'elle soit d'origine animale ou d'origine végétale; cette chaleur de com- bustion est très voisine de 9,4 Galories; elle ne varie guère qu'entre 9,3 Galories et 9,5 Galories. On peut donc prendre le chiffre de 9,4 Galories comme exprimant la chaleur de combus- tion complète de la matière grasse, ou, si l'on préfère, la pro- vision totale d'énergie qui se trouve dans 1 gramme de matière grasse digestible ou de matière grasse emmagasinée dans l'orga- nisme. Pour les matières hydrocarbonêcs, les chaleurs de combustion varient dans des limites un peu plus grandes et qu'on ne peut pas négliger; elles dépendent d'ailleurs du degré de condensa- tion de ces substances. Les polysaccharides, comme l'amidon, (1) Ou Calorie. S2 Annales de la science AcaONOMiQUE la cellulose, le glycogène, ont une chaleur de combuslion de 4,1 Calories, les disaccharides, etuiime le saix-harose, le sucre ordinaire qu'on trouve dans la betterave, le lart^ose qu'on t.i\>uve dans le lait, ont une chaleur de combustion de 3,0 Calorie^ et enlin les monosacciharides, glucose, lévulose et pentose, ont une chaleur de combustion de -iT (lalories. Auiivment dit, ia chaleur de combustion des matières hydrocarbonées oscille entre 4,1 Calories et 3,7 Calories. La chaleur de combustit)n des matières albuiniHOïdcs varie également un p<^u plus que celle des matières grasses, lie laç^)n générale, la chaleur de c^mibustion des matières albuminoïdes d'origine animale est un peu plus élevée que celle des matières albuminoïdes d'origine végétale, qui sont généralement plus l'iches en azttte et moins riches en carbone. La chaleur de com- bustion des matiè-res eau- coup plus élevées que celles qui se trouvent dans un pr)ids égal de matières azotées ou de matières hvdrocarlxjnées. Valeur calorifiqtn' (Uins l'organisme Toutefois, ce ne sont pas surtf>ut ces provisions totales d'éner- gie, ces chaleurs de combu-stion complète qui sont intéressantes au point de vue de la niiti'ilion: l'organisme, en elTel, jie fieut pas toujours utiliser la provision totale d'énergie quï se trouve dans les divers principes nutvitifs organiques; ce qui intéresse sur- tout, c'est la provision d'énergie que les. trois groupes de prin- cipes nutritifs, matières grasses, matières hydi;ocarbonées et matières azotées, mettent à la disposition de l'organisme, c'est leur partie utilisable qu'on a désignée sous le nom de valeur calorifique dans Vonjaiiisnti'. On l'exprime j)our 1 gramme, et eu gj'andes calories connut.' la chaleur de combustion. C>uand il s'agit des matières non azotées, matières grasses et matières h\ (h'ocarbonées, il n'y a aucune difTérence enlri^ la cha- leui' de combustion et la valeur calorifique, au moins chei les carnivores et les omnivores; ces matières sont en effet suscej)- tibles de s'oxyder cdmplètement dans l'organisme, c'est-à-dire de donner de l'eau et de l'acide caj-boniqu(\ telles peuveid donc dégager dans rorgnnisme la même (luantili- d'i-nergie que dans la Ixtmbe calorimélricjue, 9,4 Calories pour les matières grasses et 4,1 (Calories à 3,7 Caloi'ies pour les matièi'cs Indmcarbonées. Il n'en est pas de même pour les matièrtîs azotées qui, en .s'oxydant dans le calorimètre, donnent de l'eau, du gaz cd*- bonique, de l'acide sulfnri(|ue et de l'azole à l'étal gazeux, mais (jui. dans l'organisme oii la combustion .est incomplète, donnent bien de l'acide carbonique, de l'eau et uikï certaine quantité de NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE iS3 sulfates, mais en outre des composés organiques azotés, déchets de la nutrition qu'on retrouve dans l'urine et qui varient un peu suivant les espèces. On trouve en effet toujours de l'urée, de l'acide urique, mais parfois aussi de l'acide hippurique en quan- tité notable. Ces composés renferment encore une certaine frac- tion de l'énergie que renfermaient les matières azotées absor- l)ées, il en résulte nécessairement que la valeur calorifique des matières azotées dans l'organisme est notablement inférieure à leur chaleur de combustion complète. On peut déterminer la valeur calorifique des matières azotées; en déduisant de leur chaleur de combustion le nombre de Calo- ries -correspondant aux quantités d'urée, d'acide urique et d'acide hippurique auxquelles un gramme de ces matières azotées albu- minoïdes donne naissance en s'oxydant incomplètement dans l'organisme. Si l'on suppose, 'ce -qui n'est pas rigoureusement exact, qu'une matière azotée d'origine animale dont la chaleur de -combustion est de 5,7 Calories s'oxyde dans l'organisme en ne donnant comme produit ultime que de l'urée, la quantité d'urée «xcrétée pour 1 gramme de matière azotée est de gr. 355; or, la chaleur de combustion de l'urée est de 2,5 Calories, te nombre de Calories quittant l'organisme sans avoir pris la ■forme de chaleur est donc égal à 0^355 X 2,5 Calories, soit à 0,'9 Calori-es, et la valeur calorifique de la matière azotée est dans cette hypothèse 5,7 — 0,9 = 4,8 Calories. En réalité, les matières azotées donnent dans l'organisme non seulement de l'urée, mais encore d'autres produits azotés, varia- bles suivant les espèces. En fait, on trouve dans l'urine des pro- duits azotés ayant une chaleur de combustion souvent très supé- rieure à celle de l'urée; l'acide urique a une chaleur de com- hustion de 2,6 Calories seulement, mais l'acide hippurique a une chaleur de combustion de 5,6 Calories. Comme il est très difficile de doser exactement la quantité de ces divers principes azotés de l'urine, on a recours à une méthode indirecte : on admet, ce qui est vrai à très peu près pour les carnivores et les omnivores, que toutes les matières combus- tibles de l'urine sont des déchets azotés de la nutrition ; on des- sèche l'urihe et on détermine la chaleur que dégage sa com- bustion complète; en déduisant de la chaleur de cornbustion de la matière azotée le nombre de Calories correspondant à l'urine sécrétée pour un gramme de matière azotée, on obtient la valeur calorifique des matières azotées. On arrive ainsi à cette constatation intéressante que la perte •d'énergie provenant de l'élimination des déchets azotés incom- plètement oxydés est telle que la valeur calorifique des matières azotées se tient à très peu près dans les mêmes limites que la valeur calorifique des matières hydrocarbonées, c'est-à-dire qu'elle est comprise entre 4,1 Calories et 3,7 Calories, et par suite à ce résultat assez simple que, d'une part, les matières grasses ont dans l'organisme une valeur calorifique très supé- rieure à celle des matières hydrocarbonées et des matières azo- tées, et que, d'autre part, la valeur calorifique de ces deux der-' mers groupes de matières est à très peu près la même. SI Annales de la science agronomique On peut préciser le rapport de ces dillérentes valeurs calori- 1if|iies en divisant !>/» Calories, par 4J Calories et par :^,7 Calo- ries, on obtient, en chillres. ronds ".>,'i : 4,1 = 2,3 et 1),4 : 3,7 = 2,."); autrement dit, la valeiu* calorifique des matières grasses est de 2,3 à 2,5 l'ois plus (''le\ée que la valeur calorifique des matières hydrocarbonées et des matières azotées, l-.es matières jurasses l'ournissent donc à l'oriianisme des quantités d'énei>ne dispo- nible qui sont de 2,3 à 2,5 lois plus élevées que celles l'ournies par le nK-'mc |)oids de matières hydrocai-bonées ou les matières azotées. On emploie souvent le l'acteur moyen 2,4, et Ton se contente de dire (|ue ta tnalièrr firnssr d une ntJcur rtdorifir/ue 2,4 fois jjlus élccf'c qw les niaticrcs uzoircs ou lnjilvucarbonèes. On a coutume de désigner sous le n()m de poids isodynanics ou isofïijnaniiijufs, des quantités de matières grasses, de mati '- les hydrocai'bonées ou de matières azotées pouvant livrer à l'or- ganisme la même quantité d'énergie utilisable; ainsi, 1 gramme de matières grasses et 2,3 à 2,5 grammes de matières azotées ou de matières hydroc.irbonées sont îles poids is(jdynamiques; ]ioui' obtenir le ])oids isoilynamique de matières azotées ou de matiè- res hydrocarbonées corresi)ondant à un poids P de- matières grasses, il suflit de multiplier P par 2,4 et réciproquement, jiour obtenir le poids isodynamique de matièi-es grasses corres|iondant à tui jwiids P' de matièi'es azotées ou liydrocarboiiées, il sul'lit de diviser P' par 2,4. En réalité, ces données sui" les valeiu's cjilorilifpies ne s'ap- ['li(juenl (lu'aux types d'animaux mis en expéi'inienlation, c'est- à-dire aux carnivores et aux omnivores, aux animaux consom- mant des aliments concentrés. pour les herbivores rimiinanls et jiour les é(|uidés. (|ui con- somment également ties aliments grossiei's, un ;i généralisé et admis que les données trouvées pour les carnivores et les (inuii- \oi'es étaient .qiplicibles. Mais j»oui' s'assurer (pie celte géné- ralisation est justiliée, un n'est i»as sans rencontrer quehjues dil'licultés. Chez les herbivores, en efl'et, les déchets azotés de la nutrition sont beaucou|t ])lus complexes <|ue chez les carnivores et les omnivores; de plus chez les ruminants surtout, les matiè- res non azotées digestibles, matières gi-asses et matières liydro- e.irbonées ne sont pas toujours oxydées complètement jus(prà l'état d'eau et d'acide carbonique, romme chez les carnixdres et les omnivores; c'est ainsi (|ue. (I;in> riu'ine des hei'bi\<)i-es, on trouve, en dehors des matièn^s azotées, des matières org^ani- ques non azolé(\s imMtmplètemenI oxxdée.^ et (|ui peu\enl j>rf>\e- nir, soil des matières grasses, soit des matières hydrocarbonées dig^estibles; en oulr-e, chez ces animaux, une certaine (|uantit<'' de principes organiques se trouve excrétée sous forme g-azeuse puisque les produits de la j-espiration l'entermenf une (piarililé niit.dde de gaz des inai'ais. Ile ces remarques il peut t'tre cunclu que les valeui's calor-ifiques des divers prirnipes organiques iMilrili fs, des matières azotées, des malièros gcasses et d(^s matiè- )('s hydrocarboné(;s, doi\eid être chez les lierbiv(»res un peu infé- rieures à celles trouvées pour les carnivores et les omnivores. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 85 La question n'a pas encore été étudiée dans ses détails; toute- fois, les recherches partielles de Kellner ont montré que, malgré tout, les conclusions importantes trouvées pour les carnivores et les omnivores sont également applicables, à très peu près, aux herbivores. D'après-ces- recherches, il est probable que les valeurs calorifiques chez les herbivores, surtout chez les ruminants, sont, en moyenne, à peu près de 8,3 Calories pour les matières gras- ses, de 3,5 Calories pour les matières hydrocarbonées et de 3,5 Calories également pour les matières azotées. Toutes les valeurs calorifiques sont un peu plus basses que celles obtenues pour les carnivores et les omnivores, mais on trouve que chez les herbivores aussi, les matières grasses ont, en chiffres ronds, une valeur calorifique 2,4 fois plus grande que celle des matiè- res hydrocarbonées et des matières azotées. La conclusion est donc la même pour les carnivores-, les omni- vores et les animaux domestiques herbivores, bien que sur ce point les études partielles de Kellner doivent être poursuivies. Pour la détermination des mutations matérielles, l'organisme a été considéré comme un individu faisant des recettes et des dépenses d'oi^i résultait un gain, une perte ou un état d'équilibre. Il peut être procédé de même pour les mutations dynamiques. L'organisme fait, en effet, des recettes et des dépenses d'énergie, ce qui détermine un gain, une perte ou un état d'équilibre éner- gétique. EXAMEN DES MUTATIONS DYNAMIQUES PAR LA METHODE DES BILANS Les recettes d'énergie se font uniquement sous forme d'éner- gie chimique par l'intermédiaire des aliments que les animaux empruntent au milieu extérieur : l'énergie reçue est, en somme, l'énergie chimique des matières organiques qui se trouvent dans les aliments. Une certaine- fraction des dépenses se fait également sous forme d'énergie chimique, cette fraction concerne l'énergie qui s'en va avec toutes les matières organiques qui quittent le corps , de l'animal. Ces matières organiques se trouvent dans les déjec- tions solides, les fèces, puis dans les déjections liquides, l'urine, aussi, éventuellement, dans certaines sécrétions, par exemple les poils, ou le lait, quand il s'agit d'animaux laitiers ; en outre, les herbivores pour lesquels la digestion microbienne est intense, perdent encore une fraction d'énergie chimique dans un produit gazeux, le gaz des marais ou méthane, cette dernière dépense d'énergie chimique n'existe pas chez les carnivores et les omni- vores, chez lesquels la digestion microbienne est extrêmement réduite. Les dépenses d'énergie se font non seulement sous forme d'énergie chimique, mais également, pour une certaine fraction, sous forme d'énergie actuelle. Ces dépenses d'énergie actuelle sont constituées par la chaleur produite sous l'influence de réac- se» Annales de la science agronomique lions chiiniques, d'oxydatiuns à rinlérieur de Torganisme, et par le travail méoîini(]iie, quand il s'agit d'animaux fournissant un tel travail extérieur. Enllii, TurKunisme, eu rat^^n de ses recettes et de ses dépenses, fait des g-ains ou des pertes d'énergie; ces gains ou ces pertes ont toujours lieu sous l'orrae (rénergie chimique, la température des mammifères restant (-onstantcs; cette énergie chimique cor- respond aux matières organiques que le corps de l'animal emmagasine^ en plus ou en moins, à la matière azotée et à la matière grasse gagnées ou perdues par l'organism'^. Si Ton peut quantitativement déterminer toutes ces recettes, tdutes ces dépenses, tous ces gains, toutes ces pertes, on a par le fait même les mutations dynamiques de l'organisme. Vouv les alinienls, il n'\' a aucune difticuité à faire cette déter- mination .j)ar renq)lui (le la Ixuulte calorimétrique. On fait bi'ùler l'aliment de façon complète dans la bombe, on obtient la chaleur de combustion d'un gramme d'aliment sec; on j»eut donc cal- culer la ({iiantité de chaleur que produit la combustion complète de l'aliment ingéré, la recette d'énergie. On opère de la même façon pour l'énergie chimique de la matière sèclie des fèces, de l'urine et éventuellement du lait : on connaît ainsi la quantité d'énergie ]^erdue correspondante aux fèces, à l'urine et au lait. Pour le gaz des marais, il n'est pas nécessaire de faire eh'a«:jue fois ime exi)érience : un gramme de méthane a. en effet, une chaleur de combustion conmie, à peu ])rès égale à 13,2; il sullit donc de multiplier le poids de gaz des marais éliminé avec les produits gazeux par 18,2 pour avoir la quantité de chaleur cor- respondante qui s'en va avec le gaz des marais éliminé. Il faut remarriuer combien est élevée cette chaleur de combustion du méthane, elle est très supérieure même à la chaleur de combus- tion des matières grasses; aussi est-il impossible, lorsqu'il s'agit des herbivores qui en fabriquent une grande quantité, de négli- ger ce méthane. Les méthodes de détermination des mutations matérielles peF- mettent de déterminer les poids de matières azotées et graisses gagnés ou perdus \Kiv l'organisme; par aillevu's, on connaît les chaleurs de combustion de ces substances, 0,4 Calories pour les î7iatières grasses, 5,7 Calories euAiron i»oui' les matières azotées d'origine animale. Il est donc facile, eu multipliant par la cha- leur de comhustiou, les poids fixés ou éliminés, de déterminer la «juantitc d'énergie emmagasinée, ou au contraire, les pertes dynamiques faites par l'organisme sous cviir fornu^. II ne reste plus ((u'à déterminer les termes des déjtenses en énergie actuelle. Ces dépenses consistent en. chaleur et en travail mécanique. La détermination du lra\;iil niécuniquc ne |>n''senlc aucune difliculté. S'il s'agit d'animaux ((ui li'availleut, il suffit de se servir d'un dynamomètre, enregistreur, qui fait connaître le Tiombre de kilograrumèlres de travail prorluits ytai- l'animal; divisé par l'iMpiivalent mécanique de la di.deni'. par 42">, ce NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 87 nombre de kiLogrammètres doime le moeibre de Calories corres- pondant. On pourra donc exprimer le travail mécanique en Calories. Pour déterminer le dernier factem\ la chaleur dépensée par l'animal, on s'est servi ou on peut se servir en principe de deux, méthodes : la méthode de calorimétrie directe et la méthode d'C calorimétrie indirecte. Mesure de la eh&leur excrétée par Ha calorimétrie directe Pour mesurer directement la quantité de chaleur produi^te, l'animal devant être dans un appareil à respiration, il est néces- saire d'avoir une chambre respiratoire pouvant fonctionner comme calorimètre, c'est-à-dire un calorimètre à respiration. Lavoisier, dans ses premières recherches sur la chaleur ani- male, a employé cette méthode et fait vivre de petits animaux dans des calorimètres qui permettaient de déterminer avec une exactitude suffisante la quantité de chaleur dépensée par ces animaux de petite taille. Malheureusement, la difficulté de cette mesure devient de plus en plus grande, quand croît la taille des êtres étudiés : plus les chambres respiratoires sont grandes,, et plus il devient difficile de mesurer exactement la quantité d'eau excrétée sous forme g-azeuse; or, la chaleur rejetée par l'animal l'est non seulement sous forme de chaleur sensible, mais éga- lement sous forme de chaleur latente de la vapeur d'eau excrétée à la surface des poumons et de la peau ; pour avoir la quanti-té totale de chaleur produite il faut donc mesurer exactement l'eau évaporée,' l'opération est extrêmement difficile. Pour l'homme, en se basant sur les travaux dé d'Arsonval- l'américain Atwater a réussi à construire un calorimètre qui a donné des résultats à peu près acceptables, bien qu'imparfaits. On a tenté d'agrandir encore le calorimètre d'Atwater pour le- faire servir à des animaux de grande taille, comme les bovidés et les chevaux; il a été construit deux de ces calorimètres, l'un à la Station agronomique de Pensylvanie, l'autre à l'Académie agricole de Bonn-sur-le-Rhin. Ces calorimètres, appliqués aux grands animaux, n'ont pas fourni des résultats suffisamment exacts : Armsby, directeur de la Station de nutrition animale de Pensylvanie, n'a pas pu mesurer la chaleur produite à plus de 7 0/0 près en plus ou en moins ; ces limites d'erreurs sont consi- dérables ; à Bonn, apifès dix ans de recherches, les résultats furent tels qu'il fallut prendre la détermination de démolir le calorimètre et de le reconstruire ; ce sont là des frais élevés puisque la construction du calorimètre de Bonn n'avait pas coûté moins de ,200.000 francs. Malgré les échecs auxquels on s'est heurté, on continue avec persévérance à chercher à perfectionner ces calorimètres à res- piration. Certains problèmes des plus importants pour la -nutri- tion et l'alimentation de l'homme et des animaux domestiques ne pourront, en effet, être résolus que lorsqu'on aura un bon 88 Annales de la science agronomique calorimètre à respiration lonctioiinaiit avec assez d'exactitude. ]1 faut espérer que ces résultats seront l)ientôt (>l)tenus, étant données les sommes considérables (|u'en certains endroits, on n'hésite pas à consacrer à la construction de ces calorimètres : il existe, en Pensylvanie, un laboratoire de nuli'itioii animale qui est spécialement destiné à Tétude des calurimètres et (|ui a été doté par le milliardaire Carnegie d'une somme de 50 mil- lions; les elTorts pécuniaires sont beaucoup ]ilus modestes en France : à Paris, la Société d'hygiène alimentaire de riunume travaille à établir à rinstitut d'hygiène un calorimètre basé sur .un principe un peu dilTérent de celui dWtwater, qui, peut-être, donnera des résidlals ])lus exacts et qui ]K>urra être agrandi ]>((iir servir aux animaux domestiques. Jusqu'alors, la méthode de calorimétrie directe n'a d(mné des résultats suffisamment exacts que pour les petil»>^ animaux de laboratoire, lapins, chats, chiens, au maximum pour l'homme dans le calorimètre d'Atwater. Calcul (le la chaleur excrèièc })nr la caloriin/'lrie indirecte Heureusement, en attendant qu'on dispose de calorimètres pei'iiu'ttant de recourir à la calorimétrie directe ])our les animaux domestiques, on peut employer une autre méthode, la calori- métrie indirecte. 11 est à remarquer, en elTet, «pie dans les recettes et les dépen- ses, les gains et les pertes en énergie de l'organisme, tous les termes peuvent être déterminés avec suffisamment d'exactitude, sauf lin seul, la chaleur : on peut, donc caJculrr. dans ces condi- tions, la chaleur par ditîérence. S'il y a eu gain d'énergie, — le raisonnement serait d'ailleurs le même s'il y avait eu ])erte, — la chaleur est égale aux recettes, c'est-à-dire à l'énergie chimi(|ue des aliments, dimi- nuées de la somme de l'énei'gie chimiciiie qui se trouve dans les dépenses, sous forme de fèces, d'urine, de gaz des marais, et de l'énergie chimique corres)ion(lant à la matière azotée et à la matière grasse fixées i»;m' l'organisme. On peut écrire l'équa- tion suivante (1) : Ch. -^. E. c. aliments — ^i:. c. urine -j- E. c. | \\^, ^^.^^^\ ^ (méthane ' MA lixees/ l/exp(''i'iciice faite pai' Kclhu-r en bSlM» Mir un Imi'iiI' de 610 k. .SOO |)ermet de servir d'exemple pour un tel calcul de chaleur. (\) (Ih. : (.•liiiliMir déu'.iL'éi' ; I'. c. : énpi'j:ic cliimi<|iii' NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 89 MUTATIONS DYNAMIQUES (KelLNER 1806) Bœuf A. Poids vif OiU kil. 800 Ration : 8 k. 500 foin de pré contenant 7 kil. 263 de matière sèche ; k. 040 sel marin. En 0/0 de la chaleur de En coihbuslion grandes calories des alinieals Recettes : 7 k. 263 m, s. du foin à 4 Cal. 430 par gr 32.177,3 100,0 Dépenses : 2 k. 547 excréments secs à 4 Cal. 6136 par gr 11.750,3 36,5 k. 1564 urine sèche à 3 Cal. 069 par gr 1.945,0 6,1 k. 1564 méthane à 12 Cal. 2^6 par gr 2.098,2 6,5 39 gr. MA tixee à 5 Cal. 653 par gr 220,5 4,8 139 gr. MG fixée à 5 Cal. 500 par gr 1.320,5 ■ Somme des dépenses 17.334,5 53,9 Report pour différence 17.334,5 53,9 Excédant dans les recettes : • énergie actuelle produite (chaleur) 14.842,8 46,1 Il ressort de cette expérience c{ue la quantité d'énergie dis- parue avec le méthane a été très élevée et qu'elle a été supé- rieure à celle partie dans l'urine; que 49,1 0/0 de la chaleur produite par les aliments ont été éliminés par les fèces, l'urine et le gaz méthane; que 4,8 0/0 ont été fixés par l'animal à l'état de matière azotée et de matière grasse et qu'il est resté un ■excédent d'énergie actuelle de 46,1 0/0, soit un peu moins de la moitié, correspondant à la chaleur produite. On peut donc, par cette méthode, suivre complètement les mutations dynamiques. Quand on peut employer simultanément la calorimétrie directe et Ift calorimétrie indirecte, les deux méthodes se contrôlent et la calorimétrie directe permet de voir jusqu'à quel point la ^ calorimétrie indirecte donne des résultats satisfaisants et suffi- samment exacts. Cette expérience simultanée a été faite par Rubner sur des chiens et par Atwater et ses collaborateurs sur l'homme. Dans le tableau suivant figurent les résultats obtenus par Rubner sur un chien soumis successivement à des régimes d'alimentation différents : 90 Annales de la science agronomique EMPLltl SIMLLTANL: de L.\ CALOHIMÉTUIE DIRECTE ET DE LA GAL0R1MÉTRIE INDIRECTE (RUBNER 1893) Expériences sur le cliicn Durée Chaleur proihiile par jour de (calories) Numéro l'expérience lie en jours Régime (".ilurimétrie Calorimctric l'expérience de 24 lieun.'s indircclc dirccle 1 5 Jeûne 259,3 201,0 2 1 Viande 329,0 333,9 3 5 Graisse 302,0 299,1 4 12 Viande, graisse 332,1 330,0 5 8 Viande, graisse 311,6 311,0 6 6 Viande 375,0 379,5 De la comparaison des résultats ubteniis par la calprimélrie directe et par la calorimétrie indirecte, il ressort que les chilïres correspondants ne présentent jtas une dilTérence dépassant 1 0/0, il y a donc un accord aussi complet qu'on peut le souhaiter entre les données des deux méthodes. L'expérience de Hiibner a encore une autre signification sur laquelle il faut appeler l'attention. Quand les animaux jeûnent, la matière azotée désassimilée est de la matière azotée de leur propre corps, de la matière azotée vivante; or, les physiologistes ont longtemps prétendu que la matière azotée vivante renfermait des provisions d'énergie supérieure à celles renfermées par la matière azotée morte, c|uand on détermine la chaioui' de com- bustion on la valeur calorifique des matières azotées albumi- noïdcs par le procédé de la bombe calorimétrique, (»n opère tou- jours sur des substances mortes; admettant un instant que chez le chien à jeun qui a servi à Texpérience n" 1 de Hiibner, la matière azotée désassimilée ait eu réellement une chaleur de combustion très supérieure à celle de la même matière azotée morte, on aurait dû trouver pai' la calorimétrie directe une quan- tité de chaleur produite très supérieure à celle qu'on trouve par la calorimétrie indirecte; comme il n'en est rien, on peut être certainiin'iiu ]»oint de vue de la teneur en énergie, la matière azotée vivante ne diffère pas sensiblement de. la matière azotée morte, autrement dit, îe fait qu'elles sont ou vivantes ou mortes ne tient pas à la pi-o\ision d'énergie que ces substances ren- ferment. EXAMEN DES MII'.XTIONS DY.NA.MIOl Eh l'AU LA .MESL RE DES ECHANCES GAZEl X Oueli|ue précieuses que soient la calorimétrie directe et la calo- l'imétrie indirecte, ces deu.x méthodes lu' p'ei-mettent ]>as encore, à elles seules, de résoudre cei'tains pi'oblèmes qui se présentent NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MVLLÈVRE 91 dans la nutrition ou ralimentation de l'homme ou des animaux domestiques. . , . , Quand on e^mploie la ealoffimétrie directe ou calorimétrie a respiratijon, pour avoir les quantités de chaleur produite par l'animal, quantités correspondant aux oxydations plus ou moins intenses qui se passent dans l'organisme, il est nécessaire de faire durer l'expérience pendant un certain temps. Avec ta calo- rimétrie indirecte, il faut poursuivre l'expérience pendant au moins 24 heures ;. avec la calorimétrie directe, en limitant les recherches à celle de la chaleur, on peut, à ia rigueur, se borner à opérer pendant cinq, six, sept ou huit heures, c'est-à-dire pen- dant un temps sensiblement plua court, mais encore relative- ment considérable. Or, pour certains besoins, par exemple pour l'étude de l'éner- gie dépensée par l'organisme pour mastiquer les aliments, pour les ruminer, également pour déterminer les quantités d'énergie dépensées par l'organisme pour les diverses sortes de travail, suivant que l'animal travaille à l'allure du pas, du trot, il peut être extrêmement utile de pouvoir déterminer la quantité de chaleur produite par l'organisme ou la quantité d'énergie réelle- ment dépensée, correspondant aux oxydations dans l'organisme pendant un temps beaucoup plus court, dix minutes, une demi- heure ou une heure. Il existe une méthode rapide, approximative seulement, mais qui permet de faire cette mesure. Elle consiste à déterminer les échanges gazeux de l'animal pendant un temps déterminé, c'est- à-dire à mesurer les quantités d'oxygène absorbé et d'acide car- bonique produit et à en conclure la quantité d'énergie dégagée ou de chaleur produite. On a observé, en effet, que lorsque les matières constituantes du corps ou les principes nutritifs des aliments, matières azo- tées, matières grasses ou matières hydrocarbonées s'oxydent dans l'organisme jusqu'aux produits ultimes d'excrétion, ces quantités d'oxygène et de gaz carbonique restent les mêmes. ' Ceci se conçoit aisément, les matières grasses et les matières hydrocarbonées s'oxydent en donnant de l'eau et du gaz car- bonique ; les matières azotées en donnant de l'eau, du gaz car- bonique, une certaine quantité de sulfates et des composés azotés, tels que l'urée, l'acide urique et l'acide hippurique; d'autre part, on a vu que la composition chimique des matières grasses et des matières azotées était à peu près constante, quelle que fijt la matière azotée ou la matière grasse envisagée, il en est de même des matières hydrocarbonées qui, sait qu'il s'agisse des polysaccharides ou des monosaccharides, ont une teneur en carbone de 40 à 43 0/0, en hydrogène de 7 à 10 0/0, et en oxygène voisine de 50 0/0. Il résulte tout naturellement de ce double fait (composition élémentaire de chacun des groupes nutritifs constante et produits ultimes d'excrétion également constants ou à très peu près) que quand un gramme de matières azotées ou un gramme de matières grasses ou un gramme de matières hydrocarbonées s'oxyde dans le corps jusqu'aux produits ultimes d'excrétion, la quantité d'oxygène libre absorbé par ranimai et *.^2 Annales de la science agronomique la quaiitilé de gaz (•aii3t»nique produil restent à peu près les mêmes pnur une même siil»stance. D'un autre eùté, un connaît les valeurs culoriliques îles matiè- res grasses, des matières hydrocarbonées et des matières azotées; il devient donc facile de calculer la quantité de chaleur pro- duite, (]uand l'organisme lixe un gramme d'oxygène soit sur des matières azotées, soit sur des matières grasses, soit sur des matières hydrocarbonées, en les comburant jusqu'aux pro- duits ultimes d'excrétion, ou encore coml)ien de ('ajciries curres- pundenl à un gramme de gaz carbonique j)i'uduit. Les calculs sont très simples à faire et peuvent être condensés dans un tableau faisant ressortir la relation entre les échanges gazeux et les mutations dynamiques. Rel.\tions entre les échanges gazeux ET LES MlTATKt.NS DYNAMIQUES Valeur calcirilique (Calories par Poids en Iioiir 1 (le su! 1 graïuines gramme listaiice Calories dégagées pour 1 gramme Quniienl resjjira- 10 ire Uieori(|ue dO absorbé de CO- |)roduil d'O absorbé' deCO= produit vol.co' {franinie) V.il. () Matière ' azotée albuminoïde 4,1 1,336 1,437 3,00!» 2.853 0,78 Graisse . . 0,423 2.010 2.810 3.232 : 5.342 0.70 Glucose . . 3,692 1 ,0( )7 i,4r.7 3.401 2,517 1,00 Amidon . . 4,123 1,185 1,630 3,470 2,529 1,00 Ainsi, ]U)ur 1 gramme de matièi'e azotée albuminoïde conilniré jusqu'aux i>roduits ultimes d'excrétion, l'organisme absoilie 1 gr. 336 d'oxygène. En divisant la chaleur de combustion par ce poids d'oxygène, soit 4.1 Calories par 1,330, on obtient le nombre de Calories, 3,00!» correspondant à la fixatinii d'un gramme d'oxygène sur de la matière azotée albuminoïde qui se décompose dans l'organisme jusqu'aux produits ultimes d'excré- tion; i]o même on trouve 3.23,2, .'5,401 et 3,470 Caloi'ies, soit l'cspec- ti\enu'nt les quantités de chaleur résultant de la lixation dans l'organisme d'un gramme d'oxygène sur de la matière grasse, sur du glucose et sur de l'amidUn; ces quantités se trouvent être fort peu dill'érentes et vnisines de la nioytMiue 3,3 Calories. Le calcul est identique pour l'acide carboni(|ue pruduit. Il est à remarquer toutefois que l'écart sui\aiit la substance est beaueftu)) plus grand |iour l'iicide cirlutnique que jidur l'oxy- gène. Il l'ésulte de là que l'oxNgène est uiu' iiieilleui'e mesure ap])roximative de la chaleur dég-agée. (Ifi peut admettre (ju'à un gramme d'nxygène fixé sur de la matière organitjue dans l'organisme, correspondent 3,:{ Ciilories libérées. Les physiologistes, ;iu lieu de mesurer l'oxygène absorbé, se sont contentés de mesurer l'acide carbonii]ue produit, ce qui était plus f;icile, mais moins exact. La seule difticulté do la nié|||(i(|t' ji.ir ruxygènc ctitisi^te (l;uis le dos.'tg^e : <»ii ne peut pas NOTES PRISES AU COUIlS DE ZOOTECHNIE DE À. MALLÈVRE 93 se servir d'un appareil à respiration ordinaire, car, lorsqu'on opère pendant un temps réduit, 10, 20 ou 30 minutes, si on laissait le faible volume d'air expiré se mélanger à l'air de la chambre, les causes d'erreur seraient beaucoup trop grandes; pour doser l'oxygène absorbé, il est nécessaire de recueillir l'air expiré par l'animal au moment même où il sort du poumon; on se sert, à cet efïet, de divers artifices : Pour l'homme, auquel on peut faire comprendre l'intérêt que peut avoir l'expérience, on use d'un moyen très simple : on fixe à l'intérieur des lèvres une petite embouchure en caoutchouc, et sur le nez, une petite pince pour qu'il ne puisse pas respirer par cette voie. L'air expiré s'en va dans le gazomètre oii l'on peut mesurer son volume. On fait ensuite l'analyse du gaz et on a ainsi la quantité d'oxygène absorbé et la quantité d'acide car- bonique produite. Pour les animaux, on ne peut recourir à un dispositif sem- blable; cependant, aux animaux très dociles, comme les chiens de laboratoire, on peut appliquer un masque pourvu de deux ouvertures, l'une permettant d'aspirer l'air extérieur par une soupape, et l'autre permettant, grâce à une autre soupape, de diriger l'air expiré vers un gazomètre. Avec des animaux plus gros, comme les moutons, les bœufs et les chevaux, l'emploi du masque ne donne pas de résultats, car les bêtes cherchent à s'en délîarrasser. On insère alors une canule trachéotomique sur le trajet de la trachée, vers la moitié inférieure de l'encolure; ITnsertion de cette canule n'a aucune influence sur la santé de l'animal qui peut garder l'instrument pendant des années sans aucun inconvénient et moyennant sim- plement quelques soins de propreté (l'emploi de cette canule est d'ailleurs assez fréquent dans la pratique, et un certain nombre de chevaux en sont pourvus : il s'agit d'animaux éprou- vant quelque obstacle à la respiration, soit du côté de la gorge, soit du côté du nez et qui ne pourraient pas fournir un service utile, s'ils n'avaient pas subi cette opération). Grâce à cette méthode, on a pu, au cours d'une série d'expériences qui ont duré plus de dix ans à l'Ecole supérieure d'Agriculture de Berlin, étudier de très près les dépenses du cheval aux diverses allures, et également suivant que la tractibn est plus ou moins forte, plus ou moins rapide. Cette même méthode peut également s'appliquer pour étudier le travail, la dépense d'énergie des animaux pendant le masti- quage des aliments ou pendant la rumination. Par exemple, si l'on dose la quantité d'oxygène absorbé par un boeuf au repos et ne ruminant pas, et que l'on renouvelle l'expérience pendant qu'il rumine, on observe que pendant la rumination, il absorbe plus d'oxygène que pendant le repos; c'est ainsi qu'on s'est rendu compte que la quantité d'énergie dépensée par le boeuf pendant la rumination était de 10 0/0 supérieure à celle qu'il dépensait au repos. ^ De cette façon également on a étudié la différence de dépense d'énergie des bovidés suivant qu'ils sont couchés ou debout au repos : On a trouvé que de?)Out, ils dépensent à peu près 10 0/0 91 Annales de la science agronomique de plus que lorsqu'ils sont couchés ; Cette observation montre rintérèt qu'il y a, lorsqu'on ens-raisse des animaux ou qifon leur demande des produits, à les laisser tranquilles, le plus p-tssibl« au repos, puisque de cette façon, ils économisent l/l-O de kur ration, qui peut ainsi servir à la production. Telles sont les méthodes les plus exactes dont on dispose à "heure actuelle pour étudi-er les problèmes de la nutrition et de ■alimentation. (.1 suùrre.) UTILISATION DES POIS DU CAP CULTIVÉS A MADAGASCAR Par M. Em. PRUDHOMME In^énieur-AiiTonome — Directeur du Jardin (Colonial Directeur des Sei^vices Techniques du Commissariat Général de la Production Agricole pour l'Afrique du Nord et les Colonies, Et M. L. RIGOTARD Ingénieur-Agronome — Préparateur au Jardin Colonial On consomme, depuis longtemps, à Madagascar, une sorte de gros haricot, le Phaseolus lunatus des botanistes ou Pois du Cap des commerçants, très apprécié par les colons et par les indigènes. Depuis une quinzaine d'années, la culture de ce légume prend beaucoup d'extension et donne lieu à des exportations qui, de 930.000 kilos en 1904, sont montées progressivement à près de 90.000 quintaux. La récolte de 1917 pouvant être évaluée à une dizaine de milliers de tonnes, on voit qu'il s'agit ici d'une production très appréciable, même en temps ordinaire, et méritant, sur- tout dans les circonstances présentes, de retenir très sérieu- sement l'attention pour le ravitaillement de la Métropole. Il ne faut pas oublier, en effet, qu'avant la guerre nous importions, au commerce spécial, environ 200.000 tonnes (1) (1) En 1913, dernièy^e année iiormale, nos importations de légumes secs de provena^ice étrangère se sont élevées à 205.213 tonnes valant 69.874.000 francs. Principaux pays importateurs en 1913 : Turquie 336.667 quintaux Chine, 333.652 » Indes Anglaises 387 485 » Russie 229.336 » Allemagne 213.465 » Roumanie 229.713 » Autriche-Hongrie 75.911 » Grande-Bretagne 51 757 » Italie ■.. 36.536 » Belgique 32 959 » Pays-Bas 44.162 » •)6 Annales de la science agronomique R:imeau de l'OIS DU CAP '['baseolui Lunatub) (Cliché Em. Prudhomme. UTILISATION DES POIS DU GAP 9~ de légumes secs de provenance étrangère et qu'à ce chiffre vient s'ajouter, maintenant, un déficit de production métropo- litaine s'élevant à plus de 150.000 tonnes pour les haricots^ lentilles, pois, fèves et féveroles, soit, par comparaison avec 1913, une insuffisance de 350.00 tonnes représentant, au cours de 1917, une valeur qui dépasse un demi-milliard de francs. En présence d'une telle constatation, aucune ressource- coloniale ne doit être négligée, même si elle est peu impor- tante. Ceci n'est d'ailleurs pas le cas pour le « Pois du Gap malgache », puisque nous nous trouvons ici en présence d'un approvisionnement annuel de 100.000 quintaux, c'est-à- dire, au cours actuel des légumes secs, d'une importation pouvant être évaluée, rendue en Franfce, à une quinzaine- de millions de francs. Jusqu'à ce jour, le Pois du Cap de Madagascar est surtout: apprécie en Grande-Bretagne, où il est connu sous le nom. de Butter Beau. Presque toute la production est envoyée sur les marchés de Londres et de Liverpool, soit par l'intermé- diaire de maisons françaises, soit directement par les impor- tateurs anglais. Gontrairement à une opinion qui commençait à se répandre- en France, il se«îble que le Pois du Cap n'est employé au Angleterre ni pour la préparation de farines alimentaires, ni pour rentrer dans la confection des biscuits. Tel est du moins- l'avis des grandes biscuiteries anglaises et des principales maisons d'importation avec lesquelles le Jardin Golonial est entré en relations par l'intermédiaire de l'Impérial Institute de' Londres. -Ces maisons sont toutes d'accord et déclarent, n'avoir jamais eu recours à cette graine dont l'emploi, pour cet usage, leur paraît d'ailleurs avoir bien peu de chances de réussite à cause de la saveur un peu spéciale des « Butter- Beans » et de leur prix trop élevé. L'usage le plus répandu est, à coup sûr, comme légume sec cuit à l'eau, de la même façon que les haricots de nos pays. Sous cette forme, qui paraît être, jusqu'à ce jour, le seul mode d'emploi auquel on a recours en Grande-Bretagne, le» '.•8 Annales de la science agronomique « Butter Beans » sont extrêmement appréciés des Anglais qui les considèrent comme un légume excellent trouvant sa place sur la table des meilleurs restaurants. L'usage des « Butter Beans » y est même devenu tellement populaire que les importateurs anglais se demandent pour- quoi cette sorte de hancot n'est pas largement utilisé en France. Les provenances les J3lus recherchées sur les marchés de Lofidres et de Liverpool sont celles de Madagascar, bien plus appréciées que'celle de Birmanie par exemple. La préférence accordée au « Pois du Cap malgache •» est telle que l'on songe à en introduire la culture dans plusieurs colonies britanniques (1). Toutes les variétés produites à Madagascar ne sont pas également appréciées. Les consommateurs anglais donnent, avant tout, la préférence aux grandes graines plates entiè-i rement blanches désignées commercialement sous les noms de Tout blanc, AU whites, ou AU w>hite beans qui, en temps normal, bénéficient d'une plus-value d'environ 2 fr, 50 ou 3 francs par 100 kilos. On importe également les graines présentant à proximité du hile, une petite tache plus ou moins foncée, généralement de couleur rose [Phcasant eyed Beans Ou qualité à œil rose) ; mais les variétés franchement colorées .ou plus ou moins panachées de rouge ne sont pas estimées du tout. On a essayé celte année, à Londres, quelques lots de Pois à « bout rouge >», simplement caractérisés par une tache carmin à une de leurs extrémités. Cette tentative ne semble i)as avoir réussi, jusqu'à ce jour; mais il est possible qu'en présence de la pénurie générale de légumes secs en Europe, nos voisins d'outre-mer finissent par accepter également les pois du Cap panachés. Celle préférence très marquée à \\\\r iidite quantité d'acid»? cvaF.b.\ dî'iiiui- |)cnilant la digi'slion doit èli'f considéré, dail- UTILISATION DES POIS DU CAP 101 leurs, en dehors de la gêne causée par les formalités de douane (1), comme une des principales raisons pour les- quelles la consommation du « Pois du Cap malgache » a fait, jusqu'à présent, si peu de progrès dans notre pays. Cette particularité l'a fait écarter, par prudence excessive peut-être, des fournitures militaires et des adjudications pour les hospices ou les établissements publics; mais, en ce qui concerne le ravitaillement civil, cette mesure devrait, semble- t-il, être considérée comme inopportune à l'heure actuelle, car il résulte de toutes les recherches effectuées sur le « Pha- seolus lunatus » que les variétés cultivées à Madagascar et livrées au commerce d'exportation pour le marché de Lon- dres renferment une proportion tellement minime de glu- coside cyanogénétique qu'elles doivent être considcrées comme parfaitement utilisables pour l'alimentation. En France, l'attention a été spécialement attirée sur le « Phaseolus lunatus », il y a environ une douzaine d'années, par d'assez nombreux empoisonnements survenus principa- lement en Allemagne, en Hollande et en Belgique après inges- tion de haricots ou pois de Java. C'est à la suite de ces accidents, que M. Kohn-Abrest, du Laboratoire de Toxicologie de la Préfecture de Police, puis M. Guignard, directeur de l'Ecole supérieure de pharmacie, commencèrent l'étude méthodique des haricots à acide cyan- hydrique. M. Guignard procéda à l'examen de la toxicité du (( Phaseo- lus lunatus » et parvint à déterminer, d'une façon précise, dans quelles conditions la consommation de cette graine peut devenir dangereuse. Ce remarquable travail, publié en 1906, dans la Revue de Viticulture, a mis cette question tout à fait au point et mon- tré que toutes les variétés sauvages ou cultivées du « Phaseo- lus lunatus » « renferment un principe générateur d'acide (1) Pour les provenances de Madagascar, les formalités douanières sont réduites au strict minimum et ne peuvent causer aucune gêne appréciable. 102 Annales de la science agronomique (( cyanhydriquc, accompagné d'un ferment, qui le décompose « toutes les fois que la graine concassée ou pulvérisée est mise « au contact de l'eau à une température n'atteignant pas un (( degré assez élevé pour détruire le ferment « ; mais il a prouvé, en même temps, que « la proportion d'acide cya- (( nhydrique qui peut se former varie dans des limites exces- « sivement larges. A peine sensible dans certaines variétés « améliorées par la culture, elle s'élève d'une façon très « notable dans la plante sauvage ou subspontanée et dans « les haricots de Java en particulier ». Il s'ensuit que certaines graines de « Phaseolus lunatus » doivent être considérées comme extrêmement toxiques en rai- son de la quantité d'acide cyanhydrique à laquelle elles peu- vent donner naissance, tandis que d'autres, au contraire, ne sont capables d'en produire qu'une proportion extrêmement faible et peuvent être consommées sans le moindre incon- . vénient, comme le prouve d'ailleurs l'exemple des Anglais qui absorbent tous les ans plusieurs milliers de tonnes de ce haricot provenant de Birmanie ou de Madagascar. Enfin, il convient de rappeler que M. le Professeur Gui- gnard a fait adopter, le 29 juillet 1906, au Conseil supérieur d'Hygiène pul)lique de France, les conclusions suivantes qui fixent la proportion d'acide cyanhydrique pouvant être tolérée sans inconvénient dans ce légume : (( Les haricots ou pois dits de Java doivent être, en raison (( de la dose toxique d'acide cyanhydrique qu'ils peuvent « fournir, proscrits de l'alimentation en France et, par suite, « interdits à l'iinpor talion. Ils constituent un produit toxique « dont la veille, la mise en vente ou la détention, prévues par « les articles 3 et ^ de la loi du 1" août 1905, tombeni sous « les sanctions éditées par ladite loi. » <( Les haricots ou pois dr nirninnic. dans lesquels la dose u d'acide cyanhydrique ne dnif pas excéder normalement n vingt milligrammes pour rcnl gnnnwrs ppnrrnf continuer UTILISATION DES POIS DU CAP 103 « à être imjjortés, sous la double condition qu'ils seront sou- « mis dans les laboratoires des douanes, à une analyse jus- « ti fiant le dosage ci-dessus. (( Les farines de haricots ou de pois d'origine exotique ne « peuvent être admises qu'aux mêmes conditions ». ■ Il reste, après ces explications d'ordre général sur la toxi- cité du « Phaseolus lunatus » — explications qui montrent, par les conclusions du Conseil Supérieur d'Hygiène pu- blique de France, à partir de quelle dose d'acide cyanhy- drique ces graines doivent être considérées comme dange- reuses — à examiner, d'une façon spéciale, le degré d'inno- cuité ou de toxicité des pois du Gap cultivés à Madagascar, dont les Anglais font, comme on l'a vu, une si large con- sommation. Les investigations de M. Guignard ont porté plus particu- lièrement sur les haricots ou pois de Java et de Birmanie qui, dès l'époque à laquelle remonte son étude, donnaient déjà lieu à d'importantes transactions commerciales avec l'Europe et l'Algérie ; mais il a prpcédé également au dosage de l'acide cyanhydrique susceptible d'être formé par les haricots de même origine botanique récoltés à Madagascar ou en Amé- rique. Les résultats publiés par M. Guignard sont consignés dans le tableau suivant qui, pour les variétés de Java, de Birmanie ou d'Amérique, indique simplement dans quelles limites varie la teneur en principe toxique, tandis qu'il rappelle tous les dosages concernant les graines récoltées à Madagascar. ACIDE CYANHYDRIQUE FOURNI PAR 100 GRAMMES DE GRAINES 1° Graines de Java gr. 050 à gr. 31? 2° Haricot de Birmanie, coloré .... gr. 010 à gr. 020 3° Haricot de Birmanie, blanc gi*- 007 à gr. 019 -104 Annales de la science agronomique 4° Pois du Gap cultivé à Madagascar : -a) Variétés à grosses graines blanches, mais avec un certain cercle rougeàtre autour de rom- bilic (1) gr. 007 ■b) Variétés à petites graines entièrement blanches très aplaties (2) gr. 017 £) Graines de couleur plus ou moins foncée et uniforme gr. 027 5° Haricot de Lima : nombreuses variétés blan- ches cultivées au.x Etats-Unis gr. 003 à gr. 010 Ces résultats ont permis à M. le Professeur Guignard de formuler l'appréciation suivante sur les variétés récoltées on Afrique ou en Amérique : « Quant aux autres variétés employées couramment dans « l'alimentation de l'homme, surtout en Afrique, à Madaga^- * car., dans les deux Amériques, on a vu précédemment que (a « culture en a fait disparaître en très grande partielle composé « vénéneux. Parfois, cependant, quand la plante tend à re- « prendre les caractères de l'état sauvage, le principe toxique •« présente une augmentation assez sensible : tel est le caS' <( observé dans les haricots de Madagascar quand ils ont re- ■<( pris une teinte uniforme plus ou moins foncée ». On peut faire remarquer, en outre, (jue les graines de Java visées par ces études doivent être toutes considérées c5omme très toxiques et que celles de Birmanie se rangent dans la catégorie des haricots dont rimjiortation est autorisée en France. En ce qui concerne les variétés cultivées à Mada- pascar, il faut se rappeler que seules les grosses graines ^»lan«'ht's ou légèrement panachées sont exportées et que, par (1) Collections du .lardin Colonial. {2) Collections de l'Hcolc Supérieure de Pharmacie. UTILISATION DES POIS DU CAP 105 conséquent, les échantillons b (petites graines blanches) et c (graines uniformément colorées), qui ont fourni respecti- vement 17 mgr. et 27 mgr. d'acide cyanhydrique, ne rentrent pas dans la catégorie des graines acceptées par le com- merce. Le seul échantillon de Madagascar étudié par M. Guignard assimilable aux sortes actuellement exportées («) ne fournit donc que 7 mgr. d'acide cyanhydrique, ce qui correspond au tiers de la dose reconnue dangereuse par les règlements, suivant l'avis du Conseil supérieur d'Hygiène publique de France. Les recherches de M. Guignard ne paraissant pas, en ce qui concerne les sortes cultivées à Madagascar, avoir porté sur des lots assez nombreux pour donner des résultats concluants, nous avons procédé récemment, au Jardin Colo- nial, à l'examen de nouveaux échantillons provenant des collections de cet Etablissement ou fournis par les princi- pales maisons s'occupant sur une grande échelle, de l'expor- tation du « Pois du Cap » (1). . (1) Méthodes adoptées pour l'examen chimique des graines. La méthode de dosage appliquée est celle que M. Kohn-Abrest a mise au point et décrite, en 1906, lors de ses premiers travaux sur les haricots à acide cyanliydrique. Cette méthode extrêmement simple et précise a été publiée dans ie Moniteur' scientifique du D'' Quesneville. Il nous paraît utile de la rappeler brièvement ainsi que quelques précautions indispensables. 50 grammes ou 25 grammes de haricots finement broyés (pas- sant au tamis n° 30, par exemple! sont mis à macérer dans un ballon de 2 ou 3 litres, soit pendant 24 heures à la température ordinaire, soit 4 heures à 37", dans 500 ce. d'eau distillée. On ajoute ensuite environ un litre d'eau distillée. On soumet alors à la distillation après avoir ajouté 10 ce. d'HGl pur, un peu de ponce et de paraffine pour éviter les mousses abon- dantes qui se formeraient et empêcheraient toute distillation. Nous pensons que la paraffine même est avantageusement remplacée par quelques gouttes d'une huile fluide formant voile plus rapidement sur le liquide, alors que la paraffine ne s'étale qu'à une température élevée, lorsqu'une partie de la mousse est déjà formée. On reçoit le distillatum dans un ballon contenant quelques ce. d'eau où plonge le tube effllé. On arrête cette première distillation lorsque 150 à 200 ce. sont KJfi Annales de la science agronomique Les résultats donnés par ces études complémentaires sont consignés dans le tableau récapitulatif suivant : Numéros d'enregfis- trement au Jardin Colonial Désignation et Provenance Poids de cent graines grammes Dimensions moyennes millimètres Acide cy an hydrique fourni jiar cent graiiimes de graines milligrammes 14.889 Grandes graines blanches pla- t e s fournies par la Compa- gnie Lyonnai- se de Mada- • gascar. ' ^ 114 21,6x13,8x6 5,1 Qualité commer- ciale « Tout blanc » ou « Ail white beang ». distillés et l'on y dose l'acide cyanhydrique par la méthode de Gélis : On comnunice i)ar alcaliniser h'gt'-rement le liquide jiar KOH sans exc^s puis nn acidulé par un courant de C02 ou de l'eau de Seltz; on tilre par l'iode d»''cin(irin;ile, soit en prt'sence d'empois d'amidon, soit sans addition d'indicateur, pour éviter la formation de compo- sés d'ainidnn qui ])ourraient rendre incertain le virage. 1 ce. de solution d'iode correspond à gr. 00135 de ('.'SU. Une deuxième distillation est opérée en ajoutant 50 ce. d'HCl dans le ballon encore chaud et on recueille cette fois 300 ce. de liquide, environ. Ce deuxième distillatum doniif une petite quantité de CNH que l'on dose par titrage comme pr('ei''domment et que l'on ajoute à la pre- mière. Sur toutes les variétés de haricots examinés, il était procédé à une recherche qualitativ(3 au moyen du papier picro-sodé qui donne de très utiles indications. La technitpie adoptt'e est trop con- nuo |)ftui- (pu* nous croyions utile df la lappt'lcr. Klle u »''t('' dt'crite par M. Ciuiguard dans son étude générale sur les haricots à acide cyanliydrique jijirue à la Brr^ve de Viticulture. Le papier picro-sodé se prépare très facilement en plongeant des bandes de |»apier h filtrer dans une solution d'aci L. ^'^^ Pois du Cap CULTIVÉS A MADAGASCAR UTILISATION DES POIS DU CAP 113 2'' Parmi les ressources de cette origine, le « Pois du Gap » malgache, dont la production atteint au moins 100.000 quin- taux par an à l'heure actuelle, constitue un approvisionne- ment d'une réelle importance dont on n"a pas le droit de se désintéresser. Le Pois du Cap mérite, en effet, en raison de sa qualité, de la faveur dont il bénéficie en Angleterre et malgré qu'il appartienne à la catégorie des « haricots à acide oyanhydrique » de retenir très sérieusement l'attention. 3° Les seules variétés de Pois du Cap actuellement expor- tées de Madagascar (1) ne fournissent, d'après toutes les études faites jusqu'à ce jour, que 4 à 7 milligr. d'acide cya- nhydrique par 100 grammes de graines (2), c'est-à-dire une proportion de principe toxique beaucoup trop faible pour être dangereuse, dépassant à peine le tiers de la quantité tolérée par le Service des Douanes, après avis du Conseil supérieur d'Hygiène publique de France. 4" Il s'agit donc ici, en réalité, d'un excellent légume sec tûui-ni en quantité importante par une de nos colonies, très apprécié par les Anglais, mais dédaigné chez nous parce qu'il y est mal connu. 5° L'Angleterre s'eiïorçant de réduire ses achats à l'étran- ger au strict minimum, il est possible que Madagascar se •trouve prochainement dans l'impossibilité d'écouler les quan- tités relativement importantes de Pois du Cap qu'elle est en mesure de fournir et qui constituent l'unique ressource de toute une partie de la colonie. 6° Un pareil résultat serait tout à fait regrettable, daris les circonstances présentes, car aucune raison sérieuse ne peut être invoquée pour négliger une ressource alimentaire de cette importance. (1) Graines de grande taille, de forme aplatie, pesant au moins un gramme à l'état sec, de couleur blanche ou légèrement panachées de rose ou de rouge. (2) Analyses de MM. Gulgnard, Kohn AbresL et L. Rigolard. H4 Annales de la science agronomique 7° Un contrôle sérieux paraît indispensable au départ Je la colonie et à lari-ivée en France, non })ar méfiance à l'égard des bonnes variétés cultivées à Madagacar dont les principaux caractères ont été données dans cette note, mais pour éviter plus sûrement le mélange, au type reconnu sans danger pour ralimentation. d'autres variétés de « Phaseolus lunatus » plus riclies en composé cyanogénétique. L. RiGOTARD, Em. PrUDHOM-ME^ Ingcnieur-Agri)ixomc, Préparateur Ingénieur-Agronome, Directeur dn au Jardin Colonial. Jardin Colonial. Directeur des Services ti-chniiiues du Couiviis- sariat Général île la Prvductiun Agricole pour l'Afrique du Nord et les Colonies. Septembre 1917. BIBLIOGRAPHIE Kohn-Abrest : Compte rendus de l'Académie des Sciences, séance du 5 mars 1906. (Communication présentée par M. Guignard.) Kohn-Abrest ; Moniteur sciodifiquc, 1906, p. 797. Guignard ; Revue de Viticulture, 1906, 2* semestre, et 1907, 1*' semestre. Cette étude comprend une planche en couleurs. Kohn-Abrest : Annales d'Injt/iène et de médecine légale, 1906. Conseil dhygiène publique, réglementation. (Séance du 29 juillet 1906.) GuiGNARi» : Uvcherche et dosage de l'acide cyanfiydrique dans les haricots. [Annales des falsifications, n° 9i, anùl-sept. 1916, p. 301.;, QuiRiN et Leroy : Haricots de Birmanie. {Annales des falsi- fications, n" 97-98, novembre-décembre 1916, p. 456 et seq.) UTILISATION DES POIS DU CAP H,> Kohn-Abrest : Annales des falsifications, 1916, et janvier- février 1917. Bulletin of the Impérial Institute : Beans from Burma, 1915, p. 196. ' Bulletin of the Impérial Institute : Edible beans from Burma; Madagascar beans, 1916, p. 15. Ministère des Finances. — Service des Laboratoires : Méthode d'analyse, note n° 706, décembre 1906. REVUE AGRONOMIQUE ALIMENTATION DE L'HOMME ET DU BETAIL -A. PL(iLIESE. Li:s HAME.MX DE VKi.NE Cd.MME FOLRH.MiE. {Lc >>laz. Spcr. agr. itaL, p. 21. 1010.) C(»m]iosition chimique \nisiiif de celle de la paille : j>rop- •éine 5,o(5 : LTaisse i.'.Ki ; cellnluse ."îl,!^ ; cendres 2,î;>(>. P. N. A. StIELTJES. — Le HALCIL de I.A VALEIU MnNKTAIltE DES AM- ";-.NTS l'OL'ii LE HÉTAiL. {Avn. F'ilsifir. -f Froudes, t. X, p. 470. O.'L 1917.) A la formule de Kellner (reprise en l'Yimce par Mallèvre) : \' = 0,04 P + 2,4 G + A, l'auleur préfère la formule des pro- fesseurs anglais : V = 2,5 (P + G) + A. Dans ces formules V représente le nombre d'unités de nuuiriture, P les ]>rotéines, G les graisses, A les amidons. La formule de Kellner repose sur le pouvoir calorilique des trois rniislifuants P, G, A. La formule anirlaise est empirique, mais lit'iit cduiple de la valeur vénale élevée de l'azote. P. N. L. Li.NDET. - Les oeues dessécués. — Acadétnic iV agriculture, séan<-t\ du 10 décembre 1017. M. Lindt't sipunle un produit Ncndu à Paris depuis quelque temps et imjtorlé de lian;;-Tchéou (Gliine) ; ces œufs seraient desséchés à une température inférieure à 50-55", soit à l'aide d'une dé|)ression de «55 ou 70 centimètres de mercure, car il existe dans le produit une certaine (piantité d'albumine non coaLTidéc (environ MO 0/0 du produit sec). Il est donc possible qnr le procédé employé soit analogue à celui proposé par MM. Mévenot et Lfuepveu iiour la dessiccajion du lait (pulvéri- sation (lu lait dans une cliainhi'f dont les ]>arois posés secs : 4(5,0 0/0 matières azotées, Revue Agronomique HT 42,4 0/0 matières grasses, 3.5 0/0 sels, 7,2 0/0 eau. Les œufs sont donc entiers (jaune et blanc) ; le produit ne renferme pas d'antiseptiques. La matière grasse rancit facilement ; aussi le produit est-il importé dans des bateaux frigorifiés et entreposé au frigori- fique de Glichy. Ce produit se distingue des jaunes d'œufs de cane dessé- chés, importés de Shanghaï. Si cette nouvelle industrie subsiste après la guerre, notre élevage de volailles devra s'en préoccuper. P. N. Georges A. Le Roy. — Analyse photographique des oeufs FRAIS ou conservés. {C. R. Ac. Se, t. GLXV, p. 1026. Dec. 1917.) Description Yl'un dispositif permettant de mesurer d'une façon- précise la chambre à air et d'obtenir une pièce à conviction.. L'emploi de la radiographie donne des images inférieures à celles obtenues par la méthode photographique. P. N. R. VON DER Heide, M. Steuber et N. Zuntz. — Recherches sur LA VALEUR NUTRITIVE DE LA CELLULOSE DE PAILLE. {Biochem- Zeitschr., t. LXXllI, p. 161. J916.) Les auteurs ont étudié la valeur alimentaire du produit teF qu'il est préparé pour la fabrication du papier par ébullition de- la paille avec de la soude à 2 ou 4 0/0 puis lavage. Le cheval digèfè intégralement la cellulose de paille avec une production moindre de gaz intestinaux combustibles que dans le cas de la digestion d'une paille naturelle, 1 kilo de cellulose additionné- de 20 0/0 de mélasse donne autant d'énergie dans l'organisme que 2 kil. 55 de foin ou kil, 92 d'avoine. P. N. CHIMIE ANALYTIQUE. — FALSIFICATONS I J. Jeanprètre. — Emploi de la réaction acide iodique amidom POUR déceler les acides minéraux dans les vins et les vinai- gres. {The AnalysL, p. 379. 1916.) Le réactif suivant : Solution d'iodate de Na à 0.2 0/0 10 ce. Solution de sulfate de Na à 0.2 0/0 10 ce. Amidon à 0.5 0/0 5 ce. Eau 75 ce. mis au contact avec un volume égal de vin ou de vinaigre donne- une coloration bleue immédiatement, s'il existe de l'acide oxali- 1 IN Revue Agronomique que ou des acides minéraux et en 45 à 50 secondes, s'il existe des acides nialique ou citrique. L'acide acétique, l'acide succi- nique donnent la même réaction, mais après 300 à 350 secondes. P. N. G. lNO(;un. — Mktuodk poiu l'analyse dks eoui's (iHAs rancis. {Anali di Chimica applicatd. p. 1. IDIO.) L'auteur établit un nouvel indice pour mesurer le degré d'al- tération des cori)s gras. Pour cela, l'auteur entraîne les aldéiiydes par un courant de vapeur d'eau et les titre au moyen de perman- ganate de potasse dans le liquide aqueux recueilli. P. N. -\I. A. Rakolsine. — Sun le pouvoir rotatoire des albuminates alcalins. yJourn. Soc. pliys. chim. finsse, t. XIA'lii. [i. 2f>5. Mars 1016.) "Les albuminates ont été préparés par chauffage de solutions étendues au-dessous de 50°. Les pouvoirs rotatoires observés par l'auteur sont : Alhuiiiinate de NIP N-t K I'r('paré avec une solution d'albuiuiiie — t)7",ô() cl — (34,51 — 51",09 — o5",55 Préparé avec l'albumine coa-ulée — 56°,7 — 52",17 — o7°,09 P. N. J, Lauohde. — tfuR la constitution ue l'aciuith fixe des vins SAINS ET des vins MALADES {C. R. Ac. Sc, t. CLXV, p. 107. Dé- cembre 1917.) En utilisant une méthode d'analyse précédemment décrite (C. /{. Ac. Se, t. CLXV, p. 703. 1017), l'auteur numtre que : 1° On peut actuellement déterminer avec assez de 'précision la constitution de l'acidité fixe des vins ; 2° L'acide lactique tient souvent une \^\i\('o importante dans cette acidité ; 3" L'acide maliiiue et l'acide tarlricpic varient avec l\3rigine du vin et l'inlluence des ferments filiformes, mais le premier est en génér.il pins facilement alhuiné ([uc le second |iar ces fer- Mienls ; 4° l..a pntpdrtion d'acide succini(|uo est |)eu variiible parce «ju'elle ne dépend que de la fermentation alcoolique et que cet acide résiste aux act.ifMis microbiennes, lesquelles n'en produi- sent pas, en (luantité sensible, dans les vins ne nmlenant (jne des traces de sucre. P. N. , Revue Agronoimique 119 FOUSSAT, POUGET ET BOxNiNIER. — LeS VINS d'AlGÉRIE ANORMAUX DE 10i(). {Ann. Falsif. et, Fraudes, t. X, p. 470. Oct. 1017.) Les tableaux indiquent les résultats des analyses effectuées sur soixante-deux échantillons dont seize vins normaux. Les vins anormaux sont caractérisés par une extrême fai- blesse du degré alcoolique ; Facidité totale est faible ; l'extrait sec est normal, mais les cendres sont élevées (ce fait est dû à la faiblesse du degré alcooligfue et de l'acidité). La couleur est excessivement faible. Ces vins sont loin de satisfaire aux règles œnologiques. Ces anomalies sont occasionnées par les conditions clima- tériques de l'année 1016, particulièrement favorables au déve- loppement des maladies cryptogamiques dans certaines régions du département d'Alger. P. N. Cn. Porcher et René Dage. — L'extrait dégraissé délagtosè. {Ann. Falsif. et Fraudes, t. X, p. 458. Oct. 1017.) Les auteurs réfutent les conclusions d'un travail récent d'Ac- Jiermann [Journal Suisse de Pharmacie, 1016, n° 42). Au cours de ce travail, les auteurs publient de nombreuses analyses de lait provenant de vaches normales ou malades. P. N. L. LuTZ. — Le dosage du beurre dans le lait par la méthode Marchand. [Bulletin des Sciences 'pharmacologiques et Indus- trie laitière, 1017, pages 120 et 140.) Le dosage pondéral du beurre dans des laits pasteurisés présentait des différences en plus de 6 à 8 gr, par litre avec les chiffres fournis par Tappareil Marchand, L'auteur explique ce fait par l'acidité des laits exam.inés ; il critique le chauffage du butyromètre à 40" et propose de modifier de la manière suivante le procédé de dosage alcalino-butyrométrique de Marchand. 1" Battre soigneusement le lait à analyser de manière à bien émulsionner la couche de crème surnageante ; faire une prise d'environ 50 cmc ; 2° Neutraliser avec de la soude 1/10 (en général 4 à 5 gouttes) €11 utilisant la phtaléine comme indicateur ; 3° Introduire 10 cmc de lait neutralisé dans l'appareil Mar- chand, puis 2 gouttes de soude caustique à 15 0/0. Agiter ; 4" Verser l'éther jusqu'au trait 2 de l'appareil ; boucher et agiter vigoureusement ; 5° Verser de l'alcool à 86° jusqu'au trait 3 ; boucher et agiter vigoureusement ; puis renverser lentement le butyromètre à 5 ou 6 reprises afin de faire traverser chaque fois la couche éthéro-alcoolique par le liquide aqueux. Abandonner au repos à la température de 20". La séparation des trois couches peut être considérée comme i'^*!' Revue Agronomique coniplèlo après une heure, mais on peut attendre davantage sans inronvénient. On lit le volume occur)L' par le beurre comme dans la métliudc Marchand. Fax (>i>t''rant ainsi raiitour n'a olilenu. comparativement à la méthode pondérale, que des dillérences de '^iv. 20 en moyenne et gr, 40 au maximum par litre de lait. P. N. RiCARDON. — Le « PLOMBAliE » DU Ollll. Anil. (1rs h^ilsif. rt des F r nu (les, t. X, p. 536. Dec. 1017.) L'auteur signale une pratique qui consiste à introduire dai^s les cuirs de la gélatine, invcipitée ensuite par le formol. Le cuir devient ainsi un cuir l'ourré piir introducti<»ii de cuir arti- ficiel dans le cuir. Les cuirs « jd(»mbés » donnent un extrait soluble nctruial, des , cendres normales ; les cuirs ainsi traités se trouvent générale- ment surclassés par la détermination du coefticient azoté. La question d'un mode analytiiine efficace poui' déceler cette nou- velle fraude est jusqu'à présent demeurée sans résultat. P. N. CllLMIE VKCiKTALR E. I^ANTANEI.UI. — .\UTOI)I(a:sTlo\ DU HAISIN. (Le 'SIdZ. Sj)rr. (t(fi\ ildl., p. 7,s:{. loi.").) I)ans le raisin miu" détaché de la vigne, il se j)roiluil une auto- digestion de l'albumine et une destruction des sucres et des acides dans un but respiratitire, surtout si le raisin est main- tenu immei'ué dans re.ni. h.ins ce dei'uier cas. il se ]irodiiit de l'alcool. 1>. N. fc>ToKi,ASA. L'ion i'otassium PAirricii'K-T-ii. a la synthI-'-sk des ALiii.NnNoioKs dans i.a cErj.uLE vÉciÉTArj-: ? Didclieni, Zeils- chrift, t LWIIL p. loT 101(5.; Stoklasa. — Sur les relations entke la itKsmii'iinN ok l'ion K ET LA PMÉSKNCR DE l'ION A'a CMKZ LA l!KT TLlt AV K. [ IHorhc III , Zriisrhrifl. I. LXXIil. p. •:<;n lOKi.j F.,'autcuf diins ces deux UH'nioiiTs a étudié l'action des sels de potiissium sur la formation des albuminoïdes chez les microbes et a étmdu ses expériences à la betterave. L'absence de potassium dans le milieu de culture [)rovoque dans la bette- ra\<' un trouble anatoniique et hi^lol(i^n(]ue : In plante se déve- lo|)|M' mal cl lit |irodiiclion de suci'c. (l'azolf lnt.'d et d'albu- minoïdes diminue notablement. Revuk Agronomique 121 Jusqu'à une concentration de 1/10 de molécule par litre l'action des chlorures alcalins est favorable. Au-dessus de cette concentration la production absolue de saccharose diminue, mais la teneur pour cent reste la même. L'auteur a reconnu éga- lement l'action favorisante du carbonate de chaux qui, outre son action particulière, neutralise l'action nocive des chlorures alca- lins lorsqu'ils sont en trop farte concentration. Le chlorure de calcium donne des résultats analogues à ceux du carbonate de chaux. P. N. G. André. — Sur le rapport qui existe dans les tissus végé- taux ENTRE LES ÉLÉMENTS ACIDES ET LES ÉLÉMENTS BASIQUES, {Bull. Soc. Chim., t. XXI, p. 258. Nov. 1917.) Il est généralement admis que les racines des plantes emprun- tent au sol des substances purement minérales sous forme saline : nitrates, phosphates, sulfates, chlorures (les légumi- neuses sont laissées de côté par l'auteur comme étant capables de soustraire directement à l'atmosphère l'azote dont elles ont besoin). Cependant Warington {Ann. Agronom. 1900, t. XXVI, p. 246) a montré que la plupart du temps les acides minéraux du végétal sont en excès sur les bases et il en déduisait qu'une certaine proportion des bases retournait au sol par voie d'exos- mose ou d'excrétion, notamment à partir de la maturation. L'auteur a pris comme sujets d'expérience, l'orge, le lin, la caméline, le carthame, la nigelle et la spergule. La teneur en azote, en acides minéraux et en bases était déterminée à divers stades du développement et les analyses portaient à chaque fois sur cent plantes. Les acides (P^O^, SO^, CI et l'azote total) et les bases (CaO, MgO, K20, Na^O) sont, après le dosage pondéral, représentés par la quantité d'azote du nitrate qui serait nécessaire pour obtenir soit la même acidité, soit la même alcalinité. Dans les cinq premières espèces végétales expérimentées, l'auteur a constaté ainsi qu'il existe de l'azote non représenté par des bases (soit un excès d'acides et d'azote sur les bases). Cet excès augmente notablement au cours de la végétation. Dans le cas de la spergule, il y a d'abord un excès d'azote par rapport aux bases, puis un défaut d'azote qui augmente au cours de la végétation. . Dans le cas de l'orge, il y a 45 0/0 de l'azote qui a pénétré dans la plante sous une forme autre que celle de l'azote nitrique, ou bien 45 0/0 des bases absorbées sous forme de nitrates ont disparu. L'auteur trouve la théorie de l'excrétion minérale insuffisante pour expliquer ce chiffre. Le sulfate d'ammoniaque distribué comme engrais, l'ammoniaque atmosphérique, et surtout l'azote organique de l'humus servent donc bien directement à la nutri- tion végétale. P. N. Ui* Revue A«ro.nomique ETABLISSEMENTS DE llECHEilCllES Commission des voies et moyens pour pekmetthe aux jeunes GENS venant du FRONT d'aCHEVER L£URS ÉTUDES o'iNGÉNIEUR. {Bull. Soc. d'Encour. lad. -V'.7., i. CXX\ JJl. p. l^A. Dec. 1917.) ]^cs jeunes geiis dont les études ont été interrompues à la mobilisation ne pourront pas tous passer jiar les écoles dont ils auraient été normalement les élèves. Pi'essés de rattraper le temps perdu, beaucoup d'entre eux entreront directement dans le commerce et l'industrie et risciueront de s"y perdre, si on ne s'occni)e pas d'assurer leur formation technique. La Société d"Encour;i^('ment jmmij' l'industrie >s'ationale a réuni pour l'élude de cette 'question une ('commission sous la présidence de M. Le Chatelier. Le bulletin de décem-itre 1017 contient les procès-ver- baux de cette Commission et un rapport de M. Lai'oin. L'action entreprise i»ar la Société!- avait un double but : d'une part inciter et aider au besoin les écoles à préparer pour leiu's élèves revenant du front des facilités d'instruction rapide ; d'au- tre part, faciliter l'aclièvement de leur instruction à ceux des jeunes gens qui ne pourront passer par les écoles et entreront immédiatement dans l'industrie. D'une enquête faite auprès des Ecoles, il résulte que la plu- part d'entre elles se sont déjà occupées de cette question. Les initiatives les plus intéressantes sont : 1° \h\ raccourcissement des études qui peut aller jusqu'à la moitié du temps normal restant à faire ; 2° Des facilités spéciales d<»nnées pour la partie admini^ra- tive de l'enseignement ; 3" Création de concours dans lesquels une proportion déter- minée de places serait réservée aux mobilisés ; 4" Avantages accordés aux mobilisés pour les examens d'en- trée et l'obtention des diplômes, soit sous forme de majoration des notes d'examens, soit en les dispensant de certaines épreuves de mémoire. Enfin, les jeunes gens revenant du Iront et eilVctivemeiil engagés dans l'industrie pourront compléter leurs études par un U'avail personiiel sur des livres bien dioisis et suivaid un pn»- gramme déterminé. I^es organes (l'enseign<'nieiifs seraient l'école l)ar corresp('ii(|;inr»', l'érdlo jocilc suhxt'iiliniméc un Ifs cours oraux publics. La Société d'Encouragement continue l'élude de cette impor- tante question «'t publiera, dans son bulletin, la suit<» des tra- vaux de l.'i Commission. P. N. Revue Agronomique l-^;; H. HiTiER. — La rééducation agricole des mutilés de guerre. {Bull. Soc. Encour. Ind. nat., t. CXXVIII, p. 453. Dec. 1917.) L"'auteur indique les résultats obtenus à l'Ecole d'Agriculture de Sandar près Lyon, à Notre-Dame-de-la-Mère près Vernon, au Centre d'appareil] ag-e et de rééducation de Lyon, à Juvisy- sur-Orge (Seine-et-Oise). Enfin l'auteur signale la cure agricole des blessés de guerre. P. N. Georges Lemoiine. — L'enseigiNement agricole liure. {Bull. Soc. Encour. Ind. nat., t. CXXVlll, p. 207. Cet. 1017.) L'auteur énumère les écoles libres d'agriculture, indique som- mairement leurs programmes d'étude, les conditions d'admis- sion, etc. En outre, plusieurs établissements libres d'enseigne- ment primaire supérieur ont adjoint à leurs classes des leçons Q'agriculture ; enfin en 1013, il a été créé un enseignement agricole postscolaire par correspondance. L'auteur montre qu'à côté de l'enseignement agricole officiel donné par l'Etat, renseignement agricole libre contribue à dif- fuser les connaissances scientifiques. L'enseignement agricole libre a trouvé un puissant appui dans deux grandes associa- tions : la Société des Agriculteurs de France et les Unions régionales des syndicats agricoles. P. N. G. Wéry. — Les Etablissements scientifiques de recherches •-. agricoles en FRANCE ET A l'étranger {BulL Soc. EiicouT. Ind. nat., t. GXXVIII, p. 170. Oct. 1917.) GENIE RURAL Revue de culture mécanique. M. Ringelmann. {Bull. Soc. Enc. Ind. nat. Janvier-février 1917.) Utilisation en France des tracteurs américains. L'industrie française ne peut pas livrer à beaucoup près les tracteurs nécessaires à notre culture. Il nous faut acheter le plus grand nombre de ces appareils aux Etats-Unis. L'auteur indique comment en tirer le meilleur parti. En Amérique les sols, faciles à travailler, ne demandent pour une charrue à trois raies et un labour de 13 à 17 c/m qu'une traction de 485 à 635 kilos. En France, la même charrue réclame dans les mêmes conditions de profondeur de 600 à 950 kilos, et jusqu'à 1270 kilos, dans nos terres difficiles. Il faut réduire le nombre de socs ou la profondeur pour limiter à 000 kilos l'effort de traction. m Revue Agronomique Mduiitisr ulilisdliitn d'il II iraclrur. Par suite «lu ti'dp j^rand ra>uii d'action du Syndicat du S.-E., pour un travail utile de 1)2 jours, le tracteur s'est déplacé 34 jours. L'auteur indi(|ue ((inime maximum de rayon d'action d'un trac- teur le cliillre de 1 km 500. Tractf'ur Avorij 2~) IIP. 1 racirur Case 20 HP. AutoiiinOilc (le lourisiiic Iniiisforiuée en tracteur (syst. de Salvert). L. V. XOTES IJE CULTURE MÉCANIQUE. D' ( 1. t'-HAl VEAU, itèhUteur (Paris, Baillière, 1017.) Après un rappel succinct des « notions élémentaires que pos- sède d'ordinaire tout homme qui s'intéresse à la terre », sur les propriétés mécaniques et culturales du sol arable, le but des la«,-"tns et les maclunes qui les elleclueiit ,après une étude de la substitution de l'énergie mécanique à l'énerg-ie animale et une comparaison des moteurs animés et inanimés, l'auteur expose les conditions de i)r()(lu(ii(in du travail par les moteurs divers (à vapeur, à exi)li)si()n, électriques, hydrauliciues, éoliens) et riiist()riublics ou concours de 1000, 1011, 1012, 1013, lOl'i, li)15, lOK), puis «1 examine la situa- tion actuelle de la motoculture, ce qui a été fait pour l'encou- rager et ce qu'à son sens il conviendrait de faire. Jl donne entlii le résultat d'une enquête faite i)ar voie de questionnaire près de professeurs, agr(»nomes et agriculteurs autorisés. Voici ce questionnaire, et parmi une soixantaine de rép(»nses, celle qu'y a faite M. Max ningelmann, directeur de la Station d'Kssais de machines, i)rofesseur de tlénie rural à l'Ins- titut agrononiiqne : 1" Que pensez-iiou.s de la snhslilulldii de Vèiirvfiir nu^ranique à l'ènerr/ie animale ? a) au point de vue inécanijjue : elle est obligatoire à cause de la gueri'e. /) .lu point de vue de la qualité du travail : le problème se pose ainsi : faut-il labourer mécaniquement ou laisser beaucoiip de terres en friche ? 2" (Wotiez-vous que les eultirateurs seront rapideinent con- vaincus de la nécessité de cette substitution ? ils sont en majeure partie flans l'oliliijnfion d'ojiérer cette substitution. :î" Ouf'h seraient les nunjens les plus efficaces d'encourager l'adoption des appareils de culture mécanique ? Groupements, .^vndicats. Subventions. Revue Agronomique 1-2ô A" Certains appareils existants répondent-ils aux nécessités de la culture ? Oui. Le travail du docteur Chauveau se termine par la liste des brevets français et étrangers et un index bibliographique relatifs .à la culture mécanique. L. V. PHYTOPATHOLOGIE. — ENNEMIS DES PLANTES Les Principaux Mammifères insectivores de France. Sont-ils PLUS NUISIBLES Qu'uTiLES ? par L. BouTAN. {BuU. Soc. Zool. Agric, Bordeaux', iOig, n"' 3 et 4, pp. 27 à 31, n"^ 5 et 6, pp. 33 à 37, n° 7 et 8, pp. 49 à 57). Les principaux mammifères insectivores qui vivent en France :Sont : la taupe, la musaraigne et le hérisson. La taupe est de beaucoup le type le plus connu de nos insec- tivores; c'est le mammifère le mieux adapté à la vie de fouisseur souterrain, grâce à son museau particulier et à ses membres antérieurs qui lui permettent de nager dans le sol meuble. Elle passe sa vie presque entière sous, la terre, où elle creuse des galeries longues et compliquées. Elle est d'ailleurs très active et très voraee : elle mange, avec avidité, les vers de terre, les larves de coléoptères et de diptères, les coutilières, et, en géné- ral, tous les insectes et toutes les larves qui vivent- dans le sol. Aussi, considérée au point de vue général, la taupe doit être rangée dans les animaux utiles; pourtant on est obligé de con- venir que pour faire sa besogne utile de chasseur, elle commet de visibles dégâts en formant, dans les prairies par exemple, ces nombreux monticules connus sous le nom de taupinières. L'agri- culture, dans ce cas, est souvent porté à la trouver nuisible et h la faire détruire (taupiers, injection de sulfure de carbone). La musaraigne carrelet et la musette ou crocidur sont, par contre, des mammifères nettement utiles, auxquels le paysan ne peut reprocher que leur lointaine ressemblance avec les souris, sans se douter que, par exemple, la première est une destruc- trice de ces mêmes souris, des campagnols, des insectes et des vers. D'ailleurs on distinguera facilement la musaraigne des souris par ses oreilles minuscules, cachées sous les poils et sa queue courte et quadrangulaire. Le hérisson peut, à l'occasion, à rencontre des insectivores précédents, s'accommoder fort bien comme nourriture, en dehors des insectes, de lait, de fraises, de poires, et surtout de pêches dont il s'est montré friand. Aussi peut-on se demander s'il est utile ou nuisible. Notons, à sa défense, que le D*" Feytaud a constaté qu'il était' grand mangeur d'OtiorJiynque sillonné, coléoptère qui a ravagé en 1914 les vignobles 'de l'île d'Oléron; aussi cet entomologiste en a-t-il conseillé l'importation dans les vignobles contaminés. 12(» Revue Agronomique En résumé : Qu^on se débarrasse des taupes, lorsqu'elles bouleversent nos prairies, qu'on éloigne les hérissons, lorsqu'ils ont i>ris trop de goût aux fruits du jardin, soit ; mais, qu'on respeiîte au moins les musaraiirni's et qu'on ne les extermine pas en crovant tuer des souris. P. V. La LiTTE contre les sauterelles dans les divers pays. Intro- duction de .1. M. Saulnier; Rédaction par le prof. Trinciiieri, 185 p. Institut Iiitern. dWgric, Home, ll>l(i. L'I. T. A. vient de faire paraître un ensemble de documents recueillis au cours d'une enquête faite, dans chaque pays, auprès des services compétents, sur la bioloirie des orthoptères migra- teurs, acridides et locustides et sur les moyens de lutte. Après avoir passé en revue l'historique des invasions et la distribution géographique des sauterelles, des détails sont four- nis sur la l)iologie de chaque espèce dans chaque pays ou région qu'elle a visité et dont une list« très complète est donnée, ainsi que rénumération des cultures sur lesquelles s'abattent de pré- férence les armées d'acridiens. Les deux chapitres suivants sont consacrés à l'exposition de tous les procédés mis en œuvre dans les diverses contrées contre ces orthoptères : organisation jiour la lutte (mesures législa- tives et administratives, coinentions internationales, moyens financiers, etc.), moyens de lutte (naturels, mécaniques et physi- ques, chimiques). Dans un dernier chai)itre, TA. insiste sur « l'util ité d'une entente internationale pour la lutte contre les sauterelles ». Enfin le volume est complété par un index biblio'graphique très impor- tant. P. V. Revue de PnYToi>ATHoLO(iiE, par P. "Vayssière. {Rev. Gén. Se. pures et appl., n" 2. jl .")!, janv. 191.")). Dans un jiremier pnragra]the, TA. <-onsidère les faits géné- raux relatit's à la phylopaMiologie (Service des Epiphytit^, Con- grès de Pathologie comparée. Société de Pathologie végétale, etc.) Les paragraphes suivants sont consacrés chacun à l'étude d'un ennemi des ])lantes ou d'une maladie cryptogamique dont il a été question ces dernières années : V/rrnja purchasi et son enne- mi le Novius cardinalis, le Diaspis pentaqona, la Cochylis eÇ VEudéniis, les fJ paris disjxir et rhnjsorrfittra, la teigne de la pomme de tei-re, Itîs campagnols, les maladies cryptogami(pies des céréales, l'oïiiium brun ilu groseillier, le mildif)u de la vigne. L'emploi des arsenicaux en agriculture, vu son importance, a nécessité des détails intéressants; dr mémo les tentati\es d'ac- climatation en l'Yance de (ihiiidiini gufttiln, iiiollnsijue mexicain qui se nourrit à peu près exclusivement de limaces et escargots de toutes sortes. P. V. Revue Agronomique 127 Le régime phytophage bhez les Carabiques. Invasions de ces INSECTES DANS LES CULTURES DE FRAISIERS, par L. LeSNE {Bull. Soc. Path. végét. Fr., T. III, 1", p. 16 à 18, 1916). Tandis que la plupart des carabiques se nourrissent de proie vivante, un certain nombre d'espèces, parmi les Harpaliens et les Féroniens, sont phytophages; aihsi le Zabnis tenebrionides est nuisible aux céréales, les Amara s'attaquent à diverses graines. Mais on peut voir des carabides franchement carnas- siers {Laemostenus terricola, Calathus fuscipes, C. melanoce- phalus, etc.) s'alimenter volontiers avec la pulpe de divers fruits sucrés (poires, bananes, melon, etc.). L'A. signale qu'en iVngieterre on a observé à plusieurs repri- ses que certains de ces carabides carnivores apparaissaient en nombre dans les cultures de fraisiers et se nourrissent des fruits mûrs, causant des dégâts appréciables. Une invasion analogue a eu lieu en France en 1908, près de Gorbeil; mais les cara- bides en question (Ophonus ruficornis, Pterostichus melanarius) ne doivent pas être considérés comme étant nuisibles d'une . manière absolue. Toutefois, il est bon de noter que le paillis dont on recouvre le sol pour éviter que les fruits soient salis,. favorise les dégâts de ces insectes. p ^ Jean Dufrénoy. — Sur les tumeurs du pin maritime. (C. R. Ac. Se, t. GLXVI, u. 355. Février 1918.) Les pins maritimes de la foret d'Arcachon portent en assez grand nombre des tumeurs caulinaires ou radicales. .Sur les tiges d'un an, les tumeurs sont chancreuses et laissent exsu- der, en abondance, de la résine. Les tumeurs âgées peuvent se fermer par des bourrelets cicatriciels et'" ressembler à des nodosités. L'auteur a décelé par l'observation microscopique des amas de micro-organismes colorables par le violet de gentiane ou le bleu de méthylène, et ne se colorant pas par le Gram. L'au- teur a isolé deux bactéries sur milieux artificiels. Les tumeurs étudiées sur le pin maritime sont dilTérentes des tumeurs bactériennes du pin d'Alep. P. N. Imprimerie J. van UlNDERlAELE, 57, rue Ue Pétrograd, Paris. 34' Année N°^ 4-6 AVRIL-JUIN 1917 ANNALES DE LA SCIENCE AOBONOIHIâlJE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE Fondées en t884 par LOUIS GRANDEAU PUBLIÉES TOUS LBS MOIS SOUS LES AUSPICES DU MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE PAR L'ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES DE L'INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE 16, Rue Claude-Bernard - PARIS 4" Série — 6'= Année BERGER-LEVRAULT Éditeurs 5-7, RUE DES BEAUX-ARTS, 5-7 PARIS REDACTION ET ADMINISTRATION 16, RUE CLAUDE-BERNARD, 1(3 PARIS Prix de l'abonnement : Paris, 24 fr. ; Départements et Union Postale. 26 fr. Adresser les Ahonnemnnts à l'Administration, 16, Rue Claud.e-Bernard Toutes les communications sont à adresser, selon qu'elles concernent L'ASSOCIATION , la RÉDACTIOn, l' ADMINISTRATION et la PUBLICfTÉ : 76, Rue Claude-Bernard, PARIS. Sommaire des n ' 4-6 - Avril-Juin 1917 J.-E. Lucas. — A-i/cs piisrs nu coun: do Zootechnie de A. Mallevre. (Ch. IV el V.) E. Kayser et Fr. Rey. — Contribution n létùde des fennetitii el de la fermentation du rfutin. (Première inirtie.) M. Rigolard et L. Rigolard. — Contriliutinn à l'élude agronomique des sols dt( Maroc. Revue Agronomique. Libéralités en faveur de l Enseignement agricole et notamment de i[)istilut national Agronomique. COMITÉ DE RÉDACTION DES ANNALES MM. ,, , ... „„.., j FLAMMARION, GAYON. MANOIN, REUSS. TH. SCHLŒSINO Membres d honneur : j ^ SCHLŒSING FILS. MM, C Président TISSERAND BunBAU ] Vice-Présidents. . . . HENRY l N*"' f Secrétaire délégué . . J.E. LDCAS SKCTIONS PRÉSIDENTS MEMRRF.S SECnÉTAIRBS MM. MM. MV. 1 Agriculture ^CHRIBAUX H. HiTIER. PETIT, DE MONICAULT PLUVINAGE 2 Agriculture coloniale PRUDHOMME CaPUS, DUBARD L. LEFÈVRE 3 Chimie, }thysique, \ météorologie, nii- J OlRARD ANDRÉ, ANGOT, BERTRAND. KAYSER BRUNO crobiologie . . . . ) 4 Économie du bétail. N " MOUSSU, M. VACHER J.-B. LUCAS 5 Économie forestière. HlCKEL ChaNCEREL. Ouinier OERDIL fi Economie rurale, ) mutualité. s()ursiii\ ies (iuji.s les laixuatdii'i's. Kn i-ralilé, mi Carni- vore ou un oniiiivore, à l'rlat de jeune, est un animal normal dont l'appareiJ dif^estil' est eomplùtemenl en i'ei)os. Si i)oni' les carnivores et les omnivores cet état de jeune n'en- traîne pas d'accidents pathologiques, il n'en est |)as de mrine pour la plupart des herbivores, notamment pour les granlui)arl des recherches sur les Cf>nditions de la Huiti'ition de l'animal à jeun ont-elles été laites sur des non-lierhi\orcs ; notons cependant que le la])in s" prèh' fort bien, et sans Ironbles. à ces expériences. .i/rr.i'/vo.v.s />).v.i i//or/;.s cni:/ j:\.\im \l a .ieus Le Carnivore ou l'omnivoie, privé d'aliments, contÎTiue à vivre dans des conditions normales : pour faire face aux besoins d'énerfrie nécessaires à ses fonctions, il (ix\de sa ])roi)re subs- tance ; l'organisme n'ayant pas de grandes réserves en matières hydro-carbonées, la petite quantité de glycogène qu'il contient est consorïimée dès les premiei's jours du jeune ; aussi, i»oui' subsister d.ins cet état de jeune, lui faut-il bientôt utiliser ses matièi'cs gi'asses ou ses matièi-es azotées, seules substances qui s'accumulent en «piantité notable dans le corps. En s'oxydaid, ces mati("'res crasses et azotées lil)èrenl de l'énergie sous iiM'me de cli;i]eur, ce (pii permet à l'animal à jeun d'accomplir sa lonc- tion de calorification, de maiidenir son cor|>s à une lemi>ératm-e constarde jiresque jusfju'an monn^d de la mniM. Il ne faudrait ])as croire cependant que le rôle unicpie de cette énergie ;dnsi dévelo])pée soit celte loiu'lion de calorification : en elTet, avant même d'être utilisée d;ins ce but, ime pai'tie. an moins, de réiu'i'.i,'ie mise e?i liberté par h'S ci)nd»ustions intraoi'- ganiques des matières azotées et des matières forasses, est utilisée pour faire fac« au fonctionnenu'nl {\v^ oi-ganes, au travail pb> - siolo^M<|ue inlei-ne, travail de la circnl.dion. de In res|>ii'.diar tontes les cellules de r<»rganisme. C'est là un point e.ssenti<»l 'ie de l'nrganismc à jeun, c'est-à-dire su prodnetinn de c.h.deur, varie avec la tempéi-alure and)iant<' ; un animal dé|»ens»' <\'m\- tant plus d'énergie, produit d'anlanl pln^ de cli.denr que l;i letu- NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MAULËVRE •?' 1->1 -pérature ambiante est plus basse. Cette remarque qui avait déjà 'été faite par Lavoisier a été (-(mfirmée et précisée depuis. L'expérience faite par Rubner sur un chien à jeun pes^Jit 16 kilogs fixe les idées : dans cette expérience pour une tem- pérature ambiante de 20", la dépense par kilogramme de poids vif et par 24 heures est de 53,5 Calories; [nyuv une température ambiante de 15", la dépense en Calories monte à 63 par kiio^ jour ; enfin, pour une température ambiante de 7"6, cette dépense atteint 83,5 ; si l'on exprime par 100 la dépense de calories pour une température ambiante de 20", on trouve, com- parativement, qu'elle est de 118 à 15" et de 155 à 7°6. Une augmentation anak>gue peut être constatée pour les autres animaux ; cet accroissement est parfois même plus accentué ; ainsi pour le cobaye, si l'on désigne encore par 100 la chaleur excrétée à la température de base qui sera appelée tout à l'heure température critique, la dépense peut atteindre pour des températures ambiantes plus élevées 200 à 250 ; d'une façQn générale, l'augmentation des besoins d'énergie sous Fin^ fluence d'un abaissement de la température ambiante est d'au- tant plus grande que les animaux sont de taille plus réduite. . Si on continue à abaisser la température, les animaux ne peuvent plus faire face à leurs besoins de calorilîcation à moins de se mouvoir, si on les empêche, le frisson physiologique, éqiii^ valant à une contraction musculaire, produit de la chaleur : mais si on refroidit encore davantage le milieu ambiant, la température de l'animal baisse et on entre dans le domaine pathologique : l'animal est menacé de mort par le froid. Si par contre, on augmente la température du milieu amr biant, il est clair que les besoins de chaleur de l'animal vont diminuer ; il semble que, si l'énergie que l'animal produit ser- vait uniquement à la calorifîcation, cette production d'énergie, la vie même devrait s'arrêter chez un animait placé dans un milieu à la température de son corps ; l'expérience prouve le contraire : quand on élève la température ambiante au-delà d'un certain chiffre, au lieu d'une diminution de la production de <"haleur, c'est une augmentation qui se produit ; pour le chien, la production de chaleur par kilog et par 24 heures est de 54,2 Calories à 25", de 56,2 Calories à 'S(y\ soit 101 et 105, si Von prend le chiffre 100 comme terme de com])araison à la tempé- rature de 20". < Température rriliifnf La déy)ense d'énergie, eu fonction de la tenq»érature .mi- -biante, peut donc être représentée par une coiuije passant ]>ar un minimum pour une certaine température ; cette tempéra- ture est ce qu'on appelle, en physiologie, la lp)nprrafurr rriti- qur ; ponr le chien, la température critique est 20". OuanrI la température ambiante augmente, les besoins d'énergie on l;i production de chaleur augmentent très peu ; (piand elle dimi- nue, ces besoins augmentent beaucoup. A la température criticfue, l'énergie (|ui rt>snlte de l'oXNilation i;;;' A.NN Ai.Ks i>i: i.a sciKNrii auhonomkkk ilt'a uiatières azotées et des matières crasses de l'urgaiiisme^ tyiergie qui a servi à faire lace au tra\ail Innctionnel et qui repai'aît linalenienl sous Inrnie de elialeiii', sei't, en même temps^ à maintenir la tempéi'atui'e de l'animal : autrement dit, à la température critique, le besoin de chaleur de Tanimal pour maintenir sa température, est exactement égal à l'énergie re«|uise par le travail fonctionnel des organes. Ouand la température ambiante est inférieure à la tempéra- ture crititiue, l'énergie résultant du travail fonctionnel est infé- rieure à la cpiantilé de chaleur requise pour maintenir' la tem- pérature constante de l'animal qui est obligé de dé]>ensei' plus de chaleur ; cela se fait par un réflexe portant sur la dépense d'énergie des muscles. En fait, on est dans le domaine de la rf'f/ulalion chimique de la température. Si, d'autre part, la température amiiiante dépasse la tempé- rature critique, l'énergie correspondant au travail fonctionnel est supérieure à la quantité de chaleur nécessaire prmr assurer le maintien de la température, l'organisme est obligé de se débarrasser de l'excédent de chaleur produite et cela au moyen de hi ré(/nl(iliini })liijsi(/ur (pii augmente la circulation périphé- rique en envoyant plus de sang à la peau pour qu'elle perde plus de chaleur, et, si cela ne sullit. pas, fait fonctionner les- glandes sudoripares ; mais cette activité plus grande de la cir- culatiftn. cette sécrétion de la sueur accroissent le travail foiu*- tionnel, et pour faire face à cette augmentation, il faut une dépense plus grande d'énergie provenant des matières azotées et des matières grasses. Si l'on continue à augnuMiter la tem- pérature ambiante, l'animal ne pourra plus se débarrasser de rex a nue plus grande dépenlitifui de chaleur ; poiu' l'hoiunu', la le(nj)(''rature crili(|ne appai'enle es! de ir>" : mais en réalité riK)mnu', vêtu, évoluant thms un milieu ambiant à 15", vil dans la couche d'air <|ui sépare ses vêlements de sa i»eau, et diml la lempératmv est de :i2". De même l'état d%'U(iraissement des animaa.r influe sur leui" Ir^iipéralurc cri- ticjue : pour de.-; |)orcs eu b^n (Hat de nuti'ilifni. elle e-l de l*0 à 21" ; |)our (\es porcs très gras, elle tombe à 17", la cunrhe de graisse empèchnid la déperdition de clialcMU". Pnur un animai dnruié la tenq>éralnre critique r-este lixe ipiand il s'a,i.'il d'expr-riences de labnratoire. faites dans un calo- rimètre, dans une «'haudire à res|)irafion oii l'air est calme et l'humidité l'éLrlée : mais dans les ciindilinns ordinaires de la \ ie. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE I^) il faut tenir compte aussi de V ambiance. A une même tempéra- ture, la déperdition de chaleur dans l'air humide est plus forte que dans Tair sec ; par suite, la température critique, pour un animal donné sera plus élevée dans l'air humide que dans l'air sec. La déperdition de chaleur étant aussi plus forte dans un air agité, la température critique sera plus élevée dans un air agité que dans un air calme. Ce qu'il faut retenir de cette, étude, c'est l'existence de cette température critique et le fait qu'à cette température critique les besoins d'énergie de l'animal ne sont pas seulement coudi- tionnés par ses dépenses de calorification mais aussi par les dépenses du travail fonctionnel des organes. liNFLUExNGR DE LA TAILLE Il faut également envisager l'influence de la taille des ani- maux sur leurs besoins d'énergie, sur leur production de cha- leur ; pour éviter l'influence perturbatrice de la température, cm placera les animaux à leur température critique, ou, eh tout -cas, à une température très voisine. Dans ces conditions, on constate que la dépense d'énergie varie avec le poids vif des animaux et que, d'une façon géné- rale, elle est d'autant plus grande que les animaux ont un poids plus élevé Mais elle croit moins vite que le poids, autrement dit si Ton ramène la production de chaleur au kilogramme de poids vif, on constate que cette production unitaire est d'autant plus grande que l'animal pèse moins. Ce fait se véritie pour des animaux d'espèces différentes, aussi bien que pour des ani- maux de même espèce. Voici les chiffres donnés par Rubner pour des chiens : l'iiids vif en kilogr. Calories p.u- kilogr. <^1 '-'4 heures 23,71 40,01 17,70 46,20 0,51 05,10 3,10 88,25 En voici d'autres relatifs- à des espèces diverses : Poids vif en kilogr. Ciiloi'ios p;ir kilogr. el •ii h'nire» Cheval 441 11,3 Porc 128 10,1 Homme 04,3 ' 32,1 Chien 15,2 51,5 Lapin 2 75,1 ' , Poule 2 71,0 -> Souris 0,018 510,8 ; ] i;l', ANNALES I>K I.A Si:iENf:E AGRONOMIOUB Huiiiid on coiusidère l'énerKif dépensée pur le.< animaux comme devant Jaij-e lace aux liesoins de la calorilicalion,. comme servant à maiidenii' la température du corps, ce résul- tat s'explique aisément : en elTet, les déperditions de chaleur des aiiiinaux ne s(int i>as en l'apport avec leur pitids vit, mais avec leur surface de contact avec le milieu ambiant ; il est donc naturel (|u"elles soient plus faibles, ramenées à un même poids, pour les liros animaux (|ue pour les petits puisque, par unité de poids, les gros anitiunix ont une surface plus réduite que les petits. 1 >/'})(■ use par m rire carré et vingt-quatre heures. Il est éfralemenl assez iialurcl ([uc, si au lieu de rapporter lu dépense d'énergie des animaux à l'unité de poids, on la rap- porte maintenant à l'unité de surface de la peau, le résultat soit tout dilTérent : par mètre carré de surface de peau et pai- 2'j heiu'cs, la production tle chaleur ne varie (jue dans des limi- tes très étroites, (pielle que soit la taille ou l'espèce des ani- maux ; pour les chiens, elle oscille entre 1.100 et 1.200 calories: pour des animaux d'espèces diverses, elle reste dans le même ordre de grandeurs, entre 000 et i.200 calories. On peut donc dire que la dépense d'énergie, de chaleur [)ai* unité de surface des aiiiniiMix à l'état de jeune et à la température criticpie est à peu de chose près la même ; ou bien que la dépense de chaleur est à peu i)rès pro[)ortionnelle à l.i surface du corps des ani- maux. On peu! admettre en fait uîU' moyenne de I.IOO calories par mèti'e carré cl par 2\ iieui'es. Il faut toutef(jis faii'e l'emarcjuer que suivant l'individualité des animaux, cette dépense i)ar mètre carré de surface varie quetrfue jxm ; elle dépend de la constitution histologique de l'ajiimal et aussi de son état d'eidraînement. Un oi'ganisme entraîné, homme, chien nu cheval, dépense plus qu'un orga- nisme dont les muscles n'ont ]>as^té soumis à un exercice mé- thodi<|ue, la différence est de 10 0/0 environ ; de même, les ani- maux (|ui ont une couche de graisse très forte, dépensent un peu moins que les autres. A la t(Mnpéralure rr'itique à la(|uelle on fait ces observations, la fhaleur nécessaire |»()iu' le maintien de la température est égale au travail fonctionnel des organes ; cebii-ci est donc aussi prof»ortioimel, non au poitls vif, mais à la sui'face des animaux; c'est-à-dire (|ue, \\nv unité de poids vif, l'éntM'gie nécessaire au travail fomlionnel est plus élevée ])Our les petits animaux (pie pour les grands. On peut dès lors aflii-mer f|U(^ l'activité des organes chez les jietits animaux est beaucoup plus intense (pie chez les gros ; et l'on peut en concevoir une explication si l'on songe à la doc- trine darwiniste : pour échapper à leurs ennemis, les petits animaux doivent êli-e en mesure de faire fonctitmiier leurs organes d'une fa(;on plus intense (jiie les gros animaux. NOTES PRISES AU COURS DK Z()()Tl-:( ;HM [■: DE A. MALLHVRK t.i> Détermination de la surface. — La surface du corps des ani- maux ayant une influence primordiale sur l'activité des organes et les dépenses de l'organisme, il y aurait intérêt à pouvoir la déterminer aisément, or, c'est une opération très délicate, on a donc cherché à simplifier le problème. On a supposé, ce qui, d'ailleurs, n'est pas généralement exact, que les animaux d'une même espèce, ayant une conformation très analogue, devaient se comporter au point de vue de leurs surfaces respectives comme des solides géométriquement semblables ; on démontre, en firéométrie que si des solides sont géométriquement sembla- bles, leurs surfaces respectives sont proportionnelles aux puis- sances 2/3 de leurs volumes. On a donc : S = k. \' -''.^ ' En admettant comme exact i|ue, dans une même espèce, la densité ne varie pas, les volumes étant proportionnels au poids, on peut écrire que les surfaces sont aussi proportionnelles aux puissances 2/3 des poids, c'est-à-dire : S = K. P -/3 8i donc l'on détermine une fois pour toutes la constance K, il est possible, connaissant le poids vif d'un animal, de calculer sa surface. PoiiF obtenir cette constante K, il suffit de mesurer une sur- face et un poids vif. Pour déterminer la surface, on emploie des moyens divers : quand on peut abattre les animaux, on me- sure leur peau sans trop l'étirer; quand on les conserve vivants, on se sert d'un papier homog-ène que l'on applique exactement sur le corps ,ee second procédé est plus précis. Pouf le poids il suffît d'une bascule o\\ d'une balance suivant l'ani- mal. Naturellement, K n'est pas absolument fixe "dans une même espèce, la conformation des animaux n'étant pas tou- jours identicfue, particulièrement pour nos espèces domestiques dont le polymorphisme est très accentué. En prenant des précautions, on arrive, en fait, à des résul- tats assez concordants ; — les chiffres obtenus sont les sui- vants, S étant exprimé en décimètres carrés, et P en kilogram- mes. S (dm-) Valeur de K = ), P 2/3 (ligr ) Homme Ï2,^ à 12,*^ Cheval 9,02 Bœuf 8,9 à 10,5 Porc 8,7 Chien 10,3 à 1 1,2 Cobaye 8,5 à 8,0 t--apin 11 à 12- • Souris 11,4 Poule 10,45 :: i;]»i ANNALES m; I.A SCI^NCi; A(;i\(lN()MlMIK En supposant un bovidé de 500 kilogs de poids \iJ, su surface avec le Vd'fficient minimum est de : S.OX 500 2/3 " 5 m-, 01 si l'on i»ivnd l'autre valeur exLrènu' de la constante, elle est de 10,5X500 2 '3 - m-' 71 de sorte qu'en moyenne, la suiMace d'un IiomiI d»- r><.M» kilogs oscille autour de m-. Si l'on admet que la (léi)ense du bovidé à Jeun et [ku- mètre carré de surface en 24 heures est de 1100 Calories, il dépense IKK) X ♦• = <»00() Cijories En somme, les dépenses d'un an-mal à jeun sont céiilées avant t^uit, d'une part, par la température ambiante, et d'autre part, par la surface de cet animal; à cùté de ces deux facteurs, il en existe beaucouj» d'autres, mais ils ont une importiiK'e quantitative beaucou}» moindre. ML'TATJOXS MMEHIEIJ.ES ( IIIIZ i:\SIM.\L .1 .lEl'S Quand on connaît t-es mutations dynamiques, on ]>eut aisé- ment passer aux besoins de matières azotées et de matièr^es grasses qui doivent être oxydées dans le cor]»s de l'animal. Si l'on désigne par MA le nf»mbre de grammes de matières albuminoïdes désassimilées par l'animal à jeun, et i>ar MG Je nombre de grammes de matières grasses désassimib'n's |)ar ce même animal, un peut éci'ire que MA et M(i doivent Milislaire à la conditirm que voici : 4,1 X MA + l>,4 X M(t - 1.100 X S 4,1 étant la valem* calorifique de la matière azotée 0,4 la vab'ui' ca]oi'ili(|ut' de la matière grasse 1.10(J, .la jterte de chaleur en calories jiar' '2\ hciii-c- f\ mètre oarré de surface de l'animal. S, sa surface en mètres carrés. I.KM) ou à : MA -f 2;.\ M(i = - — - x S 4,1 en d'autres termes, la Miuime des matièi'cs azoti'es et des ma- tières grasses désassimilées est à très peu c(mstatde par mètre oarré e( vingt-(iuatre heures, à condition d'exiirimei-. dans le total, les matières grasses par* leui' poids iso-d\ riauiique de matières azotées. NOTES PRISES Al- COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE V\'i l'n seul lu'ohlème reste à résoudre, il faut déterminer la part de matières azotées et la part de matières grasses requises pen- dant le jeûne pour la production de l'énergie totale. En faisant le bilan des matières azotées et des matières :?rasses contenues dans l'organisme, on a pu déterminer cette part et arriver à ce résultat que, généralement, la part des ma- tières grasses dans la production de chaleur ou la dépense d'énergie est très supérieure à la part des matières azotées, c'est-à-dire que l'organisme, pour trouver l'énergie nécessaire, s'adresse aux matières grasses de préférence. Cela s'explique : puisque les matières grasses sont des matières de réserve, tan- dis que/les matières azotées sont la partie vivante de l'orga- nisme, celui-ci a intérêt à dépenser ses réserves et à ne pas at- taquer sa propre substance. Toutefois, la part des matières grasses et des matières azo- tées dans la dépense d'énergie ne reste pas constante : la part des matières grasses est d'autant plus élevée que l'animal a des réserves de graisse plus grandes. C'est ce qui ressort des expériences de Hubner, sur le chien, résumées dans ce ta- bleau : Sur 100 caloi'ios Caloi'ies il en ])rovifnt : p^i- kilogr. et 24 heures de MA do Mci Chien gras '. 59,9 6,i 93,9 Chien maigre 58,6 14,4 85,0 . Chien très maigre 52 16,7 83,8 Quand on admet que les besoins d'énergie de l'animal à jeun sont surtout réglés par la fonction de calorification, il semble tout naturel que l'animal brûle indifféremment des matières grasses ou azotées, puisque, dans les deux cas, c'est de la cha- leur qu'on obtient. Les animaux ainsi examinés étant à la température critique oii la production de chaleur requise pour le maintien de la température dans le corps est égale à l'énergie pour le travail fonctionnel des organes, on interprète ce résultat en disant que l'animal peut utiliser, pour la plus grande part du travail fonc- tionnel des organes, de l'énergie provenant des matières gras- ses. Donc, le travail des organes peut s'accomplir aux dépens d'énergie provenant d'autre chose que la matière vivante pro- prement dite. D'ailleurs, les matières azotées peuvent aussi fournir cette énergie à défaut des matières grasses; on en a la preuve par l'observation suivante. Quand on continue longtemps le jeûne, et que, pour observer les échanges, on part d'animaux qui ne sont pas très, gras, il arrive que ces animaux dépensent toute leur réserve de graisse, à tel point qu'à leur mort le corps ne contient plus que quelques grammes de matières solubles dans l'éther. A ce moment d'usure, l'animal, pour maintenir sa tem- pérature ou faire face au travail des organes, augmente sa dé- \:'>S ANNALES DK 1^\ St.lK.NCK ACillU.NUMK^UE î^ussimilat^on de matières azotées; pour chaque gramme de ma- tières grasses qu'il u'a plus à sa disposition, il doit oxyder 2 gr. y de matières azotées, aussi la désaii.similation est-elle rapide et l'auimal ayant épuisé toutes ses réserves, maigrit très vite et meurt. (le profédé a été utilisé pour débarrasser les animaux de leur graisse et faire ferlaines expériences sur l'origine des graisses lit' l'iirganisme. Kn rcsurjié, l'organisHU' peut trou\er l'énergie dont il a be- soin pour l'accomplissement de ses fonctions aussi bien dans les matières grasses que dans les matières azotées qui peu¥ent se substituer les unes aux autres suivant des poids iso-dyna- mif[ues. » CHAPITRE CINQUIEME NUTRITION ORGANIQUE CHEZ L'ANIMAL ALIMENTÉ AU REPOS ET A L'ÉTAT D'ENTRETIEN Chez ranimai adulte au repus et à l'état d'entretien, c'est-à-dire- ne gagnant ni ne perdant de sa substance, de matfères azotées ou de matières grasses, tous les principes nutritifs digestibles con- tenus dans la ration sont oxydés jusqu'aux produits ultimes d'excrétion ; pendant cette oxydation, de l'énergie se libère et est utilisée pour le travail fonctionnel et*les besoins de la calorilica- tion. Le poids vif de l'animal, permet de reconnaître facilement s'il reste à l'état d'entretien. Mais il faut avoir soin d'observer ce poids vif durant des périodes assez longues parce qu'il peut varier dans de larges limites sans que l'organisme ne gagne, ni ne perde rien ; ces variations dues à ce que les excréments sont re jetés plus ou moins régulièrement, et à ce que l'animal absorbe des quantités plus ou moins abondantes d'eau, peuvent atteindre jusqu'à 3 et 5 0/0 du poids de l'animal ; quand l'exa- men dure assez longtemî^»s, il est facile de constater si les oscil- lations du poids vif sont de cette nature, c'est-à-dire momenta- nées et si la courbe qu'elles permettent de dresser demeure,, somme toutje, voisine de l'horizontale. MUTATIONS DYNAMIQUES CHEZ L ANIMAL A L'ENTRETIEN INFLUENCE DU TRAVAIL DE DIGESTION L'examen de la dépense d'énergie, de la production de chaleur chez l'animal qui consomme une ration d'entretien, permet de constater qu'à la température critique, ou à une température voi- sine, cette production de chaleur est toujours plus élevée que chez l'animal à l'état de jeiine. D'autre part, l'accroissement de la dépense d'énergie chez ies^ animaux alimentés à l'entretien par rapport aux animaux à jeuj* est beaucoup plus marqué pour les herbivores, ruminants ou so- lipèd«s, qui consomment un aliment grossier, riche en élémeiats ligneux, cpMe pour les carnivores ou omnivores qui n'ingèpent. i in .\.N.\.\i.Ks i)i: i.A stiiK.NCi: M.HoMiMiij;, ]•: piAir ainsi dire, que des alinieiils ('oncenlrûs. pamres en cellu- lose : pour les animaux carnivores ou omnixores. raugmentation est de ï:^ à -20 0, la d.'-pense i)assant de 1100 à 12OO-1400 Calories par mètre carré de surlace et par 2i heures, pc»ur les herbivores, la dépense passe d'environ laoo à 2000-2400 Calories, soit une auiimentation d'environ 70 0/0. Si la dépense d'énergie est plus grande chez l'animal à l'entre- tien, c'est que son api)areil de digestion fonctitmne au lieu d'être au repos ; un supjilément s'ajoute, de ce fait, à l'énergie mini- mum correspondant au travail lonctit»nnel à jeun. Le travail de digestion comprend la préhension des ali-^^ ments. la mastication, la salivation, la déglutition, le j)éristHl- tisme, le travail des glandes de Testomac et de Tintestin, celui du foie et du pancréas, entiii le travail d'absorption et d'assimila- tion. 11 est aisé de démontrer que l'ensemble de ces travaux en- traîne une augmentation des dépenses : Si l'on injecte, dans une petite veine, du glucose, sucre du sang-, en quantité presque suffisante pour assurer l'entretien d'un animal, on constate que l'organisme ne dépense pas plus d'éner- gie qu'à l'état de jeûne ; si cette même quantité de glucose est donnée par l'estomac, immédiatement l'animal dépense davan- tage parce fine le tube digestif se met à fonctionner. Le travail de la digestion peut rncore être démontré, en faisant fonctionner l'appareil digestif en l'absence de tout aliment, c'est la fameuse ex|»ériencc du re|»as llctif imaginée par PavlolV ; On sectionne l'œsophage d'un chien et on amène les deux extrémités extérieurement sur )e cou ; l'animal se nourrit quand on intro- duit des aliments par roriflce qui correspond à l'estomac, par contre, quand il déglutit sa nourriture, il la rejette presque aus- sitôt, ]iar l'autre orifice, dans ce cas, son appareil digestif et toutes les glandes de l'appareil fonctionnent néanmoins ]>ar ac- tion réflexe,- — d'ailleurs Pavlolf utilisait ce moyen pour se pro- curer du suc digestif pur. — Si on place l'animal auquel on a a fait faire ini tel repas fictif dans le calorimètre, on constat»^ (pic, dans les trois lieiu'cs tjui suiveid, la dépense d'énergie est de Yt 0/0 supérieure à ce (|u'elle était pour l'animal à jeun : l'iuig- meulatiiiii iic peut être atlribuée qu'au travail de digestion. C'est aussi eu raison de i-o même travail, que les lierltivores, qui c(»nsommcnf des aliment'* jdiis grossiers, dépcnscnl plus t|uc les carnivores ou les omnivores. Lr Iravail de la digestion est beaucftup plus i)énitilc imiir ces aliments grossiers que pour des aliments con<'cufrê> : la mastication de son foin augmente de :>() ()/() les échanges (Tun «lieval. le Iravail ]térislalli(iue est éga- lement plus considérable, le bnl alimentaire est plus volumineux et conserve plus de déchets. Enfin, l'intervenliitu très .ufioule de la digestion microltiennc i-hvy, les lierhivtires tend à augmenter beauctmp les iiuanlités de chaleur dégagées parla dig'eslion : Smis cette influence, certains pi'incipes. les celluloso digestibles ou les gnmmes. sont li-ans- fnrmées non seulemeid en sucre, mais en gaz des marais, acid<' butyrique, acide acéti<|ue, etc... ; lorsque cette transformation f'U .NOTES l'RISES AU COUHS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 14Ï acides organiques s'opère, une certaine quantité d'énergie se dé- gage sous forme de chaleur de l'ermentation, perdue pour l'orga- nisme ; cette énergie ne peut plus être employée au travail fonc- tionnel, elle peut tout au plus être utilisée pour la calorification quand l'organisme en a besoin, ^ 11 faut donc attribuer au travail plus important de la digestion les dépenses plus grandes des herbivores à l'entretien par rap- port aux carnivores ou aux omnivores. Une expérience faite en 1000 confirme la vérité de cette asser- tion; elle est due à M. Beach, membre de la Station agrono- mique de l'Etat de New-York, et consiste à transformer un her- l)iv()re se nourrissant d'aliments grossiers en un animal vivant d'aliments concentrés tout comme les carnivores, et à montrer que, dans ces conditions, il ne dépense pas plus à l'entretien qu'un Carnivore ou un omnivore. L'origine de cette expérience remonte à une observation de pratique agricole. En 1874, un certain Miller, de l'Etat de New- York, fit savoir que pendant plusieurs années, il avait réussi à maintenir en état un troupeau de vaches pleines, dont les ma- melles étaient au repos, en les nourrissant pendant deux mois environ, à la fin du printemps, avec du maïs finement moulu, aliment très concentré, puisqu'il ne renferme que 2 0/0 de cellu- lose, et dont le coefficient de digestibilité est d'environ 00 0/0. Tout d'abord, les animaux s'étaient montrés inquiets, mais au bout de quelques jours, ils réprenaient leur quiétude, la rumi- nation cessait complètement; les animaux se maintenaient en très bon état; puis, quand on revenait à l'alimentation nor- male, ils recommençaient progressivement à ruminer, et le- moment venu, donnaient des veaux bien constitués. Miller avait été amené à adopter cette nourriture, parce qu'au printemps, le fourrage coûte très cher, tandis que la graine de maïs coûte bon marché; il avait simplement voulu faire des économies. Le fait quand il fut connu parut extraordinaire : on croyait que les ruminants ne pou^■aient vivre sans consommer une cer- taine quantité d'aliments grossiers. Un comité nommé pour con- trôler les assertions de Miller les vérifia : les vaches qui pe- saient 400 kilogs consomfnaient 2 kilogs de maïs par jour; d'au- tres expérimentateurs apportèi'ent leur confirmation, ajoutant qu'avec ce régime, des bœufs et des moutons pouvaient même gagner du poids. On constata cependant qu'on ne peut pas im- punément, en toutes circonstances, priver les herbivores de l'ali- ment grossier, et qu'on ne peut, par exemple, élever des veaux en leur faisant consommer uniquement des aliments concen- trés. Si on ne leur donne pas, au sevrage, une certaine quantité d'aliments grossiers, l'évolution de l'appareil digestif ne peut pas se faire et ils succombent. En basant ses expériences sur ces constatations diverses, Beach, en lOOO, prouva que l'augmentation de dépenses chez les herbivores nourris d'aliments grossiers et à l'entretien, était bien, due au travail de la digestion. 11 opéra sur deux vaches croisées de jersiaise, de faible poids,. I »J ANNALES I)K l-A r^ClENCL \(iUu.N()MiyUE et, piMidanl J;î(i jours ,il iiimnii lune aw-c du loin seul, l'aulre, avec dit la lariiie de maïs seule; iieiidaiil les (>o jours suivants, il reiiv«'rsa rexj)crieiiee. Durant tout ce temps, il lil di'> expériences de diyestilnlilé [>oin- coiijiailre exacienieiu la quantité de matières azotées, de matières grasses, de matières ijydrocarbouées que les animaux e de ce poids vif rede- vient liorizontale; rexplicatii>n en est simple: il n'y a pas de la j)art de l'animal, perte de sultstance, mais simplement diminu- tion du poids des résidus de la digestion contenus dans raj)pa- leil digestif, inversement, quand on revient du ma/s au foin, il y a, (ians les jvremiers jours, une augmentation de-poids vif, par suite de l'auginentation des résidus dans le tulie digestif. Les rations ti'ouvées pour entretenir l'animal en équilibre d.' poids vif furent 5 kg 017 de foin, ou 2 kg 812 de maïs. Comiciissant les principes digestibles conteiuis dans ces ra- tions et la valeur caloriti(pie de ces principes, Reacli put calcu- ler la quantité totale d'énergie correspondant aux principes (Jigestifs oxydés par les animaux dans les deux cas; d'autre part, en utilisant le coeflicient K, il put. d'après le poids des animaux. Mi kilos, calculer ap]»roximati\ emeid la sui'face de ces vaches. Il trouva que, par mètre carré de surface et par 24 heures, la vache nouj^rie avec du foin seul, déjiensait 2170 Cialories, avec du maïs en farine, la (iépeiise était de l;*>7r» Calories; ce dernier chilTi'e est du même r)rdre de grandeur que ceux indiqués \vmv les carnivores. Si l'on représente j>ar 1<>0 la dépense (i'énergie de la vache nourrie au foin, celle de la vac]i(> alinienl(''e au ma'ïs est de <«. Si des herbivijres sont nourris a\ec un mélange d'aliments grossiers et d'aliments concentrés, les dépenses d'énergie s'éta- geront entre celh'S de l'Iierliixon^ nourri d'alimtMits grossiers et cell(>s de riierbivore nourri d'aliments concentrés ou du Carni- vore, (''est ce (|ue Tiin constate quand on se l'eporle aux ancien- nes expériences faites sur Tali ment at ion iU's animaux doîues- lique^ et qui ont été confirmées par i-db's de Ann-^by en Amé- l'iquc. Si (in re|ii'ésente par 100 la ilT-peiiM- dT-nei-gie de bipuf* nour- ris de foin seul, celle dépeîisc s'abaisse à KH quaml la ratinn est r-omposée p'»ur deux cini|uiènii'< d.' fnin et pour trois cinquièmes de grains. ÎjCS conclusions sont analogues pour les chevaux. (^)uani1 mi reprend les cliitTres des exjiériences de \\'olf, de (Irandeau. de lieclen; et de Miintz, on voit que si l'on re]irésenle par 100 \î\ dépense des chevaux à l'entretien nourris de foin seul, cette dé- pense descend h !^0 si la ration est conq>osée de moitié foin et moitié grains, et â 80 si la ration est composée .1." un quart de foin el de trois qiiaiis de forains. Kn i'ésumé, <\ la température critih>si- I '»( ANNALES m-: LA SiilKNCIO A< ilinNuMKjL K (|iif f^l (lillicile, diliveiil Miyai^vi' à jeini, si <>ii \t'iil k-tir éviter les afcidents de clialeiir. Au rniitrairc. lu niarclif des déi»eiises dilTt-re beaiiroup de ce <|ue l'un observe dans Télat de .ieMiie, quand la température am-. biante tombe au-dessous de la température critique du jeune. En pareil cas, à l'état de jeune, la régulalinn chimique intervient immédiatement et les dépenses augmentent rapidement. Il n'en est plus de même chez les animaux alimentés. A la température criti(|ue, l'animal alimenté produit déjà, en raiM.M du travail de la digestion, un excédent de chaleur, cet excédent de chaleui* est faible pour les carnivores et les omni- vores, puisqu'il atteint 200 Calories seulement par mètre carré de surface et 24 heures, mais il est considérable pour les herbi- vores. (liiez les carnivores, l'animal, ayant une certaine quantité de chalein- disponible dont il est obligé de se débarrasser comme d'un excrément, ne va pas pour le maintien de sa température, être oliligé de Taire appel immédiatement à la régulation chi- mi(|ue. si la température ambiante tombe peu au dessous de la tempér-ature critique; malgré cela, les dé|)enses resteront cons- tantes. L'écart de temjjéi'ature pendant leciuel les déi>enses ne croissent pas, pendant lequel l'animal utilise, pour raaiijitenir sa température, la chaleur en excédent résultant du travail de digestittn, sera beaucouj) plus grand chez les herbivores. C'est ce (|ue fait ressortir le schéma (page 145). Ce n'est qu'à partir du moment oi^i l'excédent de chalenu' résul- tant du travail de digestion n'est plus suffisant pour flaire fa("e aux déjienses plus grandes de la calorilication, qu'intM'vient de nouveau la régulatictn chimicjue, vers 15" pour les carnivores et les omnivores, vers .5" pour les herl»ivores ; à paiÉir de ce moment, la situation est analogue à celle des animaux à jeun, puisque l'animal à l'entretien va être obligé de faire appel à la régulation chimique. : * ' Les courbes ci-dessus sont |)urement schématiques/ — en réa- lité, les tem])ératui'es auxquelles inter\ient la régulation chimi- que varient d'un animal à l'autre et suivant des conjitirms très diverses. Toutefois, elles rendent cnmjtte de la marclu- générale de ces i»hénomènes et permettent ainsi de compi'endre les principes fondamentaux de l'alimentatinn et de déterminer la \aleur comparée des aliments. tj Sftus l'influence de la très grande production de éhnleur (hw au travail de la digestion, les herbi\érature que les carniv<»res ru \o< omnivores nourris à l'aide d'aliments concentrés; ils sont moins vile obligés de faire appel à la régulation c.himi(|ue. Ce schéma permet, en outre, de faire d'autres constatations : On a \ii (|irà la températiu'c critique du jeûne, les priiu'ipes lujtritifs renfermes dans les aliments grossiers ord jtour l'en- tretien une valeur mitr-ilive inférieure à celle des mêmes prin- ci|»es cont«'nus dans les aliments concentrés. Cela n'est vrai qu'à la température critique du jeùru' et à une température supé- rieure ; (|uand la lempi-raturc atnbianlc baisse aii-dc^«;i.ii» d.- y NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLEVRE 145 cette température critique, la valeur nutritive des principes nutritifs renfermés dans les aliments grossiers tend à se rap- procher de plus en plus de la valeur nutritive des principes des aliments concentrés. H<'pi-i'scnt:iliiin schi'iii.ilique de la PRODUCTION DE CHALEUR EN FONCTION DE LA TEMPÉRATURE AMBIANTE ET SUIVANT LE RÉGIME ALIMENTAIRE Herbivore^ âl «nlTeUen. 1f ZO' 25' Pour fixer les idées à ce propos, il n'y a qu'à voir ce qui se passe au moment où intervient la régulation chimique, en repre- nant l'expérience de Beach au cours de laquelle les vaches étaient nourries tantôt uniquement avec du foin, tantôt unique- ment avec du maïs : On constate que les bêles nourries uniquement avec du foin pouvaient supporter une température inférieure à la température •I \l', ANNALES VK LA SCIENCE AQHONOMFOUE critique du jeune sans élever leur dépense — et cela malgré un assez ^rand abaissement de la température, qui pouvait descen- dre jusqu'aux environs de 5° — parce que peu à peu, la chaleur cori'espundant nu travail de la digestion se trouvait employée à chaufl'er l'animal. Au contraire, le nombre de Calories n'étant que de 1385 chez les vaches nourries uniquement avec de la farine de maïs, tant que les besoins de chaleur de dépassaient pas 1375 Caktries, c'est-à-dire tant qu'on ne descendait pas sensiblement au delà de 15°, le maïs conservait ses avantages au point de vue de la valeur des principes nutritifs digestibles, mais à pai-tir et au-dessous de 15° la quantité de chaleur produite par la farine de maïs n'était plus suflisante et, pour se maintenir en équilibre, l'animal avait besoin de recevoir une ration de maïs supplé- mentaire, d'autant plus grande (|ue la température ambiante était plus basse: à la température de 5" oi'i l'animal est en équi- libre avec une ration de foin produisant 2.175 Calories, il avait besoin, poui' rester en é(|uilil)re, d'une ration totale de maïs four- nissant aussi 2.i75 Calories; naturellement, entre ces deux limi- tes, la valeur nuti-ilive du maïs jn-end toutes les videurs" inter- médiaires entre celle du foin et celle du maïs à 20'. La conclusion fort imi)ortante à tirer de tout ce qui précède est que, pour les animaux à l'entretien, la valeur nutritive des prin- cipes organiques contenus soit dans les aliments grossiers, soit dans les aliments concentrés, est fonction de la température : fliors qu'à la tem'i:)érature critique du jeûne, les aliments concen- trés ont une valeui' nutritive relativement beaucoup plus grande pour une même somme de principes digestibles, il n'en est plus de même à une température inférieure; à partir du moment où l'organisme fait apiicl à la régulation chimique, la valeui- nutri- tive des 'principes organiques des aliments concentrés n'est pas plus élevée que celle des principes nutritifs des aliments gros- siers il n'.v a i)lus de dilTérence. On peut en déduire une conséquence utilisable dans la pra- tirpjc : quand, pendant l'hiver, les animaux sont amenés à vivre au dehors ou sont exposés à une température ambiante peu éle- vée, il y a intérêt à leur faire consommer des i-alions dans les- quelles figurent d'assez grandes quantités d'aliments grossiers, qui coûtent moins cher que les aliments concentrés, et qui nour- rissent les herbivores, quand la température est basse, toul aussi bien que les aliments concentrés. Il faut d'ailleurs ajouter tout de suite que ce cas est peu fré- quent dans l'utilisation des animaux domestiques; généralement, en effcl, (juand la teinitérature est basse, les animaux \i\ent à l'éliuble. D'autre part, il est rare qu'on garde des animaux à lu ration d'entretien, car, alors, ils dépensent et ne produisent |tas; dans la règle, les animaux consomment des rations deux fois et ijuelquefois trois fois supérieures à celles que réclament leurs besoins d'entretien, dans oe cas, le travail de digestion augmen- tant considérablemfMit. les animaux ont presque toujours à leur disposition j'ius de <:haleur qu'ils n'en ont besoin pour main- tenir leur température e4. n'utilisent pas la régulation chimique; en fait, nri constate chez les animaux producteurs que la Aaleur NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 147 des principes digestibles contenus dans les aliments concentrés est supérieure à celle des principes des aliments grossiers, mêm« aux basses températures. influencp:s diverses J^e travail de la digestion et la température ambiante n'agis- sent pas seuls pour faire varier les dépenses d'énergie de l'ani- mal à l'entretien. L'individualité intervient pour diminuer ou augmenter ces dépenses. Elles varient, par exemple, suivant la facilité plus ou moins grande avec laquelle l'animal maintient sa température, ce qui peut dépendre de sa plus ou moins grande adaptation ;, les ani- maux qui ont longtemps vécu dehors, à une température basse se couvrent d'un poil épais, et vivent mieux que les animaux sortant de l'étable et qui ont un poil moins fourni. Il faut également tenir compte du tempérament des animaux. Les animaux nerveux, les pur-sang, les chevaux employés pour les services de vitesse dépensent, même au repos, même à l'écu- rie, beaucoup plus pour un même poids vif ou pour une même surface, que les chevaux de trait, de tempérament plus lympha- tique: la raison en est simple : au lieu de rester, à l'écurie, sans faire un mouvement, comme on l'a supposé ci-dessus, les ani- maux meuvent leurs membres, dépensent par conséquent plus d'énergie et de principes nutritifs. Enfin, dans la pratique, même si les animaux sont en équi- libre de poids vif et ne fournissent aucun produit utilisable et aucun travail mécanique extérieur ■ — on ne peut jamais les mettre dans les conditions de repos oit on les place pour faire les expériences. Pendant l'été, ils sont tourmentés par des insec- tes et les contractions musculaires qui en résultent, sans même parfois que les mouvements soient visibles, augmentent leurs dépenses dans des proportions assez fortes. On peut citer, à ce point de vue, une observation très typique faite sur un cheval dont on étudiait les échanges dans un appareil à respiration. Alors que ce cheval, qui servait depuis longtemps de sujet d'expériences, avait, au repos, des dépenses tout à fait régulières, tout à fait fixes, avec une ration déterminée, on fut tout étonné, un jour, de constater que ces dépenses s'étaient élevées d'envi- ron 10 0/0; on en cherchait en vain la raison, lorsqu'on s'aper- çut qu'une mouche s'était introduite dans l'appareil à -respira- tion et venait toinnnenter Tanimal sans cependant que celui-ci, fort bien dressé, bougeât en apparence; cependant, quand on l'examinait de près, on le voyait faire mouvoir ses muscles peaussiers, ce qui suffisait pour produire une dépense supplé- mentaire considérable. I |S ANNAI.K!* \)K I.A SCIENCE AGRONOMIQUE jyry.n/o.v.s mmehielle^ < nt:z lammal ■ A UEMIŒTIES SOMME DH PRINCIPES DIGESTIBLES NKCESSAIKE Ounnd on connaît les dépenses dï-nergie rhez ranimai à l'en- tretien, il devient très facile de passer aux dépenses de matière liées à ces dépenses d'énergie. On désignera par MA le jxùds en graninu's des matières azo- tées digestibles renfermées dans la l'atimi d'entretien rapportée à un mètre carré de surface, \ràY M Cî et par M H les poids en grammes corresinindants des mfttières grasses digx^stible^s et des matières hydrocarbunées digestibles. On sait qu'à l'entretien la cjuantité d'énergie nécessaire par mètre carré et 24 heures est à peu près constante. Comme on connaît la valeur calorifique des différents ]>rincipes nutritifs, il est aisé d'exprimer que les principes nutritifs digestibles de la ration donnent une quantité d'énergie égale à Ja chaleur dépensée par l'animal. Appelant a la v;denr caloriUque de la matière azotée, la quan- tité de chaleur correspondant à M A de matières azcttées, M lï de matières grasses et M H de matières hydrocarbonées est : a X M.\ + a X 2/i Mli -|- a X Mil Calories Cette somme est égale à 1.200 — 1.400, en moyenne 1.300 Calo- 7-ies pour les c»mnivores et les carnivores, consommant des ali- ments concentrés; elle est égale à environ 2.000 — 2.400 en moyenne 2.200 Calories pour les herbivores, nourris d'aliments grftssiers. On peut (Injif écri/'e les égalités : 1300 MA -I- 2,4 MG + MH = ^-ai-nivures et omnivores; a 2200 MA -f- 2,4 MG + MH = - — (herbivores) C'est-à-dire «pie la somme des princii)es digestibles qui se trouvent dans la ration d'enti'etieii est à j>eu ])rès rnnstante (|uand on Im rapporte à un mètre eju-ré de surface et qu'on a soin d'ex|irimer les matières grasses j>ar leur jMiids isodyna- mi(|ue de matières hydrocarjmnées ou de matières azotées. Ouant à la valeur de n, elle est de 3,5 Calories d'après les recherches de Kellner, quand il s'agit des herbivores: et elle varie de 3,7 à 4,1 Calories et est en moyeiiin' de :{,'.♦ Calories (juand il s'agit des omnivores et des carnivores. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 149 En résumé, pour assurer l'entretien de l'animal, il faut une quantité déterminée, constante par mètre carré de surface, de matières azotées, de matières grasses et de matières hydrocar- bonées, ces divers principes digestibles étant exprimés dans la somme par leurs poids isodynamiques. On a été pendant longtemps dans l'incapacité de formuler ce résultat. Avant les études faites sur l'énergie des principes diges- tibles, avant qu'on pût faire intervenir les considérations énergé- tiques dans l'étude de la nutrition et de l'alimentation, on se posait toujours le problème de la ration d'entretien des animaux de la façon suivante : Combien faut-il de matières azotées, combien de matières grasses, et combien de matières hydrocarbonées pour assurer l'entretien de l'animal ? C'est qu'en effet on ne connaissait aucune commune mesure pour la valeur nutritive des trois grou- pes de principes digestibles. Chaque expérience entraînait des chiffres différents. La solution était donc loin d'être précise. Ce qui importe dans te ration d'entretien, c'est beaucoup moins la matière azotée, ou la matière grasse, ou la matière hydrocar- bonée, que la somme d'énergie que l'organisme peut tirer de l'ensemble de ces principes. En fait, c'est l'énergie utilisable qui est la chose essentielle, bien qu'il y ait des réserves néces- saire à faire sur les limites dans lesquelles les matières azo- tées et non azotées doivent être contenues dans la ration. Dans tous les cas, on peut dire que, dans une très large mesure, les matières azotées, grasses et hydrocarbonées peuvent se subs- tituer les unes aux autres pour assurer l'entretien de l'animal, pourvu que la somme totale d'énergie fournie par ces principes soient suffisamment élevée et atteigne un chiffre voisin de celui exprimé dans la formule ci-dessus établie, c'est-à-dire à condi- tion que les substitutions se fassent isodynamiquement. Quand on calcule des rations d'entretien en se fondant sur la teneur des aliments en principes digestibles, pour faciliter les choses et éviter des calculs un peu longs, on ne fait généra- lement pas intervenir les surfaces. On trouvera résumés dans le tableau suivant les résultats auxquels on parvient quand, au lieu d'exprimer cette somme de principes digestibles par unité de surface de l'animal, on l'exprime par tête d'animal ayant un poids déterminé ou par 1.000 kilos de poids vif. DÉPENSES POUR l'exTRETIEN AU REPOS {animaux de i)ouJs moyen) Somme M A, 2,4 MH nécessaire pour l'entretien au repos PoiHs vif Par 1.000 kgr de par tète Par tète et par jour poids vif et parjour kil> grammes grammes kilogramme» Chevaux et bovidés.. 500 3500 à 4200 7,7 à 8,4 Moutons 50 500 à 600 10,0 à 12,0 Porcs 125 800 à 750 5,0 à 6,0 1:y) ANNALES »K i.A s<;ien<:e agronomloue On voit dans ro (altleiiu tiiie k*s nnuilons L'xif^vnl pi'ur im même poids \iï sensiblement plus de principes nutritifs; mais les moutons ayant un poids vif plus faible, par conséquent une surface plus grande, sont soumis à cette loi que les petits ani- maux ont une activité fonctionnelle de leurs organes et de leurs tissus pUis grande; ils dépensent donc davantage d'énergie. Quant atix porcs, bien que pcs.uit plus que les moutons, ils dépensi^nl moins par cell»' raisttn (ju'ils sont noiuM'is avec des aliments concentrés qui demandent un travail de digestion bien moindre. Poiu' fixer les idées, on })eut dire qu'un bm idé à la ration d'en- tretien tronive les ;ir>0ré 10 0/0 moins bien que les bovidés ; un mouton de 50 kilos trouve les 500 à 000 grammes qui lui sont nécessaires dans 1 kgr. 200 de foin de ])ré; enfin, un ]»orc de 125 kilos ti'ûuvera les 700 à 750 gi'ammes de principes nutritifs de sa ratiim d'entretien dans environ 1 kgr. de grains, orge, maïs. TjCS cliilTres figurant au tableau ci-dessus cori*espondent à des animaux du poids moyen indicpié. Mais, si ces poids varient, il ne faut pas oublier que les dépenses sont proportionnelles non au poids vif, mais à la surface, c'est-;'i-dirc que pixr unité de poids vif, elles seront plus élevées pour des animaux de faible taille que pour des animaux de taille plus grande. On voit dans le tableau ci-dessous l'indication des dépenses relatives d'entre- tien suivant la taille pour des animaux ]iesant moins ou ]»ius que le poids moyen visé dans le tableau pi'('>cédenl. DÉPENSES RELATIVES d'ENTRETU^N suivant la faille (1) l'oidb vif pas t'-t«* en K^rr Iii'peiiMe ivl:itives d'entretien Bovidtis et (lour 1.00(1 kgr de poids vit" Porcs Moutons chevaux our un IwiMif de 400 kilos, (I) Fn supposant les dépenBi-*! proportionnelles h In s\irfHc<' f NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE i"il soit à peu près d'un quart supérieure. Si donc, — ce qui corres- pond à très peu près à la réalité, — on peut, avec 10 kgr. d'un foin de pré de qualité moyenne, entretenir un bœuf de 800 kilos, il faudra 12 kgr. 500 de ce même foin pour maintenir en équi- libre à l'entretien deux bœufs de 400 kilos chacun. Les différences sont très appréciables et c'est l'une des rai- sons pour lesquelles, quand la fertilité des terres et la valeur nutritive des fourrages le permettent, on a toujours avantage à rechercher des races plus grandes et plus grosses parce que les bêtes de grandes races à l'entretien dépensent sensiblement moins. Ce n'est pas la seule raison, mais l'une des plus essen- tielles, car même lorsqu'il s'agit d'animaux producteurs, il faut toujours qu'ils commencent par satisfaire leurs dépenses d'en- tretien. La conclusion de cette étude est que ce qui importe surtout pour les animaux à l'entretien, c'est la somme des matières azo- tées, grasses et hydrocarbonées figurant dans leur ration, mais il ne faudrait pas en conclure que les substitutions possibles entre les matières azotées, grasses et hydrocarbonées le soient dans toutes les conditions. Il y a une certaine limite, assez res- treinte d'ailleurs, qui doit être maintenant envisagée. UTILITE RELATIVE DES TROIS GROUPES DE PRINCIPES NUTRITIFS Tout d'abord, les trois groupes de principes nutritifs, azotés, gras et hydrocarbonés, sont-ils tout à fait nécessaires dans la ration d'entretien ? S'il en est ainsi, quelle doit être la part res- pective de chacun de ces groupes ? Cette double question a été mise à' l'étude, il y a fort long- temps, bien avant qu'on fit intervenir les considérations énergé- tiques qui ont beaucoup éclairé le problème. Dès le début du XIX' siècle, un physiologiste français célèbre, Magendie, chercha à préciser le rôle des matières azotées, grasses et hydrocarbonées dans la nutrition. Il nourrit des animaux de laboratoire, des lapins, des chiens, soit exclusivement avec des matières azotées, fibriiiie tirée du sang ou matières azotées tirées de la viande, soit exclusivement avec des matières grasses, huil^, beurre, graisse de porc surtout, soit exclusivement avec des matières hydrocarbonées, sucre, amidon, etc. Ces essais conduisirent Magendie à conclure qu'une nourriture exclusivement coiupo- sée de matières azotées, grasses ou hydrocarbonées ne permet pas d'assurer l'entretien de l'organisme, autrement dit que les trois grands groupes de principes azotés, gras, hydrocarbonés, sont nécessaires et doivent être représentés dans la ration d'en- tretien. Pendant longtemps, on s'en tint aux conclusions de Magendie qui sont d'ailleurs en partie justifiées. Cependant, des recherches ultérieures nombreuses ont montré qu'il était nécessaire de les préciser et même de les rectifier sur certains points. Ces travaux ont bien montré que, pris isolément, chacun des principes non azotés était incapable d'assurer l'entretien de l.V;> ANNALES nli LA SCIENf:!-: AfilU i.\( (Migil-: ranimai. >uii équilibre de substance, par ronséquent son équi- libre de poids vif; sur ce point donc, Mafiendie avait raison. Mais, contrairement à ce qu'il croyait, ils ont établi qu'il est souvent pt)ssible de maintenir les animaux en équilibre de subs- tance et de poids vif en leur donnant, à côté des principes azotés indispensables soit uniquement des principes iiras, soit unique- ment des principes bydrocarbonés; autrement dit, on peut avec des rations renlernvaiit exclusivement soit des matières azotées et jLirasses, soit des matières azotées et hydrocarbonées, main- tenir les animaux eu é(|nilibre. On peut même, dans (pieiques cas, y parvenir en ne leur don- nant que des matières azotées, l'expérience n'est pas facile à réaliser, mais cela provient uniquement du fait qu'il est diffi- cile de trouver un aliment azoté excitant suffisamment l'appétit de l'animal pour qu'il en absorbe la quantité suffisante à son entretien; toutefois, on peut donner aux chiens de la viande extrêmement maigre ne contenant plus que des traces de grais- ses et de glycogène et composée par suite en presque totalité de. matière azotée : ils peuvent, ainsi nourris, non seulement se maintenir en équilibre au repos pendant S ou 10 mois, mais même fournir un travail assez considérable, parcourir par jour 15, 20 et même 30 kilomètres; mais ce serait impassible avec d'autres animaux domestiques. Rn principe donc, les matières azotées pourraient, à elles seules, assin-er l'entretien des ani- maux. Par contre, on peut aisément obtenir ce résultat avec un mélange suit de matières azotées et de matières grasses, soit de matières azotées et de matièivs hydrocarbonées. C'est ainsi qu'on a réussi à nourrir pendant des mois des vaches avec des rations dont les aliments avaient été complètement dégraissés par la benzine et ne contenaient i)lus (|ue des matières azotées et hydrocai'bonées. On ne ]»ourrait pas enti'etenir les herbivores avec un mélange contenant exclusivement des matières azotées et des matières grasses, parce (jue les herbivores sont peu habi- tués à la digestion (h's matières grasses, (|ui sont rares dans les aliments végétaux: mais c'est là — comme pour l'alimentation purement azotée chez la plupart i]('s animaux — une limite posée non \)H.r les })hén(jmènes intimes de la luitrilion. mais par le fonctionnement de l'appareil digestif. VjU somme, au point de vue de la nutrition proprement dite, la seule limite posée à la sul)slitution des aliments azotés, gras ou hydrocarbonés, c'est cjue ranima! doit, en toutes circ(»ns- tunces. i'ece\dir' une (juantité minima de matières azotées diges- tibles i\:t\\> sa r.'ilinn (rentretieu. Mini uni m ilazutr nrrrssiiirr à ï'rntrrtirit haiis riiitérèj (le l'élude uénér'ale de la nutrition cl aussi dans un intt'i'ê'l pratique .1 , on a essaxc de préciser cette (|uantité minima. (I) I.'s .iliiiiciUK riches cm iii.ilièr<'K ,iztilé<'S suiil i,'énér;il«Mnt'iil plus i-dùl'Mix NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 1"):') La question du minimum de matières azotées nécessaire dans la- ration est extrêmement difficile à résoudre. En. effet, dans une ration assurant l'équilibre de substance d'un animal à l'entre- tien la substitution isodynamique de substances non azotées à une certaine quantité de 'substances azotées, produit une rupture d'ét[uilibre azoté : l'animal perd de l'azote et souvent même du poids vif, parce qu'en perdant de la matière azotée, il perd de l'eau qui était fixée à cette matière azotée; seulement, et c'est la particularité du phénomène, au bout de quelque temps, huit ou dix jours, un nouvel équilibre azoté se rétablit et l'animal reste en équilibre avec la ration qui avait produit précédemment une rupture d'équilibre. Si on diminue de nouveau la quantité des matières azotées contenues dans la ration en les remplaçant par leur poids isodynamique de matières non azotées, il se pro- duit une nouvelle perte d'azote, une nouvelle diminution de poids vif, enfîn un nouveau rétablissement de l'équilibre d'azote et de poids vif. C'est ce qu'on a appelé la loi de l'équilibre azoté. L'organisme peut dans de très larges limites se mettre en équi- libre avec toutes les quantités de matières azotées qu'on peut lui donner, mais seulement jusqu'à une certaine limite infé- rieure. La difficulté est de distinguer entre une rupture d'équilibre momentanée et la rupture définitive, cette dernière indiquant, seule, qu'on est descendu au-dessous du minimum de matières azotées nécessaire à l'entretien; le phénomène se complique, en etïet encore, et la rupture définitive n'est pas un fait précis, net- tement observable : -Au fur et à mesure qu'on diminue la matière azotée dans la ration, et bien que les animaux se mettent en équilibre azoté pour ainsi dire quelle que soit la quantité de matières azotées qu'on leur donne, ils ne le font pas sans -que se modifie leur état de santé et il arrive un moment oi^i ils tombent dans un état de misère physiologique où ils deviennent moins résistants à la maladie. x\insi donc, alors même qu'on pourrait déterminer exactement, ce qui n'esta pas le cas, le minimum de matières azotées au-dessous duquel on ne peut pas descendre sans rompre l'équilibre azoté des animaux, cela n'aurait qu'un intérêt secon- daire, parce que quand on exploite des animaux, on ne vise pas à conserver des animaux étiques, manquant de résistance et qui se trouveraient, le moment venu, dans les conditions les plus défavorables pour produire. Ce qu'il y a lieu de rechercher ce n'est donc pas le minimum absolu de matières azotées néciss- saire dans la ration, mais le minimum favorable au-dessous duquel il ne convient pas de descendre si l'on veut que les ani- maux restent en état de santé suffisant pour donner, le moment venu, les produits qu'on attend d'eux. Sur ce point, les expé- riences ont donné des éclaircissements suffisants. Pour les bovidés, la ration d'entretien doit renfermer par kilo- ((iii' les aliniêiils n'clies en matières ikhi rizntéfs. il y a ditiic avaulajze à ne pa^ il'iiiiifi- plus d'aliiiifrits e/.otés qu'il n'esl nécessaire, surtout quand il s'agit d'animaux à l'entretien. -IVi ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE gramme de p(jicls vif et pai- jour de gr. 5 à gr. 6 de matières azotées digestibles; pour le cheval, — qui, à ce point de vue, a ét.é moins étudié que les bovidés, — la ration doit contenir de gr. 7 à gr. 8 de matières azotées, pour les moutons i ^r., pour les porcs enfin de gr. 7 à gr. 8. Pour un homme pesant de OU à 70 kilns, la ration d'entretien doit fournir environ 1 gramme de matières azotées par kilo- gramme et 24 heures. Ces quantités relatives à des animaux moyens sont, en somme, assez réduites; elles ont tendance à s'accroîtrt' an fur et à mesure que les animaux diminuent de taille. On se rend mieux compte de la signilication de ces chiffres eu les rapportant au poids moyen des animaux, i>arce qu'ils devien- nent comparables aux chillre.s indiqués [lour les quantités tota- les de principes digestibles nécessaires dans les rations. Pour un bœuf de r>00 kilos, il faut de 0,5 x 500 à 0,6 x 500, soit de 250 à 300 grammes par jour. Donc, sur les 3500 à 4200 grammes nécessaires pour fournir l'énergie requise à l'entretien des bovidés, il suffit que 300 grammes seulement soient de la matière azotée; tout le reste peut être constitué par des matières non azotées, grasses ou hydrocarbonées. On trouverait de la même façon qu'il faut pour le cheval de gr. 7 X 500 à gr. 8 X 5arties de inatièi-es nun azotées, matières grasses et hydrocarbonées. (Juand les deux termes sont voisins l'un de l'autre, c'est-à-dire (piand. pù il est placé. Les données indiquées dans ce tableau de la ration d'entretien ne doivent donc pas être considérées comme absolues.. Il est d'ailleurs extrêmement simple dans la pratique de main- tenir un animal à l'entretien. On s'assurera qy\e la raticm qu'il consomme renferme bien le minimum de matières azotées cor- respondant à son poids vif; on le pèsera de temps en temps, toujuui's à la même heure, et l'on fera en sorte que la courbe du poids vif reste somme toute horizontale. Si elle s'abaisse, on augmentera la ration: si elle se relève, on la diminuera et l'on obtiendra l'équilibre, même en cas de modification des condi- tions extérieures, c'est-à-dire même en cas de modification légère des besoijis. CONTRIBUTION A L'ETUDE des ferments et de la fernientatioD du Rhum PREMIERE PARTIE PAR E. KAYSER, Ingénieur-Agronome, Directeur du Laboratoire de ï'ermentations ET Fr. REY, Ingénieur-Agronome, Stagiaire au Laboratoire de Fermentations Le rhum de mélasses est le produit de la fermentation des mélasses de Cannes; sa composition dépend non seulement de la matière première essentiellement variable qui lui a donné naissance, mais encore de l'allure de cette fermen- tation, des ferments qui y* ont contribué, des conditions dans lesquelles ils ont travaillé -(température, additions diverses au moût mis en fermentation, durée de la fermentation, etc.), enfin finalement du mode de distillation et des appareils employés pour cette opération. La mélasse a une couleur d'un brun plus ou moins foncé; elle est sujette à de grandes variations de composition, résul- tant du travail et des manipulations en sucrerie ou encor*r des altérations qu'elle peut subir pendant sa conservation. Celle-ci se fait, en général, dans de grands bassins en ma- çonnerie, creusé dans le sol, tantôt couverts, tantôt non cou- verts; il peut en résulter des infections par les poussières de l'air, les animaux, les insectes ; il existe également d'autres causes d'altération provenant du manque de propreté de la canalisatioii amenant la mélasse des bassins jusqu'à la dis- tillerie. i(^) ANNALE!* DU I.A S'MKMli: A»;i{t t.NdMUjUi; On peut admettre coinine coni|H».sition de la mélasse Saccharose 30 à 40 % Sucres rédiictfiirs '20 a 32 % Mannose I à 2 % (llufose 0.2 à 0.3 % Matières minérales 4 à 6 % Densité 1,37 à 1.42 La mélasse premier jet est plus riche en saccharose, la mé- lasse troisième jet, par contre, contient, proportionnellement, plus de sucres réducteurs. Ha) (pelons qu'on emploie, en général, 10-15 % de mélasse en volume, 40-70 % de vinasses et on complète par l'eau: on c tnçoit aisément, et-nous le verrons par la suite, que la con- centration des moûts a une grande influence sur la compo- sition des rhums obtenus. Bien souvent on abandonne le moût à la fermentation spontanée, ce sont alors les ferments ayant résisté aux diver- ses manipulations, ce sont ceux apportés par les bacs à mé- lasses, insuffisamment nettoyés lors des opérations anté- rieures, ou encore ceux provenant des fosses à composition qui procèdent à- la transformation des matières sucrées en alcool et en produits divers et on voit qu'ainsi la composition des produits distillés peut être sujette à de grandes variations et donner, après fermentation, des rendemenls plus ou moins rémunérateurs. LorscpTon examine au nùcroscope une mélasse de cannes en fermentation, on aperçoit à côté des levures de forme et de dimension diverses (levures hautes, basses, schizosaccha- i'(tmyces), des stFvptocoques et des streptobacilles. Il en est encore de même, lorsqu'on examine les vinasses qui sont cuu- rannnent employées dans la constitution des moûts soumis à fermentation. (tn accni'dc à ces vinasses (Vidange mi hundei- iiiif trijile propriété, un .ippoi-l d»- matières minérales, aliments de la levure, ajipdrt ifacidité variable en (piantité et en nature (acides volatils divers, acides fixes : lactique, succinique) qui favori.senl l'éthérilicalion i-l qui peuM'nl pi-olégcr. plus ITLDE DES FERMENTS ET DE LA FERME.NTATIOX DU IIHUM 16i OU moins, le feilment alcoolique, à la condition de ne pas êtfe trop chargées en micro-organismes, ce qui dépend ayajû tout de leur mode de conservation. Ainsi on a pu constater dans ces vinasses des acidités de 12 à 14' grammes exprimées en acide sulfurique, par litre, eî de 0,9 à 2.0 % en acidité volatile, enfin, en troisième lieu, ces vinasses contiennent souvent, au cas de fermentatioEi défectueuse, des matières sucrées et peuvent ainsi entraîner dans une opération suivante, bien conduite, des augmenta- tions de rendement alcoolique. La vinasse, en vertu de sa composition chimique et micro- bienne, peut encore intervenir dans la variation d'arôme. On sait depuis longtemps que les rhums, obtenus avec ub emploi exagéré de vinasses sont moins fms. par contre prè- sc-nient le parfum désiré par le commerce. C'est, en eîTt^t, " dans ceux-ci que le dégustateur expert trouve en proporlios voulue les divers constituants recherchés, notamment les éthers, les acides volatils à côté d'un bon degré alcoolique, ainsi que ces produits odorants qui, en faible quantité, in- fini ont tant sur le gotit. Ces produits sont attribuables. ea partie, à la matière première elle-même, et en partie aux fer- ments qui ont agi. On peut signaler, à côté des éthers, de l'acide formiqae, acétique, propionique et butyrique, des acétals, et il faut. peut-être attribuer également une certaine influence aux aldéhydes et aux alcools supérieurs. Ce sont toutefois les éthers qui ont la plus grande impor- tance; leur quantité dépend des conditions qui ont présidé à leur formation, à l'éthérification; c'est ici que l'appareil distillatoire (construction et grandeur) joue un rôle; ainsi les appareils intermittents semblent donner plus d'arôme que les appareils continus. On n'ignore pas non plus que plus la capacité du chauffe-vin est grande, plus l'éthérification «^ favorisée; la manière de conduire la distillation est' encore un facteur nullement à négliger. On voit ainsi que la question de l'arôme du liquide fer- menté est très complexe et dépend d'une série de facteurs c5onî nous venons de signaler les principaux. 16? ANNALES DE LA St:iENr.E AGRONOMIQUE L'emploi judicieux dos vinasses peut donc être intéressant, surtout de vinasses bien conservées, pauvres en micro-orga- nismes; il présente un intérêt économique en permettant une diminution dans l'emploi de l'acide sulfurique dont le prix grève beaucoup la fabrication du rhum. -Mais remploi de vinasses sera toujours une arme à double tranchant: certes, l'acidité qu'elles apportent protège le fer- ■neiil alcoolique contre les mauvais microbes, mais si ia vinasse est employée en ])roporlion exagérée, ou si elle e?! mal conservée, le danger d'infeclion est réellement grand. 11 importe encore de signaler i ri ([ifil ne suffit pas de cons- tater lin dégagement gazeux pour pouvoir conclure à la bonne marche de la fermentatiori ; beaucoup de micro-organismes de la mélasse et des vinasses sont aptes à donner ce dégage- ment gazeux aussi vigoureux cpie la levure; le microscope seul peut renseigner dans ce cas, et son emploi aurait suffi pour expliquer sûrement les mauvais rendements constatés trop souvent aux colonies. C'est jM.ur Inlli'i- (-(Milrr i-ux (|n(.ii |)ourra recourir .•iv<'c avantage à nue lioune levure sélectionnée, vigoureuse, ra- jeunie sous la fnruie de pied de cuve et employée en suffi- sante quantités On u'ignore pas fous les services qu'on a jui i-etirui- de l'emploi de ces levures sélectionnées en brasserie, distillerie, vinification et cidrerie, aussi a-l-on pu constater avec satis- faction que certains fabricants de rhum ont cherché df leur côté à en lir^r |>arli; c'est surtout notre colouie de laduade- loupe (jui il duijué Ir bon exemple; certaines usines y travail- lent a\ijourd'lnii ;ivec des levures sélectionnées. Bieu ([ue tout le uioût luélassé ne peut être stérilisé, une levure vigoureuse prend aisément possession ilu lerr;un et il en résulte (|ue |;i dm'ée de la fermentation peut étn^ ramenée de 5 à r» jours à 36 à 40 heures. Les uuiiivais ferments nV»nl pas le temps d'agir. 1« régula- rité de la fermeulalion est assurée, le rendement es! meilleur, le coefficient n(Mi alcool est considérablemi^uf baissé, comme nous le verrons |)ar la suite: cette constataficm relative à la plus ou moines grande pureté des fermentations de la mélass- ETUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM UJO < nous explique déjà, en un certain sens, la grande variation e l'eau di' tduraillons additiouiiée de mélasse à 13 % ^n volume a été répartie entre des tubes «t des vases coniques à raison de 2(X» ce' par récipient; dans les tubes le liquide atteignait 15 ceulimèlre.s de hauteur, dans Ips vases 1 cm. 5; nous avons ainsi comparé la culture en surface et en profondeur. Voici les résultats de Tanalyse rapportés au litre et expri- més en grammes; notons d'abord que la ft'rnipntation était beaucoup plus vite terminée dans les vases: le témoin conte- nait 144 gr. 80 de sucre interverti avec une acidité de ÉTL'DE DES FERMENTS ET DE LA FERMEXTATION DU RHUM 17.'i 1 gr. 633 en acide sulfiirique par litre; l'expérience a été faite à la température de 30°. * -, c3 (U ® - fl3 si C i3 «•;: ï. c ^ o o o ce -^'i 3 rt = c-; s «"Ci s 2 "'£_ ■c £ £ ft,o 3 '' - s o ^■5 '- - j3 § — « S — ' c; c c 3 ~ « 3 V ^ B i" rt D 5 S'il "^.2-3 73 3 y Tube f Vase II V VU XIII Tube Vase Tube Vase '\ Tube \ Vase \, Tube f Vase 2,3 il 2,450 2.932 2,232 2,770 2,450 2,920 3,212 2,3ô9 2,695 0,212 0,280 0.121 0.187 0,2«8 0,318 0,295 0,313 0,105 0,187 32.11 14,80 26,95 13,42 26,95 20,60 37.66 20,60 22,13 13,42 S7,16 65,89 60,00 66,66 00.00 63,00 54,07 62,78 62,07 66,60 77,2 89,0 81,1 90,1 81,1 85,1 73,1 84,8 83,9 90,1 9 6 9 6 11 5 20 4 13 7 12.433 21.668 13.09.5 21.898 10.714 24.842 5,357 31.050 9.437 18.770 Cette expérience nous apprend que ces levures sont très iné- galement aéroplîiles ; les levures V et VII se distinguent net • temewt. à cet égard ; c'est la levure V qui semble être la plu§^ indifférente vis-à-vis de l'air. Il fallait voir si le caractère aérophile, ou indifférent vis-à- vis de Tair, ne ressortait pas davantage encore, en tenant compte des poids de levures formés. Dans ce but, on a ensemencé de l'eau de touraillons à 12 % de saccharose répartie entre tubes et vases coniques, l'épais- seur de la couche liquide était de 150 millimètres dans les premiers et de 15 millimètres dans les seconds; ce sont les levures II, IV et XIV qui ont servi à l'expérience ; la fermen- tation était terminée pour les deux premières levures au bout de douze jdurs, avec la levure à voile elle a continué plus longtemps et a duré vingt-sept jours. Aussitôt le dégagement gazeux fini, on a filtré les levures et procédé à l'analyse; les résultats sont rapportés au litre; l'acidité formée est exprimée en acide sulfurique, l'acidité vo- latile en acide acétique. , -, 17 '< ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIOUE Vases 'l'ubes Vases Tubes Acidité Acidité LcMires tixr volatile fixe volalile Poids de Levure II 1 gr. 537 gr. 288 2 gv. 245 gr. 1 i2 3 gr. 2iKl l.iKK) IV 1 gr. 717 gr. 238 1 gr. 652 gr. 2i5 3 gr. 160 3.130 XIV 1 gr. 138 gr. 163 1 gr. 838 gr. 286 H gr. 000 54?50 Nous constatons d'abord que la levure IV, c"»st-à-dire le schizosacchai'omyces, semble bien indilï'érente vis-à-vis de ^ l'air; par contre la levure II, très active, paraît exiger une bonne aération dès le début; cjuant à la levure à voile, «lie s« développe au contraire dune façon exagérée en présence d'air et comme ollo forme beaucoup d'éthcrs aux dépens des acides volatils, on comprend que dans la culture en surface la quantité d'acide volatil libre soit plus faible que dans la culture en profondeur; c'est une le-vure qui permet d'augmen- ter notablement la proportion des éthprs d'une boisson alcoo- lique. , Influence de l'acide sulfunque. — On sait que les ferments alcooliques sont, en général, favorisés par les milieux acides dans la concurrence qu'ils ont à soutenir contre les micro- organismes: c'est ainsi qu'on use de la fermentation lactiqu^î en distillerie, de l'addition d'acide iartrique pour la ven- dange très sucrée, de celle d'acide sulfurique dans les rhunie- ries. aussi nous a-t-il paru intéressant d'étudier la résislnnc^' de nos levures vis-à-vis de l'acide sulfurUpiP. Ij'essai a été fait à la température de 37-38° avec un moût mélasse à 13 0/0 en volume, il contenait 150 gr. 40 de sucre exprimé en sucre interverti par litr'e; l'azoU^ était fourni soiisla forme d'infusion de loiirailloiis: le moût A (snnu Mddi- lioM d'Mcide' avnit une acidité de 1 gr. 855 en acide sulfuri- que. le moût B (additionné d'acide sulfurique. dan» l«i pro- ]»ortion d'environ 1 ';Y». on volume'^ avait une acidité do 3 gr. 7r)0 en acide sulfurique; le moût additionné d»» ? A/OO .l'acide Piilfurique n'a jamais Termenté. ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM M Sucre restant Durée de la Levures en sucre fermentation interverti (en jours) 1 .35 gr. 20 6 11 52 gr. 06 4 III 39 gr. 12 4 IV 30 gr. 39 5 V 3-3 gr. 32 4 VI 41 gT. 17 5 XIII 30 gr. 40 5 XVI 29 gr. 79 6 XVII 32 gr. 77 4 Sucre disparu par jour 19 gr. 19 24 gr, 57 27 gr. 81 23 gr. 99 27 gr. 99 2rgr. 84 23 gr. 99 20 gr. 09 31 gr. 90 Rendement % du rendement théorique calculé 76 gr 65 gr. 3 74 gr. 5 79 gr. 7 74 gr. 4 72 gr. 6 79 gr. 7 80 gr. 1 84 gr. 8 « B Levures I II III IV V VI XIII XVI XVII Sucre restant Dur<.e de la gucre disparu fermentation arjour len jours) ^ •' en sucre interverti 16 gr. 15 23 gr. 52 23 gr. 52 12 gr. 2i 30 gr. 37 28 gr. 57 71 gr. 50 68 gr. 00 15 gr. 05 •i,5 3.5 4,0 4,5 3,5 4.5 4,5 4,5 4,5 20 gr. 85 36 gr. 28 31 gr. 74 30 gr. 72 34 gr. 32 25 gr. 98 17 gr. 55 18 gr. 33 30 gr. 10 Rendement % du rendement théorique calculé 89 gr. 20 84 gr. 30 84 gr. 30 91 gr. 80 79 gr. 70 81 gr. 00 52 gr. 40 54 gr. 80 89 gr. 90 L'expérience apprend donc que la grande majorité des ferments essayés ont été favorisés par l'addition d'acide sul- furique, la proportion de sucre disparu est plus élevée et il «n ré-sulte un meilleur rendement alcoolique, sauf pour les ferments XIII et XVI. Comme la stérilisation des ballons B en présence d'acide sulfurique -a amené l'inversion du saccharose, la fermenta- lion était encore plus facile. * On constate que l'augmentation est la plus sensible avec la levui^ II et la moins forte pour les levures Y et XVII. Il est probable que chaque levure de mélasse de cannes exige une dose optima d'acidité, ce qui est d'ailleurs conforma? à foules nos connaissances sur les ferments alcooliques de dîstilleri«. tTti A.N.NALhà UK LA bi ll-MK Ai.Ui (M iMlgL i: Influence de la matière azotée. — Le moût mélasse obtenu avec leau de source peut donner lieu à des fermentations normales, mais l'addition de Taliment azoté stimule toujours les ferments alcooliques. Avec les touraillons nous apportons une matière azotée complexe; nous avons voulu voir comment se comportent les levures III et IV dans un moût, sans aucune addition d'azote et dans le même moût additionné de différentes matières azotées. De la mélasse de la Réunion a été amenée à une dilution de 14 % en volume avec de l'eau de source et répartie à raison de oOC> ce. dans un certain nombre de ballons. Deux ballons sont restés sans aucune addition azotée (té- moins). Deux ballons ont été additionnés de 8,6 0/(30 de pep- tone. Deux ballons sont additionnés de 8,6 0/00 de sulfate d'ammoniaque et deux autres de 8,6 0/00 d'asparag-ine. Quatre ballons sont ensemencés avec la levure III, et quatre avec la levure IV. La fermentation s'est déclarée rapidement dans les bal- lons peptonés. Dans tous les autres, elle s'est manifestée à peu près au même moment; la fermentation affectait partout la même allure; on a procédé à l'analyse après 45 jours. L'examen microscopique ne montrait aucune différence pour les ballons ensemencés avec la même levure; signalons toutefois que les deux ballons asparaginés présentaient avec les deux levures de jolis anneaux de levure à la surface; c'était la forme aérobie. Toutes les données de l'analyse sont rapportées au litre; l'acidité totale est exprimée en acide sulfurique. l'acidité vo- latile en acide acétique, les éthers en acétate d'éthyle. Aliment azoté Levure \\l I.tviiro IV Témoins : Acidité totale 3 gr. 09S 2 gr. 6i7 .\cidité volatil.» gr. 390 gr. 250 Alcool en volume fi6°0O ôS'OO EUiLi'S : ^r. 029 gr. 027 ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FEKM ENTATION IH" lUlUM 17 ( Aliment azoté Levure ]I J.tvure IV .'Sulfate d'ammoniaque : Acidité totale 4 gv. 043 3 gr. 041 Acidité volatile ........ gr. 570 gr. 187 Alcool en volume 56»30O (34^000' Ethers gr. 052 gr. Oil -Asparagine : Acidité totale 2 gr. 591 3 gr. 30G Acidité volatile gr. 749 gr. 193 Alcool en volume 6'0"0'00 60 "900 Ethers gr. 052 gr. 041 Peptone : Acidité totale 2 gr. 422 2 gr. 99G Acidité volatile gr. 593 gr. 3i2 Alcool en volume .îT^OO'O o^^SÛO Ethers gr. 041 gr. 0G7 Cette expérience nous montre que ces deux levures ont des -besoins azotés très différents. Alcool. — C'est le témoin qui est le plus riche en alcool ^avec la Levure III et le ballon additionné de sulfate d'ammo- niaque, le plus pauvre; la levure IV semble, par contre, très sensible vis-à-vis de l'azote minéral et de l'azote amidé. Aciclité totale. — Pour la levure III, elle est maxima avec le sulfate d'ammoniaque et minima avec le peptone; par contre, pour la levure IV, plus sensible à Taliment azoté, c'est le témoin qui a l'acidité totale la plus faible. Acidité volaille. — Elle est partout plus élevée par l'addi- tion d'azote pour la levure III, c'est la peptone seule qui a amené une augmentation avec le schizosaccharomvcès IV. Ethers. — L'addition des aliments azotés a augmenté, pour les deux levures, leur proportion, mais d'une façon différente pour chacune des deux levures; la levure IV est favorable- ment influencée par l'.azote peptone, la levure III, par contre par l'azote minéral et l'azote am.idé et aminé; l'un de nous a déjà signalé des faits analogues (1). (1) C. R. A. Sf. \" 0. l«n 1012. 17s A.NNÀLBS DR LA SCIENCE AGRONOMIQL'B 1 Nature des -acides volatils libres ou coiiBiNis Nous avons appliqué la méthode des distillatioas fractio»- nées de Duelaux pour nous faire une idée de leur composi- tion. Les acides volatils concourent à la production des par- fums, des étheps dans les boissons fermentées. Us varient eu nature et en proportion, non seulement av^c la race de levure, mais encore la composition du milieu de culture (richesse saccharine et azotée), avec sa réaction, avec les conditions dans lesquelles se fait la fermentation (température, aéra- tion, etc.). Les trois acides qui ont été produits dans nos expériences S4>iit : lacidn acétique (A. A.), l'acide butyrique (A. B.) et lacide formique (A. F.^ Nous avons pu caractériser l'acide butyrique par la mé- thode des distillations fractionnées de Duelaux. par la forma- tion rti' butyrate d'éthyle: l'acide formique par la réduction du nitrate d'ai^i^nt, par la production de formiate d*éthyle, la formation d% paillottp? nacrées en présence d'acétate mer- curique. L'aciiU' acétique, produit constant des fermentations alcoo- liques pur la méthode des di.stillations fractionnép«; p\ par l'acétate d'éthyle. Les nombres suivants nous indîquent les rapports donnés avec diverses levures de mélasses de cannes, dans différents milieux de culture; ajoutons que nous avons classé les levu- res étudiées en trois groupes principaux : type I compren«f les levures basses, se reproduisant par bourgeonn^'m-ent comme levures T, 11. TU, etc. Type II comprend les levures s*^ reproduisant par scissiparité, ce sont les schizosaccharo- mycètes. levures TV. M. etc. Type ITT aérophiles. levures à voile, se reproduisant par hourfareonnement: levures XIV et XVIII: un quatrième proupe. formé par les levures hautes, n\'i qu'un*^' imporlancf bien moindre, en raison du faihl« ponvoir alcoogéne de ces levures. ÉTUDE DES FBBMENTS ET DB L.\ FERMENTATION DU RHU^ 17^ Après avoir effectué une première distillation aux 40/11 et calculé les rapports en centièmes de l'acide passé dans les 100 e-c, du liquide recueilli, il est souvent utite de soumettre à une seconde distillation fractionnée les 50 premiers ce recueillis dans la première distillation ; on a ainsi les rapports a première distillation et b nouvelle distillation des 50 pre- miers ce de la première distillation. Eau de touraillons neutre Levure II Levure III a ~ b Levure IV a "~ 1, Levure XIV 1 10.1 12.8 8.5 10.2 8.0 10.1 8.4 8.0 2 19.5 23.0 17.3 19.5 16.2 19.2 16.2 17.2 3 28.5 33.3 26.1 28.5 24.5 28.2 24.7 2G.3 4 37.1 43.5 34.8 37.0 32.7 37.3 33.4 35.2 5 45.8 52.9 1 43.8 45.7 41.0 46.4 42.5 44.5 6 54.5 68.3 53.1 54.2 49.5 56.0 51.8 .53.(5 7 63.1 76.0 63.0 64.2 58.8 65.9 61.8 63.6 8 74.0 80.3 73.8 75.0 69,3 75.7 73.1 75.4 9 85.0 89.7 85.7 86.3 82.1 86.8 85.0 87.4 10 100.0 100.0 100.6 100.0 100.0 1«X).0 100.0 100.0 Nous voyons ainsi que nous obtenons ponr : 1'' distilla+ion a I A. Butyrique 4.75 A. Acétiqu« Lexmf H ^2' (ijsliHation b 1 A. .B. 1.75 A. A. pour a ; 1 A. .B. 8.75 A. A. Levur»-, IH ^ . * t^ pour b 1 A. .B. ~~ÏJ5 A. A. / pour a 1 A. .B. ^ 15 A. A. Levure i\ < . , . t^ , pour b 1 A. .B. ( 4.25 A. A. ' pmii' a 1 A. .B. ,. . ) 12.5 A. A. pour b 1 A. B. ~TS~A. A. tW) ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE Pour voir l'influenoe de la réaction acide, nous avons étu- dié les trois levures II, IV et XIV comparativement dans l'eau de touraillons neutre ou additionnée de 0,5 0/0 et 1,5 0/0 d'acide tartrique (A. T. : voici les résultats do l'analyse, l'aci- dité volatile est exprimée en ar-ide acétique. Acidité Poids volatile 'ie levure f Milieu nevUre 0?'"285 2?r857 Levure II ^ 0,5 0/0 A. T 519 i 1.5 0/0 A. T 1 358 1 106 Milieu neutre 066 2 148 Levure IV 0.5 0/0 A. T 203 I 1,5 0/0 A. T 397 1 i85 { Milieu neutre 834 5 897 Levure XIV ' 0,5 0/0 A. T 910 2 424 ' 1,5 0/0 A. T pas développée L'acidité volatile augmente donc avec l'addition d'acide tartrique, le poids de levure diminue avec cette addition d'aci- dité fixe. Nous avons trouvé partout un mélange d'acide acétique et d'acide butyrique; nous nous contentons d'indiquer les rapports b (deuxième distillation), établis comme précédem- ment : , Milieu neutre 1. A. B. \ 4, 2. A. A. Levure II < . . » v n j — acide I . A. P.. ( . 10. A. A. I Milieu neutre <■ A- 1^» \ -J. 75. A. A. Levurf' IV \ . , i * u 1 — acide 1 . A. H. I 8. 7.^. A. A. . Milit'U neutre I A. H. \ -J. 7Ô. A. A. Levure XIV j _ ^^.^^ 1. A. h. ( H. 7.'>, \. \. Mais l'addition d'acide tartrique avait nettement augmenté la production d'acide formique; la quantité allait en crois- STUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 1*1 sant en passant du milieu neutre vers le milieu le plus acid©; tandis que Tacide butyrique était plus abondant dans les mi- lieux neutres. La levure XIV a donné plus d'acide formique que la levure IV, et celle-ci davantage que la levure IL Nous avons ensuite étudié la production des acides vola- Vils dans le milieu mélasse, c'est-à-dire contenant 10, 12, 14 % de mélasse en volume. Nous avons constaté des différence*! du même ordre entre les trois types de levures, différences dépendant, en outre, de l'origine de la mélasse (Martinique, Guadeloupe ou Réunion) ou encore de sa nature (mélasse de premier, deuxième ou troisième jet). Voici les rapports trouvés avec une mélasse troisième j&t de la Guadeloupe et une mélasse de la Réunion. A. — Mélasse de la Guadeloupe î :stillation î , o «I. ' »■> o 4 r ■J r, 8 9 10.. Soit. . . Levure 11 Levure IV Levure XIV a a a 9.2 7.8 7.3 ^n 17.7 16.1 14.8 26.3 24.3 22.3 35.5 33.0 30.4 44.1 42.6 38.8 53.9 52.2 47.3 63.7 61.9 57.1 74.2 72.6 67.6 85.2 85,2 79.7 100.0 100.0 100.0 1 A. R. 1. A. B. 3 A. F. 7,5 A. A. 12 A. A. 10 A. A. B. — Mélasse de la Réunion Levure U Levure IV Levure XIV Jiitillation a a a a A 9.3 17.7 26.0 34.3 9.6 18.8 27.5 36.7 7.2 14.9 22.4 31.4 6.6 13.9 ^ 21.2 i . , 28.7 1*i«tijlati«a ^ a a a 5 42.7 +5.8 40.4 36.6 C 52.0 55.0 50.1 45.3 ' 61.4 64.2 60.5 56.3 8 70.8 74.» 71.9 66.9 9 85.4 86.8 84.7 80.9 iO iOO.O 100.0 100.0 100.0 Soil 1 A.l;. I A.B. :; a. F. ;:,.-> a. F. 8,75 A. A. 5 A. A. '10 A. A. 9,5 A. A. Remarquons que la levure à voile donne toujours uuo no- table quantité d'acide formique. Nous pouvons admettre les proportions moyennes suivantes pour nos trois types de le- vures, et en nous rappelant que les levures du type III don- nent plus d'acide formique que celle des deux autres types, à tel point que la première distillation fractionnée peut déjà montrer la production de cet acide. T>Pe I 1 A.B. l A.B. 1 A.B. 12.r. A. A. .'^.7r, A.A. 7 A..\. Type II 1 A.B. 1 A.B. ."S A.A. 1 A.B. 10 A. A. ' •2.75 A.A. T>'pe m ! A.B. i A.B. :i A.K. H,75A.A. 10.7.') A.A. 10 A.A. L'addition dun aliment azoté, sous la forme de peptouti, as- paragine ou sulfate d'anmuujiaque (page 19) exerce une in- fluence assez sensible sur la nature des acides volatils et sur les éthers qui peuvent se former; nous nous en sommes rendus cf»mpff' à l'aide de la méthode Hps distillations frac- lion néea. La levure III a fourni de l'acide acétique avec pré.sence très nette d'acide formique dans le ballon additionné d'aspa- ragine ou de sulfate d'ammoniaque, tandis que le témoin ot le ballon pept-oné doniiaifrit «gré % du Degré *» du alcoo- ren^. alcoo- r. nd. alcoo- ren<1. liquc théor. lique théor. lique thèor. XÎX 13"I0 89,7 IS-'SO 91,1 14*9 98 II 13"88 95,1 13«56 93,2 14"5 99 Nous voyons que l'addition de phosphate a presque donné le rendement théorique. Influence de l'addition de vinasses. — Nous savons que les vinasses apportent des matières alimentaires minérales, azo- tées, quelquefois hydrocarbonées pour le ferment alcoolique; 4e plus, elles procurent l'acidité au milieu, tantôt convenable, ISi ANNALES DE LA SriENCK AORONOMIOUE tantôt oxagérét? et interviennent également dans l'arôme, le bouquet des rhums. La vinasse peut être riche en mieroorganismes divers (fer- ments alcooliques et microbes, streptobacilles, streptoccocus} et il en résulte que son emploi judicieux peut être utile, mais peut devenir dangereux, surtout si l'on en ajoute des pro- portions exagérées. Sa composition est très vnriable, comme le montrent les chiffr^'s suivants : '.'uaïUit's pour millf Vinasse a b c d ' Polasso 2 gr. 25 2 gr. 85 8 gr. 22 M gr. 44 Acido jihosjili... gr. 30 gr. 59 gr. 55 gr. 85 Azotp gr. 112 gr. 42 1 gr. 33 gr. 102" L'acidité peut atteindre jusqu'à 4,5 0/CK) d'acide volatil ex- primé en acide acétique et 11 gr. ctO d'acidilé totale exprimée en acide sulfurique. Dans une NÏnasse, nous avons lrou\é, j)uur 1 gr. 5 d"acide formique, 1 gr. d'acide acétique; dans la même vinasse nous avons décelé la présence d'acide lactique inactif, caractérisé par son sel de zinc à 3 molécules d'eau. La présence de cet acide lactique n'a rien qui puisse nous surprendre; plusieurs microbes isolés de la mélasse de can- nes ou des vinases nous ont fourni avec l'infusion de tourail- lons sucrée le même lactate inactif: nous avons désigné ces micro-organismes par les lettres a, i, -•. o -. quelques-uns nous ont servi dans les expériences' doni nous parlerons plus loin. Etude des micro-nryanismes isolés. — Ils se présentent, ru général, sous la forme de bâtonnets segmentés, de slrepto- coques-assez longs; beaucoup d'enire eux se dé\'eloppent tr»bs facilement dans le jus de mélasse; on comprend dès lors que leur pullHlation puisse gêner la levure et changer le goût ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHU^Î 1 Si) du produit fermenté, occasionner une diminution de rends- ment. l*"" Ë.ssai. — Il a été fait avec une mélasse de la Réunion à 14 % en volume; durée de la fermentation : 12 jours à 30°. Quantités par litre ., I Acidité totale Açidite Micro-organismts .n -nlnL «" ^"de ri^.Vi! ^ • en%olume sulfurique en acid^ ' acétique Levure II seule 54.00 2&r066 0?rl54 Levure II plus microbe a 47.75 6 502 2 798 — -^ ^- — "i r. 54.00 3 267 329 — — -^ _ V 54.00 2 373 127 ' ~ — — 48.00 4 747 820 — IV seule 51.00. 2 141 227 - plus microbe 3! 18.75 14 144 7 405 — r- - ■ 40.50 7 752 1 022 L'expérience apprend donc que les microbes Sî et -; ne se sont que peu développés; par contre, 'c: et surtout «, ont agi, comme le montre la diminution de rendement alcoolique, le.s fortes acidités totales et volatiles; il est, en outre, intéressant, de signalerque la levure II, plus active, plus rapide à bour- geonner, s'est beaucoup mieux défendue contre l'action mi- crobienne que la levure IV. 2* Essai. — Il a été fait avec un milieu composé de 4 % cfe mélasse, 66 % d'infusion de touraillons et 30 % d'eau de Seine : i^];çj,pl,g Acidité totale Acidité volatile en ac.sulfurique en ac. acétique a 48T102 18T980 '^ 3 581 1 958 ' V 3 833 1 964 '> 3 940 2 010 La méthode Duclaux, appliquée à l'étude de l'acidité vola- tile formée par a et o , nous a fourni de l'acide acétique avec un peu d'acide formique et d'acide valérianique; c'est le mi- crobe' X, le plus actif, qui a surtout servi dans nos expérien- ces; il est d'ailleurs en même temps le mo;ns difficile en égard an milieu de culture. 1'*^' AKNALBS DE I.A aCIENCB AGRONOMIQUE Il pouvait maintenant t'tre intéressant d'étudkr l'addition de vijmsses en différentes proportions et de voir comment se comporfait la levure seule, la levure en combinaison avec une autre levure ou encore avec le microbe a. 3» Essai. — Cette expérience a été faite avec une mélasse i« premier jet contenant : Saccharosf^ H 950 % Glucose (sucres réduct. "^3.971 % t»t une mélasse troisième jet contenant : Sucres réducteurs 32.247 % Saccharose 34 . 386 % Ces mélasses, qui avaient donc sensiblement la même ri- chesse saccharine totale, ont été employées à la 'même dilu- tion; on a réparti 360 co de moût mélasse entre une série de matras. A une première série (A) on a ajouté 240 ce d'eau de Vanne; à la seconde série (B), 120 ce de vinasses (20 %) et 120 ce d'eau; enfin, à une troisième série (G), 240 oc de vi- nasses (soit 40 %). Tous les ballons ont été, après stérilisation, ensemencés soit avec une levure seule, soit avec la combinaison des deux levures ou encore avec la combinaison d'une levure et du microbe a. Nous avons ainsi, à côté de la fermentation pure (par la levure), la fermentation impure (action microbienne). •» Les tableaux suivants indiquent les résultats de l'analys»» après trois semaines de fermentation; ils sont rapportés nn litre. Mélasse premier jet prif Frrineiit A [.ev. I B I C 1 A Lev. IV B l\ Alcool en TOlulBF foidité totale en SOMI» en 'acide acétique acétate d'éthrla 61*5 lrr038 0rr218 0rr053 »50-0 1 y.5L' 272 068 r>8«87 2 270 500 088 6«-75 1 430 254 •0 044 ';4T.O 1? 2y4 41'' 07 P ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM l''^? érie Ferment ' Alcool en voJnme Acklité total« en S0*H2 y .\cide volatile en acide acétique Ethers en acétate d'éthyle c IV 63 "00 3 323 545 109 A. Lev. I-IV.... 61°50 1 104 300 053 B I + IV.... 60°0 1 758 327 085 G I + IV.... 67°5 2 676 511 086 A Lev. 1+ a . . .. 42»75 6 850 3 727 081 B — 1+7 .... 57 "00 5 130 2 613 092 C — I+a-.... 58° 50 5 379 2 400 081 Nous constatons, pour les différents éléments dosés, des variations assez sensibles d'une levure à l'autre, l'addition de vinasses a diminué, sauf dans un cas, le rendement alcooli- que; par contre, les acidités totales, les acidités volatiles et les éthers augmentent en passant de la série A à la série G, la plus riche en vinasses. En combinaison dans la série A et B, la levure I a pris le dessus : par contre, dès que la quantité de vinasses est plus forte (série G), c'est la levure IV qui domine; on voit ainsi combien de faibles influences peuvent avoir d'importance pour la coïiiposition du liquide alcoolique distillé. On remarque, en outre, que le microbe ^ a agi le mieux dans le milieu le moins acide (série A). C'est ici que l'acidi! • totale et l'acidité volatile sont les plus fortes. Mélasse troisième jet ,, , , .j.^. . . 1 Acide volatile Etbeis en Série Ferments Alcool en Acidite totale ^^ ^^.^^^^ volume n au n acide acétique d'éthyle A Lev. I 5l'"00 l»r789 0&r373 0mi7 B — I ers 2 371 461 098 G — I 63°75' 3 493 545 082 A .— IV 59°25 2 285 272 047 B — IV 60''00 2 612 400 047 G — IV 71 "25 3 265 472 056 A —I + IV.... 60''00 1 763 309 056 A —1+7. .... 55"50 6 987 2 800 056 La mélasse troisième jet renferme beaucoup plus de sucres réducteurs; il est à remarquer que la richesse alcoolique aug- tSS ANNALES UK LA SCIENCE AGUONOMirHE mente pour les deux levures eu passant de lu série A à la sé- rie G; les acidités varient dans le même sens. Signalons, pour la levure I, la décroissance de la quanWt;^ d'éthers avec l'addition de vinasses. L'addition du microbe a encore occasionné une augmenta- tion des acidités et une diminution de l'alcool. Lorsqu'on calcule le rapport R entre l'acidité fixe et l'aci- dité volatile dans le cas où le microbe a été ajouté, c'est-à- dire dans les fermentations impures, on trouve que ce rap- port ne s'éloigne pas loin de l'unité, oscille entre 1 et 2, dé- passant quelquefois un peu ce dernier nombre. Par contre, avec la levure seule ou la combinaison de le- vures, ce rapport est, en général, beaucoup plus élevé, comme le montrent les -chiffres suivants; aussi ce rapport peut quel- quefois servir d'indication pour la pureté de la fermentation ou plutôt pour indiquer une fermentation normale. Mélasse 'premier Jet ♦ Série Kappoit 1: ,•„„„, , Acidité tixe Acidité volat-]p Ac. lixe Ar. volatile A T,ov. I 08-r86l O^rlTT 4,8 A — IV i 22 i 206 5,9 A _ I + IV Sr.l 243 3.5 A —1 + 2 3 8:U 3 019 1,26 Méhrssc Iroisième jet i;*pport u MA,:» !!••,.„..„. A< idit.- lixe Acidité volaille Ac. flxe Ncrie terment ensO'IH .-nsn. M- Ac. volatile A Lev. T Iirr487 0»'302 . 4,8 A - I\ 2 004 200 10,0 A _ i-f-iv 1 113 250 4,1 A — 1+ ï '. 710 2 208 2,1 Ce rnpport varie donc avec les levures associées; il peut être quelquefois très élevé, mais il peut encore se rapprocher de l'unité, tout h fnit conmie s'il s'agissait d'une fermenta- ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM IS'J tion impure. C'est ce qui a lieu lorsqu'on est en présence d'une levure à voile. On a, en effet, dans ce cas, une fermen- tation anormale, une fermentation donnant un excès d'éthers volatils. Voici quelques résultats obtenus avec une mélasse du troi- sième jet : Levures associées Rapport R IV -f XV 12,74 Il +XV 6,5.2 II + XVIII 1,5 Il -f XIV 1,4 La levure XV est une levure ne sécrétant pas de" sucrase. les levures XVIII et XIV sont des levures à voile. Il résulte de ces expériences que les diverses races de le- vures se comportent différemment dans les milieux addition- nés de vinasses; épuisent inégalement les milieux. Faisons fermenter des moûts de mélasse de la Réunion as- sez dilués pour obtenir des fermentations complètes; deux ballons ont reçu 4 grammes de sulfate d'ammoniaque at 0,25 de phosphate d'ammoniaque par litre; deux autres n'ont reçu aucune addition (témoins); ensemençons les levures II et IV. chacune dans deu»»ballons. Après avoir soumis à distillation dans le but d'étudier les impuretés (coefficient non alcool) formées, ramenons les vi- nasses restant dans l'appareil à leur volume initial. Leur acidité en acide sulfurique était, par litre : Levure II (témoin) 1 gr. 711 — II (addition d'azote) 1 » 628 — IV (témoin) 1 » 210 — IV (addition d'azote) 1 » 335 Ensemençons ces quatre vinasses après addition de 20 % de saccharose et nouvelle stérilisation et dosons les quantités d'alcool obtenues après 15 jours de fermentation, avec les mêmes levures : i'M) ANNALES r>B LA SCIBNCE AOI^OIfOMIQUE n IV Levure II (Vinasse fémoiri; 6»7^ M •06 Levure II (Vinasse additionnée d'azote) 10°87 12°1W IV {Vinass€ témoin) S'in ^79 — IV (Vinasse additionnée d'azote) d0°56 11°!?? On voit d'abord que dans les milieux constitués par !©• vinasses provenant des fermentations sans addition d'azot« la levure IV a donné de bien meilleurs rendements que la le- vure II. C'est qu'étant moins -exigeante, elle trouvait encorr assez d'aliments azotés. Il est assez naturel que les rende- ments soient meilleurs dans les vinasses provenant de l'autre levure: chaque levure laisse dans le milieu de culture certains produits toxiques pour elle-même, sans l'être autant pour une autre rac-e. Ainsi nous nous expliquons les rendements 6,76 et 8.40 de la levure II et 11.05 et 9.79 de la levure IV, c'est-à- dire dps résultats inverses. L'addition d'un aliment azoté aux premiers milieux a permis d'obtenir des rendements à peu près pareils pour les deux levures, comparées entre- elles, tou- tefois plus élevés pour là levure IV. Lorsqu'on ensemence les deux levures dans l'eau de tou- raillonr» à 10 % de saccharose, quantité permettant une fer- mentation complèt.p, on trouve les quantités suivantes par lifrf^ : Levure Pouls < quantités d'azot€ nécessaires peuvent donc être très faibles dans ces milieux organiques; on obtient seulement des fer- mentations plus lentes dans les milieux pauvres en azote; mais la nature de l'azote a une grande importance. Constituons un milieu (liquide Laurent) oontenani du phosphate de potasse, du sulfate de magnésie, additionriM de 12,5 % de saccharose; fournissons l'azote sous la forme de sulfate d'ammoniaque 0,5 % ou de leucine 1 %. On ensemence 50 ce* de ces liquides avec chacune des deux levures II et IV et on rapporte les données au litre. ,evure Milieu sulfaté PoWs de levure Alcool",, Milieu Poids de levure leuciué Akool % II 1,120 3»5 0,960 3-0 IV 0,400 i^o 0,200 0"70 Il ressort de cette expérience que la levure IV, qui donne des rendements plus élevés dans les milieux organiques (in- fusion de touraillons, moût mélasse) est très gênée dans îe milieu purement minéral; lorsqu'on rapporte les rendements alcooliques obtenus aux rendements théoriques, on trouve lee nombres suivants : Alcool % du rendement théorique ,evure Milieu sulfata Milieu Iciiciné II 47,7 41.3 IV 19,4 9.0 La leucine n'est donc que très peu assimilable dans le mi- lieu minéral par la levure IV (Schizo) ; elle l'est bien davan- lagi par la levure II et ceci a de l'importance pour la com- position des rhums. Inflvtence des levures à voile. — Rappvelons que l'acidité volatile varie en quantité et en nature avec la composition li<2 A.NNAI-liS I>K I.A SCIENCE ACnu.NOMIyUE du milieu, l'addilion de vinasse, raliment azoté et la raci? de levure; nous avons même obtenu, dans un cas, par la com- Jjinaison des levures III et I\', des parties sensiblement égales d'acide acétique et d'acide formique; les levures qui ont donné le maximum de ce dernier acide sont toutefois les levures à voile, comme XIV ou XVIII, aussi leur emploi peut augmen- ter, dans des proportions énormes, l'acidité volatile et celle des éthers. Certains rhum» anglais sont très riches en éthers; il est certain que dans leurs fermentations ces levures à voile jouent un grand rôle; il existe diverses espèces. On peut rencontrer ces levures, non seulement dans les mélasses de cannes, comme nos levures XIV et XMII 'Ri^i- nion), mais encore sur des fruits divers. L'un de nous a eu l'occasion d'en étudier une sur l'ana- nas (1); elle a été comparée avec la levure XVIII, et cetta étude (2) a permis de voir que ces deux levures, très produc- trices d'acétate d'éthyle, pouvaient se différencier par l'ali- ment azoté qu'elles préfèrent. La présence d'une de ces levures sur l'ananas semble expliquer les pratiques qu'ont certains rhumiers d'ajouter des tranches d'ananas dans leurs fermentations; le fruit apporte non seulement quelques parfums agréables, mais il apporte, en même temps, la levure à voile qui augmente la proportion d'éthers. Peut-être même un ;nitre ferment, ime moisissure, égale- ment décrite (3), inter\ icnl-elle ici : cette moisissure jouit de la propriété que, cultivée sur les milieux sucrés solides et li- quides, elle développe l'odeur très agréable de l'ananas (bu- tyrale d'éthyle): elle a fait l'objet d'une nouvelle étude par Went dans l'île de Java. Nous avons pensé qu'il pourrait être intéressant de faire agir celte moisissure que Went a appelée « Thiolaviopsis (1) Ann. Institut Pastour. 1891 :2) €. H. AC. Se. 1912. /3) Lnr. rit. ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 193 <3thaceticus iiov. spc. », en combinaison avec une levure de rhum; nous verrons ces résultats plus loin. Dans le même ordre d'idées, l'addition de citrate d'ammo- niaque a^rit également sur l'acidité volatile. Du moût mélasse (troisième jet) a été additionné de 1 % de citrate d'ammoniaque; durée de la fermentation : 15 jours. Acidité volatile par litre lA.A.I Fnvitnt sans citrate avec citrate Levure I Ogr.273 ' 0gr.43i Microbe a ' 7 » 759 10 » 597 Noits constatons, pour les deux microorganismes, une aug- mentation de l'acidité volatile, formée d'acide acétique pur, comme l'a montré la distillation fractionnée. Cette influence de citrate, déjà connue pour d'autres fer- mentations, peut s'expliquer, par sa grande assimilabililé- G'est, en effet, un bon aliment hydrocarboné et azoté. Influence de la température La fermentation du rhum a souvent lieu à des tempéra- tures atteignant 40 à 42°; ce sont là des températures exces- sives, aussi préfère-t-on, et avec raison, refroidir le moût avant fermentation jusqu'à 30°. Bien que les levures de rhum paraissent être plus résis- tantes vis-à-vis de la température que nos levures de vin qui souffrent vers 35° et surtout à partir de 36°, il arrive pour le? premières ce qui est vrai pour les secondes. Une levure de vin peut parfaitement supporter 35 à 36', lorsque la fermentation est presque finie, lorsqu'il ne reste plus beaucoup de sucre; il en est de même pour la levure de rhum qui. dans ce cas, n'est pas gênée par ces températures élevées. Lorsqu'on opère en petit sur quelques litres, on ne peut pas songer à faire des fermentations à ces températures élevées^ de plus l'augmentation de température, par suite de la fer- i'.)\ ANNALKS ni': I-A SHinNCE AGRONOMIQI'T: meiitatioii, esl insensible; on ne dispose pas d'autre part d'étuves assez nombreuses pour avoir les températures com- prises entre 30 et 40°; aussi faut-il se contenter d'essayer seulement quelques températures. Dans les expériences suivantes les essais avec le même moût mélasse ont eu lieu à 25° et à une température de 35°5; on a employé de la mélasse 1° jet à 14 0/0 en volume. Les ferments employés étaient les levures III et IV seules on en combinaison avec la moisissure d'ananas (M. Ananas), dont nous venons de parler plus haut. A 2b* : !.eT«res III IV III IV + M. Auaunti -> M. A/aekiias Alcool en voIuihi-. ôl"jr> m\2b 51»,75 r»rî*,2.% A. tôt. en SO* HV . gr. \:^bS l'.504 1,532 1.696 A. V. en A. Acé- tique 0,320 0,236 0,258 0.340 Ethers (Acétate d'é- thyl»') 0.037 0;021 0,034 tV040 A db^b : leTure» III IV III lY r \i. Aiiauus t- M. ABAiiat) .Mcoul (Ml volume.. 51,75 51,75 40,50 50,?5 A. Tôt. en So* TV gr. 1.S60 1,550 1.367 4.549 A. Vol. en A. acé- tique 0,654 0.198 0.426 0.198 Ethers (acétate d'é- Ihyle) 0,034 0,008 0.040 i}.015 L'expérience montre que la température de 35 à 36" est nettement défavorable aux deux levures essayées, un |>cu plus à II qu'.\ IV; la présence de la moisi.ssure gène beau- coup plus la levure TII que la levure IV. ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 1V)5 a) Acides volatils libres. Ferments k 23' à 5S*'> Levure III ' A. Ac. A. But. 10 1 A. A. pur Levure IV A. A. A. B. 6 1 A. A. pur Levure III A. A. 5 A. A. 10 + M. Ananas A. B. i A. B. 1 Levure IV \ A. A. 4 A. A. 7,5 + M. Ananas A. B. 1 ) A. B. i b) A cides volatils combinés. Ferments à 2.'> à .y"/j Levure III ( A. A. A. B. 5 1 ) S A. A. A. 12 B. 1 Levure IV A. A. A. B. 5 1 A. A. A. 11 B. 1 Levure III \ A. A. 4,5 ) A. A. 5 + M. Ananas } A. B. 1 S A. B. 1 Levure IV i A. A. i A. . A. 11 + M. Ananas ( A. B. 1 \ A. B. 1 Au point de vue « Ethers » la moisissure n'a amené au- cune modification sensible; nous verrons plus loin comment la présence de cette moisissure agit sur le coefficient non alcool du produit distillé. La distillation fractionnée d'après la méthode Duclaux a fourni les résultats suivants : L'addition de la moisissure augmente la production d'acide butyrique un peu plus à la température de 25° qu'à celle de 35 à 36°. Remarquons aussi qu'à l'état combiné nous avons partout un peu d'acide butyrique; il y a proportionnellement plus d'acide butyrique à 25° et plus d'acide acétique à 35-36°. Les expériences relatées dans la deuxième partie nous ren- seigneront sur l'influence exercée par ces différents facteurs passés en revue sur la composition des rhums, c'est-à-dire sur la variation des éthers, aldéhydes, alcools supérieurs et sur celles du coefficient non alcool. N CONTRIBUTION A L'ETUDE AGRONOMIQUE DES TERRES DU MAROC PAR Marcel RIGOTARD Inuéiiiem--A,LM-onoiiie. Licencié es sciences . ET Laurent RIGOTARD In2,'énitnu'-AiJ,Tonome. Un certain nombre d'explorateurs et spécialement M. L. Gen- til, ont étudié déjà des sols du Maroc. Les échantillons qu'ils ont recueillis au cours de leurs voyages ont donné une opinion lavorable des terrains auxquels ils se rapportaient. Actuellement, la Direction^ de l'Agriculture au Maroc procède à une étude plus détaillée des divers sols qui peuvent être inté- ressants • pour la culture. Nous-mêmes, en parcourant l'année dernière quelques régions du Maroc, nous avons pu nous rendre compte de l'importance de l'étude des sols, au point de vue de la colonisation, et nous avons prélevé un certain nombre d'échantillons de terres dans des situations diverses. Les prélè- vements ont été accompagnés autant que possible d'observations d'ordre géographique et botanique qui permettent de mieux interpréter l'analyse physique et chimique que nous donnons. Les analyses ont été faites par les méthodes ordinaires des stations agronomiques françaises; nous faisons quelques remar- ques cependant sur les modes de dosage de l'humus que nous avons adoptés, enfin nous donnons avec quelques-unes de ces analyses, un résumé météorologique, lorsque des observations ont été publiées pour les points envisagés, et nous signalons, en simple liste, les plantes que nous avons remarquées sur chaque sol examiné. Cette étude qui ne comprend qu'une quinzaine d'échantillons analysés, et pour lesquels un grand nombre de données man- VAS ANNALES DR I.A SCIENHE AGRONOMIQUE Anal >K' yse pn^sique r> o<.-.- de la terre fine . peu..- mille SaW e Grossier tobal min 0,06^ 1 .L Satie Rn total 0,05 p. 1 foa A fflni O.Ûi rpi l e JMfll mm OùS icrp on )j;^ani(| P . 1 ^oo I . I I I i i . I I I . I I I . «0 T) I I ;:^ «^ * r '< ^ ^ ^ ^^ ^ c > ^ ^^ r ?»■ ^ < «^^. C C C S/^LÉ A Fe2 ,. .1 Casablanca I Mahr^keck I CONTRIBUTION A L'ÉTUDE AGRONOMIQUE DES TERRES DU iSlAROG VM AnalA/se ckimique Je là tçrrç totale, Hour mille Az o ï e tOmm.p.'l /oo\ Pliospboric|ue lOwm h.l "/oo I 1 1 1 rotasse 5mm. |î. i /oo 1 ■ . Ch 0.5 mrn.i aux o • 1 • I I I I f-cÇ ^'^t; t^^ l'OO ANNALES l'K l.A StllENO: AiilU (NuMIOll-: quenl encore, n'a donc ainMinenu'iit la prétenlion iTtHr»» ilt'Mlni- tive : c'est une piei'FV à un cdificf >\\n jMuirrail tMre considé- rable et c(ini]trendre l'étude détaillée de toutes les variétés de sols du Maroc, avec, comme résumé, la ctuistiluti(»n d'une cai'te agminmiiiiue — on plus exactement — de )»lusieurs cartes aiiro uomiqiies d<»nnant la traduction des rnuiliples cliitlres de dosa- ges ou d'observations obtenus |)ar les géologues, les chimistes, les météofoloi-'istes... dans une suite de miiuitieuses l'ccherches, qui pouiTaient «Hre laites, dans tous les [xùnts du Maroc. Un |)areil i>rogramme — qui n'est d'ailleurs pas encore envi- sagé au Maroc — demandera un tem|>s fort long et beaucoup de collaborateurs. Aussi nous n'hésitons pas à jïublier les quel- i|ues renseignements tjue nous av<»ns, sachant (ju'en (U* pays, très nond)reuses sont les i>ersonnes i\uv les moindres données de celte nalui'e intéressent. \\\ sui'jtlus, nous aurion- voulu Conti'Oler enc(»re une lois sur place toutes nos observations. Mais nous avons pensé que dans les temps actuels, et étant di>nné la grande vitesse de déveloj)i»ement du Maroc, il ne convenait pas de retai'der la publication de ces notes (1). Xous wm< sommes efforcés de ne rien citer que nous n'ayons vérifié nous-mêmes, cependant bien des inexactitudes peuvent s'être glissées dans ce travail : ceux qui s'en apercevront tkius le diront, nous les remerciions à l'avance de cette collaboration (|ui est pai-l'ois fructueuse. Nous adressons nos remerciemeids sincères à M. Malet, direc- teur de r.Vgriculture, qui a i'acilité notre voyage, ainsi (ju'aiix fonctionnaires rpii nous ont guidés dans nos tournées: à M. I*rn- dhomme, directeur du .Jardin colonial qui a bien voulu auto- riser l'ini de nous à elTectuer les analyses de terres dans les laboraloii'es de cel établissement, ainsi qu"à M. .\niniann. ilirec- teur de ces lab(»ratoires, et tlnnt l'expérience coloniale nous a maintes fois in'ofifé. M. liucelliei', pi'(»resseur de l»otani<|iie à riCcoh» d*a,i:ricidlure d'Alger, a bien voulu se charger de la détermination des ])lantes que nous signalons. Son ((incours nous ,1 dune été très ]»ré(*ieux. MrUiddrs «l'iiiKili/sr cl niixlr d'r.i jHislIiun ilfs rrsilllilts. Nous axons dit (jne nous avons apj»li(|iit'' les métliodes oiii- cielles des laboratoires français; cependant le dosage de l'hu- mus a subi (piclques modifications (2). D'une part, nous avons dosé l'humus par la méthode Scldo-- sing. De l'autre, nous avons calculé le taux de la matière orga- nique du sol en suivant un procédé de calcid adopté souvent par Miintz, et qui consiste à multi|ilicr- par 'V.i;.\, le nombr-c (pii mesure la teneur en azote, (le dernici' moile de do>a.i.^e de la matière organi(iue n'est encore qu'appi-oximalif. puisqiie la dose (I; l'n autre Ir.ivaii plus développi- .-st t-n )>ré|>.ir.iii(r2 ANNALES \>F. \^\. SCIENCE AORONltMIQUE Tprrr sableuse, jaune ou brun jaunâtre clair. tJunsistance très meuble. Formation géologique : pliocène. Erliantillon du sol prélevé de à :^5 cm. de profondeur. Analyse physique : Terre fliie Terre totale Cailloux 0.0 2,0 Sable grossier o-i;?,:', y41,.j Sable fin 47,0 47,4 Argile 4,5 4,5 Matière orgaui(iue (.\zxM:5,.H^ . . . . 4,0* 4,6 1000,0 1000,0 IJunurs, dosé par la méthode ph\- siqiie 1,7 1,7 Analyse chimique : Azote (Az) ^ 0,14 O.I'i ( Ihaux (CaO; 0,08 0,ON Acide phosphorique (P-'()-}.... 0,2t> 0,20 Potasse (Kny) 1,80 1 ,80 Magnésie (MgO) 0, 14 o. l 't Ce terrain essentiellement perméable est d'une pauvreté exces- sive en azote, en acide phosphorique et en chaux. La More herbacée est assez bien pourvue et éminemment inté- ressante pour le t)otaniste. Ce sont ces sables que l'on peut voir dei>uis une cimpiantaine de kilomètres du parcours, occupés pai* le chène-liège. Ils su[)portent sur une superficie de plus de 125.000 hertares un peuiiJement de chêne, pur, en mélange sur certains'points avec le poirier sauvage {Pirus longipes). Le sous- bois est constitué par un tapis herbacé mélangé d'espèces sous- ligneuses, ne gênant en rien la circulation. L'aspect général de la ti»rèt est celui d'un immense i)arc (1). Les principales plantes que nous avons pu récolter à la frn de février 1017 à Drib et en divers autres points voisins, du par- cours e]i forêt de Mamora, sont : Lupinus angristifoîius, L. [F)],(') ( li'.vpsis aculeata, L. [!''], Ilolcus h'inatus, [F], Agi'ostis pallida, [F], .Mnliueria tniiuita, [F], iiumex huaphalophorus, [F], rh\ nielea lytfiroides, Toifti.K bnrb'ata. [P], .Anar-yelus radiatus, [F], .Aristolochia longa, [F], t\) r<<>iiilv. r)ii>'Ol<-iif i|«'s K-tM\ fl Kmèls (lu l'V(>t«'ctor;il. /-»"x foii'ls iln Mnrur »n Hi'vue iirtnhiiif îles ticii-itcrs, l',M4. n" 7. (2i |F] iléslKn** «ÏPs es]ièct>8 appartenant à la flore friinç.ùsf. CONTRIBUTION À L'ÉTUDE AGRONOMIQUE DBS TERRES DU MAROC 203 Armeria mauritanica, Nonnsea micrantha, Boiss. Reut, i Paronychia argentea, [F], Biscutella lyrata, Romulea bulbocodium, 8eb. et Maur. [F], Leucoium, sp. Ornithog-aliim narbonense, L. [F]. DAR BEL HAMRI. — Date du prélèvement de l'échantillon à« terre : février 1917. Altitude 42 m. (station au km. 102 du chemin de fer de Salé à Fès). Sol rouge brun sur un ou deux mètres d'épaisseur, et jaune en profondeur. Voici l'analyse d'une terre prise à 6 km. au Sud-Est de Dar Bel Hamri. Sol de à 25 cm. de profondeur. Formation géolo- gique : miocène moyen. Terre brune, franche, particulièrement humifère. Analyse physique : Terre Une Terre totale Cailloux 0,0 23,0 Sable grossier 413,5 404,0 Sable fin 303,3 296,2 Argile • 204,3 199,5 Matière organique 78,9 77,3 1000,0 1000,0 Humus dosé par la méthode phy- sique 37,2 36,3 Analyse chimique : Terre fine Terre totale Azote 2,37 2,31 Chaux 59,77 58,45 xA.cide phosphorique 0,82 0,80 Potasse.. 3,26 3,19 Magnésie 1,50 1,46 La composition physique de ce sol est d'une façon frappante celle d^s meilleures terres franches, capables de retenir suffi- samment l'eau grâce à la teneur élevée en argile, et la forte pro- portion de matière humique empêchant le tassement sous l'in- fluence des eaux d'infiltration. Le sable fin est de coloration brun rouge. Le quartz domine, sans mica, dans le sable grossier. Le sous-sol est de teinte jaune. Composition chimique des plus remarquables, qui semble per- mettre, grâce à la forte teneur en azote, chaux et potasse, d'obte- nir les p)lus belles récoltes, avec dans l'avenir, un apport modéré de phosphates. La flore nous a révélé entre autres espèces : Reseda, sp., Ornithogalum umbellatum, Linaria reflexa, ^,>04 ANNALES I)K l.A SCIKNCK ArilUJNt-JMKJlK As|i;ii'a.i:n> allm?, Asjilindt'lu.s inicnicarpus, Ffdia cornut'tipi»'. AI.N NKKIIUALA. - Sur la poiilf sud du Djebel Nnuillicl. En ce iMiiiit situé à 11«» km. de Salé, la terre est éniiueninient aiydeuse, de teinte jii'is elair. Les environs dlTrent. une toixtgra- phie eu cniupes aplaties. Ixtulantes j)ai' endroits, sous rinfltn-nce des pluies, iieliel' carartéristitiiie d'argile. Sur ce sol, les indigènes cultivent des céréales. Analyse physique : Tei-re tine et teiM-e totale Cailloux 0,0 Saltle grossier 'il.l Sable iln «■•I.">.0 Argile :U-J,7 Matière organique :iO,:î 1000,0 lluiuus .-. j 1,4 Analyse cliimiiiue : Azote »Mtl Chaux l'ir),00 Acide phosphori(|ue 1,32 l>otasse •^^^'2 Mwgnésie -. '2:2-', Teire marneuse, bien [Miurxue en éléments tt'i'tiiisauts, et dans latiuelle l'inHuence de Targile est tempérée |»ar la dose élevée de cjiaux. C'est ce qui expliqur que l'indigèm' ait pu s'en etnjtarer |iour la culture. Plantes remarquées siu' ce sol : (îalenduia algerien.sis, As|>hodelus microcarpus. Cliama'nqis humilis 'r;u'e), 'j'ri^juera ambmsiaca. Ca\'. Anclmsa italica, Retz. Rrllc\ alla ma u l'il a ri ica . Piuucl. .\ quel(|ues kilomètres phis loin, \ers Aïu Tauiuar. ou ubservc; le mi'me sol argileux gris clair. Région de ((tjjiiu's. En avançant (la?is la direciiou de h'ez.'nu a|»ei'(;(til liii-idiil des )»eupliers, ri, par iusianis. bi ntnh'ée prend l'asin'ct ibini paysage de France. AIN h.llvMAA. Altitude V?'.»'.i ni. Collines calcain-^ i'.'(,mu- \t'rtes d'um' miiu'e cnucbe i\v tcrr-e (\'i)\\ le rocher* énirr-vie de tous entés. N'alliins à fniul cour'be. .\ir point de \ire .i:énl(igi(|uc : ter-- l'ain jurassifpie. Le cabairc ((irilieril de uumbi'eux r'csle- t\r |"ily- jiiers. Dans la xallée, assez étr'nib'. b'iiT br'uru'. i(iii>i>binb'. qui jii'é- CONTRIBUTION A L'ÉTUDE AGRONOMIQUE DES TERRES DU MAROC l'0."> sente des fentes de retrait. En aucun cas on ne doit appliquer à la ré pion entière les conclusions analytiques de réchantillon de sc»l ci-dessous, caractéristique d'un fond de vallée. Il existe dans cette région de nombreuses petites vallées entourant des croupes calcaires, couvertes de maigres pâturages. Les légu- mineuses s'y développent ]3ien. Analyse physique : Terre fine Terre totale Cailloux 0,0 0,0 Sable grossier 144,2 143,3 Sable fin 729,9 725,0 Argile 73,0 73,1 Matière organique 52,3 52,0 1000,0 1000,0 Humus 5,5 5,5 Analyse chimique : Terre fine Terre totale Azote 1,57 1,56 Chaux 13,77 13,70 Acide phosphorique 0,61 0,6t Potasse 8,00 7,95 Magnésie 4,27 4,25 Très bonne terre, mais insuffisamment pourvue d'acide phos- phorique. Les engrais phosphatés y sont tout indiqués' et doivent y provoquer des récoltes intéressantes. C'est d'ailleurs l'acide phosphorique qui paraît l'engrais le plus nécessaire dans la presque totalité des sols que nous avons analysés. Les. plantes recueillies fin février en cette station sont : Ranunculus flabellatus, Desf., Biscutella lyrata, L., Senecio crassifolius, Willd, [F], Thlaspi perl'oliatum, L. [F], Diplotaxis siifolia, Kunze, Bellevalia mauritanica, Pomel, Tetragonolobus purpureus, [F], Billis sylvestris, L. [F.], Asphodelus microcarpus, Viv, [F], et spécialement sur les collines calcaires : Ophrys lutea, Cav. [F.], .; :i (Irchis lactea, Poir. ^ i-Mi [ Muscari, sp., Chameerops humilis, L., ■ -i^'i Lavandula multifida, L., Reseda, sp. Au delà d'Aïn Djemaa, vers Aïn Saboun (km. 145), on traverse à nouveau des croupes très aplaties, constituées par une terre •,'(X> ANNALJia l>K l.A S<^IE.\GE Aô sou- v»'iil par (Jes t'sc^u'peiiient.s rocheux, liégittii de large.-^ vallre.s ou j)l.iine.s vallonnées. MFiKXEH. — L'olivier i»reml une importance sérieuse aux environs de Meknès (,km. 179 de Salé). Le peuplier y vient assez bien. Région bien pourvue en eau, oij sont installés un jardin d'essai, une autrucherie, et où l'élevage indigène des bovitiés, spécialement des va<'hes laitières est remarquablement déve- loppé. Le climat des environs de Meknès est déjà en partie défini par l'examen du tableau des observations météorologi(]ues laites au cours d'une année. Nous ne saurions mieux l'aire que de donner le résumé des relevés publiés par le Service Météorologique du Maroc, à la station de Meknès, altitude 405 m., année 1915. Janvier . . Février . . Mars Avril Mai .luiri Juillet .. Août Septembre Octobi'e . . Novembre Décembre Année 1015. — 1916. — 1017. Température iiiAKini. rniuiin. moy. 10,5 -J,o ^e 25,(5 0,7 10,4 25,(i i:?.S ■2(\,ï 1 M.U 28,5 8,4 17 :15,4 8 20 'i!,'< 12.0 25.7 44,8 \:i 20,8 34,2 8,ei 21,0 30,0 4,5 10 28,9 4 I4,:{ 20.5 11,0 44 "8 - ro Pluie jours 124,0 14 38 11 S2,7 17 18,2 H 55,1 il 10 2 :^:! 20,8 5 00,4 12 m,i leut tirer les |»lus précieux enseijinements. I^es dilTérents ter- rains de ce domaine ont été étudiés par les Services de l'A^i'i- ( idture. Les champs cultivés s'étalent depuis l'dued Fez au centre de la vallée jusiju'à la crête des collines calcaires qui la limitent au Nord. Près du cours d'eau, un terrain mouillant, porte des prairies sur un suus-sol formé d'une vase très calcaire et tout€ pétrie de fossiles : (ies frastroi)odes dit fzenre melanopsis principalement (m. maroceana; des natices, quebpies lamellibranches, témoj- irnent de l'intensité de la vie dans les eaux saumàtres (|ui s'éta- laient sans doute à une époque géolojrique récente. Kn s'éloi- ynant de l'oued, le terrain devient arfrilo-sableux. Ouebpies-uns de ces sols «jui ont une teinte brune sont en réalité jieu tuimi- fères, ils sont plus ou moins pourvus de chaux. Signalons enfui que l'iin trouve dans ces terres de nombi'eux fragments de silex cpii sont très probablement des pointes de flèches taillées. Près des collines, des terres cailloutenses arrivent jusiju'à des bancs de poudingue. Dans le voisinage, et à une altitude un peu plus élevée, existe une exploitation de calcaire. La variété des sols d'Aïn Kadous est à retenir, dette variété en fait un domaine d'études de grande valeur. Vf»ici, pour fixer les idées au pc^int de vue du climat, les relevés puliliés pour lui.'). ;■) /''/'.s-, .iltitnde .'ÎTS m., année PUTt. Tempi-ratur» l'iiiie maxini. miniin. inoy. mm. jour» Janvier . . . Février . . . . Mars Avril Mai Juin Juillet \nù[ Septembre . Oclobi'c . . . Novembre . Décembre . Année lOir.. — l'.MC. — l'.tlT. i:,.-) •■?,5 0,8 151 J2 •i:5,r. 1 12 42 .5 2r> I5.S (WÎ.5 15 27,5 4 14.. S : 53.25 10 32 '•,5 20 1(»:5,5 II 37 12 23,2 5.25 •> 43,5 17 20,0 n 44 10.5 21» 35 10 23,S 12 5 30 fi.5 IS,5 3S,25 S 25 <; t5,5 <^'i.25 II oo -, I II,:j .S0.5 44» + 1- 500.5 85 — 507,2 503.0 ^ CONTRIBUTION A L'ÉTUDE AGRONOMIQUE DES TERRES DU MAROC ■,'09 Région de la CHAOUIA CASABLANCA. — Terrain situé au sud-est de Casablanca, près le Palais du Sultan. Terre de teinte brun marron. Analyse physique : Cailloux Sable grossier Sable fin Argile Matière organique Terre fine Terre totale 0,0 3,6 718,3 716,0 230,5 229,5 14,2 14,1 37,0 36,8 1000,0 1000,0 2,6 2,5 1,11 1,08 7,62 7,59 0,86 0,86 3,50 3,49 2,38 ■ 2,.37 Humus dosé par la méthode phy- sique Analyse chimique : Azote . , Chaux Acide phosphorique Potasse Magnésie La dose trop faible d'argile ne réussit pas à donner à l'en- semble une cohésion suffisante : des mottes de terre d'apparence solide se brisent en poussière au moindre choc. La dose trop faible également, des matières organiques à l'état d'humus ne réussit pas à compenser ce manque d'argile. CASABLANCA. — Champ près de la route de Tit Mellil. Terre sableuse de teinte brun marron. Analyse physique : Terre fine" Sable grossier 674,0 — fm 255,4 Argile 28,1 Matière organique 42,5 1000,0 Humus 3,26 Analyse chimique : Azote 1,28 Chaux 2,96 Acide phosphorique 0,71 Potasse 2,83 Magnésie 2,17 Dans tous les environs de Casablanca oi^i la roclie calcaire est près de la surface, elle est abondamment creusée de poches plus ou moins cylindriques dont la profondeur peut atteindre environ deux mètres. 210 ANNALES DE LA SCIENCE' AGRO^^ÔMlÔlfii Composition d'une tefj-e. po^levée dans uvie poche du sous-sol calcaire. Terre sableuse rougeâtre. Analyse physique : Cailloux .'. .'. Sable grossier. ...■: — lin. . . , ArgHle ......;.>j ..■.." Ratière organique .....'. Humus Analyse chimique Azote Chaux Acide phosphorique. . Potasse , Magnésie . .', Terre Rne Terre totale 0,0 0,0 812,0 811,2 146.3 140,1 16,4 10,4 25,8 25,3 1000,0 1000,0 1,6 1,6 0,76 0,76 3,20 3,20 0,69 0,69 1,16 1,16 n.d. n.d. H y a lieu de c-onstater la pauvreté en chaux de cette terre placée sur un sous-sol calcaire. Les cavités pourraient être le résultat de l'action des «aux chaînées d'acide carbonique qui auraient dissous le calcaire «t laissé en place les particules sa- bleuses comme remplissage des poches. CASABLAxNCA. — Sol et sous-soi de prairie, vers la route de TitMellil.'/ ; ;■ . i .... r ii ': i/ /.''/'- / Analyse physique: 0-20 cm. 20-«0 cm. Cailloux .- 0,6 0,8 Sable giv.ssier 761,6 725,8 Sable fin 186,5 233,3 Argile 26,0 28,1 Mati«ire organique 25,3 12,0 1000,0 1000,0 HumiiP 1,9 2,1 Analyse chimique : AzoIh 0,7() 0,.3A Chaux 3,54 4.03 Acide phosphorique 0,51 0,40 Potasse 2.40 3,10 MagnAsJP 1.76 1,28 Terre fine perméable, insuffisamment pourvue en argile et eji liiUMUS. Pauvre en acide phosphorique. Nous avons découvert dans ce sri) uni' ]">oiiife de lancé en silex, remarqnablenifinl taillée. CONTRIBUTIONS L'ÉTUDB .VCRONOMI-QUE DES TBBRES DU MAROC 2U A l'ouest de Gasablanca, vers la pointe d'El Hank, on- peut observer un soi, où de place en place, de nombreuses excavations s'ouvrent liaturelleroent et permettei^t d'examiner la constitution du terrain. Sous une couche arable d'environ cinquante centi- mètres d'épaïsseur, -ôiï troqave urne assise dure, dont les éléments ont été agglomérés comme daïîs un poudingue, et cette couebe repose sur du sable fin meuble. Il est vraisemblable d'admettre que l'existence de ce.tte. couche plus dure et compacte favorise la conservation de l'humidité dïi sol qui, sans cela, drainée par les sables sous-jacents, se desséchera avec une très grande rapi- dité. Quant à la formation de ces cavités, elles semblent dues à des afllaissements locaux par suite de dissolutions plus sensibles en certains points d'absorption.^ ta. couche dure entre sol et sous-sol paraît comparable a Falios de nos landes de France- Au point de vue climatérique, voici les observatiôfis effectuées par le Sen^ùd© MuéiêoTOiogique en iii'X^r.kOasiiiblcnK^a :- ■ .^, fi;, l'élu père tuce,,- . ,j^' • niaxiin.* ' minini. ' moyenne Jàn\^l& ...... IS''^ 8";9 . i3",0 Février, 18°5 9"4 13n); Mars lO-'O 10"0 14°:^ Avril.^i. 20"0 1-0"^ ioH Mai ,~tt; 23°7 14^'0 lU" 1 Juin 25° 1 le^O 21 °0 Juillet 27"5 18"0 28°2 Août 26"5 ISn; 22"5 Septembre 25°6 -ir^O 21 "3 Octobre 22''6 12°5 n>'ê Novembre IS^O -TfA Ig"© Décembre 16°5 T"^ 11"^^ Moyennes annueijles 21 "8 12"? 'iv't''^ \'1917) — — 21°6 12''8 17"2 {1916) — — •22"9 12*0 'm^A-^{mi5) CikMLS encore quelques chiffres,- par lexemple ceux- relatifs à U stat-ion de Ben Ahmed à une centai'n»e de kilomètres ^h sud-est -jïiije.iîââeibianrca : i,,- - .^ . ... Teniperaturii ' '• • trtaiiiïi-.' miniio. m0y«nine Moyennes animelles 23°7 9°1 17"2 (19n} — ' — 26°5 10" 1 18"4 (1916) * — — 24°8 9°3 17"0 (1915) — 24»! 10''7 IT-S (1913) L'humidité relative, qui ne figure pas dans les relevés officiels a fait, de notre part, l'objet d'un grand nombre de détermina- tions, au moyen du psychromètre, au cours de l'année 1917 ; les lésultats de ces imesures confirment l'observation courante que l'atmosphère de la région côtière est très chargé d'humidité Très forte le matin, 85 à 00 ou 95 à 100, l'humidité relative s'abaiss* rarement au-dessous de 50 dans le milieu de la journée. '■■'. '*U' ANNALES DK LA SCIENCE AGRONOMIQUK Les chutes de pluie annuelles ont été (à Casablanca) ; En 1912 :^72'"/'"9 1^16 400", '"G En 1913 ' 277 , I'.tl7 396 '-♦ lya Flore de la Ghaouïa fera l'objet d'une note spéciale dans un Iravail actuellement en préparation. Région de MARRAKECH Plaine, altitude 440 m. environ. AGl'EDAL. — Voici quelques renseignements sur les terrains de l'Aguedal de Marrakech, propriété domaniale qui s'étend, au sud de la ville, sur 400 hectares. Terre n" 1. Terre sableuse, caillouteuse, brun clair. Analyse physique : Terre fine Terre totale Cailloux 0,0 3ISJ) Sable grossier 562,9 :iiS'i.O Sable lin 347,5 237,0 Argile 45,7 31,1 Matière organique 43,9 29,0 K»00,0 10(X>,0 Humus 2,0 1,4 Analyse chimique : Azote 1 ,32 O.lX) Chaux r).;{7 3,()6 -Acide phosphorique 0,08 <).(>) Potasse 3,o<» 2,(yi Magnésie 0,93 4,74 Dans les cailloux de ce sol, comme d'ailleurs dans les enviruns de Marrakech, d'une façon générale, on rencontre des porphyres rouges et \erls. 11 est }>r(jbable que ces nulles jMu-jthyriqiies, dunt quelque.s-unes contiennent des feldspaths blancs en voie de décomj>osition, snnt une source notable d'éléments fertilisants qui expliquent en j>artie la fécondité des sols irrigués de TAguo- dnl. Trrrc ii" 2. Terre sableuse. .\nalyse physique : Terre liiie Terre tnlale Cailloux. 0,0 7S.2 Sable grossier 555,5 512,4 Sable lin 207,0 ',^74,0 Ai'gile 70,4 70,4 NFatière organique 70.5, <»5.() 1000,0 ^ 1(X>0,0 I Humus 2.3 2,1 CONTRIBUTION A L'ÉTUDE AGRONOMIQUE DES TERRES DU MAROC 213 . Analyse chimiique : Terre fine Terre totale Azote .,.,..., 2,12 1,95 Chaux :C.< 15,15 14,30 Acide phosphorique 1,93 1,78 Potasse 4,48 4,13 Magnésie....... 10,36 9,54 Remarquable composition physique et chimique. Terre suffi- samment pourvue en argile et riche en tous les éléments ferti^ lisants principaux. Terre n' 3. Terre plus argileuse, à première vue, que les pré- cédentes. Analyse physique : Terrp fine, Terre totale Cailloux 0,0 '33,2 Sable grossier 357,4 345,7 Sable fin . . ... , . . . 534,3 516,3 ■ Argile .'VP. .'V.^'.n'.". .ni . . . 76,0 73,6 Matière organique 32,3 31,2 : 1000,0 1000,0 Humus iiV' ib - • • 0'<^ 0,8 Analyse chimique : Azote 0,97 0,94 Chaux 28,80 27,80 Acide phosphorique 1,34 1,29 Potasse 2,70 2,61 Magnésie 16,50 15,90 Relativement à sa composition physique, cette terre se dis- tingue des autres par sa compacité due surtout à la dos© de sable fin deux fois plus élevée. Elle est d'une richesse moyenne au point de vue chimique. , Terre î?.*,4. Terre caillouteuse et argileuse. ''^ Analyse physique : Terre fine Terre totale Cailloux * iéil . 0,0 386,Q ./ Sable grossier ô iJ.f. • • • 4R • ^^'^'^ ^i^A Sable fin _.-.... r-.S8 . 294,1 180,6 Argile . •. !«§ . 147,2 90,4 Matière organique >j . 45,0 27,6 1000,0 1000,0 HiimùS 2,1 1,3 2l'i A>fNALE8 ^^^'^■ 1..A yeaBNUB AÔHONOMIQUi; Analyse chimique : Azole . (.riiùnx Acide phosi)hoi;iqut* , Pbfûisse ;;î,; .. • • Maûrnésie "■o flVtrrtr Hue 'ïmre loi aie 1,35 033 8,70 5,34 .1,46' 0,Q« 5,58 3,43 11,50 7.1 'ij^-re ^umDUcie par suite' ii^ 'la ';ï)i'0)[)t3rtk)né΀vée d'argile et d^éléme'nts nns. '-' '*^'- La teneur en magnésie de ces sols est à remarquer. Bli« est due à la décomposition de silicates magnésiens des roches érup- tives. • ■ '•"!' •'" •' ''''''-'fn-^'i'] /: .">'ii^*\'.'4'if: ^iilq «tTi'*'!' .;: 'n •\\\«\ L'Aguedal est une propriété domaniale extrêmement irriguée, couverte d orangers, de mandariniers et d'oliviers, qui, toys, don- neni, des récultes très abondantes. •vii.('';r' : • - / Lavftere spontanée des environs de Marrakech est 4éjà. empreinte d'un certain caractère tropital, niais qu'il, faut se garder xl^xagérer.. tia ville est au milieu d'un oasis de palmier diilU&r rP h œnix dactylifera), La plaine qui l'entoure porte par endroite un arbrisseau épineux, le jujubier, que les iudj.^ènes utilisi'ul. «Mimnio rx)mbnstib),Jp. Nous avon.s; rorolté Lavaudula inultif ida, Zy pinj jfhtLs lolus, Sarcissiis kizella, Asparagus, etc. Grâce à l'eau, amenée par d'interminables « retharas » ou condin'fs sonteiTarhâ ayant leur origine à plusieurs kilomètres au sud do Marrakech, dans la direction de l'Atlas, on peut ul»te- nir un grand nombre de produirtions de ces Sols riches. Notons que le bananier ydonne des fruits excellents et résiste pregque tous \PA ans à l'hiver. ;.\u contraire, les dattes ne muri-ssent qu'inxparfaitement .ri'iii.j. Voici quelques -données météorologiques relative^ à Marra- kech, aliiiudie 'AO m., enxiron, a.nnée idi6. Janvier Février Mars Avril Mai Juin Jnillei Aont V-.'! Septembre Octobre N(ivenibre .... ; ,_.' DtVembre ....'.'•.'.'" Année 11 M.'). .Vnnée 11H«. \mM'e 1017. '" f''t;>.*'p^vi«UM' ■ i -■ ,. ■ ■.'! - . . ilitM- latniia, rninini. . mrqjvani . . ,snn|. j jOMf», 2d,^"* "^'Ô' i0,4 Mfi 10 20 1,5 1 2,r H,i 3 20 (• 10.5 28,2 i l ap:.. ,.,,4,. 1U,5 2s0 f 33 9 20,5 0,2 1 30 11,5 23.i> -H' i 43,5 1 5,5 28.3 4& u; 28,1 34 12,5 23 32,5 7 10,1 30.8 3 28 5,5 ]6v3 31,-3 4 27,5 1 «1,6 70 Q — — 273,3 4d __ — 280,7 — __ 3fl7j» CONTRIBUTION A L'ÉTUDE AGRONOMIQUE DES TERRES DU MAROC 215 En somme, d'après ces quelques notes qui ne font que confir- mer les études plus anciennes et déjà connues (1), on peut voir que le Maroc présente une grande diversité de sols et de climats, conséquences normales de sa position géographique et de son relief. On doit donc y étudier chaque région d'une façon spéciale, et il est vraisemblable qu'on trouvera des étendues de terres pro- pices pour un nombre considérable de cultures exigeant souvent des conditions de milieu très différentes. (1) Voir: L. Gentil, /.e Maroc physique. REVUE AGRONOMIQUE • AGRICULTURE. — ENSEIGNEMENT AGRICOLE H. HiTiER. — Les BESOiNy de la terre française en acide phos- piiORiQUE. {Bull. Soc. Encourag. Ind. Nat., t. CXXVIII, p. 2V>8, oct. 1917.) -L'auteur résume dans ses notes mensuelles d'agriculture, la question des engrais phosphatés. Il montre les besoins énormes de la culture à. l'ég-ard de ces divers produits. P. N. L. Branoourt. — Considérations générales sur le rétablisse- ment de l'état de culture des terres reconquises, des USINES AGRICOLES ET MANUFACTURIÈRES. [Bull. Ail. C/lîm. SuCV. DisL, t.. XXXV, p. 31, sep. 1917.) L'auteur rappelle l'importance de la culture et de l'industrie betteravières. Il montre la nécessité d'une victoire française pour rétablir nos usines de la région du Nord. P. N. L'Institut Agronomique " ^t ^son ' enseignexment. . — 1876-1917 {Annales de l'Institut National Agronomique, 2« série, t. I, 2" édition, 1917.) Ce volume de 541 pages est entièrement consacré à une étude détaillée de notre école supérieure de l'Agriculture. Un aperçu historique montre l'œuvre de l'Institut Agronomique de Ver- sailles rapidement supprimé, puis la création en 1876 de l'Ins- titut 'Agronomique à Paris. L'école, modestement installée dans une annexe des Arts et Métiers, reçoit au bout de dix ans les bâtiments de l'ancienne école de pharmacie, 16, rue Claude- Bernard. Avant la guerre, un agrandissement considérable était en cours d'exécution et les travaux ont été achevés depuis 1914. La première partie du volume est consacrée à l'organisation matérielle de l'école : personnel, élèves, conditions d'admission. Une seconde partie donne le programme détaillé des cours. jls Revue Agronomique Dans une troisième partie se trouve la description des Stations annexées à l'Ecole (Station d'essais de semences, Station d'essais de machines, Laboratoire des fermentations, Station d'entomolo- gie de Paris, Laboratoire des recherches viticoles, Station d'hy- draulique agricole). La quatrième partie indique les carrières ouvertes aux ingé- nie»«s-,'5,qjrQ«.omefi et mQnJ,r^. le j;ôle^ de l'Association amicale des,*A"»:'eils Elèves. ''■'"''■) /.i "- ■ ! "<. "j Ci En appendice sont réunis Tes lôië,' rféèrets"Pt arrêtes- relatifs au personnel, à l'organisation et au fonctionnement de l'Institut National Agronomique. P. N. Rapporï présenté a la Société D'BNC0URA^ épizootlc^s ; loi;^ sur le «'omin^rce des engrais ; convention internationak' pour l;t conservation des oiseaux utiles à l'agriculture; loi^ "poirt hi (»roteot(oiv de li'Al^jéPic GQtttreJo phyll^^éra ; développement des irrigations et du '-ervice açs, haras; création de l'ordre du Mérite agriroje (d,'ohf lé nombre des titulaires no devait pçisydépasser un miÏÏîer); M. Méline a jeté, les bases du crédit agrïcofe mutuel (Gôîifg'fèS intern.ltional d'Agrirulture de 1880, loi de 1894). L<' mérite de M. Méline réside encore dans son action comme piiNtriate; son denaier ouvrag0'.:7>(? fir><<»Mr à Ltictre, a fait une sen.«;Htin7) émirnn\ dan» le, monde poli^nnie et «vî''''GOle aussi, bien en Fr.ince (pi'à l'étranger. P. N. IfKNltl HlTIHk. -^ LW UKrm^h) Alix lÎTt DK^V 'rRr.HNK«rK8 et LBg STA~ orAlKBrt AnHinoLHS daks lk» FKaMKS UAN0I8K&. (BuU. Soc. Enrcw. Jiid. Nat., t. -(^XXIiX, p. 1-54, féTr; IWI8.) ,(^mni«int vont acquéi'ir J^s ,conjaai!Ssauce« ,iephnjq,ues et pra^? tiq«K'* (jui leur sont iii-(lv>spensiU)les, nombru (lu JA^uues gens sa (J.ii.ioji a.ura empêchiis de, suivre ks e^n-a d'une école d'agri-cnlture? Pourront-iLs, dans iWa e.xplfiil-jiioAi.s «gricoles,, tcjut an, pkarticLpant aux travaux, «•ompJéter Luurs conurtiasan/ies théorique*, et t«M;J4,ni>qvies ? L'au- Rbvub Agronomique '^'l-' tetir pense'qa'avec! les usages: actuels en Fruace, il sera tr.ès dif- ficile' de trouver d-es exploitations agricoles voulant recevoir un jeune homme, même au pair. Cependant il n'en est pas ainsi dans les pays étrangers et, d'après les renseignements publiés par l'Institut International d'Agriculture de Rome (mars 1917), les choses se: passent différemment, au panéiïiark 'grâèe-^à ' l'ac- tivité de la Société Roy;aie d'Agricultùrjé;'^'./''' ",;'' ' V : "'■■ '"■ ■ ; Des étudiants passent trois ans datte" tî*o?s ëxpïcyrmibiië' dif-' férentes, un an par exploitation; ils sont payés et IxDgés; ren- seignement théorique est donné par, des manuels séientifîques. Un certificat final peut être obtenu. Dans les petits domaines,, les; places d'études sont conférées pour deux ans seulement. Pour l'élevage du bétail, il existe des bourses pendant trois aiî^. à passer sur deux exploitations différetites. En outre, la Société Royale d'Agriculture a institué des bourses d'études pour les spécialistes des industries du lait. P. N. ALIMENTATION DE L'iîOMME E,T' DU BETAiL Jeaî^ EffFBWN'ïi — Emçuoi' de l^eau de o-sauximn.^) Li,,^^^IÇ^^;ÇION .TDUFAm. {Bull S^Ci Se. Hy§. Ali7n.eiit.yp, é^l y i9^^^ .,.,^,. ?,,; '"E'aù-téUr critiqué fëë Les 'leuilles sont plus riches en N et K^ au printemps qu'au moment de leur chute. Les feuilles ont une composition variable suivant l'espèce de l'arbre, la partie de l'arbre où elles ont poussé et suivant là nature du sol. D'une façon générale, la teneur en éléments utilisables est fail)lé et là récolte dès feuilles ne semble pas avantageuse; •JJii Revue Agronomique ADHIAN. — Suit i/KMI>LOI DK (.EHTAI.NKS AUiUKS MAKINKS IMiUU LALI- MKNTATKIN DKS CHKVAUX. (C /?. Ac. 6V., t. (ILXVI, p. 54, jailV. ii»i8;. Le itruduil iitilist'' dans les expériences de rautenr est nue pré- jtaruliuii industrielle ubtenue au moyen d'algues niarjnes de la classe des laminaires, préalablement débarrassées de leurs sels. La composition de ('e produit est voisine de celle de l'avoine. Les ex{)éritMiees, fuites sur six chevaux, puis sur quarante' chevaux, nitinlrcat que kg 750 de ce lynduit remj)lacent I kilo d'avoine; les traces d'iode organique subsistant dans les laminaires ont même guéri trois chevaux atteints de lymphan- gisme. En temps ordinaire, la France important 2 millions de (piin- tûux d";ivoint', l'exploitation des algues marines peut être envi- sagée. V. S. L. Lapigque et J. Ciiaussin. — Valeur alime.ntaike du blé total ET DE LA FAKINE A 85, COMPAREE A LA FARINE BLANCHE. (C. R. Ac. .^r., t. CLXVl, p. aOO, févr. 1918.) Les auteurs ont comparé sur un chien la valeur alimentaire du blé entier, haché après trempage à l'eau, cuit au foin- et séché, avec celle du biscuit de pure farine blanche. Jl résulte de cette expérieru-e que la valeur alimentaire du blé entier est égale aux i>o,:5/100' de celle de lu fariije blanche. Les enve- loppes non digérées représentent 11,0 U/0 du blé. Les auteurs indiquent que ces résultats sont comparables à ceux obtenus précédemment par Aimé (lirard et i>.ir Snyder. n'aulre pai'l, les auteurs ont exi)érimenté sur l'homme là valeur ct»mparée du pain blanc et du pain de farine à 85 0/0.. Leur conclusion est que la dill'érence de valeur entre ces deux farines est trop faible p(»ur se révéler, (-ependanl, les auteurs ont observé une courle pcrhu'bation due à une mauvaise diges- tion du pain bis. P. X. (r.-A. Lkiu.iv. ■ — Analyse par la .nuôiiiooe iMioTOdRAi'iiiyiK des «CUFS FRAIS OU CONSERVÉS. (AniKilrs di's Faisif'icaliiiiis et Fraudes, t. XL \>. K», janv. 1018.) - Mémoire plus détaillé que la note parue jd'écédemment au fO)i)j)tf's /{rndus de l'Aradémin des Sciences, t. (ILXV. p. 102(J, déct'Hilir'c l'.MT. \'oii' l'analyse dans les Anntdes dr In Srirnce Aqromnniifue, IlUT. ii" 1-3.) P. X. Pierre MÉ(;nieh. - La (jukriie et la question ou lait. Industrie Ltiitière, t. XLIII. p. 33, raars 1018), extrait do la Vie Ar/rîràle, L'auteur étudie la queslioji de rapprovisionneujt'iil du lait Revue Agronomique j.M pour les grandes villes. Les causes de la hausse des prix sont la diminution de la quantité amenée dans les villes, la cherté des aliments du bétail, raugmentation des frais généraux du producteur de lait. L'auteur s'élève contre la taxation, et propose, comme remède, la limitation de la consommation par la carte de lait et l'augmentation de rapprovisionnement des grandes villes en étendant la zone de ramassage et en organisant métho- diquement le ramassage. P. N. Alimentation de la chèvre. {Industrie Laitière, t.. XLIII, p. 01, avril 1918.) La chèvre doit consommer journellement une ration de foin équivalente au trentième de son poids; Van Seynhale a fourni une indication plus détaillée en distinguant l'albumine, les hydrates de carbone et la graisse nécessaires à l'alimentation des chèvres. L'article publié dans Vlndustrie Laitière contient des tableaux de rations pour les chevreaux, les chevrettes, les nour- rices et les boucs. P. N. P. Petit. — La levure gomme aliment. [Brasserie et Malterie, p. 258, n° 17. 1917.) ^- - .. CHIMIE ANALYTIQUE — FALSIFICATIONS A. Kling. — Les Glucoses arsenicaux. (Annales des Falsifica- tions et des Fraudes, t. CVII, p. 4.38, sept. 1917.) L'auteur a étudié les méthodes de dosage de l'arsenic dans les glucoses, la méthode de précipitation complète de l'arsenic à l'état d'acide arsénique par entraînement dans un précipité de phosphate ammoniaco-magnésien et le sort de l'arsenic au cours de la fermentation alcoolique des glucoses. Il ne se perd pas d'arsenic sous forme de produits volatils et la proportion d'arsenic fixée par la levure est faible (au plus l/IO de l'As introduit). P. N. André KlIng. — Méthode rapide de triage des acides sulfl- riques destinés aux fabriques de glucoses. (Ann. Falsifie, et Fraudes, t. X, p. 451, oct. 1917.) Les acides sulfuriques destinés à la fabrication des glucoses ne doivent- pas contenir plus de gr. 1.3.3 d'As par kilogramme. L'auteur a imaginé une légère modification de l'appareil de ;';';' B«VUE AGHONOMifiOli G. Bertrand, l.es gaz dég-agés passent sur uii ^ipk'.r imprégué de biohlf^rure de mercure. On compai'e J'iatensité d^ la taciie formée sur ce papier à celle de bandes de papiei' ti-emi^écs dans des soUtti(ms de chromate de ixjtaissjc' à 1 et 2 (J/0 puis séchées. Pu«r 'cpl'un acide i>uisse être utilisé pour la; fabr:ica,tioû du glui'oae, il est indispensable que la tache oUt,enue n'ait qu'uaie intensité de coloration à peine suiKérieure à celle poréseutée piir le papier imbibé de la solution de chroauate à 1.0/0, et netl4.'- ment inférieure à celle du papier à 2 0/0 du chromate. P. N. '''>'-^'"* /„! :f l'cjfr •»— 'i,;')^ ,-;I I', -tnOi.l'li;-! Mil L'usage se réptiïid â€> ^lûS en plus dans les ca'éiuerieii cen- trales de tteutraliifcr iivec de ia chaux, av;tnt pastenj'isaLian, la crème destinée au barattage. Par cette pratiquf, -crti Améiiôrexait la (ilialité du beurre. L'auteur cherche à caractériser dans les beurres l'emploi de la chaux. l/indteur a, constaié que si la quantité de cendres totales peiil varier sensiblement dans un même èchantaHon, jLn'éu est pas de même de la teneur en cendres sans chlofures l'dîfTérence entre cendres totales et chlorures dosés séparément). C/est dom- par rapport aux cendres sans chlorures que sont calculés les l)Ourcentages en chaux. Les analyses de l'auteur niuntrcjit qu'un tel jwiur<:eiitage de 25 en GaU constitue une tolérance acce|)table. Au-dessus de ce pourceutuge, le beurre est suspect. Toutefois, d^jus le cas d'un beurre salé, il faiit tenir compte -du sulfate de chaux aniené par le sel utilisé (correction par le calcul après dosage des sul- fates dans les cendres) ; néanmoins, il sefa prél'érable d'exa- miner directemetjt le sel employé si le pourcentage de chftux ciuTigé re.'^te compris entre 25 et 28. I^Tuileur attii'c, en outre, l'Attenlion sur la régénéra-tioii des IxL'urrt's rances par un ti'ail>ement approj^i'ié a\'ec un lait dm, Folsif. ct J'^inudn*, i. X, |). 5r.L (Jéc. IIU?.; L'«iiit«UP «K^fosft îl^' ri^in^'vr ( un; présentent les fnrinei» prove- jiani df. blé uB«d ineito^'é; 1h iii«1ie sejwA)le èU'e un élément des ïlÉVUE Agronomique r2t-'y plus dangereux éiil'âiisôii des sapotoxines, glucosides toxiques. L'«auteur Indique lès réactions caractéristiques des sapotoxines; "il n'admet pas l'argument, souvent invoqué, de la soi-*disant innocuité de la nielle par suite de la cuisson du pain, -i .m ■ "L'auteur, pour doeep Mes sapotoxioibeSy emploie .up^, méthode bûsée sur l'hémolyse du sang, c'est-à-dire sur, la destruction globulaire des hématies avec formation d'un liquide parfaite- menl limpide et transparent, coloré en rouge par l'hémoglobine. L'éut'eur décrit un mode opératoire délicat qui lui a permis de caractériser les moindres traces de nielle dans les farines, et de faire un dosage quantitatif jusqu'à l'ordre du millième de milligramme.'^ ' ■"' A'^urà:MY/n;<,,Yi.T:àl/: -- .yav/ La farine étant dégraissée à l'ëthier, reixtra'ction' des sapo- toxines a lieu à l'aide de sérum physiologique. Le liquide clair, eentrifiigé et filtré, eiSt additionné de, réactif sanguin. La vitesse d'hémolyse est fonction de la concentration en sapotoxines, toutes ^choses égales d'ailleurs. (Courbes dans le mémoire.) P. N-. D. SiBERSKY. — Note sur un PERFECTIONiNEMlEaNT APPORTÉ AU TITRAGE VOLUMÉTRIQUE DES SUCRES RÉDUCTEURS. (Bull. An. Chi- miste^, S^ar. 6iZ>ûï.,'t.,XXXY, p. 39, , sept. 190.) L'addîtîon (^é suif aie de maignë^ie dans la liqueur cuivrique titrée favorise la précipitation dta cuivre réduit et rend ainsi plus facile l'observation de la couleur du liquide surnageant. ' P. N. A. M'Àtl'EÎ^AtiCHÎ. — DÉTERMINATION DE L'AGIM^ VOOLATWï:»" iDBS VINS. {Ann. Ch. Anal. p. 18ft, 1917.) ,.);-■. . v/'>\ ,U6^. .'''i>i .îib yi^jr/r.i nu 'j£q oiiifirr;' fit) .>./;•:• xu y ';':>r i'ji.- L'auteur -expose le pjiénomène de cause plutôt incertaine «t indique un pirocédé pour caractériser la présence du cuivre dans un vin. Ce procédé qui peut aussi servir à purger le vin de enivre est basé sur ia piropriété que possède le tannin d'insolu- biliser le oiaivre dissous dans le vin et sur le pouvoir qu'a alors la caséine d'entraîner le tannate de cuivre dans les lies. P. N. o-;/, Revue Agronomique H. J-iisrtK. — Ukigink kt djsthiljltjon iJK l'ikée ijans la NATIIU:. AlM^lJCATION DK NitlVKLLKS MI-miOUKS d'aNALYSE UE L'DIÉK, BASÉES SL'H LEMI'LdJ ur XANTll VUliUl,. Aim. tic ('lu'lli., t. VI, p. 13 et p. 155, 1910., Le xanthydrol permet de déceler et de doser de luible.s doses d'urée, l/aut-eur a recorum l;i |tréserice fie l'urée clifz fous les animaux, (A <'h<"/. h'< \t'ur\H[i\ iK-nd-irit la jrenniii.ilinii graine ou srtorH;. 1». .V. A.-H. SaLWAY. — MÉTIIYLNUNVUJÉTONE OK l-'lHIU-: DK .PAL.ME {Cfiem. Soc, t. 111. p. 'lOT. mu\ 1017.) I/auteur a recueilli 0.12 0/0 de môthyliMnix Irétoiie p.ir distil- latinn (\c l'huile de p.'ilm»' dans un cnnraiil df vajxMir d'eau. I'. N. (i.-W (iAMOLA et V. HhAI N. I)(»SA*;E l'U.NDKHAL l)K LA l'OTASSE PAh LE COHALTINITMITK UK S'tte métliode a l'intérêt d'utiliser d«^s réac- tifs moins coûteux qm' la méthode fin phiLiiif. Les résidlats des deux méthodes cojic(»rdeiit. 1». X. .1, C.LAHKNS. — Si M LA JMlKf;U'rrATM IN OE L'ACOiE l'HosiMHtUII^l K A l'État oe puosimiomolymoate d'a.vlviomu.m : I>osage j'j^aiiqie i)E l'acide l'Hospnoan^îE I'ar tne slmimj-; mehi me AZnT(».\n':riti(^iîE. (C. //. le. Se, t. CLXVI, i>. L>50, févr. I018.",i Lu comj>osition do |)hosphomolybdate d'ammoiiinm n'est pas établie avec certitude ; néanmoins l'auteur a reconnu qu'on obtenait nn prér-ipité de cftmjxtsilion constante, soit en efîec- luant la jjrécijntali(ui en présence d'un excès de nitrate d'am- monium (15 à 20 gr, de NO^ MI^ dissous dans JOO rc de réactif molyt)dique), soit en lavant le précipité (jbtemj dans les conditions liabitnelles par uiu.' solution ;'i I.") ou '^<) 0/0 de nitrate d'ammonium. hans les deux cas, on termine par un lavage du précipité à l'eau disliljéf dfiris laqnejlf ce, j>récipité serait sensiljlemciit insoluble. Le précipité oi)tenn |>ar l'une ou l'antre mélhorle a rigoureusement l;i même teneur en anunoniacpie (|ue si t^mt l'acide phosphoriqiie était à l'étal de j)liosphate triammojiique. Le dosage de l'acide '|.''"^l'b"ï"ique cs>i donc ramené à un dosa ^' »■ (I "a m ru on i u.i | ue. I». .\. Revle Agronomique . Jvo M.-.I. r-u\RE.NS. — Sur la précipitation dé' l acide phosphorique A l'état de phosphomolyrdate d'ammonium. {Ihill. Soc. Cliiw.. 4- sério. t. XXm, p. 140. avril 1018.) M.-.l. l'.LARENS. — DV DOSAGE DE P- 0» A l'ÉTAT DE PllOSPHOMO- LYitDATE d'ammonum. JUiU. Soc. Clnw., -4' série, t. XXIII, p. irv.t. avril IV»! 8. C'.os doux iiitMiioiivs décrivent les recherches de J'auteur en vue de doser l'acide phosplun-ique par précipitation à l'état de phosphomolybdaie d'ajnmonium en opérant dans des condi- tions délînies pour que le précipité ait une composition rigou- reusement constante; le précipité recueilli est introduit dans un appai'cil azotométrique et de la teneur en ammoniaque on calcule la teneur en acide phosphorique. P. X. ClllMIK VKtibn'ALE 11. C.oi.iN. Genèse de l'iniline chez les végét.\ux. [C. R. Ac. Se. t. Cl .XVI. i>. -J-.M. l'évr. 1018.) D'après certains auteurs, Tinuline se l'orme dans les feuilles et émii^re ensuite comme telle vers les racines ou les tul">ercule> ; d'autres auteurs pensent que les orijanes à réserve inulacée reçoivent des feuilles des sucres qui se condensent ultérieure- ment à rétat d'inuline. On reconnaît là les deux théories pro- posées pour expliquer l'accunuilation du sucre cristallisable dans la racine de la betterave. I /auteur a étudié le topinambour, la chicorée et le dahlia. Ses conclusions sont qu'il ne saurait être question de l'élaboration imnu'niiate de Tinuline par la feuille et sa migration comme telle vers les organes souterrains. Les feuilles ne délivrent à la plante que des sucres dont la condensation s'etTectue tout le long de la tige ou seulenuMit dans les tubercules on la racine. lieux tableaux numéritpies montrent ce phénomène. L'inuline n'existe pas dans la feuille de to[)inambour ^parenchyme, ner- vmvs. pétiole\ tandis qu'il CNiste dans la feuille des sucres ré- ducteurs, du saccharose et de l'amidon. La tige du topinambour contient plus d'imiline à la base qu'au sommet: l'amidon a disparu, les sucres réducteurs diminuent du sommet à la base, le saccharose est variable. Les tubercules lie topinambour contiennent de l'inuline et du saccharose, mais ne contiennent plus de réducteurs. Dans la chicorée, menues observations en ce qui concerne l'inuline et l'amidon, mais les. sucres réducteurs pei'sisteut dans la racine. P. N. 2Jfi Revue Agronomique }]. Colin. — Transformations de l'inulinp: dans le tubercule de topinambour pendant la période de repos. {c. /?. ac. sc, t. GLXVI, p. 305, févr. 1918.) On sait que dans l'industrie de l'alcool, les topinambours traités en octobre doivent subir une hydrolyse préalable par les acides, tandis que les tubercules récoltés après l'hivor se prê- tent immédiatement à la fermentation. De Debruniaut avait signalé en 1807 que les tubercules récoltés en mars donnent un suc à pouvoir rotatoire dextrogyre, tandis que le jus des tuber- cules récoltés en octobre est fortement lévogyre. L'auteur montre qu'une partie de l'inuline se transforme en •saccharose à l'intérieur du tubercule; l'autre partie se dégrade progressivement à l'état de lévulosanes de pouvoir rotatoire inférieur à celui de l'inuline. Les mêmes phénomènes se reproduisent dans la chicorée, où le saccharose constitue une partie de ce que WoKT et Geslin {C. A. Ac. Se, t. GLXV. ]>. 051, 1917), ont désigné sous le nom d'inulides. P. X. « B. Geslin et J. Wolff, — Nouvelles observations sur la DÉGRADATION DE l'INULINE ET DES « INULIDES » DANS LA RACINE DE CHICORÉE. (C. R. Ac. Sc, t. GLXVI, p. 428, mars 1918.) Les auteurs ont précédemment montré {C. R. Ac. Se, t. GLXV. p. 051, 1917), que, sous des inlluences diastasiques, l'inuline de la racine de chicorée au repos se dégrade peu à peu pour abou- tir au terme hexose, en passant par des termes non réducteurs mais fermentescibles que les auteurs ont désignés sous le nom d'inulides. L'emploi de deux levures dilTérentes leur permet actuelle- ment de suivre la dégradation de ces composés pendant la con- servation de la racine. Le saccharose ne varie pas pendant la consommation de la racine. P. X. L. Maquenne et R. Demoussv. — Influence des sels métalli- ques SUR LA GERMINATION EN PRÉSENCE DE CALCIUM. {C. R. .\r. Se, t. GLXVI, p. 89, janv. 1918.) Les auteurs ont répété leurs essais précédents (C. II. Ir. Se, t. GLXV, p. 45, 1917.) Le calcium (sulfate ou chlorure) favorise la germinalion; mais la présence d'un autre sel (NaGl, K(]l, (Nli^)^S04, S^(:l^ HaG|2, MgSOs ZnS04, MnGl^ PbGl?, GuSO^) gêne et amoindrit cette action favorable. Si l'essai a lieu en l'absence de chaux, l'action des sels est pour ainsi dire nulle. Les auteurs (•(incluent (pi'il s';igit là d'un phénoinèiif^ toiit à lait général et que les dilTérenls métaux i(ixi(|Mes ou alimen- taires fonctionnent au cours de la germination comme anta- gonistes du calcium au même titre et sans doute pour les mêmes Revue Agronomique 227 raisons que le calcium fonctionne à leur égard comme anti- toxique. L'action physiologique d'un mélange n'est pas égale à la somme des actions exercées par chacun de ses composants agissant seul. C'est ainsi que les métaux actifs (Gu, Pb, etc.), sont plus toxiques en présence de la chaux que dans l'eau pure. P. N. L. Maquenne et E. Demoussy. — Influence des acides sur la GERMINATION. {€. R. Ac. Sc, t., GLXI, p. 547, avril 1918.) Les auteurs ont recherché la limite inférieure à partir de laquelle se manifeste l'influence nuisible des acides sur la germination. Ils critiquent les derniers travaux relatifs à cette question et décrivent leurs propres essais. Dans ces expériences, il faut, avant toute chose,^ éviter la dissolution de chaux par les acides; autrement, comme l'ont montré précédemment les auteurs, l'action favorable des sels de calcium masque l'action défavorable d'autres substances. C'est ainsi que les téguments des graines ont pu céder de la chaux et de la magnésie, lorsque les graines étaient au con- tact de la liqueur acide ; dans ces conditions, les résultats changent du tout au tout. Les récipients cèdent aussi de la chaux. Lorsqu'on se met à l'abri de ces causes d'erreur, les acides minéraux se classent parmi les substances les plus nuisibles à la germination. Cette action toxique ne semble pas pouvoir se changer jamais en action favorable, mais peut être modifiée 1 ■> par la présence d'électrolytes salins. Le calcium paraît être l'un des plus puissants antitoxiques. P. N. W.-G. Bateman et L.-S. Wells. — Le cuivre dans la flore des RÉGIONS cuprifères. {Am. Chem. Soc, t. XXXIX, p. 811, 1917.) Les plantes croissant dans les régions cuprifères renferment du cuivre, de l'arsenic, de l'antimoine et du zinc. L'écorce est plus riche que les autres parties de la plante. Il est à noter que, toutes les plantes ne pouvant se développer sur les terrains cuprifères, il se produit une sélection. P. N. N.-A. Barbieri. — Critiques sur l'emploi des superphosphates EN agriculture. {Gttzz. chim. ital., t. XLVII, p. 38, 1917.) D'après l'auteur, les plantes n'absorbent pas les phosphates monocalcique ou bicalcique; les superphosphates arrêteraient la germination et tueraient les graines. Les plantes provenant d'un sol ayant reçu des superphosphates, seraient moins riches en phosphore que celles poussant sur un sol normal. P. N. . •>?s Revue Agronomique Don et G.-P. Plaisance. — La production de ma.nnite durant l'ensilage. Ain. Chou. Soc, t. XXXIX, p. 2078, 1917.) Pendant la conservation des grains et des plantes à saccha- rose, il se forme d'assez grandes quantités de niannite pour que Ton songe à son utilisation industrielle. P. N. G.-P. Plaisance. — La présence de la leucine dans le trèfle ensilé. [Ain. Chcni. Soc, t., XXXIX, p. 2087, sept. 1017.) Le trèlle ensilé renferme 0,4 i 0/0 de leuciiic ; il ne contient pas de mannite. P. N. P. -A. BoucQUET et M. Boucquet. — La présence des NiTuriEs et DE l'ammoniaque DANS LES PLANTES MALADES. A 111. CflCtlI. SoC, t. XXXIX, p. 2088, sei)t. 1017.) "Les plantes malades contiennent moins d'azute que les plantes saines. Dans l'extrait liquide de ces plantes, les auteurs ont trouvé des nitrites et de l'ammoniaque. P. N. G. CiAMiGiAN et G. Ravenna. — Sur la formation des clucosides DANS LES VÉGÉTAUX. {Ann. de Chimie, t. VI, p. 5, 1916.) En arrosant des plantes en germination avec des solutions de saligénine, hydroquinone, etc., les auteurs ont constaté la for- mation de glucosides, même à l'obscurité. Les glucosides ne sont donc pas des substances de réserve. P. N. GENIE RURAL Revue de la Culture Mécanique. — M. Ringelmann. {Bull. Soc. Eue IniL .\at., mars-avril 1917.) l'ralique de la culture par Iracleurs. — L'auteur donne la texte des notes et instructions établies par lui poin* le Service de la Culture des Terres et coiict'ni.mt rcnlrelicn des appareils (tracteurs et charrues), et l'exécution des labours. Tracteur de Mesmay (modèle 1913). Revue Agronomique 2-29 Culture mécanique en Haute-Garonne. — L'auteur analyse le rapport de M. Héron, président du Syndicat départemental d'encouragement à la culture mécanique. Celui-ci estime qu'un syndicat doit réussir en réunissant 60 Ha de labours, dont 30 à blé. Treuil Allemand et Boudin. Culture mécanique dans la Sarthe. — Le Syndicat des agri- culteurs de la Sarthe fait une propagande active, en particulier par démonstrations, il paye un mécanicien qui instruit les cultivateurs désireux d'apprendre la conduite des tracteurs. Tracteur Little Giant. L. V. Revue de culture méganique. — M. Ringelmann. {Bull. Soc. Enc. Ind. Nat., mai-juin 1917.) Moisson et déchaumage simultané par tracteur. — Le meil- leur montage consiste à atteler le cultivateur derrière la lieuse en renforçant certaines pièces du bâti de celle-ci. Pour une moissonneuse de 1 m. 80 de coupe et un cultivateur 13 dents travaillant une largeur de 1 m. 75, la traction est environ 700 kg, avec une vitesse d'avancement de 1 m. 10 par secontjle, la puis- sance demandée est 10 HP. H faut donc un tracteur de 20 à 25 HP. Conditions à remplir par les tracteurs pour la culture des vignes. — Il doivent avoir une largeur maximum de 1 m. et pouvoir virer sur une fourrière de 3 m. Prix de location du matériel agricole. — L'auteur donne des chiffres relatifs à la durée des machines agricoles, à la durée de leur utilisation annuelle, à l'aire qu'elles travaillent par an et au total. Puis il détermine les frais d'entretien par hectare, l'amortissement et l'intérêt du capital d'achat par hectare, et établit ainsi une base pour les prix de location à payer en cas de réquisition par les maires (loi du 6 oct. 1916) ou d'utilisa- tion par le Service de la Culture des Terres (loi du 7 avril 1917, décret du 6 mai 1917). ' Essai public d'appareils de culture mécanique à Noisy-le- Grand. — • Compte rendu des essais, avec photographies.de quel- ques appareils, liste des participants et prix des machines. Encouragements à la culture mécanique., par le Ministère de l'Agriculture, la Société des Agriculteurs de France, la Société d'Encouragement à l'Agriculture, les départements de la Mayenne et de l'Ain, la Compagnie du P.-L.M. L. V. 230 Revue Agronomique TeCHNIQL E DU LABOUR EN PLANCHES PAR TRACTEl RS. — TONY BaLLU. (Librairie Agricole de la Maison Ihistique, Paris 19i7.) Après avoir rappelé que les tracteurs des modèles les plus courants tournent plus court à gauche qu'à droite, l'auteur expose les « différents procédés de labours en planches par tracteurs », puis il indique comment doivent se fai.re le travail des pointes et celui des fourrières. Il envisage la possibilité, dans les régions où la nature du sol impose la culture en bil- lons, d'exécuter au tracteur les labours de « recoupage » qui précèdent le billonnage. RUDDICK et BURGESS. — CONSTRUCTION DE PETITES CHAMBRES FRI- GORIFIQUES ET DE LAITERIES. (DominioH of Canada, Depart- ment of Agriculture, Bulletin n" 49, 6 févr. 1917.) Les auteurs publient et décrivent cinq plans concernant les glacières, petites chambres frigorifiques et laiteries. Les plans concernent surtout des constructions en bois. P. N. MICROBIOLOGIE — BACTERIOLOGIE Bettinger. — Influence de divers agents sur le pouvoir sag- charifiant et le pouvoir alcoolisant du mucor boulard. {Bull. An. Chim. Suer, et Dislill., t. XXXIV, p. 254, juin 1917.) Le phosphate de potassium accélère la poussée du mucor et la saccharification au début ; ce phosphate favorise le déve- loppement du mucor végétal, mais presque pas l'alcoolisation. Des expériences de l'auteur, il résulte que l'influence de l'acide phosphorique est très faible dans les phénomènes de sacchari- fication, et que les sels ammoniacaux, les sels de potassium et les sels de calcium jouent un rnle au moins aussi important, tandis que pour la levure, c'est l'acide phosphorique qui joue le rôle primordial dans la fermentation. P. .N. Bettinger et Delavalle. — Sun les acides prudiits pam i.h Mucor BouLARD. (Bull. An. Chim. Suer. DisL, i. XXXV. p. i:i, sef)t. 1017.) Le mucor forme d'autant plus d'acidité que l'air a un |)lus grand accès dans les vases, que la richesse saccharine est plus grande, que la lompérntnre est moins élevée. L'acidilé, qui aug- mente pendant un certain temps, décroît ensuite par suite de 1 utilisation des acides formés par le mucor. L'acidité fixe est exclusivement constituée par l'acide suecinique; l'aridité vola- Revue Agronomique 231 tile est formée surtout d'acide acétique. Les auteurs n'ont jamais trouvé de production d'acide lactique, ni d'acide oxa- lique. • P. N. E. Kayser. — Contribution a l'étude des ferments alcooli- ques. (C. R. Ac. Se, t. CLXV, p. 1020, déc. 1917.) L'auteur a étudié la fermentation comparée d'un même moût de pommes par une levure de vin (Champagne), une ievufe de cidre (Calvados) et une levure de poiré (Eure). L'addition de phosphate d'ammoniaque produit une fermen- tation plus rapide et plus régulière; elle a pour effet de dimi- nuer la proportion des acides volatils et d'augmenter la pro- portion des acides supérieurs à l'acide acétique. A l'aide des moûts fermentes ainsi obtenus, l'auteur a préparé des eaux-de-vie. L'addition de phosphate a diminué la propor- tion des aldéhydes, surtout pour la levure de vin et a augmenté les éthers dans le cas des levures de cidre et de poiré. La levure de vin donne le plus d'alcools supérieurs; la levure de cidre le moins. Le. phosphate diminue les alcools supérieurs. L'emploi des levures sélectionnées doit donc se faire en con- naissance de leurs propriétés et selon le but que l'on se pro- pose. P. N. F. Diénert, a. Guillerd et Mme Antoine Leguen. — De la RECHERCHE DES BACILLES d'EbERTH ET PARATYPHIQUE B DANS LES EAUX. (C. R. Ac. Se, t. CLXVI, p. 84, janv. 1918.) Les auteurs emploient du bouillon au vert malachite. P. N. F. DiENERT et Guillerd. — Concentration des germes de l'eau. (C. R. Ac. Se, t. CLXVI, p. 307, févr. 1918.) Les auteurs concentrent les germes d'un litre d'eau par agita- tion au contact d'un précipité d'alumine gélatineuse. Par cette méthode, on récolte la totalité, des colonies introduites. P. N. PHYTOPATHOLOGIE. — ENNEMIS DES PLANTES Note sur une maladie bactérienne de la Pyrale de la Vigne, par G. Daumééon. {Bull. Soc. Path. Végét. Fr., t. IV, ch. l^-", p. 8, 1917.) L'auteur a eu l'occasion d'observer dans le département de l'Aude, des chenilles de pyrale atteintes d'une maladie micro- 2;îJ Revue Agronomique bienne particulière. Le g-erme de celle-ci a été étudiée au labora- toire : il a généralement très mal résisté à la concurrence vitale, plus mal que le colibacille, qu'un pncumn-bacille isolé (l'un?» jjourriture île la pomme de terre, que le bacille parat\ phique H. L'auteur signale la parenté taxonomitiue de ce germe avec celui de la flacherie des vers à soie et avec divers types du pneumo- coque et de l'entérocoque. 1». V. EULECAMUM MGROFASGIATUM (TeRHAPIN SCALE), COCHENILLE MISIBLE AU PÊCHER EN AmÉUIuIK, par F.-L. SiMANTON. (Déf. of .{(/r. B. of Entonifilof/y, Bull. n° 351. pp. 1-OG, 1910.) Cette Qrès de 50 millions de quintaux de coton, 8 millions de filasse de lin, 7 millions de filasse de chanvre, tandis que les producteurs de soie d'Europe et d'Asie livrent chaque année au commerce plus de 20<^ millions de kilocrammes de cocons. i) Ce voluiiv.' est envoyé immédiatement Iranco à toute personne qui fera parve- nir une comiiiinJe. acccripagn-e d'un inaiilat-poste de dix francs au Service lies a'ion-i;in;nt» et ptihlicaliom de l'iniititul Internalionat d'Agrimlture, Villa l'uiberln, Rome, Italie, Revue Agronomique "237 Pour ce qui est des matières grasses d'origine végétale, les disponibilités mondiales se présentent chaque année de la façon suivante : 30 millions de quintaux d'olives, autant de graines de Un, 4 millions de quintaux de graines de chanvre, 5 millions de Cfuintaux de graines de colza. ' Passons maintenant à la production animale. VAnnuaire donne, pour chacune des dix années envisagées, Veffeciif du troupeau (chevalins, asins, bovins, ovins, porcins, etc.) dans 82 pays pris un à un, puis calcule quel a été le nombre des ani- maux par 1.000 habitants au début et à la fin de la période consi- dérée. Les constatations résultant de ces calculs sont du plus haut intérêt. On voit, par exemple, qu'en Uruguay il y a près de 8 bovins pour chaque habitant, en Argentine plus de 4, en Aus- tralie plus de 2 et dans l'ensemble de l'Amérique du Sud 2 envi- ron, tandis qu'aux Etats-Unis et au Canada il n'y en a qu'un tants. \J Annuaire envisage ensuite dans de nombreux tableaux rela- tifs aux mêmes produits que ceux de la partie « production », les chilïres des importations et exportations, en tenant compte pour chaque pays de la provenance et de la destination. Suit une étude de la consommation des céréales dans les dif- férents pays : on y remarque notamment que la consommation de froment par tête d'habitant est très forte en Australie, au Canada, en France, en Argentine, etc., tandis qu'elle est très faible au Japon, dans l'Inde, en Egypte, en Suède, etc., les habi- tants de ces derniers pays consommant surtout du riz, du maïs, du seigle ou d'autres denrées. Les prix des produits principaux, traités en disponible, à livrer ou à terme sont considérés dans un chapitre spécial, où le lecteur trouvera tous les éléments nécessaires pour étudier minutieusement les variations considérables qui se sont pro- duites ces dernières années : les prix donnés pour les produits les plus importants sont en effet hebdomadaires. Le chapitre des prix comprend aussi les cours des frets maritimes et du change. Vient ensuite un chapitre réservé aux engrais et produits chi- miques utiles à l'agriculture, dans lequel sont envisagés la pro- duction, le commerce, la consommation et les prix des engrais phosphatés, potassiques, azotés, du soufre et du sulfate de cui- vre. Ce sont là des matières qui donnent lieu à un mouvement commercial très important et très intense, bon nombre d'entre elles ne se trouvant que dans quelques points bien déterminés du globe et exigeant pour leur transport aux lieux de consom- mation de véritables flottes ; tel est le cas, par exemple, des phos- phates naturels £t du nitrate de soude. A la fin de l'Annuaire se trouve un chapitre spécial, grâce auquel le lecteur saura d'où proviennent les données publiées et pourra, s'il le désire, remonter aux sources. LIBERALITES en faveur de l'Enseignement Agricole Un certain nombre de personnes demandent comment elles pourraient faire des libéralités -en faveur de l'enseignement ag-ri- cole et notamment de l'Institut National Agronomique. En ce qui concerne l'Institut Agronomique nous sommes heureux de rappeler que M. le sénateur Mir, quand il était député V de l'Aude, fit accorder par une. loi de finances la personnalité civile à cet Institut. Des legs ou donations peuvent donc être faits, avec toute affectation au gré du testateur ou donateur, en faveur de l'Institut Agronomique. C'est ainsi que M, et Mme Louis Meyer lui ont fait donation entre vifs d'un capital de 6.500 francs, dont la rente servira à décerner un prix annuel au premier élève de chaque promotion, pour perpétuer la mémoire de leur fils unique, tombé au champ d'honneur. L'Association amicale des Anciens Elèves de l'Institut Natio- nal Agronomique peut également être l'objet de libéralités. N. D. L. R. Imprimerie J. van GINDERTAELE, 37, rue de Pétrograd, Paris. 34* Année Nos 7_9 JUILLET-SEPTEMBRE 1917 ANNALES DE l.A SCIENCE ACRONONIÛIE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE Fondées en i884 par LOUIS GRANDEAU PUBLIÉES TOUS LES MOIS SOUS LES AUSPICES DU MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE PAR L'ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES DE L'INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE 16, Rue Claude-Bernard - PARIS 4« Série — 6« Année BERGER-LEVRAULT Éditeurs 5-7, RUE DES BEAUX-ARTS, 5-7 PARIS REDACTION ET ADMINISTRATION 16, RUE CLAUDE-BERNARD, IH PARIS Prix de l'abonnement : Paris, 24 fr.j Départements et Union Postale. 26 fr. Adresser les AhonnfMurnts ;'< l'Administration, 16, Rue Claude-Bernard Toutes les communications sont à adresser, selon qu'elles concernent L'ASSOC/AT/On , la RÉDACTIOM, l' ADMINISTRATION et la PUBLICITÉ : 16, Rue Claude-Bernard, PARIS. Sommsdre des n"» 7-9 — Juillet-Septembre 1917 J.-E. Lucas. — Sûtes prises nu Cours de Zootechnie de A. Millevre. (Ch. VI.) H. -M. Quanger. — Recherches sur la Leptonécrose de la pomme de terre, et les maladies apparentées (traduit par V. Antoine) (à suivre) Revue Agronomique. COMITÉ DE RÉDACTION DES ANNALES MM. ... ... ^ S FLAMMARION, OAYON, MANGIN. REUSS. TH. SCHLŒSINO Membres d honneur : J ^ SCHLŒSINQ FILS. MM. ! Président TISSERAND Vice-Présidents .... HENRY et N"* Secrétaire délégué . . J.-B. LDCAS SSCTIONS PRÉSIDENTS MKMRRKS SBCnÉTAinSS MM. MM. MM. 1 Agriculture SCHRIBAUX H. HiTIER. PETIT, DE MONICAULT PLDVINAGE 2 Agriculture coloniale PruDHOMME CaPOS. DuBARD L. LEFÈVRE 3 Chimie, physique, \ météorologie, nu- OiraRD ANDRÉ, ANGOT, BERTRAND. KAYSER BRUNO crobiologie . . . . ) 4 Économie du bétail. N'*" MOUSSU, M. VACHER J.-E. LUCAS 5 Économie forestière. HiCKEL ChaNCEREL. OUINIKR OERDIL ^ Économie rurale. I mutualité, s/a/js- > J. HiTIER LBSAGE. DE ROCQUIGNY TaRDY tique ) 7 Enseignement agn- j Qj^Qgjg^^^ TROUARD RIOLLB, WÉRY. CHANCRIN SAGODRIN cote ) Génie rural RINGBLMANN VERMOREL. V*** COUPAN norticullure et arbo- j ^^^^^ COSTANTIN. D' POIRAULT BUSSARD 10 Sciences appliquée» ' à l'agriculture, en- / j.^ j, MaRCHAL. D' POTIER, MARTIN q y^^^ tomologie, parasi- ( " «EGNARD CLAUDE tologie ) 11 Technologie agricole. LlNDET MAZÉ. SaILLARD. L. AMMANN NOTTIN 12 Viticulture VIALA J. GAZELLES, MASSIGNON P- MARSAIS Hecrélaire de In Itédactiou : R. LEQUERTIER NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE Professeur à l'Institut National Agronomique PAR IN(;É.\TEUR -AGRONOME • (Suite) (1) CHAPITRE SIXIEME NUTRITION ORGANIQUE CHEZ L'ANIMAL DONNANT DES PRODUITS UTILISABLES Le cas d'un animal maintenu au repos et à l'entretien, est exceptionnel dans la pratique agricole. Si l'on, exi^loite des ani- maux, si on leur donne de la nourriture et des soins, si l'on immobilise en eux un capital important, c'est en elïet et unique- ment pour en obtenir des produits. En l'ait, nos animaux domes- tiques augmentent pendant leur croissance les quantités de matières azotées et grasses que contient leur organisme; quand ils sont adultes, ils peuvent accumuler de la matière grasse, s'engraisser; ils peuvent livrer de l'énergie mécanique, du tra- vail utilisable, produire des jeunes, sécréter du lait, fournir de la laine. Les conditions de la nutrition sont alors, naturellement, autres qu'à l'entretien. 1; \'oii- Ifs n" 1 à Cl 'jriinicr-jiiin 1"J17). „'}•? Annales de la science agronomique 11 existe une i>remière rè^'le lundameiilale à poser en ce qui concerne la nutrition organique des animaux donnant des pro- duits : Ouellc que soit la nature dos produits l'ournis. qu'il s'aiiisse de la croissance, de la graisse, du lait, du travail ou de la laine, une i^roduction durable n'est possible que si l'animal reçoit dans sa ration journalière, une quantité de principes nutritifs azotés, gras, hxdrdcarbnués, su]H''rieure à celle qui lui est strictement nécessaire pour assurer son entretien. Kii elTet, seul, l'excédent de ces priii('ii">es nutiMlils sur la ration d'entretien, est disponible pour être transformé en produits utili- sables. Autrement dit, en j>lus de la ration d'entretien, il faut ce qu'on appelle une rulion >lr production. Le fait appai'aît évident quand il s'agit d'animau.x accumulant des matières dans leur propre corps, d'animaux en période de croissance ou à l'engraissement, mais il est égalcnu'nt \rai en d'autres circonstances, en dépit d'apparences contraires. Ainsi, il n'est i)as douteux iprun clnnal |)eut tra\ aillei' [lendant un certain temps, une vache laitière fournir pendant un certain temps du lait, tout en n'ayant qu'une ration d'entretien ou même une ration inférieure à la ration d'entretien. Mais en pareil cas, l'animal ne i)eiit donner le produit i^n devrait toujours veiller à ce que cette ration dn ()roduction soit suffisamment forte: on a souvent troj» de tendances dans certains milieux agricoles à multiplier le nombre des animaux sur l'exfiloitation et à les nourrir de fa«;on insuffi- sante. Or, en sii|)posant qu'()n ait trois animaux auxipiels on ne j)eut donner que juste les aliments constituant trois rations d'en- Irtilien, ces lrroduit, alors qu'en en siip|>rimaiit un, deux des trois rations seront employées uniipienKMit à maintenir les animaux restants en équilibre, et la dernièrt! constituera deux rations de pi'oduclion. i|iie les deux animaux transformeront en jM'oduils utilisables : si au lieu de deux animaux, on n'en garde t|u'un, une de> li-uis rations le niaintiiMidra en •'•(|iiiiibi'e, et ré(|uivaleiil des deux autres de\ icn- drri disponible poin- donner des pr-nduits. Il ne faut pas pousser trop idiu ce raisonnement, car étant donnée la nature des aliments d'entretien, aliments grossiers, iMiur les liei-bivores, ini seul animal n'arri\erail pas à consom- nie.i' plusieurs rations d'entretien; mais, en mélangeant c(jnve- riablement les aliments grossiers et les aliments con<'entrés, on [)eiil faire absorber aux animaux une ration équivalente au diHible (Ml .Hi triple lie la ration d'entretien nécessaire. NOTES PRISES AU COURS U!^ ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE "243 Quoiqu'il eu soit, il y a avantage à ne pas multiplier le nombre des animaux si l'on ne peut augmenter proportionnelle- ment leur ration : ce qu'il, faut avant tout, c'est les bien nourrir. A. — PRODUCTION DE LA MATIERE GRASSE La nutrition organique chez les animaux qui donnent des pro- duits, c'est-à-dire recevant en sus de leur ration d'entretien, une certaine somme de principes azotés, gras ou hydrocarbonés digestibles, doit être examinée d'abord au point de vue de la for- mation et de l'accumulation des matières grasses dans le corps de l'animal. Cette étude conduit à l'examen de l'utilisation des principes azotés, gras, hydrocarbonés pour la genèse dans l'org-anisme, des dépôts de matière grasse qui peuvent constituer une partie très importante du poids total de l'animal, et parfois même la plus importante. A ce point de vue, trois questions sont à élucider. 1° L'utilisation possible par l'organisme des trois grands groupes de principes organiques digestibles, — azotés, gras, hydrocarbonés, — pour former les graisses qu'il accumule. 2" La valeur comparée à ce point de vue de ces trois groupes de principes. 3" L'influence du travail de la digestion sur la valeur des prin- cipes, pour la production des graisses. L'examen de ces trois points permettra d'éclairer complète- ment la question de l'alimentation des animaux au point de vue de la formation de la graisse. SOURCES DES MATIERES GRASSES ACCUMULEES DANS L'ORGANISME L'origine des matières grasses de l'organisme a donné lieu, jusque vers 1880, à des controverses très nombreuses. Au commencement du xix' siècle, au moment où la chimie fut appliquée à l'étude des phénomènes de la nutrition, on admit très naturellement que les matières grasses renfermées dans les aliments devaient être la source des matières grasses qui se c^éposent dans l'organisme. Cependant, dès 1844, le célèbre Liebig fut conduit par ses tra- vaux de chimie physiologique à mettre en doute le bien-fondé de cette manière de voir. Il remarqua que les aliments d'origine végétale ne renferment en général que de très faibles quantités de matières grasses et il douta que ces quantités fussent suffi- santes pour expliquer les dépôts considérables de graisses qui se forment dans le corps des herbivores domestiques, notam- ment des bovidés et des moutons, quand on les engraisse aveo ?44 Annales de l.\ science agronomique des substances d'origine végétale. Goninir il remarquait par ailleurs que dans ces aliments, il y avait des quantités ctmsi- dérables de matières hydrocarbonées, il émit l'opinion que ces matières hydrocarbonée^ devaient être, au moins pour les herbivores, la source principale des graisses. Ce n'était là évidemment qu'une hypothèse. Dès cette époque, Dumas, B(tussingault et Bensoz en France, puis Lawes et Gilbert en Angleterre essayèrent de la vérifier expérimentalement. Ces expériences tout à lait remarquables pour l'époque coniirmèrent complètement les idées émises par Liebig; on admit donc à ce moment que les matières grasses déposées dans le corps, surtout des herbivores, provenaient prin- cipalement des matières hydro:arbunées des aliments d'origine végétale. En 1865 cependant, un physiologiste déjà très connu, Voit, attaqua l'hypothèse de Liebig; se lOndiuit sur des i>bservations faites, surtout au point de vue histologiquo, sur la glande mam- maire et qui semblaient montrer que le protoplasme, la matière azotée de la glande mammaire se transforme en la matière grasse du lait, il fut amené à prétendre que les matières azotées des aliments sont la source du dépôt des matières grasses dans Torganisme. Malgré la protestation de Lawes et Gilbert qui maintenaient les résultats de leurs expériences, la i»lupart des physiologistes, se basant sur l'autorité de Voit en physiologie, admirent sa théorie. On avait tort de se montrer exclusif et de ne pas se demander si les deux opinions n'étaient pas admissil)les, car,- à priori, on ne voit pas pourquoi l'organisme, p(»ur constituer ses réserves de graisses, ne ferait pas appel tantôt aux matières azotées, tan- tôt aux matières grasses elles-mêmes. lantiM aux matières hydrocarbonées suivant les dispoiiihililés de ces divers prin- cipes. 'La. nécessité de reprendre systéni.iliipicfuent l'étude de la question s'est imposée; à partir de 1880, une foule de recherches ont été faites sur ce sujet; à cette époque, les méthodes d'expé- rience avaient fait de grands progrès de sorte qu'à l'heure actuelle, la question des sources de ia matière grasse de l'orira- nisme est l'une des plus étudiées et des mieux résolues de ia nutrition. LES MATIKKES GRASSES ALIMENTAIRES SOIRGE DES DEPOTS DE GRAISSE DK L'oRGANISME On démontre par deux méthodes différentes, dont les résultats sont également irréfutables, (|ue les matières g-rasses des ali- ments peuvent élre la source de la graisse ijui se dépose dans La première méthode c(msiste à faire consommer à des ani- maux maigres une alimentation riclie en matières grasses, très pauvre, au contraire, en matières ;izo(ées et Ii\(h-ocarbonées. On NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 245 aura prouvé que les matières grasses des aliments ont provoqué un dépôt de graisse dans l'organisme si l'on démontre que les quantités de matières azotées et hydrocarbonées digestibles ren- fermées dans la ration sont insuffisantes pour expliquer le dépôt total des matières grasses dans l'organisme des animaux d'ex- périence; si l'on fait cette preuve, en effet, le dépôt de graisse devra provenir des matières grasses des aliments, puisqu'il n'y a pas d'autres matières organiques en quantité notable dans la ration. Or, il est aisé, en se fondant sur les données calorifiques et sur la loi de la conservation de l'énergie, de déterminer à priori les quantités maxima de matières grasses qu'un poids donné de matières azotées et hydrocarbonées peut déposer dans l'orga- nisme. La matière azotée ou hydrocarbonée renferme en effet de 2,3 à 2,5 fois moins d'énergie qu'un poids égal de matière grasse, par conséquent, 1 gramme de matière azotée ou hydro- carbonée peut, au plus, fournir à l'organisme de 1 : 2,3 gr. à 1 : 2,5 gr. de matière grasse, soit de gr. 400 à gr. 435 de ma- tière grasse. Dans les expériences de cet ordre, on a pu montrer que les matières azotées et hydrocarbonées des rations étaient insuffi- santes pour expliquer le dépôt total de la graisse, que, dès lors, une certaine quantité au moins de cette graisse devait provenir d'une autre source, par conséquent des matières grasses des ali- ments. Ces expériences ont été nombreuses. Elles ont été faites néces- sairement sur les carnivores — sur le chien, — ■ parce que, seuls, les carnivores peuvent supporter une ration extrêmement riche en matières grasses ; les herbivores ne la supportent pas. Dépôt en nature des matières grasses alimentaires dans le corps La 2* méthode est plus intéressante parce qu'elle s'applique à toutes les espèces, même aux herbivores, et qu'elle permet de montrer que, non seulement les matières grasses des aliments peuvent être la source des graisses qui se déposent dans l'orga- nisme, mais encore qu'elles peuvent se déposer en nature dans l'organisme, ce qui constitue un fait très important au point de vue de la qualité de la viande des animaux soumis à l'engraisse- ment. Les matières grasses du corps sont formées de composés chi- miques bien connus, de triglycérides, surtout de stéarine, de palmitine et d'oléine; elles ont des caractères spéciaux : leur point de fusion et leurs qualités organoleptiques diffèrent suivant leurs acides gras. Pour se rendre compte si une graisse renfermée dans un ali- ment peut se déposer en nature dans l'organisme, et y provoquer un dépôt de graisse, il suffit de choisir un aliment Venfermant une graisse dont les propriétés, point de fusion, nature des acides gras, diffèrent des propriétés des graisses se déposant normale- •Jid ' Annales de la science agronomique ment chez Taiiinral; il est clair que si on retrouve les propriétés et le cachet spécial de la graisse de cet aliment dan>i la matière grasse qui s'est accumulée dans le corps de l'animal après con- sommation de l'aliment, on peut être certain que la graisse de l'aliment s'est déposée en natuie. L'expérience a été faite d'alnird sur des chiens maigres. La graisse de chien, à la température ordinaire, fond à 20° environ. On a fait consommer.à des chiens des aliments riches on matiè- res grasses dont le point de fusion était très différent; à certains on a donné des huiles végétales, huile de lin, huile de colza, graisses à point de fusion très bas, qui sont encore liquides à la température de 0", à d'autres, du suif de mouton dont le point de fusion est beaucoup plus élevé que celui de la graisse nor- male de chien, puisque le suif fond généralement à la tempé- rature de 40 à 50". En examinant les proi)riétés des graisses déposées danivl'organisme des chiens ainsi nourris, on a re<'onnu que les chiens ayant consommé de l'huile de lin ou de colza, avaient uue graisse très fluide, fondant bien au-dessous de 20°, et que [)uv contre les chiens nourris avec du suif de mouton avaient une graisse ne fondant que vers 40". Des recherches plus précises ont permis de retrouver dans la graisse des animaux nourris avec de l'huile de colza l'acide érussique, dérivé de l'érus- sie, graisse de l'huile de colza, et dans la graisse des animaux nourris avec de l'huile de lin l'acide satylique, dérivé de la lino- line, graisse de l'huile de lin; or ni l'acide érussique ni l'acide satylique n'existent dans la graisse normale de chien. Des expériences du même ordre ont été tentées sur des porcs au laboratoire de l'Ecole supérieure d'Agriculture de Copen- hague. On a enlevé, sous la peau de porcs peu eng-raissés, ayant an préalable reçu une injection de cocaïne, de petits cubes de lard; puis certains des porcs ont été nourris avec des graisses très fluides, comme l'huile de lin, d'aulres avec des graisses très diriicijement fusibles,' comme l'huile de coeo ou' l'huile de cojirah, actuellement utilisées au grand détriment des agricul- ^ teurs pour la fabrication de la végétal ine. Quatre à huit semai- nes après, le prélèvement de nouveaux petits cubes de lard chez les animaux d'expérience a permis de constater ((ue le point de fusion de la graisse, par rapport à celui des premiers échan-, filions, s'était modifié pour se rapprocher du point de fusion de la graisse absorbée. On a" également retrouvé dan< la graisse des porcs nourris avec de l'huile de lin de l'acide >alylique qui n'existe pas dans la graisse normale de ces animaux, mais qui est tout à fait caractéristiiiue de l'huile de lin. Ainsi, les matières grasses peuvent provoquer des dépôts de matière grasse chez lesanimaux et peuvent même se déposer en udturr dans leur cor|)S! (iC dernier fait a une très grosse importance au [loint de vue des prftduils zr»olecIini(jues. Qu'il s'agisse en l'ITet de Ixrjufs, de luoufons ou de jiorcs, la qualité de la viande déj)end à un très ; haut dr'pr*'' de la nature et des j>roj>riétés des graisses déposées >-oit à l'iutérieiu', soit autour des tibr-es musculair<'s. du point de fusion de ces graisses en i>articulier. Il est démoutré t|ue, pour NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 247 obtenir une viande de toute première qualité au point de vue de la consommation, il est nécessaire que la graisse qui l'im- prègne ne soit ni trop dure, ni trop molle, ni trop tluide, ni trop concrète. Or, il est clair que, puisque les graisses des aliments peuven>' ' se déposer en nature, puisqu'elles influencent le point de l'usion des graisses normales de Forganisme elles vont pouvoir par là même très fortement modifier la qualité de la viande. C'est ainsi que l'absorption, par des porcs, de graisses fluides a pour consé- quence de diminuer la fermeté et par suite la valeur du lard. Il y a longtemps déjà qu'examinant les graisses déposées dans le corps des animaux gras, Miintz a constaté que les moutons, en particulier, consommant des quantités considérables de tour- teaux oléagineux qui renferment g'énéralement des graisses fluides, présentent une graisse plus fusible, et donnent une viande meilleure. Pour l'engraissement des animaux, il y a donc à tenir compte de la nature des graisses que contiennent les aliments. Il faut également tenir compte de la saison : en période chaude, les graisses ont tendance à fondre davantage; il arrive même que chez les moutons l'absorption d'aliments à graisses fluides peut avoir tendance à diminuer la valeur de la viande, car, l'animal se refroidissant après l'abatage, la graisse, sous l'influence de la température ambiante, devient fluide, s'épanche en partie comme de l'huile, ce qui donne à la viande un aspect peu agréable. Les aliments provocjuant un abaissement du point de fusion des graisses sont surtout les tourteaux de colza, les tourteaux de lin, la graine de maïs, les farines fourragères de riz qui pro- viennent de la préparation de la graine de riz pour la consom- mation humaine. Au contraire, les tourteaux de coprah, de coco, de coton élèvent le point de fusion des graisses de l'organisme. Il faut toutefois faire remarquer que les animaux, alimentés avec des graisses qu'ils ne déposent pas ordinairement dans leurs tissus, ont tenclance à consommer ces graisses hétérogènes pour leurs propres besoins et à les remplacer par les graisses normales qu'ils forment d'habitude. Aussi, si l'on est amené par une raison économique à faire consommer des aliments renfermant des graisses qui nuiraient à la qualité de la viande, il suffit de cesser cette alimentation quatre à six semaines avant la fin de l'engraissement pour que disparaissent les inconvé- nients résultant de l'absorption de pareilles graisses. Pendant cette période, les animaux brûlent ces graisses hétérogènes et les remplacent par les graisses normales qu'ils fabriquent habi- tuellement. Ainsi ce phénomène mis en lumière par l'expérience comporte des applications de première importance. Passage en nature des maiiëres grasses alimentaires dans le lait. — Gomme corollaire, on a pu montrer que non seulement les matières grasses se déposent en nature dans .les tissus du corps, mais qu'elles peuvent également passer en nature dans la ■y^H Annales de la science agronomique matière grasse «lu lait, iiilluencer par là même la t|ualité de cette matière gras.^e, et i>ar suite celle ériences de Boussingault, de Dumas, de Bersoz, de Lawes et Gilbert, que les matières hydrocarbonées sont même les sources ordinairement les plus abondantes des m-îtières grasses dans l'organisme de nos" animaux domesti- ques, bovidés, moutons et chèvres, qui se nourrissent d'aliments d'origine végétale. La preuve exi>érimentale peut s'en faire de la même façon jjue pour les graisses. Il suffit de donner aux animaux une ration trè-^ riche en matières hydrocarbonées, très pauvi-e au contraire eu matières azotées et en matières grasses, puis de déterminer pendant la dur'ée de l'expérience et pai" les mcfliodes déjà con- nues, les quantités de graisses qui se déposent dans l'organisme des animaux ainsi nourris. Si on peut établir que les petites quantités de matières azotées et de matières grasses contenues dans la ration sont insuffisantes pour expliquer le déjiôt total de matière grasse qui s'est produit dans l'organisme des animaux, on aura démontré du même cou]t <]ue ce dépôt a été provoqué par les matièir- hydrocarbonées, qui se sont transformées en ni itières grasses. Il existe de très nombreuses expériences à ce sujet. Une des plus anciennes a été faite sur des i>orcs vers 1880 à l'Institut Agronomique de Moscou par Tehirwinsky. La méthode employée consiste à déterminer les quantités de matières grasses qui se NOTES PRISES AU GOUUS DE ZOOTECHNEE DE A. MALLÈVRE :249 sont déposées dans le corps de l'animal. On a pris des animaux de même portée; on en a sacrifié un, au début, on l'a analysé; on a soumis l'autre à l'alimentation qu'on voulait éprouver — en l'espèce de l'orge, qui, comme la plupart des graines de céréales, constitue un aliment très riche en amidon, c'est- à-dire en matières hydrocarbonées, et tout à fait pauvre en matières azotées et en matières grasses — puis au bout de quatre mois, on a sacrifié à son tour et analysé le porcelet con- servé, pesant alors 24 kilos, ayant plus que triplé de poids. Dans le tableau suivant sont consignés les résultats de cette expérience . Expérience sur la Iransf on nation des matières hydrocarhonéeà en matières grasses chez les porcs (TcmRWINSKY.) 2 porcelets de 10 semaines : | Jî"! g poids vif,' 7 k." m N" 2 alimenté 4 mois avec de l'orge pèse 24 k. MA M G kilogr. kilogr. N° 2 pesant 24 kgr. renferme dans son corps 2,520 9,250 N° 1 pesant 7 kgr. 300 renferme dans son corps 0,960 ' 0,690 Différence (fixé dans le corps pendant les 4 mois 1,560 (a) 8,560 Absorbé avec l'orge 7,490 (b) 0,660 Différence a— b — 5,930' + 7,900- 5 9.H0 5 kg 930 de M A peuvent nu maximum fournir '_' = 2 kg bOO de M G donc 7kg 900 — 2kg 600--^ 5 kgSœ de.MG nu miniinnm proviennent de laMFl de l'orge. Le second porc, nourri avec de l'orge, avait absorbé 7 kgr. 490 de matières azotées et kgr. 660 de matières grasses. Il avait fixé dans son corps 8 kgr. 560 de graisse et 1 kgr. 560 de matières azotées. Les matières azotées avaient été empruntées aux 7 kgr. 490 de matières azotées qu'il avait trouvées dans l'orge de sa ration; il restait donc disponible 7,490 — 1,560, soit 5 kgr. 930 de matières azotées. Gomme l'orge consommé renfer- mait kgr. 660 de graisse, il est clair que ces 660 grammes de graisse ont pu fournir au maximum 660 grammes de graisse dans l'organisme, et que la matière grasse totale qui s'est dépo- sée dans l'organisme ayant été de 8 kgr. 560, la différence, soit 7 kgr. 900, a été formée par autre chose que par les matières grasses de l'aliment. Le dépôt de cette quantité ne peut s'ex- pliquer que par l'utilisation des matières azotées et des matières •j:,0 Annales de la science agronomique hydrocarbiuK-es. Mais les r> kii.''. '.toO de matières azotées dis^-o- nïbles u ont pas pu doiiiu'r leur i)roiti'e poids de matières gras- ses; en admettant même c|ue toute Téner^ile de ces matièroî^ azotées soit passée dans la jrraisse, elles n'«»nt pu en doiiner au maxinnim qu'un i)oids 2, 3 lois moindre, snit .■),•.>:'.() : 2,:} = 2 kj.'^r. 000. Force est donc de reconnaître que les 5 ktxv. 300 de matières grasses supplémentaires proviennent des matières hvdrocarbonées. h est donc certain que les matières hydrocarbonées peuvent se transformer en graisse dans l'organisme. Des expériences de même ordre ont été refaites, depuis, sur la plupai'l des animaux. Kiilin et Ivellner ont ex]>érimenté sur des bonifs, Kern sur des moulons, l^ubner sur des chiens et toujours on a trouvé que les matières iiydrocarbunées, même chez les carnivores, jtouvaient être la source de L'raisse dans Torganisme. On a même prouvé qu'elles pouvaient être la source des matières grasses qu'on trouve dans le loit des femelles d'ani- maux domestiques, et en particulier dans le lait de vache. L'expérience avait son intérêt, puisque c'est en se fondant sur ce qui se passe en apparence dans la glande mammaire (pie Voit avait prétendu que la matière grasse du lait iirovenait de la protéine, de la matière azotée des aliments. Jordan, aux Etats-Unis, a réussi à montrer que si l'on donne à des vaches un aliment très pauvre en matière grasse, juste suflisani en matière azotée pour assurer à la fois leur entretien ei la production de la caséine du lait, et par ailleurs très riche en matières hydrocai'lionées, une partie très notable des matiè- les grasses du lait pro\ lent des matièn^s hydrocai'bonées de la l'ation. L'une de ses expériences a été faite siu' une vache ])endant deux mois, au cours desquels l'animal a augmenté de 14 kilos de poids vif, tout en élanf eji équilil)re d'azote; la vache n'avait donc pas pu perdre de matière grasse de son organisme; elle en avait au coniraii'e fixé; cependant le lait fourni par la bête au cours de ces deux mois renfermait au total 17 kgr. 500 de matière grasse. Les aliments, traités par la benzine pour les débarrasser de leur matière grasse, ne conqiortaient, pour ces deux mois, que i kgr. 500 de matièr*» grasse. Quant à la matière azotée digestible consommée jtendant ce même la|ts de temps, elle s'élevait à 15 kgr. Or, 15 kgr. de matière azotée ne peuvent doiiiici- en moxenne que 15: 2,'i soit kgr. 250 de matière grasse. Ces kgr. 250 + 1 kgr. 500 de matière grasse absorbée dans les aliments ne pouvaient au plus fournir ipie huir propre p'iids, soit 7 kgi'. 750 de la matière grasse du lait. La matièfe .i.'Tasse du lait représentant 17 kgr. 5(K>, la différence, soit î> kgr. 75(1 devait nécessaii'ement provenir des matières h\(lro<'arboné«'s (\i'>i ali- ments. Cette expérience coni|»ortc une consé<]ucnce qui c\|>li(pie un fait en apj>arenct' étrange. (Mi a essayé bi«'n des fois d'enrichir le lait des vaches en matière grasse en augmentant la teneur des ration>- en aliments riches eu graisses digestibles. On est NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHAIE DE A. MALLÈVRE -.'51 toujours arrivé à des résultats nuls, ce qui s'explique aisément, puisque l'animal sait trouver la graisse nécessaire au lait qu'il tournit dans les matières hydrocarbonées de ses aliments. ' LES MATIÈRES AZOTÉES SOURCE DES DEPOTS DE GRAISSE DE l'organisme L'utilisation des matières azotées pour la constitution de dépôts de graisse dans l'organisme est la question qui a été de beaucoup la plus délicate à résoudre. La réponse n'a pas, d'abord, été aussi nette et aussi catégorique que pour les matiè- res grasses et hydrocarbonées. Jusqu'à ces derniers temps, les physiologistes étaient en com- plet désaccord, les uns affirmant que les matières azotées pou- vaient se transformer en graisse dans l'organisme; les autres le niant. Aujourd'hui, les choses sont devenues 'suffisamment claires. Les matières azotées des aliments peuvent-elles directement - se transformer en graisse dans l'organisme ? Si csU^i transfor- mation n'est pas démontrée, les matières azotées sont-elles sus- ceptibles, par un mécanisme indirect, de provoquer des dépôts importants de matière grasse dans l'organisme ? Dès qu'on pose le problème sous cette double forme, il appa- laît avec des solutions extrêmement nettes. Il y a des raisons théoriques de croire que les matières azo- tées peuvent se transformer en matières grasses et être une =ource directe de la formation de graisse dans l'organisme. La principale est la suivante : il a été démontré que dans l'orga- nisme des animaux, des mammifères en particulier, les matiè- res azotées peuvent partiellement se transformer en sucre, en glucose, sucre du sang; d'autre part, nous avons démontré de façon certaine que les matières hydrocarbonées peuvent se transformer en graisse dans l'organisme; les matières azotées doivent donc pouvoir donner, au moins en passant par l'état mtermédiaire de glucose, une certaine quantité de matière grasse. Malheureusement, quand on cherche à confirmer expérimen- talement cette déduction, on se heurte à d'assez grosses diffi- cultés. L'expérience n'est possible que chez les animaux sus- ceptibles de supporter une alimentation très . fortement azotée. Pour la réaliser, on ne peut songer qu'aux carnivores, aux chiens et aux chats. On a donné à des chiens ou à des chats très maigres de la viande très maigre, c'est-à-dire une alimen- tation presque exclusivement composée de matière azotée. Les quantités de matière grasse se déposant dans l'organisme ont été déterminées et on a cherché à démontrer que ce dépôt de graisse ne pouvait pas s'expliquer par les petites quantités de matière grasse et de glycogène qui restaient dans la viande. Seulement, là, on s'est heurté à une difficulté. Ouand on donne ?;)„' Annales de la science agronomique à un animal un régime a peu près exclusivement azoté, comme on peut le faire pour des chiens et des chats, on constate que les dépenses de rurganisme augmontent beauroup; dès lors, ranimai s'engraisse très peu, et un arrive toujours à trouver que les quantités de matière grasse qui se sont déposées peu- vent à très peu près s'expliquer par les petites (juantités de matière grasse et de glycogène demeurées dans l'aliment con- sommé. Cependant, même sous cette forme, l'expérience a réussi quand on s'est adressé à un animal dont l'appétit est légendaire et dont on peut varier l'alimentation à volonté, le porc. Elle a a été faite en 1008 par Bogdanov. Bogdanov a opéré comme Tchirwinsky, mais, au lieu de donner aux animaux d'expé- rience une ration riche en matières hydrocarbunées, il leur a donné une ration très riche en matières azotées, très pauvre au contraire en matières grasses et hydrocarbonées. Il a réussi à nourrir des porcs pendant une période de près de deux mois avec une ration uniquement formée de caséine de lait et de farine de viande dégraissée. Pendant la durée de l'expérience, les porcs ont consommé : 34 kgr. 292 de matières azotées, S kgr. de matières grasses, 2 kgr. 270 de matières hydrocarbonées. C'est une ration extrê- mement riche en matières azotées, puisque la relation nutri- tive est 1 : 0,315. Le porc pesait environ 20 kilos au début de l'expérience; à la lin, il avait doublé de poids et pesait environ 40 kilos. Au moment oi^i il fut sacrifié, il renfermait 8 kgr. 065 de graisse, et, comme l'animal témoin n'en renfermait que 2 kgr. 580, la matièi'c grasse fixée pendant rexi)érieiice était égale à 8,005 — 2,586 soit à 5 kgr. 479. Ces 5 kgr. 479 de matières grasses peuvent provenir pour une part des matières non azotées, matières grasses et hydro- carbonées. Les matières grasses ont ])u donner au plus dans l'organisme leur propre poids de graisse, soit 3 kil. 541; les 2 kgr. 270 de matières hydrocarlxtnéos ont pu en ddiinei' nu pJiis 2,270 : 2,3, soit kgr. 987, au total 3.541 + 0,!)87 = 4 kgr. 528 poul- ies matières non azotées. En retranchant ces 4 kgr. 528 de 5 kgr. 479, matière grasse fixée, il reste 951 grammes, qui ne pouvant ])rov('nir ni des matières grasses ni des matières hydro- carbonées, ne peuvent résulter que de la transformation des matières a5:otées. C'est la preniièi'e expérience, et la seule généralemejif cMG + MH grasse ♦dans la ration fixée 1 ^ 10,980 4,5 1 20 9 1 T5j6 1 Ï4^ 9,970 11,180 10,060 9,120 RATIONS 0,835 Foin de trèfle, paille d'avoine et gluten de blé. 0,596 même ration, mais gluten quantité moin- dre. 1,168 Foin de pré et ami- don. 0,678 même ration, mais amidon en quantité moindre. 0,473 môme ration, mais amidon en quantité moindre. Alors qu'on ne pourrait pas admettre que la matière azotée soit transformée directement en matière grasse dans l'orga- nisrne, on peut expliquer le dépôt massif de graisse dans l'or- ganisme par le processus suivant : On a vu que l'organisme peut dans une certaine mesure, pour subvenir à ses besoins d'entretien, faire indifl'éremment ?54 Annales de la science agronomique appel aux divers principes nutritifs, azotés, gras, hydrocarbo- nés, pourvu que, dans chaque cas, la quantité d'énergie soit la même. La matière azotée donnée en supplément de la ration d'entretien si elle n'est i»as Iraiislormée directement en matière Jurasse dans l'organisme et si elle ne s'y dépose pas, sous forme d'album innïdes, se décompose et s'oxyde, la preuve en est évi- dente puisqu'on trouve des déchets de matières azotées dans l'urine; mais, en se décomposant, en s'oxydant, elle libère une certaine quantité de matières grasses et hydrocarbonées que l'animal, à défaut de cette matière azotée, devrait brûler et les matières non azotées (^ui se tri)u\ent ainsi épai'gnées devien- nent disponibles pour être transformées en graisse (mat. îiydro- carbonées) ou pour se déposer ('mat. grasses). Par ce mécanisme indirect de substitution, on peut expli(iuer. même si la matière azotée ne se ti'ansforme pas directement en matière grasse, qu'elle puisse malgré tout provoquer des dépôts très abondants de graisse dans l'organisme. En fait, il est furt probable que les choses se passent ainsi dans la réalité. Quoi qu'il en soit, on doit conclure que les matières azotées peuvent, soit directement, soit indirectement, provoquer, comme les matières grasses et les matières hydnx^arbonées, des dépôts massifs de graisse dans l'organisme. VALEUR COMIWHEh: HES PRISdPE:^ AZOTES. (iHAS, ET HyiiROCAHIiOSES POl H LA E()li.\fATfO\ DES DEPOTS DE GRAISSE DAXS LORGAMSME La méthode expérimentale, grâce à l'expérience de Kiihn, ]>ermet de détermine!' celte valeur comparée. Elle (Nuisisle à mettre en é(iuilibre des animaux à la ration d'entretien, puis à ajouter à cette ration, soit des principes azotés, soit des prin- pes hydrocarbonés, soit des principes gras en quantité connue, à déterminer pai* rem])loi du bilan de l'azote et du earbone, Icr- quantités do matières iirasses déposées dans l'organisme et à voir endn quel dépôt de graisse provo(pie dans l'organisme I kilogramme de matières azotées, de matières hydrocarbonées ou de matièi'cs grasses. L'ex|)érience a été faite par Kiihn sur des ixeuls adultes, dans la ration descjuels l'amidon avait remplacé le gluten, (Voir tableau ei-dessusj. Kelluei- a rappelé les ex|>érieiices de Kiihn poiu' les \ai'ier et les compléter, en ajoutant à la ration, au lieu de gluten ou d'amidon, de la pâte à papier, cellul(»se digestible, ou det^ matières grasses, huile de colza, huile de coprah. (li'àce au grand uoniljre il'exjiériences (|ui (»nt été faites sur cette matière, la valeur comparée des matières azotées, gras.ses et hydr<^K-arl"toiiép>i poui- la f^rmalion ûv^ graisses est connue. II suflit d'iudiqut'r les résultats moyens obtenus pour I kilo- NOTES PRISES AU COLTllS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 25.") i^ramme de matières hydroearbonées (1), de matières grasses ou de matières azotées, donné en supplément de la ration d'en- tretien M G formée Va'eur Valeur pour 1 kilogr. comparée calorilique Mat. hydrocarbonées . . 248 1 1 Mat. grasses 562 2,27 2,4 ^ Mat. azotées 234 0,94 1 Il est impossible de méconnaître le parallélisme presque rigoureux de la valeur comparée des différents principes au point de vue de la formation des graisses et de leur valeur calorifique. Autrement dit, dans la formation des graisses, ce sont les provisions d'énergie utilisable des principes nutritifs qui interviennent, et la valeur des différents principes au point de vue de i-ette formation est proportionnelle à ' leur valeur calorifique. La substitution suivant leurs poids isodynamiques des divers princi]ies Tun à l'autre dans les rations d'entretien peut donc s'appliquer également à la formation des graisses. S'il en est bien ainsi, on doit trouver que les dépôts de graisse dans l'orga- nisme sont proportionnels à l'excédent de principes nutritifs qui se trouvent dans la ration sur ce qui est nécessaire pour l'entretien. Plus cet excédent est grand et plus le dépôt de graisse est abondant. / Résumé de 14 expériences de Gustave Kûhn sur la formation de la graisse chez les bovidés (1894). (chiffres en kgr. par iOOO kilos de poids vif et par jour) Excédent des principt s Son. me HG nutritifs MG fixée MA+2,5MG+MH fixèedans digestibles surla pour 1 kilo- des digestibles le corps ration d'entretien d'excédent de la ration (a) (b) (ajb) Ration d'entretien 7,300 Essais 1 à 5 9,100 0,446 1,800 0,248 — 6 à 10 9,730 0,640 2,430 0,263 — 11 à 14 10,780 0,852 3,480 0,245 Il résulte de ce tableau (pie la quantité de matière grasse fixée ]»ar l'organisme est proportionnelle à l'excédent de principes digestibles sur la quantité nécessaire à l'entretien des animaux, que cet excédent soit formé par des principes azotés, des prin- cipes gras ou des principes hydrocarbonés. Pour terminer la question de la valeur comparée des, diffé- rents principes pour la formation et le dépôt des graisses dans (I) Les matières hydrocarlionées envisagées ont été l'amidon et la cellulose, mais non les su' res so'ubles, nomme le sacfharosp, qui ne se comportent pas comme les autres hydrates de oarlione. ■2:,{; Annales de la science agronomique ror^anisiiir, il l.iiit envisager le cas de.s sucres, cVsl-à-dire des matières liydi'ocai'lioiu'-es solubles et le cas des aniidés. un matières azotées non albuminoïdes. Valeur iVengraissemeitt des sucres Dans ses expériences, en cherchant la valeur des matières hydrocarbonées pour la formation des graisses, Kelluer a été amené à ajouter à des rations d'entretien des matières hydm- carbonées insolubles, cellulose désincrustée. amidon, mais aussi des sucres, notamment du saccharose tiré de la betterave nu •de la canne à sucre. Il obtint un résultat tout d'abord inaltemlu : à poids égal, le saccharose a, poui' la formation des graisses chez les bovidés, une valeur nutritive très sensiblement inférieure aux autres matières hydrocarbonées digestibles telles (jue Famidon ou la €ellulose digestible. Il trouva que Tadditinn ;i une ration d'entre- tien d'un kilo d'amidon digestiltle sous forme de fécule de pomme de terre, par exemple, provoipie dans l'organisme un dépôt de graisse de 248 gr. en movenne; alors cpie celle d'un kilo de sucre, ne permet qu'un dépôt de graisse de 188 gr., c'est- à-dire inférieure de 2ri 0/0. Des expériences ont mis en évidence la raison de cette moins- A'alue. On sait, aujourd'hui, que cette diininutiou est due aux fermentations que le saccharose subit dans la jianse des bovi- dés, sous ractif)n des micro-organismes (pii y pullulent (i); il en résulte que le sucre et tous les aliments ipii en'renferment, les betteraves, les mélasses jusqu'à un cei't.nn degré, donnent chez les bctvidés une moius-value pai- rayiport aux autres matiè- res hydrocarbonées digestibles. D'aillein^s, s'il poii\ait y avoir un doute sur la cause de cette moins-\alue, il serait levé (juaiid on compare la valeur des sucres solubles pour la foiu' lo saccharose, une valeur égale à celle des autres matières hydro- carbonées digestibles, nu point de vue de la formation des graisses, r/csl elfecti\emenl ce que les expérieru'es de L.iwes et (iilbert ojd démoidré entre aulrt>s choses : on peut donner aux monogastriques indilléï-emmerd la niènu' »|iiantité de fécule de pomme de tei-re ou de sucre »'t oblrnir- le même dépôt do (1) On a rétv'iiinioni louriii une picinc nouvelle .tr mi>Mlr.inl (pic P.iiMition irniic ccrlaim- 'lu.inlilé (le suTC (l;m'< la ralimi «rtMi Im'iit prfiv(i(|iie il.inR Ui panse une (niijiiienl.ilion oonsidér.ilile liis reinientnlirins : >i l'on ilosc Inquanlité lie ;.'îi/. (jui se .lé\re,s. on damna das sii -l'es nmx aux. cuninatix (UJtii(*sU((u«s, i>ari-e qwe ,1a vakur de" es suTes pouvait, à prix p^al coïKMiiTcriciM- ceMc des autivs alifuents du iiiarr-lif mais, à l'iioiti'^ TlHeFfe, ce w'esf p-lij. dans l'état actuel de nos connaiss;iJU'es, on peut .idnif^'lre que h's amidés renfei'més dans la ration n'(»id, pour 1.1 formation des dépôts de graisses (pi'une très faible valeur et qu'on peut, sans inconvénient, les m''glig(M'. il ne faut tdulefois pas oublier (ju'au ))oint de \ue de la nutri- tion azotée à î'fiilrrli/ii. ces amidés peuvent i'ein|tlacer les matières albumiuoïdes: c'esl-à-dire (|u"il ne tant pas croire qu'ils sont sans \aleur au ]»oint de vue nutritif. f\/-/.f i:\('h: in Ti{.\ \ ML hh: /. i dicestios siii L I I \fj:i II /u:s piuscinhis sirnirirs /">( Il LA l(n{.\L\ri<)\ DES r,7M/.s.s7';.s. Les prmc;j.e> nutntii- unl-ils la nii'me saleur. - dan- les(|uels ils se tron\(Md cTigai-'és. ou NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE ;'")'.) bien, au' contraire, y a-t-il des ditïérences suivant qu'il s'agit d'aliments ruiicentrés ou d'aliments grossiers ? D'après les résultats constatés pour l'entretien, étant donné que le travail de digestion est plus élevé .pour les aliments grossiers, il doit V avoir ici aussi des différences ncftables. En utilisant toujours la même méthode, Kellner a pu résoudre le problème. Dans une première série d'expériences, il a ajouté à des rations d'entretien les aliments les plus concentrés, c'est-à-dire les plus digestibles qu'il ait pu trouver. Il a pu calculer à l'avance ce que devrait être la quantité de graisse fixée dans l'or.i'anisme. Si le travail de la digestion des aliments concen- trés" n'était pas plus fort que celui des principes donnés à l'état pur sous forme d'amidon, de gluten ou d'huile, les chiffres trouvés devaient être sensiblement les mêmes. Les résultats obtenus prouvent que pour les aliments très con- centrés, les principes digestibles se comportent comme s'ils étaient donnés isolément à l'état pur, c'est-à-dire que les quan- tités de graisse formée restent à très peu près les mêmes, que ces principes soient donnés dans des aliments très concentrés ou à l'état pur. 11 faut citer comme exemple l'expérience faite sur les tour- teaux : Kellner avait calculé que les principes renfermés dans i kilogramme de matière sèche de tourteau de coton, aliment très C(mcentré. réduit en farine, devaient provociuer un dépôt de 200 grammes de graisse dans le corps des bovidés consom- mant cette farine; la quantité observée fut de 197 grammes. Avec le tourteau d'arachide, aliment également très concentré, il trouva par le calcul 180 grammes et 180 également par l'ob- servation. Avec le tourteau de lin réduit en farine, les quan-" tités furent 107 grammes par le calcul, 102 par l'observation. [>ans une autre série d'expérience, Kellner ajouta aux ra- tions d'entretien des aliments grossiers, les résultats qu'il ob- tint '^ont tout ditférents. La quantité de matière grasse observée est très notablement inférieure à la quantité calculée, d'au- tant plus inférieure que l'aliment est plus ligneux, c'est-à-dire exii^e un travail de digestion plus élevé. Les principes digestibles d'un kilogramme de matière sèche de foin de pré auraient, d'après le calcul, provoqué le dépôt d'une quantité de matière grasse égale à 129 grammes, s'ils avaient été absorbés à l'état pur ; en réalité, la quantité obser- vée n'a été que de 81 grammes, c'est-à-dire 63 0/0 de la quan- tité calculée. En admettant comme encore valable dans le cas de formation de graisse la valeur comparée des principes nu- tritifs dans la ration d'entretien, on aurait pu établir le chif- fre de 03 à 04 0/0'; c'est à peu près le même chiffre, et il n'y a pas lieu de s'en étonner, puisque c'est le même facteur qui m- tervient, le travail de la digestion. Si, au lieu de prendre un foin, on prend un aliment beau- coup plus ligneux, la paille de blé, par exemple, la quantité cab'.ulée est de 104 grammes et la quantité trouvée de 21 gram- mes seulement, soit 20 Û/0 de la quantité calculée. "^*f»0 AiNNAUCS DE LA SCIENCK .UiKO.NUillQLE Le déficit tient nécessairement au travail considérable de la digestion. Le travail de la digestion influe donc {•(^msidérablement sur la valeur nutritive des aliments pour la lormalinn des graisses' comme pour Tentretien. L'expérience peut être pL»ussée plus loin avec «'ertains pro- duits (|ui ne sont i>as des aliments courants, mais ipii sont sou- vent utilisés en mélanges. On l'alsilie, par exeiii|>le, les farines avec des Goijues d'arachide moulue, on trouve que le dépôt de graisse observé est seulement 1 0/0 de la (|uantité calculée, tant le travail de la digestion est élevé. Etttin,. si Ton prend une substance pre^sque inerte, renfermant peu de principes digestibles comme la sciure de bois, le travail de la digestion ne permet aucun dépôt de graisse; au lieu d'une quantité positive, on trouve une quantité nég.vtive de graisse formée. L'addition de sciure de bois à une ration diminue le dépôt de graisse dans l'organisme le rend inférieur à celui que produirait cette rati(»n si on lie lui avait pas ajptirt aux autres. Cette définition admi.se, on constate, tout de suite, un fait c;î- ]>ital : si Wm part de l'état de repos ap}>arenf. toute contraction musculaire donnant lieu à un mouvement pliysi(iue, entraîne une certaine dé^Kuise d'énergie de la part de l'organisme, et, par conséquenL mie oxydation plus ou moins rlusieuj-s physiolo- gistes firent remarquer que les animaux, et l'homme en particu- lier, fournissent, dans de nombreuses circonstances, un travail considérable tout en consommant des rations renfermant des alinierds très peu azotés; ils essayèrent de démontrer l'inexacti- tude de l'hypothèse de Liebig. La première expérience qui vint ébranler cette théorie est restée justement célèbre : elle fut faite en Suisse jtar Fick et Wislicenus. Il s'agissait de montrer que la matière azotée albujiiinoïde brûlée dans l'organisme ne jk'uI i»as suffire, dans de nombreuse;^ circonstajices, à elle seule poui- expliquer- la production (fî^ira- vfti] et que, dès lors, l'énergie mise en jeu par le nuiscle doit, pour i\\\i' part au moins, être empruntée à des matières non NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 2(13 azotées, c'est-à-dire à des matières grasses ou dm matières hydrocarbonées. Cette dernière question des matières grasses et des matières hydrocarbonées n'était pas visée par-^les deux auteurs : ils voulaient montrer seulement que les matières azo- tées étaient insuffisantes pour expliquer la production du tra- vail musculaire et que, dès lors, les matières non azotées devaient être une source de travail musculaire. Pour atteindre leur but, ils s'adressèrent à une forme de travail qu'il est aisé de calculer; ils choisirent l'élévation de leur propre corps à une certaine hauteur et firent une ascension sur le Faulhorn dont l'altitude est de 1.956 mètres au-dessus du lac de Brienz, leur point de départ. L'énergie mécanique exigée pour cette ascension est facile a exprimer : elle est égale au produit de la hauteur d'ascension par le poids de chacun des deux expérimentateurs (1). Il s'ag-issait d'être renseigné sur la matière azotée désassimilée pendant l'ascension et de montrer qu'elle n'était pas suffisante pour expliquer le travail mécanique produit. Pour se mettre dans les conditions les plus favorables et pour que l'organisme ait à sa disposition le moins possible de matiè- res azotées, ils se contentèrent d'une alimentati^m dépourvue de matières azotées et mangèrent des gâteaux d'amidon (matière hydrocarbonée) frits dans l'huile (matière grasse). Pour con- naître la matière azotée désassimilée, il leur suffisait de recueil- lir l'urine de la journée pendant laquelle se faisait l'ascension, les déchets de la matière azotée désassimilée reparaissant inté- gralement dans l'urine : en multipliant l'ensemble de l'azote excrété par 6,25,. ils obtenaient la matière azotée désassimilée. Les chiffres obtenus sont les suivants : Fick désassimila, dans la journée de l'ascension, 38 gr. de matière azotée et Wislice- nus, 37 gr. . Le travail mécanique produit étant, pour le premier ^e 66 kgr. X 1956 m., soit environ 129.000 kgr. m. et pour le second de 76 kgr. X 1956 m., soit environ 149.000 kgr. m., il s'agit de démon- trer que les 37 ou 38 gr. de matières azotées sont insuffisants pour expliquer la production de ces nombres de kilogrammètres. Si on le démontre, on a a fortiori, prouvé que la matière azotée n'a pas pu fournir toute l'énergie mise en jeu par le muscle, puisque celle-ci se retrouve non seulement sous forme de travail musculaire, mais toujours aussi, et pour la plus grande part, sous forme de chaleur. Quand on connaît la quantité de matières azotées désassimi- lées, on peut calculer la quantité d'énergie en kgr. m. correspon- dant à cette quantité. La valeur calorifique des matières azotées albuininoïdes, chez les omnivores et chez les carnivores est de 4,1. Le nombre de Calories mis en jeu par les deux expérimentateurs au moyen de Ifeur matière azotée est donc : 38 X 4,1 et 37 x 4J. En multipliant par 425, équivalent mécanique de la Calorie, (1) Fick pesfiit 66 klloiir., Wislioenus, 76 kilû!.;i 204 AXNAJ.ES DE LA SCIENCE AGaONO^QUE on oWient !♦• nunibr-e de kiluiLrrHmnit'*ii'es iju'a pu produire, au maximum la aiatiène azatée eu admeitajit que toute son éner- gie ait nei)ara sou* loraie de tra\a.il niéeajiique, ce qui, encore une lois, est impossible. On tronave T'e.OOO kpr. enxii'ou +'t l'>4.Û0() k^iîi. eu\iron, c'est- à-dire des chi4îi*es égaux, iMHir Fick, ù environ la moitié du travail mécanique piKiKjiuitv, et, pour Wislicenus, inférieure à cette raoitié. Dès lors, la raalâère azotée désassimilée a d<*u<; été insuflisante pour faire fa<^e hu t-ravail mécanique produit; pai* suite, d'auti'es substances, c'est-à-dire des matières non azotées ont été utili- sées pour la production de ce travail. 11 faut dire de suite qu'à répotjue où «elle a été faite, cette expérience était passiWe de certaines objectJouvait prétendre que, peut-êti^e, tout ranooie désassimilé dans la jtiurnée de ras<.-<.'nsion ne se retrouvait pas dâJis i'urine recueillie et qu'une partie n'en était excrétéo)'t aux époques de repos. Il en résulte que, itendani la ])éi'i(»de de ti'a\ail, avec la même alimentation, l'organisme lixe de la matière azotée. Il en fixe en quantité très restreinte et peu impoi'tanle au jîojnt de vue de l'alimentation proprement dite des animaux; mais ce phéno- mène est d'un intérêt ca]iital ])ar("'e (ju'il est la base des ivsul- tats obtenus grâce à l'entiNiinement des muscles des animaux : sous l'inlluence du travail, les muscles augmentent leur matière azotée et grossissent; le travail lui-même est une des conditions de cette fixation de matières azotées, de ce développement des muscles. Pour permettre cette étude, il faut tout d'abord parler du ti'a- \fi\\ musculaire exécuté dans dés conditions anormales, car, des constatations qui ont été laites dans les expériences exécutées avec le travail anormal, résultent quelques conséquences très importantes au point de \ue de rex]»loitation des moteurs ani- més. • Les conditions du travail sont anormales quand les principes nutritifs organiques ou l'oxygène, ou quand les uns et fautre ne parviennent i>as en quantité suffisante aux muscles qui tra- vaillent. Ces conditions anormales iH'ii\-ent l'ésultei' ou de l'iir- suffisance de l'alimentatioti (pii entraîne une insuffisance des .principes untritifs organiques mis à la disposition des muscles, ou d'une insuflisance de la respiration, c"i'sl-à-dire de l'oxygène venant aux muscles, ou l>ien encore de l'insuffisance de la circu- lation, c'est-à-dire de l'insuffisance à la fois de l'i^xygène et des jirineipes orgfurK]ues eon\oyés par lesang jusipi'.iux muselés. •Jii'Uid le muscle mauipie de principes nutritifs, quand l'ali- mentation est insuffisante, l'organisme essaie bien de s'adresser à ses réserves non azotées, graisses et glycogène; mais ces réserves, notamment celles lormées par les matières grasses ne sont pas très facilement mohilisables. Aussi dès qu'avec une alimenl.dion insuffisante, le lrM\ail (h-vient quelque peu intense, le uïusele ne reçoit jilus sut lisanin)ent de prinei|te> nutritifs org-aniques et travaille d.ms des conditions anormales. (Test précisément le |tliénomène qui se |)roduit chez ceux (jui se livreid à des s[»orts athlétiques ipiand ils fournissent trop de travail, quand ils f(ud des mui'ses de fond. I>;i ipianlité de tra- vail demandée en quehpies heures ou dans l.i journée est telle NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE ?(i7 que ralimentation est insuffisante pour fournu' les quantités voulues de principes nutritifs aux muscles qui travaillent. Ce phénomène a été mis en évidence par Kellner sur le che- val, moteur vivant par excellence. Le travail demandé à l'animal consistait à faire mouvoir un manège dynamométrique permet- tant d'établir le nombre de kilogrammètres produits; comme le travail était à peu près toujours le même pour un tour de manège, le travail extérieur total était proportionnel au nombre de tours faits par l'animal, on pouvait donc le régler à volonté. Pendant toute la durée d'une .première expérience, Kellner donnait au cheval une ration journalière formée de 5 kgr. de foin, 1,5 kgr. de paille hachée et 6 kgr. d'avoine; la relation nutritive, déjà assez étroite de cette ration est 1/6,6. Dans une première période, on réglait le travail à une certain'e valeur, B, de telle sorte que l'animal se trouvait à la fois en équilibre de matières azotées et en équilibre de poids vif et cela pendant de longues périodes, plusieurs semaines, parfois plus d'un mois. Comme il était en équilibre de matières azotées, comme son poids vif ne changeait pas, on peut en conclure qu'il était aussi en équilibre de matières non azotées, c'est-à-dire qu'il était juste à la ration nécessaire pour produire le travail B qu'on lui demandait. Quand on a un animal réglé dans ces conditions, il est clair que si l'on augmente son travail sa ration ne lui permet plus de le fournir dans les conditions normales. De sa première valeur B, Kellner porta le travail à 2 B dans la seconde période de l'expérience, à 3 B dans la troisième période, pour revenir à 2 B dans la quatrième. L'azote éliminé qui primitivement était de 99 grammes par jour passa respec- tivement â 109, 117 et 110 grammes. En même temps, le poids vif qui était de 534 kgr. tomba à 530, 523 et 508 kgr. respecti- vement. L'animal travaillant dans des conditions anormales dépense donc plus de matières azotées et perd de son poids. Quand à Tinverse, avec la même ration, on revint au travail primitif, l'animal se remit en équilibre ; il dépensa 98 grammes de matières azotées; en outre, son poids vif non seulement cessa de diminuer, mais crût à nouveau de 508 à 518 kgr. A cette expérience démonstrative de Kellner, on a fait une objection : si on avait donné à ce cheval une ration identique comme somme de principes, mais beaucoup plus riche en matiè- res azotées, on n'aurait pas observé une désassimilation plus grande de matières azotées, parce que, dans cette quantité plus grande, l'organisme aurait trouvé le nécessaire pour faire face aux besoins du travail. Kellner, dans une seconde expérience, a alors donné a,u che- val étudié 7,5 kgr.de foin de préé et 4 kgr.de féverolles riches en azote,. de telle sorte que la ration nutritive fijt de 1/3. Les phéno- mènes constatés restèrent néanmoins les mêmes, ce qui prouve bien que la richesse en matières azotées de la ration n'y est pour rien et que ce qui domine le phénomène est l'insuffisance du total des principes nutritifs. .•(iS AnNALKS UE la science An?- nuliofi (lu jjoiiJs rif. Le ti-avail peut aussi être anormal en raison de l'insuflLsanoe de la respira(i<.tn et de la «'in'ulation, [kw conséquent en raison de l'insuflisance de l'oxygène qui parvient aux muscles. .Tous les tissus, en particulier le tissu musculaire ]>euvent vivre un certain temps sans oxygène, mener une vie anaérobie; pour se contracter, le muscle em]>runte alors l'énergie qui lui est nécessaire, non plus à des oxydations, mais à des dédou- blements de sa substance organique; on s'aperçoit de <*e fai! quand on tétanise des muscles dét.aGhés du corps mais vivants et placés d.uis une atmosphère d'azote; on peut même faire l'expé- rience sur des animaux vivants, des grenouilles qui, placées dans une atmosphère d'azote et tourmentées continuent à saul-er; si même on reiTqtlace leur sang par une solution d'eau salée a 0/1000, ne. transportant évidemment pas d'70 Annales de la science aghonomiole Ainsi, il n'y a aiiirmentation de la matière azotée désassimilée par les muscles qui travaillent, par rapport au repos, que lorsque le travail est produit dans des conditions anormales. Cette étude que nous venons de l'aire présente des consé- quences importantes pour la conduite et l'hytriène des moteui's animés : toutes les luis que le travail est proiluit dans des condi- tions anormales, le moteur animé détruit ses propres muscles, c'est-à-dire détéi-iore le capital (|u'il rejM'ésente, et son usure est très rapide. 11 est donc nécessaire, dans la pratique, de régler les rations et les conditions de travail de sorte qite le moteur animé travaille le plus possible dans des copditions noi-males : ])our cela, il suflira d'observer les symi)tômes assez faciles à constater qui indiquent que le travail est lait dans des conditions anormales. Le premier de ces symptômes est la fh')niiiuli(iii ilr pdiih. indice d'une alimentation déllcitaire. Quand on a une grande cavalerie à exploiter, il n'csl |»as de meilleur moyen )>our en tirer un Imui rend(Miient (|uc de |»i'océ- der à des pesées jtériodiques. Si certains individus baissent de poids avec la ration qu'ils ont, il faut tout de suite penser à une insuffisance d'aliments et tâcher de relever* la ration. Si l'animal ne peut consommer une ration |)lus forte, il n'y a qu'un moyen de le sauxer. c'est de diminuer l'intensité du travail, c'est-à-dire de radajitcr .m travail (]u'il est susceptible de lournir. Comme curullaire, ce st<'tnie qui indi(|ue les conditions anoruudes du travail est Vcssouflh'innnl. indice de l'insuflisance de l'appareil respir-atoire i-f circulatoire. S'il se produit, il faut réduire l'inleii- sité A.VNALE9 DB LA SCIENCK AGHONOM MJL'E tités de matière crasse se trMUvanf tlaiv* la \ iaiide étaient insiil- fisanies pour eccpliquer la somme d'éneryie tiépensée. Oi', les chiens, pendant ces très lonf?ues périodes de travail, restaient ^n écpiilibre parfait dVtzote et de poids vif. souvent même ils aiifrmenlaierrf de poids, done, ils ne perdaient rien de lenr matière azotée et de leiu' trraisse (•onstitiitive>. l^ne exf>érienee de cet ordre est la démonstration certaine (ie l'utilisation par l'or^^anisme de la matière azotée pour la pro- ■duetion du tra\ail. I)'antres expérienres très fximbreuses ont eonfirmé les don- nées de Ptliiger. Onand la matière azotée s'tjxyde dans l'orijanisme jusqu'aux jtrodnits ultimes d'excrétion, la (piantilé d'(ix\ ,i.'ène fixée et la quantité d'acide carbonique produite restent à peu près (Mms- tantes par irramnie de matière albuminoïde. puisque cette matière a une f(tmi>ositiou élémentaire \ariarit j»eu. Au rapport entre le volume d'acide carbonique produit pen- dant ToxNdation de «'ette substance et celui de Poxvfzène absoii>é pour roxydatiou. on a donné le non^ de n'SC!n,AIH»: l'our- les matières hydrf>f,arbouées, les preuves ne sont p.js moins solides. *)n a tout d'alxjrd montré < forte j)roport ion dans le foie des animaux rest^^s au rep(»s. ].,' travail a donc entraîné chez ce- animaux à jeun une consomma- NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 273 tion du glycogène du foie, d'une matière hydrocarbonée, qui a été ainsi utilisée pour la production du travail. On a fait de ce phénomène une démonstration plus directe et plus ct)ncluante encore, qui a permis d'établir toute une théorie de la nutrition. Le sang- renferme toujours une certaine quantité de sucre, de slucose, de dextrose. M. Chauveau et ses collaborateurs, notam- ment Kaufïmann, ont dosé la quantité de glucose se trouvant dans le sang à l'entrée et à la sortie d'un muscle au repos et en contraction. L'expérience a été faite sur le muscle releveur de la lèvre supérieure d'un cheval; les dispositions anatomiques de la lèvre supérieure du cheval permettent, en effet, de prélever aisément des échantillons de sang sur l'artère qui irrigue ce muscle et sur la veine qui le draine; on a, en outre, l'avantage de faire contracter ce muscle presque à volonté, en présentant de l'avoine au cheval, qui, malgré l'expérience, ayant conservé son appétit, contracte le muscle releveur de sa lèvre supérieure pour prendre l'avoine. La mesure de la quantité de sang qui irrigue le muscle, per- met, étant donnée la teneur du sang artériel et du sang veineux en glucose, de calculer la quantité qui disparait pendant l'irri- gation du muscle. Chauveau a trouvé par ce procédé que ce muscle, lorsqu'il se contracte, consomme trois fois plus de glucose qu'à l'état de repos. Il a tiré de ce fait la conséquence, peu justifiée d'ailleurs, que non seulement le glucose, matière hydrocarbonée, peut être uti- lisé par l'organisme pour la production du travail, mais encore que le glucose, le dextrose du sang, est l'aliment immédiat du muscle. Chauveau va en effet tellement loin qu'il prétend que seul, le glucose est l'aliment immédiat du muscle et que les autres substances, matières hydrocarbonées, grasses ou azotées, doivent être au préalable transformées en glucose pour pouvoir être utilisées en contractions musculaires. Cette théorie n'est pas justifiée, mais l'expérienre qui est à sa base démontre que les matières hydrocarbonées peuvent four- nir du travail. LES MATIÈRES GRASSES SOURCE DU TRAVAIL MUSCULAIRE La preuve de l'utilisation des matières grasses pour la pro- duction du travail a été plus difficile à établir. On a employé les moyens déjà indiqués, on a nourri des animaux avec des ali- ments renfermant le plus possible de graisse, notamment du saindoux et le minimum d'autres matières. La ration se trouve donc formée presque uniquement de matières grasses, dont le quotient respiratoire est de 0,70. Quand l'animal est au repos, son quotient respiratoire, c'est- à-dire le rapport entre le volume du gaz carbonique qu'il exhale et celui de l'oxygène qu'il fixe est très voisin de 0,70, c'est-à-dire 3 274 Annales de la science agronomique que ranimai ainsi nourri consumuie avant tout les matières grasses à sa disposition dans l'alimentation ; si on le fait tra- vailler, on trouve que le quotient respiratoire ne varie pour ainsi dire pas. C'est donc avant tout la matière yrasse qui brûle encore. Mais tout récemment, et tout justement pour vcrilier la thét)rie de Chauveau suivant laquelle le glucose serait, seul, Taliment immédiat du muscle, on a complété cette démonstration, par une expérience directe. Chauveau avait dosé le glucose dans le sang à l'entrée et à la s(»rtie du muscle, mais il n'existe pas seulement du gluco^4e dans le sang; il y existe aussi d'autres substances, en parliculiei- des matières grasses et on avait le droit de se demander si les matières grasses du sang ne sont pas, comme le glucose, suscep- tibles d'être consommées par le muscle. L'expérience a été faite récemment dans les mêmes conditions que celle de Chauveau, par M. Lafon; celui-ci a dosé les matières grasses dans le sang artériel et dans le sang veineux du muscle, déterminé la quan- tité de sang passant par le muscle et constaté ainsi que le muscle qui travaille consomme beaucoup plus de matières grasses du sang que le muscle qui reste au repos. Il est donc démontré par cette expérience que les matières grasses peuvent également servir d'aliment immédiat du muscle, ce qui avait été contesté par Chauveau. VA LE un COMPAREE DES PRINCIPES AZOTES, (iRAS ET IIYH ROC ARROSES POUR LA PRODUCTION DU TRAVAIL MUSCULAIRE En somme, il est démontré de façon certaine que les trois grands groupes de principes, azotés, gras, hydrocarbonés, peu- vent être utilisés par l'organisme pour la production du travail. 11 reste à étudier leur valeur compai-ée à cet égard. Quand il s'est agi de résoudre cette question en ce qui con- cerne la valeur de ces principes ]n)uv la formation et le dépôt des graisses dans l'organisme, aucune difliculté spéciale ne s'est présentée. Etant donné des animaux consommant un excédent soit de matières azotées, soit de matières grasses, soit de m;itiè- res hydroonées vis-à-vis d'une ration d'entretien, il a sufli de mesurer lu quantité de matières gi'asses déposées dans l'orga- nisme et d'en conclure la valeur comparée des divers principes digestibles. Mais dans une recherche analogue pour la production du tra- vail, on se trouve immédiatement arrêté par une assez grosse difliculté. L'organisme produit dilTérentes sortes de travaux (jui n'admettent |)oiiit de comnuuie mesure; certains travaux ne so laissant pas exprimer en kilogrammètres. A l'heure actuelle, par exemple, et malgré les nombreuses ten- tatives fitites il est impossible d'exprimer par un nombre bien NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. jMALLÈVRB 210 déterminé de kilogrammètres le travail dépensé par un animal qui déplace son propre corps sur une distance donnée; si, en particulier, dans sa course, l'animal n'a pas déplacé le niveau de son corps, il n'y a pas de travail extérieur produit, il y a pourtant eu de l'énergie dépensée, mais on ne peut directement l'apprécier en kilogrammètres. 11 en est encore de même quand, au lieu de se déplacer seul, l'animal se déplace avec une charge sur le dos, que cette charge soit un cavalier ou une charge inerte. On sait de façon certaine aujourd'hui que la dépense d'énergie nécessaire à l'animal pour déplacer son corps sur un même par- cours varie suivant Vallure à laquelle ce travail est fourni. Grâce aux méthodes générales étudiées plus haut et particu- lièrement en dosant, à l'aide d'un appareil à respiration, l'oxy- gène dépensé par l'animal pendant un temps donné, on a pu déterminer d'une façon suffisamment approximative la quan- tité d'énergie correspondant au déplacement du corps sur une longueur donnée. Voici quelques chiffres se rapportant au cheval : Pour un cheval de 500 kilogrammes de poids vif se déplaçant à l'allure du pas, à raison de 4 kilomètres 800 à l'heure, l'énergie dépensée par l'animal, en dehors de ce qui est nécessaire pour l'entretien au repos, est représentée pour une distance d'un kilo- mètre par 160 Calories; au pas encore, mais à une vitesse de 5 km. 4 à l'heure, cette dépense est de 180 Calories; à la vitesse de 5 km. 7 à l'heure, elle atteint 195 Calories. A l'allure du trot, et toujours pour 1 kilomètre de distance franchie, avec des vitesses horaires de 10 km. 5 à 12 km. .3, la dépense par kilo- mxètre est à peu près fixe; elle s'élève à 275 Calories. La quantité d'énergie nécessaire pour obtenir le même dépla- cement croit donc beaucoup avec la rapidité de l'allure. Si on représente par 100 la quantité d'énergie nécessaire pour la plus faible vitesse au pas (4 kilomètres 800 à l'heure), on voit cette quantité d'énergie passer à 110 environ pour la vitesse de 5 km. 4 à l'heure, à 120 environ pour la vitesse de 5 km. 7, et enfin atteindre 170 environ pour l'allure du trot. Quand on veut étudier la valeur nutritive comparée des prin- cipes organiques divers, azotés, gras, hydrocarbonés, pour la production du travail musculaire, il faut donc toujours se sou- venir que, dans les cas où il s'agit d'un travail ne se laissant pas exprimer en kilogrammètres, les conditions du travail, en particulier l'allure, influent sur la quantité d'énergie nécessaire pour produire un même travail : il est indispensable de ne com- parer les animaux que dans des conditions rigoureusement iden- tiques, quant à l'allure et à la vitesse. D'autre part, d'un individu à l'autre, les dépenses peuvent être sensiblement différentes. Il est donc nécessaire de faire l'expérience sur le même animal. Il existe certaines sortes de travail qui, à l'inverse du dépla- cement du corps ou du transport d'une charge, se laissent aisé- ment exprimer en kilogrammètres, notamment le travail de •J76 Annales de la science agronomique traction nu tout autre entraînant une production de travail méca- nique extérieur. Mais dans ce cas également, suivant les conditions du travail, la quantité d'éneri-'ie nécessaire pour obtenir un nombre donné de kilofrraninièlre^ utilisables est extrêmement variable. 11 est facile de le montrer par l'exemple d'un cas très simple : Si on j>rend un pi)ids de '2 kilos à bout de bras et qu'on l'élève i\ la hauteur de 50 centimètres, le travail extérieur iiri>duit est d'un kilo^i'«mmètre, mais la quantité d'énergie nécessrrire pour obtenir ce kilogrammètre peut varier beaucoup, abstraction faite de la quantité d-énerg^ie nécessaire pour l'entretien. En effet, si ou tient le poids à bout de Iti'as, sans l'élever, il existe une dépense due au travail de soutien du poids, mais à laquelle ne correspond aucun travail extérieui", |tuis(pren fait il n'y a pas de déplacement de charge. En pareil cas, le rende- ment mécanique, c'est-à-dire le rapport du travail extérieur à l'énergie totale nécessaire pour le produire est égal à zéro. Si au lieu de maintenir le poids immobile, on l'élève le plus doucement possible, très lentement, en cinq minutes par exemple, à la hauteur de 50 centimètres, prise pour l'exemple, 1«' travail extérieur ]>roduit est d'un kilogrammètre, mais comme le travail a été fuit très lentement, le travail de soutien est très élevé et une quantité d'énergie totale relativement considérable est nécessaire |)our obtenir ce kilogrammètre utile. I>e rende- ment mécani(|ue n'est pas nul, mais faible. Si, au c(tutraire, ce même travail d'un kilogrammètre est exé- cuté avec la plus grande vitesse possible, le travail de soutien du poids est extrêmement réduit, le travail extérieui" ]»roduit î)'en reste j)as moins le même, et le rendement mécaniiiue croit 1 1.1 us des i)roportions considérables. 11 peut devenir, en pareil. cas, presque égal à 2."> 0/0. Ainsi pour un mê-me travail mécanique extérieur, le rendement varie de presque zéro jusqu'à un chilîre qui peut atteindre à peu l>rès 25 0/0, et cela suivant la vitesse du déplacement de la charge, suivant les conditions dans lesquelles travaille le muscle. 11 est important d'insister sur ce |toint, car, dans la jtliqiart des ouvrages sur l'alimentation du bétail et des animaux domes- tiques, oi'i il est (|ueslion de l'utilisation des aliments pour le tra- \ail, on jiarle constamment de ré(|uivak*nt mécanique des ali- ments. Or, si les aliments avaient réellement un écpiivalenl mé- cani<|ue, cela suppf»serait <|ue le rendement mécaniipie de l'éner- gie mise ei» jeu reste toujours le même, autrement dit, ipie le travail extériem* |)roduit est une fraction constante de l'énergie totale employée à le produire, et, il est démontré que ce n'est pas le cas. Le i-endement mécanique d(>s muscles et, par conséquent, des priru'ipes nutritifs (pi'ils utilisent varie avec les cundilions du travail. Des ex|)ériences tout à fait conlirmati\es de ces faits ont été exécutées sur le cheval. Suivant les conditions dans lescpielles \\\\ travail de traction est opéré, (»n voit le reiulement mécauicpie varier dans des |»i'o|»(irlions assez considérabîes. In cheval, ti- rant un<' charge sur un terrain hnriznnl.d cnuvenabletnenl NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 277 aplani, donne un rendement mécanique d'environ 38 0/0; exé- cutant ce même travail sur une pente d'environ 8 0/0, il ne donne plus qu'un rendement mécanique de 23 0/0. On a pu observer, en outre, en faisant des expériences de cet ordre sur des individus différents que le rendement mécanique, pour des conditions données de travail, varie suivant les indi- vidus. C'est ainsi que pour la traction d'une même charge sur un même terrain horizontal, on a vu le rendement mécanique varier entre 26 0/0 et 40 0/0? De là une double conclusion analogue à celle que nous avons tirée tout à l'heure pour les sortes de travaux qui ne se laissent pas exprimer en kilogrammètres : si l'on veut apprécier la valeur nutritive comparée des principes azotés, gras, hydrocarbonés, en se fondant sur le travail fourni par un animal, il est nécessaire que les conditions de ce travail soient bien déterminées et restent toujours les mêmes; il est de plus nécessaire que le travail soit exécuté par les mêmes animaux, puisque le rendement méca- nique peut varier sensiblement d'un individu à l'autre. En se plaçant dans des conditions parfaitement comparables, — que le travail exigé de l'animal étudié puisse d'ailleurs ou non s'exprimer en kilogrammètres — on peut démontrer de façon certaine que les principes azotées, gras, hydrocarbonés ont, pour la production du travail comme pour l'entretien ou la formation des dépôts de graisse, une valeur nutritive proportionnelle à leur valeur calorifique autrement dit que sous un même poids les matières azotées et hydrocarbonées livrent la même quantité d'un travail déterminé, et les matières grasses une quantité de 2,3 à 2,5 fois plus grande. La démonstration en est très aisée chez les animaux suppor- tant un régime très unilatéral, très riche en matières grasses ou en matières azotées ou en matières hydrocarbonées, chez les chiens par exemple. Des expériences de cet ordre ont été faites par Ziintz et Lœb au laboratoire de l'Ecole supérieure d'Agri- culture de Berlin où ils ont étudié tout ce qui concerne l'utilisa- tion des principes nutritifs pour la production du travail. Les résultats de ces expériences sont consignés dans le tableau suivant : Expériences sur le travail musculaire chez le chien (Ziintz et Lœb, 1804) Petites calories dépensées Quotient Régime riche en par mètre parcouru respiratoire Matières azotées 2,58 .0,78 Matières grasses 2,58 0,7i à 0,74 Matières hydrocarbonées. 2,60 0,83 à 0,88 Le travail que l'on imposait aux cliiens utilisés pour ces expériences consis- tait à les faire déplacer à des vitesses diverses sur une piste déterminée. Les matières hydrocoi'])onées étaient constituées par du sucre. Il résulte de ce tableau que le travail obtenu est proportionnel à la dépense en Calories (excrétion calorique constante par ;>78 Annales de la science agronomique mètre parcouru), ou, le nombre de^s CUtlories mises ;i la disposi- tion de Toriianisme par les divers i>rincipes étant lui-même pro- portionnel à leur valeur calorifique, que les matières azotées et les matières liydrocarhonées ont la même valeur p-our la pro- duction du travail et (lue les matières j^i-asses ]>ermettront à poids égal, d'accomplir un travail 2,4 fois plus important. Ces expériences ont été multipliées sur le chien. On en a fait aussi sur l'homme, en particidier aux Etats-Unis à l'aide du calorimètre à respiration d'Atwater : l'appareil étant de petite dimension, on faisait exécuter à l'homme un travail qui ne l'obli.i-'eàt pas à se déplacer; ce travail consistait à faire mou- \n\v ujie bicyclette suspendue, dont on réglait la résistance à l'aide d'un frein magnéto-électrique; on a pu ainsi déterminer que chez l'homme également les dilVérents principes ont pour le travail une \aleur proi>oi'tionnelle à leur valeur calorilicfue. On n'a pas pu jusqu'à présent faire doS expériences directes du même Htrdre sur nos grands mammifères domestiques. Mais les démi»nstrations faites, soit sur l'homme, soit sur le chien comjKirtent cei'taines conséquences qu"(tn i)eut vérilier sur les moteurs animés employés en agriculture, notamment sur le che- \a\. Elles i^ermettent de voir (pie ce qui est vrai pour l'homme et pour le chien l'est également pour nos animaux domestiques et notamment pour le cheval. Il est clair que si la valeur comparée des principes nutritifs ]iour la ]>roducfi(iti du travail est iti'opdrtiouuelle à leur valeur caloriliqiie, la cpiantité de travail (pi'oii pourra obtenir d'une ration déterminée, donnée en plus de la ration d'entretien, dépendra non j)as de la nature des princij^es organiques qui s'y trouvent, non i)as de la proportion des matières azotées, grasses et hydrorarbonées, mais de la somme de ces substances, (en ayant soin bien entendu d'exprimer dans cette somme les divers principes j^ar leui's jtoids isod\ ri;inii(|ues. c'est-à-dire d'y alTecter les matières grasses du coeflicit'nt 2,4; autrement dit, la quan- tité de travail que pourra fournir un cheval, par exemj^le, dans des conditions déterminées, sera proportionnelle à l'excédent des jirincipes nutritifs de sa ration sur ce (|ui lui est nécessaire à l'entretien, que cet excédent soit formé suilout de matières azo- tées ou stirtout de matières grasses ou surtout de matières hydro- carbonées. En particuliei", — |tuis(iu"il est indinêrenl (|ue les substances disponibles |>oiu' la [)roduction du travail soient des matières azotées ou des matières non azotées — on devra trouver que pour un même excédent de i)rincipes nutritifs en sus de la ration d'entretieu, la quantité de travail fournie dans des conditions déterminées resl€ la même, alors (|ue les relations nutritives des rations cim'iMmmées son! très dilTêi-enles, c'est-à-dire alors qu'il >■ a des ))ro|)ortioMs ti'ès di\erses de matières azotées et de matières non azotées dans les rations. Iles expériences très nombreuses sur le cheval ont permis de vérilier cette nianière de voir, (les expériences sr»îil dues aux NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 279 travaux de Wolff, qui a employé des chevaux de culture à l'al- lure du pas, et aux travaux de Grandeau et de ses collaborateurs, notamment Alekan, qui ont étudié des animaux travaillant à l'allure du trot, ce, dans le but de déterminer la ration qu'on devait donner aux chevaux de la Compagnie générale des Voi- tures à Paris. Après avoir mis les chevaux en équilibre d'azote et de poids vif avec une ration déterminée, on ajoutait à cette ration des aliments concentrés très digestibles et renfermant, suivant les cas, des proportions plus, ou moins grandes de matières azotées et de matières non azotées, surtout hydrocarbonées, de telle façon que la relation nutritive de la ration fût variable suivant les divers cas. En même temps qu'on leur donnait cette ration supplémen- taire, on faisait exécuter aux animaux un certain travail, tou- jours dans les mêmes conditions : Dans les expériences de Wolff, c'était un travail de traction au pas sur un manège circu- laire, un dynamomètre totalisateur enregistrant le nombre de kilogrammètres produits; Grandeau opérait à peu près de même manière, mais le manège était disposé de telle façon que les animaux pussent se mouvoir à l'allure du trot. Le travail était réglé de telle sorte, que l'animal se mît en équilibre d'azote et de poids vif; on pouvait être sûr ainsi que tout le supplément de principes nutritifs en sus de la ration d'entretien avait été utilisé pour la production du travail. On comparait alors le nombre de kilogrammètres produits par le travail au poids de l'excédent des principes nutritifs donné en sus de la ration d'entretien, et, s'il est vrai que les principes gras, azotés, hydrocarbonés, ont une valeur proportionnelle à leur valeur calorifique pour la production du travail, on devait trouver que pour un même supplément de principes nutritifs en sus de la ration d'entretien, le nombre de kilogrammètres produits devait être le même, quelle que fût la relation nutri- tive de la ration, c'est-à-dire que les animaux reçussent comme supplément surtout de la matière azotée ou surtout de la matière non azotée. On peut obtenir facilement un travail très régulier avec des animaux de culture, on peut donc les mettre aisément en équi- libre de poids vif. L'expérience est plus ardue quand il s'agit d'animaux ayant un peu plus de sang, comme les animaux employés pour la traction des voitures. Les résultats obtenus permettent de dire qu'on a vérifié sur le cheval la conséquence des expériences faites sur le chien et sur l'homme, et que, dès lors, les expériences de Wolff sur le cheval confirment que la valeur nutritive des principes organiques pour la production du travail est proportionnelle à leur valeur calorifique. Il y a bien de légères différences, mais dans des expériences de cet ordre, on ne peut guère s'attendre à une plus grande exactitude ou à une limite d'erreur inférieure à quelques centièmes. •?80 Annales de la science agronomique Voiri les eliilîres traduisant ces résultats : TrODLCTIoN du travail chez le cheval WoLIF, ISÎM')) HATION JOURNALIÈRE » e o en z> c. 'C c; '- "^ 3 s c ç £ o Principes (lisponihlos pour le travail s •o o a. o - « 5 a ç a. ç '5 1 o c '5 > ,2 O u o 2 ~ = .ï. — M i_ lll H- o. M\ MNA MA+HNA b— a— ."SSOG C c ■ 100 h kilogr. kilogr. kilogr, kilogr. kilogr. grammes grammes k^-m. kgm. lr« 3 2,5 3 3,5 1/7, i 5.880 2.580 1.630 63.2 2- 3 2.5 3 4 1/3.1 5.860 2. 500 1..595 62,3 3- 3 2,5 ] i ].5 I 5.8 6.180 2.880 1.770 01. s MA représente les matières azotées de la ration journalière. MNA représente les matitires non a/otèes (i:elltitusf mm comprise) de la ration journaliire. ."i.ôOU est la somme en grammes des principes nutritifs de la ration d'entreti«n déterminée dans de nombreuses expériences ]iréliminaire8. L'expérience de Grandeau et d'Alekan, à peu près du même ordre, a été faite avec des l'atinns dan.s le.'^ciuelles les (luantités de matières azotées étaient proportionnellement encore beauctjup plus faibles. Alors en edet que dans rexjiérience de Wolff la relation nutri- tive s'arrêtait à 1/7,4, elle allait dans l'expérience de Grandeau jusqu'à 1/22, c'est-à-dire une partie de matières azotées pour 22 parties de matières non azotées. Voici du reste le tableau résumant cette expérience : EXPÉRIENCKS SUR L'aLIMENTATION DU CHEVAL (Grandeau et Ai.kkan, 189!»' Italiiiii journalicru > ç ^ c: < Somme 8 g'-- 870 395 215 r'' • 5.290 5..i20 1/ 5,1 1/13,4 1;22,3 5 560 .5.685 5.605 milliers de kiçr. m. 217 25 i 203 + 13 + 53 - 200 5 .560 2° l'i.ilii' lii.r^hée + granules -f- sucre S» Pnille lincliée + maïs -f- .su le 5.530 5 320 MA représente les matières azotées. — MNA rejirésente les matières non azotées. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 281 Gomme l'expérience de Wolff, celle-ci a été faite en trois pério- des au cours desquelles des rations différentes ont été données. Les aliments grossiers étaient représentés dans la ration par une quantité déterminée, toujours la même, de paille hachée. Il n'y avait pas de foin dans la ration parce que les chevaux de la Compagnie générale des Voitures à Paris n'en consomment pas pour une raison d'ordre économique , il est à peu près impos- sible, quand il s'agit de nourrir une très forte cavalerie, — et la Compagnie générale des Voitures a eu, à un moment donné, jusqu'à 12.000 chevaux, — de trouver à acheter des foins de qua- lité uniforme, il en résulte que d'un jour à" l'autre la valeur nutritive du foin varie dans des proportions souvent considé- rables, il devient alors très difficile de rationner convenablement et économiquement les animaux. C'est pour cette raison qu'on s'en est tenu comme aliments grossiers à la paille hachée. A cet aliment, Grandeau et Alekan ajoutèrent des aliments con- centrés. L'avant-dernière colonne indique les variations moyennes journalières de poids vif. L'état d'équilibre n'avait pu être com- plètement obtenu. Pour rendre les résultats plus comparables, on a ramené dans la dernière colonne la ration à un même travail de 247,000 kilo- grammètres, égal à celui fourni pendant la première période. Des expériences de Grandeau, il est facile de déduire que, dans les conditions de travail réalisées, 1 gramme de principes nutri- tifs en sus de la ration d'entretien fournissait environ 550 kilo- grammètres. Il suffit donc de faire la correction sur ces bases. Il est tout naturel que, dans les deux premières périodes, l'ani- mal consommant un peu plus que sa ration d'entretien tout en fourriissant le même travail, ait fixé un peu de matières grasses. Mais dans la troisième période, l'animal qui aurait dû, autant qu'on aurait pu le prévoir, gagner du poids en perdait. La raison en est simple. Il est, en effet, on l'a vu, un minimum de matières azotées nécessaire à l'entretien, ce minimum pour un cheval moyen est de gr. 7 à gr. 8 par kilo de poids vif et par jour; les chevaux des expériences de Grandeau pesant 450 kilos auraient donc dû recevoir au moins 315 à 360 grammes de matière azotée par jour; ils n'en recevaient durant la troisième période que 245 grammes, soit une quantité très inférieure. En fait, la proportionnalité entre la valeur des principes nutri- tifs pour la production du travail et leur valeur calorifique ne s'est vérifiée que tant qu'on est resté dans les limites voulues pour l'entretien, c'est-à-dire tant qu'on a donné aux chevaux la quantité de matières azotées nécessaires à l'entretien. De ces expériences, on peut déduire que, dans les limites d'une relation nutritive de 1/3 à 1/13, c'est-à-dire dans des limi- tes très vastes encore, les matières azotées et les matières non azotées peuvent se remplacer dans la ration proportionnelle- ment à leur valeur calorique. Pour achever l'étude de l'utilisation des différents principes nutritifs par l'organisme pour la production du travail, il faut „'8J Annales de l.\ science agronomique examiner riniluence du tra\ail de la digestion sur la valeur nutritive de ces priuoii>es suivant les aliments dans lesquels ils sont engagés. ISFLVEyCE DU TRAVAIL DE LA DIGEST/OX 667? LA VALEUR DES l'RIXCIPES NUTRITIFS POUR LA PRODUCTION DU TRAVAIL MUSCULAIRE Etant donnée la façon même dont les expériences précédentes ont été conçues, on a comparé les principes nutritifs uniquement dans des aliments très concentrés, or, dans ce cas, les pi'incipes nutritifs se conq)ortent exactement comme s'ils étaient isolés, le travail de la digestion ne s'en trouvant pas augmenté. 11 n"en est plus de même loi'S(iue les princi])es sont donnés dans des aliments plus ou moins grossiers : Dans ses exjHM'iences, Woltî avait depuis longtemps trouvé que la valeur des principes azotés, gras, liydrocarbonés des ali- ments grossiers, de la paille, du foin, est-, à poids égal, pour la production du travail, inférieure à la valeur nutritive de ces mêmes ])rinci]>es lorsqu'ils sont incorporés à des aliments coii- centrés, graines ou tourteaux; mais il en avait tiré une conclu- sion tout à fait erronée, à savoir que la cellulose digestible ne devait avoir aucune valeur pour la jir(tduclion du travail chez le clie\al, — c'est poui'(|uoi il ne tenait pas compte de ce principe nutritif; on sait à l'heure actuelle, de façon certaine, qu'il n'en est rien : rintluence que Wollf attribuait à tort à la cellulose digestible est en réalité celle du travail de la digestion. Kellnei', c(»llaboraleur de Wollf, a examiné de nouveau Ten- semble de ses recherches en appliquant aux expériences sur le travail les résultats trouvés pour la pniduction des graisses; il a admis, ]>ar exemple, que la valeur nutritive des principes organi(jues n'est dans le foin que les 70/ KM) et dans la })aille que les 20/ KK) de ce qu'elle est dans les aliments concentrés; et il a refait b>us les calculs de Wollf. il H pu montrer ainsi (pie, si l'on appli(iue à la pi'oducti(»n du travail les coeflicients qu'il avait déterminés, pour l'intluence du Iraxail df la digestion dans la production des graisses, on ai"rivc à des résultats i)arraitement concluants sans supprimer la cellu- lose dans le calcul des rations. Cela est tout naturel d'ailleurs car le travail de la digestion doit se faire sentir exactenuMit de la même l'açon, (|u'il s'agisse de la production du li'avall mi de la pi'odnction des graisses. Il laiit toutefois faire remarcjuer que les résidiats de Kellner, trouves |Miiir los bovidés, ne Sont pas applicables, dans le cas par- ticidi<'r des sucres, lorscpi'il s'agit des chevaux, animaux mono- gastriques : les hydrates de carbone solubles, ne fermentant pas d'une façon spéciale dans l'estomac du cheval, ont leur pleine valeur nutritive, aussi élevée que celle de l'ainidon ou des autres matières ti\(lrocarbonèes; ils ne subisseid pas la muins-value NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE '283 considérable, atteignant parfois jusqu'à 25 0/0, qui les affecte chez les polygastriques. Par contre, cette moins-value se produira chez les bœufs de travail comme chez les bœufs à l'engraissement. G. — THEORIE ISODYNAMIQUE ET THEORIE ISOGLUGOSIQUE De toutes les observations faites dans les chapitres précédents, il résulte que les phénomènes de la nutrition organique, sem- blent dominés et liés par une loi très simple. Qu'il s'agisse de l'entretien au repos, de la formation des grais- ses de réserve ou de la production du travail, l'organisme trouve les ressources qui lui sont nécessaires indifféremment dans les principes digestibles, azotés, gras, hydrocarbonés des aliments. La seule restriction qui doive être faite est celle concernant le minimum indispensable de principes azotés que réclame l'en- tretien, minimum indispensable qui. ne peut pas être remplacé par des matières non azotées, grasses ou hydrocarbonées. En outre, si l'on fait abstraction du travail de la digestion — . travail variable suivant la nature des aliments — on trouve que la valeur nutritive des principes, azotés, gras et hydrocarbonés, est dans tous les cas proportionnelle à leur valeur calorifique, qu'il s'agisse de l'entretien, de la production de la graisse ou de la production du travail. Autrement dit, les principes azotés albuminoïdes,. gras, hydro- carbonés peuvent se substituer les uns aux autres suivant des poids isodynamiques, c'est-à-dire suivant des poids susceptibles de dégager dans l'organisme les mêmes quantités d'énergie. Cette conception du rôle prépondérant de l'énergie dans la nutrition, du remplacement possible des divers principes orga- niques les uns par les autres, constitue ce qu'on appelle la théo- rie des substitutions isodynamiques. Cette théorie qui avait été soupçonnée déjà par quelques phy- siologistes n'a cependant été nettement émise qu'en 1883 par Rubner, à la suite des expériences très précises qu'il avait faites à ce sujet sur des animaux de laboratoire, des chiens, des lapins, des cobayes. Elle a été ensuite étendue aux autres mammifères domestiques et à l'homme, grâce à des expériences dues à de nombreux chercheurs, expériences dont les principales ont été résumées ci-dessus. La théorie isodynamique s'est donc, en fait, trouvée confirmée. Cette théorie très simple a rendu les plus grands services. Elle a permis de relier entre eux une foule de faits qui, aupa- i-avant, n'étaient pas susceptibles d'une interprétation ration- nelle; elle a permis également d'obtenir une base sérieuse pour l'étude de la valeur nutritive comparée des divers principes, 0«4 84 Annales de la science agronomique azotés, gras et hydrorarbonos, et aussi pour rappréciation de la valeur nutritive des aliments i-enferniant ces principes, à la con- dition qu'on tienne compte du travail de la digestion. Vers 18i)3, la théorie isodynamique de Rubner fut assez vive- ment attaquée par un physiologiste éminent, le doyen des phy- siologistes français, C^hauveau qui crut jKtuvoir substituer à la théoi'ie isodynamique une théorie tiilTérente et qui, à son avis, devait réaliser sur celle-ci un progrès marqué. Cette théorie émise à propos de l'utilisation des principes organiques pour la ]>roduction du travail a été étendue par la suite aux autres cas de lu nutrition. Elle a été adoptée par ijuel- ques vétérinaires français. On a même tiré de cette théorie quel- ques consé(|uences tout à fait erronées et dont Pauteur n'est nullement resi)oiisable, mais contre lesiiuelles il faut être en garde, car elles ont dans la pratique de l'alimentation une certaine importance. l^a théorie de (ihauveau ne met pas en cause la possibilité des sul)stitutions entre les pi'iucipes Jizotés, gras, hydrocarbonés. Tout ce qui a été dit sur les sources du travail musculaire reste donc vrai dans la théorie nouvelle de Chauveau comme dans la théorie isodynamique. La divergence entre les deux théories s'élève seulement à pro- pos de la valeur comparée des principes azotés, gras et hydro- cai'bonés, pour la i^roduction du travail : li'après tlhauveau, ces princii)es peuvent bien être utilisés jtar l'organisme pour la production du travail, mais il faut qu'ils aient été au préalable transformés par l'organisme en glucose, en sucre du sang, en dextrose, le dextrose étant, d'après C'hau- veau, le seul aliment immédiat du muscle. L'expérience de Lafont a montré que ce jioint de vue est erroné, puisque les matières grasses sont consommées par les muscles, dans les mêmes conditions que le glucose. Si pourtant on admet le point de vue de Chauveau et ([u'ou le considère comme exact, ce n'est plus la valeur calorilique des ])rincipes nutritifs (|ui iiniiorte jiour la ]>i'odu(iion du ti'a- vail, mais leur faculté de donner dans l'organisme une i)lus ou moins grande quantité de glucose, c'est leur pouvoir glyco- génétique. Les ])oids (]\\i dninieiit la mê'me qnanlit('' de glucose f>nt été appelés jtar i^hauseau — par o|tposilioii aux poids isodyna- miques — , poids isoglycogénéti(]ues ou ])oids isoglucosiques et la théorie a reçu le nom de thraric des suhsillnlions istn/luro- si(/iifs — par o|tposilion à la théorie des substitutions isotlyna- miques. Il y a donc lieu d'examiner combien les divers i)rincipes azo- tés, gras, li\ (Irocarbonés |teii\ent fnurnir de glucose dans l'orga- nisme. T..a question est facile à résoudre, pnur les matières hydrocar- bonées : elles i)euvent i)ar simple hydratation ou par simple transformation moléculaire fournir un jioids de glucose égal ou très peu supérieur à leur projtre jMtids. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 285 II est plus difficile de savoir ce que les matières azotées et les matières grasses peuvent donner de glucose. En fait, on ne con- naît pas du tout les réactions par l'intermédiaire desquelles les matières azotées et les matières grasses se trouvent transformées en glucose dans l'organisme; néanmoins, en se basant sur des formules hypothétiques, Chauveau a calculé les quantités de glucose qu'un gramme de matières azotées ou de matières gras- ses peut fournir dans l'organisme; il est inutile d'insister sur ces formules qui n'ont aucune valeur scientifique; le résultat seul, importe. Chauveau a trouvé que dans l'organisme : 1 gramme de matières hydrocarbonées donne à très peu près son propre poids de glucose, soit i gramme ; 1 gramme de matières azotées donne gr. 75 de glucose; I gramme de matières grasses donne i gr. 50 de glucose. La valeur nutritive des aliments étant dans sa théorie propor- tionnelle à la quantité de glucose qu'ils peuvent fournir dans l'organisme, si l'on représente par 1 la valeur nutritive des matières hydrocarbonées, la valeur nutritive des matières azo- tées serait 0,75 et celle des matières grasses 1,5. II est intéressant de comparer ces valeurs relatives avec les valeurs de la théorie isodynamique, c'est-à-dire avec les valeurs calorifiques. Si l'on représente par 1 la valeur calorifique des matières hydrocarbonées, la valeur calorifique des matières azotées est également 1, et celle des matières grasses est 2,4 environ. On peut en conclure que la théorie isoglucosique a pour résul- tat de diminuer sensiblement la valeur nutritive des matières azotées et des matières grasses par rapport aux matières hydro- carbonées : pour les matières azotées, qui ne valent plus que 0,75 au lieu de 1, la diminution est de 25 0/0; pour les matières grasses qui ne valent plus que 1,50 au lieu de 2,4, la diminution est de 33 0/0. C'est-à-dire qu'en fait, la théorie isoglucosique a pour résultat de donner une place spéciale au sucre et aux matiè- res hydrocarbonées et d'attribuer à ces matières hydrocarbonées une valeur nutritive très sensiblement supérieure à celle qui s'explique par la quantité d'énergie qu'elles mettent à la dispo- sition de l'organisme. Cette théorie émise tout d'abord à propos du travail muscu- laire a été étendue aux autres cas de la nutrition, entretien, pro- duction des graisses, etc. Cette théorie nouvelle ne semble pas devoir être adoptée r toutes les expériences relatées ci-dessus se trouvent en contra- diction flagrante avec elle, puisque tous leurs résultats sont con- formes à la théorie isodynamique. Cependant Chauveau et ses collaborateurs ont prétendu four- nir des expériences confirmatives de l'hypothèse isoglucosique. Ces expériences portent une cause d'erreur qui paraît avoir échappé aux expérimentateurs. 286 Annales de la science agronomique Chauveau opérait sur des chiens qu'il soumettait au travail en leur faisant franchir une certaine distance dans une roue ana- logue à celles (ju'ont quelquefois les repasseurs et dans lesquelles les chiens fournissent le travail nécessaire à la mise en action d'une meule, et toute son argumentation pour soutenir sa théo- rie repose sur les faits suivants qu'il a constatés en réalité. Si Ton donne au cliien une nouri'iture renfermant des matiè- res azotées et beaucoup de matières grasses et qu'on le mette en équilibre d'azote et de poids vif i)endant l'ui temps prolongé, en lui faisant fournir un certain tiMvail dans la roue, si l'on vient à remplacer, à un m(»ment donné, la matière grasse de la ration par une, quantité isodynamique de matières hydrocarbonées, de sucre par exemple ou d'ami(l(m, si réellement les matières hydrocarbonées n'avaient pas i^lus de valeur qu'un poids isody- namique de matières grasses, on devrait trouver que les animaux restent encore en écjuilibre d'azote et de poids vif; or, Chauveau assure que dans de telles conditions, l'animal augmente de ])oids. ln\ersement, cpianct, au bout d'un certain temps, on remplace une quantité donnée de matières hydrocarbonées par une quan- tité iso(1f/n(iini(/ue de matières grasses, on trouve, dit Chauveau, oids, triple du sien, de l'eau (ju'il fixe en même temps ; de là vient raugmcjilatioM de ]>oids vif constatée par Chauveau lors- <|u'il remplaçait les matières grasses dans des nialièi-es Indcd- oarbonées. Inversement, quand on passe d'un régime surtout hydrocar- boné à un régime très riche en graisse, l'animal diminue ses réserves de glycogène, perd du poids non sciilrnifut du fait du glycogène qu'il perd, mais du fait de l'eau (fui était fixée par lui. On n tiré de la théorie isogliir(»siquc une conséquence erronée pour la pratitjue, on a prétendu (jue, en particulier pour la pru- NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 287 duction du travail, les sucres donnés en nature, devaient être des aliments de choix. Les résultats ont de fait été excellents quand on a donné du sucre en nature à des chevaux employés pour des courses de fond, des raids de cavalerie; mais ils ont été tels, non parce que le sucre fournit une plus grande quantité de travail, mais parce qu'étant soluble et ne demandant qu'une très faible digestion, il parvient très vite aux muscles et permet à l'animal qui dépense beaucoup dans l'unité de temps, de rester dans les limites nor- males physiologiques. En pareil cas ,1e sucre peut effectivement rendre de très grands services, mais il n'en résulte pas que dans les conditions oi^i travaillent les animaux des fermes, il ait une valeur plus grande pour la production du travail. La chose aurait peu d'importance par elle-même, si elle n'avait une conséquence commerciale. Un grand nombre d'industriels ont fabriqué des aliments concentrés, un mélange de mélasses et de sucres qu'ils ont mis sur le marché en se recommandant de la théorie isoglucosique; les prix supérieurs auxquels ils vendent ces produits ne sont nullement justifiés par une valeur nutri- tive plus élevée des aliments, il est bon de le dire, puisque ce que cherche l'agriculteur, c'est avant tout d'obtenir une meilleure nourriture à meilleur compte. D. — NUTRITION AZOTEE CHEZ LES ANIMAUX QUI DONNENT DES PRODUITS Les études précédentes ont montré que les quantités de matiè- res azotées requises par l'animal adulte à l'entretien, au repos et ne fournissant aucun produit utilisable sont très faibles, si bien que les relations nutritives de la ration d'entretien peuvent être fixées à 1/13 pour les bovidés et à un chiffre à peine plus étroit pour les moutons et les porcs. Il reste à examiner si un animal qui produit, doit recevoir dans sa ration plus de principes azotés digestibles que l'animal à l'entretien, autrement dit, s'il convient de lui donner des rations à relation nutritive plus étroite. Cette question n'a pas seulement un intérêt d'ordre physio- logique, elle présente également un intérêt économique : En général, les aliments riches en matières azotées, qui sont souvent des aliments concentrés, coûtent plus cher à produire ou à acheter que les aliments pauvres en matières azotées et riches en matières non azotées. Il est vrai que depuis le renché- rissement très marqué des denrées, des céréales en particulier, le prix des aliments concentrés très riches en azote, notamment des tourteaux, a haussé dans des proportions moindres, de telle sorte qu'à certaines époques, les matières azotées digestibles ne coûtent guère plus cher dans les aliments du commerce que les matières non azotées digestibles; quoi qu'il en soit, la situation économique est essentiellement variable, à cet égard, et très •J8bt Annales de v\ science agronomique rapidement, il i)eut se faire qu'il y ait avantage à réduire autant qu'il est possible la matière azotée des rations pour obtenir une alimeiitalioii plus économique. L'emploi des matières azotées pour la nutrition des animaux qui doiiiuMit des produits, dépend avant tout des besoins nzotés de l'animal suivant les cas obsci-vés cliez l'animal producteur. NLTHITION AZOTÉE CHEZ L'aMMAL PRODUISANT DE LA MATIÈRE GRASSE OU DU TRAVAIL Pour- ranimai adulte, producteur de graisse ou de travail, il a été constaté que cette graisse, ce travail ont pu être obtenus uni- quement avec un supplément de matières non azotées ajoutées à la ration. Les expériences de Kiibn sur les biividés ont démontré qu'on obtient des dépôts considéral)les de graisse avec des ali- ments dont la relation nutritive varie entre 1/4 et 1/10; celles de Wolf et de (Irandeau sur la production du travail chez le cheval, ont révélé qu'on obtient une quantité de travail normal avec des relations nutritives variant entre 1/4 et 1/13. Ainsi, des relations nutritives un peu plus larges que celles qui ('(tnviennent à l'entretien peuvent être suffisantes pour des animaux ])i'odiicteurs : la ratiour obtenir du même coup la j'ius grande somme de produits. Mais pour i\ue de la richesse de la ration résulte la production maximum, il faut évidemment que tout le digestible en soit etfectivemenl digéré. ( tr ce ne sont pas les mêmes agents qui, dans le tul)e digestif, digèrenl les matières azotées, les matières grasses et les matières liydrocarbonées : chacun de ces grouja'S est justiciable de dias- tases spéciales. Dès lors si l'on donne une trop grande projior- tion d'un même principe digestible dans une l'ation, surtout maxima, on s'expose à ce cpie ce ])i"iiicipe ne tri»u\e pas en quantités suflisaides les diastases (|ui lui conviennent, à ce que, par suite, il ne soit pas complètement digéré. pour obtenir (|ue l'appareil digestif travaille par jour la quan- tité maxima de principes et la fasse i)asser dans bi circulation générale, il est doii«- nécessaire que les rations soient coinena- blement é(|uilibrées et ne renferment, en particulier, pa- trop de matières non azotées par rapjxirt aux matières azotées. Le fait (piarul on donne des rations à l'clation nutritive très large, drmc renfermant peu de matières (|uaternaires, il se pro- duit chez les rMiminants siu'toul - mais aussi, bien qu'à un moindi'e degré cliez les autres animaux une d(''prr>ssion mar- quée de la digestiliilité : l'animal tout en tirant nu excellent NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 289 parti des principes digestibles de la ration en laisse cependant passer une- fraction qui n'est ainsi pas utilisée dans les déchets de Talirr citation. Pour éviter cette dépression il convient, l'expérience l'a mon- tré, de ne pas donner des rations à relation nutritive plus large que 1/10. Nous admettrons donc que, pour des animaux adultes, produc- teurs de graisse ou de travail qui ne réclament pas, pour cette production, des matières azotées en supplément par rapport à l'entretien, il est bon, néanmoins, de s'en tenir à la relation nutri- tive minima de 1/10 — on peut en utiliser de plus larges, et avoir des produits, mais c'est alors consentir à une diminution de la dig'estibilité, donc à une perte de principes dans les fèces. Il est bien entendu, d'ailleurs, au contraire, qu'il n'y a pas d'inconvénient, au point de vue du résultat, au point de vue des quantités de produit à obtenir, à donner des rations à rela- tion nutritive plus étroite. Si les expériences de Kiihn, de Wolf et Grandeau l'ont démontré en théorie, dans la pratique, des ■observations nombreuses confirment cette manière de voir : Dans les pâturages très riches, par exemple, on engraisse les hovidés adultes dans les meilleures conditions; or l'herbe pâturée sur les prés d'engraissement est très riche en matière azotée; c'est de l'herbe très tendre qui repousse sans cesse sous la dent du bétail et dont la relation nutritive n'est pas plus large que 1/4. Ainsi, dans ces limites de 1/4 à 1/10, on peut, suivant les cir- constances et les conditions économiques choisir les rations à relation nutritive la plus avantageuse. Il est bon cependant de ne pas rétrécir la ration très sensiblement au delà de 1/4. En effet, si l'on donnait des relations par trop riches en matières azotées, on ne pourrait faire travailler au tube digestif une aussi grande quantité de principes digestibles. En second lieu, ces matières azotées, à l'inverse des matières grasses et- hydrocar- bonées, donnent dans l'organisme des déchets qui sont de véri- tables toxiques dont l'élimination fatigue les reins et qui produits €11 trop grandes proportions peuvent provoquer une diminution de la résistance, de la santé de l'animal et de la quantité de produits qu'il est capable de fournir. Mais la plupart du temps, dans la pratique agricole, pour des raisons d'ordre économique, les animaux domestiques sont •exploités pendant la période de croissance. A ce moment, il se fait une multiplication active des cellules de l'organisme. Cette circonstance rend,' d'ailleurs, particuliè- rement avantageuse l'exploitation des bêtes pendant leur crois- sance, car ce phénomène se traduit par des gains de poids vif importants pour la nourriture consommée. Un veau âgé de 15 jours à 3 semaines, pesant 50 kgr., peut, quand il est convenablement nourri, augmenter d'un kilog-. par jour, tandis qu'un bovidé adulte, du poids de 500 kgr. soumis à l'engraissement et donnant un gain de poids très raisonnable, n'augmentera pas d'une quantité beaucoup plus grande. Pour un même poids, l'augmentation du jeune animal est donc dix fois supérieure à celle de l'animal adulte. „'n() Annales de j.a science agronomique Cette dilTérence entre les aiii:merïtations de poids de l'animai jeune et de l'animal adulte' tient, avant tout, à cette particu- larité que les animaux jeunes possèdent, en multipliant les cellules de leui>; tissus, la faculté de fixer de la matière azt>tée. Nous pouvons déjà déduire de là que la ration des animaux en période de croissance devra être très riche en matières azo- tées. Il en est de même, à t'àjre adulte, pour les femelles re-produc- trices. Elles doivent suffire aux hesnins du fœtus qu'elles nour- rissent et au développement du(|uel elles fournissent la matière azotée: elles doiAcnt le plus souvent donner également les élé- ments nécessaires à la production du lait. Outre la matière grasse et le sucre de lait ou lactose, le lait renferme encore comme matières orpanirpies, de la matière albuminoïde, de 80 à 4o ixv. de caséine par litre. Si IVm ne don- nait pas à la femelle laitière un supplément de matières azotées indispensable pour faire face à la production de cette caséine, elle ne pourrait pas continuer lon,iitem]is cette production. 11 faut donc examiner d'une laçon particulière ces deux cas fort importants, très répandus dans la i>ratique agricole, de la nutrition azotée chez les animaux en période de croissance et chez les femelles productrices de lait. NUTRITION AZOTKK CHEZ LES ANIMAUX EN l'ÉHIoDE DE OROISSANOE Les animaux adultes se mettent très vite en équilil)re azoté avec leur ration, quelle que soit la quantité de matières quater- naires qu'elle renlei'ine. Si on leur donne un excès de matières azotées, comme ils ne peuvent fixer indéfiniment des albumi- noïdes, — sans quoi leur croissance ne s'arrêterait pas — ils en désassimilent de plus en plus et à un moment donné il y a éciui libre entre les recettes et les dépenses. .\u contraire, chez les animaux en période de croissance, la fiXiition des matières azr)tées peut être considérable : Soxhlet a montré en faisant le bilan de l'azote chez des veaux àpés de (|uelques semaines, pesant 50 kilos environ, cl nourris nni(pie- mcnt de lait, qu'en moyenne les deux liei's et parfois les trois ipiarls de la matière azotée contenue dans l'aliment étaient rete- nus dans l'organisme pour la croissance. Bien plus, tout récem- ment, Fingerling a démontré que les cpiatre cin(]uièmes de la matière azotée renfermée dans la l'alion i)OTi\aicrit êtie retenus dans l'organisme. Celte a|)titu(le des jeunes animaux à la fixation des matières azotées en gr'andcs masses est des plus impor-laiiles à cnîinaître })Our diriger icui' aliinentali(»n |»endanl la croissance. Le corps des animaux peut être, en effet, considéré comme formé d'eau, de matières azotée^ album inoïdes. de matières gras- ses et de matièi'es minérales rlunt la fixation dans l'organisme produit la croissance; mais il s'en faut (]ue ces substaïK'es aient une égale inHuence sur la grandeur du gain de poids vif. NOTES PRISES AU GOUR.S DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE .291 La quantité de matières minérales retenue chaque jour est très- limitée : le g-ain de poids vif est dû surtout à la fixation de l'eau, à la fixation des matières azotées et à la fixation des matières crasses. La matière grasse S€ fixe d'une façon tout à fait indépendante d€ l'eau, aussi, à une diminution donnée de la matière grasse fixée correspond une diminution égale du gain de poids vif : si dans l'expérience de Soxhlet, on suppose que le veau dont le poids vif aug'mentait de 925 grammes par jour et qui fixait dans le même temps it>7 gr. environ de matière grasse, en fixait 57 gr., soit 100 gr. de moins, l'augmentation journalière de poids vif serait réduite d'autant et deviendrait de 825 gr., ce qui est encore acceptable. Au contraire, la matière azotée et l'eau fixées sont liées par un rapport à peu près constant variant entre i/3 et 1/4. Dès lors, si l'organisme fi-xe iOO gr. de matière azotée en moins, la dimi- nution de l'accroissement de poids vif est bien supérieure, et égale à 400 ou 500 gr. (100 gr. de matière azotée + 300 ou 400 gr. d'eau). Le veau de Soxhlet, par exemple, n'augmenterait plus dans ces conditions — s'il fixait au lieu de 167 gr. 5, seulement 67 gr. de matières azotées — de 925 gr, par jour, mais seulement de 525 ou 425 gr., réduction de la croissance qui ne donnerait plus, au point de vue économique, satisfaction à l'éleveur. L'insuffisance d'azote dans la ration' détermine donc une res- triction considérable des augmentations de poids vif et l'in- fluence de la matière azotée fixée est primordiale dans la crois- sance. Si l'on veut obtenir des jeunes animaux la plus forte augmen- tation de poids vif, il faut, par suite, profiter de ce qu'ils peuvent en retenir Jîeaucoup et leur donner toirte la matière azotée qu'ils sont susceptibles d'utiliser et de fixer après avoir prélevé la part nécessaire pour l'entretien. Il ne faudrait pas cependant conclure de là que la ration des jeunes animaux doive renfermer plus de matière azotée que de matières non azotées. En effet, l'animal qui croît, fixe de la matière azotée, et, en même temps de la matière grasse; mais cette dernière peut très bien provenir de matières non azotées. D'autre part, ses besoins d'entretien sont plus élevés proportionnellement que ceux d'un animal adulte, puisque ces besoins sont régis par la surface de l'animal qui est relativement plus grande pour les petits ani- maux, donc pour les jeunes; mais ces dépenses d'entretien, à part une très petite quantité d'azote, peuvent être couvertes uni- quement par. des matières non azotées. Enfin, les jeunes ani- maux se meuvent et même doivent se mouvoir pour développer leurs muscles; mais l'énergie dépensée par le muscle peut être empruntée aux matières non azotées aussi bien qu'aux matières azotées. On peut donc prévoir que les jeunes animaux, tout en assu- rant la croissance la plus active, la fixation de poids vif maxi- mum, pourront encore recevoir des rations dans lesquelles la 293 Annales de la science agronomique matière azotée sera en quantité sensiblement moindre que les matières n(»n azotées.Cette prévision se trouve conlirmée. Le jeune animal reçoit, normalement, comme alimentation uniquement du lait, et l'expérience comme l'observation démon- tre qu'il est imi)ossible, malgré les nombreuses recherches laites, d'obtenir une croissance plus rapide, par une autre alimentation. Pour mettre à des prix élevés sur le marché, le lait, soit pour la consommation en nature, soit pour la fabrication du beurre et du fromage, on a essayé d'élever les jeunes animaux, notam- ment les veaux, avec les succédanés du lait; au point de vue économique, les résultats ont pu être acceptables, mais jamais on n'a pu dépasser les gains de poids vif (»btenus par l'alimen- tation lactée seule. Or, il s'en faut que le lait renferme jilus de matière azotée que de matières non azotées. La composition moyenne du lait de vache est, en effet, en principes nutritifs et par litre : Matière azotée, 35 gr. Matière grasse, 35 gr. Matière hydrocarbonée (lactose), 45 gr. Sa relation nutritive moyenne est dès lors : 1 1 ■ (35 X 2,4 + 45) : 35 3,7 c'est-à-dire 1 de matière azotée pour 3,7 de matière non azotée. En fait, comme la composition du lait est loin d'être invariable, ordinairement la relation nutritive du lait est comprise entre 1/3,5 et i/4. Le lait donnant les meilleurs résultats au point de vue de la croissance et, d'autre part, l'aptitude à fixer de la matière azotée étant d'autant plus marquée que l'animal est plus jeune, il sera inutile de chercher dans les rations destinées aux jeunes ani- maux à obtenir des relations nutritives plus étroites que 1/4 environ. (ïeci s'applique surtout et avant tout aux bovidés, mais les dilTérences sont assez faibles à ce point de vue pour les autres animaux exploités en agriculture : Chez les équidés, dont la croissance est moins rapide cjue celle des bovidés, la relation nutritive du lait est plus large, 1/4,5 en moyenne. Chez les suidés, dont la croissance est plus rapide au contraire, le lait est à l'in- verse plus riche en matière azotée et sa relation nutritive est i/3 ou 1/3,5. Chez les ovidés, il en est à peu jircs de même (i). (1) Si l'on envisn^resit un plus grand nonilirc «IV-spi-ios on trouverait })Our le lait (les mères des relations nutritives lienucoup plus difTérenlos et d'.'uilant plus étroites f|ue la croissance des jeunes est plus active. (>lie7, les pftits iiiaiiiinif«»res, le tliat, le lapin par «■xeiupie la relation nutri- tive du lait est aussi élevée (|ue 1/2 à l/l,.^. et In croissance très rapide. Dans IVspèee humaine, la croissance est très Imle, cl la relation miliilive. fort larj:e, varie, de 1/Sà l/iO. Il seniMe qu'il y ait une relation entre '•es dcu,\ élénienls : richesse azotée de la première nourriture et vitesse de développement. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 293 Pour bien prouver que la relation nutritive des rations don- nées aux animaux des espèces exploitées ne doit jamais être plus étroite que i/4 environ, on peut faire expérimentalement une contre-épreuve. Le lait écrémé à l'aide de machines centrifuges, c'est-à-dire d'une façon complète, ne contient plus comme matières orga- niques que de la matière azotée et du lactose; la relation nutri- tive de ce lait écrémé varie entre 1/1,5 et 1/2. Si l'on élève des veaux au lait écrémé, on n'obtient jamais des gains journaliers de poids vif aussi élevés, et, en tout cas, plus élevés qu'avec le lait complet, et cependant la relation nutritive est plus étroite. C'est que le lait écrémé étant moins riche en principes nutritifs, l'animal en absorbe beaucoup plus, et par le fait même, absorbe beaucoup plus d'eau. Aussi cherche-t-on à compléter ce lait sur- tout par des matières non azotées. Dans le même ordre d'idées, Bogdonof a nourri des porcs de 20 à 40 jours avec une ration de caséine et de farine de viande desséchée dont la relation nutritive très étroite était de 1/0, 304. Le gain de poids vif journalier a été de 443 gr., gain appré- ciable pour des animaux de si faible poids, mais qui est loin d'être le maximum que l'on puisse obtenir, puisque ce gain s'élève à 500, 600 et même 700 gr. avec des rations dont la rela- tion nutritive est comprise entre 1/3 et 1/4, c'est-à-dire voisine de celle du lait de truie. Ceci prouve encore que l'on n'a pas avantage à rétrécir au delà d'une certaine limite la relation" nutritive de la ration. D'autre part si, à des animaux en période de croissance, on donne des relations nutritives trop larges, l'utilisation de la nourriture s'en trouve singulièrement amoindrie. Deux expériences, l'une sur des porcs, l'autre sur des veaux le prouvent. Elles sont d'autant plus intéressantes qu'elles ont été poursuivies pendant un très long- laps de temps; elles ont acquis ainsi une valeur démonstrative plus grande que celles qui, par raison d'économie, ne durent pas assez longtemps. La première de ces expériences se rapporte à des porcs; elle a été faite par Henry, à la Station agronomique du Wisconsin où l'on a le mieux étudié la question de l'alimentation des porcs. Les Etats-Unis sont le pays le plus grand producteur de porcs et en exploitent environ 50 millions. Pour des raisons écono- miques, l'alimentation du porc y a pour base le maïs qui est très abondant, et dont la relation nutritive est de 1/9 environ, c'est-à-dire pauvre en matières azotées. Pendant longtemps, on donnait, et dans certaines contrées on donne encore aux jeunes porcs même, de la farine de mais, la croissance était peu rapide, les bêtes manquant de matière azotées et de matières minérales. f Henry a pris trois lots de porcs équivalents, composés d'ani- maux de la même origine et ayant au début, autant que pos- sible, le même poids vif. Le premier lot fut nourri uniquement avec de la farine de maïs, dont la relation nutritive est 1/9. Le second lot reçut une ration composée pour moitié de maïs et 294 Annales de la science agronomique pour moitié de pois, les pois étant une léfc^uiniiieiise particu- lièrement riche en azote; la reliition nutritive se rétrécit à 1/0. Entin, le troisième lot reçut, une ration composée pour deux tiers do maïs et j^our un tiers de sang desséché, aliment consti- tué pour la plus iiraude partie par des matières azotées albunii- noïdes; In relatit)n nutritive était 1/3. Pour obtenir un kih» de gain de poids vif, il a fallu avec le maïs seul, 18 kgr. d'aliment; avec le méiaiiye maïs et pois, 4,5 k^.; avec le mélange maïs et sang desséché, 4,1 kgr. seu- lement. Il a donc fallu moins de prini'i]>es nutritifs pour obtenir un même gain de ]>oids vif avec la relation nuti'itive étroite qu'avec les relations nutritives moyenne et large. On a même pu étal)lir, Vn sacrifiant les porcs, que ceux qui axaient l'cru les l'ations les plus riches en matière azotée renfer- maient une proportion plus grande de chair, de matière azotée dans le corps, et proportionnellement moins de graisse: la matière azotée avait permis non seulement une meilleure utili- sation des aliments, mais encore elle avait favorisé le déve- loppement du muscle chez les animaiLX. L'expérience faite sur les bovidés par Jordan, aux Etats-Unis,, n'est pas moins démonstrative, il a utilisé des relations nutri- tives un peu plus larges, les bovidés, dont, la croissjuice est moins rapide ([ue celle des porcs, n'exigeant pas des rations aussi riches eu matière azotée. Cette expérience portait sur quatre lots équivalents de veaux âgés de sept mois. A deux de ces lots, on donna, entre l'âge de 7 et 17 mois, des rations renfermant la même quantité totale de principes diges- tibles, mais avec des quantités ditl'érentes de matière azotée. La base de ces rations était du foin de graminées, tléole ou ray-grass et du maïs ensilé; en plus de ces aliments grossiers, on donna au premier lot du maïs en grains, pauvre en matière azotée, du sofl de blé, déjà plus riche eu matière azotée, du tourteau de lin, riche en azote : la relation nutritive était 1/5, 2; l'autre lot rece- vait comme supplément au foin et au maïs ensilé unies digestibles. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE "Jo Cette expérience montre rutilitô de donner aux animaux les plus jeunes des relations nutritives étroites et, au fur et a mesure que la période de croissance active s'achève, la possi- bilité, sans dommage pour l'utilisation des aliments et la crois- sance, d'élargir ces relations nutritives de façon à les rappro- cher de celles que l'on peut donner aux adultes. L'élargissement de la relation nutritive avec l'âge de l'animal se fera d'autant moins rapidement que l'animal aura une crois- sance plus active : il se fera moins vite pour les porcs et les moutons, chez qui la période de croissance extrêmement active se termine vers l'âge d'un an, que chez les bovidés chez qui elle cesse vers 18 mois. Il est difficile d'indiquer d'une façon exacte dans quelle mesure on pourra réduire la relation nutritive au fur et à mesure que l'animal s'éloigne de l'époque de la naissance. Il existe, en effet, d'assez grandes différences, suivant les indivi- dus, et aussi, suivant les races : les races à croissance rapide exigeront des relations nutritives un peu plus étroites. Le mieux, en pareil cas, est de se fier, non pas à des tables de rationne- ment ou normes d'alimentation, mais à l'observation directe, de suivre le développement des animaux en les pesant réguliè- rement, et d'élargir la ration seulement peu à peu — s'il en résulte un, intérêt économique — en s'assurant, par les gains de poids vif constatés, que cet élargissement n'a pas pour résul- tat de diminuer la rapidité de la croissance. Ainsi, chez les jeunes animaux, on commencera avec des relations nutritives étroites et se rapprochant de celle du lait pour arriver, au fur et à mesure de l'augmentation de l'âge, aux rations de l'âge adulte, qui peuvent aller jusqu'à une rela- tion nutritive aussi réduite cjue 1/10. NUTRITION AZOTEE CHEZ LES FEMELLES LAITIERES D'une façon très générale, les femelles laitières exigent plutôt moins de matière azotée que les animaux en période de crois- sance : L'expérience de Soxhlet, où des veaux de .50 kilos, âgés de quelques semaines augmentaient de presque 1 kgr. par jour, a montré que ces animaux fixaient 167,5 gr. de matière azotée par jour. Autrement dit, si l'on ramène les besoins du veau à 500 kgr. de poids vif, la quantité de matière azotée fixée par la crois- sance est de 1.700 gr. environ. D'autre part, une vache de 500 kgr. donnant quotidiennement 10 litres de lait, sécrète dans ce lait une quantité de matière azotée, s'élevant à 35 gr. par litre, soit 350 gr. par jour. Donc, une vache laitière de 500 kgr., qui donne 10 litres de lait par jour réclame, en sus du niinimum d'entretien, moins de matière azotée que le veau en période de croissance. Pour une production de 20 litres de lait, il lui faudrait un sup- ','y(i Annales de la science agronomique ]tlément de 700 gv. de matière azotée; pour 40 litres, 1.400 gr. Ce n'est que pour une production, très rare, de plus de 50 litres de lait par jour qu'une vache a besoin d'une ijuantito de matière azotée de l'ordre de .grandeur de celle réclamée par le veau en période de croissance. D'une façon générale, les vaches laitières n'exigeront donc l>as des relations nutritives plus éti-oites ar les faits. On sait déjà que certaines cellules peuvent bien fonctionner sans que la quantité de matière azotée dont l'organisme a besoin pour l'entretien, augmente : le tissu musculaire, par exemple, peut se contracter sans i)rovoquer une dépense plus grande de matière azotée. L'expérience a été faite de même pour des organes beaucoup plus semblables aux mamelles, pour les glandes de l'appareil digestif. On a ainsi vu pai- des repas fictifs donnés à des ani- maux, que, sous l'influence du travail des glandes digestives, les dépenses totales de l'organisuu^ augmentcnl, mais aussi, en dosant la matière azotée de l'urine, provenant des matières albu- minoïdes désassimilées par l'organisme pendant le repas fictif que ce travail des glandes digestives n'accroît pas les dépen- ses azotées. Ainsi, les glandes de l'appareil digestif peuvent fonctionner sans jirovo(juer une augmenlalion des dépenses de l'organisme en matière azotée, par rapport à ce qu'on observe pc»ur l'entretien. 11 en est de mT-me jxtur les glandes mammaires; par des exi)é- riences sur la nutrition azotée faites au laboratoire de Copenha- gue, sur des vaches laitières, on a pu en effet démontrer que cer- taines vaches peuvent faire passer intégralement dans le iait la matière azotée digestible douiH''e dans la ratiou en sus de ce ro(luit. On a pris deux vaches aussi semi)lables (jue possible, dans la même période de lactation, ayant vêlé à la même épo(|ue, et on leur a donné des rations renfermant la même somme titlaie de |>rinci|»(>s digestibles, nuiis avec une i»lus ou mnins grande proportion de matière azotée. F..a vache A qui j)esait 455 kilos a reçu : 2,5 kgr. de foin de pré, 5 kgr. de paille, 45 kgr. de betteraves, 1,25 kgr. de tourteaux de colon décoi-llqué. l^a n'iation nutritive était 1/11. La vache R, pesant 470 kilos, a reçu : 2,5 kgr. de foin de pré, 5 kgr. de paille, .'Ul kgr. de betteraves, 2,5 kgr. de tonrle.inx de coton décortiqué. La relation nutritive était 1/7. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALT.ÈVRE 297 On a fait, pendant des périodes prolongées, le bilan de l'azote chez ces deux vaches. La matière azotée des aliments, — azote multiplié par 6,25 —, était de 1.194 gr. pour la vache A. De ces 1.194 gr., il en repa- raissait non digéré 561 gr., soit pour la partie réellement utilisée de la ration 633 gr., dont 213 gr. dans l'urine, 370 gr. dans le lait, 50 gr. fixés dans le corps. La vache B recevait beaucoup plus de matière azotée : 1.600 gr.. Il en reparaissait non digéré 619 gr., soit pour la partie réelle- ment utilisée de la ration 981 gr., dont 561 gr. dans l'urine, 370 gr. dans le lait, et 50 gr. fixés dans le corps. ' Ainsi, deux vaches nourries avec des rations renfermant la même quantité de principes digestibles, mais des quantités dif- férentes de matières azotées, ont donné une production sem- blable, en ce sens que la matière azotée passée dans le lait et fixée dans le corps a été la même chez l'une et chez l'autre; la quantité plus grande de matière azotée consommée par la vache B semble n'avoir eu aucune influence sur la production du lait. D'autre part, les 213 grammes de matière azotée désassimilée correspondent tout juste à une ration d'entretien; il a été démon- tré, en efl'et, que pour assurer l'entretien au repos des bovidés, il fallait, de 0,5 à 0,6 gr. de matière azotée digestible par kilo- gramme de poids vif et par jour, soit pour une vache de 455 kilos environ 230 grammes, c'est-à-dire un chiffre du même ordre de grandeur que les 213 grammes constatés ici. Autrement dit, avec cette ration, la vache A n'avait que stricte- ment la quantité de matière azotée nécessaire pour assurer son entretien. C'est dire que le fonctionnement de la glande mam- maire n'a entraîné aucun supplément de désassimilation de matière azotée par rapport à une vache qui eût été au repos et n'eût pas produit de lait. Par contre, la vache B désassimilait 561 gr. de matière azotée. Cela veut dire que la matière azotée donnée en plus de ce qui était strictement nécessaire pour l'entretien ne servait qu'à aug- menter la matière azotée désassimilée. Il ne faudrait toutefois pas en conclure qu'il est bon de donner aux vaches des rations renfermant tout juste la quantité de matière azotée nécessaire pour la fabrication de la caséine et pour l'entretien : Chez une vache qui ne reçoit que cette ration, l'activité de la glande mammaire tend assez rapidement à se réduire, la période de lactation diminue de durée, et, en fin de compte, la quantité de lait produite dans l'année est moindre. D'autre part, Hoecker, aux Etats-Unis, a observé que si l'on continue aux vaches laitières une pareille alimentation pendant des périodes très prolongées, pendant plusieurs années, il arrive un moment où les animaux présentent des symptômes patholo- giques alarmants, et les bêtes peuvent succomber en quelques jours — il a remarqué d'ailleurs aussi qu'il suffit d'enrichir la ration dès l'apparition de ces symptômes, pour les voir dispa- raître très rapidement. •298 AN.NALBS DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE Donc, dans la pratique, il convient de donner une certaine quantité de matière azotée en plus de ce qui est nécessaire pour Tentretien strict et pour la fabrication du lait. Les opinions dillèreut beaucoup sur ce que doit être exacte- ment ce supplément; cependant, on peut déjà dire qu'il est moins élevé qu'on ne le croyait jadis. On pensait autrefois qu'il lallait donner à la vaclie laitière, en sus de la quantité de matière azotée nécessaire à l'entretien, le double de la quantité excrétée avec le lait par l'animal. Les expériences récentes de Lindsey démontrent qu'en donnant une fois et demie cette quantité, on met à la disposition des vaches laitières toute la matière azotée digestible qui assurera la pro- duction maxinia de lait. Cette dttnnée précise permet de calculer la quantité de matière azotée que doit contenir la ration, quand ou connaît le poids de l'animal et sa production laitière journa- lière. Par exemple, une vache laitière de 500 kilos a besoin, au maxi- mum, pour son entretien, de 500 X 0,6, soit 300 gr. de matière azotée par jour. Si elle donne 15 litres de lait, renfermant de .30 à 40 gr. de matière azotée par litre, il faudra ajo^uter à la ration d'entretien de (30 x 15) x 1,5 à (40 X 15) X 1,5, soit, pour prendre le chilfre le plus élevé, 900 gr. de matière azotée. Ceci porte, au plus, la quantité de matière azotée totale de la ration journalière à 1.200 'rîv. pour une bcte de 500 kilos. Des chiffres de cette nature peuvent s'exprimer d'une autre manière, un peu plus approximative mais souvent employée, par la relation nutritive. Sans reproduire les calculs il suflii'a de donner les résultats sous cette nouvelle forme pour des pro- ductions diverses de lait. Si la iiroduction l.iitière journalière est de 5 litres, on peut admettre que la relation nutritive pourra être aussi large que 1/8,5; pour une production de 10 litres, elle sera de 1/7; pour 15 litres, 1/6; pour 20 litres et au-dessus, 1/5,5 à 1/5. En somme, les relations nutritives réclamées par les animaux producteurs restent comprises dans les limites de 1/4 à à 1/0, les plus étroites étant nécessaires pour les animaux qui ont les plus grands besoins azotés, c'est-à-dire les jeunes en pleine période de croissance, puis ensuite pour les femelles laitières qui donnent les ]ilus grandes quantités de lait; ces relations nutritives peuvent s'élargir peu à peu au fur et à mesure que la croissance devient moins active ou que la quantité de lait produite devient moins forte. Kn se tenant dans ces limites, on est certain de toujours faire llgurer dans les rations les iiuantités de matièi'e azotée digestible qui assurert)nt une production maxima de la part de l'animal, quel que soit le but zootechnique eu vue duipiel il est exploité. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 299 En résumé, l'étude de la nutrition organique a permis de démontrer : , • . 1" Que l'effet utile de la ration dépend avant tout : de la quan- tité d'énergie disponible renfermée dans les principes nutritifs ou encore de la somme totale des principes digestibles azotés, ^ras, hydrocarbonés renfermés dans cette ration, à la condition que dans cette somme, les matières grasses soient exprimées par leur poids isodynamique de matières azotées ou hydrocar- bonées, c'est-à-dire affectées du coefficient 2,4. 2° Que l'effet utjle de la ration dépend en outre du travail de la digestion plus ou moins élevé suivant que les aliments sont plus ou moins riches en matière ligneuse, en cellulose. 3° Que, dans une certaine mesure, cet effet utile dépend des rapports qui existent entre la matière azotée et les matières non azotées de la ration, c'est-à-dire de la relation nutritive. Tels sont les trois points fondamentaux établis à l'heure actuelle. Ces données serviront de base pour obtenir la solution des problèm^es pratiques très nombreux que soulève l'alimentation des animaux domestiques. [A suivre.) RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE * DE LA POMME DE TERRE ET les MALADIES APPARENTÉES Faites de 1907 à 1917 par H.-M. QUANGER Docteur es sciences, professeur à l'École Supérieure d'Agriculture de "Wageningen Avec la collaboration de H. -A. -A. VAN DER LEK Assistant en chef à l'Institut de Phyto pathologie de "Wageningen et J. OOTRROYN BOTJÈS Agronome à Oostivold Traduites par V. ANTOINE Professeur à l'Institut Agronomique de l'Université de Louvain (1) Avant-propos et Sommaire ''■ Le problème de la « Cladrolziekte » (maladie de l'enroule- •inent des feuilles) est intéressant pour tous les pays de cul- ture de la pomme de terre; aucune question de phytopatho- logie n'a été l'objet 'd'autant de mémoires. En Allemagne, les spécialistes ont consacré leurs meilleure,s forces à cette étude; en Autriche, une Commission d'experts s'est occupée (1) M. Antoine, Professeur à l'Institut Agronomique de l'Université de Louvain, après avoir pris part au combat de Liège et au siège d'Anvers, en 1914, a été interné en Hollande avec des étudiants militaires belges. L'accueil qu'il a reçu à la Station phytopathologique de Wageningen (Hollande) lui a permis de suivre les travaux de cet étaldissement et c'est dans un sentiment de reconnaissance envers son personnel supérieur qu'il a entrepris la traduction du mémoire de M. D' Quanjer et de ses collaborateurs, afin de faire connaître ^n France les résultats intéressants de leurs recherches. (Note de la Rédaction.) 30? Annales de la science agronomique de la queslion pendant de nombreuses années, tandis que le «< Department of Agriculture » à Washington a érigé à (ireeley. dans le Colorado, une station d'essais .pour l'élude de cette affection et ides autres maladtes •similaires di^ la pftnrrmc tle k*rpe. Il a pilacécf'tte-srtatiGn sows -la dipect'iond'un jeune phytopathologiste dos jplus en vue, le D' Edson. En lî>ll. le rendement des cultures de pomme de terre du district de Greeley a été ramène de 700 à 500 wagons, pan* -aniite -de la maladie de l'enroulement, et ce mal cause de grands dégâts dans beancoirp id'fïutres régions de l'Amérique (i). "Nous sommes, ici, abandonnés à nos prorpres forces dans la recherche de la solution de -ce proMème. qui est en relation étroite avec la très vieille question de la « dégénérescence >> des variétés de pomme de terre; en ftTet, nous 'n'avons décou- vert dans la littérature étrangère que quelques avis discu- tables sur le mode de propagation «t le traitement de cette affection. La plupart des traités ont provoqué une certaine confusion avec d'autres maladies, ce qui nous paraît devoir être attribué au, fait qu'on n'a pas pris le temps néces- saire à Tétude approfondie des caractères de la maladie de l'enroulement des feuilles de pomme de terre. On i-u a re- cherché la cause dans des organismes parasitaires avant de déterminer si elle est contagieus^e ou non. On constata pîus tard que les parasites trouvés causent des maladies complè- tement différentes quand, toutefois, ils ne sont pas indilTé- ri'iits. Ce n'est pas le seul cas, oùdes botanistes de renom nul (conclu erronément. La maladie de la canne à sucre, la (( Serehzinkte ». si intéressante à .lava, en fournil un deuxième epxemple, et il y en a bii'u d'autres. J'ai utilisé ce que la littérature m'a appris sur la »< sereh- ziekle ». pour résoudre le problème de la maladie de l'cn- roitlemenl : Parmi les noujbreux mémoires qui ont été |iiibliés sui' mile (jiieslion. le meilleur est. selon moi. celui (1) \.n ni.-ilndio parait aus^i 1res répandiio en Franco, d'après dos renseigne- ments fomiiiuniqués par Ja Station de Palhulo^ric vé^'étale île Paris. RECHERCHES SUR LA LEPTONÉGROSE DE LA POMME DE TERRE 303^ de Valeton l(189i). Ce savant se borne à faire la description «xacte de la maladie du sereh; en l'absence de preuves suffi- santes, il se garde bien d'imputer la ïïialadie à un des orga- nismes qui \ivent sur la canne à sucre. Je suis parti dti même point ide \aie dans mes recherclies sur la maladie de l'enroulement. Je me suis d'abord attaché à en donner une définition aussi exacte que possible, pour qu'à l'avemir on ne puisse plus ïa confondre avec d'autres maladies. Il m'a en- suite semblé 'que les symptômes extérieurs peuvent s'expli- quer, d'une façon naturelle, par des phénomènes internes très caractéristiques (Bibliographie, Quanjer, 1913). Pour fixer les caractères réels de la maladie, je propose de remplacer le terme vague et non scientifique « cladrolziekte » par le mot i< leptonécrose » 1(1) La deuxième question qui se posait est la suivante : la ma- ladie est-elle contagieuse ou non? Il n'a pas été fait d'expé- riences exactes à ce sujet ni pour la « serehziekte » de la canne à sucre, ni pour la « leptonécrose » de la pomme de terre. Le passage de la maladie des plantes attaquées sur des plantes saines a été observé la première fois par moi, en 1913 (Ghap. IV, 4 et 5). Cette découverte m'a fait entrevoir la mar- che à suivre dans les recherches. Le concours de M, Van der Lek a permis de donner, en 1914, plus d'extension aux expé- riences qui ont fourni le matériel de démonstration si impor- tant, en pratique, dans la question de la contagion de la maladie. Je remercie tout particulièrement M. Van der Lek de l'initiative qu'il a déployée dans l'exécution des essais de- transplantation avec des tubercules (Ch. IV, 6), qui ont eu d'heureux résultats. A l'occasion d'une conférence que je fis à Beerk, il y a 3 ans, je rencontrai en M. Oortv^yn Botjes un deuxième collaborateur. Les différentes observations, qu'il avait faites précédemment à Oostwald l'avaient convaincu que la maladie est contagieuse; en poursuivant ses observa- tions d'une façon systématique, il a obtenu, par un procédé (1) De. loj lômc ou liber. 304 Annales de la science aoronomique original, des résultats qui. non seulement, confirment nos expériences, mais jettent \uie lumière complètement nou- velle sur la façon d'ont l'infection peut se faire {Gh. IV, 8.) J'exprime aussi toute ma reconnaissance à mon collègue M. Antoine, de Louvain, que des circonstances cruelles ont amené en Hollande. Malgré les nombreux cours qu'il fait aux soldats belges internés dans notre pays, il a trouvé le temps de s'intéresser aux travaux de l'Institut phytopathologique de Wageningen et de faire la traduction française des études en cours. Voici le sommaire de mon mémoire : le chapitre IV en forme le noyau, les deux premiers en sont lintroduction, qui n'est que la reproduction, complétée, de mon premier mémoire dont un résumé a paru dans le Bulletin de la So- ciété de Patholoc/ie végétale de Paris i(1914), les derniers cha- pitres sont alTectés aux conclusions générales. Chapitre premier Symptômes extérieurs et caractère pseudohéréditaire de la maladie. Chapitre II Anatomie de la plante et circulation de la sève élaborée. Chapitre ITT Comparaison (!<■ la leptonécrose avec les autres maladies de la pomme de terre. Chapitre IV Recherches expérimfiit.-ilos sur l;i contagiosité de la lepto- nécrose. 1. — Introductirf^n. 2. — Dispersion de la maladie. 3. — Incertitude des résultats. 4. — Transplantation de sujets d'iii'igiue saine au mi- lieu de piaules uialadf^s. RECHERCHES SUR LA LEPTONÉGROSE DE LA POMME DE TERRE 305 5. — Essais de greffage. 6. — ■ Expériences de transplantation avec tubercules. 7. — Possibilité de l'infection par le sol. 8. — Influence des plantes malades sur les plantes saines voisines. 9. — ■ Possibilité de la transmission de la maladie par la semence. Chapitre V Conclusions relatives à la cause de la maladie. Chapitre VI Influence des circonstances extérieures; changement des tu- bercules à planter. Chapitre VII Remèdes ; variétés insensibles à la maladie. Chapitre VIII Quelques remarques historiques. Chapitre IX Réponse aux critiques des spécialistes allemands et autri- chiens. Chapitre X Observations sur les maladies apparentées à la leptonécrose. 1. — Mosaïque et frisure des plantes de pommes de terre. 2. — • Maladie des raies jaunes de la canne à sucre. 3. — Maladie du sereh 'de la canne à sucre. 4. — Maladie de la frisure des feuilles de l'arachide, •5. — Frisure et leptonécrose de la betterave à sucre. 0. — Cas de chlorose infectieuse. 300 Annales de la science agronomique CHAPITRE PREMIER Symptômes EXTÉRrcriis et ' caractère pseudo-héréditaire DE LA MALADIE Bien que la maladie ait souvent été décrite, il est néces- saire d'en rappt.'ler ici les symptômes extérieurs, parce qu'ils ont souvent donné lieu à confusion avec d'autres maladies et parce que un de ses caractères les plus typiques, que j'ai désigné par le terme « pseudohérédité », ne paraît pas encore avoir attiré l'attention des expérimentateurs. Les symptômes de la maladie n'apparaissent pas lors de la levée des plantes, ni aussi longtemps qu'elles se nourris- sent essentiellement aux dépens des réserves des tubercules. C'est seulement un mois environ après la levée, c'est-à-dire à répoque où les jeunes tubercules se nouent à l'extrémité des stolons, alors que le transport des produits de l'assimila- tion va avoir une plus grande importance, qu'on voit appa- raître les symptômes de la maladie sur un certain nombre de plantes. C'est toujours sur des sujets épars qu'on les^ rencontre; c'est là une preuve que la maladie existait déjà dans les tubercules, ]irobablement sous une forme latente, car rien d'anormal ne se révèle ni à l'œil nu. ni à l'aide de verres grossissants. Los feuilles inférieures deviennent raides et jaunâtres, ce qui pourrait faire penser aux consé- quences d'un défaut d'azote, si ce n'était que les bords des folioles s'enroulent légèremenl ff de bonne heure vors le haut. La maladie gagne les fouilles insérées plus haut sur !a tige. L'enroulement s'accentue et intéressa toute la feuille pour autant que la rigidité dos nervures médianes des folioles le permette. Finalement, les nervures médianes des folioles opposées se repliont Tuno contre l'autro dans une dirootion ascendante. RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 307 La décoloration progresse rapidement du sommet vers le milieu des folioles; il apparaît, en outre, chez quelques va- riétés une couleur rouge ou violette en bordure des parties J^iG- 1 — Plante de la variété " Paul Kruger " attaquée par la maladie hâtive oa secondaire et deux coupes transversales de faisceaux libériens; l'une faite aL' sommet de la tige, l'autre a la base. (Voir chl. II.) .'!0s Annales de la science agronomique décolorées. La face inférieure des bords enroulés est souvent bleuâtre brillant. Les feuilles malades ont un reflet métalli- que et elles produisent un bruit caractéristique quand on le* frôle. L'enroulement des feuilles est fort différent suivant b'S variétés : Chez la variété Paul Kriiger, elles se colorent fortement en rouge, mais les folioles s'enroulent peu et seulement à la base; la variété Magnum bonum se colore en jaune pâle, les folioles s'enroulent davantage, souvent uni- latéralement; exceptionnellement, les petits rouleaux sont presque fermés comme chez la variété Eurêka. Dans un stad-^ ultérieur, les tissus des extrémités et des bords des folioles pâlissent; ces parties se couvrent de petites taches noires brunâtres. Plus tard, celles-ci se répandent également entre les nervures de premier ordre. Quand l'enroulement est léger on pourrait, par suite des caractères cités ci-dessus, impu- li.'r le mal au manque 'de potasse; seulement, dans ce cas, les bords des feuilles se replient vers le bas et la courbure est plus prononcée que d'habitude. Les plantes malades ne croissent plus guère; les extrémités supérieures des tiges restent courtes. Les bourgeons sortent bien sains, mais les pousses qui en proviennent s'allongent peu et deviennent malades 'Ultérieurement. Les stolons sont peu allongés et les tubercules petits. Des circonstances climatériques qui arrêtent la croissance des plantes comme, par exemple, une trop grande sécheresse ou un froid excessif, hâtent l'apparition des symptômes et le.s- accentuent. Si la plante est exposée pendant un temps assez long à ces circonstances défavorables, elle reste petite; alors, les tubercules mères ne sont pas complètement épuisés et on les retrouve à la récolte. S'il survient une période de temps favorable, les extrémités des tiges s'allongent encore (jut.'lque peu., mais si, dans la suite, le temps redevient mau- vais, les dernières pousses contractent la maladie. Les terrains lourds et imperméables sont favorables à la manifestation des symptômes de la loptonécrose. Les plantes malacles meurent RECHERCHES SUR LA LEPTONÉGROSE DE LA POMME DE TERRE ;]09 seulement ^un peu pllus tôt que les plantes saines, à moins que le Phytophthora infestans ne les attaque. Ce champignon ise propage davantage dans les plantes qui souffrent de la maladie de l'enroulement que dans celles qui sont saines, même chez les variétés les moins sensibles. Alors que chez les plantes saines les feuilles tombent avant de mourir, elles se dessèchent et restent attachées aux tiges quand elles sont victimes de la leptonécrose. Le rendement des plantes malades est extrêmement minime et oe n'est pas à tort qu'on le carac- térise par le terme « nieten » ((des riens) dans nos contrées. Un là deux mois au plus après l'apparition de la première manifestation de la maladie dans le champ, on remarque que beaucoup de plantes, qui étaient restées saines et croissaient vigoureusement jusque-là, montrent dé légers symptômes de la maladie dans les sommets >des tiges. Une gelée blanche peut précipiter l'apparition de cette forme de la maladie (ma- ladie primaire). Dans ce cas ils disparaissent parfois tempo- rairement par temps doux, pour réapparaître à la suite d'un fort abaissement de temipérature. Les plantes de la variété Paul Kriiger atteintes de 'la maladie primaire montrent un enroulement prononcé de la base des folioles de telle sorte que les plantes attaquées sont plus érigées dans les sommets, plus raides et plus fragiles que les plantes saine? Alors que les feuilles supérieures de celles-ci se ferment an coucher du soleil, celles des plantes malades ne sonr pliis en état de îe faire que partiellement; la décoloration peut être si forte chez elles que les extrémités ides exemplaires qui ont été atta- qués les premiers et qui sont restés petits, paraissent vei'- dâtres par eontraste. La maladie se propage du sommet vers la base chez les plantes infectées tardivement, un temps défa- vorable et un sol lourd sont propices à son développement. Elle peut être si prononcée à certaines années que les plantes paraissent se rapetisser et elles ressemblent finalement à celles qui ont contracté la maladie plus tôt. Les plantes attaquées lardivement, soit que la maladie apparaisse très tard soit qu'elle se propage peu, peuvent encore donner un rendement 310 Annales de Lu\ science agronomique satisfaisant. Toutes les tiges d'une même plante ne présentent pas toujours ce type 4e la maladie. Quand on plante des tubercules provenant de sujets infec- tés au début ou à la fin de la saison on obtient, en règle géné- rale, des plantes qui montrent les symptômes de la maladif au commencament de Pété. Je n'ai jamais constaté que la ii\aladie disparaisse spontanément O'U s'affaiblisse dans une suite de générations qui a pour origine une plante malade. Ceci est en concordance avec les phénomènes héréditaires, sur lesquels je reviendrai dans l'introduction du chapitre IV. Nous désignerons dans le chapitre suivant par « maladie primaire » les plantes qui sont devenu-es malades tardive- ment parce que, complètement saines à l'origine, elles con- tractent la maladie dans le courant de la saison de végéta- tion. La maladie ne se révèle pas toujours extérieurement, comme cela résultera du chapitre IV. Nous appellerons « ma- ladie secondaire » les plantes qui deviennent malades de bonne heure. La présence ou l'absence des symptômes de la maladie primaire n'a pas d'influence sur l'apparition des caractères de la maladie secondaire dans la génération future: ils sont à peu près aussi prononcés dans le second cas que dans le premier. La proportion des plantes malades dans la nouvelle génération est en corrélation avec l'intensité de l'attaque primaire. Quand la plante-mère a été attaquée tard, de telle sorte qu'on ne peut pas ou qu'on peut à peine appr- cevoir les symptômes de la maladif, il n'y a qu'une partie dos sujets de la nouvelle génération qui présentent les carac- tères de la maladie secondaire: on peut même rencontrer des tiges saines et des tigfs malades dans une même touffe. Mais si la planto-mère a été attaquée de bonne heure et d'une façon violente, «lie ne produit que des sujets malades. Nous appelons « première génération » îps plantes qui souffrent de la maladie primaire. Les symptômes de la mala- dif secondaire apparaissent abondamniont chez la plupart ou chez toutes les plantes de la « deuxième génération * . «xcfpté quand lfs~ plantes atteintes de la maladie sont très RECHERCHES SUR LA LEPTÛNEGRQSE DE LA POMME DE TERRE faiblement affectées, au point qu'on a des doutes sur l'exis- tence de la maladie. Toutes les plantes des 2' et 3* générations FiG. 2. — Plante de la variété " Paul Kriiger " attaquée par la maladie tardive ou primaire et deux coupes à travers les cordons libériens, l'une au sommet de la tige, l'autre à la base. (Voir ch. 11.) 312 Annales de la science agronomique et des générations suivantes présentent le même type de mala- die secondaire. Le plus ou moins grand développement des plantes dépend plus de la constitution du sol et des caractères du climat que du nombre de générations d'ancêtres malades. CHAPITRE H Anatomie de la plante malade et circulation DE la sève élaborée La maladie de l'enroulement est facilement confondue avec d'autres affections et ce n'est qu'après que j'ai eu découvert son caractère anatomique quil m'a été possible d'en préciser le diagnostic. Une longue pra^tique des recherches microsco- piques est indispensable pour faire l'étude anatomique de la leptonécrose, et encore les résultats ne sont pas toujours décisifs car, dans bien des cas, il est nécessaire d'étendre les recherches à deux générations de plantes. Il est utile de décrire succinctement ici le caractère anatomique de la ma- ladie, car outre l'intérêt qu'il présente pour la diagnose, il fo-urnit une explication naturelle de tous les symptômes exté- rieurs. Les faisceaux de leptôme qui apparaissent sous forme d'un fin réseau en deçà et au delà des vaisseaux d'hadrôme, sur une coupe transversale d'une tige de pomme de terre, sont en grande partie anormaux chez les plantes malades. Les parois des tubes criblés se renflent et se compriment en faisant progressivement disparaître la lumière dt\s cellules; incolores au début, elles se colorent plus tard en brun. Une fois que la coiloration brune est apparue, les tissus attaqués manifestant les réactions de la matière ligneuse, avec la phlo- roglucine et l'acide chlorhydrique. C'est dans les faisceaux RECHERCHES SUR LA LEPTONÉGROSE DE LA POMME DE TERRE M'.j de leptôme qui touchent au sclérenchyme que l'attaque de la leptonécrose est la mieux marquée. On peut la suivre depuis les grosses nervures des feuilles jusqu'au) point de jonction de la tige et du tubercule-mère. Elle ne pénètre pas dans les iînes nervures, les stolons, les tuibercules et les racines. Ajoutons encore que, comme nous l'avons dit au chapitre premier, le mal progresse de haut en bas. Quand la première phase de la maladie apparaît de bonne heure, les éléments néorosés deviennent bruns et la lignification a lie,ui pendant Tété; quand elle se manifeste tardivement, la coloration brune n'apparaissant pas, la leptonécrose est difficile à identifier •et on peuit avoir des doutes sur la nature de la -maladie. On constate juste l'inverse en cas de maladie secondaire : une forte nécrose, plus intense qu'on ne pourrait jamais la trou- ver chez les plantes qui souffrent de la maladie primaire, se ïtianifeste à la base des tiges, tandis que le.ujrs sommets sont souvent indemnes. Les figures 1 et 2 montrent la concomi- tance qui existe entre les symptômes extérieurs et intérieurs. Il est compréhensible que la mise en non activité d'organes aussi importants que les tubes criblés, doit avoir des consé- quences importantes pour la vie de la pîante. Il est évident que les tiges malades ne croissent plus guère et qu'elles ne produisent que de petits tubercules ou restent stériles, les bourgeons aériens et souterrains ne pouvant pas recevoir d'aliments. D'ailleurs il est clair que la décoloration et l'enrou- lement des feuilles doit être la conséquence de l'obstruction des tubes criblés, mais il n'est pas encore possible de donner des détails sur les forces physiques et chimiques qud entrent en jeu. ^ Selon moi. la circulation anormale des matières dans les plantes est une conséquence de la leptonécrose et non l'in- verse « die Nekrose eine Folge von Stofîrechselstiirùng in den Phylomen », comme le prétendent Schauder et Fie- senhausen, dans la critique qu'ils ont faite de mon premier mémoire. Il va de soi que l'écoulement des produits élaborés *est annihilé, quand les organes par lesquels le transport doit 314 Annales de la science agronomique se faire sont ratatinés el morts. Ma manière de voir a été con- firmée d'une façon frappante par les chimistes qui se sont occupés de la maladie : Spieckermann (1910) trouva qiir- les sels et les matières organiques azotées des tubercules malades sont absorbés plus lentement par les plantes que ceux des tubercules sains, tandis que le transport des sels et des combinaisons azotées destinés à la formation des nou- veaux tubercules est contrarié. Les sels visés sont sans doute principalement des sels de potasse, car la chaux est pr.esqu»^ complètement fixée sous forme d'oxalate x^ans le pnren- chyme; les substances organiques azotées dont il est ques- tion sont probablement des albumines comme cela résulte des recherches de Doby (1912). Or, ces substances — albumi- nes et sels de potasse — indispensables )>our la formation des nouveaux tissus, circulent précisément par le leptùm»^ (de Vries 1878. Weevers 1911). » Ainsi, mon hypothèse n'est pas seulement confirmée par les résultats de Spieckermann et de Doby, mais ma décou- verte de la leptonécrose constitue une base pour leurs travaux. Il y a lieu de remarquer la grande sensibilité du feuillage des j)]aiites malades aux attaques du Phtjtophthora infestons. Ce phénomène pourrait être en rapport avec l'arrêt de trans- port des substances azotées qui se forment dans les feuilles. Une autre observation plaide en faveur de ma thèse: Beau- coup de variétés de pommes de terre qui souffrent de la lep- tonécrose présentent une coloration rouge dans le feu.illagp; or cela se produit chez beaucoup de plantf^s quand on arrête la sève descendante : chez l'orme champêtre (Ulmus campes- tris) et le poirier (Pyrus communis) il suffit d'étrangler quel- ques grosses branches à l'aide d'un fil de fer, en hiver, pour conslalt-r un rougissement de leur feuillage à l'au'tomne sui- vant, tandis que les feuilles des branches qui n'ont pas été étranglées gardent leu/r teinte normale. La coloration rouû-f' apparaît encore clairement les années suivant/^s. Les faits invoqués, quoique confirmés par les recherches chiniiquns et par ]p rougissement du feuillage à la suite de RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE r»E LA POMME DE TERRE 315 l'étranglement de l'écorce, ne fournissent pas encore la preuve expérimentale que la leptonécrose est la cause des manifes- tations extérieures de la maladie. Le chapitre IV indique comment cette preuve peut être faite. CHAPITRE III Comparaison de la leptonécrose avec les autres maladies de la pomme de terre" L'aperçu suivant relatif aux maladies de la pomme de terre susceptibles d'être confondues avec la leptonécrose est le résultat de nombreuses observations et expériences que j'ai faites durant les dernières années à Wageningen et ailleurs. Je l'ai complété par des données puisées dans la littérature. Ce n'est qu'un essai que je me propose de tenir au courant et d'améliorer chaque année par des constatations nouvelles. Toutes les maladies de la pomme de terre ;ie figurent pas dans le tableau parce que tous les phénomènes pathologiques de cette Solanée ne sont pas encore connus et ensuite parce que quelques maladies comme celles gui sont produites par le Phytophthora infestans et le Cercospora concors ne sont jamais confondues avec la ileptonécrose. Il en est de même pour les attaques du Sclerotinia sclerotiorwm, car les tiges de pommes de terre affectées par ce champignon pourrissent jusqu'au bois sur une grande hauteur au-dessus du sol. sur lequel elles s'affaissent (Pethybridge 1911). Les maladies causées par les bactéries et les champignons, qui confinent leurs attaques dans l'es parties souterraines des tiges, donnent lieu à confusion avec la leptonécrose, c'est pourquoi je les ai mentionnées dans le tableau. La maladie primaire donne plus souvent lieu à confusion avec les autres phénomènes de dépérissement que la maladie 31G Annales de la science agronomique secondaire. Le manque d'azote et rempoisonnement par le clilore se traduisent par des phénomènes parfois assez ana- logues à la maladie primaire; c'est également le cas pour la maladie de Hooghalen. Les terrains acides (soit par suite du manque de chaux ou de l'emploi exclusif et continuf^l d'engrais qui donnent naissance à des acides) sur lesquels on rencontre de pâles et maigres cultures d'avoine et de sei- gle, produisent aussi des cultures de pommes de terre qui sont le siège de phénomènes anormaux. Ces phénomènes ont été constatés et étudiés par M. Hudig de Groningen en pre- mier lieu à Hooghalen. de là le nom donné à cette alYection. La maladie des tourhières. étudiée par MM. Sjollema et Hu- dig (1912) et nommée « Dorrfleekenkrankheit » par Glausen (1910) a aussi trouvé place dans le résumé. M. Aberson de Wageningen a fait dans ces dernières années des recherches très importantes sur ces deux fléaux, la maladie dé Hoogha- len et la maladie des tourbières. Il a montré qu'elles sont dues à l'empoisonnement par des nitrites qui sont formés dans le sol par une bactérie. Cette bactérie, formatrice de nitrites, domine dans les sols où la nitrification normale est supprimée par suite de l'emploi exclusif d'engrais minéraux. Quoique dans tous ces cas les plantes ressemblent plus ou moins à celles qui sont atteintes de leptonécrose primaire, les cultures qui souffrent de ces défauts du sol donnent, par la présence de ploges jaunes visibles d'assez loin, un aspect tout différent de celui des champs où la leptonécrose exerce Dans mon premier mémoire sur la maladie de l'enroule- ment, j'ai |)ensé que la maladie désignée par Appel sous le nom de « Hlattrollkriiiikheit » était celle que j'appelais « leptonécrose » ; mais à présent que je connais mieux h^s troubles occasionnés par le Vertirillinm albo-atrum, je suis convaincu que le « Blattrollkrankheit » n'était qu'un llétris- sement causé par un mycélium obstructif des vaisseaux li- giicnx. La (linv-rence d'aspect des feuilles attaquées par la le|>- li.néci'usr fl jiai' le Vcrticillntm réside dans If fait que, clicz les premières, les nervures principales des folioles sont ton- RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 317 jours pluis raides que cel'les des feuilles saines; de plus, les folioles se redressent et se replient Tuine contre l'autre (flg. 3-b), tandis que chez les dernières on constate un fléchis- sement vers le bas. En outre, les limbes des jeunes feuilles afîectées par le Verticillium s'enroulent en petits rouleaux, FiG. 3. — a, Feuille de plante saine. — b, Feuille de plante atteinte de leptonécrose. c, Feuille de plante atteinte de la maladie du flétrissement. ce oui les fait ressembler à des navettes (flg. 3 c) et permet de les distinguer des cornets ou des gouttières produits par la leptonécrose. Les feuilles malades sont moins turgescentes que les feuilles normales; les onduilations des bords des feuilles atteintes par le VerticiUnim sont plus prononcées 31S Annales de l.\ science agronomique qu'en cas de leptonécrose. Pour de plus amples renseigne- ments sur la maladie du flétrissement, je renvoie au travail publié récemment ^1916) par Petliybridge. Appel l'a pré- senté en 1915 sous un nom plue exact : mycose des vais- seaux;. Pethybridge fait observer que ce terme n'est pas encore tout à lait juste puisque les faisceaux libéro-ligneux sont composés d'une partie de bois, qui comprend les vais- seaux ligneux (hadrôme) et d'une partie de liber qui ren- ferme les tubes criblés (leptôme). On devrait donc parler d'hadromycose, par opposition avec la leptonécrose. En effet, le nom scientifique pour désigner l'attaque des vaisseaux du bois par des champignons doit être hadromycose ou tra- ohéomvcose. Les différences qui apparaissent lors de la propagation et qui m'ont guidé dans le classement en groupes, sont aussi très importantes. Les maladies du groupe I ne se propa- gent naturellement pas par la multiplication des plan- tes; c'est le cas pour celles du groupe II, mais avec beaucoup moins de constance que pour celles du groupe III. Les mala- dies du flétrissement et du pied appartenant au groupe II sont en général causées par des parasites d'occasion. Ainsi, par exemple. Hypochnus paraît surtout attaquer les par- ties souterraines des tiges en sol durci, le FiiMirium et le yerticilliimi en terrain très sablonneux (Quanjer 1916). Le Vcrticillium ne se propage pas toujours ^ar les tubercules (Pethybridge 1913 a, lOUi . La maladie de la jambe noire n'apparaît qu'à certaines années et seulement chez des va- rinfés s()éciales (en 1915 par exemple sur la variété CerésV Le Phytophthora erythroscpiica, qui produit la « pourriture rougf' ». est le seul organisme de ce groupe qui soit très pathogène: seulement, comme les tubercules infectés pour- rissent complètement, la propagation de la maladie par les fub'^rcules-mères n'est possible que quand la terre qui y adhère héberge des spores du champignon (Pethybridge 1913 b). Pour tous ces motifs, la multiplication par les tuber- cules a un caractère très inconstant dans ce groupe. C'est RECHERCHES SLR LA LEPTOXÉGROSE DE LA POMME DE TERRE ;519 seulement chez les espèces du groupe III que la reproduction a lieu d'une façon constante; elle donne l'impression d'une A^éritable hérédité. GROUPE I. — Maladies dues aux circonstances ATMOSPHÉRIQUES ET AU SOL L'impression d'ensemble que produit la visite d'une cul- ture qui souffre des circonstances atmosphériques ou de pro- priétés défavorables du sol se traduit par la constatation de plages plus ou moins étendues, d'une teinte anormale. A. — Influence de l atmosphère. — 1. Décoloration des bords ou des extrémités des feuilles, arrêt dans leur crois- sance: dans les cas graves, fïétrissement et noircissement du feuillage et même de toutes les tiges; Certaines variétés se rétablissent dans des mesures très différentes; quelques-unes développent un grand nombre de tiges courtes et frêles gar- nies de petites feuilles Gelée. B. — Influence du sol. — I. Fïétrissement des feuilles tem- poraire et léger, sans décoloration des plantes surtout au sommet ; il se révèle par un léger enroulement des limbes. Disparition de ces phénomènes lors du retour de l'humi- dité Sécheresse. -^. — Léger enroulement des feuilles, parfois accompagné de coloration jaune. Ces caractères ne disparaissent pas par temps humide. Excroissances blanches des cellules apparais- sant sous forme de verrues sur les parties souterraines des tiges et sur les tubercules. Si un excès d'humidité persiste la pourriture envahit les parties souterraines des tiges, tandis que leurs parties aériennes forment des tubercules. Ce phé- nomène a été fréquent, en automne 1914. dans les régions qui (;nt été inondées dans un but stratégique ', Trop grande humidité. 3C0 Annales ut: la science agronomique 3. — La plante prend une teinte jaune-verdàtre uniforme, à côininencer par les feuilles inférieures pour finir par celles du sommet. Puis les feuilles jaunissent et tombent prématu- rément dans le même ordre Défaut d'azote. 4. — Les feuilles montrent une couleur vert-tanné et des ondulations entre les nervures de premier ordre. La crois- FiG. 4. — Feuille d'une plante empoi- Pu;. =,. — Feuille d'une plante souffrant sonnée par le chlore. du ni:inque de potasse (d'après H^ilfartb et IVinimcr). sance des plantes gravement attaquées est arrêtée, leurs feuilles paraissent plus charnues et chétives. Ces phénomè- nes apparaissent sur les terrains (|iii ont porté de maigres cultures de seigle et d'avoine, dominant un tapis de mousse, de Rumcx acetoseUa ou de Pohjgonum persicaria. Cette affec- tion, nommée « maladie de Hooghalen » par M. Hudig, est due. selon M. Ahcrson. h V . .Empo'isonnemviil pur des nitrUes. 5. — Les lulioles, devenues jaunes, (ii't'iiii''iil la fnniK' do RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DETEP.UE .'ll'l cuillers, parfois même elles se dessèchent. Maladie beaucoup avec la kaïnite Empoisonnement par le chlore. 6. ■ — Des plages jaunes et plus tard bronzées se dessinent entre les nervures de premier ordre des feuilles. Le vert de ces nervures et de la nervure principale contraste avec les taches. Vue du haut, toute l'ondulation naturelle de la feuille a disparu, elle semble avoir été calandrée. Ce phénomène, nommé « maladie des tourbières » par M. Hudig, se montre aux endroits où l'avoine a souffert par suite d'une fumure alcaline. D'après M. Aberson, ce trouble est la' forme aiguë de V ^ Empoisonnement par des nitrites. 7, — Coloration sombre et ondulation anormale très pro- noncée des feuilles dont les bords se replient vers le bas. Plus tard, les feuilles prennent une teinte bronzée brunâtre avec des reflets métalliques caractéristiques. Ce phénomène appa- raissait autrefois sur les terrains sablonneux"_et les tour- bières; actuellement on le rencontre encore, mais rarement, dans les tourbières récemment défrichées où l'engrais p::;'.a-- sique est mal distribué Défaut de potasse. GROUPE II. — Maladies de plétrissbment Ces maladies vont de pair avec renroulement temporaire •ou permanent des folioles, dont les plus jeunes prennent la forme de navettes. Elles se manifestent souvent au pied des plantes (maladie du ipied) par une coloration brune du bois (maladie des vaisseaux ligneux), de l'écorce ou de la moelle. Elles sont pour la plupart disséminées. Leur trans- mission d'une génération à la suivante n'est pas constante, comme c'est le cas pour les maladies du groupe III; mais ■quand elle a lieu, l'attaque peut souvent et très facilement être constatée à l'intérieui^ (maladies des vaisseaux ligneux) •ou à la surface des tubercules (maladie du pied-occtts;onnée ;par le Rhizoctonia.) Les plantes malades peuvenf mourir tôt, 'dépérir ou guérir, suivant les circonstances. 6 32? Annales de la science agronomiqle A. — Maladie des vaisseaux ligneux. — 1. Enroulement temporaire ou permanent dee feuilles et apparition de grandes taches jaunâtres au sommet ou sur les bords des folioles, suivis dans les cas extrêmes du jaunissement prématuré, du flétrissemcnt et de la mort d'une partie ou de tout le feuillage. Brunissement des vaisseaux du bois-, présence d'un myce- Mum. Quand le champignon passe dans les tubercules, ceux- ji montrent à leur base, au point d'attache des stolons, une coloration br-une de l'anneau de faisceaux. Cette maladie est connue en Allemagne sous le nom de « Gefàssverpilzunzs- krankheit » ou « Gefàssmycose » (Spiechkerinann. 1900, 1914; Appel, 1915), en Amérique sous le nom de « Wilt di- sease » (Smith and Swingle 1904, Orton 1904, Jones 1912). Le Fu^arium produit une maladie analogue en Allemagne et en Autriche {Kôck und Kornauth 1910, Appel und Schlùm- berger 1911); en Hollande et dans le nord de l'Allemngne elle est diii' Mil Vi'viinUinm albo-afrum (Quanjer 1916).... Trachéomycose. 2, — D'après Spieckermann (1914), une maladie assez iden- tique à la précédente est produite par une bactérie {Bacterium sepedotiicum) qui s'infiltre dans les vaisseaux du bois , Tracheobactériose. B. — Maladies du pied. — 1. Enroulement prononcé des feuilles du sommet des plantes; dans les ras extrêmes, il est suivi du jaunissement, puis de la mort du feuillage. Brunis- sement des vaisseaux du bois: grande résistance du bois an cisaillement. Coloration noire ou noire-brunâtre et pourriture de l'écorce et de îa moelle. Les tissus on putréfaction dégagpnl une odeur désagréable. Finalement, la tige devient creuse. Parfois, foi-mat ion de tubercules aériens. Présence de bacté- ries dans les tissus bruns. Ces phénomènes ppiivont se pour- suivre dan.s ies stolons et les tubercules. Les tubercules pour- rlssorit intérieurement à la base. Le développement de la ma- ladie est favorisé pnr uno grnnde humidité {\nw Hall 190?. RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 323 Appel 1903, Pethybridge and Murphy 1911;. Maladie de la jambe noire causée par Bacillus atrosepticus, Van Hall. 2. — Beaucoup de ressemblance avec la maladie précédente, mais elle apparaît plus tard dans la saison; l'écorce et la moelle pourrissent dans une moindre mesure. Les tubercules pourrissent à la base; quand on les sectionne longitudinale- ment, on constate que le tissu attaqué est coriace, le sommet occupé par la plupart des yeux est indemne, tandis que la base est pourrie, humide. Une section fraîche passe rapide- FiG. 6. — Tubercule attaqué par le Phi'tophlbora eiylhroseplica pourri à la base et coriace presque jusqu'au sommet, où les yeux sont situés. ment du blanc sale au rouge brique, puis au rouge gris, enfui au noir Pourriture rouge et maladie du 'pied occasionnée par le Phijtophthora erythroseptica, Petii. 3. Enroulement des feuilles dans les sommets des plaiii&g, floraison précoce; développement en zigzag- des internœuds de la tige; dureté extraordinaire du bois; brunissement localisé de l'écorce des parties souterraines des tiges, des stolons et des racines, causé par l'envahissement du mycélium brun du champignon, qui rampe le long de ces organes et qui forme ses sclérotes "sur les tubercules. Formation de tuber- cules aériens. On remarque souvent VHypochnus solani sur 3'?4 Annales de la science aguonomique les tiges au-dessus du niveau du sol. Celte maladie est con- nue en Amérique sous le nom de « Rhizoclonia-lilight » ou « little potato disease » ; en Hollande on la rencontre no- tamment dans les années et sur les sols humides. (Van Luijle 1912; Wasterdijk. 1915: Ouanjor. 1010 • Maladie du pied, causée par l'ihjpochnus {Uhizoctonia) Solani, Prill et Del. GROUPE III. — Maladies pseudo-héréditaires Ces maladies apparaissent toujours sur des sujets épars dans les cultures; on ne peut déceler leur présence dans les tubercules. La deuxième génération est plus distinctement malade que la première; mais la maladie réapparaît avec les mêmes caractères dans toutes les générations, même les plus éloignées, sans causer la mort des plantes. On a l'impression d'avoir à faire à une anomalie héréditaire. 1. Chez les plantes attaquées par la maladie primaire, en- roulement et position ascendante des folioles, commen- çant dans les sommets des tiges à la fm de juillet, en aotit et en septembre. La génération issue de tubercules mala- des, donc atteinte de la maladie secondaire, présente l'en- roulement et le redressement des folioles dès le mois de juin; l'enroulement des feuilles inférieures est plus pro- noncé que celui des feuilles du sommet des plantes. Chez beaucoup de variétés, les feuilles enroulées affectent la forme de cornets; elles sont raides, droites, cassantes et luisantes. La coloration jaune franche des extrémités et des bords des folioles passe au rouge ou nu violet, puis les bords se cou- vrent parfois de taches noires. Les plantes atteintes de la ma- ladie secondaire restent naines et elles ne produisent que de petits lubercuJes. En Allemagne cette maladie est appelée « Wahre » ou « pilzfreie Blattrollkrankheit » (Spieckennan, 1909); en Amérique. « leaf-roll » (Orfow, 1914; Appel, 1915). Elle est contagif'use. Son caracière microscopique m'a décidé à l'appeler Leptonécrose. RECHERCHES SUR LA LKPTONÉGROSE DE LA POMME DE TERRE 32") S.Taches jaunes verdâtres apparaissant sur le feuillage, sur- tout au sommet des plantes; ces taches ne sont pas aussi pâles ni aussi nettement délimitées que les bigarrures de nombreuses plantes ornementales. Les bords des feuilles sont souvent ondulés. Beaucoup de variétés sont sensibles à cette maladie, entre autres l'Eigenheimer et la Bleue de Zélande, qui paraissent réfractaires à la leptonécrose. D'autres varié- tés, comme la Paul Kriiger, peuvent être attaquées par les deux maladies. Ce phénomène ne doit pas être confondu avec les dégâts des punaises qui visitent les cultures de pomme de terre dans le voisinage des bois; les feuilles piquées par ces insectes présentent de petits trous et des taches jaunes marbrées qui passent au brun Mosaïque. 3. Raccourcissement de la nervure médiane, accompagné de fortes ondulations du bord de la feuille; la nervure princi- pale se courbe souvent vers le bas. Ces phénomènes affectent surtout les parties supérieures des tiges. Les plantes attaquées ont certaines ressemblances avec les choux de Milan. Cette maladie est connue en Allemagne sous le nom de « Kraùsel- krankheit » (Appel, 1905) ou « Bukettkrankheit » (Schran- der, 1910) ; on l'appelle « Curly-dwarf disease » en Amérique et « Steckelkoppen » en Frise . . Frinire ou Rabougris sèment. CHAPITRE IV Recherches expérimentales sur la contagiosité de la leptonécrose 1. — Introduction Pour donner une idée de la confusion provoquée par la littérature de la « bladrolziekte » , j'ai emprunté ce qui suit aux publications de Appel et Schlumberger (1911) et de Him- melbaur (1912). ;v.C Annales de l\ science agronomique Certains phytopathologistes ont attribué la maladie de l'enroulement des feuilles de la pomme de terre à des cham- pignons : au Fusai'iuni ou Verticillium {Appel. Kôck, Kor- rnauth et Himmelbaur ; à une espèce de Solanella-Vaûha; h un VermicnUiria et pluâ tard à un Helminthosporium (Bohu- linsky) ; d'autres en ont trouvé la cause dans certaines bacté- ries (Stôrmer) ou dautres organismes parasites (nématode, Vàuha;. D'aucuns ont condamné ces hypothèses et prétendu que la maladie est la conséquence de circonstances extérieu- res défavorables, comme une trop forte sécheresse (Hamann, Wodarg, Goltz, Schleh), une humidité prolongée (Stôrmer, Vibrans, Sorauer), la conservation des tubercules dans un milieu trop chaud (Gausemann), le défaut de potasse (Foitik), la fumure > exclusive aux engrais potassiques (Hiltner), une fumure .insuffisante (Osterspey), une fumure excessive (Sorauer. Krûgor et Wimmer), la maturation forcée des tubercules ù planter (Hiltner, Stôrmer) ou leur incomplète maturité (Bôhmer. Gausemann). Enfin, il a été prétendu que la BlattrollkranUheit est une anomalie pathologique hérédi- taire '^Hedlund) ou « verursacht von noch unbahannlen Verànderungen der inneren Kràfle »! (Hiltner). Pour dégager de cette confusion la marche à suivre dans les recherches, il faut d'abord établir une distinction entre 1/1 maladie de l'enroulement des feuilles et d'autres affections; puis j tasser en revue les trois notions d'infection, d'hérédité et d'infinences extérieures. Ces questions, qui forment le pivot de nos recherches et la base de l'aperçu du chapitre précédent sur les maladifs de la pomme de terre, nous retiendront un moment. Los mala- dies qui se propagent, avec la semence ou les tubercules ne peuvent pas, de ce fait, s'appeler maladies hérédilairfs. Nous réservons ce terme, dans son sens strict, aux caractères quo i-^s ascendants transmettent aux descendants par la reproduc- tion. Cette transmission pst faite par l'œuf dans la multiplica- tion se-xuelle et parles tissus germinatifs des tubercules dans la reproduction asexuée. Dnns les doux cas. la notion d'héré- RECHERCHES SUR LA LEPTONÉGROSE DE LA POMME DE TERRE 327 dite ne s'applique qu'aux caractères qui appartiennent à la plante. Sous quelle forme ces caractères se transmettent-ils? On l'ignore. On suppose qu'ils sont représentés sous une forme matérielle dans les œufs et dans les tissus germinatifs. Les recherches de Mendel ont montré que les caractères se transmettent avec une certaine régularité par la multipli- cation sexuelle. Cette découverte permet de contrôler si un phénomène déterminé est vraiment héréditaire grâce à l'éta- blissement des pedigrees et à l'exécution d'expériences sys- tématiques de reproduction. Ce qui est transmis dans la plupart des maladies héréditai- res n'appartient pas aux plantes et aux animaux qui en sont victimes. Ce sont des organismes étrangers qui passent des parents aux descendants. La plupart des maladies qui atTectent les hommes, les ani- maux et les plantes et qu'on appelle héréditaires dans la vie courante, ne le sont pas dans le sens strict du mot. Elles sont provoquées par des organismes inférieurs qui peuvent, mais non forcément, se transmettre par la reproduction; de plus, ces organismes pathogènes peuvent très souvent passer des individus malades à des sujets sains appartenant à la même génération. Si on envisage la régularité avec laquelle les maladies du second groupe (par exemple, la pourriture rouge et la mala- die de la jambe noire) se transmettent par la reproduction, , on doit conclure que les maladies de la pomme de terre figu- rant au troisième groupe (maladie des stries jaunes) res- semblent beaucoup à des maladies héréditaires. Le fait qu'une certaine proportion de descendants fortement malades naissent, spontanément, de plantes qui paraissaient complète- ment saines, contribue à faire considérer le phénomène comme une variation teratologique de bourgeon. Van der Stok (1907) qui avait remarqué cette similitude dans la mala- die des stries jaunes dont l'apparition dépend plus ou moins des conditions du sol, la considère comme une variation de bourgeon et il la compare à des cas. de torsion. Hedlund ;;js . . Annales de la science agronomique (191u-ll:>13) considère de même la maladie de reiiroulemeiil des feuilles ^omme une mutation pathologique qui se mani- îeste dans des conditions déterminées, sur des variétés de pommes de terre qui y sont enclines. Parmi les opinions qui ont été émises sur ces mala/dies, celui-ci a une certaine auto- rité; en eiTet. il résulte des rg^cherches de Hug-o de Vries que la proportion des sujets monstrueux obtenus dans les différentes générations de certaines races de Dipsacées dépend des circonstanee's f'xtérit'urcs. On peut se représen- ter le facteuir héréditaire latent comme se manifestant sur ces races dès que les circonstances extérieures le per- mettent. Le phénomène se développe d'autent plus que les plantes deviennent plus fortes et plus saines. .Quoi- que séduisante, cette hypothèse appliquée aux maladies de la canne à sucre et de la pomme de terre n'est pas concor- dante avec la vérité : d'abord, on ne voit jamais chez la car- dère de transition entre les plantes normales et les plantes déformées ; la question de savoir si la plante sera normale ou déformée semble déjà être décidée alors qu'elle est encore dans un stade très jeune. Au contraire, nous avons pu obser- ver et étudier toutos les transitions possibles entre la plante saine et la plante malade dans le stade primaire de la lep- tonécrose; de plus, les plantes adultes peuvent encore être attaquées tardivement dans la saison. Ensuite, nous démontre- . rons expérimentalement, dans les pages suivantes, que la lep- tonécrose est contagieuse et qu'elle peut sr propager autre- ment que par la reproduction. Nous sommes convaincus qiriui jour cela sera également démontré pour la maladie (les stries jaunes. Pour fixer dans lillératiii'i- Ir caractère piidiciilit'i- que ces maladies |)résenteut dans la rejiroduc- tnui ••! (|ui les t'ont ressembler aux maladies héréditaires, Mdiis h'S appellerons pseudo-héréditaires. Cf li-i-inc t»st »'n connexion avec des phénomènes symbioti(|u<'s admis dans la littérature botanique (L. Plate, 1913). Ainsi les algues vertes qui -vivont dans les polypes dVnu douce et dans les Azolla (foiigi-re d'''aii . ]•■- lia<'li''i'i.^s (pii produisent de pefilos oxcrois- RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE i!.'*.» sances sur les feuilles de différentes rubiacées (von Faber, 1912), le chamjDignon qui vit dans le Lolium temulentum (Freemen, 1902) sont autant d'exemples de pseudo-hérédité, parce que ces parasites sont régulièrement transmis par leurs hôtes aux nouvelles générations. Pour être complet, nous devons envisager l'opinion des phy- anomalie héréditaire, se manifestant lorsque les circons-. tances extérieures deviennent favorables. Nous admetfrions qu'un fond de vérité pût s'abriter dans cette hypothèse si ou connaissait un certain nombre de cas évidents faisant. admet- tre l'hérédité des caractères acquis. En introduisant le terme « pseudo-héréditaire » dans la phytopathologie, nous souhaitons que l'expression « maladie physiologique » soit écartée; elle est aussi dépourvue de sens que « santé pathologique ». Les uns l'emploient pour dési- gner des maladies qui trouvent leur cause dans le sol ou le climat; d'autres tâchent de l'interpréter comme « Verschie- bung der enzymatischen Funktionen » ; d'aucuns y recou- rent pour désigner toutes les maladies dont on ignore la cause. Nous n'avons pas à développer nos griefs contre une expression aussi abusive ; cela a, du reste, été fait récemment d'une excellente façon par Ralph E. Smith (1915). Nous allons passer à l'exposé de nos propres observations ut expériences. Nous avons d'abord, par des obsea:'vations pra- tiques, cherché si cette maladie est contagieuse ou non, mais ces recherches n'ont pas abouti à un résultat certain, parce que. le plus souvent, il n'était pas possible de se procurer les renseignements nécessaires sur l'origine des plantes que l'on mettait en observation, ni sur l'état sanitaire du sol où elles croissaient. On a donc été amené à l'expérimentation à l'aida de plantes d'origine saine. La maladie ayant une longue période d'incubation, beau- coup d'expériences doivent être poursuivies pendant deux années consécutives et on se demande bien souvent si un cas déterminé de maladie est la conséquence d'une infection faite .330 Annales de la science agronomique a dessein uu l'ortuile. Auiidi un assez grand nombre de nos expériences ont échoué. La plupart des expériences que nous avons faites ont porté sur la variété « Paul Krûger », parce que la coloration rouge que prend son feuillage à la suite de l'attaque révèle de bonne heure la présence de la maladie; de plus, elle est peu sensible au Phytophthora infestans; enfin, sa période de végétation étant longue, les dernières observations sur l'attaque primaire pouvaient avoir lieu à nn^ époque où nous n'étions pas sur- chargés de besogne. Cependant, des expériences parallèles ont porté sur d'autres variétés et même sur des plantes obtenues par voie de semis. La variété Pau.l Krûger a été obtenue par semis, en 1896, par ^L Veenhuizen. Les graines provenaient de la variété Riehlers Imperator, fécondée par le pollen de la variété Wilhelm Kern. Partout où elle fut introduite, elle obtint ra- pidement le droit de cité comme pomme de terre d'industrie et d'exportation, par suite de sa vigoureuse végétation, de son rendement élevé et de sa haute teneur en fécule. Elle peut encore de nos jours soutnir la concu-rrence des autres varié- tés plus jeunes qu'elle. Hélas ! son ère de grande prospérité fut rplativement cnuirte : la leptonécrose l'attaqua dès 1904; les années 1907. 1910 et 1913 sont restées fameuses pour l'intensité avec laquelle la maladie opéra. , 2. — Dispersion de la maladie En 19 lu et pendant les années suivantes on s'aperçut que la maladie avait déjà été observée, depuis longtemps, sur la variété Paul Krûger au centre de l'ancienne « Veenkulo- nien »> 'tourbières),, tandis qu'elle s'est montrée pour la pre- mière fois cette année dans difTérents endroits en dehors du foyer indiqué ci-dessus, bien que cette variété de pomme de terre fût déjà cultivée dans ces régions dopiiis qui'hpies années. C'est ainsi qu'on ne la rencontrait pas encore en 19H, dans les cultures de Spitsbergen (commune de Sappemser) et RECHERCHES SUR LA LEPTO>ÎÉCROSE, DE LA POMME DE TERRE iJol rie Wolvega (commune de Waststellingwerf) ; elle y apparut en 1912 à l'état sporadique et elle y occasionna de grands dégâts en 1914. Il y a dans les nouvelles « Veenkolonien » éloignées des centres de culture de cette même région, des fermes où on ne la rencontre pas, sinon à l'état sporadique. Elle fut encore constatée en 1914^ dans une ferme à Gassel- tenijeveen; en 1915, la maladie avait déjà fait quelques pro- grès. Il résulte de cet exposé que la partie centrale des tour- bières était déjà complètement envahie par la maladie en 1910 et qu'elle s'est propagée petit à petit dans les régions voi- sines. ?: ■ 3. — Incertitude des résultats de la sélection Au cours des premières années que je consacrai à l'étude de la leptonécrose, j'ai recherché dans ditïérentes variétés de pommes de terre des plantes saines et des plantes malades, dont j'ai planté les tubercules l'année suivante dans un champs d'expérience où, depuis 12 ans, il n'avait pas été cultivé de pomme de terre. Au début, les tubercules sains d'origine produisaient en général des plantes saines, ce qui me fit penser qu'il était possible de prévenir la maladie par la sélection. Cette idée fut corroborée par le fait que le plan- teur Veerkamp, de Nieuw Compagnie, avait obtenu, par sélection, une lignée saine appartenant a la variété Paul Krûger. Il avait choisi, parmi 100 plantes prises arbitraire- ment et qui lui servirent de matériel de départ, celles qui étaient indemnes de toute maladie et qui présentaient les qualités requises. Il est parvenu à en garder deux d'entre elles à peu près complètement saines pendant six ans; du moins il a pu éliminer très facilement quelques branches malades. Des résultats analogues ont été publiés par von Lochov^^ (1910^) et Hedlund (1910, 1913), mais je dois ajouter que d'autres expé- riences ont infirmé ces résultats favorables : plusieurs jeunes cultivateurs qui prirent part au concours organisé par le « Veenkolonialen Boerenbond » pour l'amélioration de la ;!;;;' Annales de la science agronomiqie variété Paul Krùger constataient que les lignées sélectionnées soufl'raient de plus en plus de la maladie. Feu M. U. J. Mans- holt, agronome, a également obtenu des résultats défavorables avec la variété Modèle. Vortwijn Botjes constata le même mouvement rétrograde à Vostwald. chez la variété Daisy; il la remplaça en 1912 par la variété Paul Krùger qui, malgré la séloclion à laquelle elle fut soutnise, suivit le même sort. Ouoi(|uiiii ait organisé, dès 1913, en Frise, rinspection des cultures pour encourager la sélection des semences et des tubercules 'de bonne qualité, on n'a pas pu empêcher la dégé- nérescence graduelle de la Magnum bonu.m. D'autre part, la variété Friesche Jam souffrait tellement des ravages de la leptonécrose qu'on l'abandonna presque partout, nonobstant les efforts persistants de quelques agronomes. Les résultats fournis par mon petit champ d'essais, où il n'avait plus été cultivé de pommes de terre depuis 12 ans^ furent dabord favorables à la sélection, comme on s'en con- vaincra par la lecture du tableau suivant, mais dans cha- que géniM'ntioti postérieure la proportion des plantes saines diminua. Pourcentage des plantes saines- dans la descendance l'rovenan.e des tubercules 1908 1909 1910 Variété Zandjam : Plantes saines 89 Plantes malades Variété Bravo : Plantes saines » Plantes malades » Variété Eurêka : * Plantes saines » Plantes niala-des » Variété Paul Krûger : Plantes saines » Plantes malades » 79 ^ 25 82 31 fiO 26 80 5G RECHERCHES SUR LA LEPTONEGROSE DE LA POMME DE TERRE .).).! J'ai cru pendant longtemps que l'échec de la sélection ap- pliquée à la variété Paul Kriiger était dû au fait que, dans des conditions déterminées de sol et de climat, cette variété est encline à produire des mutations pathologiques et que nous a.vions à faire à un cas -de dégénérescence dans le sens de Hedlund. Je n'avais pas encore abandonné cette idée lors de la publication de mon premier mémoire sur la leptonécrose, qui parut pendant l'hiver de 1912-1913. On peut cependant expliquer les résultats obtenus en 1908-09-10 sur mon petit champ d'essais, par l'infection de plus en plus prononcée du sol, à mesure que l'expérience se prolongeait. Il est naturel que la sélection réussisse quand le nombre de plantes mala- des €st minime, car les chances d'infection le sont également. Elle cesse de donner de bons résultats quand les dangers d'in- fection sont plus grands, par suite de l'augmentation de la proportion des plantes malades. Pour être à même de choisir entre ces deux explications 'que nous nommerons « hypo- thèse de mutation » et « hypothèse d'infection », nous avons fait des essais systématiques depuis 1913. Les expé- riences décrites sous les numéros 4. 5. 6, 7 et 9 ont été mises sur pied par moi et poursuivies, depuis 1914, avec la collaboration de M. Van der Lek; celles du numéro 8 sont l'œuvre de M. Vortwijn Botjes. 4. — Transplantation de sujets sains d'origine au milieu de fiantes malades Des tubercules provenant de plantes de choix de M. Veer- kamp, restées saines pendant six générations dans sa ferme, ont été plantés, en 1913, dans un champ où la leptonécrose était très répandue. La maladie se montra faiblement dans le sommet des plantes pendant l'été, comme l'attestait l'examen microscopique. Cet essai montre que des plantes, dont les ascendants sont restés sains pendant six générations, sont sensibles à la maladie. Cette expérience fut refaite en 1914, avec des tubercules 3^54 Annales de la science aghunomique sains de même origine, on en planta une partie à Renlcum^ dans une pièce d* terre qui n'avait jamais porté de pomme de terre; le restant fut mis en place à Wageningen. dans le voisinage immédiat de plantes attaquées par la leptonéerose. A Renkum, les vingt plantes que comprenait l'essai restèrent saines; à Wageningen,. cinquante pour cent devinrent ma- lades. 5. — Essais de greffage L'expérience décrite sous le numéro 4 confirme l'hypothèse de la contagiosité de la maladie. Cependant, nos recherches anatomiques ne nous ont pas encore permis de nous faire une idée du. virus; d'autre part, les premiers essais d'isole- ment d'un organisme quelconque n'ont abouti à aucun résultat, comme je l'ai signalé dans mon premier mémoire en 1912-13. Dès lors, il nous semble que la méthode à suivre pour obtenir de nouvelles preuves de l'infection consisterait à greffer des fragments de plantes ou de tubercules malades sur des plantes ou des tubercules sains; de la sorte, le virus trouverait Iç.^ conditions les plus favorables pour passer dan« les plantes saines. On choisit, au début du mois de juin 1913, dans une cul- ture saine, croissant sur un sol non infecté, un certain nom- bre de jeunes plantes de pomme de terre de m. 80 <1 liau- teur, de la variété de Paul Ki'ùger (A). Les tiges, choisies comme purle-grefTes, furent étêtées horizontalement, puis fendues verticalement selon leur diamètre. Les greffons furent prélevés sur dps plantes malades, puis taillés en biseau allongé et enfin introduits h rextrémité des fentes des sujets. Les greff'ps fiimut ligaturées à l'ai-de de raphia. Lps |ilantes malades (R) qui fournirent les greffons furent égah-ment choisies avec soin et le greffage fut effectuf' avant l'appari- tion évident^ dp la maladie afin d'assurer la soudnrf. En mAme t-emps. un certain nomhro df» plantps malades fO) furent greffées de la même façon, mais avpc dps greffons pré- levés sur des plantes saines fDV, tandis qno. à litre dp con RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 335 trôle, des greffons sains furent fixés sur des porte-greffes- sains également (E). Les plantes greffées ont été placées pendant huit jours sous des cloches de verre, légèrement ombragées au début. Pendant ce temps la soudure eut lieu, de sorte 'que les gref- fons étaient redressés au moment de l'enlèvement des clo- ches. L'expérience comprenait donc cinq catégories : A) 6 plantes saines de même provenance que D. avec des greffons pris sur des plantes malades (B). B) 6 plantes malades, qui avaient fourni les greffons pour A,. furent tenues en obsevation pour contrôle, C) 6 plantes malades de même origine que celles de B, gref- fées avec des pousses saines de D. D) 6 plantes saines, qui ont fourni les greffons pour G et qui furent tenues en observation pour contrôle. E) 6 porte-greffes sains de A avec 6 greffons sains de D. Les groupes étaient écartés de 3 mètres et les plantes de chaque groupe étaient espacées de m. 50. Le greffage a porté- sur la moitié des tiges des plantes greffées. La maladie apparut dans les groupes A, B et G en juillet,, elle se montra plus nettement sur les parties déjà malades lors du greffage et elle sembla se propager dans les parti^-s saines des plantes greffées. En août, toutes les plantes, à l'ex- ception de celles des groupes D et E, présentaient des symp- tômes évidents de maladie. La maladie se propagea très dis- tinctement vers le bas dans les porte-greffes sains garnis de greffons infectés. Six semaines après le greffage, on constata que les feuilles des porte-greffes étaient d'autant moins attaquées qu'elles étaient situées plus près du pied des plantes. Les feuilles qui étaient entièrement développées à ce moment présentaient déjà les signes distinctifs de la maladie. Lei? bourgeons qui s'étaient développés entre temps aux aisselles de ces feuilles étaient aussi d'autant moins attaqués qu'ils ■ étaient plus éloignés de la greffe. L'examen ultérieur â^s Vit) Annales de la science agronomique pousses laléruli's limuli-ii ijue lu maladie s'y propageaif de bas en haut; li-s iVulllcs inlérieures de ces pousses souf- fraient plus que celles du sommet. Quand on greffe sur une partie des tiges d'u.ne plante saine des pousses de jilantes malades, on constate que la maladie passe dans les tiges après un certain temjis. 11 apparaît donc qur l;i maladie se propage régulièrement dans toutes les pousses insérées feur les tiges non greffées d'un tubercule mère, se trouvant encore en liaison organique avec les premières au moment du gref- fage. Seules les plantes de contrôle des groupes D et E res- tèrenl cfiinplètement saines pendant toute la saison. Nous avons en outr»' bouturé des pousses de plantes saines et de plantes atteintes de la maladie secondaire; nous avons choisi des jeunes pousses qui paraissaient encore saines sur des plantes attaquées de la maladie secondaire dont les feuilles de base étaient visiblement malades. Nous avons confié les boutures des deux groupes à de la terre appropriée et non infectée. Nous les avons placées sous des cloches de verre, légèrement ombragées au début; elles s'enracinèrent très bien. Malgré leur état de santé apparente lors du bouturage et leur éloignemont des tiges malades, toutes les boutures devinrent malades. Ajoutons, à titre de curiosité, que les bou- tures prélevées en plein été sur des plantes saines formèrent de petits tubercules à la même époque que les plantes mères. Il n'est pas question de considérer ces boutures comme de jeunes individus à même de se développer normalement. Au point de vue physiologique, elles ont l'âge des plantes mères et elles meurent après la migration de l'amidon de leurs feuilles comme si elles y étaient restéos attachées. La produc- tion des'TDOutures malades fut presquo nulle. Les f'xpéripncos de greffage nul élé poursuivies l'ii lOli in (Il sculr-mont avec des porto-greffes malados oi dos greffons sains de la variété Paul Knigor, mais aussi avec des plantes do la variété Blouo do Zôlande prises comme sujets et des grofTons de la variété Paul Knigor. La Hlouo de Zélando. qui est très cultivée en Hollande, était jusqu'à présent considé- RECHERCHES SUR LA LEPTONÉGROSE DE LA POMME DE TERRE .5o7 rée comme réfractaire à la maladie, aucune attaque n'ayant jamais- été constatée. Nos expériences démontrèrent qu'elle est sensible à la leptonécrose, quoique dans une plus faibl? mesure que les autres variétés. En 1915, les expériences de greffage ont été modifiées de la façon suivante : les tiges qui servirent de sujets étaient des pousses qu'on détacha de tubercules sains appartenant à la variété Paul Kriiger, et qui avaient été plantés en pots. Des pousses de ces mêmes tubercules furent plantées, séparé- ment, comme suj ets de contrôle ; tandis que d'autres pousses avaient été réservées sur les susdits tubercules. Nous avons ainsi obtenu de 10 tubercules sains, 10 pousses A, et 10 pous- ses B élevées séparément; les autres pousses sont restées atta- chées aux tubercules. Nous recommandons cette méthode de reproduction pour les expériences d'infection, parce qu'elle fournit une grande quantité de plantes comparables. Si on voulait donner plus d'extension à ces expériences, on pouvait multiplier le nombre de séries, jusqu'à concurrence du nom- bre de pousses que produisent les tubercules de la variété employée. Le greffage se fît aussi suivant un autre procédé. On prati- qua une entaille oblique et descendante au pied des ^gps A . puis^ on y glissa un greffon aminci en forme de coin à la base, provenant d'une tige malade de la même variété. Ce? expériences confirmèrent que la propagation de la maladie a lieu dans toute la plante. Les sujets chez lesquels on avait coupé les greffons au ras des tiges, une semaine après le gref- fage, se comportèrent comme ceux qui avaient gardé fout le greffon. Les 10 plantes de contrôle ne contractèrent pas la maladie. Un examen minutieux des plantes de l'expérience .montra que la maladie se manifestait d'abord dans les extrémités des plantes greffées; mais elle se propageait lentement, de telle sorte que les vieilles feuilles, qui étaient déjà complètement développées et ouvertes, s'enroulaient encore. Les phénomè- nes extérieurs marchaient de pair avec la nécrose interne. 7 338 Annales de la science aghonomique Le motif qui justifia lajjlatiuu des grelTons quelques jours après le grellage est le suivant : nous voulions nous assurer s'il n'était pas possible de produire l'infection en transfusant FiG. 7. — Plante devenue malade par suite du gretïage au pied. RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 339 de la sève ou en insérant de petits segments de tiges malades dans des plantes saines. Les expériences faites dans ce but n'ont pas encore donné un résultat probant. L'injection de sève infectée a conduit à un échec, sans doute par suite de la défectuosité de la méthode que nous avons employée, tandis que les morceaux de tige insérés dans les plantes à infecter se desséchèrent sans donner de résultat. Les fragments pour- vus d'un œil subirent le sort des autres, à l'exception d'un seul qui reprit. Le greffage de jeunes pousses entières s'est toujours fait avec succès. Enfin, nous avons greffé des pousses de pommes de terre malades sur les tiges de trois plantesr.de tomate et sur des pousses latérales de trois autres. Les tomates ne furent pas influencées par la greffe; elles restèrent aussi saines que les plantes de contrôle non greffées. Par contre, les porte-greffes ont agi favorablement sur la maladie dans les greffons. Les anciennes feuilles de ceux-ci devmrent visiblement malades après le greffage; tandis que celles qui se développèrent après la reprise restèrent saines. Quoique très réduite, cette expé- rience a fourni des indications intéressantes, concordant par- faitement avec les caractères du liber des tomates greffées. Cette espèce végétale présente des faisceaux de leptomo plus riches en tubes criblés et en cellules accompagnatrices que ceux de la pomme de terre. Ces tubes et cellules peuvent être en partie comprimés ou oblitérés sans qu'il en résulte des troubles physiologiques. Cette oblitération — phénomène qui apparaît sans suites nuisibles dans les faisceaux de lep- tome de beaucoup de plantes — n'était pas plus prononcée chez les tomates greffées que chez celles qui ne l'avaient pas été. Le liber des plantes de tomates greffées conserve une acti- vité suffisante pour assurer le transport des produits d'assi- milation des greffons de pomme de terre. Cette expérience écarte tout doute sur H'exactitude de notre thèse, à savoir que les symptômes extérieurs de la maladie dépendent de l'état des faisceaux libériens. 340 Annales uiî la science auronomioue 6. — Expériences de lnnisphuitatio)i avec dea tubercules. Les résultats du gretlage nous ont suggéré l'idée d'infecter des tubercules à laide de tubercules malades. Les expériences ont été faites de plusieurs façons, cependant, on a toujours veillé à ce que les morceaux de tubercules qui devaient j)ro- du.ire Tinfection soient dépourvus d'yeux, de telle sorte qu'en cas de soudure leurs matières nutritives (puissent être utili- sées ipar des pousses saines. On avait ainsi le maximum de chances d'obtenir un résultat positif. Nous avons découpé de petits cylindres dans des tubercules malades et nous les avons assujettis dans à^ trous correspondant à leurs dimen- sions percé dans des tubercules sains. Malheureusement, la soudure n'eut pas lieu et la maladie ne fut pas transmise aux plantes. Nous avons cependant obtenu des résultats en joignant, deux T^ar deux, au moyen de liens élastiques, des demi-tuber- cules malades débarrassés de leurs yeux à des demi-tubercuks sains. Les tubercules furent d'abord lavés minutieusement avec de l'alcool, puis badigeonnés avec une solution aqueuse de sublimé corrosif à 1/1000 et finalement rincés avec de l'al- cool, puis avec de l'eau. Ces précautions ont été prises pour que les virus ou bactéries du sol, qui existent à la sur- face des pommes de terre ne troublent pas les expériences. Las tubercules furent toujours coupés dans le sens de la lon- gueur, de façon à ce que chaque moitié soit identique à l'autre. On a autant que possible choisi des tubercules de mémo grosseur et de même forme (!<' façon à faciliter l'adaptation. Ij^s parties qui débordaient nprès la ligature furent enduites de collodion. On a ainsi lié, au printe-mps 1915, deux par deux 6 demi- lubercules sains appartenant à la variété Pautl Kriiger (A) et 6 demi-tubercules mnlades de 'la variété Magnum bonum (a). Ceux-ci provenaient d'une culture issue de tubercules mahuU's que M. Rf'ilni.iir m'avait envoyés d'Autriche en 1913. La plan- tation eut lii'u à la fin d'avril ; les tubercules composés {A-a) RECHERCHES SUR LA LEPTONÉGROSE DE LA POMME DE TERRE '.] \ 1 furent mis en place sur une rangée; on fit une seconde ligne avec les demi-tubercules sains (B) de la variété Pau'l Krûger; à une certaine distance de là, on créa une troisième ligne avec les 6 demi-tu'bercules malades de la variété Magnum bonum(b) Nous avons utilisé la Magnum bonum comme sujet d'infec- tion par suite d'une circonstance indépendante de notre volonté ; n'ayant pas suffisamment de tubercules malades de la variété Paul Krûger, nous dûmes recourir, à la Magnum bonum. Cette circonstance fortuite eut cependant l'avantage de montrer que c'est bien la même maladie qui affecte les deux variétés, bien que ses manifestations soient quelque peu '8 TTUIJOduiT UOS ^TISAB jUTOd QQ -eunOBqO Sni3p S9ÎU9J9JJTP FiG. 8. — ^ et B, les deux moitiés d'un tubercule sain de la variété " Paul Krûger ''; a et h, les deux moitiés d'un tubercule malade de la variété Magnum bonum. parce que 3es expérimentateurs autrichiens qui attaquèrent mon premier mémoire prétendirent notamment que je devais comprendre autre chose qu'eux sous le terme « Blattroll- krankheit » ; je reviendrai d'ailleurs sur cette question au chapitre IX. Les demi-tubercules A des" groupes A-a donnèrent des pousses à la fin de mai; nous nous sommes assuré que ces pousses ne .provenaient pas des demi-tubercules malades, en recherchant prudemment leur origine. En outre, il a été éta- bli par des recherches anatomiques qu'il y avait eu soudure entre les anneaux libériens des demi-tubercules unis. A la mi-juillet, il était évident que les plantes issues des demi-tubercules b de la variété Magnum bonum montraient 342 Annales de la science agronomique des signes évidents et précoces de maladie. Les plantes issues des tubercules composés avaient contracté la maladie; celles appartenant à la variété Paul Kriiger prirent l'aspect de In maladie secondaire. Bien qu'il y eût une certaine différence t'iitre les caractères extérieurs de la maladie chez les deux variétés Magnum bonum et Paul Kriiger. k^s plantes des demi- tubercules A de cette dernière variété devinrent malades et présentèrent leurs symptômes particuliers; tandis que celles des demi-tubercules B restèrent saines jusqu'à la fin de la saison. Le fait que les tubercules malades communiquent la maladi»^ aux tubercules sains est une nouvelle preuve très convain- cante du caractère infectieux de la leptonécrose. 7. — Possibilité de l'infection par le sol. 11 ne nous a été possible de faire des expériences sur l'influeiice du sol infecté qu'après iplusieurs années d'étude de la maladie; car c'est la culture préalable pendant quel- ques années 'de pommes de terre malades sur diverses parcelles d'un même champ, qui nous a permis d'arrêter le choix des parcelles d^xpérience. Nous avions, en 1915, nii certain nombre de planches de 1 m, 50 de largeur qui réunis- saient les conditions requises pour ce genre de recherches. Ces planches ne se touchaient pas, ce qui supprimait les dangers du mélange des terres 'de deux planches voisines. Un de nos essais fut établi sur un terrain sablonneux riche en Inimus. qui avait été occupé, de 189G à 1900, par u.ne collec- liori de plantes sauvages. Une des planches de la série n'avait pas porté de pomme de terre depuis 20 ans au moins; les deuxièini' et troisième planches avaient été occuipées en 1909, 1911 et 1912 par des plantes de pommes de terre malades et saines- en mélange; sur inie (|ualriènie planche il avait été cultivé. p((in' la pri'iiiière fois en 1914, des })lantes malades, sauf à re.xtrémilé sud qui avait |ini'té. ectte année, des Bleues de Zélande restées saines. RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE M'.] Afin d'avoir un matériel 'd'expérience absolu.ment uni- forme, on a choisi 20 tubercules d'origine saine appartenant à la variété Paul Kriiger. Chaque tubercule a été divisé en quatre parties, de telle sorte que chaque quartier présentât le même nombre d'yeux : Un quartier a fut planté dans un sol qui n'avait pas porté de pomme de terre depuis 20 ans; Un quartier b, planté dans un sol dont le virus, s'il existait, avait été pr-ivé de plantes depuis 2 ans; il aurait donc pu dis- paraître ou s'affaiblir; Un quartier c, planté dans les mêmes condition que b ; Un quartier d, planté dans un sol qui avait porté des plantes malades l'année précédente. Chaque (planche ne reçut qu.'une seule 'ligne de plantes et on veilla à ce qu'il n'y eût pas de plantes de pommes de terre à moins de 2 m. de distance des lignes. Presque tous les quar- tiers donnèrent des plantes. Les 20 plantes qui levèrent sur la planche a restèrent saines: toutefois, nous remarquâmes, en septembre, que les quatre plantes, situées à l'extrémité de la planche et avoisinant un sol infecté, présentaient faiblement dans leurs sommets les symptômes de la maladie primaire. Nous attribuons ces cas de maladie au fait qu.e de 'la terre infectée a été projetée acci- dentellement sur la planche lors des façons culturales. Les 19 plantes venues sur la planche b montrèrent les symp- tômes de la maladie primaire dans le courant des mois de juillet et d'août. A 'l'exception de 2, les 18 plantes de la planche c furent atta- quées par la maladie primaire dans le courant des mois de juillet et d'août. Le sol de cette planche était donc moins régulièrement infecté que celui de la planche b; j'en trouve la cause dans le fait qu'on y a planté moins de tubercules malades pendant les années qui ont précédé celle de l'ex- périence. .!'r» Annales di: i,\ science agudnu.mique Les 18 plantes do la planche d devinrent plus tôt et plus fortement malades que celles des planches b et c. Elles étaient visiblement plus petites en août qu'en juillet: elles semblaient o o -a •n -1» M C ^A > a o « ta — :. V .i: ^3 Er ■n o H c c « r E = • - 'J 1/1 se rapetisser sous ^in^u^'ne•' di' la maladie. Nous n'avons jamais çonstatn aussi claireujent qu'ici liidluence de l'iu- foction. RECHERCHES SUR LA LEPTONÉGROSE DE LA POMME DE TERRE 34.V Les cinq plantes qui occupaient la partie sud de la planche ne devinrent malades qu'en août et encore faiblement. Leur emplacement avait porté, en 1914, des '< Bleues de Zélande » qui n'avaient pas eu à souffrir do la maladie. Il résulte de cette expérience : 1° que l'infection peut très bien provenir du sol; 2° qu'elle ne disparait pas après deux années; 3° que le « virus » n'est pas présent partout dans ia terre. Une deuxième expérience a été établie sur un terrain sablonneux, riche en humus où des arbustes avaient été main- tenus pendant les cinq années précédentes et où la maladie avait très probablement sévi antérieurement. Le sol n'avait presqu<8 ipas été travaillé pendant ces cinq années : par- les plantes furent attaquées .par la maladie primaire, ce qui nous permet de déclarer que l'infection n'est pas éteint'^ après cinq ans dans ce type de sol. Il nous semble — mais nous n'en sommes pas absolument certain — que la vitalité du « virus » ne dépasse guère cinq ans, et qu'elle peut être réduite par le travail du sol. Notre opinion est basée sur les observations suivantes : une parcelle de terrain sablon- neux humifère, dépendant de la ferme de M. Oostwijn Botjes, avait été plantée, en 1908, avec des tubercules, dont 10 0/0 étaient atteints de la maladie secondaire. On n'observa pas d'infection sur cette parceMe en 1913. Une autre planche infec- tée en 1910, donna également des plantes saines en 1915. Au contraire, des iplantes cultivées \ Wageningen sur un terrain argileux, lourd, qui avait été affecté à la culture d'autres espèces pendant cinq ans, montrèrent des symptômes évidents, quoique faibles, de la maladie primaire en 1915. Nous nous proposons de rechercher quelle est l'influence de la nature et du travail du sol sur la durée du virus, dans un terrain qui ne porte pas de .pommes de terre. Le fait que la maladie est accentuée là où le sol est tassé, comme aux extrémités des champs et en bordure des fossés, laisse sup- poser qu'il est possible d'obtenir des résultats pour l'ameu- blissement. Il y a également lieu de déterminer jusqu'à quel .■'•4'j Annales de la science agronomique point la culture de variétés consirérées comme réfracta ii'os à la maladie, la culture d'autres plantes ou la présner dr )nauvaises herbes peiivont assurer la conservation du virus. 8. — Influence des phniU'.s nudades sur les plantes suDies voisines. Le matériel primitif employé pour rechercher l'influence des plantes Tiialades sur les plantes saines voisines provenait d'une culture de Paul Ivriiger, située à Oostwald; elle comp- tait très peu de plantes malades. On choisit dans cette culture, à l'automne 1912, dix plantes apparemment saines. Désignons-les par les dix premières let- tres de l'alphabet. Leurs tubercules furent plantés séparément au printemps 1913. La rapidité de la propagation de la mala- die dans d'autres cultures ayant fait présumer que l'infection pouvait jouer un rôle, les groupes de plantes furent isolés par (les ligues de « Bleues de Zélande », variété réfractaire à la maladie (Fig. 10 à gauche désignée en pointiWé). Les plantes issues des tubercules A, B, D, E, F et J restèi-ciit apparemment saines pendant toute l'année; la production do C devint partiellement malade, tandis que celles de G, H et I étaient complètement infectées, à l'exception des plantes Ao J" qui paraissaient saines. Il se présenta un phénomène remarquable : la plupart des descendants des plantes apparemment saines présentèrent les symptômes de la maladie secondaire. Le virus existait donc l'année précédente chez les plantes mères, sans «pi'elles ai'iil eu à en souffrir. Les tuljcrcules récoltés sur les parcelles A à J furent plan- tés séparément Tannée suivante; ils donnèrent des résultats très intéressants : les descendants des plantes des parcelles ('. n. TT et I devinrent tous malades. Tlhez ceux de B et de D un compta 8 0/0 de sujets malades; tandis que les produits de F et de J n'étaient pas non plus indemnes. Si'nlrs les parcelles A et K ne produisirent que des plantes saines qui le restèrent RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE Ml pendant toute l'année. Il résulte du plan de l'expérience do 1913, reproduit sur la partie gauche de la figure 10, que les parcelles A et E étaient précisément les plus éloignées des plantes malades. Tandis que B, D, E et J n'étaient isolées que par une ligne 'de « Bleues de Zélande ^), A et E étaient entou- rées de parcelles saines et les plantes malades les plus proches jf 'ooooooooo . ■■ ■; ooooooooo C O O O O O ; . . ô ; • O O O O O O G O G <■> <■ O OOO OO OOC ■"! c i O • • • O • • O o ■';: ■■;:■ o O • • • O • • o ■;■ ^•••••oo« :.■ J) '"/OOOOOOOOO . ■■ iv. o o o o o o o o o .;■ ■■■■ OO OO O OO ■. .■•■ £ o G o o O o o o o O ■> ■;. ooooooooo;; c o o o o o o ■;■ .; ..;■ o f ■::.■ © ® ® ® ® ® ® ® ® ■;;; ','; ® ® @ ® .■ c ■;; :;■■ •;;■ :'• 9 • o o r c o ;;; o c;-' • o •••••• • o ('.'•••••••• o ^/ •;"; ® ® ® ® ® ® ® È ® o CV ® © @ ® ® ® ® @ ® i;. * O ® 8 ® © ..-O i'/ C O O O o •'."• ;■;■ ••;.■ o o o o o o /700000000000000 000000000000000 000 o o/Jo o o 000 0000000000 OOy^O 0000 0000000000 O 0000000000000 O oo^^ooooo 000000 00000000000000 OOOOyÇOOOOOOOOOO •00000000000 00 /^oooooooooooooo 0/^0000000000000 000000000000000 00000000 o/}o 0000 000000000000000 y5 0000000000000 oooooooooocoooo /r«o •ooo«oo««oooo ooo«»oooo o/^o 000 oooooo»oooooooo • 0/^« «000 •o»ooo • o • o o o o 0/^0 00000 00 00000000»000 ooooooooo /y/y FiG. 10. — Disposition du champ d'expérience en 1913-191ZI t/ooooooooooosoo 00000000000000 000000000000000 000 0^3 0000000000 0*0000000000000 • o«ooooooo« ojj o o ooooo»oooooooo ooo»ooooooo«o«o o o o • o oj^ 00000000 0000«00»000»»00 000000000»0000« o o ojj 00000000000 000000*00000000 ^^^•ooooooooooo»» 0000000000000 Ojf 000000000000000 000000000000000 0000000 Oj^o 00000 000000000000000 0000000000*0000 000000000000000 oj^fO 000000000000 000000000000000 000000000000000 000 o^^o ooooooooo 000000000000000 o o 0J//0 0000000000 00000 OJ^2* 0000000 00*0000000000*0 ^o 0000000000000 ooooooooo o^^o 000 00000000000*000 0000000 o^^o 00000 ooooooooooooooo © • ©c/((0 0000000000 0000000000 o^^o c o ooooooooooooooo 00000000 o^^o 0000 0000000000 OJ^fO o o ooooooooooooooo o ct/p 00000000000 00000 0^0 • o o o o o o ooooooooooooooo- se trouvaient à 2 m. 5 ou 3 m. de là. Il n'a été reproduit que les parcelles F et J 'du plan de l'expérience de 1914 : leur examen montre que ce sont les tubercules des lignes qui étaient les plus rapprochées des plantes atteintes qui donnèrent, l'année suivante, le plus de sujets attaqués. Ainsi presque tous les sujets malades de la parcelle F descendaient des plantes F 10, 11, 12 et 13 qui étaient précisément les plus rapprochées Qv. la parcelle malade G (figure 10, au milieu). De même, la "lis ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE plupart des plantes infectées relevées dans la parcelle Y prove- naient des tubercules fournis par la ligne voisine de la parcelle malade I (figure 10, à droite). Néanmoins, on constata deux- cas de maladie dans la production de J 21, bien que cett'^ parcelle fût écartée de 2 m .fl'une plante atteinte. L'influence qu'une plante ma'lade peut exercer sur une plante saine voisine est déjà mise en évidence par les résul- ' tats de cette première culture; cependant, elle apparut plus clairement encore la deuxième année. Les tubercules de la plante saine J 22 furent plantés en 1914 do la façon sui- vante : une partie sur une petite parcelle isolée, le restant entre deux lignes de pommes de terre issues d'une plante malade qui ne produisait que des descendants contaminés. Tous les descendants de J22 produisirent des plantes sai- nes; de sorte que la seule difïérence qu'il y avait entre les parcelles J22' à J22' et J22" à J22'' inclus résidait dans leur position par ra]iport aux sujets atteints. Les pre- mières se trouvaient entire deux lignes de plantes atl«-. quées, les dernières à côté de j)lantes saines. Cependant, il y • avait à une distance de 2 mètres de ces dernières parcelles une planche qui comprenait quelques exemplaires malades. Ou piil remarquer à l'arrière-saison que parmi les 7 jdan- tes situées entre les deux lignes malades, 3 présentaient les premiers symptômes de la maladie. On ne constata rien d'anormal chez les autres, mais il iTm fut j)as de même de la génération suivante, celle de 1015. Comme l'indiquent les deux pcfils jtlans de rexpérienec de 1015, reproduit sur la figure 11, 'les descendants des 7 plan- tes situées entre des sujets maJkdes furent fort éprouvés par la maladie secondaire : 191 plantes atteintes sur 209; tandis que les tubercules des plantes sœurs, situées à côté de sujels sains, ne fournirent que (i plnntes malades sur 210. 11 est pr()babl^^ mais non certain. il y aurait eu plus d'uniformité dans l'apparition de la maladie secon- daire. Nous avons fait fabriquer six boîtes en zinc et en verre, dans chacune desquelles nous avons planté, à m. 50 d'écar- temenl. un tubercule malade et un tubercule sain. Deux de ces boîtes étaient ponrvues de cloisons en zinc destinées à cnipécher le contact des racines de la plante saine et di^ la jjlante maladt\ Viv^ paroi en verre avait, en outre, été placée au-dessus dui sol pour isoler les parties aériennes des deux sujets. Deux autres boîtes furent construites de telle sorte que seul le contact des parties aériennes fût possible. Kufin. les deux caisses restantes ne .permettaient (pic le contact des ra- cines des plantes. 'Nons avons planté en 1910 les produits des six plantes apparemment saines en 1915. dont deux avaient été protégées contre la contamination par le sol et par l'aii'; deux anli'cs ii\ai''iit seulement élé garanties de riiifeclion soulei'raini'. tandis (jue les df^rnières n'étaient jirotégées qu'au- dessui: dn sdl. Le résull.il fui rrappaid; Imis les descendants des ([uali'e premières plantes étaient malades. Tiette expé- rience iniontre donc clairement que la maladie ne se propage pas par l'atmosphère. l'ne anfi-e ex|)éi'it'iiee a ('■té faite (>n HM.") dans une culture issue (je hibcrciilrs malades : on creusa uni' rigole entre fies jilanles malades, dans la(|ni'lN' i.n jilnca des |>ots garnis dfî plantes saines, que l'on ent<)ura de laine de iinis de façon !^ les garantir de rinr.-cliMn par le sol. Malgré (|ue leur feuillage RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE .').") 1 eût été en contact avec celui des plantes malades voisines ces plantes donnèrent des descendants sains en 1916. Jusqu'à quel point le contact des racines contribue-t-il à la transmission de la maladie? Nous l'ignorons. Nous ne savons pas non plus si des plantes saines peuvent être infec- tées directement par des plantes malades situées à 1 ou 2 mè- tres de distance, ou si la maladie passe d'abord dans les plantes iles plus rapprochées du foyer d'infection, lesquelles seraient des sources de contamination pour les suivantes. Nous nous demandons si les crevasses du sol, les taupes, les souris, les vers, les larves ou d'autres organismes qui vivent dans la terre peuvent contribuer à l'infection? Le travail du sol, la présence de feuilles mortes, etc., jouent-ils un rôle? Ce sont llià autant de questions à résoudre. 9. — Possibilité de la transmission de la maladie par la semence. Nous avons comparé les tubercules obtenus par le croise- ment de plantes malades avec ceux fournis par le croisement de plantes saines. Tous les tubercules ont été confiés à un sol stérilisé, puis transplantés, après la levée, sur la parcelle de terrain argileux dont il est question au paragraphe 7 du présent chapitre et où de légères traces de l'infection par le sol se manifestèrent p'ins tard. C'est ce qui a été mis en évi- dence par la plantation de tubercules issus de plantes saines : les plantes qui en provinrent présentèrent des indices dî^ maladie. Le fait que l'état sanitaire du sol était douteux a rendu le jugement des plantes de semis très délicat, d'autant plus que chacune d'elles représentait un type différent. D'au- tre part, il nous manquait le temps nécessaire pour relever les caractères microscopiques du millier de sujets que comp- tait cette expérience. Ces diverses raisons nous ont déter- miné à ne consigner ici qu'une impression d'ensemble sur les résultas de l'essai. Il nous sembla qu'il y eut plus de plantes attaquées parmi les semis issus de parents infectés !.VJ ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE que parmi ceux qui proveiiaieut de sujets sains. Il était néaii- •uoins nécessaire de répéter cette expérience en 1916 sur un soi absolument indemne des germes de la maladie : des grai- nes recueillies en 1014 sur des sujets malades, gardées cm 1015 et semées en lOKi ne donnèrent pas de plantes malades; on iren découvrit pas non plus parmi les descendants des plantes saines. Pour plus de sûreté, nous répéterons cette expérience en 1017. En tous cas, l'infection par la semence ne semble pas jouer un rôle important dans la transmission de la leptoné- les résultats de l'essai. Il nous sembla qu'il y eut plus de i't^ux fournis par l'expérimentation sur la mosaïque du tabac; Allaid a montré que cette maladie n'est pas non 'plus trans- niissibli' par la semence. Nous établirons d'autres analogies entre ces deux affections au dernier cbapitre. Nous reviendrons d'ailleurs sur ces -résultats provisoires, dans le Chapitre VIII où nous discuterons la théorie de la sénilité. CHAPITRE V Conclusions relatives a la cause de la maladie J'avais déjà expliqué dans mon premier mémoire sûr ia leptonécrose que les symptômes extérieurs de la maladie dépendent des phénomènes internes de la })lante. Les expé- riences de grelïage décrites au Chapitre IV § 5 ont établi ia preuve de cette corrélation. Recherchons maintenant quelle est la cause de la l('])tonécrose? La preuve de la nature infec- tieuse de la maladie ayant été laite, nous désignerons provi- soirement sa cause parle terme « virus ». Nous avons à voir la nature de ce virus, son mode de pénétration et de propa- îrntion, son origine, ses effets nuisibles, etc. RECHERCHES SUR LA LEPTONÉGROSE DE LA POMME DE TERRE oôO 1. — Nature du virus. — Il est possible que ce soit une Lactérie invisible que l'on n'est pas parvenu à isoler par les méthodes appliquées aux bactéries aérobies. Les tubes cri- ilés et les cellules accompagnatrices étant riches en albu- mine et ayant une réaction a'icaline, con&tituent un mi- lieu nutritif 'plus favorable aux bactéries que les autres iissus de la plante, dont la réaction est le plus souvent acide. Bien qu'on n'ait jamais découvert de bactéries anaéro- bies parasites des végétaux, il est possible que nous nous trouvions en présence d'un cas particulier. Le fait que le virus se conserve très longtemps dans le sol sous sa forme infectieuse permet de le comparer à quelques bactéries an- aérobies pathogènes de l'homme et des animaux, comme par -exemple le bacille du tétanos qui se conserve dans le sol sous forme de spores. Rappelons, en outre, que les faisceaux libé- riens renferment très peu d'air, les espaces intercellulaires dans lesquels il circule, faisant totalement défaut dans ce tissu. Une deuxième hypothèse admet que la maladie est causée par un « contagium vivum fluidum » comme l'admet Beye- rinck pour la cause de la mosaïque du tabac (1898-1899). Beyerinck a fondé son hypothèse : sur l'impossibilité qu'il y a d'isoler et de cultiver le virus, sur son passage à travers les bougies Ghamberland et sur sa diffusion à tra- ,vers l'agar agar sans perdre sa virulence. Notre ipremière ten- tative d'infection des plantes saines par l'injection de sève contaminée n'a pas donné de résultat positif; le même essai fut fait d'ailleurs sans plus de succès, avec de la sève filtré/^ Il est possible que ces échecs soient dus "à l'imperfection de la méthode employée, et que le virus de la leptonécrose soit fil- trable : la .façon dont il circule avec la sève ascendante et manifeste son action dès son arrivée dans le liber. nous fait supposer qu"il duffuse facilement. En outre, il existe différents virus filtrables dont l'action ne se révèle qu'après une longue période d'incubation; iil's peuvent con- server leur virulence en dehors de l'hôte et résister à la dessi- ;!5i ANNALES DK l.\ SCIENCE AGRONOMIOL K cation et à de graiid^^s variations de température. Cependant, ils sont ;mi prt'néral tt-èé sensibles à la lumière (Lipschûlz, 1913), de sorte (|ue U' travail prol'ond et souvent répété du sol pourrait donner certains résultats. La preuve que le virus de la leptonécrose est flltrable ne nous procurerai l pas encore !a clé de la solution à la question complexe (jui se pose -. Avons-nous alfaire à un organisme ultra-microscopique ou à un « conlagium vivuin lluiduiu » ? - Une troisième hypothèse tend à faire admettre que le virus est formé d'organismes étrangers aux bactéries. Il n'est pas impossible que la le.ptonécrose soit due à de très petits pro- tozoaires ou à d'autres organismes analogues encore in- connus. D'après une quatrième hypothèse notre virus serait un Itroduil de métabolie ou. si Ton veut, une enzyme de la plante. \\'(»ods (1899) considère le virus de la mosaïque comme une enzyme, Hunger (1905) coninn' nu pi-inluit de métabolie. Si cette hypothèse était exacte en (••■ qui cdurcrn"' la maladie de l'enroulement, on ne s'expliijuci-ait p.is p(»ui'(|uni la variété Paul Krûgr était encore saine dans les fermes des nouvelles Veenkoloniën. alors que sa culture devait être abandonnée, par suite de la maladie dans les vieilles Veenkolnniëii. Le fait que cetti' \ariété de'pomme de terre n'a pas également souiferl h un moment donné dans les nouvelles et dans les vieilles Veenkoloniën, dont le .-ol et le c-limat sont iinifornies, tend à prouver (pu' le sii ii> ne doit pas être considéré conmie un j.roduit de ne-jaliolie. nuiis bien comme un « contagium vivum » étranger à la plante. l\ — Oii{/i))C fhi virils. — Les renseignenii'uts fournis par la littérature, même la plus ancienne, et ipie nous avons ras- semblés dans le P.hapitre ^■TTT. f(ud supposer (pie le virus sévissait déjà au 18" siècle dau:^ les cultures de ponunes de terre. TI a été dispersé par les tubercules au fur e| à mesure de l'extensicMi de la culture de celte plante. 11 n'existe pas RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 355 encore dans les terrains récem^^ient défrichés de notre pays. 11 est très possible qu'il soit originaire de la patrie de laipom- me de terre. 3. — Cnrmment le virus pénètre-t-il (Mns la plante? — Il résulte du. chapitre précédent que l'infection primaire provient vraisemblablement du sol et que le virus pénètre par les racines. _ - 4. — Comment se propage-t-iil dkjms lu plante? — Le virus monte dans la iplante par les vaisseaux du bois et il arrive finalement dans le liber en passant par les feuilles; il em- prunte probablement la voie suivie par les matières albu- minoïdes. Il se rend avec les albumines dans les organes qui sont te siège d'uii^ grande activité et notamment dans ie voisinage dai cône végétatif et dans tes tubercules en forma- tion. Les tubes criblés réagissent sur le virus ters du trans- port de la sève descendante, c'^st-à-dire quand ils déploient une grande activité et entrent plus largement en contact avec lui. A partir de la levée des tubercules issus de plantes atta- quées par la maladie primaire te virus ne doit plus passer par le bois et les feuilles pour atteindre le liber; il y arrive directement en cheminant avec les matières albuminoïdes qui sont transportées des tubercules vers les extrémités des pousses. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que son action se manifeste plus vite. Il déploie cette activité quand les pre- mières feuilles sont Siuffisamment développées pour augmen- ter notablement la quantité de sève descendante. Le ratatine- ment précoce des éléments conducteurs des plantes atteintes de lia maladie secondaire entrave le transport des matières albuminoïdes vers les extrémités des pousses; c'est ce qui explique leur faible développement. Mais, la circulation du virus est aussi annihilée, de sorte que les sommets des pousses sont moins affectés que les vieilles feuilles. C'est juste l'in- verse de ce qui se passe chez les plantes attaquées par in maladie primaire. 336 ANNALES Di: I.A SCIENCE AGRONOMIQUE 5. — Daus quelle circonstance le vims exerce-t-U son action nocive? — Il a déjà été dit que le virus n'attaque le liber que durant la période de circulation active de la sève. Cette obser- vation fut faite lors de l'étude des premiers symptômes de la maladie primaire; elle a été confirmée par l'expérience sui- vante : En 1913, un certain nombre de tubercules malades furent plantés sous des cloches opaques de m. 90 de hauteur. Les plantes se développèrent avec les caractères habituels de l'étiolement. Les tiges frêles et pâles portant des feuilles sai- nes, atteignirent bientôt le sommet des cloches. Ces plantes anormales ne montraient aucun symptôme externe ni interne de maladie. Pour prévenir leur mort, on retira les cloches au début de juin, c'est-à-dire sept semaines après la plantation: les tiges se renversèrent puis elles verdirent de même que leurs t'euilles; leurs extrémités se redressèrent et continuèrrul à firrandir. Des iplantes de contrôle atteintes de la maladie secon- daire avaient été cultivées dans des conditions normales; elles présentèrent les premiers symptômes de la maladie quand elles atteignirent 20 à 30 cm. de hauteur, comme c'est habi- tuellement le cas. Les mêmes symptômes apparurent beau- coup plus tard chez les plantes nées sous les cloches opaques. Elles ne devinrent malades que lorsque leur aspect extérieur fut devenu normal et que les extrémité vertes des pousses eurent atteint le même développement que les plantes d(^ ron- Irôlo nu momont nù l'ntlaqne nppnrut cxlérii'urr'nioiil. G. — Comment le virus quittv-t-H ht plante? — Les éléments conducteurs du liber n'aboutissant nulle })art à la surface do la plante, il est nécessaire que le virus traverse l'écorce saine ou blessée à la façon d'une substance diffusible pour quitter la planti'. A la mi-juillft de l'année 1915, on transplanta dans .in terrain éloigné et non infecté uno 'plante saine (|ui avait ^•rû au milieu de plantes malades, sur un sol sain. Elle resta saine juscju'à la nii-adùl. puis elle présenta des symptômes évidents de maladie. Elle avnil éti' infectée par ses voisines avant la mi-juillel: le virus était donc sorti des plantes ma- RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 357 lades voisines avant cette date. Il est peu probable qu'on eût réussi à protéger les plantes saines en éloignant très tôt celles qui étaient attaquées par la maladie secondaire. 7. — Cause de la différence de réceptivité des diverses variétés de pommes de terre. — J'ai souvent constaté une grande différence de sensibilité d'une variété à l'autre : cer- taines variétés Paul 'Kriiger et Magnum bonum par exemple manifestent les symptômes extérieurs d'une forte attaque, a'ors que d'autres paraissent encore indemnes. Les causes anatomiques et physiologiques de la plus ou moins grande sensibilité i la maladie sont encore complètement inconnues. Nous devons donc provisoirement nous limiter à l'emploi des méthodes empiriques pour contrôler si les variétés qui n(^ souffrent pas de la maladie dans la pratique y sont réellement insensjblps. Gela est douteux : ainsi, j'ai rencontré et multi- plié des cas de maladie chez la Roode Staar, qui fut la variété la plus appréciée dans les cultures d'essais, pendant ces der- iiières années et j'ai aussi réussi à transmettre la maladie, par le greffage, à la variété Bleue de Zélande, considérée oomme réfractaire. Certaines données font supposer que la plupart des variétés sensibles appartiennent à une même race. C'est notamment le cas pour les variétés Landskroon et Paul Kriiger qui résul- tent Tune et l'autre du croisement des variétés Richters Impe- rator et Wilhelm Korn. {A suivre.) REVUE AGRONOMIQUE CHIMIE ANALYTIQUE — FALSIFICATIONS E. CoLLiN. — Le son de blé. — Ses succédanés et ses falsifica- tions. (Ann. des Falsif. et des Fraudes, t. X, p. 539, 1917.) L'auteur publie une longue étude sur le son et ses falsifica- tions. Il rappelle d'abord l'anatomie du grain de blé et les carac- tères microscopiques du son pur; plusieurs planches de dessins reproduisent ces caractères microscopiques. En ce qui concerne les gros sons, un examen à l'œil nu suffit le plus souvent pour en apprécier la pureté. Pour les petits sons et les sons de mé- lange, l'examen microscopique est indispensable. L'auteur décrit les altérations du son et étudie les substances employées pour le falsifier : balles de céréales, son de riz, drèche de manioc, péricarpe de sarrasin, farine et coques d'arachides, poudre de corozo, sciure de bois, matières minérales^ L'auteur termine sa note par quelques mots relatifs à la falsi- fication des provendes, dans lesquelles l'auteur a récemment rencontré du tourteau de ricin, résidu toxique pour certains ani- maux. P. N. ^ ^ , , , ^ ^ ,r^ AZOTE TOTAL EuG. RoussEAux et M. Sirot. — Le Rapport dans .\ZOTE SOLUBLE LES FARINES. {Ànn. des Falsif. et des Fraudes, t. X, p. 554, déc. 1917.) Rousseaux et Sirot. — Les Matières azotées solubles comme INDICE DE LA VALEUR BOULANGÈRE DES FARINES. (C. R. Ac Sc, t. CLXVI, p. 190, janv. 1918.) Les auteurs, continuant l'étude publiée en 1913, observent que l'existence d'un certain taux d'azote soluble dans les farines correspond d'ordinaire à une bonne absorption de l'eau et à une bonne plasticité de la pâte. La proportion la plus favorable est 16 à 17 0/0 de l'azote total. Si elle s'abaisse ou s'élève trop, la farine relâche et devient de mauvaise qualité boulangère. Si l'azote total s'élève beaucoup la farine se travaille très diffici- lement. Dans les farines à taux d'extraction supérieur à 70 0/0, la pro- ;{60 Revue Aoronomique portion d'azote soliible décroît lorsque le taux d'extraction aufr- niente. Voici le taux d'azote soluble pour 100 d'azote total dans diver- ses farinas : Farine de S(»ns 14,7 0/0 Farines américaines riches en jjluten.. 12,5 à 12,8 0/0 Farines anormales 20 à 22 0/0 Farine de maïs 18,1 à 18,5 0/0 Farine de seigle 22,2 à 22,7 0/0 Mélange de seigle et blé se j)aniliant bien 17,7 0/0 Farine de fève, d'orge 12,1 0/0 Farine de riz 4,2 à 4,:i 0/0 l/eau de chaux Sdlubiliso la matière azotée et agit en rajtjiro- chant de la n(»rmale Ja projtortion des matières azotées solubles dans les farines à taux d'extraction élevé. P. N. Marcel Deli':pine et Gaston de Belsinge. — Sur l'essence de CRISTE-MARINE DE DIVERSES RÉ(ilONS DE LA FrANC-E. {Bullclili Société Chimique, t. XXI 11, p. 24, janv. 1918.) Les essences de criste-marine diffèrent entre elles suivant les régions de France (Charente, Bretagne, Provence); le climat semble l'emporter sur la nature du sol. P. X. Adolphe Garnot. — Nouveaux procédés de dosace du cuivre, du zinc, dl' cadmium, du nickel et du cobalt. (c. r. ac. s(\, t. CLXVI, p. 245, févr. 1018.) L'auteur emploie d'abord le carbonate de sodium à froid, en très léger excès, puis l'ammoniaque en petit excès, et il chaulfe à l'ébulliliou de manière à obtenir la précipitation totale. P. N. AuoLi'UE Garnot. — Séparations nouvelles entre les cinq mé- taux DU GROUPE SOLUBLE DANS l'aMMONI.\QUE. (C. /?• Ac. Sc, t. CLXVI, p. 320, févr. 1018.) Comme suite à une précédente communication, l'auteur étudie la séparation du cuivre, du zinc, du cadmium, du nickel et du collait,' ])récipités ensemble par la mélhotle cariiMuatc de Sdude et ammoniaque. P. \. L. SE.Mi(:u(t,\. — ]>:s Vins dk l'Aude et des Pyrknées-(1rikntai.ks DE LA RÉCOLTE 1010. {Aiiii. tIcs Fiilsif. ri (1rs {'"raudrs, l. XI, p. 31, févr. 1018.) F/autcnr |tiililic une cinquantaine d'analyses de vins réquisi- tionnés, donnant ainsi la constilulinn chimicpie des vins de ces Revue Agronomique 361 deux départements avec des garanties d'origine. Les vins de 1916 sont de qualité supérieure. Degré alcoolique élevé (9° a 10° dans les plaines; 10" à ir5 sur les coteaux). Légère faiblesse de l'extrait sec et légère élévation des acides fixes pour les vins de coteaux. Les vins de plaine ont au contraire pris les carac- tères des vins de coteaux. P. N. L. Bonnet. — Analyse chimique du verre ordinaire. {Annales 'des Fraudes et Falsifications, t. XI, p. 26, févr. 1918.) Détail d'un mode opératoire applicable au verre ordinaire, plus particulièrement au verre des bouteilles à Champagne. ^ P. N. A. Bruno. — Méthode electrolytique pour déceler et doser l'arsenic, officielle en Angleterre. {Ann. des Falsif. et Frau- des, t. XI, p. 84, avril 1918.) La méthode consiste à remplacer dans l'appareil de Marsch la production d'hydrogène et d'hydrogène arsénié, réalisée au moyen de l'attaque du zinc par un acide, par la production des mêmes gaz par décomposition electrolytique. Le mémoire décrit avec grands détails l'appareil utilisé en Angleterre (croquis), le mode opératoire et la préparation des extraits ou solutions pour l'essai. Les avantages de la méthode electrolytique sont : i" suppression d'emploi de zinc; 2° simplicité d'exécution, régularité parfaitement réglable; 3° la totalité de la solution peut être ajoutée d'un coup, en sorte que pendant tout l'essai l'arsenic est sous l'action de l'hydrogène naissant; 4° certaines substances (bière, extraits aqueux de malts, moûts), peuvent être introduites directement sans destruction préalable de la matière organique; 5° les dépôts sont plus uniformes d'aspect qu'avec le zinc d'oi^i des comparaisons quantitatives plus exactes; 6° ce procédé permet l'exécution simultanée d'un nombre quelconque d'essais, selon l'arrangement du tableau électrique. Les incon- vénients de la méthode sont : 1° le prix initial de l'appareil; 2° la nécessité de disposer d'un courant électrique continu suffi- samment intense. P. N. L. Devillars. — Détermination du résidu indigestible in vitro PAR LA PANCRÉATINE AGISSANT SUR LE BLÉ OU LES PRODUITS DE meunerie OU DE BOULANGERIE. (G. R. A. Sc, t. GLXVI, p. 700, avril 1918.) L'auteur utilise le mode opératoire suivant : Le gluten du produit cru est mis à digérer à 55° en agitant avec le plus grand soin, en observant la formule : 362 Revle Agronomiqle Produit à digérer cru 5 gr. B( »rate de soude 1 gr. (Ihlorure de calcium cristallisé gr. 30 Pancréatine Delresne gi'- 025 Eau distillée 100 cmc. Au bf)ut de trois heures, on porte la température à 70", puis rapidement à 120" à rautoclave. On laisse revenir à 55°, on ajoute gr. 025 de pancréatine et on continue la digestion jus- qu'à disparition véritiée au microscope de toute coloration bleue ]iar l'iode. On ajoute de l'acide chlorhydrique ]>our obtenir une teneur de cet acide libre de 1 gr. 75 pour 1.000 dans le liquide maintenu à 35" ou 40°. Après 1 heure de contact on fdtre, on lave le résidu et on le pèse. Le résidu varie de 8,2(5 à 12,80 0/0 pour des blés d'origine variée ; il est 35,22 pour les recoupettes, 4,87 pour la farine de blé, type du ravitaillement (mai 1917) ; le résidu est 7,53 à 8,17 0/0 pour des lai'incs de blé et succédanés ; le pain pi'ove- nant de ces farines donne le même résidu. P. N. O. FlLAUDE.\U et E. GOLLINEAU. — Le FrOMAGE de GAMENUiERT. {Ann. des Falsif. cl Fraudes, t. XI, p. 71, avril 1918.) Les auteur? ont examiné 40 fromages vendus comme camem- berts dans la zone des armées. 29 échantillons ont une humidité supérieure à 55 0/0, 10 ont une humidité variant entre 45 et 55 0/0, un seul a une humidité inférieure à 45 0/0. Au ]»oijit de vue de la teneur en matière grasse, 35 échantillons ont une teneur supérieure à 30 0/0, 2 entre 36 et 33 0/0 et 3 inférieures à 33 0/0. Il n'existe actuellement aucune relation entre la richesse en matière grasse et l'Iumiidité, alors qu'une enquête etTectuée en 1912 avait nettement montré que l'humidité des camemberts est en raison inverse de leur richesse en matière grasse. Parmi les 40 échantillons examinés, si quelques-uns ont été indubitablement salés, aucun ne renferme les pi-oporlions exagérées de chlorure de sodium. Les aiiteiu's concluent (iii'on ne peut attribiRT les défectuosités constatées depuis quelque temps dans la qualité des fromages dits de Gamembert à d'autres causes qu'à leur trop grande humidité; ils ne pensent pas toutefois qu'il faille voir dans cet égontlage insuffisant le résultat d'une manoeuvre fraudul^'use; la- cause en est iilulôl dans la demande exagérée de ce genre de fromage et dans le personnel i-éduil; il en est résulté un relâchement dans la f;d)ri- cation et les soins donnés au fromage au cours de son mûrisse- ment. P. \. II. nF-.LAUAYE. — LkS EXPERTISES DE 1,A KARINE ENTIÈRE A 85/100. {Ann. tirs Falsif. ri drs Fraudrs, I. X. |v. 554, déc. 1917.) Revue Agronomique 363 CHIMIE PURE W. ScHNEiNER et Fr. Wrede. — Synthèse d'un disaccharide SULFURÉ ET d'UN DISACCHARIDE SÉLÉNIÉ. (Z). Cil. G., t. L, p. 793, juin 1917.) Le produit appelé par les auteurs thio-isotréhalose répond à la formule G^^Hs^O'^S; non aldéhydique, lentement décomposé par les acides minéraux à l'ébullition, ce produit est lévogyre et ne se laisse pas dédoubler par l'émulsine, la maitase ni la myro- sine. Les auteurs ont préparé de même le séléno-isotréhalose. Les deux disaccharides passent dans l'urine sans altération après ingestion par le lapin ou le cobaye. P. N. M. Cunningham et G. Doré. — Contributions a la chimie du CARAMEL ; CARAMÉLANE. {Chem. Soc, t. CXI, p. 589, juin. 1917.) Le saccharose chauffé à 170-180° donne par perte de molécules d'eau, le caramélane, fusible à 136". C'est un alcool tétratomique de formule C'^H'SOQ, ou C-^HSgQ^s. L'auteur indique divers com- posés de caramélane : le tétraacétate, fusible à 107°; le tétra- benzoate, fusible à 105° et le tétranitrate, explosif. La présence d'un groupe cétonique ou aldéhydique est révélée par la formation de composés avec la phénylhydrazone et la semicarbazide. L'auteur indique certains produits de décompo- sition du caramélane sous l'action des acides et des oxydants. . p: n. Amé Pictet et J. Sarasin. — Sur la distillation de la cellulose ET DE l'amidon DANS LE VIDE. (C. R. Ac. Sc, t. CLXVI, p. 38, janv. 1918.) Les auteurs ont obtenu un corps cristallisé qui est la lévo- g-lucosane que Tanret avait préparé par dédoublement de cer- tains giucosides. {Bull. Soc. Chim., t. II, p. 940, 1894.) La cellu- lose, l'amidon et la dextrine se comporte de la même façon au cours de la distillation dans un vide de 12 à 15 mm. P. N. CHIMIE DES SOLS. — ENGRAIS J.-E. Harris. — Adsorption par les sols. (Chemistrij, t. XXI, p. 454, juin 1917.) On sait que le sol et l'argile agissent sur les solutions salines. L'auteur montre que ce phénomène n'est pas dû à une double 364 Ri:\LE Agronomique décomposition, mais à une adsorption. Suivant la nature de la solution saline, le nombre des étiuivalents adsurhés n'est pas le même; les métaux se classent à ee point de vue dans Tordre At, K, t^a, Mn, My, Xa, c'est-à-dire dans l'ordre de la valence (excep- tion faite pour K). Quand un sol est traité par un mélange de sels, chaque cathion est inllnencé par la présence des autres et le nombre total des cquixalents adsorbés est plus grand que la somme des équivalents agissant seuls. P. N. II. HiTiER. — Le tétuapuosimiate ue ciiAix. — L'E^^>LOI des puos- PUATES NATLHELS EN ACaUClLTURE. {liull. SoC. E)ir()Ur. hl(l. \at., t. CIXXIX, p. 21):?, avril lUlS.) Le tétraphosphate de chaux résulte du chaulîage pendant plu- sieurs heures à une tenq)éralure de (iOO", d'un mélange pulvéru- lent de phosphates naturels et de 6 0/0 d'un réactif composé à parties égales de carbonate de soude, de magnésie, de chaux et de sulfate de soude. Ce chaulfage est suivi du refroidissement et de l'hydratation brusques de la masse. Les essais culturaux montrent, pour ce produit, une valeur fertilisante égale à celle du superphosphate; cependant aucune transformation chimique n'a eu lieu et M. Cayeux a montré ([u'il n'y avait aucune dilfé- rence minéralogique entre le phosphate pulvérulent avant trai- tement et le tétraphosphate (|ui en résulte. L'auteur estime (pie toutes les expériences culturales sont à refaire, car on a com- paré le superphosphate et le tétraphosphate sans tenir compte de la magnésie, de la soude et de la chaux; il vaut mieux com- j)arer la valeur du tétraphosphate avec celle du phos]ihate natu- rel moulu. Jusque-là les agriculteurs devront n'employer cet engrais phosphaté qu'avec la plus grande réserve. L'auteur attire également l'attention sur l'emploi des phos- phates naturels; il rappelle les travaux de Garola et ceux de Miintz et Girard. Dans certaines terres (terrains granitiques, gneissiques, schisteux; terrains sablo-ai'gileux d'origine tertiaii'e et quaternaire), les i»hosphates naturels peuvent être utilisés surtout après incorporation au fumier, ou à d'autres matières organiques en décomposition. P. \. K. MiYAKE. — InFUENCE DE LA OONSTmiTION Sl'R LA VITESSE d'aM- MONlFlCATKtN DES COMPOSES OIKiANloLES AZOTÉS. (Anirr. chcill. Soc, t. XXXIX, p. 2378, nov. 1917.) La vitesse de transformation en aminoniac|ue dans le sol est plus grande pour les dérivés aminés de la série grasse que pour les flérivés aminés de la série aromatique. Les amidcs se trans- forment plus It'nicincnt (|ne les atnines ciirrespnndanles. P. N. Revue Agronomique 365 Th. Sghloesing fils. — Sur un' essai d'engrais. {C. R. Ac. Se. t. GLXVI, p. 714, mai 1918.) L'auteur établit par des cultures en pots l'efficacité du nitrate d'ammoniaque comme engrais. Le rendement en vert est légè- rement favorable au sulfate d'ammoniaque, le rendement après dessication à l'air est en faveur du nitrate d'ammoniaque. Les cultivateurs pourront donc utiliser le nitrate d'ammo- niaque lorsque ce produit, fabriqué en abondance en ce moment, cessera d'être utilisé pour la fabrication des explosifs. L'auteur fait suivre sa note d'un commentaire détaillé sur les expériences culturales en plein champ. L'emploi de parcelles de dimensions modérées (un are, par exemple), se recommande d'une façon générale. En effet, pour une expérience oij l'on a à comparer plusieurs engrais entre eux, où l'on opère coimme il convient en double et avec des témoins, on est bien vite obligé d'instituer 6 ou 12 parcelles; le terrain ne sera homogène qu'à, la condition que les parcelles soient petites. La précision ne souffre pas de l'usage des petites parcelles, il n'y a qu'à substi- tuer la balance à la bascule. Pour augmenter la précision, on supprimera à la récolte les plantes venues en bordure sur m. 50 ou 1 m. de large; on tiendra compte de cette suppression dans la mesure de la surface cultivée. P. N. ENSEIGNEMENT AGRICOLE — ENSEIGNEMENT GENERAL SCIENCE GENERALE Retour aux études techniques. — Mesures prises par l'Ecole nationale supérieure des Mines, en vue de hâter la pin des ÉTUDES DE SES ÉLÈVES MOBILISÉS. {Bull. Soc. Encouvag. Ind. NaL, t. CXXIX, p. 24, janvier 1918.) La promotion 1911 a reçu les diplômes d'ingénieur, ce qui représente la suppression de 156 leçons. La promotion 1912 aura cinq mois d'études à faire au lieu d'une année. La promotion 1913 aura une année d'études à l'éoole. Pour les promotions 1914 et suivantes qui comprendront des élèves ayant été aux armées pendant la guerre, la durée d'études totale est prévue pour vingt et un mois. Les Conseils de l'Ecole proposent, en outre, d'insister près des pouvoirs publics pour que la durée du service militaire à accomplir en temps de paix, avant l'entrée à l'Ecole, soif réduite à six mois; les cours préparatoires seraient condensés de manière à les terminer en six mois. La sortie des élèves serait ainsi avancée d'un an. P. N. •>H() Revue AGnoNO^^QUE BiGoLHDAN, Blondel, Bolvier. Branly, Douvillé, Guignard, HaLLKH, IlAr(i. HR.NNK(irY, A. LACRitIX, La1>LHMANIJ, LAVKltA.N, J>,t:cuMTE, LECdH.Nu, Lemoi.ne, Ma^ienne, K.mile Picard, Hul x, Sghloesinc; fils et Tisserand. — Ouservatid.ns sur le langage SCIENTIFIQUE MODERNE. {C. R. Ac. Sr., t. CU.XVI, p. 2;36, févF. 1<,»18.) Les auteurs s'élèvent contre les jeunes savants qui manifestent une tendance fâcheuse à introduire dans leurs MéuKiii'es des ii(''u|(>i;isnies trop .souvent inutiles ou mal consti'uits, ain.si quii néjflifjer la forme de leurs rédactions : « En réalité, le premier sentiment que l'on éprouve en lisant certains de ces Mémoires est qu'ils ont été écrits par un ctranfrer, ou ti-adiiits d'une langue étranju'-ère par un Fronçais dédaig-neux. des principes les plus élémentaires de la lini^uistique, de la grammaire et du style. » Les auteurs critiquent un certain nombre d'expressions défec- tueuses : self, muluf'llr. nbsorption, t/teniioslablc, tlinrniolafnlf': ils sifinalent l'abus des mots ions et catali/sr, « si excellents quand ils sont bien à leur place, mais (|ue certains emploient inconsidérément, dans le seul but d'illustrer leur langage ou de doiiucp un seml)lant d'explication à des phénomènes dont ils ignorent la cause ". « En biologie, les incorrectiinis de langage sont également nombreuses et peut-être d'une forme plus grave encore »; par e.xem])le, on a écrit qu'un mirrobr cultive sur pommes de terre, qu'un oui mal reproduit en captivité. (|u'une culture renferme (lu coli, qu'on a fait des ensemencements sur yèlose glucose roiit/e neutre, que tel microbe prend le grain, etc., etc. L'expres- sion e.fdmen ri/t(dogi(/ue n'est pas prise dans le même sens en histoldgic et en |)alliologie. L'article doit être accordé suivant le genre du nom latin (lu'il précède; les auteurs font une observation au sujet du pluriel des mots latins. Citons textuellement la conclusion : « De pareilles négligences sont i-rofondément regrettables, d'abord parce qu'elles suggèrent la crainte (|ue l'auteur n'ait ]ias mis plus de soin à exécuter son travail qu'à en exp(»sci' les résultats; ensuite parce (|u'elles portent une séiMciisc attcinlc aux deux (puilités essentielles de la langue française, qui sont la clarté et la pi'écision... Savoir, comme nobh^sse, oblige. B.ippe- |ons-nf»us donc que la Hcience française doit, comme la litté- rature, être écrite en français; qu'une rédaction, même des plus techniques, |>eut être claire et correcte, tout en restant concise, et qu'il est toujours fâcheux de la déparer par d(>s abréviations ou des mots de sens plus ou moins é(pii\()(|ue... Evit^'uis ces incorrections en imitant la lUMidence de nos devanciers et, sui'- loiit, efT(»rçons-nous de défendre notï-e langue coufrc foule infrac- tion aux règl(>s (|ui, de tout teni|»s, ont présidé à la formation de son répertoire et de sa syntaxe. Entre itutres avantages, ce R'BVUB Agronomique 367 sera pour les jeunes savants le meilleur moyen d'être compris et appréciés par un plus grand nombre de lecteurs. » P. N. M. Fayol. — De l'importance de la fonction administrative DANS LE gouvernement DES AFFAIRES. {Bull. SoC. EnCOUÏ\ Illd. NaL, t. GXXIX, p. 27, févr. 1918.) L'auteur établit la nécessité et la possibilité d'un enseignement administratif. Les principes d'administration sont : 1° la divi- sion du travail; 2" l'autorité; 3° la discipline; 4° l'unité de direction; 5° l'unité de commandement; 6" la subordination des intérêts particuliers à l'intérêt général; 7° la rémunération; 8° la centralisation; 9° la hiérarchie; 10° l'ordre; 11° l'équité; 12° la stabilité du personnel; 13° l'initiative; 14° l'union du personnel. Les moyens les plus efficaces pour obtenir et maintenir la discipline sont : 1° de bons chefs à tous les degrés; 2° des con- ventions aussi claires et aussi équitables que possible; 3° des sanctions pénales judicieusement appliquées. L'unité de direction est ainsi définie : un seul chef et un seul programme pour un ensemble d'opérations visant le même but. Par unité de commandement, il faut comprendre que pour une action quelconque, un agent ne doit recevoir des ordres que d'un seul chef. Dans le mode de rétribution du personnel, il faut rechercher qu'il assure une rémunération équitable, qu'il encourage le zèle en récompensant l'efï'ort utile, et qu'il ne puisse conduire à des excès de rémunération dépassant la limite raisonnable. Gomme la division du travail, la centralisation est un fait d'ordre naturel; la question de centralisation ou de décentra- lisation est une simple question de mesure; il s'agit de trouver la limite favorable à l'entreprise. Après avoir étudié les principes d'administration, l'auteur passe en revue les règles fondamentales : La prévoyance, si elle n'est pas tout le gouvernement, en est du moins une partie essentielle. Prévoir signifie à la fois suppu- ter l'avenir et le préparer. La principale manifestation de la prévoyance est le programme d'action. Dans une grande entre- prise, on trouve, avec le programme général, un programme technique, un programme commercial, un programme finan- cier, etc., mais tous ces programmes sont reliés de manière à n'en faire qu'un. L: organisation d'une entreprise consiste à la munir de matière, d'outillage, de capitaux et de personnel. L'art de commander repose sur certaines qualités personnelles et sur la connaissance des principes généraux d'administration. Le chef chargé d'un commandement doit avoir une connais- sance approfondie de son personnel, éliminer les incapables, bien connaître les conventions qui lient l'entreprise à ses agents^ 308 Revue Agronomique donner le bf»n exemple, faire des inspections périodiques, réunir ses princii»aiix ctiliaborateui's en des conl'érences où se jirépa- rent l'unité de direction et la ronver^'^ence des elTorts, enfin ne pas se laisser absorber par les détails et viser à faire régner dans le personnel Tactivité, rinitiati\e et- le dévouement. La coordination mettra de rtiarmimie entre t-ous les actes d'une entrej)rise; l'auteur insiste surtout sur la nécessité de la confé- rence bebdomadaire des chefs de service. Le contrôle cctusiste à vérifier si tout se passe conformément au programme adopté et aux ordres donnés. Comme procédés administratifs l'auteur indique le pro- gramme d'action, la passerelle (ix)ur éviter les lenteurs de la voie biérarchi()ue), le chronométrage, les tableaux d'organisa- tion et la confiance des chefs de service. Lorsqu'un abus se produit, il faut se demander quelles en sont les consécjuences, quelles en sont les causes et quels en sont les remèdes. L'observation doit être à. la base de toute étude admi- nistrative. P. \. Georgks Hersent. — La Réforme de l'éducation n.viionale. {IhiU. Soc. Encouriu). Ind. .\at., t. CXXIX, p. 75, févr. 11)18.) L'auteur montre les liens très étroits qui rattachent les pro- grès économiques d'un peuple à l'éducation qu'il reçoit. Les lialcs nalural.s. — La production de phosphates naturels aux Etats-Unis qui avait passablement diminué en 1914 et avait subi en 1915 une réduction de près de la moitié relativement à t-elle de 1913, a repris queUiuc peu en 1910. D'après les comptes H'iidus foui'iiis par les producteurs, la quantité totale de phos- l>hates naturels vendue aux Etats-Unis en 1910 a été de 2.014.190 tonnes, contre 1.805.123 en lîHô. La Floride a produit 47.843 tonnes de ]»hospiiate en roche et i. 492.327 tonnes de piiosphale cailloux (iiodiilesj. Un remarquera le jaeu d'importance que présente depuis 1915 la production de Revu F. Agronomique •'>7n fa j)remière variété, qui en 1013, avait presque/atteint 500.000 ton- nes. Les cliitîres de la Caroline du Snd, en continuelle décroissance, ne donnent en 1916 que 53.808 tonnes, moins de la moitié de la production de cet Etat en 1013. La production du Tennessee et de l'Arkansas était en 1910 de 369.951 tonnes de phosphate brun en roche et de 48.447 tonnes de phosphate gris bleu, soit au total 418.398 tonnes. Ce total com- prend une petite quantité de phosphate brun en roche provenant du Kentucky et présente une augmentation sensible sur celui de 1915. Dans les Etats occidentaux, il n'y a de production de phosphate en roche que dans l'Utah et le Wyoming-, l'Idaho n'en produisant plus. La quantité produite dans ces deux Etats en 1916 a été de 1.730 tonnes, c'est-à-dire moins de la moitié de la production de 1915. Les fabricants d'engrais prétendent que la hausse des prix du phosphate engrais dépasse de beaucoup»' la majoration du prix du phosphate brut et qu'elle est due à l'augmentation du prix de l'acide sulfurique employé pour la préparation de l'engrais. On prévoit que l'amélioration constatée dans l'industrie des phosphates naturels en 1916, continuera en 1917. La production de l'Egypte en 1916, qui est de 125.008 tonnes, mnrriue également ime amélioration très sensible sur celle de 1915. Il en est de môme de la Tunisie. Par contre, les données des Indes occidentales néerlandaises des Etablissements fran- çais de rOcéanie indiquent une régression marquée. Nous groupons dans le petit talDleau ci-après les principales données numériques récentes possédées sur ce sujet et publiées dans la revue de l'Institut d'Agriculture de Rome. Phosphates naturels tQl6 igiS '9'4 'Ç'-^ en milliers de tonnes de i.ooo kg. Espagne 14 9 8 4 Etats-Unis 2.014 1.865 2.778 3.161 Antilles holland.. . 14 29 15 36 Algérie (a) 380 165 226 461 Egypte 125 83 72 104 Tunisie 1.695 1..389 1.444 2.285 Océanie française, (b) 27 72 73 82 (a) Expéditions. — (b) Expéditions des neuf premiers mois. Scories de déphosphoration. — Il est fort difficile dans les cir- constances actuelles de composer un tableau international des scories de déphosphoration. La production de l'Allemagne pen- dant les dix premiers mo'is de 1916 a été de 1.592 milliers de tonnes, tandis qu'elle avait été de 2.500 en 1913. Les productions de tous les autres pays sont également en forte décroissance. Superphosphates de chaux. — Voici le sommaire de ce que publie l'Institut International d'Agriculture à ce sujet. fiT'i Revur Agronomique Superphosphate de chau» iqifi I0I^ I9M '!"3 en milliers de lonnea de l.o«o kp. Espaenp .^15 i04 220 225 France ^50 noo 1.000 1.020 Grondp-Rrpfapno . . — 085 — 820 Tinlio 848 Ol.*^ 006 07? Etnii^-ilnis — 2.533 3.785 3.248 Srh pnfnsfsiqjirs. — Pour l'nnnf'f 1017, ]o huroau do distribii- fion dos produits de l'indnsirie poiassiqno allemande n fixé comme suit les qnanlilés totales de sels potassiques à produire pendant l'année : Allemapne 702.250 tonnes de potasse imrc Autres pavs 155.200 — — Totnux..." 010.450 — — ÎjPS livraisons de sels potassiques d'Allemn^rne en 1010 ont alieinl le chitTre de 8.S3.000 tonnes de potasse pure, contre 080.005 (.onnesen 1015,003.088 tonnes en 1014 et 1.110.370 en 1013. On rxplique l'nu.îrmentation considcrnMe de la production de 1010 sur celle de 1015 pnr ce fnit que les demandes des agriculteurs .illemnnds se sont échelonnées sur toute l'année et ont été satis- faites plus uniformément sur une lonp-ue période. Tia production de sels potassiques aux Etats-Unis en 1010 ost évaluée .'i 32.422 tonnes de 1.000 kc-. de produits titrant en moyenne environ 27 0/0 de potasse, ce qui représente une pro- duction de 8.818 tonnes de potasse. C'pst presque exactement le décuple de la production de 1015. mais ce n'est encore que le vinp-fième de la consommation normale de potasse de ce pays. NUralr dr smidr. — Tia production des gisements chiliens de nitrate de soude a été, pendant le premier semestre de 1917 à peu de ehose près étrale ,'i celle de la période correspondante de 1010: 1.482.122 tonnes de 1.000 kçr. pour 1017 contre 1.488.702 en lOtO. On en est en somme revenu depuis plus d'un an demi à une production analogue à celle du temps de paix, he premier semes- tre de 1015. on avait passé par un minimum de production d'environ 000.000 tonnes. Jamais les stocks à la côte chilienne Ti la date du 30 juin n'ont été aussi élevés que cette année. Tls atleip-nent 030.235 tonnes, alors qu'ils étaient, à la même époque de l'année, de 010.102 ton- nes en 1010. de 850.000 tonnes environ en 1015 et de 775.000 ton- nes en 1014. TiCS années antérieures avaient vu des chiffres encore phis faibles. Tl faut chercher la raison de cet aceroisse- ment anormal ries stocks dans ce fait que la production reste constante et que l'évacuation vers les marchés de consommation européens et américains est fortement cénée par le manque de tonnap^e et par l'élévation considérable des prix du fret qui en est la conséquence. T>es expéditions, en effet, représentent pendant ce premier semestre de 10t7 un total de 1.230.047 tonne<= eontre 1.356.020 Revue Agronomique 375 tonnes en 1916, soit 125.082 tonnes en moins pour 1917. Ces chif- fres sont toutefois bien supérieurs à ceux du premier semestre de 1915 qui ne s'élevaient qu'à 834.376 tonnes. Sulfate d'ammoniaque. — Pour l'année 1917, on prévoit en Allemag-ne une production de sulfate d'ammoniaque de 700.000 tonnes, tandis qu'en 1913, année de la dernière donnée de pro- duction disponilile, on n'avait produit que 549.000 tonnes. En raison de l'énorme demande d'acier, tant pour les pays européens que pour l'industrie américaine elle-même, et du fait que la production d'ammoniaque est basée suf l'activité de l'in- dustrie métallurg-ique, la production de sulfate d'ammoniaque aux Etats-Unis d'Amérique s'est fortement accrue depuis 1914. En 1916, cette production d'ammoniaque, calculée en sulfate, était approximativement de 294.838 tonnes de 1.000 kg-., c'est-à- dire de 47,7 0/0 plus forte que celle de 1915. L'augmentation de production est encore plus visible quand on compare ces don- nées de production à celle de 1914, qui n'atteignait que 166.016 tonnes. Pour 1917, on prévoit que la production américaine d'ammo- niaque calculée en sulfate, sera d'environ 400.000 tonnes; quant à la capacité de production de 1918, elle atteindra au moins 500.000 tonnes. La production japonaise de sulfaie d'ammoniaque est, elle aussi, en continuel accroissement. Alors qu'en 1914, elle dépas- sait à peine 16.000 tonnes, elle s'élevait à 31.824 tonnes en 1915, pour atteindre en 1916 le total de 38.203 tonnes. On prévoit pour 1917 une production de 50.802 tonnes, certains vont même jusqu'à envisager un total de 60.000 tonnes. Cet accrois- sement de production est dû aux mêmes causes que celui de la production américaine. Voici le sommaire de ce que publie l'Institut d'Agriculture relativement à la production de sulfate d'ammoniaque de 1913 à 1916. Sulfate d'ammoniaque igi6 loii 1914 191? milliers de tonnes de l.ooo k^. Espagne France Grande-Bretagne . Pays-Bas Russie Etats-Unis ....... Japon Australie Cianamide de calcium. — Tandis que certaines autorités éva- luent la production allemande de cianamide en 1915 et en 1916 à un chiffre global de 600.000 tonnes de 1.000 kg-., d'autres ne tablent que sur 400.000 tonnes. Nous nous sommes ralliés à celui de 500.000 tonnes également envisagé et qui nous paraît 18 16 16 15 25 42 74 445 443 433 439 4 5 5 7 33 16 17 14 295 227 166 177 38 32 i6 ■ 8 7 7 6 5 37H Revue AnuuNitMiyuE le plus [irorliP do la ivalité. Les rapiiorls consiilairps américnins esfinicnl (jiren sus de cette prodiididii rie ciananiide, rAUcrna- fîne jn'ddiiira en 1017 près de 500.000 tonnes d'ammoniaque (>l)te- niies à l'aide dn i>ri»rédé Haber, ce qui pnnr ce seul pays repré- sente un U)[-di d'azote, d'origine atmosphérique, de 200.000 ton- nes. Si l'on y ajoute les 140.000 tonnes d'azote représentées par les 700.000 tonnes de sulfate d'ammoniaque prévu pour ce pays en 1017, on obtient pour l'Allemacne une disponibilité totale de 340.000 tonnes d'azote, en oonsidérant ([ue la production de cia- namide en 1017 sera égale à celles de J015 et de 1916. Toutes ces données n'ont aucun caractère officiel. Pour aucun autre pays, du reste, il n'existe de données offi- cielles sur la production actu(Mle de cianamide, et cela se com- prend, puisque la totalité ou la presque totalité des produits azotés de ce genre est réservée aux industries de gueri'e. Dans le tableau ci-dessous, nous donnons les évaluations que font sur la capacité de production de cianamide les personnes spécia- lement versées en cette matière et que imMie l'Institut d'Agri- culture. Cianamide de calcium 1916 loi? 1014 lOI? milliers de tonnes de I.ooo Uii. Allemagne Autriche-Hongrie. Fram-e Italie Norvège ) Suède S Suisse Canada ; Etats-Unis < Japon Totaux mondiaux. 981 770 194 155 ' Soufre. — Tia production italienne de soufre brut pi^ndnnt le premier semestre de 1017, est évalué officiellement à 100.240 ton- nes de 1.000 kg., contre respectiveinent 200.474 et 358.107 pour les années 1916 et 1915 (années entières). La presque totalité du soufre produit aux Etats-Unis vient des gisements de TiOuisiane et du Texns, mais il y a d'nutres gise- ments qui peuvent donner une production appréciable dans le W'voming, le Nevada, l'Utah, la Californie, le Colorado, l'Orégon et i'Alaska. Les production de 1015 et (i(^ 1010 n'oni pas été officielicMuciit constatées. Certaines aut(^rités en la nintière, estiment qu'ep 1016. les Etats-Unis ont consommé approximativement OOO.OOr tonnes de soufre, contre seulemeîit 300.000 en 1013. (In s'atten à ce que la demande améi'ic.-iin»' atteigne 1.200.000 tonnes en 1017 et on croit qu'elle s'élèvera à 1.000.000 |(.nnes en 1918, si la guerre continue. 500 .500 3() 24 24 24 24 7 100 80 7 7 20 25 16 15 220 \ 25 15 22 \ 1^> 18 18 29 12 7 7 64 64 64 48 24 24 7 7 Revue Agronomique o/7 Dans le petit tableau ci-dessous, nous groupons les données numériques les plus importantes de la revue de l'Institut d'Agri- culture en ce qui concerne le soufre. Soufre 1916 191 5 1914 1913 milliers de tonnes de 1.000 kg. Espagne 11 10 8 7 Italie 269 358 378 386 Etats-Unis — (") 381 381 317 Japon 93 61 60 49 Autres pays (/>).. 50 50 50 50 Totaux mondiaux. — 860 877 809 l'a) Louisiane seulement. — (/>) Estimations globales. Sulfate de cuivre. — Nous réunissons en un petit tableau les renseignements publiés par l'Institut. Sulfate de cuivre 1916 igi'j 1914 I9'3 en milliers de tonnes de 1.000 kg. Espagne 8 i France 27 16 21 26 Grande-Bretagne.. 39 66 69 77- Italie 48 41 31 44 Etats-Unis .... (a) 6 19 14 25 (a) Production de V American SmelUng and Refining Co seulement. IL — COMMERCE INTERNATIONAL A mesure que la guerre se prolonge, le commerce internatio- nal des produits, qui nous occupent, décroît coiisidérablement, à l'exception des exportations chiliennes du nitrate de soude, et par ci par là de quelques autres mouvements commerciaux. Cette régression provient du manque de tonnage et de l'élévation des frets qui en résulte, ainsi que des restrictions à l'exportation et des prohibitions que les Gouvernements ont prises en raison du rôle plus ou moins important joué par ces produits dans les fabrications de guerre. Le mouvement du nitrate de soude vers les Etats-Unis se maintient très actif, tandis que vers l'Europe on enregistre une . tendance très nette à la baisse. III. — PRIX EN GROS Pour la plupart des engrais, la hausse des prix a généralement continué, pendant les huit premiers mois de 1917, et dans une mesure aussi forte que pendant la période correspondante de 1916. Pour le soufre surtout, le mouvement ascensionnel des prix a été considérable. 37H REVUE AGRONOMIQUE Les cotes des principaux produits sur les marchés les plus importants ont été les suivantes : Moyenne Moyenne Moyenne Mojenne de de de du l'année 191Ô janvier 1917 juillet igl' l" seni. 1917 en francs-or par quintal métrique de lou k^. 138 140 149 154 207 224 193 218 Clilorure de potasse : Londres New-Yurk Sulfate de putasse : Londres New-York Nitrate de soude : Valence d'Espagne.. Paris Gênes Liverpoul New-York Sulfate d'ammoniaque : Valence d'Espagne.. Paris Gênes Huïl New- York Soufre brut : Londres Licata de 8icih' New- York Sulfate de cuivre : Valence d'Espagne... Paris Londres Gênes New-York ,Vo/;i ; II. C. (lOIl colé. En plus des renseignements ci-dessus mentionnés et qui ne reproduisent (pi'une bien minime partie de la revue de l'Institut International d'Agriculture de Rome, celle-ci contient des notices intéressantes sur le sulfate de cuivre en France, la consomma- tion des engrais en France et aux Etats-Unis, etc. Les prévisions sur la récolte de 1918 Institut International d'Agriculture. L'Institut Iiilcrnational d'Agriculture de Rome i)ublie dans son Bulletin de Statistique agricole et commerciale, numéro de juin 1918, un certain nombre de prévisions se référant aux principaux pays producteurs de grains d'Amérique, d'Asie et d'Afrique. 146 149 101 162 103 150 150 150 49 57 • 67 61 40 48 67 57 44 58 104 71 44 50 62 57 37 38 49 43 57 79 134 110 51 56 ■ 77 51 48 83 52 43 46 53 48 43 53 71 OlRARD crobiologie . . . . ) 4 Économie du bétail. N*" 5 Économie forestière. HiCKEL 6 Économie rurale. 1 mutualité, statis- l J. HlTlEE tique ) 7 Enseignement agri- ) cole ) Génie rural RlWQHLIlANN Horticulture et arbo- I riculture \ "*'"'^ 10 Sciences appliquées '. à l'agriculture, en- / _ „ tomolog.e. parasi- ^' ««G"*»^^ tologie ) 11 Technologie agricole. LlHDET 12 Viticulture VlALA ■Set^rélaire de la MM. H. HITIER, PETIT. DE MOHICAULT CAPUS. DUBARD SBCRETAinCt MV. pluviuaoe L. LEFÈVRE AHDRÉ. ANGOT. BERTRAHD. KAYSER BRUHO MOUSSU. M, VACHER J.'E. LUCAS CHANCEREL. QUINIER OERDIL Lesaoe. de ROCQUIONY TARDY TROUARD RIOLLE, WÉRY, CHANCRIN SAOOURIN VERMOREL. N'** Ck)UPAH costawtin, d^ poirabut Hussard marchal. d-^ Potier. Martin q ^^qj, CLAUDE MAZÉ. SAILLARD. L. AMMANN NOTTIW J. CAZELLES, MASSIOHON P- MARSA18 llédacliou : R. LEQUERTIER NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÉVRE Professeur à l'Institut National Agronomique PAR INGÉNIEUR -AGRONOME (Suite) (1) CHAPITRE SEPTIEME NUTRITION INORGANIQUE La nutrition inorganique concerne les principes nutritifs qui ne livrent pas d'énergie à Torganisme, c'est-à-dire l'eau et les matières minérales proprement dites : chaux, acide pbosphori- que, potasse, soude, etc. EAU L'eau est nécessaire aux animaux : un animal privé d'eau périt aussi rapidement, plus rapidement même que s'il était privé de tout autre principe nutritif. L'eau a en effet des rôles multiples : Elle baigne tous les tis- sus ; c'est dans les milieux aqueux de l'organisme que se passent toutes les réactions qui assurent son, fonctionnement, sa teneur en eau peut varier de 40 à 80 0/0 du poids vif. Elle joue un rôle très important au point de vue de la régulation de la température de l'animai ; en s'évaporant soit à la surface des poumions, soit à la surface de la peau, elle emporte une quantité (1) Voir les n" 1 à 9 (janvier- septembre 1917. SS'2 Annales de la science agronomique considérai (le de chaleur-déchet de rdriianisme. Elle sert aussi de véiiiculc pour rt>xcrétinn de la plupart des déchets i\u'\. tjuand ils s'accuniulent, af^issent comme de véritables poisous. L'eau que perd Torpanisme par évaporation pulmonaire ou cutanée, ou par excrétion à l'état li(]uide, doit être remplacée. Une partie de cette eau est produite par les combustions internes: l'oxydation de la matière azotée en donne une quantité considé- rable, la presque totalité de l'hydropène est oxydée à l'état d'eau» L'autre partie est absorbée avec les aliments et avec les bois- sons ; sauf dans des cas assez rares pour pouvoir être regardés comme négrlifreables, on peut admettre que la quantité d'eau renfermée dans les aliments de nos animaux domestif[ues — elle varie de 10 à UO 0/U de leur itoids — est iiisuflisante comme source, d'eau dans l'organisme ; autrement dit, les animaux domestiques doivent toujours recevoir de l'eau de boisson. Cette eau de boisson doit avoir les mêmes qualités que celles qu'on réclame pour l'alimentation de l'homme : elle doit être potable, ne renfermer aucune substance nuisible, être exempte de microbes ]tathogènes ou de germes parasites ; à ce point de vue, on connaît le danger des eaux stagnantes ou des abreuN oirs communs, qui peuvent de par leur nature se trouver contaminés. Par ailleurs, il faut reconnaître que les animaux domestiipies, à part peut-être quelques chevaux très délicats, comme les che- vaux de course, sont peu difficiles au point de vue de la limpi- dité de l'eau et acceptent assez facilement des eaux troubles ; ils s'accoutument également très aisément à des eaux dures, très riches en calcaires. L'eau (jue l»(»i\ent les animaux n'est pas de l'eau chimiquement purs, mais de l'eau dans laciuelle se trouve dissoute une plus ou moins grande (piantité de matières minérales, — en particulier de la chaux à l'état de bicarbo- nate — , quantité variable suivant la nature des eaux et des ter- rains dans lesquels elles ont travaillé. 11 est très difficile de préciser la quantité d'eau de boisson iiuo les animaux doivent recevoir. Elle varie beaucoup suivant un assez grand irmibre de facteurs. Elle varie avec Vrspècc des animaux : les l)ovi(lês et les jjoi'cs l'éclament plus d'eau que les •chevalix et les moulons. VA\e varie avec les a])titudes zooteclmi- ({ues, le produit fourni pai* les animaux : d'une façon générale, les femelles laitières réclament de très fortes quantités d'eau ce qui se comi»i"end, puisque le lait se compose, pour la plus grande j)art, d'eau; il en est de même pour les animaux de travail, (iiii, oldigés de se débarrasser de la chaleur-déchet, évaporent un^ grande c(uantité d'eau. La (juantilé d'eau de boiss{jn nécessaire varie également avec Vanihianrc thertnilus sec ou ([uand il est agité par {U'^ vents desséchaids. Elle varie enotjre avec la comitosition de Volitnrnldlion, vu ce sens (pie les rations très azotées réclament une f)lus grande quantité d'eau dans l'or- ganisme, les matières azotées laissant Iteaucoup de déchets aaotés, qui doi\ent être véhiculés par l'eau et exi)ulsés j-ar les reins. Enfin, VindividuuUiè joue un rôle qu'il e.st impossible h NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 383 l'heure actuelle de définir de façon précise ; dans les mêmes conditions apparentes, c'est-à-dire étant donnés des animaux de même espèce, nourris de la même façon, exploités dans le même but, les quantités d'eau de boisson réclamées peuvent varier très aisément du simple au double. Heureusement, l'eau ne coûte généralement pas cher etj'on sait, d'autre part, que si les ajiimaux sont abreuvés régulière- ment, point fondamental, et que si l'on ne met rien dans leur boisson qui les excite à boire de grandes quantités, les animaux ne prennent pas plus d'eau de boisson qu'il ne convient à leur santé. On peut donc très facilement résoudre le problème en mettant de l'eau de boisson à la disposition des animaux et en les laissant boire à leur gré. Il est bon cependant d'avoir quelques indications sur les quan- tités d'eau en nature que réclament les animaux, ne fût-ce que pour prévoir les quantités d'eau nécessaires dans une exploi- tation. La quantité d'eau nécessaire à l'organisme pouvant être fournie soit par les boissons, soit par les aliments, il est clair qu'il faut tenir compte de la proportion d'eau renfermée dans ceux-ci. Le mieux est de rapporter cette quantité d'eau à la quan- tité de matière sèche consommée dans l'alimentation. La quan- tité d'eau de boisson sera plus ou moins grande suivant que l'alimentation sera, elle-même, moins ou plus aqueuse. Sur ces bases, on peut admettre que les bovidés réclament de 4 à 6 parties d'eau pour une partie de matière sèche renfermée dans leur ration ; cette proportion ne doit être dépassée que dans le cas des vaches très laitières, elle peut alors atteindre 7 à 8 parties d'eau pour une partie de matière sèche. Les autres animaux sont moins exigeants : les porcs se contentent généra- lement de 4 parties d'eau environ pour une partie de matière sèche ; les moutons sont de tous les animaiix ceux qui récla- ment le moins d'eau, 2 parties, quelquefois une partie d'eau pour une partie de matière sèche, quand ils ont été entraînés pendant un certain temps à consommer une nourriture plutôt sèche. Il devient très facile, avec ces données, de se rendre compte des quantités d'eau nécessaires pour les animaux domestiques ; on peut admettre en effet que les animaux, en pleine produc- tion, consomment dans leur ration à peu près 3 0/0 de leur poids vif sous forme de matière sèche. Ainsi, un bovidé de 500 kilos consommera par jour environ 15 kilos de matière sèche. Gomme il lui faut de 4 à 6 fois plus i'eau il lui faudra de 60 à 90 litres d'eau, comprenant à la fois l'eau contenue dans les aliments et l'eau de boisson. Donc, si les animaux sont à peu près exclusivement nourris avec des ali- ments secs, foin, farines ou graines, il leur faudra environ de 60 à 90 litres d'eau de boisson ; s'ils consomment des fourrages verts, qui pour une partie de matière sèche renferment déjà 3 à 4 parties d'eau, l'eau de boisson sera réduite de 45 à 60 litres. Par contre, un mouton de 50 kilos qui consomme par jour 1 kil. 5 de matière sèche exigera seulement 3 litres d'eau par jour, environ. S'ils consomment des fourrages verts, ceux-o. ;i84 Annales de la science agronomique renfermant environ 3 parties d'eau pour une partie de matière sèche, les moutons pourront se passer d'eau de boisson. On a cependant coutume, au moins dans nos pays, — et c'est plus j>i'iident — , de leur permettre de s'abreuver. Mais dans les pays semi-arides renfermant des pàturag-es à moutons, surtout dans les pays exnti(|ues lai dans les pnys primitifs oîi on fait de l'éle- vage en liberté presque complète, il arrive que les moutons res- tent parfois très longtemps sans boire ; ainsi, dans les réirions semi-désertiques des Etats-Unis, privées d'eau, on fait consom- mer aux moutons, quand ils ont soif, en même temps que l'herbe des pâturages, des plantes grasses, comme les cactus, que l'on passe à la llamme pour en cmousser plus ou moins les piquants, ces plantes sont exti'émement riches en eau, elles en renferment 80 de leur poids, ce qui pei'met de garder les moutons dans ces régions plus de deux mois sans leur faire consommer d'eau de boisson ; il faut toutefois que les bètes soient entraînées à un l)areil régime. A l'inverse, les vaches laitières réclament une grande quan- tité d'eau. Certaines d'entre elles, du poids de 500 kilos, arrivent à donner jusqu'à 45 et 50 litres de lait par jour. D'après des expériences faites aux Rtats-Unis, il faut à ces vaches, si nn les nourrit avec une ration presque sèche, foin, farines et tourteaux, de 120 à 135 litres d'eau de boisson par jour. Bien que les animaux régulièrement abreuvés ne prennent jamais plus de boisson qu'il ne leur est nécessaire, il peut se faire (pi'un ex<'ès d'eau se trouve ingéré par eux, du fait qu'ils citnsomnient des aliments très a([ueux. Il en l'ésulle des inconvé- nients assez grraves. Tout d'abord, il faut que cet excès d'eau soit échaulTé à la température du corps, puis qu'il soit éliminé par la peau et par les poumons. Kn outre, la grande quantité d'eau ingui'gilée amène une augmentation du travail de la circulation, par suite, une augmentation des dépenses des ani- maux, (|ui se li'aduit j^ar une réduction des jiroduits que four- nit la ration consommée. ImiMu, la dilution des li(|uid('s de l'or- g-anisme a pour résultat, au bout d'un certain temps, de débi- liter l'animal ; très souvent la diarrhée peut appai-ailre : les tissus ont tiMidance à se charger d'eau et la (]ualité de la viande baisse, les animaux de travail deviennent moins résistants. Les prndiijts sont donc en (pianfité et de qualité intérieures et la sauté des animaux peut se trouver coninromise. l'n excès d'eau peu! se trouver ingéré par les animaux lors- qu'ils consomment en abondance des aliments très atiueux, par ext'iii]>le de très g-randcs quantités de racines, nascis, riila- ]»aL^•^s, \dire même betteraves, .\ussi (juand pour des raisons d'orilre économiipie les animaux doivent élre nourris avec d*im|iorlaiil('s (luaiitités de ces racines, y a-l-il un intérêt co-nsi- dérablc à Iciu' donner des racines aussi riches (pie jiossiblc en nia'ière sèche : pour obtenir les mêmes elTels niilritifs les ani- maux ingéreront moins d'eau, si les racines (uil une richesse plus g-rande en matière sèche. Or, nondu'iMises sont les racines foiu'ragèccs dont ou peut modKici' dans de Ir-è:^ fnrli's |iropor- NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 385 tioiis la richesse en matière sèche ; c'est le cas, en particulier, pour les betteraves : on sait que, quand on doit donner de grandes quantités de betteraves aux animaux domestiques, il V a un réel intérêt à cultiver des betteraves demi-sucrières ou d'industrie, plutôt que des betteraves très aqueuses de grandes dimensions ; on sait aussi que la méthode de culture et notam- ment l'écartement des plantes influe beaucoup sur leur dévelop- pement en grosseur et leur teneur en matière sèche. On a sou- vent pu observer que des troupeaux de moutons, surtout de bre- bis en hiver oi^i elles ne donnent pas de produits, peuvent être entretenus avec un mélange de menue paillé et de betteraves, alors que, si on veut remplacer les betteraves par des navets, on ne peut maintenir les animaux en état ; cela est dû, sans aucun doute, à la trop grande richesse des navets en eau, les moutons étant ceux de nos animaux domestiques cjui supportent le plus malaisément un excès d'eau. La même chose peut se produire quand dans la ration entre une' quantité considérable de résidus de sucrerie, de distillerie, de brasserie, de ce qu'on appelle des pulpes ou des drèches. On cherche à y remédier par des moyens analogues : au lieu de donner les pulpes fraîches renfermant 6 à 7 0/0 seulement de matière sèche, on a soin de les soumettre au préalable à une forte pression, de façon à en exprimer une certaine quantité d'eau ; on arrive ainsi à obtenir des pulpes de sucrerie qui ne renferment plus que 10 à U'O/O d'eau et qui permettent à l'ani- mal d'absorber 100 à 120 fois moins d'eau pour une même quan- tité de matière sèche consommée. La température à laquelle les aliments aqueux sont absorbés peut également constituer à leur grande teneur en eau un remède relatif. Quand on donne des drèches très liciuides, des drèches de distillerie, il y a avantage à les faire consommer tièdes ou chaudes ; de même, on cherche à relever la tempéra- ture des racines coupées en pulpes plus ou moins grosses, en les faisant fermenter ; on peut encore comme on le fait en Uanentiark et dans les pays Scandinaves, oi^i les hivers sont généralement très froids et oi^i l'on donne aux vaches laitières jusqu'à 70 et 80 kilos de betteraves, placer quelques jours d'avance les betteraves dans le voisinage de l'étable de façon à leur faire prendre la température du milieu ambiant ; par cette méthode, l'eau renfermée dans ces racines est moins froide au moment oii elle est ingérée par les animaux, qui peiLvent ainsi supporter d'énormes rations en betteraves, sans qu'apparais- sent des troubles de la santé et de la production laitière. MATIERES MINEE A LES PROPREMENT DITES Les matières minérales, les cendres, comme on l'es appelle, ne forment jamais qu'une fraction assez faible du poids vif des animaux, de 3 à 5 0/0 environ. On les trouve dans tous les organes, tissus, cellules et liquides 38() Annales de la science agronomique de rorganisme, toulefois la jikis grande partie de ces matières, — les 5/6 — , est localisée dans le squelette, dans les os. Les diverses matières minérales se trouvent chez l'animal en proportions très ditréi*enles. Au point de vue de la quantité, la chaux et l'acide phosphorique viennent au premier rang, pour les 4/5, avec une légèi^e prépondérance de la chaux sur l'acide phosphorique ; la plus grande part de ces deux corps est con- tenue dans le S(iuelet(e, pour la chaux c'est même la presque totalité, U8 0/0 ; le 1/5 restant des matières minérales est formé par de la potasse, de la soude, de la magnésie, du chlore, puis par des substances qui se présentent en ((uantité beaucoup plus faible, c-onmie le fer, enllii par des substances qui n'existent qu'à l'état de traces mais qui n'en jouent pas moins un rôle important dans la nutrition, telles le manganèse, l'arsenic, le bore, le tbior et probal)lement quelques autres encore. Le rôle des matières minérales dans l'organisme est multiple et encore très incomplètement connu. Le rôle des sels calcaires, comme tissus de soutien dans les os, est évident, mais les matières minérales entrent aussi dans la constitution de tous les autres tissus. Souvent elles sont, en solution, des régulateurs de la pression osmotique, de la concentration moléculaire, qui a une très grosse importance pour les diverses humeurs de l'or- ganisme ; on sait, en particuliei", que le sang u une pressic^n osmotique tout à fait constante, il en est de même de la sécré- tion lactée qui a la même concentration moléculaire que le sang; il est établi, à l'heure actuelle, que c'est surtout le (^hlorure de sodium qui a pour rôle de régler cette pression osmotique, celle concentration moléculaire et de la maintenir constante. Les matières minérales agissent, d'autre part, comme éléments cata- lytiqiies dans les phénomènes diastasiques qui régissent la plu- part des réactions qui se passent dans l'organisme. Enfin, il est certain que les matières minérales jouent un rôle dans les phé- nomènes de désintoxication de l'organisme. Les formes sous lesquelles les matières minérales peuvent être utilisées par l'organisme et les quantités les plus favorables sont acluellemenf peu connues. On sait cependant d'une façon certaine, lion faite des os ; la proj»ortion de i)hos]iliore sous forme inorganique, de phosphates miiiéi^.nix, est au'contraire extrême- ment faible. Les combinaisons organiques phosphorées qu'on peut trou- ver dans les aliments d'origine végétale aussi bien que d'orig'ine animale ne sont pas encore toutes connues. On sait cependant que l'acide phosphorique se trouve lié à des matières albumi- noïdes, telles (|ue les nucléines et les pseudo-nucléines, la caséine du lait étant la plus iinî)ortante de ces pseudo-nucléines. Il peut être aussi engagé dans des substances' ressemblant aux graisses, telles que les lécithines, ou dans certaines matières non-azotées ressemblant aux matières hydrocarbonées, il en est ainsi par exemple de la phytine, très répantlue dans les végé- taux et surt(Mit dans les graines, et (|iii n'est pas autre chose (pi'un étiier ]ihos[)liori(|ne de lignosilc ; on sait (pi'il existe d'au- tres substaiH:es analogues à la ph\line, mais moins bien con- nues : on les désigne sous le nom collectif de phosphatiques. 11 est à remarquer (|ue tontes les fois que le phosphore est engagé dans une combinaison avec .une matière albnminoïde. \ine graisse ou une substance non azotée telle ((u'une matière hydro- carbonée, il est toujours, dans la molécule organiijue, lié à l'oxy- gène, c'est-à-dire sous forme d'acide j^hositlrririque ; autrement dit, toutes les combinaisons ])hosphorécs connues peuxcnt l'Ire regardées comme des éthers de l'acide ithosphoricjue. La forme sous la(|uelle la cliaux se trouve dans les aliments est encore moins connue. Ou sait (ju'nne partie de celle chaux peut î4o ti'onver liée aux malièivs (»rgiini(|ues, en |>articiilier anx matières aljjuminnïdes, comme c'est le cas; pour l;i chaux de la caséine. .Mais, dans les aliments d'origine végétale, s'il en exi»nt.aieiil, les troubles mani festins qui jtrouvcrit un»' luilrition calcique et jihosj'horée insuffisante; con- tinuée pendant un certain temps, cette nourriture faisait appa- raître ('Ih;z les animaux les signes de la cacliexie osseuse. La cachexie osseuse est le nom sous lecjuel on englobe maintenant les accidents pathologiques qu'on désignait jadis plus spécia- lement sous le nom de rachitisme, quand il s'agissait des jeunes animaux, et d'ostéomolarie. quand il s'agissait des adultes; les animaux atteints de ces tr'oubics sont très faciles à reconnaître : ils se développent mal, les tissus des os s'enllamment, se gon- NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE • 391 fient, les os, qui se déminéralisent, deviennent mous, le squelette se déforme, et si on continuait pendant quelque temps encore une pareille alimentation les animaux succomberaient presque sûrement à la cachexie, c'est-à-dire à l'épuisement. Hart réalisa une ration pouvant produire ces troubles de la façon suivante : il employa du riz, riche en matières hydrocar- bonées, et du giuten de blé, riche en matières azotées, mais tous deux très pauvres en matières minérales. Il y ajouta du son de blé, — cet aliment est particulièrement riche en acide phospho- rique organique, sous forme de phytine — , mais pour avoir une ration très pauvre en phytine, Hart eut soin de le faire macérer dans de l'eau chaude. De cette façon il obtint une ration qui, au bout de quelques semaines ou au plus de quelques mois, provo- quait sûrement l'apparition de la cachexie, du rachitisme chez tous les porcs en période de croissance. Comparativement au premier lot de porcs ainsi nourris, il prit d'autres porcs aussi semblables que possible, du même âge, de la. même portée, etc., qu'il alimenta de la même ration, à laquelle il avait ajouté du phosphate précipité, c'est-à-dire un mélange de phosphate tricalcique et de phosphate bicalcique, en somme du phosphore inorganique. Un troisième lot de porcs reçut la même ration, mais, au lieu de phosphate précipité, Hart y avait ajouté du phosphate inor- ganique sous forme de phosphate naturel très finement pul- vérisé. Un quatrième lot reçut encore la même ration, renfermant également du phosphore inorganique, mais sous forme de cendres d'os, c'est-à-dire du phosphate tricalcique aug-menté d'une petite quantité de carbonate de chaux. Enfin un cinquième lot reçut la même ration, mais sans que le son de blé eût macéré dans l'eau, fût débarrassé de sa phytine, ration riche par conséquent en acide phosphorique engagé dans une combinaison organique. Tous les porcs, autres que ceux du premier lot, se dévelop- pèrent normalement. L'expérience ne dura pas quelques jours ou quelques semaines, mais dans certains cas, fut poussée pen- dant plus d'un an ; une truie, ainsi nourrie pendant sa période de croissance, arriva au poids de 125 kilos et donna une portée de porcelets très vigoureux, alors qu'elle ne recevait dans sa ration que du phosphate inorganique, elle allaita ses petits jus- qu'à ce qu'ils atteignissent le poids de 36 kilos, alors que souvent les porcs sont sevrés dès qu'ils pèsent 20 kilos. Cette expérience est la seule, à l'heure actuelle, qui soit abso- lument démonstrative, qui montre de façon irréfutable que l'acide phosphorique peut être utilisé pour l'alimentation des mammifères domestiques alors qu'il est engagé dans des combi- naisons inorganiques. Elle se trouve d'ailleurs complétée et confirmée par une autre expérience, très belle également, faite sur des oiseaux de basse- cour, des canes, par Fillory. Le jaune de l'œuf des oiseaux renferme des quantités consi- .'W2 Annales de la science agronomique dcrables d'acide phosphurique, (|iii est presque eu totalité eiinajié dans des mniliiuaisuns oryanit]iies, d'une part de la nucléiue, matière albuniinuïde phosphorée, d'autre part des lécithines, graisses ]ili(isj)liurées. Fillory a voulu démontrer que des canes nourries a\ec des rations renl'eiTuanl à peu ]»pès exclusivement du phosphore inorganique et de la chaux inorganique sous forme de phosphate précijtité et de carbonate de chaux, ajoutés à une ration déj^airvue d'acide phosphoritjue, pouvaient donner des quantités d'irufs aussi élevées que des canes nourries avec une alimentation ordinaire, renfermant des combinaisons orga- niques phosphorées. et qu'en outre la composition de ces œufs n'était pas modiliée, c'est-à-dire (ju'elle présentait la même i)ro- portion de nucléine et de lécithine qu'à l'ordinaire. Dans ce but, il a commencé par nourrir les canes pt'ndnnt iilu- sieurs mois avec celte nourriture dépourvue d'acide pliospho- rique organique et ne renfermant que du phosphore inorga- nique; i)uis, il les a livrées à la reproduction. Les canes ont pondu des quantités d'ipufs du mémo ordre que les autres canes ; l'analyse a permis de constater ([ne les u^ufs avaient une constitution normale. Fillory a également montré qu'en admet- tant que les canes aient pu faire jiasser dans les onifs l'acide ])hosj)hori(iue engagé dans les combinaisons organiques de leur propre corps, il aurait fallu qu'elles épuisassent plusieurs fois la quantité d'acide phosphorique reii fermée dans leur propre corps jiour fournir la quantité d'acide phos])horique contenue dans la nucléine et la lécithine de leurs œufs. Or, non seulement les canes n'avaient pas diminué de poids à la fin de l'expérience, mais encore elles avaient engraissé. Il est donc bien certain que l'acide phosphoi'ic|ue, mé'me engagé dans des combinaisons inorganiques, peut être utilisé dans l'organisme. l'U point peut être encore signalé, c'est qu'un excès d'acide phosphorique dans la ratir)n peut entraver l'utilisation de la chaux de cette ration par l'oi-ganisme : en pareil cos, en effet, l'acide phos|>horique donné en excès, et qui doit être éliminé agit commedécalcifiant en soustrayant à l'organisme une partie de sa propre chaux. Une exj>érience déjà ancienne de Weiske, est. à ce point de vue, démonstrative. Weiske noiu'rissait des lapins eii pleine période de croissance uniquement avec des graines d'avoine, (jui, c(»mme toutes les graines, l'enferment beaucoup d'.icide phosph(iri(|ue, 7 ]». 1000, mais peu de chaux, 1 p. 1000 seulement: la ration renfermait donc un très fort excédent d'acide phospho- ri<]ue : les lapins ne se dé\elo|)pèrent |»as et fui'cnl au bout de quelque temps, atteints de rachitisme, comme s'ils recevaient une ration insuffisamment riche en chaux et en acide |)hosj)ho- rifjue. Par ailleurs, il suffit d'ajouter à la ration du carbonate de ch.iux ep n.'iture, pour ([u'immédjalement les accidonls cessent et que la crdissance se lasse nnrnialement ; au lieu de craie, «m peut donner aux animaux, un peu de foin de [iré qui, renfer- mant un excès de chaux j)ar ra]»port à l'acide phosfihorique, NOTES PRISRS AU COURS DU ZOOTECHNIE DE A. MALLEVRE 393 rétablit l'équilibre nécessaire entre la chaux et l'acide phospho- rique et assure le développement de l'animal. Il reste à examiner si les animaux domestiques peuvent man- quer d'acide phosphorique ou de chaux dans l'alimentation nor- male ou spéciale qu'on leur donne, et s'il est possible et néces- saire de compléter cette alimentation au point de vue du phos- phore et au point de vue de la chaux. Dans ce but, il convient de suivre les animaux au cours de leur développement : comme il était facile de le prévoir, ce sont en effet les animaux en pleine période de croissance qui ont le plus besoin d'acide phosphorique et de chaux; les adultes qui n'ont plus leur squelette à former, en exigeant une quantité moindre, sauf s'ils sont employés à la reproduction ou à la pro- duction du lait, car dans le lait se trouve une quantité considé- rable de chaux et d'acide phosphorique; avec chaque litre de lait, la vache excrète, en etïet, environ 2 grammes de chaux et 2 grammes d'acide phosphorique. Il faut remarquer le parallélisme existant entre la nutrition azotée et la nutrition phosphatée : tous les animaux qui ont de grands besoins d'azote, ont aussi de grands besoins en acide phosphorique et en chaux, ce sont les animaux jeunes, les repro- ducteurs et les femelles laitières; les animaux dont les besoins en azote sont très faibles, n'ont que de faibles besoins en acide phosphorique et en chaux. Cette observation peimet de se rendre compte si les animaux manquent d'acide phosphorique ou de chaux dans leur alimentation. Animaux en période de croissance. — Dans leur période de croissance, les veaux, par exemple, doivent, pendant la première partie de leur existence, trouver dans leur nourriture de chaque jour, une quantité suffisante d'acide phosphorique et de chaux pour, en dehors de leur besoin d'entretien-, l'élimination quoti- dienne, fixer à peu près dans leur corps, de 15 à 20 grammes de chaux et une quantité analogue d'acide phosphorique. La première nourriture des jeunes mammifères, même des herbivores, est le lait, riche en chaux et en acide phosphorique. Les expériences de Soxhlet sur les veaux ont montré que les veaux uniquement nourris de lait, retiennent dans leur corps, avec une force étonnante, la plus grande partie de l'acide phos- phorique et de la chaux du lait, 75 0/0 environ de l'acide phos- phorique et 95 0/0 environ de la chaux.^ Les résultats de cette expérience sont consignés dans le tableau suivant : Fixation de Vacide phosphorique chez des veaux âgés de 2 à 3 semaines pesant 50 kilos. (Soxhlet) Acide phosphorique Chaux Dans 8 k. 093 de lait consommé 19 gr. 15 gr. Fixé dans le corps 13 gr. 8 " 14 gr. 8 Fixé en 0/0 de ce qui a été absorbé 72,6 0/0 96,7 0/0 ;]94 Annales de la science agronomique Ces résultats sont si précis que la question s'est posée de savoir si, en enrichissant le lait en acide phosphorique et en chaux, on n'arriverait pas à favoriser la croissance des veaux : tous les essais tentés dans cet ordre d'idées ont donné des résul- tats nétiatil's. Des expériences de même nature laites sur des airneaux et sur des porcs ont donné des résultats analogues. Certains auteurs ont cru que cela résulte du fait que le phos- phate inorganique ajouté au lait serait inassimilablc; le résultat des expériences déjà décrites a prouvé le contraire : la vraie raison de l'échec de ces essais, c'est simplement (|ue le phosphate et la chaux sont dans le'lait en quantité suflisanle pour assurer la croissance des jeunes; de même qu'il n'est pas possible, en' augmentant la matière azotée d'une ration au delà de ce qu'en ('(mtient le lait, de forcer la lixation de la matière aziitée, de même il n'est pas possible, en augmentant la proportion d'acide phosphorique et de chaux, de hâter la croissance d'un animal et la pousse de son squelette. Comme beaucoup croyaient que l'échec auquel on avait abouti tenait à la forme inorganique sous laquelle le phosphate avait été ajouté au lait, on a essayé de procéder autrement : en don- nant de l'acide phosphorique et de la chaux aux vaches, on pen- sait enriciiir leur lait; le résultat a encore été négatif. 11 y a déjà longtemps que Duclaux a monti^é que l'addition de phos- l>hate à la ration des vaches, n'a aucune inlluence sur la richesse du lait en chaux et en acide phosphorique; le tableau suivant résume son expérience, il en ressort que les quantités de chaux et d'acide phosphori(iue restent du même ordre, dans le lait, que ralimentation soit ou non snri)hosphatée : Influence d'une addition de phosphate de chaux à la ration sur la composition du lait (Duclaux) Le lait contient par litre, en gTammes : Alimentation Aliiii«ntation phosphatée non phosphatée Chaux 1,82 1,SIJ 1,08 1,82 Ac. phosi>horique 2,27 2,84 1,04 2,20 Fingei'ling a renouvelé l'expérience siu' des chèvres en don- nant à certaines bêtes un sM|)]ilément d'acide phospliori(|iic organi(|ue sous forme de nmléine, de lécilhine ou de jiliytine. Les résultats ont été les mêmes et l'addition d'acide i)hi.spho- ri(iuc à la ration, quand la i-alion en cimlcnait déjà imc dose normale, n'a ])as uiodilié la teneur du lait m acide iilin-pliorique et en chaux. Ces obsei'vations altiicut raltciition sur des eri'eurs coinniises dans le commei-ce. Certains laitiers annoncent la \ente de lails, soi-disant phos|)hatés, pour les enfants : ou le prodiicleur du lait a été de bonne foi, a donné à ses vaches un supplénjent d'acide phosphorique dans leiu' ration et le lait, malgré tout. NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 0% n'en contient pas davantage, ou s'il en contient davantage, on peut être sûr qu'il a été ajouté après coup et ce supplément est absolument inutile. On peut donc admettre ce point fondamental, que tant que l'alimentation lactée des très jeunes animaux est suffisante, ils reçoivent en la prenant tout l'acide phosphorique et toute la chaux qu'ils sont capables d'utiliser. Mais l'alimentation lactée ne dure qu'un temps limité et alors même qu'il s'agit des veaux, on cherche à utiliser 'par ailleurs le lait des vaches qui les nourrissent et l'on remplace dans l'ali- mentation des jeunes, une partie du lait par des aliments con- centrés, graines, tourteaux et en tout cas, farines provenant de ces graines et de ces tourteaux. Or, ces farines sont très riches en acide phosphorique, mais très pauvres en chaux, et de ce fait, il peut arriver que la ration manque de chaux : il est très facile de pourvoir à ce déficit, en ajoutant à la ration de la chaux, sous forme de carbonate de chaux. Quand vient l'époque du sevrage, si l'on se trouve dans la période d'été, les jeunes animaux sont mis au pâturage ou tout au moins nourris avec une alimentation à base de fourrages verts. Les jeunes herbes étant riches en acide phosphorique et en chaux, se rapprochent, à ce point de vue, du lait, et l'on peut être certain, à la condition que ces jeunes hei^^es aient une condition normale, que les jeunes animaux y trouveront les élé- ments nécessaires à leur croissance. Mais, il arrive que les her- bes, provenant en particulier de certaines prairies tourbeuses, manquent cfacide phosphorique et de ch^ux, — il en est de même dans les années de sécheresse où la pousse de l'herbe a été anormale — , on voit souvent apparaître chez les animaux nourris avec de l'herbe récoltée dans ces conditions des signes de rachitisme. Il est clair que le mieux est de parer à ces incon- vénients en améliorant de pareils pâturages par l'apport d'en- grais phosphatés et calciques; quand la difficulté ne peut être résolue à la base, on peut, au moins momentanément, obtenir un développement normal des animaux en enrichissant les rations en phosphates de chaux et en ayant recours à des pré- parations minérales. Au seuil de l'hiver, les jeunes animaux sont généralement nourris, après le sevrage, avec un mélange d'aliments grossiers et concentrés, aliments grossiers constitués par de la paille et du foin, aliments concentrés .formés par des racines, des graines et des tourteaux; or, au point de vue de la richesse en chaux et en acide phosphorique, les aliments concentrés et le foin se complètent; donc, si les l3êtes reçoivent de ces rations variées renfermant du foin, de la paille, des racines et des farines, on peut être sûr que leur besoin en acide phosphorique et en chaux seront satisfaits. Cependant, il arrive assez fréquemment que les quantités de foin disponibles sont faibles et que, pendant l'hiver, les jeunes sont presque exclusivement nourris de paille et d'aliments concentrés; grâce aux aliments concentrés, la raiion reste riche en acide phosphorique, mais la paille ne ren- ;{96 Annales de la science agronomique ferniaiil que très peu de chaux, el d'acide phosphorique, les jeunes animaux ainsi nourris manquent de chaux : on parera à cet tnconvénient en ajoutant à hi ration de la chaux sous forme de carbonate; il vaut toutefois encore mieux faire eu sorte de récolter suffisamment de foin; quoi qu'il en soit, si Ton n'a pas la précaution d'ajouter de la chaux à la ration, lorsqu'elle en manque, on voit se produire des cas de rachitisme. De même, lorsque les foins proviennent tle prairies touri)euses, ils ne peuvent compléter les aliments concentrés, car ils renferment peu d'acide phosphorique et de chaux et il est nécessaire d'ajou- ter de la chaux à la ration. A côté des animaux herbivores, il en est d'autres qui tilïrent le plus grand intérêt au point de vue économique, par consé- quent pour l'afiriculture, ce sont les porcs, qui sont des omni- vores. Ouand le porc cesse de recevoir uniquement du lait, il est presque toujours nourri avec des aliments concentrés, des racines, des tubercules, quelquefois même un i»eu de tourteaux, et cela |)res(iue exclusivement. Dans ces conditions, il reçoit l'acide })hosphoriiiue dont il a besoin, mais il manque de chaux : on a pu le mettre en évidence en observant que de tous nos animaux domestiques, ce sont les jeunes porcs qui sont de beau- coiq) le plus sjijets à contracter la cachexie osseuse. Gela dépend à la fois de la ra])idité de leur croissance et éijalement (le ce fait que, ne consommant pas de foin, ils ne retrouvent pas comme comiilémcnl de l'acide phosi>hoi'i(|iie des alime?ils con- centrés, l'excédent de chaux tpie les herbixores rencônlreut dans le loin. A la Station du Wisconsin, Henry a fait une expérience qui a mis tout à fait en évidence ce défaut de chaux et les conséquences qui en résultent chez les animaux qui ne con- somment que des aliments concentrés. Aux Etats-Unis, l'alimentation du porc est à ])ase de maïs. Henry a i]i\nr nourri un hit de iiorcs avec du maïs, riche en acide ]iiiosi)horique, mais ])auvre en chaux. 11 a nourri un deuxième lot avec du maïs additionné de cendres de bois lessivées; les ceuflres de bois lessivées par l'eau, laissent un résidu surh»ut riche en carbonate de chaux fpii peut fournir la chaux manquant au maïs. Ent\u, à un troisième lot, il a donné h' maïs avec de la poudre d'os verts, c'est-à-dire d'os débarrassés à chaud de leur graisse par des dissolvants, benzine ou toluène: cette poudre d'os renferme du phospliale li-icalcique et une petite quantité de carbonate de chaux. 11 a obtenu les résultats suivants : Alors qu'il a fallu 0,.'? kgr. de maïs, pour obtenir un gain de poids vif d'un kilo chez les porcs nourris exclusivemcnl (ic maïs, avec le maïs additionné de cendres de bois ou de |Hiu(lre d'os, ''i,'.» kgr. de ma'ïs ont sufli. Ce ivsidiat montre la moins bonne utilisation d'un alimeid du seul fait d'un déficit de chaux. Kn outre, on a constaté que la croissance des animaux du premier lot se trouvait très retardée, (fue leur squelette ne se durcissait j)as. à tel point que les os se romi^aient sous une charge m(»itié moindi-i^ (pie celle ([ui était nécessaire pour rompre NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A, MALl.ÈVRF 397 dans les mêmes conditions les os des animaux des deux autres lots. En face de ces résultats, on peut se demander comment il se fait que le rachitisme ne soit pas observé plus fréquemment chez les jeunes porcs. La chose s'explique. Tout d'abord, il ne faut pas oublier que les animaux trouvent de la chaux, non seu- lement dans leurs aliments, mais encore dans leur eau de bois- son quand elle est suffisamment calcaire : il y a très longtemps que Boussingault a prouvé, en faisant le bilan de la chaux chez les porcs, qu'une partie de la chaux retenue, par eux, provenait de l'eau de boisson qu'ils consommaient; des eaux calcaires peu- vent donc, jusqu'à un certain point, remédier au déficit de chaux de l'alimentation des porcs. De plus, quand les jeunes porcs, au lieu d'être enfermés dans des porcheries, sont laissés en liberté, comme on devrait toujours le faire pendant au moins un certain nombre, d'heures chaque jour, ion les voit fouiller la terre et consommer avec l'apparence d'un vif plaisir, de petites pierres tendres qui ne sont pas autre chose que des l^ierres calcaires renfermant du carbonate de chaux; instincti- vement, pour ainsi dire, ils complètent une alimentation défici- taire en chaux. Malgré tout, il est bon de ne pas se fier à cette possibilité, surtout dans les terrains manquant de chaux et dont les eaux sont peu calcaires; il vaut mieux avoir recours à une addition de chaux à la ration. Souvent d'ailleurs, on parvient au même résultat en donnant aux jeunes porcs, à côté" des aliments con- centrés proprement dits, un peu de fourrages verts, notamment des fourrages de légumineuses (trèfle, luzerne) qui contiennent une certaine quantité de chaux que les animaux peuvent uti- liser. Ces constatations sur les porcs trouvent leur confirmation dans les observations faites sur les oiseaux. C'est pourquoi on suspend dans les cages des oiseaux, un os de seiche, qui n'est pas autre chose qu'une source de car]3onate de chaux ix)ur les granivores, qui ne trouveraient pas dans les grains mis à leur disposition, la quantité de chaux nécessaire à leur alimentation. Femelles laitières. — L'étude de la nutrition phoêphatée et de la nutrition calorique chez les jeunes animaux en pleine période de croissance a permis d'indiquer, en passant, que les animaux adultes ont des besoins peu élevés en acide phosphorique et en chaux. Il convient de revenir sur l'exception, signalée pour les fem.elles laitières, dont les besoins sont supérieurs. Celles-ci sécrètent en effet dans leur lait, environ 1,7 gr. de chaux et 2 gr. d'acide phosphorique par litre. Dès lors, si une vache donne 10 litres de lait par jour, elle perd de ce fait 17 qr. de chaux et 20 gr. d'acide phosphorique; si elle donne 20 litres de lait ces quantités sont respectivement portées à 34 et 40 gr. par jour, toujours indépendamment des quantités éliminées par les excrétions fonctionnelles. Si l'on compare ces quantités qui doivent au moins être don- ;!9.S Annales de la science agronomique nées aux vaches laitières en sus de ce ([ui leur est nécessaire pour les besoins d'entretien, avec ce que réclament les veaux jMiiir leur croissance. t>n voit que les besoins des vaches laitières sont beaucoup moins élevés et on retrouve le phénomène cons- taté à propos des matières azotées : en lait, les bêtes qui ont besoin de beaucoup de matières iihospiiatées et calciqucs, et dans des proportions analoizues, sont les bctes en période de croissance. Un veau de 50 kpr. fixe par jour 14,8 gr. de chaux et 13,8 g-r. d'acide phospliori(pie; ces quantités rapportées au poids moyen d'une- vache, r)00 kilos, donnent l'i.S gr. de chaux, et i;}8 gr. d'acide phosphorique, suit des (juantités très supé- rieures à celles que l'on constate chez les laitières; en doublant, en trii^iant même le chi (Tre de la production normale du lait, on trouve encore des chillres assez intérieurs à ceux que récla- ment les animaux en pleine période de croissance. 11 en résulte que, dans la plupart des cas, les vaches laitières trouveront dans leur nourriture, ]iourvu qu'elle soit assez abon- dante en principes nutritifs organiques, toute la chaux et tout l'acide phosphorique dont elles ont besoin : il en sera ainsi en particulier quand elles seront nourries, l'été, dans de bons pâtu- rages, l'hiver, avec un mélange d'aliments grossiers, foin et paille, et d'aliments concentrés, racines, grains et tourteaux : les foins qui contiennent un excédent de chaux compléteront les aliments concentrés qui, eux, renferment i>eu de chaux, mais un excédent d'acide pliosphorique. Il y a cependant des situations dans lesquelles les vaches lai- tières • — de même que les jeunes animaux — i^euvent manquer (le rliaux et d'acide ]>luts]»hoi'i(|ue. C'est d'abord quand les pâturages sont de qualité inférieure, c'est ensuite quand les animaux sont mis dans des pâturages tourbeux : dans ces cas, il y a lieu d'amender les pâturages, soit en les assainissant pour faire disparaître les plantes acides, soit en df»nnant des engrais phosphatés et calciques; il en est de même dans les années de sécheresse lorsque l'herbe est en ([uantité insuriisanle et a mal assimilé la chaux et l'acide ]^hos- ]>horifpie : on additionnera alors la ration de chaux et de phos- phate de chaux. Kn hiver, l'acide phos|)horiquc, ne man(iue pour ainsi dire jamais aux vaches laitières bien nourries, parce qu'on leur donne des aliments concentrés riches en acide phos- phorique; mais il y a des régions dans lesquelles les quantités de foin à donner aux vaches sont réduites, souvent même on ne leur donne comme alimeiils grossiers (pie de la paiHe : daus ce cas les vaches laitières ne trouvent plus dans leur ration la chaux qui leur est nécessaire. !)•' ce man(|ue de chaux et d'acide i»iiosphori(|ii(\ ou simple- meut de chaux, il ne résulte pas immédiatenient des dommages pour l'animal, ni même pour sa production laitière; en l'id»- scuce de l'un de ces deux aliments, la vache donne ceper.danl, pendant l(»ngtemps. un lait abondant et de c(tnq»osition normale:' elle emprunte cette chaux et cet acide phosphorique à son sqtie- letle; — dans une expérience faite pendant MO jours à la sta- tion agrononrK|iie de Wisconsin, sur une \.ich.' i|(.rinanf I.") litres NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 399 de lait par jour et dont la ration manquait d'acide phosphorique et surtout de chaux, on a pu soutirer par le lait à la vache une quantité de chaux égale au quart de la quantité totale renfermée dans le squelette, sans que la production laitière ait baissé, — mais si l'on continue, il arrive des accidents : les vaches sont frappées d'ostéomalacie et de cachexie osseuse, maladies que l'on retrouve également au cours des années de sécheresse, dans les régions à pâturages acides ou dans celles oia l'on fait con- sommer des foins acides durant l'hiver. On peut d'ailleurs parer à ces maladies en employant du phosphate de chaux pour l'ajou- ter à la ration. Animaux de travail ou à l'engrais. — En résumé, et sauf des cas exceptionnels, les animaux en période de croissance et les femelles laitières ne manquent pas de chaux ni d'acide phos- phorique. Lorsqu'il s'agit des animaux adultes employés pour la pro- duction de la viande et pour la production de travail, l'acide phosphorique et la chaux font encore moins souvent défaut. Il y a cependant deux cas spéciaux. En premier Jieu, les animaux exploités avec un régime fort uniforme, peuvent manquer de chaux ou d'acide phosphorique, mais plutôt de chaux; aussi ces accidents s'observent plutôt chez les chevaux, qui sont gardés, pour le travail, plus longtemps que les bovidés. Par exemple, les chevaux de meunier nourris l.)resque exclusivement avec du son, sont souvent frappés d'os- téomalacie : le son renferme très peu de chaux et beaucoup d'acide phosphorique qui décalcifie l'organisme. A un moindre degré, on observe des accidents de même ordre dans certaines cavaleries comme ce fut le cas pour celle de la Compagnie générale des Voitures de Paris : à raison de la diffi- culté d'obtenir des foins de qualité régulière, on avait été amené à supprimer le foin et à ne donner aux chevaux que de la paille et des aliments concentrés : avec ces rations trop riches en acide phosphorique et pauvres en chaux, on décalcifiait l'organisme des animaux et, à certaines époques, on a remarqué des cas fré- quents de fracture des os chez ces animaux. Si une nourriture de ce genre doit être continuée, pendant longtemps, il faut la compléter par un .apport de chaux. En résumé, dans la majorité des cas, c'est la chaux seule qui fait défaut dans l'alimentation; il y a lieu d'examiner les moyens de compléter, au meilleur compte, une alimentation défectueuse à ce point de vue. Le meilleur consiste à recourir au carbonate de chaux, c'est- à-dire à^la craie, qui coûte quelques francs les 100 kilos; la craie broyée et tamisée est lavée et c'est ce lait de craie que l'on mélange aux aliments, dans la proportion de 10 gr. par jour pour les agneaux, 15 gr. pour les porcelets, 30 gr. pour les veaux, 50 gr. au maximum pour les vaches laitières. Ces quantités peu- vent varier, mais il convient, même pour des vaches laitières, 400 Annales de la science agronomique de ne pas dépasser 100 gr. par jour : l'excès de cruie neulrali- serait le suc gastrique et nuirait à la digestion. Si, dans certains cas, l'usage de Tacide phosphorique s'im- pose, il faut utiliser les aliments phosphores les moins coûteux. Il est établi, contrairement à ce que l'on croyait, que l'acide phosphorique et la chaux, engagés dans des combinaisons inor- ganiques sc»nt assimilables : il est par suite inutile de rechercher des préparations organiques d'un prix élevé. On obtiendra donc un résultat, en donnant aux animaux du phosphate précipité qui ne coûte pas plus de 20 francs les 100 kilos et qui est un mélange de phosphate tricalcique et de phosphate bicalcique. On peut encore, avantageusement, recourir à l'acide pliospiio- rique et à' îa chaux contenus dans des ps; on peut employer, comme l'ont démontré. Gouin et Andouard malgré toutes les objections (|ui leur étaient faites, simi»]emcnt de la ]H)udre d'os verts (c'est-à-dire dégraissés à chand, à la l>enzine et au toluène), à l'odeur de laquelle les animaux s'habituent, — on a prétendu que celte poudre d'os verts peut transmettre des maladies, notamment le charbon badéridien et. le iétanf»s. quand elle pro- vient d'animaux malades; on oublie, ce disant, que leur mode de préparation les stérilise nécessairement; si l'on a des craintes, on peut préparer celte poudre sod-mème en prenant des os frais, provenant d'animaux sains; on les fait bouillir pour les débar- rasser de la graisse, on les sèche au four en les torréfiant un peu i>our faciliter le broyage et on donne la poudre aux ani- maux. — On peut enfin, et c'est peut-être la solution la plus simple, avoir recours aux poudres d'os dégélatinés par ta vapeur d'eau, c'est-à-dire à une température supérieure à 100° : ces os sont sûrement stérilisés; ces poudi'es ne doivent pas coûter pins de 45 fr. les 100 kgr. et, étant donné les quantités indi- quées, la dépense journalière par animal, sera de l'ordre de grandeur du centime. Pour le phosphate de chaux précipité qui contient la plus grande quantité d'acide phosphori(|ue et de chaux, environ 70 à 80 0/0, il suffira de donner des quantités doubles de celles indi- quées \MH\v la craie; ]viur les pli()S]tl)ales d'tis dégélatinés, on en donnera trois fois plus; enfin. ]trés la composition de la ration, il était possible de prévoir si elle' mani]uait df chaux ou d'acide phosphoi'iqup; il est cependant bon dp connaître par ailleurs quchpies symptAmes qui ])ermctlent de diiviner que les animaux mnnqueni de ces malièref* minérales. \ côlé des accidents de cachexie, il > a ce qn'oii appelle le })ir(i, (\u\ se traduit par ih'< .berrations du goût, par la tendance NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 401 à ingérer des substances autres que les aliments ordinaires (terre sable...), à lécher tous les objets à portée, murs, man- geoires, montants des stalles, habits des personnes qui soignent les animaux. , , i i Mais ces symptômes sont provoques, non seulement par le manque de chaux, et d'acide phosphorique, mais aussi par le manque d'autres matières minérales, notamment de sel. On ne sera assuré qu'il s'agit d'un défaut .de chaux et d'acide phospho- rique, que lorsqu'on'aura la certitude que les animaux reçoivent assez' de chlorure de sodium dans leur alimentation. NUTRITION CHLORUREE SODIQUE Le chlorure de sodium a un rôle multiple comme les autres matières minérales : il est substance constituante de l'orga- nisme; par son chlore, il agit comme élément catalytique pour favoriser l'action de la pepsine; enfin, c'est le régulateur de la pression osmotique le plus répandu du sang et de certains autres liquides, notamment du lait. On a i^emarqué que le sel m-arin est la seule substance miné- rale que l'homme prend en dehors de ses aliments ordinaires : comme iT constitue une substance agréable au goût, un condi- ment, on aurait pu croire que telle était la raison de sa consom- mation; s'il en était ainsi, comme l'action des condiments ne se cumule pas, on aurait pu remplacer le chlorure de sodium par un autre condiment, sucré ou amer. En réalité, le besoin, la faim de chlorure de sodium a des raisons beaucoup plus pro- fondes. Toute cette question se- trouve dominée par une théorie pro- posée par Bunge, physiologiste de Bâle. Elle est basée sur des observations de physiologie comparée et sur des expériences directes. Bunge a remarqué que, parmi les animaux, la faim de sel est très différente suivant le régime naturel aufiuel ils sont sou- mis : les herbivores, même sauvages, sont très avides de sel et recherchent les endroits où se trouvent des efflorescences sali- nes pour s'en repaître, à tel point que les chasseurs choisissent ces points pour se mettre à l'affût et les tuer; par contre, Bunge a remarqué que tous les animaux soumis à un régime Carni- vore ou piscivore ont de l'indifférence pour le sel ou même ne laiment pas. Il s'est alors demandé si les hommes qui, suivant les régions, ont des régimes plus variés que les animaux domestiques, ne présentent pas des particularités du même ordre et il a constaté, que ce qui s'observe pour les animaux, s'observe aussi pour l'homme; les populations végétariennes d'Orient recherchent le sel; au contraire, celles qui ont un régime Carnivore, comme les Esquimaux de la zone boréale, consomment très peu de sel en dehors des aliments. Bunge compara alors la teneur en sodium des différents ali- 40.? Annales de la science agronomique ments ddri.iJiiu' véjiôtale et animale et eût Tidce de la comparer avec la teiu'iir en potassium de ces mêmes aliments. Très vite, il arriva à cette constatation qu'il y a, non pas égalité, mais très peu de dilTérence entre la teneur en sodium et en potassium des aliments d'origine animale et que, presque toujours, les ali- ments d'origine végétale sont beaucoup plus riches en potassium qu'en sodium. Pour 1 de sodium, on trouve 0,7 à 1,3 de potassium dans 1 orga- nisme entier des mammifères; dans les aliments d'origine ani- male : 4 dans la viande de bœuf, 0,07 dans le sang; 0,0 à 0,8 dans le lait de vache; 0,7 à 1 dans l'anif des oiseaux. Il en est tout autrement pour les aliments végétaux : pour 1 de sodium, on trouve à peu près 100 de potassium dans le Irètle en vert, avec cependant de grandes variations qui dépen- dent des conditions de la végétation et de la richesse du sol en potassium et en engrais; 3 à 57 dans le foin de pré; 12 à 13 dans le grain de blé; 15 à 21 dans l'avoine; 44 à 50 dans les pois; naturellement, pour certaines plantes particulièrement riches en sodium, la. proportion est moins forte : dans la bette- rave si souvent employée, on ne rencontre que 2 à 3 de potas- sium pour 1 de sodium; enfin, dans les plantes allnphytes, parti- culières aux terrains salés, le sodium t^sl .^n qn.mlité beauroup plus grande que le potassium. D'une façon générale, les betteraves mises à part, on peut dire que les aliineuts d'origine végétale renferment beaucoup ])lus de potassium que de sodium, alors qu'il y a pres<]ue équilibre quand il s'agit des aliments d'origine animale. Bunge a alors pensé que les dUTércnces de faim de sel consta- tées entre les carnivores et les herbivores, tenait à ces dilTé- rences de teneur et que,- pro])ablemont l'excédent énorme de potassium des aliments d'origine végétale avait pour effet d'ap- pauvrir le corps en sodium et en chlore, d'oîi l'obligation d'ingé- rer du chlorure de sodium pour parfaire la dilTérence. Telle est sa théorie : après la comburation des substances organi(|ues d'«irigine végétale qui contenaient des sels de j^otasse, ces sels se tnjiivent dans le sang à l'état de carbonates de potasse; 'rencontrant le chlorure de sodium qui est en grande quantité dans le sang, il se produit une double rlécomposition avec formati'on de chlorure de iiotassium et de carbonate de soucie; ces deux sels ne sont pas des sels noi-maux du sang où ils ne sont contenus qu'en faible quantité, et comme le sang mainliPTif sa comprtsifion d'une façon absolument constante, au fut et à mesui'c de lein- ai»]»arition, ils sont éliminés par les reins, d'oi'i un appauvrissement constant du sang, en soude et en chlore. Sous cette foi'me précise, la théorie est exagérée, en effet, il est dilTicile de dire qu'il existe vraiment du chloiMire de potassium et du carbonate de soude dans le sang-, puisque tous ces corps sont dissociés. Mais co. qui est intéressant dans la théorie de Uuuge n'est pas de savoir si les choses sfe passent exactement comme dans l'équation chimique qu'il a donnée, mais si vraiment l'apport NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 4o;'. dans l'organisme de sels de potasse a pour résultat d'appauvrir cet oraanisme en chlore et en sodium. , , , ,. Sur ce point, l'expérience ne laisse pas de doutes. Bunge a commencé l'expérience sur lui-môme : à une alimentation déterminée, pour laquelle il connaissait le bilan de son chlore et de son sodium, il a ajouté des sels de potasse; sous leur influence il a constaté une élimination beaucoup plus grande de sodium et de chlore, et il en a conclu que sa théorie était, dans les grandes lignes, confirmée, que la cause de l'absorption de sel en nature par les herbivores et par l'homme est la richesse très grande de l'alimentation végétale en potassium et que l'in- dilïérence des carnivores pour le sel tient justement à ce que l'équilibre est naturellement établi entre le potassium et le sodium à cause de la composition des aliments d'origine ani- male. Ces expériences ont été répétées et confirmées en France par Gérard : en faisant consommer à des animaux des sels de potassiurfi, il les a si bien appauvris en chlore et en sodium qu'ils n'ont pu se développer et que même ils ont succombé. Il y a donc un fonds de vérité dans la théorie de Bunge; la seule remarque à faire est que, peut-être, cette théorie met trop en avant le rôle exclusif du sodium et laisse un peu trop le chlore dans l'ombre. On peut ainsi expliquer une observation qui semble contradictoire avec les idées de Bunge. Certaines populations végétariennes au nord du Congo ajoutent à leur aiimentatiion des sels de végétaux plus riches en chlorure de potassium qu'en chlorure de sodium : si l'un remplace l'autre, c'est que la théorie de Bunge est en défaut; on a bien dit que ces nègres, placés parfois dans des conditions d'alimentation difficiles emploient le chlorure de potassium comme condiment parce qu'ils ne peuvent trouvei; du sodium, mais il semble y avoir autre chose : c'est que, dans certains cas, ce n'est pas la soude qui fait défaut à l'organisme, c'est le chlore, et momen- tanément, le chlore du chlorure de potassium peut sauver l'orga- nisme. On peut toutefois, dans ses grandes lignes, admettre la théorie de Bunge. De plus, l'action déminéralisatrice du potassium ne se borne pas au sodium. Quand, sous l'influence d'un excès de potassium, l'organisme s'appauvrit en sodium, il fait appel à ses réserves; comme pour l'acide phosphorique et la chaux, ces réserves sont dans le squelette; or, ies os renferment en sodium 0,5 0/0, de la quantité totale des cendres, c'est-à-dire très peu, d'autre part, ils conservent toujours la même composition centésimale, c'est dire que pour une faible quantité de sodium cédée par l'os, la quantité beaucoup plus grande d'acide phosphorique et de chaux qui y correspond est forcément éliminée. Il en résulte que l'ac- tion déminéralisatrice de la potasse ne s'exerce pas seulement vis-à-vis du sodium, mais indirectement, vis-à-vis de l'acide phosphorique et de la chaux. On s'explique ainsi pourquoi les accidents de cachexie osseuse qui tiennent au manque de chaux et d'acide phosphorique s'ob- servent surtout dans les sols qui sont pauvres en acide phos- Idi Annali^s de la sciénci£ agronomique phori(|ue et en ch;inx, mais par ailleurs très riches en potesse. Ceci doit donc mettre en fiarde contre Teinploi inconsidéré des engrais potassiques s'ils ne sont pas convenablement soutenus, dans les pàturag'es, par des fumures phosphatées ou calciques : on multiplierait la cachexie par l'emploi unilatéral des engrais potassiques. Il s'agit maintenant de savoir s'il peut être utile ou même nécessaire de donner aux animaux du chlorure de sodium en nature. Pour répondre à cette question, on peut se fonder, d'abord, sur des observati(ms empiriques et, ensuite, sur un-e expérience tout à fait remarquable. De nombreuses observations empiriques démontrent qu'il peut y avoir intérêt à donner du sel marin aux animaux. D'abord le chlorure de sodium est un excitant de l'appétit; grâce à ce condiinonl. on peut l'aire accepter des fourrages de qualité inférieure. De plus, en cas de disette, dans les années de sécheresse, les animaux supportent mieux le jeûne (pii leur est imposé, quand ils consomment du sel; on a d'ailleurs démontré ce phénomène par l'expérience : des herbivores ont été soumis au jeune, puis on leur a injecté du chlorure de sodium sous forme de sérum physiologique; les animaux injectés doublaient la période de jefine qu'ils pouvaient supporter, malgré la difficulté qu'entraîne le jeûne chez les herbivores à cause de phénomènes d'intoxi- cation inconnus chez les carnivores. Partout oij l'on fait de l'éle- vage à l'état sauvage, comme en Amérique, on donne du sel, même s'il y a de grandes difficultés à s'en procurer : grâce au sel, dans les périodes de disetlf, en saison sèche, les animaux se portent mieux; ailleurs, où il n'est pas possible d'avoir du sel en nature, on conduit les herbivores, à certaines époques, sur des tiMM'aiiis imprégnés de sel et ils consomment une quan- tité importante de cette terre salée. D'autre part, pour ces animaux vivant à l'état quasi-sauvage, la distribution de sel est un des moyens les plus précieux pour ap))rivoiser les animaux; ceux-ci, très friands de sel, viennent j)éi'io(ii(|uement dans des endroits déterminés où l'on en fait la distribution; cela permet de les rassembler à volonté et de former les troupeaux (jne l'on dii-ige ensuite vers les |)orts d'cm- bar((uenient ou les usines frigorilicpies. D^' même, en Auvergne, les propriétaires de bovidés ont toujours du sel dans leur poche, à la première pincée de sel fju'ils tirent de leur gousset, les vaches s'aj)prochent au lieu de se sauver comme à l'ordinaire. Dans la pralirpie, on observe également que les animaux aux- (piels on donne du .sel se présentent avec un aspect de santé meil- leur : le poil est plus luisrml, l'n'il plus brillant. Kn résumé, les obscrvati<.»ns cm]iiri(|U('S sembiffil indiiinrr ipic le sel est utile, sinon nécessaire. 11 faut cependant se dcniandcr s'il est nécessaire puisque dans certaines exphtitations, on ne donne pas de sel en nature aux NOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈVRE 405 animaux; c'est dans les aliments qu'ils trouvent le chlore et le sodium qu'ils consomment. Cette question ne se discute plus depuis une très belle expé- rience, unique mais démonstrative, faite à la Station agrono- mique du Wisconsin par Babcock et publiée en 1905. Dans cette région, on a coutume de donner du sel aux vaches laitières. Babcock prit 33 vaches auxquelles il donna la ration ordinaire, mais sans addition de sel; au bout d'un temps variant de quelques jours à quelques mois, il mettait à leur disposition du sel en nature; pendant assez longtemps il ne constatait aucun accident, aucune diminution de la production laitière, avant le retour à l'alimentation salée. Cette période pendant laquelle l'animal conserve sa santé et ses facultés laitières, varie suivant les animaux; dans cette expérience, elle a varié de deux mois, à plus d'une année. Au bout de cette période, apparaissent des. symptômes patholo- giques graves : perte de l'appétit, mauvais aspect de l'animal : œil terne, poil rude et m^at, diminution rapide du poids vif et de la production laitière; mais tous ces symptômes disparaissent si l'on donne du sel aux animaux. Si l'on persiste à le priver de sel, l'animal succombe parfois en quelques minutes et l'acci- dent se produit le plus souvent au vêlage ou peu après, au au moment où l'animal a le plus besoin de chlorure de sodium, puisqu'il en -excrète environ 2 grammes par litre de lait, en dehors de ce qui est nécessaire pour l'entretien; or, d'après Babcock, une vache a besoin pour son entretien de 25 gv. de chlorure de sodium par jour, si elle donne 10 litres de lait, cela fait une quantité de 50 gramipes de sel nécessaire par jour. Sur ces 33 vaches, celles qui- furent privées de chlorure de sodium tombèrent malades et toutes celles auxquelles on donna du chlorure de sodium se rétablirent très rapidement. A l'une, on donna du chlorure de potassium, elle revint à la santé dans les mêmes conditions; ceci prouve que ce n'était pas le besoin de sodium qui se faisait sentir surtout, mais le besoin de chlore, et démontre que la théorie de Bunge, si intéressante qu'elle soit, est au moins incomplète de ce côté. Ces résultats sont si probants qu'il faut se demander pourquoi, dans beaucoup d'endroits oij l'on élève des vaches laitières on n'observe pas d'accidents chez des animaux à qui on ne donne pas de sel en nature. Il y a, à cela, diverses raisons : Souvent, dans différents pays, les vaches laitières trouvent une nourri- ture plus riche en chlorure de sodium que dans le Wisconsin; au voisinage de la mer, par exemple, les effluves salines enri- chissent l'herbe des pâturages et le foin des prés. Ailleurs, pen- dant l'hiver où le chlorure de sodium fait le plus souvent défaut, on nourrit les vaches avec des rations renfermant une grande quantité de betteraves, qui, comme on l'a constaté, contiennent une quantité relativement considérable de sodium par rapport au potassium. Il est donc certain que les risques courus par les bovidés privés de chlorure de sodium varient suivaiit les sols, les régions, la 40(i Annales de la science agronomique romposition des aliments : on peut pFévoir que c'est surtout dans les régions de montagnes, sur les pentes où les éléments Sdlubles sont le plus lacilenient entraînés (|u'il y aura le jtlus de chances de voir le chlorure de sodium maïuiuer; aussi (htns ces régions, les propriétaires ne manquent jamais de donner aux vaches laitières un supplément de dildrure de sodium. Dès lors, il semble tout indiqué de donner du chlorure de sodium aux animaux ou, en tout cas de leur donner la possi- bilité d'en consommer. On observe, en elTet, que quand on donne régulièrement tlu chlorure de sodium aux animaux, ils n'en consomment que de très |)etites quantités à la fois. Le mieux alors est d'en mettre à leur disposition [)<»ui' leur permettre d'en j»reiidre (|iiand cela leur plaît, sous forme de blocs de sel gemme ou de pierres de sel aggloméré ou dénaturé, ce dernier contant moins cher parce qu'il ne paie aucun des impôts qui triplent la valeur du sel: on met ainsi du sel dans les mangeoires, les animaux le lèch(^nt à leur guise. Dans d'autres cas, si l'on utilise des aliments fades, on y ajoutera du sel directement comme condiment. pour limiter la déi)ense et aussi poiu* ne i>as pro\-oquer de désordres chez les animaux, il est bon de coniu^ître les quan- tités de sel qu'il ctmvient de ne pas dépass(>r, car si les animaux ])i'ivés de sel j)endant longtemps accusent des troid)les intesti- naux graves et des phénomènes d'intoxication (|ui peuvent être nutrlcls, l'excès peut aussi présenter des dangers. Pour* les bovidés d'un poids nnucn de 500 kgr., on ne dcpas- sera i»as 25 à .^O contenait pas plus de fer le treizième jour que le premier. Cette expérience est confirmée par une observation assez curieuse fjue l'on jieul faire sur cei'tains animaux qui viennent au monde après un dévelupiiemcnt intra-utérin ti'ès complet et qui ne consomment que très peu de lait. Le jeune cobaye, par exemple, consomme bien un peu de lait mais il prend tout de suite de la nuiu'riture végétale; or, il vient au monde sans avoir de réserve de fer dans son foie, parce qu'il jieut assimiler immédiatemejit du i\'v. Il y a là une adaptation curieuse des espèces au genre d'alimentation auquel elles sont soumises à la naissance. Bien que l'on ait fait d'expériences (jne pour le lapin, on a la preuve (pie la réserve de fer existe bien chez nos grands mam- mifères dnmcsliques : le foie d'ini veau âgé d'une semaine con- tient, relativement, sept fois plus de fer que le foie d'im adulte; ce n'est rpie vers la sixième semaine que Iji teneur du foie en fer s'np|)roche de la teneur constatée chez les adultes. Autrement dit, pendant les premiers semaines, (juand l'alimentation est exclusivement lactée, le veau constitue l'hémoglobine de son sang et la matière crilornnle de ses muscles, pour ainsi dire uniquement a\ec le fer emmagasiné dans son foie. isrOTES PRISES AU COURS DE ZOOTECHNIE DE A. MALLÈYRE 409 Toutes ces constatations sont intéressantes au point de vue de la pratique de l'alimentation. Elles expliquent notamment ce fait qu'une alimentation exclusivement lactée prolongée pen- dant trop longtemps peut amener des défauts de fer et par suite de l'anémie : les animaux engraissent, mais leurs muscles res- tent pâles. C'est le même cas que l'on observe souvent chez les nourrissons dont les nourrices ont un lait abondant et ne leur donnent pas autre chose pendant trop longtemps: ils sont gros et gms, mais fortement anémiés. On a donc tort de dire que le lait est un aliment absolument complet; il ne l'est pas au moins au point de vue de sa teneur en fer. A vrai dire, il est plus sage d'admettre qu'il n'y a pas d'aliment réellement complet. Cette propriété anémiante du lait consommé pendant long- temps est employée pour obtenir la viande de^veau blanc, qui est très recherchée : on nourrit les veaux jusque vers l'âge de trois mois exclusivement avec du lait; mais le lait ayant une assez grande valeur économique, tant pour la consommation en nature que pour la fabrication des beurres et des fromages, on le remplace par' du lait écrémé auquel on ajoute de la farine ou tel autre aliment concentré, très pauvre en fer. (A suivre.) CONTRIBUTION A L'ÉTUDE des ferments et de la fermentation du Rlium DEUXIÈME PARTIE W PAR E. KAYSER Ingénieur-Agronome, Directeur du Laboratoire de Fermentation La teneur alcoolique des rhums est très variable, elle oscille entre 52° et 75°. On y trouve, à côté des alcools supérieurs, des aldéhydes du furfurol (aldéhyde pyromucique) , des acides volatils et des éthers ; enfin, il peut y avoir un peu d'acides fixes (Acide lactique entraîné lors de la distillation), provenant de l'action microbienne ou encore apporté par le sirop qu'on ajoute au produit distillé ou enfin d'oxydations ultérieures dans les tonneaux. Parmi les acides volatils, il convient de citer l'acide formi- que, acétique, propionique et butyrique, peut-être même dans certains cas, de l'acide valérianique. Les avis sont un peu partagés en ce qui concerne les acides propionique et butyrique, il est absolument certain que les deux acides, peuvent se présenter. L'incertitude peut provenir un peu de la méthode de distillation fractionnée de Duclaux, (1) Voir la Première Partie par E. Kayser et Fr. Rey dans le n° i à G (avril- juia 1917;. ilj a.\n.\ij:s ui: i.a sciENCii aoiionomiql'K lorsqu'on a, à cùlé de l'acide acétique, de faibles quantités dft ces acides supérieurs, il est des cas où l'on peut aussi bien admettre un mélange dacide acétique et d'acide propiunique, qu'un mélange d'acide acétique et d'acide butyrique. Ainsî, les nombres correspondants 5 A. A. pour 1 A. Pr. sont sem- blables à ceux du mélange 11 A. A. et 1 d'Acide Butyrique ; de même ceux correspondant à 2 A. A. pour 1 A. Pr. ressem- blent H 5 A. Ac. pour 1 Ac. Butyrique; quant à l'acide formi- que, la réaction au nitrate d'argent ammoniacal et celle encore plus sensible de Denigès (décoloration du bleu de méthylène en présence de bisulfite de soude) donnent une cer- titude absolue. Tous ces acides peuvent se retrouver combinés avec les alcools : on a pu déceler le formiate, l'acétate, le butyrate d'éthyle ; certains auteurs admettent même la production d'éther œnanthylique. Ces divers produits varient dans des proportions très gran- des selon la composition du moût, l»^s conditions de fermen- tation et de distillation. On le comprend d'autant mieux si l'on songe que la fer- mentation est souvent spontanée, que le moût est ensemencé par les levures d'nno opération précédente, laissées adhé- rentes au fond de ifi cuve et aux parr»is : dès lors il y a tel ou Irl rerincnt qui prendra If di^ssus. qui impi-imorn son cachet au produit obtenu. Une circulaire de 1908 admettait pour les rhums de mélas- ses par hl. d'Alcool à 100" : Acides volulils 150-300 gr. Aldéhydes 15- 45 — P^urlurol là 5 — Ethers 150à300 — • .Mcools su|)érieurs 00- 100 — CiOcITicicut non alcool i50 - 700 — Il v avait donc ainsi une teneur assez élevé»' en acides vola- tils et en éthers et par contre une faible teneur en alcools ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 41.? supérieurs. Cette manière d'envisager la question devait ame- ner de nombreux inconvénients et présenter des difficultés pour l'interprétation des résultats d'analyse. Nous possédons à l'heure actuelle de nombreuses analyses de rhums faites par MM. Simon. Sanarens, Bonis et Roques ; efles nous montrent ces grandes variations ; on a trouvé des rhums dont le coefficient non alcool était inférieur à 250. MM. Simon et Bonis ont essayé de classer les rhums d'après leur teneur en non alcool ; ils ont établi des types supérieurs, moyens et inférieurs. On a pu établir entre ces coefficients et les rapports : Ethers Ethers t»i et Aie. Supérieurs Ac. Volatils une certaine concordance, une relation, en passant du type- supérieur au type inférieur, sans parvenir à résoudre ce pro- blème complexe en raison des nombreux facteurs qui y jouent un rôle. Ajoutons d'ailleurs que les divers constituants du rhum n'ont certes pas tous la même importance ; le dégustateur trouve souvent le parfum que l'analyse chimique ne peut révéler ; c'est le rapport qui existe entre les divers consti- tuants qui semble, dans ce cas, influer sur la qualité du rhum. ' Ethers Ainsi on admet que le rapport est en Al. Supérieurs général inférieur à l'unité, pour le rhum de Vesou. tandis qu'il est supérieur à l'unité pour les rhums de mélasse, mais les réciproques ne sont nullement vraies. Ce rapport pourrait donc, à la rigueur, servir au classe- ment des rhums ; il progresse avec le coefficient non alcool, lorsque ce dernier est inférieur à 400, il est lui-même infé- rieur à l'unité et ce n'est qu'à partir de 500 qu'il s'élève beau- coup au-dessus de l'unité. ''^i ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE On coniprund quil peut atteindre un taux très élevé lorsque la fermentation a eu lieu sous l'influence d'une levure à voile c'est-à-dire lorsqu'il sagit des rhums très éthérés comme ceux de la Jamaïque, du Cap ou encore comme tertains rhums do la Réunion ou de l'Ile Maurice. Ethers Le rapport ou si l'on aime mieux Acid. Volatils Ethers les rapports peuvent encore être Ethers + Acid. Volatils ]>lus utilement consultés. Ethers Le rapport s'élève à mesure que le Acid. Volatils coefficient non alcool augmente ; il est, en général, inférieur à lunilé si le coefficient non alcool est inférieur à GOO. M. Bonis a pu faire déguster par des experts, certains rhums dont il avait fait l'analyse ; il n'est pas inutile de résu- mer ici les résultats de cette comparaison. Quantités par hectol. d'alcool en grammes. Classement Acides des Experts volatils Aldéhydes Furfiirol Ethers Alcools supérieurs TOTAL !.. 173.0 20.0 0.55 82.7 244 520.2 2.. 201.0 59.0 5.3 91.5 385 741.8 3.. 196.6 16.3 3.8 95.0 97 408.7 4.. 174.0 32.0 11.0 93.2 425 733.0 5.. 158.5 14.6 0.1 89.7 143 405.9 0.. 1G5.3 34.5 0.9 Cl. 6 339 601.0 115.2 - 23.0 6.3 117.9 168 459.4 8... 53.5 10.4 0.7 51.0 280.8 395.0 .0... 201.3 92.0 8.8 443.5 07.5 813.0 ETUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 41.- Classement Coefficient Ethers Ethers Coefficient Ac. Vol.+Ethers non alcool **■ V* fcj ^A\y^-^ Experts alcool Aie . Supérieurs Ac.Vol. Ethers ac. V+éthers !.. 520.2 0.34 0.47 3.0 2.0 2. . 741.8 0.24 0.45 3.2 2.5 s'.'. 408.7 0.98 0.48 3.0 1.4 4.. 733.0 0.22 0.53 2.8 2.5 5.. 405.9 0.63 0.56 2.7 -,1.6 6.. 601.0 0.18 0.37 3.6 2.7 . 7.. 459.4 0.71 0.81 2.2 1.7 8.. 395.0 0.18 0.95 2.0 3.7 9.. 813.0 0.60 2.20 1.4 1.2 Nous constatons qu'aucun des constituants pris isolément, ne permet de justifier ce classement ; le coefficient non alcool Ethers et le rapport Aie. Supérieurs présence du n° 3 ; il n'y a guère que le rapport Ethers -, voisin de 0.50 ou le rapport nous laissent perplexes en Ac. Vol. Ethers +Ac. Vol. Ethers voisin de 3 pour les quatre meil- leurs rhums, qui soient d'accord avec la dégustation ; il sem- ble que dès que le dernier rapport descend au-dessous de 2,6 ou qu'il dépasse 3.3, nous avons affaire à un rhum de moin- dre qualité. Dans cette deuxième partie, nous avons étudié les produits volatils obtenus dans la fermentation de moûts mélasses, sous diverses conditions ; ces fermentations portaient sur 1 litre 1/2 a 2 litres de liquide. Nous avons examiné l'influence de la levure pure, de la race de levure, de l'addition d'acide sulfurique, d'acide phos- phorique, de bisulfate de potasse, de fluorure, de la nature de la mélasse, de l'addition de vinasses, de phosphate de man- ll'i ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE ganèse, de phosphate d'ammoniaque, de raliment azoté, de ] "oxygène, influence de l'association de 2 levures, influence (le l'addition de la moisissure d'ananas, de l'addition d'un microbe, influence de l'addition de liquide frais, influence di' la durée de fermentation. Il est certain que nous n'avons pas la prétention de vou- loir comparer les résultats ainsi obtenus avec ceux de la grande jtratique ; ils présentent avant tout un intérêt théo- rique, mais ils ne sont pas moins utiles au fabricant de rhum qui verra quelles influences, souvent minimes, peu- vent changer le produit. Il pourra se rendre compte : ce qu'il devra faire pour avoir des produits de qualité cons- tante, ce qu'il faudra éviter pour avoir des produits de bonne qualité. Il apprendra surtout à apprécier l'emploi de la levure j»ure, de l'association de plusieurs ferments à propriétés connues ; d'autre part l'expert verra également combien il importe d'être prudent dans son jugement. Une des prtnniéres conditions à résoudre c'était de voir- comment il fallait concentrer et distiller les liquides fer- mentes. On pouvait amener le liquide fermenté soumis à la distil- lation, par concentrations successives (lOOOcc/ 750/500/ 350/25M/ à avoir 50" d'alcool, ou amener par une ou deux distillations, le liquide à présenter cette richesse. Nous avons employé comparativement les 2 méthodes Bal- lon A (méthodes successives) et Ballon B (concentration nu 1/4 du volume). Nous nous sommes servis dans le premier cas. de réfrigé- raril^^ Li^big et dans le second du l'cctiticateur Vigroux suivi 2.7< 938.9 486.9 621.8 lit hors 2.7 l.Ofi 0.02 0.70 -Lc 0.15 0.34 .\lc. sup. ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 419 Ethers 0.45 0.75 0.46 0.30 1.25 0.062 1.19 Ac. vol. Ae. vol. + Ethers 3.2 2.3 3.2 4.2 1.7 2.6 9.3 Ethers Exmmeyi microscopique des ballons : I grosse levure ronde dominante, levure allongée, bâtonnet et microcoque; II levure allongée, bâtonnet — fermentation à bulles gazeuses; III levure allongée, bâtonnets assez abondants et coccus; IV levure allongée, bâtonnets nombreux et coccus; V levure allongée et bâtonnets ; VI levure allongée — fermentation très calme. VII levure allongée bien développée — bâtonnets développés. La durée de la fermentation a été de trois semaines. Remarquons d'abord que pour le ballon n° VI (levure pure) et le n° VII, levure pure plus microbe, le rapport R de l'acide fixe à l'acide volatil est le plus élevé ; la fermentation est pure dans le ballon VI et presque pure dans le ballon VIL L'acide phosphorique (ballon IV) n'a guère gêné le déve- loppement du bâtonnet, au contraire le microscope montrait sa grapde multiplication qui s'est manifestée par la produc- tion d'une forte acidité ; l'acide phosphorique a été beaucoup moins actif que l'acide sulfurique, même à faible dose ; signalons encore que dans le ballon VI, la quantité d'al- déhydes est bien plus faible que dans les autres. Remarquons maintenant que la quantité d'éthers est mini- mum dans les ballons VI et VII, que la quantité d'alcools supérieurs est partout forte sauf dans le témoin (spontané I), elle est maxima dans le ballon VI (levue pure seule). On sait par de nombreux travaux notamment par ceux de MM. Kayser et Demolon (1) que les levures pures peuvent donner des alcools supérieurs ; leur quantité dépend non (l) AnnH.les de la Science Agronomique française et étrangère. Années 1907 et 1909. -'*-0 ANN.\Li:s DE LA SCIENCE AUHU.NU.MiyLE Seulement des conditions de lexpérience, mais encore, et sur- tout, de la race de levure. L'acidité est partout trop élevée sauf dans le ballon VI, ce qui tient au développement des microbes : dans les ballons \' (bisulfate de K) et IV (Ac. phosph.) les quantités d'aldéhydes sont très faibles et cependant c'est encore- pour eux que nous observons le coefficient non alcool le plus élevé. Il convient encore de signaler que ce sont les ballons I (spontané) et V (bisulfate qui ont formé le plus d'éthers ; il est également curieux de voir que les ballons VI et VII surtout ont donné des quantités déthers très faibles, b'er; que ce dernier ait une acidité volatile élevée, il était moin;: riche en alcool. Les diverses additions ont donc agi très différemment fl nous constatons des variations très sensibles en passant des cinq premiers ballons (liquides non stérilisés) aux deux der- niers 'liquides stérilisés.) B. — Addition de bisulfate de potasse ou de fluorure de sodium Du moût mélasse (!•' jet) à 14 0/0 en volume, a été laissé, sans aucune addition ballon VIIL ou additionné de 1 0/00 de bisulfate de potasse (IX) ou de 0.3 0/00 de fluorure de sodium iX) ; durée de fermentation : 15 jours. On avait ainsi une fermentation spontanée et deux fermen- tations protégées par le bisulfate ou le fluorure ; on sait que ce dernier sel est quelquefois employé en rhunnnerie, à la doee de 0.3 à 0.4 0/00 surtout dans les levains. Nous avons employé, pour cet essai, les 2 levures VIII, ronde, basse et IX (schizosaccharomyces), isolées de la même mélasse, et le microbe.*. Ces 2 levures ainsi que le microbe ont été. au préalable, rajeunies pendant pliusieurs généraliojis : de plus les 2 levures ont été entiaînées progressivement à supporter la présence de fluorure de sodium. ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 4'21 f Les deux ballons VIII et IX sont ensemencés sans être sté- rilisés, avec les 2 levures YIII et IX et le microbe a. Le bal- lon X, également non stérilisé, reçoit le microbe a et les 2 mêmes levures entraînées, au préalable, au fluorure de sodium. Nous avons ainsi une fermentation spontanée mitigée, car on pouvait espérer que les levures rajeunies et ensemencées assez largement prendraient le dessus sur les levures appor- tées par la mélasse ; l'expérience a donné raison à nos prévi- sions ; signalons que pendant que la fermentation des bal- lons VIII et X était normale, celle du ballon IX, qui avait été additionné de bisulfate de potasse, était très tumultueuse. 1. — LIQUIDE FERMENTE Ballons VIII IX X^ gr. gr. gr. Acide fixe Acide volatil Rapport R 2. — LIQUIDE DISTILLE 0/0 d'alcool à 100° en milligrammes 6.38 3.77 2.19 1.440 0.230 0.859 4.43 16.3 2.4 Mil IX X Acides volatils . . . Aldéhydes Furfurol Ethers • Alcools supérieurs 409 70.8 195.4 7.9 26.6 5.5 0.3 0.4 0.7 59.1 50.6 50.6 294.0 240.0 ' 151.0 Total 770.3 388.4 403.2 Ethers 0.20 0.21 , 0.33 Aie. super. Ethers — 0.14 0.75 0.24 Acides vol. 422 ANNALES DK LA SCIENCE AGRONOMIQUE Ethers+ Acides vol. 7.9 2,3 4.7 Ethers Examen microscopique. — Ballon \'III levure ronde domi- nante, bâtonnets très nombreux ; ballon IX levure ronde dominante, pas beaucoup de microbes ; ballon X, les 2 levupes et le bâtonnet se sont développés. Nous constatons dans le ballon VIII une forte acidité due au développement du bâtonnet. Le ballon bisulfate a une aci- dit'é volatile bien moindre, c'est ce qui fait que le rapport R est très élevé, il est par contre moindre dans le ballon X où l'addition de 0,3 0/0 de fluorure n'a pas empêché le dévelop- pement microbien. Remarquons que la quantité délhers est faible, la quantité d'alcools supérieurs élevée pour nos 3 ballons ; le coefficient non alcool est plus élevé dans le ballon VIII que dans les 2 antres, l'addition de fluorure a diminué la quantité d'al- cools supérieurs, ceci s'explique par le développenK'ut des deux levures dans ce ballon, tandis que les ballons \\U d IX montraient surtout un développement de la levure ronde. Cette .dernière expérience n'est pas d'accord avec notre preanière en comparant I et V avec VTTT et TX ; mais ra|)pf'- lons-nous que nons n'avons ni la uiéme matière première, ni les mêmes levures, ni la même durée de fermentation. Il résulte toutefois de ces deux expériences que la femn^jj- tation spontanée donne un coefficiciil non alcool très élevé, plus élevé que celui des i)allniis ayant été additionnés d'acide sulfurique, ou de bisulfat»'. ou encore que celui d'unr fer- mentation pure ; quant aux proportions respectives d'éthrps et d'alcools supérieurs, la comparaison des ballons ï et \'lll montre que ces constituants peuvent aller en sens inverse et que la fermentation était bien pli..^ jiure dans le ballon \ 111 (|in' dans le ballon I (!'• expérience). Il |»eut arriver que des fermentations spontanées soient très comparables à des fermentations pures, l'expérience suivante- nous en ('(iiuMiit l'exemple, mais c'est une exception. « ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 423: C. — Comparaison d'une fermentation spontanée et d'une fermentation pure On a constitué avec une mélasse 3° jet de la Martinique un moût mélasse à 14 0/0 en volume ; un ballon a été sté- rilisé et ensemencé avec la levure II, l'autre n'a pas été stéri- lisé ; les 2 ballons ont été abandonnés pendant un mois à la température de 34°. 1 . — LIQUIDE FERMENTE Ballon . XI (spontané) XII (levure II) Acidité fixe 3.080 1.908 Acidité volatile 0.410 0.254 Rapport R 7.5 7.5 I 2. — LIQUIDE DISTILLE 0/0 d'alcool à 100° en milligrammes Acidité volatile 156.5 212.5 Aldéhydes 34.3 38.5 Furfurol 0.4 5.5 Ethers 55.4 38.66 Alcools supérieurs 290.0 204.00 Total 536.6 499.5 Ethers ■ 0.19 . 0.18 Aie. supérieurs Ethers Ac. volatils Ethers +Ac. vol. Ethers 0.35 0.13 3.8 6.4 L'examen microscopique montra dans le témoin une cul- ture presque pure d'une jolie levure allongée et à ce point de i-'-i ANNALES DE I.A ^JCIENCE A(.iUONU.\llQLE vue. déjà nos 2 ballons étaient bien comparables ; les rap- ports R sont les mêmes, ce qui veut dire que la production dacides fixes marche de pair avec celle de Tacidité volatile. Nous trouvons dans la fermentation spontanée un ])eu plus d'éthers et un peu plus d'alcools supérieurs, par contre plus de furfurol dans la fermentati(»n pure ; la composition du ballon XI se rapprocherait de celle d'un rhum de batterie, tandis que celle du ballon XII. de celle dun rhum de Vesou. Il en résulte également que le ferment alcoolique qui pro- cède à la transformation des sucres a une grande importance. Nous allons maintenant étudier l'influence de la race de levure. On a constitué un moût mélasse 12.5 0/0 de sucre (S. inter- verti) avec un mélange de mélasses de la Guadeloupe et de la Martinique : il a été réparti entre un certain nombre de ma- (ras à tubulures latérales à raison de 1 1/2 à 2 litres par ma- tras ; ils étaient remplis jusqu'aux 2/3 environ, pour laisser de la place k la mousse qui se forme, lorsque la fermentation est un peu vive. D. — INFLUENCE DE L.\ RACE DE LEVURE, DE L OXYGENE ET DU TEMPS Quatre ballons ont été ensemencés avec la levure II (levure basse), quatre avec la levure IV (schizos). Ces ballons étaient numérotés XIII, XIV. XIII his.-. XIV bis, pour la levure II et XV. XVI, XV 6/.V. XVI his pour la levure IV ; un acci- ilent nous a fait perdre le liquide du ballon XVT his au mo- ment de l'analyse. Au bout de 3 semaines de fermentation, rrs ballons ont été séparés en deux lots. Les li(]iiides des ballons Xill his •'! XIV his ont été débarrassés de la levure jiar lilti-atioii iist'|itiquf à travers une bougie stérile' : U* licjnidc XI II hh a *'té trans- ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 42."). vasé aseptiquement dans un ballon exactement pareil de façon à être exposé au large contact de l'air, fdtrant à travers le bouchon de coton, le liquide XIV bis débarrassé.de la même façon, de la levure, a été par contre transvasé dans un ballon à long col portant en haut une tubulure latérale. Le voluiîie de ce ballon était prévu de façon que le liquide < fermenté pénétrât jusque près du col pour avoir une faible surface exposée à V oxydation ; le ballon XIII restait intact ; quant au liquide du ballon XIV il fut tansvasé aseptique- ment avec la levure mise en suspension dans un ballon à long col et devenait, par cela même, comparable au ballon XIV bis. On a opéré exactement de la même manière pour la levure IV. Ces 8 ballons furent abandonnés à l'abri de la lumière dans une armoire et dans une pièce où il n'y avait jamais de feu, pendant toute une année, avant d'être analysés. On pouvait ainsi comparer : a) faction séparée des deux levures. Levures II IV Ballons XIII XV au large contact de l'air. XR' XM avec air limité 5) lïnfluence de l'oxygène seul dans les liquides ayant fer- menté avec des levures différentes. XIII bis XV bis large contact d"air XIV bl^ XVI bis air limité et fmalement c) comparer les ballons XIII, XIV. XV et XVI avec les mêmes ballons bis débarrassés de levure et avoir ainsi une idée des transformations par suite du contact pro- longé du liquide fermenté avec la levure. L'examen microscopique a montré la pureté de la fermen- tation dans les S ballons. '»2G ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMigiE I. — LIQUIDE FERMENTE Uallons Levure Air Acides fixes Acides ToUtils li. XIII II (basse) abondant 1 gr. 715 gr. 309 5,5 XIV il (basse) limité • 2 gr. 123 gr. 228 9,3 XV IV (schizo)* abondant 1 gr. 767 gr. 192 9,2 XVI rv (sckizo) limité 2 gr. 228 gr. 322 0,9 Constatons que les rajDports R sont élevés et que les 2 le- vures se difTérencient déjà par leur manière de se comporter sous Taction de l'oxygène en plus ou moins grande abon- dance ; les rapports R sont inverses. 2. LIQUIDE DISTILLE 0/0 d'alcool à 100° vu milligrammes Ballons XI 11 XIV \V XVI Acides volalils. 85.7 r -64.2 56.6 70.3 Aldéhydes .... 168.0 63.8 94.5 101.2 iMirfurol 0.3 0.6 0.6 0.3 LUr'I-s 29.0 26.4 31.6 44.8 Alcools super.. 210.0 206.0 38.6 30.9 Total .... 493.0 361.0 221.5 253.5 Ethers 0.13 0.12 n.Si 1.4 Aie. super. Ethers 0.33 0.41 0:55 0.58 .\c. vol. Ethers -f-Ac. vol. 3.0 3.4 2.7 2.7 Efhors Xmiis voyons (jiic la lovniv II ddunc un cticrnoienl i»on alcoirl supérieur i\ la levure IV, elle duntir 1m';hi('iiii|) pins d'al- cools sui)érieurs et un peu moins d'éthers ; n^ dornier cons- litunnl est faible cliez les deux levures. ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 427 Remarquons encore que la quantité d'aldéhydes est plus élevée avec la levure IV, sauf dans le ballon XIII où la levure II a eu le large contact de l'air. Ethers Le rapport est un peu faible pour la levure IL Ac. vol. il est un peu fort pour la levure IV ; les ballons XIII et XIV se rapprochent des rhums de Vesou, par contre les ballons XV et XVI pourraient faire soupçonner le coupage avec un alcool neutre. Au point de vue hygiénique, le liquide du ballon XV serait préférable à celui du ballon XIII, de même celui de XVI serait préféré à celui de XIV, car ce sont les alcools supérieurs qui sont les plus nocifs de tous ces constituants du liquide fer- menté. On peut encore signaler que la présence d'air a eu comme conséquence de donner des taux plus élevés pour tous les constituants avec la levure II, c'est l'inverse pour la levure' IV, sauf pour l'alcool supérieur ; on sait d'autre part que le furfurol ne peut être considéré comme jouant un grand rôle dans l'appréciation des rhums. Il reste maintenant à examiner le rôle joué par l'action prolongée de la levure comparée à celle de l'oxygène et des réactions chimiques seules. Les ballons bis vont nous rensei- gner à cet égard. Nous allons d'abord comparer entre eux les 3 ballons bis, c'est-à-dire débarrassés de levure par filtration à la bougie de porcelaine. I. — LIQUIDE FERMENTE Ballons Air Acidité fixe Acidité volatile R. gr, gr. Xlll bis abondant L403 0.295 .4.7 XIY bis limité 1.782 0.177 10.0 XV bis abondant 1.757 0.334 5.2 'l.*S ANNAI.KS \)K L\ SCIENi:!-: AGRONOMIQUE Nous voyons qn^ c'est le ballon ensemencé primitivement avec la levure II et transvasé dans le ballon à long col. c'est- à-dire XIV 6/a;, <|ui a le rapport R. le plus élevé, les deux aci- dités sont supérieures dans le ballon XIV en présence de levure ; dans le ballon X\' bis c'est l'acidité volatile qui a beaucoup augmenté par rapport à XV, aussi le rapport R. a-t-il diminué : on constate le même fait pour le ballon XIII bis, mais ici la présence de la levure ;i fîiif augmenter notablement l'acidité fixe. 2. — LIQUIDE DISTILLE 0/0 d'alcool à 100" en milligrammes Ballons .\llI6is XIV 6/s W bis Acides volatils 100 66.7 163 6 Aldéhydes 62.2 41.1 26.4 Furfurol 1.5 1.0 3.7 Ethers 44.9 21.1 34 2 Alcools supérieurs 225.0 184.0 31.8 Tulîil 433.0 313.9 259.7 Ethers 0.19 o.Il 1.07 Aie. supérieurs Ethers 0.44 U.31 0.20 .\c. vol. Elhers -f- \(\ vol. : 3.0 4.1 5.7 Rthors Nous constatons «juf pour XI 11 hi.s fl \l\ l>is. les (•(it-ITi- cients non alcool sont plus faibles que pour Mil cl XI \' : la dilTérence jiorte surlu\il sur b-s aldéhydes ; la levure a. en elTei, continué à oxyiler l'alcool plus un nmins, selon l'oxy- gène qu'elle avait à sa dispositinn ; la quantité (r(''llier'S est ETUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM '(OU également plus élevée pour le ballon XIII bis, remarquons encore que Tabsence de levure a bien augmenté le taux du furfurol ; les liquides XIII bis et XIV bis sont mieux consti- tués, plus normaux que ceux des ballons XIII et XIV. Si l'on examine la composition du ballon XV bis, on a un coefficient non alcool faible, mais plus élevé que ceux de XV et XVI se rapportant à la même levure. Si l'on compare les ballons XV et XV bis, on voit que le dernier a plus d'acides volatils, plus de furfurol et beaucoup moins d'aldéhydes ; les alcools supérieurs et les éthers n'ont pas subi beaucoup de changement du fait de la présence de la levure IV dans les ballons XV et XVI. On peut dire, qu'à part le coefficient non alcool faible, les composants du ballon XV bis se tiennent bien ; la quantité de furfurol est ici très appréciable. E. — INFLUENCE DE LA LEVURE A VOILE, DE L'OXY- GENE, DU TEMPS, DE LA COMBINAISON DE LEVURES a) Dans une autre série de ballons, nous avons fait agir, à €Ôté de nos levures II et IV, une levure à voile XVIII. Nous nous sommes servi du même moût que pour l'expérience D et nous avons effectué des transvasements analogues, aussitôt la première fermentation terminée ; la durée de la fermen- tation a été la même, ce qui permettra de faire des compa- raisons utiles. Les ballons bis sont ceux dont on a enlevé les levures au moment où la l'^ fermentation était finie, par passage du liquide à la bougie de porcelaine stérilisée. Nous verrons combien la présence d'une levure combu- rante, très grande productrice d'éthers peut changer le taux du coefficient non alcool, combien son action prolongée peut même devenir funeste, lorsque l'arrivée de l'air est assurée ; l'analyse a été faite après une année d'abandon à l'abri de La lumière et dans une pièce non chauffée. 4 .\nn.\lFls I)i: i,\ scirxci- viiuoNOMiOLE 1. — LIQUIDE FERMENTE Ballon Levure XVII II + XVI II XVIII II + XVIII .W'II bis idem XN'III Ois idem Air aboiidfHit limite ajioiidnnt limité Ac. fixes Ac. vol. K. 2 gr. 020 1.334 1.5 •-? gi'. 003 1.15U 1.8 1 gr. 878 0.021 3.0 1 gi'. 927 0.725 2.0 lielevons la forte acidité volatile dans tons les ballons, lou- It't'ois un jtoii plus élevée en présence des levures : (-"est ce (jiii nous explique les rajiporls R unormau.x, comme s'il sétait agi dune aotiim microbienne, d'une contamination par un microbe. 2. — LIQUIDE DISTILLE 0/0 d'alcool à 100° en miUifjmmmes xvir XVIII X\ 1 bis XVIII bis Acides volai.... 1.020.0 1.204.0 293.0 352.0 Aldéhvdes . . . 154.0 3(i.0 51.0 Furfurol .... 1.0 1.8 Elh.Ts 477.0 48.494.0 10.6 89.7 Aie. super.. . . 23C>.<) • 820.0 -10.0 273.0 Total 1.728.0 50.732.0 5r)7.s 7()7.5 Elhers Aie. supérieurs Elhers Ac. volatils 2.07 O.iO 50.1 38.3 0.049 0.038 0.32 0.25 Eliiers + Ac. vol. Elhers 3.1 1.0 28.0 4.9 Dans toute celle sério. les coefficionts non alcool sont très élevés : nous voyons de plus que la préj^f-nc*» d'air favorise ÉTUDE DES FERMENTS ET i>E LA FERMENTATION DU RHUM 43^1 la levure XVIII tellement qu'elle finit par brûler les éthers qu'elle a fournis ; nous constatons, en outre, qu'au début la production et la destruction des éthers se balancent, l'éther n'a pas le temps de s'accumuler (XVII bis) ; dès que l'air est limité, l'éther s'accumule comme c'est le cas pour le ballon XVIII, en même temps que les alcools supérieurs, les al- déhydes et les acides volatils augmentent. En comparant les ballons XIII (lev. II) et XVII (levure II + XVIII) nous devons signaler surtout les différences en acides volatils, aldéhydes et éthers ; les mêmes remarques s'imposent pour les ballons XIV (lev. II) et XVIII (lev. II + XVIII) ; dans le ballon XIV tous les constituants sont en moindre quantité ; la composition du ballon XVIII est tout à fait anormale. L'examen des ballons XVII bis et XVIII bis nous renseigne sur la composition des liquides au moment où l'on a enlevé les levures, tout au plus pourrait-on admettre une légère éthé- rifîcaton pour XVIII bis ; le coefficient non alcool n'avait pas beaucoup changé. L'essai avec la combinaison l\ + XVIII n'a porté que sur deux ballons ; ils ont été tous les deux débarrassés des levures par filtration au moment où la 1" fermentation était finie ; ils portent les N'' XIX bis (large surface d'air) et XX bis (air limité) pour rester conforme, à ce que nous avons dit plus haut. L'examen microscopique a révélé, dans le ballon XX bis, à côté des deux levures bien développées, un joli strepto- coque ; nous donnons néanmoins les résultats obtenus pour montrer combien cette infection avait transformé le produit distillé, malgré la réduction de l'air. Le ballon XIX bis avait une acidité fixe de 3.588 pour 1.863 d'acide volatil, ce qui donne pour R — 1.9, fermentation anormale. 432 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE LIQUIDE DISTILLE 0^0 d'alcool il iO<> niillhfnnnmes Ballon \l\his XX bis Acides volatils 080.0 21.227.0 Aldéhydes 33.0 11.7 Furfurol 5.4 1.7 Ethers 20.2 621.3 Aie. supérieurs .... 155.0 429.0 Total 1.193.6 22.290.7 Ethers — 0.130 1.45 Ak'. supérieurs Ethers 0.020 0.029 Acides volatils Ethers + Ac. vol. ■ 4.9 35.1 I Ethers Nous avons ditiis le ballon XI X his un coefficient non alcool, même plus fort que pour la combinaison (II -+- XVIII) ballon XVIT ftis : nous voyons, de plus, qu'en présence de la levure IV, la levure XVIII a agi dans le même temps et dans les mêmes conditions, plus énergiquement qu'avec la levure Il ; les prodnctiitns d'acides volntils. d'éthprs pt de furfurol. ■sont plus élevées. La comparaison du ballon XV bis (levure TV seule, mais enlevée par filtration et du ballon XIX bis (levures IV + XVIII enlevées par filtration"), les daux li<|uid('s filtrés ayant le large contnct de l'air, montre qu'avec la combinaison tous les éléments constitutifs sont supérieurs sauf Ns ethers. 1»* Kthers + Ac. vol. rapport y est sensiblemont pnreil. Ethors Ballon Levure Acides fixes Acides volatils XXI .... XXII ... . ^- II II+XIV 1 gr. 512 1 gr. 611 gr. 256 gr. 691 ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 433 b) Il pouvait être intéressant de voir comment se compor- teraient une levure seule et la combinaison avec la levure à voile en procédant à l'analyse à la fin de la première fermen- tation. Dans ce but on a constitué un moût à 14 0/0 en volume avec une mélasse troisième jet ; un ballon a été ensemencé avec la levure II (ballon XXI) l'autre avec la combinaison de II + XIV (levure à voile) (ballon XXII) ; l'analyse a été faite au bout de 15 jours. I. — LIQUIDE FERMENTE R. 7.3 2.8 L'addition de la levure à voile a augmenté surtout l'acidité volatile et a eu pour conséquence de baisser le rapport R. 2. — LIQUIDE DISTILLE 0/0 d'alcool à 100° en milligrammes Ballon XXI XXII Ac. volatils Aldéhydes Furfurol Ethers Aie. supérieurs Total 347.7 1787.0 Ethers 68.1 148.1 30.7 108.0 0.5 0.9 55.4 1820.0 198'.0 210.0 f • 0.28 6.3 Aie. supérieurs Ethers 0.81 0.32 Ac. volatils i'i'é ANNALES DE I.A SCIENCE AGRONOMIQUE ELliers+Ac. vol. Ethers 2.2 1.1 Pendant que la levure II a donné un produit de constitu- tion acceptable comme rhum, la combinaison nous montre une augmentation de tous les éléments, le coefficient non aJcool a quintuplé, ce qui tient surtout à la grande jiroduc- tion des éthers. c) Nous avons enfin voulu voir si l'ensemencement simul- tané ou successif des deux levures II et XIV ne pouvait pas faire ressortir d'autres différences. Dans ce but, on a ensemencé le même moût mélasse avec la combinaison II + XIV (simultanément), (ballon XXIU) et avec la levure II (ballon XXIV) ; lorsque la fermentation du ballon XXIV était en pleine activité à 25°^ soit après 7 jours, un a ajouté la semence de la levure XIV ; cette addition a dû être faite pendant plusieurs jours consécutifs, le dégagement et l'atmosphère de GO^ gênait le développement de la levure aérophile XIV, mais elle a fini par se développer et par agir; l'analyse dés ballons a été faite trois semaines après le pre- mier ensemencement. 1. — LIQUIDE FERMENTE Ballon Ensemencement Acidité fixe Acidité vol. R. XXIlT simultané 1 gr. 73 1 gr". 19 il XXIV successif 2 gr. 10 gr. 96 2.1 2. — LIQUIDE DISTILLE 0/0 d'alcool à 100° en milligrammes , Acides V(»lalils Aldéhydes Furfurol Ethers Alcools supérieurs . . . Total 23.168.3 8.481.0 Ballon XXm Ballon XXIV 500.0 332.0 324.0 530.0 0.3 0.8 21.918.0 7.160.0 426.0 458.0 ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 435 L'expérience apprend donc que, bien que la levure XIV n'ait commencé à agir qu'au bout de huit jours, sa présence s'est fait sentir ; les deux ballons montrent une éthérifica- tion intense, le ballon XXIV contient plus d'alcools supé- rieurs, plus d'aldéhydes et moins d'éthers, fait déjà constaté dans un autre travail par l'un de nous en collaboraton avec? M. Demolon. En général les éthers et les aldéhydes marchent en sens inverse, bien qu'il puisse se présenter des exceptions. L'action de la levure à voile permet de comparer ces liqui- des à une sauce artificielle pour rhums ou même à un cou- page de rhum naturel avec de l'alcool neutre d'industrie ; on conçoit, en effet, l'intérêt pratique que son emploi modéré peut présenter, d'autant plus que les fermentations de la grande pratique, grâce à l'emploi de levures sélectionnées ne durent plus que 40 à 50 heures et souvent moins de temps. d) Remplaçons la levure à voile dans l'association par la levure IV (schizo), nous obtiendrons des fermentations bien différentes. Nous avons employé de la mélasse 2" jet en concentration habituelle, l'analyse a été faite après trois semaines. . I. — LIQUIDE FERMENTE. Quantités par litre Ballon Levure Acidité fixe Acidité volatile R, XLI II 1 gr. 136 gr. 191 5.9 XLII IV ^ 1 gr. 669 gr. 182 9.1 XLIII. . . . II+IV 1 gr. 650 gr. 205 8.0 2. — LIQUIDE DISTILLE. 0/0 d'alcool à 100° en milligrammes Ballon XLI XLII XLIII Acidité volatile 30 20 25 Aldéhydes 68.5 56.0 90 Furfurol 0.95 1.06 0.90 Ethers 55 56 95 Alcools supérieurs.. 275 36 82 Total 429.45 169.06 292.90 'l-!'"' ANNALES l)E LA SCIENCE AGRONOMIQUE Etliers 0.2 1.6 l.l Alcools super. Ethers Ac. volatils Ethers +Ac. vol. Ethers 1.8 2.6 3.8 1.5 1.3 1.2 |{eIevons que cette association a eu pour efTet de diminuer notablement la proportion des alcools supérieurs et d'aug- menter celle des ethers : ainsi le coefficient non alcool dimi- nue, ne dépasse guère 300 ; en variant les proportions de semences des deux levures, le temps d'ensemencement, la température, etc., on peut avoir une gamme montrant net- tement rinfluence des sehizosaccharomyces. F. — ADDITION DE L\ MOISISSURE D'ANANAS Nous avons déjà dit dans la première partie comment cette addition se faisait d'une façon involontaire et nous avons constaté comment elle se comportait vis-à-vis des levures III et IV. Il restait à voir si elle avait une grande influence sur les constituants volatils du rhum. Un mnùt mélasse 3" jet a été ensemencé avec la levure Il ballon (XXI) et avec cette même levure et la moisissure d" Ananas ballon (XXV) : lanalyse a été elTectuée an bout de 15 jours. 1. — LIQUIDE FERMENTE UalloDS Leviiro Aciili; lixe XXT II 1 gr. 512 XW II + Mois..\ii;iii;i,s 1 gr. 78(; Acide volatil R. gr. 207 7.3 gr. 355 5.0 ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 437 Remarquons que l'acidité de la combinaison est légèrement plus élevée et que l'acidité volatile était formée de 1 partie d'acide butyrique pour 7.5 d'acide acétique. 9. _ LIQUIDE DISTILLE 0/0 d'alcool à lOO'^ milligrammes Ballons XXI XXV Ac. volatils 68.1 . 108.0 Aldéhydes 30.7 . 83.0 Furfurol 0.5 0.5 Ethers 55.4 95.0 Aie. supérieurs ........ 193.0 300.0 Total 347.7 586.6 Ethers ... 0.28 0.32 Aie. supérieurs Ethers ... 0.81 0.89 Ac. vol. Ethers +Ac. volatils ... 2.2 2.1 Ethers Nous constatons que l'addition de la moisissure a augmenté notablement le coefficient non alcool, le liquide ne présen- tait pas la même odeur que celui de la levure seule ; tous les éléments ont augmenté, dans des proportions à peu près identiques, car nos différents rapports notamment celui de la somme (Ethers + Acides volatils) à ethers sont presque les mêmes. G. — ADDITION D'UN MICRO-ORGANISME Un moût mélasse a été ensemencé avec la levure II (ballon XIII) et cette même levure additionnée d'un streptobacille (ballon XXVI : nous avons filtré un ballon XXYI à la bou- 438 AN.N.\L.ES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE gie de porcelaine et il poHe ainsi le ii" XXM bis et il sera comparable au ballon XIII bis. Pour la facilité des conclusions à tirer, nous allons repren- dre les données de l'analyse des ballons XIII (levure II pré- sente) XIII bis (levure II enlevée par filtralion à la bougie). Hallons Ferment Acide fixe Acide volatil K. XIII II 1 gr. 715 gr. 319 5.5 XXM Il-h microbe 3 gr. 165 gr. 685 4.6 XIII bis II enlevée 1 gr. 403 gr. 295 3.8 XXVI bis II -1- microbe enlevés 2 gr. 415 gr. 288 8.3 Remarquons que l'acidité fixe et volatile du ballon XXVI sont bien plus élevées que celles du ballon XIII où la levure II est seule, c'est que le microbe a continué à agir après que la fermentation alcoolique était terminée, mais il a surtout formé de l'acide fixe, sans doute de l'acide lactique, tandis que l'acidité volatile n'a pas varié ; ceci n'a rien d'étonnant, il y a 20 ans, j'ai déjà signalé que la fermentation lactique, à l'abri de l'air, comme c'est no.tre cas, donne surtout de l'acide lactique et peu d'acide acétique, à l'opposé de ce qui arrive en présence d'air. 2. — LIQUIDE FERMENTE 0/0 d'alcool à 100° m niilUf/rammes Acidité volatile . . . Aldébydes Furfiirol XllI 85.7 168.0 0.3 29.0 210.0 XWI 249.0 427.0 0.8 44.8 241.0 Mil fus 100.0 62.2 1.5 44.9 225.0 XXVI bis 113.9 43.8 2.5 Ether.s Aie. supérieur.s . . . 39.6 178.6 Totnl Ethers 493.0 0.13 902.8 i).l8 433.0 0.20 377.8 0.22 Aie. supérii'iirs ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM i39 Ethers - ... 0.33 0.17 0.44 0.33 Acides Ethers +Ac. vol. 3.9 6.5 3.2 3.8 Ethers En comparant les ballons XIII et XXVI, nous voyons que ce dernier a un coefficient non alcool presque double, tous les éléments ont augmenté, mais c'est surtout la proportion des aldéhydes qui est forte ; aussi le liquide du ballon XIII est-il infiniment supérieur. La comparaison des liquides fil- trés montre une grande ressemblance et il faut en conclure que l'action du microbe pendant la fermentation principale dans notre cas, était plutôt faible, c'est surtout après 3 ou 4 semaines qu'il a commencé à agir, loi'sque la levure était arrivée à l'état de vie latente ; les rapports Ethers + Ac. vol. Ethers sont sensiblement les mêmes, mais le liquide XIII bis est supérieur au liquide XXVI bis bien que le coefficient non alcool soit plus faible dans ce dernier cas. t H. — ADDITION DE PHOSPHATE DE MANGANESE On sait depuis longtemps que les sels de manganèse sont susceptibles d'exalter la fonction oxydante des l-evures et il résulte également, des travaux de Kayser et Marchand, que l'accoutumance aux sels de manganèse est accompagnée de modifications dans l'allure de la fermentation alcoolique et notamment d'une augmentation du pouvoir ferment ; la race de levure paraît avoir ici uïie grande importance. Nous avons ajouté à deux ballons de notre expérience D, du phosphate de manganèse dans la proportion de 1 0/00 ; un des ballons a été transvasé après la 1" fermentation lîO ANNALES Ui: LA SCIENCE AGRONOMIQUE (XXVII). dans un ballon à long col ; lautre XXVII bis a été filtré à travers la bougie de porcelaine, et débarrassé de la levure (XXVII bis) ; le premier est comparable à notre ballon XIV le second à notre ballon XIV bis. Mettons les résultats de l'analyse de ces quatre ballons côte à côte ; la levure II a servi à cette expérience. I. — liouidp: fermente Ballon Addition Acide fixe Ac. volatil R. XIV Hieii 2 gr. 123 gr. 288 9.3 XXVII PhMn 2 gr. 254 gr. 194 11.0 XIV bis R. filtré 1 gr. 782 gr. 177 10.0 XXVII bis PhMn filtré 1 gr. 976 gr. 232 8.5 En comparant les ballons XIV bis et XXVII bis, nous cons- tatons que l'absence de levure, en présence de sel de man- ganèse a augmenté les deux acidités, l'acide fixe dans des proportions moindres que l'acide volatil, c'est ce qui a fait diminuer le rajjport R : tandis qu'en présence de la Jevurc et de sel de manganèse l'acidité fixe seule a augmenté, aussi le rapport R est-il plus élevé. 2. — LIôUIDE DISTILLE 0/0 d'alcool à KX)" en milligrammes Dallont XIV XXVII XIV hU XXVII bis Acides volatils . . 64.2 46.7 00.7 103.3 Aldéhvdes 03.8 04.8 41.1 62.0 Furfun.] 0.6 0.9 1.0 1.8 Klliri-s 20.4 36.9 . 2L1 3L6 Alcools sujtérieurs. 2iHi.(> 208.5 IS't.i» 224.0 Total 361.0 U7.8 313.0 422.7 Ethers .. 0.12 0.14 0.11 0.14 Aie. supériours ' ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 441 Ethers .. 0.41 0.79 0.31 0.30 Ac. vol. Ethers +Ac. vol. 3.4 2.2 4.1 4.2 Ethers L'addition du jDhosphate de manganèse a augmenté le coef- ficient non alcool, et l'augmentation a surtout porté sur les ethers et les alcools supérieurs, les aldéhydes sont restées stationnaires et les acides volatils sont plutôt faibles. Si l'on compare les deux ballons privés des ferments par filtration, on constate que le ballon additionné du sel de manganèse a encore le coefficient non alcool le plus élevé et l'augmentation porte sur tous les éléments sauf sur les alcools supérieurs, mais les deux ballons XIV bis et XXVII bis sont tout à fait comparables, il y a partout peu d'éthers, bien que l'addition de sel de manganèse paraît avoir légère- ment favorisé l'éthériflcation ; sans doute c'est ici une affaire de levure et ce qui est vrai pour la levure II ne le serait pas pour la levure IV. toutefois faugmentation des alcools supé- rieurs en présence du sel de manganèse est assez nette. I. — INFLUENCE DE LA VINASSE De la mélasse 1" jet a servi à constituer un moût mélasse à 12 0/0 en volume, l'un a été préparé avec l'eau de Vanne sans aucune addition, dans l'autre on a remplacé la moitié de l'eau par un volume égal de vinasses ; c'est la levure I qui a servi à l'expérience. L'analyse a été faite au bout d'un mois. 1. — LIQUIDE FERMENTE Ballon Addition Acide fixe Acide volatil H. XXVIII rien 1 gr. 172 gr. 148 7.7 XXIX 50 0/0 vinasses 2 gr. 590 gr. 430 6.0 ik* .\NNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQL'E L'acidité est plus forte avec la vinasse, et cette augmenta- tion tout en portant sur les deux acidités est plus élevée pour l'acidité volatile. Voici les résultats de la dislillnlion fractionnée : XXVIII XXIX 1° ~ 2" 3° 4'» 5" 6" /° 9.0 7.0 18.0 14.2 27.0 22.0 36.0 31.0 45.0 38.6 54.0 48.2 63.4 58.3 71.3 69.7 85.3 83.0 00.0 100.0 8 9° 10° (]e qui donne les rapports suivants pour XXVIII 1 A B pour 7 A A; pour le ballon XXIX on voit nettt]|ment la présence d'acide forniique. ce qui a d'ailleurs été constaté par les réac- tions caractéristiques de ce dernier acide, tandis que le ballon XXMII ne montrait que des traces d'acide formique. 2. — LIQUIDE DISTILLE 0/0 d'alcool à 100" m niillif/nnmncs Acides volatils . . . Al(l(''liydrs Furfurol Edu'F's Alcools su])érieurs XXVIII XXIX 102.5 226.7 75.9 75.3 1.7 2.7 272.5 24S.(i 48.0 43.5 fp r(.lal 500.0 596.8 Ethers 5.69 5.7 Aie. su|)érienrs ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 443- i-- Ethers ^ ... 2.6 1.09 Acid. volatils Ethers +Ac. volatils 1.4 1.9 Ethers Le coefficient non alcool est plus élevé avec la vinasse, l'augmentation porte sur les acides volatils, c'est ce qui le- fait nettement différencier de l'autre. Remarquons la forte teneur en ethers pour les deux liqui- des et la faible proportion d'alcools supérieurs, ce qui fait un contraste frappant avec les résultats obtenus avec la levure II dans notre ballon XIII. . J. — INFLUENCE DE L'ALIMENT AZOTE Nous avons déjà signalé l'influence de la nature de l'azote sur les ethers dans notre prtnnière partie, il restait à voir l'in- fluence de l'azote fourni sous la forme de macération de levure, de leucine ou encore celle occasionnée par la dilution du liquide ou enfin l'influence exercée par une levure appau- vrie en azote. Les nombreuses expériences que nous avons passées en revue nous ont à nouveau montré que les levures peuvent donner plus ou moins d'alcools supérieurs et on sait aujour- d'hui que ces composés résultent surtout de la décomposi- tion des matières azotées. Nous pouvions donc espérer obte- nir ainsi des différences dans les constituants du produit distillé et surtout dans les ethers et alcools supérieurs. a) On a préparé du moût mélasse (mélasse l*' jet) à 12 0/0 en volume ; un ballon a reçu, par litre, 1 gramme de leucine (XXX) un ballon a été additionné de toute la levure obtenue dans la fermentation de 1 1/2 d'un moût mélasse ; cette levure a. été soigneusement lavée et était ajoutée avant •544 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMigLE stérilisation (XXXI;. Uetie manière de l'aire avait une cer- taine ressemblance avec le jir<»cédé Barbet. Ce savant dans le but de faciliter la fermentation des mélasses ajoute au moût la levure résiduaire recueillie dans les fonds de cuves et peptonisée par cuisson sous pression avec un p»'u d'acide sulfurique. C'est le ballon XXVIII préparé avec le même moût qui a servi de téûnoin : un quatrième ballon a reçu pour 1000 ce. de moût mélasse, 1000 ce. d'eau idilution de moitié^ (XXXII), enfin, un cinquième ballon, non dilué, (XXXIIT. tout à fait comparable à XXVIII (témoinj ; les deux ballons XXXÏII et XXVIII différaient seulement par la différence du traitement que la levure avait subi. Tous les ballons ont été ensemencés avec la levurel préala- blement rajeunie ; If ballon XXXIII a été ensemencé avec la même levure ayant passé quatre générations dans un moût très pauvre en azote ; la fermentation a duré 3 semaines 1. — LIQUIDE FERMENTE Ballon Acide fixe Acide volatil R. XXVIII (téuioin) 1 gr. 172 gr. 148 7.7 XXX 1 gr. 334 gr. 106 1:^.5 XXXI 1 gr. 410 gr. 130 10.8 XXXII 1 gr. 156 gr. 166 6.9 XXXIII 1 gr. 103 gr. 187 6.3 Remarquons que lacidité fixe est la plus élevée et l'acidité volatile la plus faible dans nos biill<.iis XXX (leucine) et XXXI (addition de levure) : c'est pour ces deux ballons que le rappni't H est aussi le plus élevé. Les a(-ides volatils étaient formés partout d'acide acétique avec des traces d'acides supérieurs : les ballons XXXI et XXXII ont montré une réductictn de nitrate d'argent très nette par l'acide formi<|u<'. les autres ne contonaii-nl (pie des traces d'acide formique. ETUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 44a Il est fort probable que la quantité de levure n'était pas la même dans les deux ballons XXVIII et XXXII; ainsi lors- qu'on ensemence la levure I dans l'eau de touraillons à 12 0/0 de sucre, ou dans la même infusion diluée de moitié par addi- tion d'eau de source, on obtient dans le premier cas : 3 gr. 140 de levure 0/00, dans le deuxième cas '■ 1 gr. 420, c'est-à-dire à peine la moitié ; l'activité de la levure par unité est ainsi beaucoup plus grande dans le second cas, c'est-à-dire dans le moût dilué et nous pouvons supposer que ce poids de levure était également plus faible dans le ballon XXXII que dans le ballon XXVIII de l'expérience. 2. — LIQUIDE DISTILLE 0/0 d'alcool à 100" en milligrammes xxvin (témoin) XXX XXXI XXXII XXXIII Acides volatils 102.5 72.1 180.0 62.7 104.3 Aldéhydes 75.9 106.9 70.4 101.9 56.9 Furfurol 1.7 2.5 2.1 1.8 2.1 Ethers 272.5 235.4 206.3 154.9 250.5 Alcools supérieurs .... 48.0 148.2 67.4 78.9 42.8 Total 500.6 565.1 526.2 400.2 456.6 > Ethers ....... 5.69 1.59 3.1 2.0 5.8 Aie. supérieurs Ethers . , . . 2.6 3.2 1.14 2.47 1.4 Ac. volatils Ethers +Ac. vol. ' , , , iA 1.3 1.8 1.4 1.4 Ethers Remarquons d'abord que les coefficients non alcool, les plus faibles sont ceux du ballon XXXII (dilution de moitié) et du ballon XXXIII ensemencé avec une levure pauvre en azote. Si nous comparons le témoin XXVIII avec le ballon 5 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE XXXII. nous voyons qu'il existe une difTérence sensible pour les acides volatils, aldéhydes, éthers et alcools supérieurs ; c'est le témoin qui est plus riche en acides volatils et éthers, deux éléments qui se complètent, c'est au contraire le ballon dilué qui montre plus daldéhydes et plus d'alcools supé- rieurs, et ceci est important, car ce sont là deux éléments Ethers + Ac. vol. nocifs ; les rapports des sont au Ethers contraire tout à fait comparables. Si nous étudions main- tenant le témoin et le ballon XXXIII, ensemencé avec la levure pauvre en azote, nous trouvons pour ce dernier moins daldéhydes, moins d'éthers et moins d'alcools supé- rieurs, autrement les 2 ballons ne dilTèrent guère. En comparant le ballon (XXXI) additionné de levure morte avec le témoin (XXVIII), nous trouvons que cette addition a eu pour résultat une augmentation des acides volatils et des alcools supérieurs et une diminution des éthers. Enfin, l'addition de leucine (XXX) a fait augmenter les aldéhydes et les alcools. supérieurs et a donné le coefficient non alcool maximum de cette série ; il en résulte cette énorme Ethers différence dans le rapport de 5.69 à 1.59 Aie. supérieurs La fermentation a duré 3 semaines ; on a constaté que tous les ballons fermentaient régulièrement sauf les ballons XXXII ('[ XXXIII où il y avait formation de grosses bulles gazeuses, f(»rnnie nous l'avions constaté avec les luillons additionnés de bisulfate de jjotasse ; toutes les feriiiculalions étaient pures, comme le montrait l'examen microscopique ; ce dernier ne permettait pas de signaler des différences morphologiques bien que les ferments ne se trouvaient pas dans les mêmes conditions et c'est le cas d'insister sur le travail fourni par Tunité de ferment dont le poids était certes inférieur dans le ballon XXXII pnr rapport à celui produit par lo l(''m''''» (XXVIII). /l ','- ETUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 44 Du Imoût' mélasse à 14 0/0 en volume a été ensemencé avec les deux levures II et IV, Deux ballons XLIV et XLVI servaient de témoin, deux autres XLV et XLVII ont reçu une addition de 5 grammes de sulfate d'ammoniaque et 1 gramme de phosphate d'ammo- niaque par litre. Les deux ballons XLIV et XLV sont ensemencés avec la levure II, les deux autres XLVI et XLVII avec la levure IV (schizo). Quantité pour 0/0 d'alcool à 100° en milligrammes Ballon XLIV XLV XLVI XLIVII Acidité volatile 26 '.0 23 36 27 Ethers 26.5 64.8 35.4 35.9 Alcools supérieurs . . 367.0 216.0 50.0 45.5 On voit que l'addition des sels ammoniacaux a eu pour effet, conformément à la théorie d'Ehrlich, de diminuer la pro- portion des alcools supérieurs surtout pour la levure II. K. — INFLUENCE DU PIED DE CUVE EN MASSE Du moût mélasse (mélasse 3° jet de la Martinique) a été réparti uniformément entre trois ballons à tubulure latérale ; deux ballons ont été ensemencés avec le mélange des 2 le- vures III et IV, préalablement rajeunies, retirées d'ailleurs d'une mélasse de la même usine. Le premier ballon a été décanté très soigneusement au bout de 25 jours, le liquide (XXXIV) a été immédiatement ana- lysé,, on a remplacé ce liquide par le liquide frais du 3* bal- lon (XXXVI) de sorte que c'était un liquide sucré qu'on met- tait sur un pied de cuve très fort ; ce ballon a été mis à fer- menter à la même température pendant 18 jours et abandonné à côté du ballon XXXV auquel on n'avait pas touché depuis son ensemencement. 448 ANNALES DE LA SCIENCE .AGRONOMIQUE Le premier bulloii était donc en contact avec la levure pen- dant 25 jours, le second pendant 43 jours, enfin le troisième pendant 18 jours ; au moment de l'analyse la fermentation des deux derniers ballons était bien finie. 1. — LIQl'IOE FERMENTE Hallon Acides lix«s Acides volatils K. XXX IV XXXV XXXVI 1 gr. 501 1 gr. 804 2 gr. 250 gr. 190 gr. 300 gr. 200 .7. S (i.l 8.7 Nous constatons d'al^ord que les deux acidités ont aug- menté entre la 1" et 2* analyse, l'acidité volatile dans de plus fortes propttrtions que Tacidilé fixe ; c'est l'inverse avec le ballon XXXVI, dans lequel la zymase a immédiatement agi m abondance grâce à l'énorme pied de cuve, la fermentation s'y est déclarée au boni d une heure et demie : il y, a eil formation dacidr succini(iue, ])it'n moindre production d'acide vdjalil. dont la Icviii-c. inalgi'é if lavage, con- tenait ciicnj'c iiiir ciTlaiiic |ir(i|iorl inii dans ses tissus, jtro- venant de la jirciuiéi'r fermeiitalinn. 2. _ LIQUIDE DISTILLE 0/0 d'nlcool à 100" en millif/nimmcs Ballon XWIV WW XXWf .Acides volfilils 40.0 08.2 73.3 Aldéhvd.'s 54.5 92.4 25.8 iMirfiin.l 2.2 0.3 0.3 Elbrrs 20.1) • 27.4 20.4 Alcools supérieurs 171.0 197.0 155.0 Tol;d 303.3 385.3 280.8 Ethers (1.10 it.l3 U.17 i .\lc. super. ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 449 Ethers Ac. vol. Ethers +Ac. vol. 0.62 0.40 0.36 2.6 3.4 3.7 Ethers Si Ton compare la fermentation de 25 jours (XXXIV) avec celle de 43 jours (XXXV), on trouve que cette dernière a eu pour effet d'augmenter le coefficient non alcool, la levure continuant toujours son action ; cette augmentation a porté sur les acides volatils, les alcools supérieurs et bien plus encore sur les aldéhydes. Si l'on compare le ballon XXXVI aux deux précédents, on trouve pour lui un coefficient non alcool inférieur; sa fermen- tation n'a duré que 18 jours, aussi la quantité d'aldéhydes est- elle beaucoup plus faible ; il est encore à remarquer que, dès les premières semaines, il paraît se former la majeure partie Ethers +x\c. Vol. des alcools supérieurs ; le rapport est Ethers sensiblement le même pour les 2 ballons XXXV et XXXVI malgré la grande différence entre les durées de séjour sur levure ; il semble également possible d'avoir une diminutioji de furfurol avec le temps, ce qui concorde d'ailleurs avec 1h résultat signalé dans la série D (comparaison des ballons en présence de levure pendant un long laps de temps, et des bal- lons bis (séparation de. levure par la bougie après la première fermentation). L. — INFLUENCE DU TEMPS Du moût mélasse (parties égals de mélasse l**" et 3^ jet) à 14 0/0 en volume et contenant 30 0/0 de vinasses a été réparti entre 4 ballons ; deux ballons ont été ensemencés avec l'association des 2 levures I + IV, les deux autres avec ces mêmes levures plus le microbe a. 4.iO ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE Un ballon de chaque groupe a été analysé après 23 jours de fermentation ; les deux derniers après i mois de séjour sur les ferments (XXXIX et XL). Uallon XXX \' Il — XXXVIII — XXXIX — XL Levures 1 }- IV id f a Levures 1 f IV id 4- z I. — LIQUIDE FERMEXTK Ilallon Ferments Acides fixes gr- Acidet volatil» K. XXXVII I + IV 1.922 0.241 7.9 XXXVIII 1 + IV + a 4.379 1.997 2.8 XXXIX I + IV 1.730 0.350 4.9 XL • I + n' + a 4.780 2.15 2.2 L'expérience et l'examen microscopique ont montré que les levures et le microbe se sont bien développi'S ; les ballons ensemencés avec le microbe ont une notable augmentation d'acide fixe et d'acide volatil ; les rapports R sont beaucoup plus faibles que ceux fournis par les ballons ensemencés avec les levures seules ; l'acidité a augmenté partout, sauf pour un ballon. L'acidité volatile du l)allou XXXVIl était constituée par l'acide acétique presque pur. celle du l)allon XXXVIIl conte- nait 1.6 d'acide forniique j)our 10 d'acide acétique. Lf's liquides distillés au quart nul mnntré les degrés alcoo- liques suivants : Ballons XXXVIl 31''7 XXWIll 28»5 \XXIX 32 "4 XL 29'2 ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 451 0/0 d'alcool à 100° en milligrammes XXXVII XXXVIII XXXIX XL Acides volatils 45.4 416.8 48.1 486.0 Aldéhydes 51.0 4.2 138.0 11.4 Furfurol 0.3 0.2 0.3 0.5 Ethers 47.5 58.0 42.3 100.3 Aie. supérieurs 148.0 114.0 210.0 150.0 Total ^ 292.2 593.0 438.7 748.2 Ethers 0.32 0.50 0.20 0.66 Aie. supérieurs Ethers 1.03 0.15 0.89 0.20 Ac. vilatils Ethers +Ac. vol. .1.9 8.0 2.1 5.8 Ethers La comparaison des ballons XXXYII et XXXIX (fermenta- tions pures) avec les ballons (XXXYIII et XL) montre pour les premiers un coefficient non alcool bien plus faible que pour les deux derniers ; de plus, le coefficient non alcool augmente avec le temps pour les deux séries; les ferments ont, en effet, continué d'agir. Ainsi nous constatons une notable augmentation d'aidé^ hydes et également un taux plus élevé d'alcools supérieurs dans le ballon XXXIX. Si nous examinons maintenant les deux fermentations im- pures, nous trouvons une augmentation de tous les compo- sants pour le ballon XL ; l'augmentation totale est notable ; signalons la grande différence en aldéhydes en|re les deux séries, caractère général pour les fermentations impures. Ethers + Acides volatils Les rapports sont, de nouveau, Ethers 452 ANNALKS DK l.A SCIENCE AGRONOMIQUE très difTérents pour les deux séries, la lermentalimi pure- montre en général ce rajjpori assez voisin de l à '2. D'une façoii générale, la composition de XXXVII est préfé- rable à celle des trois autres ballons ; les ballons contenant le microbe ont une acidité trop élevée et le ballon XXXIX est trop riche en aldéhydes. APPLICATION DES LEVURES PURES Cette étude nous a montré quel- grand rôle peut jouer le ferment ou les ferments procédant à la transformation des matières sucrées de la mélasse de cannes et combien il con- vient d'être prudent avant de concluri' à un l'iiiim de Vesou ou de mélasses de batteries, à un coupage avec un alcool neu- tre, combien il importe à l'expert d'être circonspect, surtout aujourd'hui, où l'emploi des levures pures se généralise peu à peu. La race de levure (levure basse, schizosaccharomyces, levure à voile), la manière de l'appliquer, la composition du milieu (addition de matières azotées, d'acides, de bisulfate de potasse, (](' phosjihale de manga/ièse, de fluorure, etc.), la durée et la pureté de la fermentation, aulanl de facteurs qui ont de l'inlluence sui- la composition du jiroduit distillé. 11 iiiijKM'le donc de faire un choix judicieux do la levure, de connaître ses projiriétés, ses exigences en aliments azotés, en acidité et sa température opliina tniil m Iciiaiil cimiptt' du goût de la clientèle ; ce sont les essais de la grande pratique (jui fnurnissenl les renseignements complémentaires pour les expériences du laboratoire Il s'agit d'ajtpliquer, dès le début de la fermentation, des levains abondants, vigoureux, oblemis par les appareils de multiplication. On peut encore multiplirr de la levure dans 20-25 litres de nioùt stérile qui sri-\ii'a à foi'inrr des cuves mères avec moût également stérilisé : la piii' 'té de la levure peut se conserver dans une st'i-ic de pieds de cii\es pendant 12 à 15 jours. ÉTUDE DES FERMENTS ET DE LA FERMENTATION DU RHUM 453 Ces derniers sont employés dans la proportion de 1/15 à 1/20 de la capacité de la cuve à mettre en fermentation. Il importe de laisser couler le moût mélasse lentement sur le pied de cuve pour ne pas noyer la levure ; il est toujours à recommander de ne pas employer dçis moûts trop riches en sucre (12 à 14 0/0 en volume de mélasse), car plus la densité initiale est forte, plus on a de sucre dans un même volume, plus il y a tendance à une élévation rapide de la température; €'est pour cette raison qu'il est toujours bon, si possible, de se servir de serpentins réfrigérants mobiles pour modérer, si nécessaire, l'action du ferment alcoolique. Cette élévation exagérée de température combinée à l'ac- tion des microbes qui peuvent sécréter des produits nui- sibles, décomposer du sucre avec dégagement gazeux, a sou- vent occasionné des pertes s'élevant parfois à 20 0/0. L'application de ces levures sélectionnées a comme corol- laire la conservation des vinasses en bacs couverts et protégés contre les poussières atmosphériques, et la nécessité d'emploi de fosses bien cimentées. Il faut un nettoyage très souvent répété de la boiserie, du plancher, des murs, de la tuyauterie, au moins une fois par semaine, à la brosse, à grande eau, à l'eau de chaux. Ilest bon d'effectuer le refroidissement des vinasses em- ployées tous les jours assez rapidement pour éviter la multi- plication des microorganismes. Il est encore nécessaire de soumettre les fûts de conserva- tion à l'eau bouillante et à la vapeur. Lorsqu'on observera ces diverses précautions, on verra que l'emploi des levures sélectionnées en rhumerie, entraînera d'énormes avantages : diminution notable de la durée de la fermentation, rendements meilleurs, produits de composition constante, etc.. On utilisera avec succès l'association de deux levures à propriétés connues, on emploiera judicieusement les levures à voile dans les cas de coupage. Je tiens à remercier à nouveau MM. les Administrateurs de 4.H ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE la Société du Moule, de la Société Darboussier, de la Société du Crédit Foncier Colonial ainsi que MM. de Pompignan et Clerc pour m'avoir fourni gi'acieusement toutes les matières vremières pour ces recherches. Je remercie bien vivement M. Bonis, chimiste principal du «aboratoire Central des Fraudes, pour m'avoir prêté sa pré- cieuse assistance dans l'analyse des produits, ainsi que M. Goudon, chef des travaux chimiques à l'Institut National Agronomique et M. Charles Chauvin du Laboratoire Munici- pal, pour leurs bons conseils dans l'interprétation des résul- tats. BIBLIOGRAPHIE Bonis, Annales de Falsifications, 1909 et 1914. GiiEG P., The Jamaïca Jeasts, Bull, of the Bot. Dep Jamaïca, 1895. LiNDET, C. /?. A.^c, 1888. LiNTiER, Le Rhum, Bruxelles, 1911. Marcano, C. R. a. Se, 1888 et 1889. MiCK, Rhum de la Jamaïque Mon. Se, 1912. Neuville, Les ferments industriels de l' Extrême-Orient, Paris. Pairailt, Rhum et Fabrication, Paris, 1903. RoQiES, Faux-de-vie, Paris, 1913. Simon, Annales de falsifications, 1909. V. Veley. The Mirroorf/anismrs of faidhj Ram. London 1898. VuiLLEMiN, Rciuc Mycolofjïquv, 1909. Zizine. Rhum de la Martinique, Bordeaux, 1913. RECHERCHES SUR LA LEPTONECROSE DE LA . POMME DE TERRE ET les MALADIES APPARENTÉES Faites de 1907 à 1917 par H.-M. QUANGER Docteur es sciences, professeur à l'École Supérieure d'Agriculture de Wageningen Avec la collaboration de H. -A. -A. VAN DER LEK Assistant en chef à l'Institut de Phytopithologie de Wageningen et J. OOTRROYN BOTJÈS Agronome à Oostivold Traduites par V. ANTOINE Professeur à l'Institut Agronomique de l'Université de Louvain [Qxdie et fin) (1) CHAPITRE VI INFLUENCE DES CIRCONSTANCES EXTÉRIEURES ET DU RENOUVELLEMENT DES SEMENCES " Les avis des praticiens sont très partagés sur l'influence des circonstances extérieures quant à Tapparition de la maladie de l'enroulement. Les opinions les plus différentes ont été avancées à la séance que la Veenkolonialen Boerenbond a tenue. à Zuidbroek, le 6 juillet 1911. M. U. J. Mansholt déclare que les contusions des tubercules à l'arrachage exercent une influence ; M. W. Endtz a remarqué que l'arrachage précoce donne de bons résultats; M. Douwas (1) Voir les n" 7 à 9 (jiiiHel-st'iitenilire UMT). 4ôG ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE pensi' que les variétés anglaises si ml iiiiiciiincs de toute mala- die; M. Heidema estime que la conservation à température trop élevée est rune des causes du mal: M. Veenhuizen pensé que la conservation dans un lieu bien aéré exerce une inlluence lavorable; |iai' contre, M. l\.ui|)ers déclare avoir eu beaucoup de cas de maladie, malgré la conservation des tubercules en milieu bien aén''. Tl est nécessaii'e d'(''tudier systématiquement les di\ei's poinls (pii pi't'-senlenl de l'im- portance dans la pratique. 1. — L'atmosphère. S'il jjaraît bien élal)li que la maladie n'est pas causée par des circiuistances extérieures, nous ne pouvons cependant le\ir dénier toute inlluence, elle peut être au contraire très grande. Ce l'ut notamment le cas chez des plantes malades dont on culliva les descendants pendant plusieurs années. Ainsi, les produits de plantes atteintes du la jualadie secon- daire dont la hauteur ne dépassait pas m. 20 à m. 30 en 1913 tlonnèi-eul. lannée suivante, des plantes deux luis plus hautes. Cette dilïerence est vraisemblablement due aux circonstances atmosphériques, ainsi qu'il résulte des données suivantes : 1013. — Mai cliaud et liumide, 1911. — MhI (jeu pluvieux, tju<'l- donc Ir^.s favorable. Heau(',ou|> «lu i|ue.s uolôcs. V\u ni«i l-I Héi>ul He pluie eu j'iiii «^1 seultnneul courte j'iiii, leiup.-» IVoi'l elt>oiui>rt', puis très période de temps ciinud el clair i«voralile. Juillet assez pluvieux, nu milieu du mois : et plus lard. Aoùi, lemps clair et sec. leuip.s iVoid cl Immidc. .luillcl cMra- ordiuaircineut froid, .'■orubre, el plus ou tnoius pluvi»;ux. Aoul très nua;, ne dépend ni du 4(JU ANNAhliS Dli LA SCIENCE AOUONOMlyLi: mode de phiiitatioii. ni des circonstances atmosphériques, ni des soins aj>portés à la ciinservalion des lubercules. Mais il alti-iluiail une grande inii)oi'tance au cliangemenl de (i semence ». Il rapporta qu'une amélioration temporaire avait été obtenue par les cultivateurs de St-Gille et de Baal'rode, en achetant leur semence à Londerzeele et à SteenhulTel où le sol est j)lus Idurtl. Les tubercules importés de Hollande et d'An- gleterre produisaient aussi des cultures saines. Cette ques- tion n'est pas plus avancée de nos jours quù la lin du d8' siècle. Les fermiers de la région sablonneuse de la pro- vince de Gueldre utilisent des tubercules sensibles à 4a maladie de l'enroulement provenant des régions argileuses, croyant par là combattre 1' « abiitardissement », « usure » ou « dégéné- rescence ». Stomier (1911) reconunande une mesure opposée; il jiréconisc l'aïnélioralion dos meilleures variétés «pii sont sensibles à la maladie de rciii'uiilciuent « dass man sie bel eincm ^iilcii Kniiidc aut" armseligen Sande eine Gesundkur durcbmacbi'ii lasst ». Hillner (1008) ayant remarqué que la culture de la jxMunie de terre donne de très bons résultats sur certains sols, notamnn'iil ceux (|iii smil bien jiourvus de chaux, jiarle même de <« Kai'IolTeJsanalni'iën ». La « Kaiserlich biologisclie Anstalt » de Dalliem a l'ail. |)eiidaid ces dernières années, des expériences pour sa\'oii' si on (wiil obtenir des races saines en pai-lanl «le \ai'ii''lés sensibles dans certaines régions el sni" des sols dt''lei'nun(''s. .his(|n"à |ti'i''seiil. ces expé- riences soid restées sans résultat (Ap|)el nnd Scblumberger, 1914). i Nos recherches ont jeté un rayon de bunière sur cette question, l'n 1011 je croyais avoir découvert une culture d'^ Paul Kniger complètement exempte de plantes malades. J'en ai récolté des tnbercules que j'ai plantés dans les régions argileuses de la Frise, de la partie occidenlale dr |;i |ii'n\ince d»^ Groningne el siu' sol tourbenx en denx endroits, dans les anciennes Veenkoloniën, el sur un point des nouvelles Veeidxolonir'n. RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 4()i Le tableau suivant montre les résultats obtenus ; Plantes atteintes PI. atteintes de maladie de maladie 1912. Parcelles comprenant chacune 400 plants secondaire primaire et situées ù : en juillet en septembre St-A)inap€(rochie Terre argileuse, portant une culture ^ de ponijmes de terre tous les 3-4 ans . . 2 2 lllrum Sol argilo-sablonneux, même asso- lement que ci-dessus 4 72 Wildervank Tourbière située près du centre dïn- fection 1 26 Vcdthermond Tourbière éloignée du centre d'in- fection 4 Il n'y eut presque pas de cas de maladie secondaire pendant la première année, mais l'infection primaire fut constatée plus tard dans la saison à Ulrum et à Wildervank ; il est douteux qu'elle fût complètement absente à St-Anna- parochie et à Valthermond ; en tous cas, elle ne s'y montra pas nettement. La culture a été continuée avec des tubercules issus des plantes qui étaient restées apparemment saines jus- qu'à la récolte. L'année suivante, à la fin de juin, quand on compara les plantes issues de ces tubercules sur le champ d'expérience à Sappemeer, on releva les résultats suivants : 1913. Culture à Sappemeer Plantes atteintes de la de 200 tubercules sains d'origine ^ maladie secondaire provenant de à la lin de juin St-Annaparochie 32 Ulrum 65 Wildervank 105 Valthermond 50 6 463 ANNALES Di: I.A SCIENCE AGUONOMIQUE Il était évident que la maladie dans les cultures de St-Aima- |iarochie et de A'althermoiid provenait des quelques plantes in- de spores du virus qui existaient dans le sol. A Ulrum et à ^^'ilde^vank le sol joua un rôle important pour la contami- nation. En tout cas la dilîérence our cent des plantes d'une oulture de la variélé Paul Krûger qui occupait une des parcelles de cette ferme. On éloigna toutes Ifs plantes malades dans une jiartie de la j)arcoHe, tandis qu'on les laissai en place dans le restant. A l'autoume, on récolta séparément les tubercules de 75 jilantes saines de chacun des deux groupes. Le premier lot, provenant RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 465 de la*partie où ks plantes malades avaient été enlevées, four- nit l'année suivante 4,8 p. cent de plantes malades, tandis que le second, provenant de la partie où les plantes malades étaient restées en place, donna 16,6' p. cent de plantes attaquées. Une expérience analogue a été établie à Beek, dans une parcelle à sol sablonneux qui n'avait jamais porté de pom- mes de terre. On y planta la variété Paul Krùger; elle donna une culture dont 26,3 p. cent des plantes présentèrent les symptômes de la maladie secondaire. Les plantes saines d'une parcelle où les sujets malades avaient été maintenus four- nirent une descendance dont 33,3 p. cent des plantes étaient malades; tandis que les descendants d'une culture dont on avait éloigné les plantes malades ne présentaient que 8,8 p. cent de sujets infectés. Il résulte de ces expériences que l'enlèvement des plantes malades diminue singulièrement la propagation de la mala- die. C'est néanmoins un moven de lutte insuffisant. Xi Moijens de lutte employés en Hollande. — Pour obtenii* des cultures indemnes de la maladie avec des variétés sensi- bles, il faut porter son attention sur deux points : l'origine des tubercules et l'état sanitaire du sol. Quand on peut se pro- curer des tubercules dans des fermes où la maladie est absente, on a toute tranquillité; mais il est plus simple de recommander cette précaution que de l'appliquer. Après de nombreuses recherches, j'ai rencontré, en 1911, sur un ter- rain défriché à Bergentheim, une culture de Paul Krûger qui me semblait complètement exempte de la maladie de l'enrou- lement. La « semence » provenait d'une ferme en Wolvega. En 1912, je fis venir des tubercules de cette ferme et je les fis planter dans les différentes régions énumérées au chapi- tre précédent i(St-Aiinaparochie, Ulrum, Wildervank, Val- thermond). Il résulte des chiffres inscrits au tableau de la page 461 que les plantes issues des tubercules' de Wolvega étaient très vigoureuses, cependant elles n'étaient pas entiè- 466 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE rement exemptes de la maladie, car chaque parcelle pressen- tait quelques cas de maladie secondaire. Il résulte aussi très clairement de ces observations que le sol des parcelles de rUlrum et de Wildervante était infecté. Bien qu'à Sl-Anna- parochie et à Valthermond le sol fût sain ou très légèrement contaminé, la culture en 1913 des produits de ces parcelles donna cependant un certain noinln-e de plantes malades, dont l'infection était due aux quelques pieds atteints de la maladie secondaire en 1912. Fin. n — Piodiiils ûlitenus avec les jtlantes ilo |,i fiLMiri' ]irécé'''"'' Si nous avions connu, en 1911, les possibilités d'infec- tion, dont il est question au Chapitre IV, nous aurions \^\\. en supposant que le sol des parcelles de St-Annaparochie et de Valthermond n'avait pas été infecté, produire une race saine au moyen de tubercules provenant non pas des plantes paraissant saines, mais de celles qui avaient crû à 3-4 m. de distance de plantes malades. Pour avoir la cerlilude que les descendants des lignées sélectionnées seront à l'abri de la contamination, il faut cul- RECHERCHES SUR LA LEPTONÉGROSE DE LA POMME DE TERRE 467 tiver le produit de chaque plante sur une ligne, dans un sol n'ayant pas porté de pommes de terre depuis 6 à 8 ans. Chaque ligne doit être écartée de 3 à 4 m. de la suivante, ces zones de protection seront occupées par d'autres végétaux. De cette façon, si une ligne devenait fortuitement malade, elle ne pourrait pas contaminer les rangées voisines. La production de tubercules indemnes de la maladie devra avoir lieu dans des terrains défrichés. On prendra, en outre, les trois précautions suivantes : 1. ^ Tenir le terrain propre et complètement dépourvu de tubercules après la récolte; ceux-ci pourraient, en effet, prolonger la durée du virus dans la terre ; 2. — Veiller à ne pas y apporter de la terre infectée, soit par les paniers, les pieds des chevaux, les chaussures des travailleurs ou les instruments aratoires souillés de terre contaminée ; 3. — Ne pas laisser subsister sur le sol de feuil- lage ou de déchet des plantes malades; ne pas jeter au fumier, mais brûler les fanes après la récolte. On avait déjà produit une grande quantité de tubercules sains de la variété Paul Kriiger sur la ferme de M. Vortryn Botjes en 1915; malheureusement, ce résultat a été en partie perdu, parce que nous ignorions que le soi était encore infecté cinq ans ou plus après une culture de poanmes de terre. A présent, que nous sommes mieux renseignés, nous avons produit une quantité de matériel digne de confiance, et démontré expérimentalement, en 1914, qu'il est possible d'obtenir des races saines en partant de variétés sensibles à la maladie. Nous avons actuellement l'assurance que des cultivateurs intelligents et spécialement des producteurs de tubercules de semence, appliqueront en grand, en 1917, notre méthode de sélection et de multiplication. Il est nécessaire, au début, d'avoir recours à une longue rotation pour que îa culture de la pomme de terre ne revienne qu'à de longs inter- valles sur le même terrain; cependant, si on était certain, plus tard, que le sol reste indemne de virus, on pourrait raccourcir la rotation. Les races de pommes de terre qui arrivent saines des \ Wj8 annales de la science AURONOMiyLE fermes de sélection et qui sont cultivées sur un sol contaminé sont évidemment exposées à linfection; mais on sait que la maladie primaire ne réduit pas le rendement aussi longtemps que les propriétés du sol sont favorables et que la culture de variétés sensibles n"a pas lieu à de trop courts intervalles sur le même sol. Il est très important, pour ces fermes, de ne pas laisser de tubercules dans la terre après la récolte et s'il en reste quelques-uns, il faut arracher le plus tOt possible les plantes issues et sarcler soigneusement les cultures. Il va de soi qu'on ne s'imposera tous ces travaux que pour les variétés sensibles olTrant de grandes qualités, comme la variété Paul Kriiger. Culture des variétés réfractaires à la maladie. — Nous pos- sédons en Hollande quelques variétés réfractaires ou à peu près à la maladie : la « Bleue de Zélande » et 1' « Eigenhei- mer ». La « Roode Staar » n'est pas absolument insensible à la maladie, mais, pratique>nent, elle en souffre peu. Il est détiirable que des investigations soient faites dans les diffé- rentes régions, pour déterminer quelles sont les variétés qui résistent à la leptonécrose. Production de nouvelles variétés insensibles. — Il ne suffit pas. dan.s la production de nouvelles variétés, de viser à lubtention d un grand rendement et de tubercules de bonnp qualité, mais il faut surtout porter son attention sur leur résistance à la maladie. On devra, pour réussir, partir des deux principes suivants : 1*» On commencera par croiser entre elles les variétés réputées comme étant réfractaires à la maladie, à condition qu'elles soient à même de produire du pollen fertile et des baies mûres; 2° On fera la culture des « semis », sur des ter- rains contaminés; on aura ainsi le maximum de garantie lors du choix des variétés à propager. Pour plus de sûreté, on cultivera les nouvelles variétés pendant quelques années dans 'If's pépinièreîî avant de los livrer à la grande cultun». parce RECHERCHES SLR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 469 quil arrive que la maladie ne se révèle qu'après quelques années. Avant de livrer les tubercules au commerce, on les débar- rassera de la terre infectée qui y adhère, puis on les immer- gera pendant une heure et demie dans une solution de sublimé corrosif à i pour iiX>0. Le sublimé corrosif est un désinfectant énergique contre les micro-organismes les plus différents, il paraît probable quil- doit se comporter de même vis-à-\is du virus de la leptonécrose. CHAPITRE Mil Quelques re3l\rques historiques Certaines indications tendent à prouver que la leptonécrose est le même mal que celui qui ravageait les cultures de pom- mes de t^rre de FOuest de lEurope dans la seconde moitié du 18* siècle. La description que P.-J. Van Bavegem. médecin à Termonde, fit de la dégénérescence des pommes de terre, en 1782. rappelle la leptonécrose. Il ne signale pas seulement l'enroulement et le rapetissement des feuilles, mais encore la réduction du rendement et la persistance des tubercules mères après le développement de la plante. Van Bavegem essaya d'enrayer le mal en changeant de semence et fut un des première à produire de nouvelles varié- tés par voie de semis. Parmi les semis qu'il effectua, plu- sieurs fournirent des tubercules qui eurent une grande vogue, se répandirent en Hollande et dans le nord de lAIle- magne où ils étaient connus sous le nom de « pommes de terre de semis de Hollande » i Jessen 185* . Il fut peu question de la maladie de l'enroulement des feuilles pendant la première moitié du 19^ siècle: ceci semble être dû au fait que les variétés les plus susceptibles avaient été remplacées par de nouvelles variétés plus résistantes au mal. 470 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE Appel (1907) suppose que Ihypothèse de la sénilité a sus- rité la production de nouvelles variétés; cependant Van Da- vogem pratiqua la multiplication sexuelle de la pomme de liMTe dans l'ignorance de cette théorie. D'après cette hj'po- thèse, une variété de pomme de terre considérée après une longue propagation sexuelle continue, peut être comparée aux branches d'une vieille souche qui est près de sa limite d'existence. Cette théorie fut échafaudée à la fin du 18* siècle pour ex- pliquer la décadence des pommes de terre et de précieuses va- riétés d'arbres fruitiers. Elle ne peut pas être discutée in extenso dans ce mémoire, comme l'a fait excellemment Mô- bins (1890.1897), mais je tiens à formuler quelques remarques pour démontrer que l'hypothèse de la sénilité est insoutenable pour la pomme de terre. D'abord, ceux qui défendent cette théorie ont tort de dénier iiii rôle aux hibercules comme moyen de rajeunissement. Le l)outurage en août et en septembre des sommets de tiges de pommes de terre porte à croire que les petites plantes ainsi __ obtenues survivraient aux plantes mères et croîtraient encore après la mort de celles-ci. Il n'en est rien; elles jaunissent a l'automne en même temps que les plantes sur lesquelles on a jdV'lové les boutures; mais, avant de mourir elles formeni (\i' j)ctifs tubercules susceptibles de produire de nouvelles plantes ;iii ])i'intemps suivant. Un second argument contre l'hypothèse de la sénilité réside dans le lait que la leptonécrose est souvent observée dans do nouvelles variétés issues, il y a qur^lques annéos. de semis de pommes de terre. En parlant dans son mémoire de la dégénérescence, l'au- teur a Vijulu seulement faire ressortir le fait que la culture de certaines variétés a dû être abandonnée par suite de la pro- gression de la leptonécrose ou d'autres mal.idips pseudo- héréditaires. Julius Kûhn (1859) pense que la maladie de l'enroulement f'ousl.'itéo MU milii^u du 19« siècle (la descriplion do Sobncht RECHERCHES SUR LA LBPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 471 (1856) permet de l'identifier à la (( leaf-curl ») doit être la même maladie que celle qui sévissait au 18^ siècle. Il semble qu'il a raison puisque la maladie était connue, long- temps avant que la publication d'Appel (1905) attirât l'atten- tion générale sur elle. La dégénérescence de la variété « Jam de Frise )) en Hollande au 19« siècle et d'autres variétés crois- sant en Belgique (de Galuwe) constatée à la fin du 19« siècle était due à la leptonécrose. CHAPITRE IX réfutation des critiques Allemandes et Autrichiennes Immédiatement après la publication de mon premier mé- moire sur la leptonécrose Kock et Kornauth (1913) ont déclaré — apparemment sans avoir contrôlé l'exactitude des faits mentionnés — qu'une nécrose des faisceaux libériens se rencontre également chez les plantes attaquées par d'au- tres maladies, qu'elle est un symptôme fortuit d'une faible valeur diagnostique, et que la maladie étudiée par l'auteur du présent travail n'est autre chose que la véritable « Blatt- rollkrankheit ». Ces auteurs considèrent que la maladie de l'enroulement est causée par diverses espèces du genre Fusa- rium et qu'elle est transmissible aux plantes de la génération suivante, même si le champignon n'a pas envahi les tuber- cules des plantes affectées ; ils parlent alors de phase indemne de mycélium de la « Blattrollkrankheit ». Ceci m'amène à déclarer : 1) Que la leptonécrose est indubitablement la maladie que l'on a généralement désignée par le terme « Blattrollkrank- heit »; 472 ANNALES nE I_\ SCIENCE ACnoXOMIQL'B 2) Que Kuck et Kornauth ont toujours confondu la maladie du il<^trissement causée par le Fusariuui avec la véritable u bladrolziekte »; 3) Que la leptonécrose n'est pas causée par un champignon se développant dans les vaisseaux des plantes malades ou de leurs ancêtres; 4) Que, pour le motif indiqué au deuxième paragraphe, les expériences faites par les Autrichiens sur l'infection du sol sont sans valeur. Voici les résultats de nos recherches relatives à ces diverses questions : 1° Les plantes conservées dans l'alcool et les tubercules de <■ Magnum Bonum » qui m'ont été envoyés obligeamment en 1913 comme étant attaqués par la « Blattrollkrankheit » par M, Reitmair, de Vienne, étaient bel et bien attaqués par la leptonécrose. Il est utile de remarquer ici que ces tuber- cules descendaient en partie de plantes attaquées de « Blatt- rollkrankheit » cultivées à Munster eu 1010 par Spiecker- mann, à Bromberg, en 1909 par Schander et à Dahlem. en 1909, par Appel. En outre, l'identité de la maladie chez les variétés « Magnum Bonum » et « Paul Kriiger j) fut établie jjar nos expériences de transplantation avec tubercules (Ch. \'L 6). '^° Les Autrichiens susnommés se sont trouvés, dans leurs recherches, en présence de la leptonécrose et aussi de la tra- chéomycose <>u du moins d'une maladie qui jieut disparaître dans la génération suivante, comme cela résulte notamment d'une com)nunication faite par Kock à la septièm»- réunion générale rlo la « Vereinigung fiir angewandfe l^fttanik » tenue à (ieisenhfim sur le Rhin vn lOdî) : « In Eisgrub in Miihrf'H lialx-ii wii* Saatgut von blatti'ollkrankiMi Kartoffeln angf'haiit. in ijei- zvveiten Génération sollte sich nun das Rrankheilsbild stark«'i' zeigen; die Pflanzen zeigten aber nnr kleinero Tr-iflf-n iirid wni'pu schwiicher. oin Rollon dor Blji!- RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 473 ter trat aber nicht eiii ». Sans aucun doute, il n'était pas question de la vraie maladie de l'enrouiement des feuilles. Kock a confondu la leptonécrose avec d'autres troubles qui s'éteignent dans les générations suivantes; car ces plantes souffraient de tracbéomycose. En outre Himmelbaur (1912) qui fit l'examen microscopique des plantes malades conjointe- ment avec Kôck et Kornauth, emploie toujours le terme « Fusariumblattrollkrankheit ». t 3° Kock. Kornauth, Himmelbaur et Beke (1912) prétendent que les essais d'infection qu'ils exécutèrent avec le Fusariuni ont donné un résultat positif; maiB cela ne ressort pas claire- ment des expériences. Wollenweber (1913) et Pethybridge ont prouvé expérimen- talement que le Fusarium et le Verticillium ne sont pas la cause de la leptonécrose, mais d'une tout autre maladie, la tracbéomycose* ou maladie du flétrissement. La théorie de « phase secondaire indemne de myceliuim )^ est facile à réfuter : ni l'examen microscopique ni la culture n'ont révélé de champignon dans les vaisseaux du bois des plantes issues de tubercules sains mais le champignon est apparu après l'infection primaire de la leptonécrose dans un sol contaminé sur lequel elles ont été cultivées. 4° Les résultats positifs des expériences de Kôck, Kornauth et Beke en ce qui concerne l'infection du sol ne méritent pas confiance, parce que ces mycologues trouvèrent le Fusarium dans presque toutes les plantes malades qui crûrent sur le sol soumis à l'expérimentation; de sorte qu'il peut avoir éîé question d'un étiolement mycologique qui a été pris pour la leptonécrose. Or, il résulte d'une expérience de Rutgers (1912) qu'il faut être très prudent dans l'appréciation du caractère pathogène des espèces de Fusarium. Il découvrit chaque fois un Fusarium sur les points d'attaque du chancre du cacao; mais des recherches minutieuses ont montré que la .maladie était due à une espèce de Pliijtophthora et que le Fusarium n'intervenait que subsidiairement. 4(1 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE A priori, la critique de Schander et de Fiesenhausen a plus «le valeur, parce que ces mycologistes se sont au moins donné la peine de vérifier mon travail. Ils pensent pouvoir con- clure de leurs recherches que la leptonécrose attaque aussi bien les plantes qui souffrent d'autres maladies que celles qui sont saines. Ils croient qu'elle se trouve davantage chez les plantes soufîrant de rabougrissement et de frisure (curly dwarfs) que chez les « blaltrollkranke ». Le passage sui- vant emprunté à la publication des auteurs précités me fait supposer que leurs expériences ont été de très courte, durée et qu'ils eussent bien fait de les poursuivre pendant une année : « Wàhrend nach Quanjer die Phloemnckrose von unten nach oben fortschreitet indemanfânglich jedes Sten- golglied sich gesund entwickelt und erst nach » c traglich von unten herauf von der Phloemnekrose erfasst wird, scheint nach unseren Beobachtungen die .Nekrose sehr haufig zuarst in der Gipfelregion auf zu treten ». Il semble que Schander et Fiesenhausen ont fait leurs recherches exclusivement sur des plantes atteintes de la maladie pri- mair^e. alors que j'ai découvert la leptonécrose dans des plan- tes attaquées par la maladie secondaire. J'en trouve la preuve dans le paragraphe suivant : « Nach unseren Beobachtun- gen ist die Phloemnekrose bei der Kartoffel im Friihjahr viel seltoner an zutreffen als im Herbst, \vo sie fast in jeder Stande zù sehen wur », « Weniger von Bedeutung ist die Fatsache, dass es uns nie gelang eine Verholzung des nekro- tischen Phloems weder mit Phloroqlucin und Salzsàure noch mit Neutralviolett naclizuweison ». Tout indique que les plantes examinées par eux croissaient toutes sur un terrain infecté ft que le premier stade de la maladie était à peine reconnaissable extérieurement et intérieurement. L'élude des descendants de toutes les plantes qu'ils ont soumises à l'ex- pérlonco on aurait fourni la pmuve certaine. Schander cl Fiesenhausen Iciilrrfiil ensuite de démontrer que la leptonécrose est un^^ conséquence do l'enroulement des folioles en maintenant enroulées par des liens les folioles RECHERCHES SUR LA LEPTONECROSE DE LA POMME DE TERRE HO de plantes saines. Nous avons répété cette expérience sur des plantes d'origine saine et cultivées sur un sol sain, mais nous n'avons pas constaté de nécrose. L'erreur de Schander et de Fiesenhausen provient du fait qu'ils ont négligé ces précautions, car on ne connaît pas à BrOmberg l'art d& culti- ver des plantes saines nécessaires pour faire de telles expé- riences^ Gela résulte notamment des essais de culture faits par Schander et Krause avec des champignons provenant des vaisseaux du bois à l'aide desquels ils tentèrent de produire l'infection. Il résulte de leurs expériences que la maladie de l'enroulement affecterait les plantes de contrôle, dans une mesure à peu près égale à celle des plantes qui furent infectées avec ces champignons. Ils en conclurent que les champignons n'étaient pas la cause de la maladie. On ne peut attribuer de valeur à de telles expériences. Schander et Fiesenhausen, ainsi que Kôck et Kornauth, partent, dans leur raisonnement, de l'idée que le leptome est un organe très délicat et que le phénomène de nécrose se montre aussitôt qu'une influence néfaste agit sur la plante. Ainsi, par exemple, le leptome pourrait mourir par suite de l'enroulement des feuilles ou de l'arrêt du transport de la sève. J'ai déjà fait ressortir dans le chapitre II, que cette supposition est peu admissible. Elle est en outre Inexacte, comme. on peut notamment s'en rendre compte par l'examen de pousses de pommes de terre laissées dans un verre d'eau. Après une semaine, les bactéries de pourriture se sont multi- pliées dans l'eau et les vaisseaux ligneux sont colorés en brun, mais le leptome est resté intact. Schrander et Krause (1914), ont greffé des pousses de plan- tes saines sur des tiges malades et inversement, puis ils ont inséré des morceaux de tubercules malades dans des tuber- cules sains : ils- croient pouvoir déduire de ces expériences que la maladie ne passe pas des plantes malades dans les plantes saines par le greffage. Nous avons obtenu des résul- tats. (Voir Gh. IV, 5 et 6) qui sont en opposition directe avec ceux de Schander et Krause et c'est ce qui nous a incité à 476 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE continuer pendant 3 ans nos expériences de grelTage. On a Tiniprossion que Schander et &es collaborateurs tirent des conclusions prématurées d'observations très superficielles. CHAPITRE X Observations sur les maladies apparentées A la leptonécrose A. — La Mosaïque et la Frisure de la pomnie de terre. La mosaïque de la pomme de terre décrite dans le cha- pitre III a été étudiée dans ces dernières années suivant les procédés employés pour la leptonécrose. Elle est, comme celle-ci, une maladie pseudo-héréditaire, qui apparaît fai- blement comme maladie primaire dans la première généra- tion, elle progresse plus lentement que la leptonécrose dans les suivantes, le rendement pouvant être réduit de moitié «ni plus. Il y a des variétés de pommes de terre qui sont sujettes à la leptonécrose, d'autres à la mosaïque, tandis qu'un troisième groupe est victime des deux maladies.* Nous n'avons jamais pu découvrir d'organisme parasite comme cause de ce mal. Les expériences que nous avons faites à Wageningen dans le but d'établir si la mosaïque est conta- gieuse ou non ont donné les résultats suivants : il n'est j)ns possible d'éliminer la maladie ])ar la sélection suivie des plantes saines (voir Ghap. IV, 3). Des tubercules d'origine saine produisent des plantes saines dans les fermes où la maladie ii"a jamais sévi; tandis que des tubercules de iiiAnie origino donnent des plantes qui montrent des s>Tn- plùnies de la maladie priinaiiv dans les fermes où la maladie ^règne (voir Ghap. IV, 4). La plantation de demi- tubercules malades unis à des demi-tubercules sains a per- RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 477 mis de constater le passage de la maladie dans les plantes issues de ceux-ci (voir Chap, IV, 6). Les plantes malades infectent les plantes voisines (voir Chap. IV, 8). Il n'est pas encore prouvé que l'infection pri- maire procède du sol, mais cela est très vraiseimblable. Il y a d'autres maladies mosaïques. Celle du tabac étudiée par Beyerinck (1898), doit être citée en premier lieu. • Nous avons prouve que cette maladie se transmet à la tomate par gretïage de pousses malades de tabac. Des gref- fages analogues de pommes de terre sur tomate n'ont pas encore donné de résultats décisifs. Nous avons constaté des phénomènes analogues sur des variétés de Cucurbita, Beta, Dahlia, Vicia, Phaseolus, Pisum, Trifolium, Rubus et Pirus; nous nous proposons d'en faire une étude expérimentale. La frisure ou rabougrissement de la pomme de terre (curly dwarf disease), également décrite dans le Chap. IV de ce mémoire, n'a pas encore été l'objet de recherches expé- rimentales. 2, — Maladie des raies jaunes de la cabine à sucre. • La maladie des raies jaunes de la canne à sucre apparaît aussi bien sur les tiges que sur les feuilles; celles-ci se couvrent de taches jaune-verdâtre dispersées en lignes parallèles aux nervures, tandis qu'elle se manifeste sous forme de raies rouges sur les tiges. D'ailleurs, les symptômes- de la maladie diffèrent assez bien chez les diverses variétés de cannes; les unes les présentent surtout sur les tiges, les- autres sur les feuilles. Les nœuds restent courts et minces, les plantes, qui sont très affectées restent petites, malingres, et leur rendement en sucre diminue considérablement, au point d'être réduit à la moitié de la production normale. La maladie est connue à Java depuis une vingtaine d'an- nées ; elle apparaît sur tous les sols et affecte toutes les varié- tés' de canne, sauf les sauvages. Elle est. dispersée dans les cultures, contrairement à la chlorose occasionnée par le 'l78 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE défaut dazote. On n'a jamais pu découvrir d'organisme pa- rasite, comme cause de ce mal. Quand on cultive des boutures prises sur des plantes ma- lades, on obtient presque uniquement des sujets mniadr*: quand, au contraire, on élève des boutures provenant d' plantf's saines, on obtient un plus ou moins grand nombre de sujets malades. La sélection no permet jamais de débarras- ser complètement les cultures de cette affection. Van der Stok (1907) a prétendu que la maladie des raies jaunes serait un phénomène de variabilité de races instables dans le sens indiqué par de Vries, comme la torsion et la fasciation. Wilbrinh et Ledeboer (1910), ont cru pouvoir alléguer quelques faits pour apjuiyt'r riMte hypothèse : ils nnt remarqué que les bourgeons des plantes qui ont crû dans des conditions favorables sont plus sujets à la maladie que ceux des plantes qui sont venues dans des eonditi«»ns défavorables. Le raisonnement de Van der Stok est entière- ment spéculatif et l'ajjpui des expérimentateurs précités est peu persuasif; en effet, il résulte des observations faites j>ai' Kobus (1908), que des circonstances extérieures défavorables peuvent déterminer un progrès de la maladie. On peut, à mon avis, facilement puiser dans la mémoire de Wilbrink et de Ledeber des données qui plaident en faveur de la con- tagiosité. A la page 404 de leur ouvrage, ils décrivent un<^ expérience comprenant 40 plantes qui sont restées saines au milieu d'une culture malade; ces plantes fournirent pres- que toutes une descendance malade, ce qui est vraisembla- blement la oonséquencp de l'infection par les plantes voi- sines, par analogie avec ce que nous avons dit de la lepto- nécrose. Des expériences systématiques, faites suivant la méthode d»»crite au Chap. IV, 8, conduiraient pout-î^tre -i la solution de cette question. Il est douteux que la canne à su- cre se prête k d'antros méthodes que celles qur» nous avons suivies, k savoir les essais de greffage: il serait cependant utile de s'en assurer. RECHERCHES SUR LA LEPTONECROSE DE LA POMME DE TERRE TM 3. Maladie du sereh de la canne à sucre. Tandis que la maladie des raies jaunes de la canne pour- rait être rapprochée, comme maladie de la chlorophylle, de la mosaïque de la pomme de terre, la maladie du sereh s'iden- tifie en beaucoup de points à la leptonécrose. La plantation de boutures de canne provenant des régions élevées de Java où la maladie du sereh est absente, dans des plaines basses où cette affection règne, fournit des plantes exposées à l'infection primaire. Le plus souvent, aucun symptôme de maladie n'apparaît extérieurement, mais les vaisseaux de la tige paraissent souffrir d'un commencement d'obstruction par de la gomme. Toutefois, certaines plantes montrent de légers indices de maladie, particulièrement sur les bourgeons qui se développent tardivement au pied des tiges. Les boutures provenant de ces cultures donnent des plantes beaucoup moins saines; elles accusent une transition au type que l'on peut appeler « maladie secondaire ». Les tiges principales sont mal développées, leurs couronnes de feuilles sont flabelliformes, soit exclusivement dans les sommets, soit sur toute leur longueur. Les feuilles sont atrophiées; de jeunes racines naissent parfois sur les tiges; des bourgeons se gonflent et développent de jeunes pousses. Ces anojmalies font ressembler les plantes à l'Andropogon schoenanthus, en javanais «sereh». Les racines meurent de bonne heure, \ie sorte que la longévité des plantes est raccourcie. Les feuilles sont marcescentes, contrairement à celles des plantes saines qui sont tombantes. Dans la pratique, on ne prend plus de boutons sur les plantes qui montrent plus ou moins le type de la maTadie secondaire, parce que l'expérience acquise pendant les pre- mières années de l'apparition de la maladie à Java, a mon- tré que la maladie secondaire apparaît alors chez un plus grand nombre de sujets. Au début, on disait que la récolte avait manqué. La structure de la canne attaquée par la maladie du sereh 480 ANNALES DE L.\ SCIENCE AGRONOMIQUE a été étudiée par N'ululuii (1891, et il trouva (|ut.' les i'aiscL'aux sont le siège dune production de gomme d'autant plus intense que les plantes sont plus afîectées. L'occlusion intéresse aussi Lien les vaisseaux du bois que les tubes criblés. Uette obstruction explique la gène qui' l'on constate dans le développement des organes et l'épanouissement des bour- geons. Les parois des vaisseaux. attaqués sont imprégnées d'une substance rouge et elles prennent, comme le contenu gommeux. les réactions du bois. Cliez les plantes forlcniont atteintes, les faisceaux des parties inférieures des tiges sont affectés; mais la gommification et la coloration rouge dimi- nuent rMpi(l(-ment au tui- ri à mesure (\iw lOii i-onsidère des parties de plus en plus élevées, d'abord dans les nœuds, plus laid dans les bourgeons. O'est aux points d'insertion des feuilles sur la tige que commence la gommose (Went, 1808); la leptonécrose débute de la sorte dans les plantes de pommes de terre. C'est dans les tubes criblés que la produc- tion de gomme s'élève le plus (Valaton). La maladie du sereh apparaît' sous la forme décrite ici, dans la variété de canne Chéribon, qui était cultivée à Java dans la seconde moitié du xix'' siècle. La maladie revêt uni'' forme moins dommageable chez quelques variétés produites par semis; il y a seulement coloration en rouge des fais- ceaux des bourgeons, et extérieurement rien ne dénote la présence de la maladie. Cette forme a été appelée « jualadir des IuIh'S ci'ihlés ». Si l'on admet que la maladie est contagieuse, m\ peut faci- lement expliquer différents fnits. Leur énumération nous pQV- mettra d'attirer l'attention sur l'analogie qu'il y a avec les observations concernant l;i leptonécrose, relatées dans le Chap. IV sous les numéros 2 et 4. La maladie fut observée la première fois à Java eu 1882, elle s'étendit vers l'est jus- qu'en l^on. II paraît que l'importation de boutures des ré- gions à sereh ;i d-'-lennin/' la ci'éalion de nouveaux foyers d'infeetion; en tous cas la résidence Probolinggo. où l'on ninlroduisail pas de boutures étrangères, resta indemne à RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 4eul obtenir une race immu- nisée par une sélection persévérante des cannes croissant dans des régions atteintes du mal. Cette méthode paraît. ^R efTet, avoir fourni de bons résultats pendant un certain temps dans le domaine Kemanglen. Elle a été appliquée avec succès à la station d'essais de l'Est de Java. Went dé- clare que cette méthode doit être appliquée par tous ceux qui veulent réellement prendre à cœur les intérêts de leur entre- prise. Les résultats des expériences décrites dans le Ghap. IV paragraphe 3 et faites dans le but d'obtenir des races immu- nisées par la sélection de variétés de pommes de terre sen- sibles à la leptonécrose, me font douter de la possibilité de se débarrasser de la maladie du sereh par la sélection. Ce doute est fondé : M. Prinsen Geerligs, que j'ai consulté à ce sujet, m'a fiiit «savoir récemmf^nt ce qui suit: (f Cette extinc- tion de la maladie décrite par Went et obtenue en éloignant constamment des cultures de la variété Ghéribon les bou- tures malades et en ne plantant que celles qui proviennent de tiges saines, n'a jamais été confirmée par la pratique. On obtonait chaque année de moins en moins de plantes saines et finalement il n'était plus possible de trouver une plante indemne. Les premières expériences furent couronnées de succès, mais l'application en grand échoua. On a abandonné ces essais. » • ^C Janse, ayant planté des boutures malades dans le jardin botanique do Buitenzorg. vit se développer des plant/^? sai- nes; tandis que les boutures que Wend envoya au jardin botanique d'Utrecht, il y a quelques années, ont fourni une lignée absolument indomnp de la maladie. Ces faits semblent infirmer ma thèse, à savoir que la maladie du srreh. caumn- la leptonécrose. a un caractère pseudo-hôréditair<'. niais on réalité, ils ne prouvent rien. Nous pourrions pe\it-Afre obtenir une gi^nération saine ou apparemment saine en partant de RECHERCHES SUR LA LEPTONÉCROSE DE LA POMME DE TERRE 483 plantes de pommes de terre atteintes de la maladie de la lepto- nécrose, si nous les transportions dans un tout autre climat. Mon expérience, décrite au Ghap. IV, qui portait sur des plantes atteintes de la maladie secondaire cultivées dans une serre chaude à atmosphère très humide, fait supposer que . cela est possible. Je déduis de la lettre de M"" Prinsen Geerligs que la mala- die du sereh est, comme phénomène héréditaire, comparable à la leptonécrose. Il écrit : « Le temps a une grande influence, s'il est sec pendant la période de croissance de la canne, celle-ci est plus gravement attaquée par le sereh. La maladie ne disparaît jamais; les plantes des générations sui- vantes restent petites et pai^aissent insuffisamment nourries. Je n'ai jamais entendu dire que des cannes soient imortes à la suite d'une attaque de sereh ». De plus, je puis appuyer -ma manière de voir par les mots suivants de Wakker : « Une plante atteinte du sereh peut être reproduite par bouture d'an- née en année indéfiniment; une telle lignée ne s'éteint jamais. » L'analogie qu'il y a entre la rnaladie du sereh et la lepto- nécrose est, en effet, très grande. Ceci m'amène à attirer l'at- tention des phytopathologistes sur l'opportunité qu'il y a de remetti'e le problème du sereh à l'étude. S'il n'est pas possible de greffer les graminées, on peut toujours irecourir aux méthodes décrites sous les numéros 7 et 8 du Ghap. IV pour jeter un jour nouveau sur cette ques- tion, à savoir : l'essai du sol et la culture de plantes isolées à diverses distances de plantes malades. 4. — Maladie de l'enroulement des feuilles de l'arachide. La maladie de l'enroulement des feuilles de l'arachide qui sévit dans l'Est africain allemand et à Java rappelle beaucoup la maladie de l'enroulement des feuilles de la pomme de terre (Zimmermann 1907 et 1913, Rutgers 1913). A Java, elle se montre aussi dans les cultures des plantes ». u '. iNl ANNALKS DK LA SClE.Ni:!-: AOUO.NOMIQUE apparentées aux papilîonacées. Il y a lieu également de con- trôler, par les méthodes que nous avons suivies, si la maladie est contagieuse ou non. 5. — Fn.LE 1914. Berk-bt uber tlie Tàligkeit d. Kais. Biol. Ansf. f. Land- und Foi*st\vitrl!4cli. In Jahre 1913. Aj'I'El, BincK. HiLTNEn. 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Nleuwe uitgave, Deel ïî p. 92. QUANJER. 1907. Tijdschrift over Plantenziekten XIII p. 120, Zeit- ) schrift fur Pflanzenkrankheiten X^^I p. 265. 1910. Dr. Starings's Almanak voor 1910 p. 115. 1913. a. Landbouwcourant van de Noord-Ooster, van 16 Jan. 1913. 1913. b. Mededeelingen van de Rijks Hoogere Land, Tuin- en Boschb'OTiwscliool Deel YI, p. 41. 1916. Mededeelingen van de Rijks Hoogere Land-, Tuin- en Rosch bouwschool, Deel IX, p. 106. Deel X, p. 1. Reinke und Berthold. 1887. Unters. a. d. Bot. Lab. d. Univers. Gottingen, I. Roux. 1903. Bull, de l'Institut Pasteur. RUTGERS. 1913. Mededeelingen van de Afd. v. Plantenz. Dep. v. Landb., Nijv. en Handel, Buitenzorg No. 6. Schander. 1910. Flugschrift No. 10 der Abt. f. Pflanzenkrankh. d. Kais. Wilh. Instituts fur Landwirtsch. f . Bromberg. 1911. Mitteilungen d. Kais. Wilh. Inst. fur Landwirtsch. Bromberg. IV, p. 57. ' , 1913. Mitteilungen d. Kais. Wilh. ïnst. fur Landwirtsch. Bromberg. IV, p- 136. Schander und Tiesenhausen. 1914. 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Après un exposé d«s améliorations à apporter à la nourriture des troupes, particulièrement en augmentant les quantités de légnmes dans les rations, l'auteur étudie la fumure raisonnée des légumes, le rôle des engrais, particulièrement important en culture maraîchère, les conditions générales de la fertilité des terres, l'emploi de la stérilisation partielle du sol. Puis il entre dans le corps de son sujet et expose dans des cas bien précis l'organisation des potagers — des tableaux et plans très clairs^ déterminent les besoins de consommation et sur cette base la répartition, la proportion et la succession des cultures pour toute l'année, — et l'établissement des pépinières. Ensuite la culture €lle-même est suivie d'une part, mois par mois pour l'ensemble des travaux, d'autre jDart, pour les prin- cipaux légumes. Les deux derniers chapitres sont consacrés à la conservation des légumes et à leur valeur alimentaire. L'auteur conclut par des considérations sur la vie chère et sur le remède sérieux que peut apporter à la crise alimentaire l'in- ftensifi cation de la production des légumes. Son intéressant ouvrage sera -certainement un précieux organe de cette intensi- fication. Em. Blanchard, ingénieur-agronome. — Des tranchées aux sil- lons, questions agricoles de demain, 155 p., 3 fr. (Chevalier, 2„ me du Général-Poy, Saint- Etienne.) Ce petit livre ne prétend pas traiter dans son ensemble le g-rave et complexe problème agricole; c'est un simple recueil d'articles divers publiés par l'auteur dans des revues ou des journaux. Les prmcipaux sont consacrés à l'éducation et à l'enseignement, a rorganisation, à la production agricoles. 496 Annales de la science agronomique A. i)K Mazikhes. inf^t''nitMii'-ii,i^i'(»ii(iiiie. — La culture des oran- gers, i>2 p., 2 Ir. [Pelilc liibliulhcque Agricole, Ikiillièiv, lu, rue llaiiloleiiille, Paris.) Après quelques mots sur IVtrigine, la htcalisation et les usages des diverses espèces du genre Cilrus, cultivées dans le Midi de rKiintpc et le Ndrd de TAfriiiue, l'auteur exi»(»se la culture sitl, multiplication, grciîage, plantation, taille, soins culturaux, irri- gation) des trois jtlus importants agrimies : orange, mandarine et citron, ainsi que leur cueillette et leur emballage. Les variétés de chacun de ces trois fruits sont décrites ainsi que les autres espèces moins imi)ortantes i^bigaradier et triplera qui servent de porte-grefTe, cédratier, pamplemousse, etc..) La dernière partie traite des ennemis, animaux et vég^étaux des Cilrus. H. Girard.— Cultivateurs, comptez pour mieux diriger, l.'^âp., 2 fr. 50. {Librairie Agricole de lu Maison I{usti(jue, rue Jacob, Paris, 1018.) Ce petit livre, court et rédigé dans une langue familière, n'est j)as un traité de comptabilité. 11 vise simplement à montrer les avantages divers que les agriculteurs retireront de la tenue de quelques livres (caisse, entrées-sorties, inventaire-résultats d'ex- ploitation) et de carnets annexes. Il donne aussi des suggestions sur Taménagement matériel et la conduite générale d'une exploi- lati(»n agricole. L'auteur expose pour finir ., in-IS, 2 fr. Aniiaiid Colin. 10."!, boni. Saint-Micliel, Paris.) La guerre a mis au premier plan le rôle de l'ingénieur. Avar suite de nombreuses industries, enlin ralimentation des villes et centj'es de coloni- sation en eau potable. Les difticullés résultant de l'évaintration, du manque d'étanchéité et de l'envasement, le danger de rup- ture, la (|ualité et le prix de revient de l'eau sont envisagés. Les 25 principaux barrages-réservoirs |vrojetés sont étudiés par rapport h ceux qui existent déjà en d'autres pays, en parti- culier au ]ioint de vue de la \alenr des emplacements ''i valeur caractérisée i)ar le quotient \' = rapardè du rrscrcoir: surface du mur-barrage. Le barrage de Hammam Zriba V = 8.500 (ali- mejdation de Tunis en eau |Mi|able), celui de l'oued Zéroud, V = .'iO.OOO (suppressif>n d'inondations, création et iri'igation dVdiveraies, 5.000 chevaux à lu chute), l'aménagement de la Medjeniah par des barrages à Testour, V = Kio.OOO et à l'oued Tessa, V = 25.000 ^régularisation de la rivière, irrigation de la banlieue tunisienne et de .50.000 Ha entre Tesl(tiu' et (Jrornbalia) sont l'objet de détails particulièrement c(>mplets et intéressants. Des cartes, plans, croquis, diagrammes illustrent cet important travail. ASSOC. OkNKM. OES HYOIIr:.MSTKS et Tec.UNHMENS MI'NIOU'AUX. — Exposition de la Cité reconstituée, Paris, 1916. Rapport général et conférences, nij p.. .51) lig., |o fr. (l^i-iut/, IS, rue LafliLle.j L'Associatirm (lénérale des Ihgiénistes et Techniciens muni- ri[)aux, .'î, rue l*alatine, dont le but est « l'étude île toutes les fn!- rien ont jiour « valeur ■• leKpective ({..Sdlt et H.OOO. Annales de la science agronomique 499 l'ingénieur et de l'arehitecte municipaux, ainsi que de Fentre- preneur de traVaux municipaux », vit arrêter par la guerre la préparation de son concours de plans d'aménagement, d'embel- lissement et d'extension des villes; elle a repris cette idée en l'élargissant et l'étendant à la reconstitution des régions dévas- tées : l'Exposition de 1916, « exposition d'idées » autant qu'ex- position matérielle, en est sortie. Le rapport de M. L. Gaultier décrit l'es plans, projets, procédés, appareils, constructions, etc., présentés par les exposants dans les diverses sections : reconstruction des villes et villages ■détruits, plans d'aménagement et d'extensLoo., voies publiques et promenaides, aspect et assainissement de la cité; — édifices publics, habitation, constructions rurales et industrielles; — matériaux et procédés de fabrication,, aménagement intérieur de l'habitation. Il résume les travaux, documents,, statistiques, etc., relatifs à la législation, ou réglementation, et aux moyens de réalisation des plans d'aménagement, d'extension et de recons- traction.. Il donne le programme du concours d'amélioration de. villages orgajiisé par la première section et étudie les envois des difllérents participants. Les conférences,, constituant V« exposition d'idées » qui com- pljétait ce que l'on a pu voir sm? la terrasse des Feuillants, sont ensuite, reproduites^ i/ji extense. Il nous est impossible de les résumer,, et même- de Les éniMnérer- toutes malgré leur grand intérêt général. I-Bitéressent plus partieulièrement les lecteurs des Annale» celles de MM. :. R. DE Glermoxt, ing^énieur-agronome, avocat à la Cour d'Ap- pel, sur la législation et la réglementation d'e l'expropriation pour cause d'insalubrité, sur le remembrement et sur la recons- titution des localités détruites ; ViGNEROT, ingénieur-agronome, ing. des Amél. Agric;, sur ce que d'oit être un village (hygiène rurale, améliorations agricoles, bâtiments, centre* de distribution de force) ;■ P. Lecler sur la motoculture; Bligny sur l'es applications d'e l'électricité en agricultu-re et notamment le labourage électrique ;■ S. Bruère sur la stérilisation des eaux par l'ozone ;• le D*^ H'. Thierry sui" l'assainissement dbs réglons enva-hies et la défense sanitaire' des fermes et villages ; et le rapport de M. Rondel sur les lois et règlements relatifs a l'hygiène des constructions dans les villes et dans les campagnes. Les- autres coaférences- posent) et rés©U\-ent les im/pontaoïts- pro- blèmes de l'urbanismie', de l'hygiènie des villes (espaces libres, distribution de l'eau, évacuation des déchets), etc. PaoiJL MfîLLOTTÉE. — Falsons une agriGuliaaare die giuerre, VIII- 36) Cette plaquette est un résumé de ce qu'il y a lieu de faire poiM" adapter la culiure' à la situation diffiieile que kii fait la 500 Annales de la science agronomique guerre : maïKiiie de m;iin-es bara(]ucments militaires pourront en certains cas être utilisés, mais leur uombi'e sera fort insuffisant, également, pour la plupart des buts à rem])lir, leur confort. On devra donc : ou bien bâtir avec des bois trouvés sur place ou amenés d'autres régions, des charpentes simples dont l'établissement n'exige pas une main-d'œuvre experte sont décrites; ou bien utiliser les constniclions démontables du commerce, dont tous les éléments constitutifs sont prêts à être assemblés, et qui sf)nt de deux types : système à châssis cofTi'ants, système à éléments distincts jiour la charpejite et les parois. Sui\ant leur nature, ces coiistrui-tions (rélaidissciucnt rapide seront jirovisoires ou semi-permanentes: l'auteur passe en revue les matériaux de remplacement à emi)loyer pour les parois, la couverture et le plafonuage. Le béton armé (emi>loyé i>ar moulage en bloc monolithique, en éléments préi)arés d'avance et à assembler, ou suivant le i)rocédé du « cément gun »), permet l'établissement très rapide de bâti- ments définitifs avec peu d(> spécialistes cl. si l'on a (\ilculé les diverses parties de façon à n'-duire au mininuim la pro|Mii'tion de métal, à un prix relativement réduit. Après ces chapitres, les plus importants, sur la reconstruction de chaque habitation ou bâtiment, l'auteur examine l'organisa- lion des a,i.',i.'loméralioiis rurales cl urbaines au point de vue iiygièue, \ialiilité et eslliéti(iue, .1. I/CAHT. -- Méthodes économiques d'organisation dans les usines, 1(14 j)., cnxpiis, schémas, graphi(|ues, !• Ir. '>(). (Dunot et l'inat, quai des (Jrands-Augustius, Paris.) L'art (\*' diriger peut s'apprendre comme tout autre pour peu Annales de la science agronomique 501 que l'on possède à la fois bon sens, jugement sain et volonté; il comporte des éléments divers (économique, financier, psycho- logique) mais la plus grande difficulté réside dans l'organisation technique. L'ossature d'une affaire doit être telle que la direction soit réelle, — c'est-à-dire unique et agissante — , la division des services étant basée sur la centralisation progressive vers cette tête. L'auteur examine la constitution d'une organisation admi- nistrative de ce type dont les divers degrés sont : la direction générale; — le service technique, le bureau central, le service commercial; — les laboratoires et le bureau de dessin, l'atelier central et les magasins, la comptabilité et la publicité. Il sou- ligne l'intérêt de deux organes jusqu'à présent peu répandus chez nous : le bureau central où l'on étudie ce que devront faire les ateliers pour fabriquer telle ou telle pièce, où l'on établit les fiches individuelles fixant le travail de chaque ouvrier, où l'on contrôle si les indications données sont suivies et si le pro- gramme prévu est exécuté; et râtelier central qui fabrique, règle, entretient et répare les outils, machines et montages, qui fait les essais de fabrication et qui est chargé de la vérification (fabrication, étalonnage, entretien et usage des vérificateurs). L'organisation matérielle (installation des bâtiments) est ensuite esquissée, puis l'organisation des fabrications (dans les deux hypothèses fondamentales du montage en grande série et du montage en séries réduites ou saisonnières). Les principes généraux de l'organisation d'ensemble étant éta- blis, l'auteur expose, avec une grande précision, comment doit être conçu le programme de fabrication, l'importance majeure du choix de l'appareillage, le mode d'établissement des dépenses et des prix de revient probables qui sont la base du choix d'un mode de fabrication ou de l'autre. Le rôle de « préparation » du bureau technique est défini (nomenclature, dessins, feuilles de fabrication, série et ordre des opérations, choix des machines et montages). Celui du bureau central, exécution ou « exploitation », est développé dans tous ses détails : service des magasins (appro- visionnement en matière ou pièces, contrôle de réception, con- trôle des rebuts et déchets), service de la fabrication (graphique de fabrication et préliminaires du lancement; graphique de pro- duction et bons de travail; lancement à l'atelier et montée pro- gressive), service de la comptabilisation et des prix de revient, service du personnel, pointage et paye. Les attributions de l'atelier central, dont la charge est de sou- lager la fabrication de tout ce qui n'est pas production propre- ment dite, sont réparties entre les services : des essais de fabri- calion, détermination des durées d'opération qui sont la base du devis-tâche, de l'outillage, de la précision, et du contrôle à l'atelier. L'essentielle question de la rémunération du travail, effleurée 502 Annales de la science agronomique dans l'ckide dt? r<>ri!finisatntn vt'W'érale, est re,prise avec les dév£- ln]i]>0Tneiits qii'iMlo comporte ^1)- Kiiliii la tecliiiique de la direction est envisap-ée sous ses deux aspects essentiels : suivre l'entreprise (graphiques de compta- bilisation et .urajibiques de falnMi-ation) et choisir des collabora- teurs possédant au deeré cnn\enable à leur fonction les capa- •cités administrative, technique, commerciale, fniancière, comp- table et <' de sécurité » que définit H. Fayol (2). (1) Voir aussi : lz;»rii, Mèlhcdfs rnodciTics de pnir}iii'nt eriuis jusqu'à ]>résent de don- ner comme par le i)assé une « Revue agronomique ■ dans tous les fascicules. Celles même qui ont été publiées n'ont pas été, par la force des choses, ce que l'on aurait \)ii désirer qu'elles fussent. Nous nous proposons, à partir du prochain fascicule (n"" i-3, 1018) de reprendre d'une façon suivie et plus complète la publi- cation de nos l'ésumés de cfimmunications et d'extraits de ])ério- diques, également d'analyser les (»ii\rages nouveaux au l'ur et à mesure de leur apparition. En même tem|>s nous nous elTorce- r(»ns de complélei" cette (jocunientiitiori j»our les années passées (1ÎM4-15-1()-17;. Nos lecteurs nous aideront à coup sur dans cette tâche. Ils nou.s signaleront les articles, travaux ou livres qui p;iraisscnt dans leur région et sont susceiitibles d'intéresser les Anualrs. Ils nous les eu\errord ou n. New York Botanical Garden Librar 3 5185 00258 6285